Abou-Bakr Ibrahim. Pacha de Zeyla - Marchand d

Abou-Bakr Ibrahim. Pacha de Zeyla - Marchand d'esclaves

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Français
412 pages

Description

Abou-Bakr Ibrahim est né en 1810 dans une famille afar très impliquée dans le commerce des esclaves. Son histoire se confond avec celle du golfe de Tadjoura tout au long de la seconde moitié du XIXè siècle. A travers cette histoire, l'auteur identifie les mécanismes diplomatiques fondamentaux qui ont conduit à la constitution des Etats contemporains de la Corne de l'Afrique.

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Date de parution 21 septembre 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140100406
Langue Français
Poids de l'ouvrage 16 Mo

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dont il attend qu’elle le protège des Anglais et au proIt de laquelle il organise
à nouveau et bien qu’il se heurte à la concurrence des traIquants d’armes,
est ofîcier des Troupes de Marine. Ancien élève de l’École des langues orientales anciennes (ELOA), il a étudié l’arabe, l’amharique et le somali à l’Institut des langues et civilisations orientales (INALCO) dont il est docteur en études africaines – sciences politiques. Il est l’auteur d’ouvrages remarqués sur l’Éthiopie et la Somalie contemporaine.
Mac Fontrier
ABOU-BAKR IBR AHIM PACHADEZEYLAMARCHANDDESCLAVES Commerce et diplomatie dans le golfe de Tadjoura 18401885
Deuxième édition revue et augmentée
BIBLIOTHEQUE PEIRESC 35
ABOU-BAKR IBRAHIM PACHA DEZEYLAMARCHAND DESCLAVESCommerce et diplomatie dans legolfe de Tadjoura 1840-1885
BIBLIOTHEQUE PEIRESC
Collection dirigée par MarcFONTRIERAssociation française pour le développement de la recherche scientifique en Afrique de l’Est (ARESÆ) « Servant un chacun quand nous l’avons pu, et principalement le public, pour lequel seul nous avons travaillé quasi toute notre vie » PEIRESCLa Bibliothèque Peiresc a été créée par Joseph Tubiana en hommage à l’érudit provençal d’ascendance italienne Nicolas Claude Fabri de Peiresc (1580-1637), pour y accueillir des œuvres correspondant à l’exigence et à l’éclectisme de ce magistrat humaniste et bibliophile.Savant et curieux de toute chose, au point qu’on ne saurait énumérer tout ce qui l’a intéressé et diverti : sciences naturelles, numismatique, art, histoire, littérature, astronomie, philosophie, mœurs, religions, poésie, avec un souci particulier des langues et des cultures de la Méditerranée antique et contemporaine. Dans les dernières années de sa vie il s’était pris d’un vif intérêt pour les chrétientés orientales, notamment d’Égypte et d’Éthiopie.C’est dans cette direction que notre collection est surtout orientée, sans s’interdire aucun des sujets qui ont retenu l’attention de Peiresc, en s’efforçant de satisfaire, avec le respect qui lui est dû, la curiosité diverse de nos contemporains.
Marc FONTRIERABOU-BAKR IBRAHIM PACHA DEZEYLAMARCHAND DESCLAVESCommerce et diplomatie dans legolfe de Tadjoura 1840-1885 Deuxième édition revue et augmentéeBIBLIOTHÈQUEPEIRESC35
Du même auteur La chute de la junte militaire éthiopienne(1987-1991). L’Harmattan, Paris, 1999.
ère Abou-Bakr Ibrahim - Pacha de Zeyla, marchand d’esclaves. 1 édition. L’Harmattan, Paris, 2003. LeInstitutions internationales & crise régionale 2003-2008Darfour : . L’Harmattan, Paris, 2009. L’État démantelé –Annales de Somalie– 1991-1995. L’Harmattan, Paris, 2012.
Éthiopie – Le choix du fédéralisme ethnique. Chronique du gouvernement de transition (1991-1995).L’Harmattan, Paris, 2012.
L’Illusion du chaos –Annales de Somalie– 1995-2000. L’Harmattan, Paris, 2015.
Autour de la Notice sur l’Ogadine d’Arthur Rimbaud. Sépia. Paris. 2017.
Orients d’Afrique © L’Harmattan, 2018 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-15162-5 EAN : 9782343151625
SYSTÈME DE TRANSLITTÉRATION ET DE TRANSCRIPTION
Cet ouvrage nétant pas explicitement destiné à des linguistes familiers des langues couchitiques ou sémitiques, il est fait usage dune translittération plus facile daccès pour « lhonnête homme » occidental. Aussi lorthographe dans la langue mère ainsi que la transcription souhaitable des mots, quand elle est établie, sont précisées entre crochets à leur première apparition. Une difficulté mineure à bien y regarder puisque dans les cinq langues qui intéressent ce texte, quelques phonèmes seulement nont pas déquivalents en français et demandent quelque précision : la fricative vélaire sourde identique auΥ[পa] arabe, auchallemand de Buch, au [j] de lajotaespagnole transcrit « kh » ; la fricative pharyngale sourde identique au[তa] arabe, transcrit «», que lon lira par notre « h » ordinaire ; la fricative pharyngale sonore identique aucaynarabe, transcrit «ʿ» et ignoré à la lecture ; leύ« r grasseyé » [ƥ] de larabe rendu par « gh » ; les consonnes dites emphatiques de larabeυ ρ ν et des langues éthiopiennes sont rendues pointées et à retrouver dans le tableau ci-dessous ; le « d » rétroflexe des langues couchitiques, sans équivalent acceptable, transcrit «ﻧ, ɖ» et que lon lira comme un « d » ordinaire. Observons aussi que lintrusion de larabe dans les langues régionales, véhiculé par lislam, a généré une appropriation de mots, voire dexpressions. Le phénomène, qui na cessé de samplifier, na pas pour autant fait de tous des locuteurs arabophones, loin sen faut. Aussi se sont-ils souvent contentés de transcrire dans leur propre langue ce quils entendaient. À chaque fois, cest lorthographe résultant de cette appropriation qui a été ici retenue. Entre parenthèses sont parfois précisés les toponymes tels quils ont été entendus par les voyageurs occidentaux. Ainsi, pour ne pas perdre en précision mais offrir néanmoins un minimum de confort de lecture, les mots étrangers sont rédigés dans leur translittération tandis que leur transcription, et éventuellement leur écriture originale, sont, à leur première apparition, précisées en note. Les voyelles longues sont proposées avec
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une barre suscrite afin de conserver aux langues un peu, au moins, de leur mélodie. Pour certains mots tels quepaça,͑afar,sǀmāli,oromǀouʿAden, nous retenons les graphies pacha,afar,somali,oromoet Aden, depuis longtemps passées telles quelles dans la langue française. Ceci étant, lécriture exacte sinon souhaitable peut être retrouvée à partir du tableau des transcriptions et translittérations présenté ci-dessous. Entre les deux, les choix de louvrageombrés sur le tableausont là pour assurer un confort de lecture. arabesǀmāli geezafar oromǀTranslitt Transcr er (1 ord. (qubƝ) . . ءﺵ ﺵ th t c tsh٥ ̆ ̟C ch tch xc hΥ khkhΫ-dh d shshsh sdx tzcqʿ ʿ ύ ghƥ ϕ qq q dhÐ,x dh ɖÐ,ɖ ph p
Pour les quelques mots ou expressions amhariques cités, les ordres utilisent la translittération suivante :
er 1 ordre ä
e 2 ordre u
e 3 ordre i
e 4 ordre a
6
e 5 ordre é
e 6 ordre e ou silence
e 7 ordre o
NOTE LIMINAIRE
Pourquoi une seconde édition ? Une décision qui résulte de trois considérations : tout dabord, en toute humilité, la volonté de corriger quelques négligences voire quelques erreurs qui sétaient, par ignorance ou par inadvertance, glissées dans la première édition. Certaines ont été identifiées par lauteur lui-même, dautres lui ont été signaléesla deuxième relève dune incompréhension induite par le sous-titre. Lidée na jamais été de faire un traité sur lesclavage, mais didentifier les mécanismes diplomatiques fondamentaux qui ont conduit à la constitution des États contemporains de la Corne de lAfrique ; troisième considération enfin, lapport déléments nouveaux résultant de mes propres recherches, mais aussi de pistes suggérées sinon suivies par des personnes captivées par le sujet. Je pense en particulier à mon ami, maître Abdallah Mohamed Kamil, ancien Premier ministre, qui organisa et géra naguère lindépendance de Djibouti, à Aramis Houmed Soulé, lui-même chercheur et éruditafarqui continuera, je lespère, à nous instruire sur son peuple, à Dominique Richard en poste à lambassade de France passionné par la généalogie desƿbakartoet qui ma autorisé à user de ses recherches, à Lukian Prijac aux talents darchiviste exceptionnels, à feu Didier Morin enfin, dont lagressivité atrabilaire ne doit pas occulter les considérables avancées que son exploitation du fonds Chédeville et ses propres recherches auront apporté à la connaissance de la langue et du mondeafar. Ici quelques erreurs ou omissions encore mauront probablement échappé. Que le lecteur indulgent sen accommode et accepte mes sincères excuses dautant quil ny aura pas, on sen doute, de troisième édition.
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Au lecteur encore… Ce petit ouvrage aimerait tenir son mérite dun ensemble de savoirs connus, mais qui sont ici rassemblés et mis en cohérence. Une pièce où lon joue la règle des trois unités: un lieu, le golfe de Tadjoura, un moment, le cœur dudix-neuvième siècle, une action, celle dun homme: Abnj-Bakr IbrƗhƯm.On a voulu un livre plaisant qui apporte un éclairage original : quil donne quelques instants de nostalgie à ceux que leur chemin a déjà conduits vers la Corne de lAfrique et en propose une image séduisante à ceux qui nont jamais eu ce bonheur. Fasciné par la lumière, la chaleur et lévaporation marine, le voyageur peut songer en face des monts Goda à ce qua pu être ce paysage il y a peu encore. Les palmiers dAmbouli sélevaient nombreux et altiers, les détritus abandonnés çà et là étaient nettoyés par les hyènes et les vautours de la petite Douda. Linconséquence des hommes navait pas encore transformé Obock et la « vallée des Jardins » en champs de ruines et de mines et leur stupéfiant mépris pour leurs enfants navait pas encore souillé ces paysages hiératiques. La blancheur immaculée du ʿAsal navait pas encore été violée puis irrémédiablement ravagée par la cupidité des prédateurs. Est-il possible de reconstituer lordre ancien des choses, est-il opportun de le regretter ? Cet ordre, le voyageur le retrouvera pourtant sil sessaie sur les pistes de lAfar, sil entend le fracas du soleil qui sabat sur les roches et le chant haut des pierres dans ce théâtre de matin du monde. Il le retrouvera sil voit les étranges dessins qui ornent ces terres cataclysmiques où le pinceau rouge et noir des montagnes dessine un ciel dairain. À travers les effluves douceâtres de la mort et de lencens, celles du bois qui brûle et du patchouli, il sentira alors le parfum du temps qui sécoule, lexhalaison de tout ce que ce pays porte déternité. Peut-être distinguera-t-il encore les rêves de ceux qui y ont vécu, et à travers eux la signature de notre humble condition. Si loin désormais de cette démesure magnétique, nous nous contenterons de souhaiter que les moments passés au contact de ces peuples étranges et fascinants aient fait que lauteur ne trahissepas trop le cœur à la fois oriental et africain du terrible pachade Zeylaʿ. Aujourdhui, seul le golfe de Tadjoura, héros caché de ce livre, peut réellement nous faire revivre la façon des événements. Survivant impavide à ces destins qui une poussière de temps ont occupé ses rivages, il lui revient dans lodeur minérale de son implacable lumière de porter jusquà nous son rêve déternité.
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1La failledu ʿAsal