Cours après moi la poisse! Zut, elle est devant.
272 pages
Français

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Description


Édit 2021 : J'ai pris note de vos retours au sujet des fautes. J'ai changé de correctrice. Voici donc un fichier tout propre avec toutes mes excuses.




Le journal, un peu fou d'une poissarde ou les tribulations de la probable fille du grand blond avec une chaussure noire.



On pourrait la décrire comme la petite rousse aux pieds nus. Et le premier qui dit Zora, je le mords!


D'infimes accidents en immenses bévues, je me demande continuellement comment je suis en vie.


Je cours vite, enfin pas assez, vu que ma guigne a inlassablement deux trains d'avance sur moi.


Ici, l'humour est de mise, la poisse OK, mais toujours en riant

Sujets

Informations

Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9782956938095
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Florina L’Irlandaise
 
 
 
 
 
Cours après moi la poisse   !
Zut, elle est devant.
 
 
Du même auteure  :
 
Féerélia  :
 
Moïra Tome 1
Une étrange célébration Tome 1.5
Ludmilla Tome 2
Floryanna Tome 3
Gwendal VS Gabriel Tome 4
 
Daemonuis The Divide
 
 
Ce livre est également disponible en format papier
 
www.florinalirlandaise.com

 
 
 
 
Dépôt légal  : Avril 2020
 
Copyright — @Florina L’Irlandaise 2019
Florina L’Irlandaise
14410 Vassy Valdallière
Design couverture  : ©Caroline Lor @Graphisme Lor
ISBN  : 9   782   956   938   095
Trailer  : ©Léa Trys
Prix TTC du Broché  : 13,99 €
Texte recorrigé  : Février 2021
Correction par  : @Diabl’Audrey 2021
 
 
 
 
 
 
Le Code de la propriété intellectuelle et artistique, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, n’autorise d’une part que les «   copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective   » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration. Aux termes de l’article L. 122-4 du Code de la propriété intellectuelle, «   toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite   ». Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivant du Code de la propriété intellectuelle.
 
 
 
 
 
 
Table des matières
Préface
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7.
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Remerciements

 
Préface
 
Je suis née le 27 mai 1975, à Cherbourg, charmante ville du Cotentin dans la Manche. (bon ça, c’est le nom de la ville avant, depuis elle a changé d’appellation quatre fois mdr)
Je suis l’auteure autoéditée de la saga FÉERÉLIA. Mais l’on me reconnaît plus souvent pour la guigne qui me tient au corps. Pire qu’une moule sur son rocher.
Pour la petite histoire, quand mon géniteur monte un meuble, il y a toujours des pièces en trop, qui ne servent à rien, dit-il. 
Je vous laisse imaginer à quoi je ressemble, avec mes éléments en moins et ceux en trop.
J’ai longtemps envisagé de leur faire un procès ou à la nature. J’ai abandonné en voyant leurs finances. Je me suis donc portée sur Mère Nature qui m’a répondu :
– Ma chérie, tu as regardé la tête de ton père   ? Tu as vu la tienne, je t’ai fait une fleur, tu pourrais être sa copie   !
Je n’ai pas trop insisté, car j’ai senti une menace à peine voilée chez la vieille femme.
Quoi, vous ne me croyez pas   ?
Traitez-moi de mytho, mais quand vous le verrez, vous serez d’accord avec elle   !
Si vous êtes médecin et que vous regardez mon squelette, vous allez vous payer une bonne tranche de rire (pas la peine de faire semblant de lever les yeux au ciel, je vous espionne ^^).
Oui, oui, c’est arrivé, plein de fois, en fait. 
D’abord, j’ai une queue (je vous imagine déjà en train de m’examiner si l’on se rencontre. Non, je ne suis pas une anomalie, bien que… Ma bizarrerie est une excroissance osseuse sur ma colonne vertébrale). 
Oui, je sais, je suis bizarre. Bah   ! je vous laisse envisager le fou rire des spécialistes. Ou pire encore, quand ils découvrent les becs-de-perroquet sur mes épaules, qui forment de jolis crochets à l’extrémité de mes os.
Un jour, un rhumato m’a dit :
– C’est pratique pour vous ranger   !
– Ouais   ! Dommage que j’ai de la peau et surtout de la graisse autour, lui réponds-je.
– Oh bah   ! Si vous n’y mettez pas du vôtre, aussi   !
Ça te fait rire, couillon   ? 
(Je ne lui ai pas dit, mais l’ai pensé si fort, que s’il n’a pas entendu, il a besoin d’un sonotone.) 
Pas la peine de vous dire que j’étais vexée, vous l’avez compris de vous-même.
Chaque fois, ils essaient de faire de l’humour, mais ça tombe à l’eau. Ou c’est moi qui n’ai pas le même, lorsque cela concerne mon corps tout pourri.
Bref, vous l’aurez saisi, je vais vous raconter ma vie. Enfin, plutôt ma poisse. 
J’espère que vous avez des couches ou vous allez être obligés de changer de sous-vêtements régulièrement.
Quand je dis cela, les gens imaginent toujours que je me plains ou extrapole, mais c’est juste une constatation des faits.
Selon vous, combien de fois ai-je pu échanger de machine à laver en seulement, allez, on va dire dix ans   ?
Dix, soit une par an. Elles ont pris la foudre, des surtensions, ont été mangées par un rat (le fil hein parce que le rongeur, il a des dents, c’est du béton  😊 ), des souris et ont transformée ma maison en cascade. J’en passe et des meilleurs. 
Je ne vous mentionne pas les nombreux autres électroménagers. Rien que depuis décembre 2018, la plaque et le four nous ont lâchés et le PC menace de prendre sa retraite anticipée. (Entre le moment où j’ai commencé ce texte et celui où je le corrige, le PC est bien entendu décédé avec mes fichiers à l’intérieur, sinon ce n’est plus drôle.)
À la fin, le gars du service technique me tutoyait.
Chaque chapitre, je tenterai de vous raconter une ou plusieurs anecdotes. 
Je vous raconterai mes accidents improbables, mes délires avec mes loulous, ou simplement avec moi, voire avec des étrangers. 
Et bien sûr, ma rencontre avec mon cher et tendre.  Et bien d’autres choses.
Mes débuts d’auteure et aussi de maman, je suis l’aînée d’une tribu comprenant mes trois frères et mes deux sœurs et je suis moi-même mère de six charmants monstres, euh enfants, je voulais dire enfants.
Quelle est donc la probabilité que je me laisse surprendre par un lego vengeur   ? Je dirais, vu la douleur ressentie, au moins 1000 %.
Vous êtes prêt(e)s   ? Allez, c’est parti.
 
 
 
Chapitre 1
Les banques
 
Nous sommes d’accord, la banque, ce n’est pas ce qu’il y a de plus génial dans la vie.
Pourtant, on en a besoin et on ne pourrait pas faire autrement. Mettre de l’argent sous son matelas, c’est bien à condition d’avoir de bonnes paillasses et de ne pas avoir de voleurs.
Forcément, moi, la finance c’est plutôt synonyme de terreur, de désastre et pour eux, de poisse incroyable et inexplicable.
Le bug de l’an 2000 par exemple, il est bien entendu que chez tout le monde ça s’est super bien passé et il n’y a pas eu de problème. Sauf chez moi.
À l’époque, j’étais cliente du petit écureuil. Mais cela fait bizarre quand tu arrives le 4 janvier pour prendre de l’argent à la banque, qui à l’époque, était bien renfloué (eh oui, je n’ai pas toujours été fauchée 😊 ) et que l’on te répond :
– Mais vous n’êtes pas cliente chez nous, madame.
– Attendez, madame, vous me dites que je n’ai plus de compte chez vous   ? Pourtant, jeudi, je suis bien venue. J’ai bien mon relevé et mon compte en banque.
 La jeune femme regarde les papiers que je lui présente, puis elle fronce les yeux, examine son ordinateur et les documents. Plus ça va et plus ses sourcils me donnent envie de rire, à bouger ainsi. Pour finir, elle se lève et me réplique avec un air légèrement inquiet :
– Ne bougez pas, je reviens très, très vite   !
En même temps, je ne sais pas trop où tu veux que j’aille, sans argent 😊 .
S’ensuit une attente d’environ dix minutes où un monsieur vient à son bureau, il me semble que c’était le responsable de l’agence. 
Il regarde mes bordereaux, puis l’ordinateur, me fait un sourire plutôt crispé et repart. J’ai bien compris qu’il y a un problème, j’ai presque envie de leur lâcher en riant :
«   Ma poisse, elle a couru plus vite que vous   !   » 
Après plus d’une demi-heure, où je les ai tous vus se décomposer, le directeur revient avec sa sous-directrice.
– Madame, je pense que nous avons un petit problème. (Ah bon   ! Tu crois   ? Détends-toi, Flo, le meurtre est interdit) Il s’avère que vous ne faites plus partie de nos clients, me dit-il en évitant mon regard.
– Écoutez, si c’est une blague, ce n’est pas marrant. Ne vous recyclez pas en comique, vous feriez un bide monumental. Parce que je suis venue jeudi, nous sommes mardi, je n’ai pas pu fermer tous mes comptes pendant le week-end puisque vous n’étiez pas ouvert avec les congés de fin d’année, nous sommes d’accord   ?
– Oui, oui, vous avez parfaitement raison. D’ailleurs, jeudi, vous étiez encore cliente chez nous. Vendredi aussi, mais nous pensons qu’avec le passage à la nouvelle année, il se pourrait qu’enfin, vous voyiez c’est que…
Je pense qu’à cet instant, je suis blanche comme un fantôme. Parce que je venais de réaliser que ce qu’il essayait de m’expliquer, c’était que le compte sur lequel j’avais mis de l’argent le jeudi, en me disant comme ça même après la nouvelle année, j’irai faire mes courses avec mes parents, n’existait plus   ! Il n’était plus là. Pfiou envolé, les billets. J’avoue qu’à ce moment-là, je ne l’écoute plus du tout, il aurait pu me dire qu’il se transformait tous les soirs en Batman, je n’aurais eu aucune réaction. 😄 .
J’aurais voulu être une petite souris pour contempler ma tête de zombie. Je n’étais pas loin d’avoir envie de tous les tuer.
Dieu merci, j’avais gardé le justificatif de dépôt, parce que vous allez comprendre que c’est très important pour la suite.
Il a donc fallu que j’atteste de mon identité, que je m’appelais bien Florina ***.
Il a fallu aussi que je certifie que j’avais un compte chez eux, bien entendu.
Le bordereau a fait foi et vu qu’ils avaient été signés et tamponnés et que j’avais une carte de chez eux, ils se sont dit qu’effectivement je devais «   peut-être   » être un petit peu cliente.
Quand je dis que cela n’arrive qu’à moi.
D’ailleurs à ce sujet, ce ne sera pas la seule fois où je devrai prouver mon identité ou autre. Ce n’est que le début d’une longueee aventure.
De là arrive ma conseillère, toute pimpante et toute mignonne.
Et qui me salue d’une voix affable :
– Bonjour, madame   ! Vous allez bien   ? Vous avez passé un bon réveillon   ?
Avisant la tête de ses collègues et la mienne, elle se dit que quelque chose ne va pas, dans le sens que nous aimerions tous.
Ils lui précisent brièvement la situation à l’oreille. Les autres clients inquiets commencent à me regarder avec insistance. On me fait donc passer dans un bureau, en m’informant que tout ceci n’était qu’une succession désagréable de petits problèmes administratifs et que forcément, ils allaient me retrouver.
Du coup, je leur explique que j’ai quand même des enfants à nourrir et que c’est bien gentil tout ça, mais moi, mon argent il me le faut   !
 Le directeur et sa collègue se grattent la tête, puis le menton, pour finir par me dire :
– Écoutez, madame, je pense qu’avec le bug de l’an 2000, nous avons supprimé votre compte, raclement de la gorge et il continue. Il semblerait que l’ordinateur ait pensé, enfin c’est ce que nous croyons, que finalement votre compte n’existait pas.
Imaginez-vous ma tête dépitée, légèrement énervée, avec plus de 1000 francs qui traînent je ne sais où. Ce n’est pas énorme, mais bon à l’époque, c’était quand même pas mal et cela rendait bien service.
De là, le directeur m’explique qu’ils vont régler l’affaire, c’est obligatoire. Ils ne vont pas en avoir pour long et pour faire preuve de magnanimité, il me donne un chèque de banque de 500 Fr.
Sauf qu’à ce moment, m’échappe un énorme éclat de rire. Lui me regarde avec de gros yeux, un peu sceptique et légèrement irrité, parce qu’il a quand même fait de son mieux.
Je le regarde en riant, essuyant avec peine les larmes qui me venaient aux yeux, et je lui dis :
– Vous êtes bien sympa, monsieur   ! Ce n’est pas que je me moque de vous, mais votre chèque, je le dépose où vu que je n’ai plus de comptes   ?
Effectivement, il comprend que son raisonnement n’est pas fiable et que sans compte, son offre ne me sert à rien.
Pour finir, ils m’ont donné les 500 francs en liquide.
Ils ont quand même mis plus de quinze jours à régler le problème.
Pendant ce temps-là, mon argent était en caisse des liquidations et consignations, si je ne m’abuse. Et ils ne comprenaient justement pas, ce qu’ils y faisaient.
Ils se sont dit que je devais être décédée.
Donc à l’an 2000, je suis morte financièrement pendant quinze jours.
Cependant techniquement juste pour la banque, parce que pour les factures, pour les impôts, tu es bien vivante.
C’est comme la poisse, elle court devant moi et c’est toujours elle qui gagne.
Vous vous doutez bien que ce n’est pas le seul problème que j’ai rencontré avec les établissements de ce type.
Je dirais en bref : la banque d’un service distribuant les missives (vous avez vu comment je gère ça avec une pirouette mdr) où je vais retirer des espèces un samedi matin, qui, suite à un bug, ferme les ordinateurs.
J’attends que cela se rallume et là je vois la tête dépitée de la banquière.
Merdoum   ! Il va y avoir encore un truc qui cloche. Et il s’avère effectivement que j’avais raison, puisque l’argent est débité de mon compte.
Mais comme il était dans la machine, il a été détruit.
C’est une mesure de sécurité. S’il y a un problème électrique comme ça et que l’argent est mis dans ce sas, au bout de quelques secondes, l’ordinateur (ils m’en veulent ceux-là) en déduit qu’il doit être rendu inutilisable.
Je ne vous raconte pas la galère administrative à remplir pour récupérer son argent.

Je ne vous parle même pas des virements que je fais de compte à compte, qui atterrissent on ne sait où. Les distributeurs qui fonctionnent avec tous, mais qui ne veulent pas de ma carte.
Le nombre de fois où ce petit bout de plastique, tant haï quand je suis à découvert et adoré lorsque je peux m’acheter des livres, a été refusé par un terminal de paiement en notant :
«   Carte muette   »
Les flashages, les piratages de CB, de RIB, j’en passe et des meilleurs.
Si je devais vous raconter tous mes déboires avec les banques, j’en ai pour 400 pages.
Pensez à tout ce que vous pouvez imaginer de plus terrible, de plus grotesque ou de bizarre qui peut arriver dans une banque, et cela a dû m’arriver. (À part le hold-up. D’ailleurs toi, la poisse, si tu me lis… ce n’est pas une proposition. Je répète, c’est une figure de style   ! Merci de ne pas m’infliger cela en plus. C’est juste flippant   !)
Par exemple, à la création de ma société, ma banque m’a renvoyé trois cartes bleues, jamais reçues.
La quatrième arrive et vous ne devinerez pas   ?
Elle avait un défaut technique, ils ont dû m’en renvoyer une autre. J’ai donc eu, à la création de mon compte, plus de cinq cartes de paiement fabriquées pour mon compte.
 
Chapitre 2
L’administration,
où comment supprimer une enfant non née
 
Avouez que nous avons tous eu un moment où nous nous sommes sentis comme «   Astérix et Obélix 1   » déambulant dans le bâtiment romain avec le fameux formulaire introuvable.
Bah moi, c’est juste, mon quotidien.
Quoi que je fasse, il me faut toujours le formulaire B9 alinéa 12-578 (ne le cherchez pas, il n’existe pas, mdr).
Voici, l’une des anecdotes en question, et je vous jure qu’elles sont toutes véridiques.
Je m’en suis arraché des cheveux [Dieu merci, mes parents avaient dû prévoir le coup, car je suis bien fournie de ce côté,  😉 .]
Donc, je vais vous raconter une histoire de fou. Ou pourquoi ai-je dû faire remplir une attestation, puis la faire parapher par la mairie, pour une enfant qui n’était pas née   ?
Je vous vois là, froncer les sourcils (arrêtez, cela donne des rides, après vous allez m’envoyer la note de Botox et je vais me retrouver sur la paille. Et j’y suis allergique, 😊 .)
Du fait, après une grossesse épuisante, dont je me ferai une joie de vous parler un autre jour. (Je préviens, je ne suis pour rien si la cote démographique chute brutalement après la lecture de ce livre, mdr).
Alors, après avoir maudit tous les dieux, etc., j’ai réussi à donner naissance à ma fille. La dernière qui passera par voie basse d’ailleurs, mais c’est une autre histoire.
Au bout d’un mois, où je présente tous les symptômes de la maman sur le point d’échanger tous ses enfants contre des smilles de l’écureuil pour partir en voyage. (le plus loin possible des couches odorantes ou de toutes crèmes diverses pour rendre le popotin tout doux).
Je reçois une notification de la caisse d’allocations familiales, en même temps qu’un appel de détresse de ma conseillère.
(Bah oui, elle stresse pour le moindre truc anormal sur mon compte, à présent ^^).
La première :
«   Bla-Bla
Félicitations, madame L****, à la suite de la naissance de vos jumelles, vos droits changent.   »
Hein, quoi   ? Des jumelles   ?
Je regarde mon bébé joufflu dans son transat.
– Mais c’est pour cela que tu as tout détruit sur ton passage, tu es deux en fait. Ça explique aussi pourquoi tu t’accroches à mon sein comme si tu voulais me bouffer.
Aucune réaction, elle continue de me regarder en bavant comme si elle faisait concurrence à un escargot.
Alors, que la première qui ne s’est pas exprimée de cette façon à son enfant me jette la première pierre.
Aïe   ! Mais j’avais dit pierre au singulier   !
Bon maintenant que j’ai de quoi monter un mur, si vous avez besoin de cailloux, vous savez à qui demander.
Donc, je reprends la lecture de cette lettre curieuse où l’on m’annonce la naissance de C*** et C**** nées à la même heure. (tout s’explique,  😉 ) Et que donc je vais toucher un montant énorme, qui me fait comprendre le message paniqué de ladite conseillère :
– Allô, madame L***, vous êtes là   ? Ha bah   ! Non, c’est un répondeur que je suis bête. (Oui, oui, je te le confirme.) Voilà, je vous laisse ce message, car une grosse somme vient d’arriver sur votre compte, ce n’est pas normal. (Oui, enfonce le couteau dans la plaie, au cas où j’aurais oublié que je suis une mère célibataire et fauchée de surcroît.) Du coup, je mets la somme en séquestre, parce que je pense qu’il y a un souci, rappelez-moi vite.
Pfff   ! Même pas un au revoir ou un bisou, elle n’est pas marrante, celle-ci.
Armée de ma feuille, j’appelle l’organisme en question, pour savoir pourquoi il me donne deux enfants du même prénom et nées à la même heure.
Après vingt minutes d’attente, à je ne sais plus combien la minute, j’ai enfin une technicienne qui me félicite pour la naissance de mes jumelles.
(Ils y tiennent bon sang   !)
Je lui explique que ce n’est pas possible, parce qu’elles ne peuvent pas avoir le même prénom ni la même heure de naissance.
Silence…
– Euuuh, effectivement, c’est étrange, deux minutes.
Vas-y, prends ton temps, c’est moi qui régale.
Après cinq minutes, la femme a pris plusieurs tons en dessous tant sa voix est grave ou elle s’est fait opérer par «   Speedy Gonzales 2   ».
À moins qu’elle ne m’ait passé son supérieur.
(je vous l’ai dit, j’ai beaucoup d’imagination)
– Bonjour, madame, je reprends la conversation.
– Bonjour, madame…
– … Euh, je suis un homme   !
– Ha bah, je ne sais pas, par téléphone ce n’est pas évident de le savoir.
– Bon, nous n’allons pas tergiverser sur mon sexe de naissance, je pense que vous n’appelez pas pour cela…
Je l’interromps en riant :
– Surtout que ça ne m’intéresse pas, la dernière fois que j’ai parlé de ces choses avec un homme, je me suis retrouvée enceinte et comme je suis un peu bordélique, j’ai visiblement perdu une fille en route.
Gros silence, je pense qu’il se demande à quelle espèce de folle il a affaire, et je ris de plus belle.
C’est peut-être nerveux   ?
Est-ce que la dépression post-partum donne envie de rire   ?
Ou alors c’est parce que mon ogre ne me laisse pas dormir. Enfin bref, je redeviens sérieuse en lui parlant :
– Désolée, promis, je reste sage et je vous écoute.
Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression qu’il sourit en me répondant :
– Vous êtes bizarre, mais quelque chose me dit que je ne vous apprends rien et j’ai beaucoup de mal à croire que vous n’allez pas m’interrompre à nouveau. Donc pour en revenir à nos moutons.
Si je me mets à bêler, vous pensez qu’il va raccrocher   ? Je me mords l’intérieur de la bouche pour ne pas rire comme une andouille. Avec mes bêtises, je ne l’ai pas entendu.
– Heuu, je n’ai pas compris, vous pouvez répéter, s’il vous plaît   ?
Il pousse un soupir, je crois que je commence à lui taper sur le système. J’ai tendance à souvent faire cet effet aux gens.
– Nous avons saisi deux fois l’acte de naissance de votre fille, le problème vient de nous. L’argent ayant déjà été viré, il est déjà considéré comme un indu.
Bon là, ça ne me fait plus rire.
Je dois vous le dire, je suis proche de mes sous. Genre très, très proche.
– Ha   ! Mais je ne suis pas d’accord. Perso, ce n’est pas mon problème si vous avez deux mains gauches ou que vous ne tapez qu’avec deux doigts. C’est votre service qui a fait des conneries, ils se débrouillent. Et donc vous allez enlever ce faux enfant   ?
Silence…
– Vous êtes toujours là   ?
Je regarde mon téléphone, le secoue et redis :
– Allô   ? Je sais que vous êtes là, je vous entends respirer…
À cet instant, c’est lui qui pousse un soupir et je l’imagine bien se passer la main sur le visage.
– Heuu, pour ce qu’il en est de la suppression, il va nous falloir un certificat précisant que vous n’avez eu qu’un enfant. Un genre de certificat de décès en fait. Pour le reste, je vais faire comme si je n’avais pas entendu.
Je ris (mais jaune cette fois).
– Elle est où la caméra cachée   ? Comment voulez-vous que je fasse cela, pour une enfant qui n’est pas née   ? Vous passez des tests à l’embauche, un genre blague «   Carambar 3   », c’est ça   ?
Mais il rigole, en plus. Une fois redevenu sérieux, je l’entends se racler la gorge pour me répondre :
– Je ne sais pas, je vous l’avoue, je n’ai pas passé ce test et pour le formulaire, je pense qu’une attestation sur l’honneur suffira. Pour l’argent, je vous dicte la lettre que vous allez envoyer à mes services pour une remise gracieuse. J’ai l’impression que cette histoire va bien nous prendre la tête à tous les deux, je peux au moins vous aider pour cette partie.
C’est moi, qui me passe la main sur les yeux, maintenant.
Je prends un stylo et j’écris ce qu’il me conseille. Avant de raccrocher, il me dit :
– J’ai conscience que ça vous fait une belle jambe, mais pour ce que cela vaut, je vous présente mes excuses pour les soucis que cela va vous apporter.
Je raccroche sans lui répondre, parce que j’aurais été vulgaire et qu’il n’a pas tort, il n’y est pour rien.
J’appelle ma conseillère pour lui expliquer qu’elle peut débloquer la somme ainsi que la provenance de celle-ci.
Elle se tape un fou rire et je perçois entre deux hoquets :
– Bordel, excusez-moi, ce n’est pas professionnel. Mais si je ne vous connaissais pas, je ne vous croirais pas.
J’ai donc passé les premiers jours de la vie de ma fille à faire des démarches pour supprimer une enfant qui n’existait même pas.
Je repense souvent à cet épisode curieux de ma vie, qui a bien fait rire ma fille quand je lui en ai parlé. Je vous dirais bien que c’était un acte isolé, mais alors je ne serais pas en train de vous raconter mes histoires abracadabrantesques.
 
 
 
Chapitre 3
Tu t’es vue quand tu as bu   ?
Qui n’a pas déjà entendu cet adage   ?
J’ai l’alcool rigolo, paraît-il. Voici, en vrac, quelques anecdotes marrantes ou romantiques, qui vous feront sûrement réfléchir, à boire avec modération ^^.
Ma première «   cuite   », je l’ai prise à douze ans, pour ma communion (je sais, ce n’est pas malin, mais je n’ai jamais prétendu être très intelligente, lol).
Donc, j’ai fait plusieurs mélanges, pas des alcools forts : Porto, Champagne, etc. Seulement, je n’étais qu’une enfant. Je me souviens des cris d’horreur de ma mère en me découvrant, après m’avoir cherchée pendant plus de deux heures.
Ne me demandez pas ce qui s’est passé exactement, je n’en sais rien du tout, black-out total. Je me suis retrouvée à errer dans les couloirs de l’hôtel maritime, où mes parents avaient loué des chambres pour l’occasion.
Un petit marin m’a trouvée déambulant, sans but. Il m’a prise pour une mariée (à sa décharge, j’étais déjà formée et j’avais une magnifique toilette de communiante avec voile, la totale). 
Nous avons discuté pendant quelques heures, assis à même le sol. C’est mon père qui nous a trouvés, j’ai eu le droit à un savon, ça par contre je n’ai pas oublié. 
Je lui expliquais que je ne me rappelais ni mon nom ni ce que je faisais là et que le jeune homme m’avait gentiment tenu compagnie. 
Quand le petit mousse a su mon âge, il est devenu blanc comme un fantôme ou alors, c’est ce que mon père lui a murmuré à l’oreille qui lui a fait peur, 😊 .
De longues années plus tard, je devais avoir dix-sept ans. On va dire que ma vie était compliquée.
Le fils d’un ami de ma famille était là avec son meilleur ami, je dois avouer que j’ai toujours prétendu au collège que je sortais avec lui. J’étais excessivement timide et Graham me traitait comme une adulte, il n’en fallait pas plus pour qu’il devienne mon héros.
Je ne sais pas s’il s’en est douté, avec le recul je pense que oui, ou alors il était aveugle, je bavais littéralement sur lui 😂 .
Enfin bref, je n’avais encore jamais eu de petit copain. J’avais juste échangé un bisou avec un garçon en CM2 (je n’ai d’ailleurs toujours pas compris pourquoi il m’avait embrassée ce jour-là, mais c’est une autre histoire). Ils fêtaient je ne sais quoi avec ma famille, ma grand-mère me dit :
– Candy neige, tu veux une coupe de champagne   ?
Je regarde ma mère qui hausse les épaules. Graham était en train de lui raconter que sa copine Agnès (la sorcière des Carpates,  😉 . Bon   ! Je sais, ce n’est pas une vraie, mais j’ai toujours détesté cette femme, je n’y peux rien, c’est épidermique) l’avait quitté, etc. 
Moi, j’essuyais les affres de la jalousie. J’ai avalé ma coupe d’un trait, ma grand-mère m’a resservie avec un clin d’œil (c’est la première personne qui a dû s’apercevoir de mon béguin pour lui). 
Enfin bref, je me suis retrouvée à avoir bu plus que de raison. Je suis sortie sur la terrasse pour contempler la mer en face de la maison de mes grands-parents, j’en avais marre de l’entendre parler de l’autre moche. 
J’étais furieuse sans comprendre pourquoi. Son ami est venu auprès de moi, m’a tendu une cigarette. Je l’ai regardé, effrayée (je vous raconterai pourquoi sur un autre chapitre). Il fumait sans rien dire, de temps en temps je le sentais me regarder, j’étais mal à l’aise. 
Graham, je savais qu’il ne me ferait jamais de mal, mais lui, il était trop beau pour être honnête. 
De beaux cheveux bruns, des yeux bleus translucides et sa petite amie Donna était tout simplement un ange sur terre. Et oui quand je bois, je ne suis pas capable d’aligner des pensées cohérentes.
Il a secoué la tête, puis il est rentré. Peu de temps après, Graham m’a rejointe, il parlait très mal le français et moi très mal l’anglais. Il m’a parlé pendant un moment, je ne comprenais pas grand-chose, mais est-ce l’alcool ou pas, il commençait à m’énerver.
Je suis rentrée en claquant la porte, de là, ma cousine me dit :
– Tu viens, on va en boîte. 
Ma mère me laissant pour une fois carte blanche, je suis allée me changer. J’étais soûle comme un petit beurre, il m’a fallu un moment avant de comprendre que j’avais juste les vêtements que mon père venait de m’offrir. 
J’ai passé quinze minutes pour mettre ma jupe et autant pour mon chemisier. J’ai donc pris les vêtements et je suis partie revêtir l’ensemble de «   Marinette   » comme on les nommait à ce moment-là. Composée d’une jupe ample bleu marine, d’un chemisier blanc à col bleu avec des insignes marins aux épaules et des boutons dorés avec une ancre, agrémenté d’une petite veste. J’avais attaché mes cheveux en catogan avec un joli ruban bleu.
Le silence s’est fait quasi total, quand je suis entrée dans la cuisine familiale.
Ma cousine m’a regardée en disant tout haut, ce que les autres pensaient aussi, enfin il me semble vu leurs regards à tous.
– À quel moment es-tu devenue une petite femme, toi   ?
Ma mère et ma grand-mère m’ont souri, je crois qu’elles étaient fières de moi ou alors elles étaient aussi pompettes que je l’étais, 😊 .
J’ai haussé les épaules et j’ai vu les deux Anglais stupéfaits, le brun donnant des coups de coude à mon ami, sans qu’il réagisse.
Il a planté son ami et il est venu vers moi, en me disant :
—Graham is crazy, you'r beautilful.
Je suis restée bête devant ce compliment. Moi, belle   ?
J’ai croisé le regard de celui que je n’intéressais même pas quelques secondes auparavant.
Il me regardait les yeux ronds, j’ai ri en pensant que l’alcool le rendait fou. 
Nous voilà tous partis, Graham insiste pour monter avec nous. Je ne lui parle pas, j’avoue que j’ai peur d’être recalée en boîte, je me colle contre la porte, désemparée.
J’inspire à grandes bouffées en sortant de la voiture, bien que ma cousine essaie de me rassurer :
– Ne t’inquiète pas, on changera de boîte au cas où   ?
Mais rien n’y fait, je suis nerveuse. Quand soudain, une main glisse dans la mienne, je lève les yeux pour voir cet homme, qui doit bien avoir vingt-cinq ans, me sourire et passer son pouce sur ma paume en guise de réconfort.
Ma cousine me sourit et moi, je ne comprends rien du tout, je suis tétanisée par ce contact. 
Le champagne me grise ou est-ce l’air que je respire, mais soudainement je me sens confiante et je passe l’entrée droite comme un i.  L’agent de sécurité me laisse entrer avec un salut militaire.
Je regarde Graham en riant et lui tire le bras pour qu’il se mette à ma hauteur pour lui dire à l’oreille :
– He’s funny, il a cru que j’étais «   the marine   ».
Je vous l’ai dit, mon anglais était horrible et il l’est toujours, mdr. Bon   ! J’avoue que j’abuse un peu, car par la suite, j’ai commencé à m’intéresser un peu plus à cette langue  😉 .
Pour la première fois, ses yeux sont à ma hauteur. Mais là, c’est moi qui n’arrive plus à parler. Mon sourire se fige, pendant que je me perds dans ses yeux, mélange de vert et de paillettes d’ambre.
Je l’ai lâché et j’ai détalé comme un lapin pris dans les phares puis je me suis collée à ma cousine. Elle a souri et m’a pris la main, elle m’a donné un grand verre de coca que j’ai avalé d’un trait sous ses yeux effarés. 
Vous l’avez compris, il n’y avait pas que du soda dans ce verre.
J’ai commencé à me trémousser comme une folle, il paraît que j’ai dansé plus de deux heures d’affilée. Je me rappelle vaguement que Graham jetait des regards furieux à tous les garçons qui s’approchaient de moi. 
Puis est venu le moment des slows, j’allais repartir à ma place, déçue, mais en même temps éreintée quand il m’a pris la main et m’a serrée contre lui. Je ne savais pas quoi faire, j’étais comme tétanisée et avec un mal de tête qui commençait à pointer le bout de son nez. Comme à chaque fois que je paniquais, j’ai commencé à parler à mon monde imaginaire.
«   Ciara, qu’est-ce que je fais   ?
–  Euh   ! Je n’en sais rien moi. Attends, on va demander aux garçons. Fergus, Archi, comment doit-elle réagir   ?
—  Elle n’aurait pas dû boire déjà, elle ne serait pas dans cette situation   ! a répondu mon ami imaginaire.
—  Tu ne nous aides pas, le saurien   ! a rétorqué Ciara.
—  Au   secours   ! Il me parle, je ne comprends rien, leur dis-je, effrayée .
–  Euh… Commence par respirer…   »
J’ai ouvert la bouche pour avaler un peu d’air et j’ai passé ma langue sur mes lèvres, car elles étaient sèches malgré tout l’alcool que j’avais ingurgité.
Il a froncé ses jolis sourcils blonds et il m’a embrassée. Puis en rentrant, j’ai eu mon premier rapport.
Et je ne m’en souviens même pas   ! Si ça, ce n’est pas de la poisse   !
Je vous vois là, vous êtes frustrées. Bah   ! Imaginez-moi, comment je me sens des années plus tard. Je n’ai que des flashs qui me viennent, mais pas assez pour me rappeler le déroulement exact de la soirée. Si ça se trouve, tout ce que je vous raconte n’est que le fruit de mon imagination débordante  😉 .
Un autre jour, des siècles plus tard…
C’est mon mariage. Bordel   ! Pourquoi l’ai-je épousé   ?
Ce mec ne correspond pas à ce que j’aime en général, il boit, enfin bref je ne sais pas ce que je fais avec. Pour être honnête : si je le sais, j’avais trente ans et peur de finir toute seule. Comme quoi, parfois, mieux vaut se contenter de ce que l’on a.
J’ai pris une cuite en comprenant ce que je venais de faire.
J’ai essayé de faire pipi debout sur un arbre, râlé après mes cousins, car je n’étais pas appareillée comme eux. J’ai ensuite râlé sur les immeubles qui me gâchaient la vue des étoiles.
J’ai discuté à voix haute avec le monde de Féerélia, il paraît même que j’aurais fumé des trucs pas clairs. Moi, l’antidrogue, quand je vous dis que l’alcool nuit à la santé, pour ma part c’est mon mental qui part à vaux l’eau, 😋 . 
Enfin bref, je me suis réveillée dans le lit de mon aînée. 
Elle m’a dit que **** râlait, car il voulait que je vienne dans notre lit et que je l’ai regardé en lui disant :
– Non, mais sérieux   ! Tu te regardes dans une glace   ? Tu ressembles à un singe, tout droit tombé de l’arbre, je ne peux pas m’être mariée avec toi, tu es trop moche   !
Et j’ai dormi avec mes enfants. Sympa la nuit de noces   ! Cela dit, j’aurais mieux fait de me pendre, car nous nous sommes séparés et après avoir payé mon avocat pendant sept ans, j’ai enfin pu divorcer sauf que j’ai tout perdu.
Il m’a totalement ruinée (vous remarquerez qu’à l’inverse de mon ami d’enfance, j’ai flouté son nom, car il me file de l’urticaire et qu’il est assez vicieux pour porter plainte en plus, 😂 )
Des siècles plus tard (oui encore, je suis un vampire en fait, 🤣 ), je me retrouve seule chez une amie à Paris.
Elle m’a accueilli les bras ouverts avec ma fille alors que je n’avais plus rien, à part des amis (et ça, c’est énorme). 
Je parlais depuis plusieurs mois avec un jeune homme, je rigolais souvent avec ma Dédé, car je le trouvais trop jeune. Seulement, je ne pouvais pas m’empêcher de lui téléphoner et nous passions des heures entières ensemble à parler de tout et de rien.
Passons quelque temps… Un ami nous donne rendez-vous dans un bar. Après son départ, vu que les enfants de Delphine et ma fille étaient entre de bonnes mains avec ses parents, nous décidons de poursuivre la soirée. Cette chipie regarde le barman et lui dit :
– Je parie que tu n’arriveras pas à coucher avec ma pote   !
Puis en se tournant, elle me fait un clin d’œil et rajoute à mon intention :
– Même pas cap de boire ce qu’il te donne   !
Bon, si vous me suivez, vous savez que comme Marty dans «   Retour vers le futur   », j’ai un peu de mal avec les défis mdr.
J’ai donc enchaîné les verres comme une Russe assoiffée. Et il ne m’a pas couchée, fière de moi, je regarde mon amie et lui dis :
– Avant de partir, je vais me vider la vessie, elle va exploser. Garde mon stetson.
Oui, je me promenais avec un chapeau de cow-boy et un long manteau brodé en cachemire gris, la discrétion personnifiée 😏 .
Au bout de cinq minutes, inquiète de ne pas me voir revenir, elle décide d’aller me chercher.
Et là, c’est assez flou pour moi, car les W.C. étaient très aérés, ce qui me fut fatal.
Elle m’a retrouvée en grande conversation avec ma barrette qui était tombée on ne sait comment dans la cuvette.
– Allez, fais pas ta garche, chors de là.
– Non, chrachement, si tu croiches que je vais te chercher dans la cru.. la cuvi.. là, tu te fous la baretch dans loeiche. (Ce qui en français sans alcool doit vouloir dire : «   Allez, ne fais pas ta garce, sors de là   ! Non   ! Franchement, si tu penses que je vais aller te chercher dans la cuvette, tu te mets la barrette dans l’œil   »).
Elle a ri (mon amie, hein, pas la barrette 🤭 ) et a extirpé ma précieuse qu’elle a mise dans un mouchoir puis m’a aidée à m’extirper de l’établissement en m’assistant pour que je reste digne. Et ça franchement, ce n’était pas gagné d’avance vu mon état d’alcoolémie largement avancé. Nous sommes sorties pour reprendre la voiture et comme quand je suis bourrée je suis chiante, j’ai appelé tout mon répertoire. 
Il n’y a que celui qui est devenu mon compagnon qui a répondu. En même temps, il était 3 heures du mat’.
Nous avons parlé quelque temps où je lui ai expliqué qu’il était trop jeune, etc., etc. Puis, ne l’entendant plus, j’ai regardé mon tel, ouvert la fenêtre sur le périph et je l’ai jeté.
Crissement des pneus de la voiture de mon amie. Elle récupère mon bien à toute vitesse, en me disant que j’étais folle. Bon c’est en l’écrivant que je me demande si cette partie s’est vraiment passée ou si je l’ai rêvée, car sinon je crois que nous ne devions pas être mieux l’une que l’autre ^^.
Nous arrivons chez elle. À l’époque, elle habitait un quartier, disons chaud, de la capitale. Je vois deux jeunes qui parlent plus loin. Je lui demande ce qu’ils font et elle me répond tout bas :
– Viens ma chérie, ne fais pas d’esclandre, ils ne sont pas fréquentables.
Je les examine alors qu’elle me tire par le bras. Et je réalise que j’ai devant moi un deal.
– Hannnn, DÉDÉ, c’est des drogueurs   ! Wouah, mais faut pas faire ça. Eh   ! Oh   ! la drogue, ché mal   !
Un des gars part en courant pendant que l’autre nous regarde. Mon amie déglutit et lui crie :
– Elle a bu, elle ne se rappellera rien demain.
Ce que je confirme avec un grand sourire en lui chantant :
– La drogue, ché mal, parles-en à tes copains.
Mon amie m’a montée dans son appart à coups de pied aux fesses. Rétrospectivement, je me dis que nous avons eu de la chance.
Il y a eu aussi, la fois où j’ai vu des hommes armés sur le Champ-de-Mars. Comme j’étais étonnée, je demande à mes amis ce qu’ils font là et ils me répondent :
– C’est le plan Vigipirate, ce sont des chasseurs alpins.
Je fais signe que j’ai compris et ils pensent que je les suis. Sauf qu’ils m’entendent rétorquer :
– Eh, il y en a beaucoup par ici   ?
Les deux hommes médusés m’observent et en haussant les sourcils, me répondent :
– Pardon   ?
– Des pirates et des lapins   ? 
Ils se contemplent sans comprendre, pendant que mes amis hésitent entre rire ou pleurer.
— Vous sentez l’alcool   ! me riposte l’un d’eux.
– Vien bu, Sherlock, lui déclaré-je avec un hoquet.
Je leur souris et ils commencent à me rendre le mien. Je trépigne du pied et réitère ma question :
– Bon   ! Il y en a ou pas   ?
– Non, madame, RAS.
Je souris en leur faisant le salut militaire comme je l’ai vu faire par mon père. Eux sont décontenancés et se mettent au garde-à-vous.
– Trompé, soldats   ! Mais vous ne faites pas de mal aux lapins, les pirates che me fout. Sinon j’appelle mon père et ça va faire mal.
Je les ai plantés là, totalement ahuris, et je vous avoue que je ne sais même pas comment je suis rentrée.
Voilà, comme vous le constatez, boire nuit à la vie sociale, à la crédibilité, mais surtout à la mémoire, enfin à la mienne surtout, mdr.
 
Chapitre 4
Grise Anatomy
ou comment rire de tout
 
Alors ce n’était pas ce qui était prévu, mais comme je viens de me bidonner comme une baleine, je me suis dit que je pouvais être un peu partageuse.
Je vous livre cette fois, quelques soucis que j’ai rencontrés avec le corps médical.
Vu que c’est tellement fréquent, j’ai décidé de le scinder en plusieurs parties.
Donc, commençons par ce qui a créé mon hilarité du jour.
Je suis diabétique (hyper énervant pour la petite goule 4 sucrée que je suis) et j’ai quelques soucis de santé.
Je dois faire mon check-up sanguin régulièrement, je me fais piquer le jour de mon anniversaire (oui, je sais, je suis légèrement maso).
Quinze jours plus tard, n’ayant toujours pas eu mes résultats, je m’inquiète. Je téléphone à mon infirmière, qui me dirige vers le labo. J’explique à la personne au téléphone que j’attends mes papiers, mais que je n’ai toujours rien. Elle me demande donc mes date de naissance, nom et prénom. Et là, le gag commence :
– Euh…
Moi, un sourire prenant naissance sur mon visage :
– Il y a un souci   ?
– Euh, comment dire, nous avons oublié de vous les envoyer, je suis désolée et je vous poste cela très vite, dit-elle rapidement.
Ayant d’autres examens, je lui demande si elle peut m’interpréter les résultats.
– Oui, oui. Donc madame ** ça, c’est bien, ça aussi.
– Et la CRP   ?
– Ah   ! madame, nous n’avons pas cet examen.
– Ah si, si, lui dis-je sûre de moi, puisque j’attends justement celui-ci en particulier.
Je l’entends se racler la gorge et je me mets à pouffer.
– Allez, dites-moi tout, sachez que rien ne me choquera.
– Certains examens n’ont pas été faits, me souffle-t-elle.
Mon hilarité redouble, elle oscille entre se dire que je me moque d’elle ou alors qu’elle a affaire à une folle. (ce qui n’est pas très loin de la vérité, mais qui ne nous intéresse pas pour cette affaire 😁 ).
– Vous n’avez pas l’air étonné, vous avez déjà eu des soucis avec nous   ?
– Non, pas avec vous, mais ce genre de chose m’arrive tout le temps. Je compte d’ailleurs écrire un livre sur cette poisse qui me colle plus fortement qu’un emballage de caramel sur une chaussure.
– Ah, je vous présente mes excuses pour le laboratoire, nous veillerons à ne pas recommencer ce genre d’erreur.
Je crois qu’elle est tellement étonnée par ma réponse qu’elle n’a même pas tilté sur ce que je lui ai dit, 😏 .
Je raccroche, un peu calmée. Pour faire suite à cette mésaventure, je pense que ce laboratoire a un contentieux avec moi, car cela s’est reproduit à plusieurs reprises. Je vois bien dans leurs bureaux ma photo comme les alertes avec une cible de façon à me lancer le plus de fléchettes possible  😉 . (Bon   ! J’avoue que cela doit être la perspective de me faire piquer le bras encore une fois, qui ne doit pas m’enchanter, d’autant que mes veines sont merdiques).
D’ailleurs à ce sujet, je me rappelle une collision avec des marches, suite à une prise de sang, justement.
Je dois en faire une pour ma déclaration de grossesse. Je préviens l’infirmière (une remplaçante) que mes veines sont des traîtresses. Elles roulent, elles lâchent, etc. Enfin, le bonheur de toutes infirmières. (c’est ironique bien sûr, je suis leur pire cauchemar, mdr)
Elle me regarde de haut, me disant avec un air hautain :
– Pfff, je connais mon métier.
Je vous avoue que je commence à flipper. J’essaie de m’installer confortablement, car je sais comment cela va se passer. Je vais encore m’évanouir après qu’elle aura charcuté mes bras. Elle ne va pas trouver la veine, va râler. Elle va piquer au hasard, croyant en avoir une, celle-ci va se barrer comme la roublarde qu’elle est. La dame se mettra en colère contre moi (bah oui quoi, c’est moi qui leur dis de me pourrir la vie).
Effectivement, mes craintes se révèlent être fondées. Énervée, elle m’attrape la main en disant :
– Je vais piquer là, je les vois bien.
Et puis d’un coup, trou noir… J’entends vaguement des hurlements.
– À l’aide, au secours… Oh, mon Dieu, allô les pompiers. J’ai blessé ma patiente, elle revient plus, aidez-moi   ! Monsieur, votre femme. Oh bon sang   ! Il n’y a personne, qu’est-ce que je vais faire   ?
Bon   ! Je fais encore un de ces cauchemars dont j’ai le secret. C’est ça, dors, tu rêves, cocotte. Puis, une douleur commence à me prendre dans le crâne et dans le nez. Nan, mais pourquoi j’ai froid, et il est dur mon oreiller   ?
J’ouvre les yeux, en entendant quelqu’un m’appeler :
– Madame   ? Madame, vous êtes avec moi   ?
Qu’est-ce qu’il fout dans mon lit, lui   ?
Pourquoi, même dans mes rêves, les mecs sont moches   ?
(Bah   ! Oui, désolée de casser le mythe, mais chez moi, je n’ai pas vu de beaux pompiers ou alors ils ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable,  😉 ). Bref   ! Je le regarde et il me sourit :
– Ah   ! Je préfère cela. Ça vous arrive souvent de vous évanouir   ? Vous auriez dû la prévenir.
– Je l’ai prévenue   ! Sauf que l’on ne veut jamais me croire. Put.. Oups pardon, mais j’ai très mal au bras et au visage.
J’essaie de passer la main sur mon nez, mais il me l’attrape juste à temps. Il regarde mon bras et se met à gueuler :
– Non, mais elle est conne   ! Vous auriez pu lui enlever l’aiguille.
J’entends couiner et vois l’infirmière en larmes, qui revient vers moi. Elle n’ose même pas regarder l’homme en face de moi.
– Pardon. Mais vous savez, les gens pensent toujours m’apprendre mon métier, alors…
– Sauf que depuis le temps, je connais mon corps   ! Pis merde   ! Je ne suis pas une gamine   ! m’exclamé-je, énervée.
– Vous n’avez pas l’air très vieille non plus, me dit le pompier en souriant.
– J’ai vingt ans d’abord, lui rétorqué-je, en croisant les bras.
Oh oui Flo   ! Tu es très crédible, là   !
Il se mord les lèvres pour ne pas rire :
– Allez, maintenant que votre bourreau vous a enlevé votre harnachement, je vais vous relever. Vu que vous pensez être enceinte, on ne peut pas faire de radio, mais votre nez et votre menton ne semblent pas être cassés.
Il a dit cela en m’examinant l’air soucieux.
– Hein   ! Quoi, elle m’a frappée   ?
Éclats de rire de tous les gars autour de moi. Mais bon sang, ils sont combien   ?
– Non, m’dame, vous êtes tombée, me dit un autre.
– Et vous vous êtes frappée, toute seule, comme une grande sur votre marche, finit un autre.
– Pourquoi ai-je l’impression que toute la caserne est là pour se foutre de moi   ?
C’est en entendant les gars rigoler que je réalise qu’encore une fois, ma bouche s’est ouverte sans me demander mon avis.
Je me renfrogne en râlant :
– Puisque vous êtes tous autour de moi, vous pourriez au moins me donner mes lunettes   ?
– Oh   ! Vous allez cacher ces jolis yeux   ? me dit, le pompier.
J’essaie de le regarder en face, mais je le vois trouble. Eh oui, je suis myope comme une taupe. Il a l’air de sourire ou il se fiche de moi, encore. Il m’a effectivement donné mes lunettes en riant, et j’étais mortifiée. J’étais en chemise de nuit.
Oh mon Dieu   ! La honte   !
Le pompier m’aide à me relever pour m’asseoir, je jurerais qu’il avait un petit sourire en coin. Cependant, aussi rouge qu’une tomate, j’ai préféré regarder mes pieds et oui, en plus je suis timide. Je sais ce que vous vous dites, le gars essaie probablement de flirter, sauf que je suis comme une coquille Saint-Jacques, quand j’ai peur je me referme et impossible de me déverrouiller  😉 .
Résultat des courses, j’ai su que j’étais enceinte (mais c’est une autre histoire). Je m’étais déplacé la mâchoire, j’avais un coquard et un bleu au nez, les bras qui sont passés du bleu au vert puis au violet (un véritable baromètre).
L’infirmière a juré ne plus jamais vouloir m’avoir comme patiente. Et une caserne entière a ri des déboires de leur mascotte préférée.
Bah   ! Oui, parce que comme vous allez le lire au fur et à mesure des chapitres, quand je visite une région, je commence souvent par l’hôpital avec un passage des pompiers,  😉 .
Tiens, d’ailleurs, en parlant de pompiers, j’ai connu mon premier «   crush   » comme l’on dit maintenant, chez les soldats du feu.
Je suis polyallergique. Pour comprendre cet épisode, il faut que je vous raconte ma première piqûre.
Dans les années 80, le culte des régimes était à son paroxysme. Ma mère, en bonne maman inquiète, veillait sur notre poids comme le lait sur le feu. Je venais de manger et la dernière côte de porc dans l’assiette me faisait envie.
Ma mère commence à râler, pendant que je me servais :
– Tu n’es pas raisonnable, Florina. Tu vas grossir et tu finiras par faire une crise cardiaque   !
Je lui tire la langue. Soudainement, quelque chose me gêne dans mes cheveux. J’essaie de chasser l’insecte qui me prend pour sa maison, mais je sens une petite piqûre. Je hausse les épaules et je vais m’asseoir pour manger l’objet de mes désirs. Mon petit frère me regarde et d’un coup, il s’exclame :
– Maman, Flo, elle grossit deza. Za fait quoi, une grise cardiaque   ?
Ma mère revient de la cuisine et hurle en me voyant. Je lève la tête et je m’en vais pour lui dire qu’il ne faut pas exagérer quand même. Sauf qu’aucun mot ne sort, à bien y réfléchir, j’ai même du mal à respirer.
Merde   ! Maman a raison, je vais mourir parce que je suis une grosse gourmande. Je me vois déjà, six pieds sous terre. Ma mère attrape le téléphone fixe (oui, je suis un dinosaure 😊 ) et explique la situation aux pompiers.
– Ma fille est énorme. Vous voyez «   banzai   », le film, bah elle est pareille. Faites vite, elle a du mal à respirer.
Elle raccroche paniquée puis vient vers moi.
– Je suis désolée, mon bébé, je te payerai plein de côtes de porc, mais ne me quitte pas.
Oui, quand ma mère stresse, elle est comme moi, elle raconte n’importe quoi, 😜 .
Les pompiers sont arrivés rapidement, m’ont fait une piqûre et délogé la bourrique de guêpe, qui était encore plantée dans mon cou.
Vous comprenez à présent pourquoi je suis là, tremblante de peur, dans un square d’une petite ville du Sud.
Mes sœurs et mes frères sont partis en courant chercher ma piqûre à la maison. Non seulement j’ai peur qu’elle me pique, mais en plus je suis inquiète à l’idée qu’il leur arrive quelque chose. Alors, je me mets à parler avec ces deux guêpes qui me tournent autour. Notamment celle qui s’est dit que mon nez était un joli point de vue. J’ai chaud, j’ai honte, car j’entends les jeunes se moquer de moi. Et purée, qu’est-ce que j’ai la trouille   ! Mais cette garce commence à bouger son dard.
– S’il vous plaît, par pitié, est-ce que quelqu’un va se bouger   ?
Bon   ! Je l’ai à peine murmuré. J’ai tellement peur de cette petite chose. Le médecin que j’ai vu à l’hôpital a été catégorique :
– Florina, tu dois toujours avoir ta seringue sur toi   ! La moindre piqûre peut être fatale.
Pourquoi est-ce que je ne l’ai pas sur moi, me demanderez-vous avec raison   ?
Parce que j’ai quinze ans, que comme beaucoup d’ados, je suis stupide et inconsciente des risques   ! Je n’ai jamais cette fichue piqûre sur moi, comme je ne porte pas non plus mes lunettes. Je ne parle même pas des Capri, ces petites cigarettes que je fume en cachette de ma mère. Je vais m’évanouir et elle va me piquer. Il sera noté sur ma tombe.
Elle a résisté à tellement de choses… mais une guêpe de rien du tout l’a mise au tapis   !
Flo : 0/Guêpe : 1
– Je ne veux pas mourir, s’il te plaît, sois sympa. Je ne suis pas méchante, je ne tue jamais les insectes. Regarde, je ne touche même pas aux fleurs et pas seulement parce que j’y suis allergique, hein   !
– Humm, salut toi, tu parles souvent toute seule   ?
Je ne bouge pas, elle est toujours posée sur mon nez.
– Tu pourrais me répondre   ! Les gars disent que tu es bizarre, mais tu pourrais au moins être polie. Oh   ! La nordiste, c’est à toi que je parle   !
Il se pointe devant moi, l’air en colère.
– Oh   !
Je ferme les yeux parce qu’il va faire un truc débile, comme vouloir la chasser ou autre.
Et je vais mourir, parce qu’un petit crétin veut me parler. Mais je veux juste que cette sale bête me lâche, moi.
– Allergique, pitié.
Pathétique   ! C’est tout ce que j’ai réussi à dire. Mon cœur bat tellement fort que je ne sais même pas comment ce petit insecte, n’est pas dérangé par tout ce bruit.
– OK   ! Ne bouge pas. Je gère, lâche-t-il, d’une voix pleine d’assurance.
Je me décide à ouvrir les yeux pour le regarder, il est mignon pour un garçon.
De jolis cheveux châtains et il a l’air musclé pour son âge. Il a peut-être un ou deux ans de plus que moi. Il sort un petit boîtier et tape très vite. Dans ce laps de temps, mes quatre frères et sœurs arrivent en courant.
– On l’a, nana, on l’a (oui, je sais, ils m’ont donné un surnom débile, mais ce n’est pas le pire, attendez).
– Zorra, j’ai ta piqûre, tu es sauvée, me dit mon petit frère en souriant.
Je vais le tuer, ce petit mer…   ! Le garçon sourit et dit :
– Super, merci, les enfants, j’ai prévenu mes collègues.
Je fronce les yeux, il a appelé qui cette andouille   ?
Il me sourit. Je voudrais me mettre en colère, mais deux émeraudes me dévisagent et je ne sais plus quoi dire.
– Salut, Zorra, dit-il avec un grand sourire.
Il sait que je ne m’appelle pas comme ça. Puisque, mon prénom et le fait que je vienne de Normandie font parler les gens depuis des mois.
– C’est Florina, pas Zorra   ! Et tu as appelé qui, d’abord   ? m’écrié-je.
– Tu devrais te calmer, n’oublies pas ta petite copine, souffle-t-il toujours aussi hilare.
Zut, je l’ai zappée celle-là.
– Puisque tu me le demandes, moi, c’est *** 5 , je suis jeune sapeur-pompier. J’ai prévenu le central de venir, que nous avions une intervention probable, poursuit-il plus sérieusement.
– Oh   ! Euh, merci… murmuré-je, honteuse de l’avoir rabroué ainsi.
Effectivement, les pompiers sont arrivés peu après. Je n’ai pas eu besoin de la piqûre, mais j’ai fait un petit tour à l’hôpital pour vérifier que tout allait bien.
Je pourrais vous sortir une histoire comme quoi ce jeune homme et moi, nous nous serions aimés passionnément. Mais la vérité est qu’à cet âge, j’étais d’une timidité maladive (si on doit être honnête, je le suis toujours autant, 😊 ).
Nous nous sommes effectivement parlé à plusieurs reprises. Je dois avouer que je me suis souvent demandé ce qu’il se serait passé si ses collègues n’étaient pas venus.
Non, il n’y aurait rien eu. Avec ma chance, cette gourdasse de guêpe m’aurait piquée et fin de l’histoire, 😁 .
Oh   ! Ne vous inquiétez pas, j’en ai d’autres des interventions rocambolesques ou totalement hilarantes.
Des histoires où vous vous dites, mais elle invente forcément. Mais non, même pas, je pense que sans le savoir j’ai détruit deux usines de miroirs, je ne vois que cette explication, lol.
 
 
 
Chapitre 5
Tu veux de l’aide   ?
Nan, je compte les graviers, abruti   !
 
Alors, je vous vois vous gratter la tête à cette accroche, ne vous inquiétez pas, vous allez vite comprendre.
Quand mes amis parlent de moi, il y a une phrase qui revient souvent (en plus de : «   Tu t’es vue, quand tu as bu, 😜   ») c’est :
– Qu’est-ce que tu fais par terre   ?
Phrase à laquelle je réponds souvent :
«   Je vérifie si le sol est propre   !   » ou «   je compte les graviers   !   »
(Phrase suivie généralement, d’une insulte de mon cru, suivant mon état de nerfs ou de honte, voire des deux, mdr)
Je vais donc vous narrer mes plus belles gamelles. Bien sûr, tout ceci est une invention, car je suis une princesse. Je n’émets aucune odeur corporelle, ne jure pas comme un charretier en manque et je ne tombe JAMAIS.
Ma première gamelle mémorable, je la dois à mon frère Yoann.
Chez nos grands-parents, nous avions une grande route en pente assez raide, mais surtout sans visibilité du fait de nombreux virages.
Nous avons trouvé très intelligent de monter tout en haut de la pente avec le skate de notre oncle, qu’il avait pourtant bien caché (nous, fouiller   ? Mais non, mais il n’avait qu’à mieux le ranger, aussi 😉 ).
Moi, un peu pétocharde (oui, je l’avoue, j’ai failli me faire pipi dessus, tellement j’avais peur), je regarde la pente et dis à Yoann :
– Tu n’as pas l’impression que l’on va se tuer   ?
(Petite précision qui a son importance, je dois avoir dix ou onze ans à ce moment-là, donc mon frère a six/sept ans. Oui, j’étais très bête, lol).
Mon frère regarde la route et me dit :
– Il y a des casques de mobylette, on va en mettre un.
Je réponds d’un signe affirmatif et nous voilà redescendus pour nous équiper.
– Allez, je monte devant, parce que je suis plus petit que toi et tu t’accroches à moi.
– Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée. Et si une voiture arrivait   ?
– Pfff   ! C’est dimanche, il n’y a pas de voiture à Maupertus, ils sont tous en train de regarder «   Texas Ranger   ». Allez, tu m’as promis de le faire avec moi.
Je regarde ce petit blond avec son sourire édenté et comme d’habitude, je cède en râlant :
– Si on se fait disputer, ce sera ta faute   !
Nous sommes donc assis sur le skate, lui devant et moi, derrière. Tout en haut de cette route pentue.
Nous nous aidons de nos pieds pour faire des va-et-vient, afin de nous donner de l’élan.
Une petite voix en moi me dit :
«   Vous allez vous faire écraser par une voiture ou alors ta grand-mère va le savoir et elle va te balancer une fourchette entre les deux yeux. Et ce sera bien fait   !   »
Je fais taire cette voix que j’ai surnommée Ciara d’un geste de la main. Après tout, je suis une enfant et comme tous, je fais des bêtises.
Je n’ai pas le temps de me poser des questions que Yoann donne une dernière impulsion à notre engin et nous voici dévalant la pente.
Je remonte mes jambes vite fait et Yoann s’y accroche.
OK   ! Lui aussi a peur maintenant, parce que nous avons zappé un truc : les freins   !
L’engin prend de la vitesse et nous essayons de le freiner avec nos pieds, sans succès.
Le poids des casques fait bouger nos têtes, comme les figurines de chiens à l’arrière des voitures.
Nous nous déportons sur le côté pour ne pas finir notre chute dans le belvédère signifiant la fin de la route, mais aussi de notre vie.
Ouf   ! Nous arrivons à prendre le lacet, mais le skate prend de la vitesse et nous hurlons de terreur, car nous ne savons pas comment faire.
– Saute, dis-je courageusement à mon frère.
– Non, je ne t’abandonne pas   !
– Bordel   ! Obéis   !
Je sais que mon ton lui a fait peur, car il a baissé la tête dans ses épaules, ce qui ne doit pas être évident vu le poids du casque.
Je n’aime pas faire ça, mais c’est ma responsabilité de le protéger. J’aurais dû réfléchir avant.
Il s’accroche à mes jambes, j’avise un fossé qui se rapproche et lui glisse à l’oreille :
– Pardon.
Et je le balance de toutes mes forces, il se réceptionne dans l’herbe.
J’ai juste le temps de le voir, par-dessus mon épaule, rouler dans l’herbe.
L’engin a fait une embardée qui me donne une idée, je vais tâcher de m’arrêter en bas de la route qui mène au parking du restaurant.
Certes, les graviers vont me faire mal, mais moins que si je traverse la route que je vois venir à grande vitesse devant moi. Vu l’allure des voitures, soit je meurs écrasée, soit en passant par la falaise.
Avec mes mains, je m’aide pour essayer de freiner, ça fait un mal de chien.
Je ne crie plus tant je me concentre, j’entends mon petit frère me courir après en pleurant.
Je dois m’arrêter avant la route, ne serait-ce que pour lui.
J’attrape le skate avec mes mains en sang et je me penche le plus possible. La planche se déséquilibre et bute sur un caillou qui se trouvait là.
Juste à temps pour éviter la voiture du restaurateur, je tourne sur moi-même, essayant de m’arrêter avec les mains, mais le poids du casque ne m’aide pas à me stopper.
Je finis face contre terre et j’entends une voix mi-amusée, mi-colère, me dire :
– Eh bien, Florina, tu t’es demandé combien il y avait de graviers dans ma cour. Ou voulais-tu juste faire ton intéressante   ?
Je m’assois et regarde le fils du restaurateur hilare se foutre de moi.
Ce gamin doit avoir quelques années de plus que moi et ne manque aucune occasion de se moquer de ma personne (et je lui ai donné de nombreuses occasions de le faire, je dois l’avouer).
– Je compte les graviers pour savoir combien je dois t’en faire bouffer pour que tu te taises.
Mon petit frère arrive sur le fait et me saute au cou.
– Oh nana, j’ai eu si peur   !
Purée, mais pourquoi je ne peux pas avoir un surnom correct   ?
Non, au lieu de ça, je me coltine la pub pour les serviettes intimes.
Le petit crétin avise mes plaies en se marrant et se met à chantonner l’air de la publicité.
Sans enlever mon casque, qui ne manquerait pas de laisser voir les sillons que les larmes versées ont dû faire sur mon visage (sans oublier le fait que quand je pleure je suis plus rouge qu’une tomate), je me redresse.
J’attrape la planche dont les roues sont tordues (aïe   ! On va se faire défoncer), je prends la main de mon petit frère et lui dis :
– Viens, yoyo, on rentre. Mamy a dû faire un gâteau.
Et nous remontons la pente. Je serre les dents pour ne pas hurler, mes mains me brûlent sans parler de mes jambes, faire du skate en jupe… encore une de mes brillantes idées.
Mon petit frère me regarde et en souriant, il me propose :
– Finalement, c’était rigolo, mais on ne recommencera plus, dit-il en voyant le regard noir que je lui lance.
Résultats : rien de cassé, à part mon orgueil. Une punition pour avoir mis ma vie et celle de mon petit frère en danger et j’ai entendu mon oncle hurler si fort en voyant son skate que je suis restée plusieurs semaines sans revenir chez ma grand-mère, lol.
Ce fut la première d’une longue série de chutes plus incroyables les unes que les autres.
J’avais oublié la fois où en CE2, j’ai dévalé la cour de l’école sur les fesses et tout ça à cause de la plaque de verglas.
En fait, je marchais tranquille pour me rendre aux W.C., la tête dans la lune et je n’ai pas vu l’énorme plaque de verglas. J’ai glissé sur mes pieds en battant des bras pour retrouver mon équilibre. Peine perdue, mes jambes ont patiné et bang, sur les fesses. De désespoir, je me suis laissée entraîner jusqu’en bas de la cour.
Le directeur est arrivé, paniqué en criant :
– Tu ne pouvais pas te retenir   !
– À quoi   ? 
Il a tourné sur lui-même, s’est gratté la tête en réfléchissant. 
– Oui, effectivement. Bon   ! Tu n’as pas trop mal   ?
Moi, les larmes aux yeux, mais refusant de pleurer, car les autres se moquaient déjà de moi :
– Ça va   ! Comme quoi avoir du gras amortit la douleur.
Il m’a fixée, décontenancé et soudain s’est mis à rire.
– Sacrée petite Florina   ! Allez viens, je t'emmène à l’infirmerie.
Il m’a pris dans ses bras, car je m’étais foulé la cheville avec ma chance habituelle. Après avoir appelé mes parents, il a tenu à me ramener chez moi. 
Mon professeur et lui m’ont apporté mes leçons chaque jour, à chaque fois que j’étais malade (c’est-à-dire à l’époque, très souvent 😂 ).
Sans oublier la fois où j’ai voulu enjamber une chaise avec une jupe crayon. Celle-ci ne voulait rien savoir et j’ai fini les jambes en l’air et la tête sous le bureau, avec en fond sonore les rires de mes camarades de classe (c’est vite dit, vu le niveau de caquètement).
Ou bien quand j’ai loupé la marche au collège de Brignoles et où j’ai atterri presque dans les bras d’un garçon. Le pauvre, je lui ai hurlé dessus, en lui disant de mettre ses mains dans son fondement.
Oui, je ne suis pas très cohérente quand j’ai honte, 😉 .
Une autre fois, j’étais une jeune maman célibataire et ma libido était proche du néant.
Mes copines me vantaient les qualités d’un jeune homme qui travaillait dans notre bâtiment (mais surtout sa stature et ses yeux d’un bleu glacier), j’avais pu effectivement apercevoir un très bel homme. Pas très grand, les cheveux noirs et tout ce qu’il faut là où il faut comme elles disaient.
Je décide de faire sa rencontre, de façon tout à fait inopinée (mon œil, oui   ! Je l’ai épié jusqu’à connaître le moindre de ses faits et gestes mdr). Je soigne ma tenue, mon maquillage et je me dirige vers le hall de mon amie.
Pour qu’il me remarque, j’ai mis mes lentilles sauf que j’ai du mal à m’y faire et du coup je vois difficilement.
J’entends les filles m’appeler et me montrer quelque chose, mais pensant qu’elles se moquent, je ne les écoute pas.
Je me dirige vers ma cible qui arrive vers moi. Je souris en le fixant, lui fronce les yeux en regardant par terre.
Super   ! Il n’a même pas le courage de me regarder en face.
Et Bam   ! Je m’étale de tout mon long, face contre terre (je sais, c’est une habitude chez moi). Mortifiée, j’entends les filles rire de façon bruyante.
Il arrive en courant près de moi qui n’ai toujours pas bougé.
Est-ce que le bitume pourrait m’avaler, s’il vous plaît   ? Merci   !
– Ça va   ? Vous vous êtes fait mal   ? se renseigne-t-il, plein de sollicitude.
– Non   ! Je n’ai rien   ! J’adore vérifier si le bitume est régulier, abruti   !
(Quoi   ? Je vous ai dit que mon ego avait du mal quand on le prend en faute.)
Grand silence. Suivi quelques secondes après d’un énorme éclat de rire.
Je lève les yeux pour le scruter furieusement. Il s’arrête net et déglutit.
– Je ne voulais pas me moquer, mais je n’ai pas l’habitude que les femmes réagissent comme ça, explique-t-il avec un clin d’œil.
Je me relève, ignorant sa main tendue. Je regarde, dépitée, mon genou en sang et vérifie pourquoi je me suis viandée comme une crêpe.
Et là, je vois la bouche d’égout mal remise.
– Non, mais c’est à cause de vous que je suis tombée en plus   ?
Je suis enragée et lui semble étonné par ma colère soudaine.
– Mais euh, je suis désolé. Pour me faire pardonner, je t’offre le resto.
Et il appuie sa phrase avec un autre clin d’œil.
Qu’est-ce qui m’a pris   ?
Je ne sais pas, peut-être que Ciara a pris possession de mon corps, mais je me suis entendue lui dire :
– Mais vous vous prenez pour qui, pour me tutoyer   ? Et qu’est-ce qui vous fait croire que j’ai envie de sortir avec un représentant de votre espèce   ?
Je vois bien qu’il est perdu, parce que je n’ai jamais manqué de lui faire des sourires, comme la moitié des autres mamans du bâtiment, d’ailleurs.
Il se gratte le crâne, pensif. Et me jette :
– Désolé, princesse   ! Je n’y suis pour rien, si tu préfères regarder «   mon espèce   » plutôt que la route.
Il a mimé les guillemets, ce qui me met encore plus la honte devant les gens qui ont commencé à s’agglutiner autour de nous.
– Plutôt crever que de regarder un mec   !
Et je le plante là.
Il n’a rien dit et m’a laissée partir. Bien entendu, j’ai eu la réputation d’être folle à lier. Qui me colle à la peau bien des années plus tard d’ailleurs. Je me console en me disant que ce n’était pas le bon et qui sait s’il n’offrait pas le resto à toutes les femmes. (Oui, je me rassure là, vous pourriez au moins essayer d’être compatissants au lieu de rire en vous tapant sur les cuisses, je vous vois, hein  😉 )
Je me suis contentée de le regarder en douce, dès que j’en avais l’occasion. Et j’ai maudit ma grande bouche, qui me portait toujours défaut.
Le prochain chapitre porte aussi sur une autre gamelle monumentale, mais aussi sur ma poisse légendaire.
J’ai rencontré l’amour de ma vie, en…
Bah   ! Il va falloir attendre un prochain chapitre 😉.
 

Chapitre 6 
S.A.V, bonjour.
Oh   ! C’est encore vous   ?
 
C’est la deuxième version de ce chapitre que j’écris. La première ayant disparu, après que les plombs eurent sauté, lorsque mon homme a branché son ventilateur.
Et comme, bien entendu, la sauvegarde automatique n’a pas fonctionné.
Deux heures de travail perdues…
Mais vu que dans la même journée, nous avons grillé le ventilateur, deux téléphones, cassé deux assiettes et deux verres (c’est mieux par paires lol), écrabouillé deux ou trois stylos en marchant dessus.
Et en plus, il était bien ce chapitre. Je concluais par :
– Il me semble que le Dieu des appareils ménagers a une dent contre moi…
Bon   ! Bah visiblement, il a carrément le dentier en entier, 😆 . Donc, vous l’avez compris, ma poisse agit aussi avec les appareils de toutes sortes.
Le premier souvenir que j’ai d’une grosse galère que j’ai eue, c’était chez mes parents.
J’avais pas tout à fait dix-huit ans, j’ai voulu les aider en mettant en route une machine de linge. Ce n’est pas la première fois que je fais cette tâche donc j’ai l’habitude.
Je vide les poches et trie les couleurs, je mets la lessive (pas de trop, j’ai déjà fait une soirée mousse, j’ai cru que ma mère allait m’étriper. D’ailleurs, je pense donner une partie des ventes de ce bouquin à mes parents vu tout le matériel que je leur ai bousillé avec ma poisse, 😋 ). Je range vite fait les produits, pendant que la machine prend l’eau et je vais plier le linge dans une pièce voisine.
Bon, ça fait un peu de bruit, mais je ne m’inquiète pas. Je continue jusqu’au moment où un bruit de ferraille m’alerte, ça, ce n’est pas normal. J’ouvre la porte et là je vois la machine à laver, qui s’avance vers moi. Euh… elle fait quoi là, la possédée   ?
Je la pousse pour la remettre à sa place et parce que je n’ai pas envie que les tuyaux s’arrachent en mettant de l’eau partout. Sauf qu’elle recommence, se cabrant, bougeant tout en continuant son bruit de ferraille horrible. (Oui, là vous vous demandez pourquoi je n’ai pas débranché. Franchement, je n’en sais rien. Je dirais la panique, je n’ai pas réfléchi). Je ne sais pas quoi faire pour qu’elle cesse. En plus, je suis en jupe, je ne vais pas monter dessus quand même   ?
Je la repousse et décide de me coller sur elle, avec mon poids, elle ne va pas bouger. Oui, sauf qu’elle ne veut pas m’obéir la bourrique. Elle se soulève, se cabre toujours avec ce bruit terrible. Ma mère va me tuer, alors je suis comme sur un cheval en furie je m’accroche à elle. Et comme avec un équidé récalcitrant, me voilà propulsée de ma monture.
La jupe qui se soulève en rythme et moi qui lui crie des insanités, tout en essayant de ne pas me casser la figure :
– Non, mais tu vas t’arrêter, saloperie de ferraille à la con.
– Aïe, bordel, mais stoppe-toi   ! Connasse va   !
– Je vais prendre un marteau et je vais te casser la tronche, péta…
– Florina   !
Oups   ! Mes parents sont derrière moi. Mon beau-père fait le tour de la machine, qui est au milieu de la pièce avec moi dessus, forcément. Et il la débranche, avec sur le visage un air mystérieux.
Je glisse doucement de cette carcasse maudite. Soit il va me passer un savon, soit il va se foutre de moi, mais l’un dans l’autre, je suis sûre que je ne vais pas aimer. Je soupire et m’explique doucement :
– J’ai voulu vous aider, mais la machine s’est mise à trembler, enfin se déplacer et j’essayais…
— Pourquoi tu ne l’as pas débranchée   ? dit ma mère, visiblement furieuse.
– Euh… Je n’y ai pas pensé en fait, leur dis-je, penaude.
Elle pousse un soupir et essaie d’ouvrir la machine à laver, mais la bourrique a décidé qu’elle n’en faisait qu’à sa tête.
Mes parents appellent le S.A.V qui n’est pas surpris et qui a déjà l’adresse (oui, ça fait longtemps que j’ai cette poisse mdr).
Le réparateur nous donne un rendez-vous ce qui n’arrange pas mes parents (cinq jours pendant lesquels ni ma mère ni mon beau-père ne m’ont laissée oublier cet épisode). Je suis derrière le monsieur en me rongeant les ongles. Il ouvre la bête et j’avoue, je tire au cœur, car l’eau était restée à l’intérieur. Il retire tout le linge pendant que mon beau-père (ce traître) lui explique ce qu’il s’est passé. Le monsieur me regarde en riant, j’ai honte. Et c’est pire, au moment où le technicien nous explique ce qu’il s’est passé.
Une petite vis de rien du tout, qui a dû échapper à ma vigilance. Elle s’était coincée dans le tambour, résultat : tambour explosé, linge déchiré et parents furieux, puisqu’ils doivent racheter un appareil. Oups   !
On dit souvent, la foudre ne tombe jamais trois fois au même endroit. Euh… il va falloir la mettre au courant alors. Car soit elle m’en veut personnellement, soit il y a un truc. Ah oui   ! C’est ma poisse, le truc, mdr. Là, vous allez me dire comme tout le monde :
– C’est la loi des séries.
– Jamais deux sans trois.
– Tu n’aurais pas cassé un miroir, voire plusieurs   ?
– Ou bien, tu as sûrement vu un chat noir. Tu sais, ça porte malheur.
En règle générale, je préfère ne rien dire, car sinon je suis un peu violente du genre :
– C’est plus une série là, c’est un roman-fleuve. Je suis sûre que ma poisse a plus d’épisodes que «   Les Feux de l’amour   »   !
– Tu prends aussi les multiples alors   ? Non parce que j’en suis à la soixante-dix-septième machine   !
– Oui, tu as raison, je suis passée sous cinq échelles. Ensuite, je me suis rendue dans un refuge essentiellement composé de chats noirs et pour finir, j’ai fait sauter une usine de miroirs. Tout cela, parce que je m’ennuyais. Connasse   !
Oui, je suis un peu vulgaire, quand je suis en colère.
En parlant de sauter, est-ce que vous savez que vous avez peut-être une bombe chez vous   ?
Je vous imagine bien vous gratter la tête en vous disant :
– C’est vrai qu’elle a un grain.
Ce que je vais vous raconter va vous faire changer d’avis, croyez-moi.
Lorsque j’avais vingt ans, j’habitais avec le père de mes deux premiers dans une petite maison du bord de mer. Comme beaucoup de jeunes, nous avions de petits moyens.
Sa mère lui avait donné une cocotte-minute (là, vous commencez à comprendre  😊 ).
Toute contente, je décide de préparer des paupiettes. Je lave la casserole par acquit de conscience, j’essuie tout comme il faut. Puis je prépare mes oignons, ma recette, je ferme avec le couvercle et la soupape.
Pour que vous puissiez comprendre, la maison était assez petite, mais avec une cuisine immense. Je me dirige donc vers la table au fond pour finir d’éplucher mes légumes. J’entends la soupape se mettre à chanter, je baisse le feu et je tourne le dos à la gazinière.
Un boum assourdissant. Et le souffle me propulse par-dessus la table (ne me demandez pas comment j’ai fait mon compte, je cherche encore, 😋 ). Je suis assise dans mes pelures de carottes et de pommes de terre. Je ne réagis même pas quand j’entends frapper à la porte ni quand les sirènes se font entendre.
Je suis stupéfaite devant le spectacle qui s’offre à ma vue. Comme les pompiers, j’imagine, quand ils sont entrés. (D’ailleurs, bravo à eux, car extrêmement rapides. Il n’a pas fallu plus de dix minutes entre l’explosion et leur arrivée)
Deux hommes en uniforme entrent dans la pièce et sifflent en voyant les dégâts. 
Le couvercle de la marmite est figé dans le plafond, il y a de la viande et de la sauce qui dégoulinent partout. La gazinière est ouverte en quatre comme si on l’avait frappée avec une masse.
– Je crois qu’il y a dû avoir un souci avec le joint, leur dis-je.
Évidemment, ils sursautent, car il ne m’avait pas vue assise sur la table. Les fesses dans ma poubelle. Ils se précipitent sur moi pour vérifier mes constantes (ou voir si j’existe vraiment 😄 ).
Et c’est là que je me dis, que j’ai un ange gardien génial (bon mec, je suis désolée pour ton alcoolisme. Promis, je te trouve une réunion des AA bientôt  😉 , lol). Car malgré la violence du choc, je n’ai rien eu, rien que des dégâts matériels.
Je les écoute parler sans rien dire quelques instants et d’un coup je prends la parole.
– Ça sentait bon. J’espère que vous avez mangé, car il n’y en aura jamais assez pour tout le monde, leur dis-je en détaillant chaque homme qui se presse dans ma cuisine pour voir les dégâts ou la folle aux épluchures.
Ils m’ont dévisagée un instant et ont éclaté de rire. Ma grand-mère, qui avait été prévenue par les voisins, venait à peine d’arriver. Elle a dû leur expliquer pendant un long moment que mon humour de merde n’avait rien avoir avec un choc traumatique  😊 .
Tiens, en parlant d’une autre explosion et de la foudre. J’ai habité dans le Sud, il y a onze ans de cela, dans un petit village tranquille et reculé (tellement que même l’administration ne savait pas qu’il existait lol). La pluie commence à tomber, donc je décide de fermer les volets, je m’installe tranquillement sur le PC. 
Je n’entends ni l’orage qui gronde ni le vent qui frappe la commune. Quand une déflagration suivie d’un grand boum retentit, les plombs sautent et je fais un bond en me cassant la figure de ma chaise. Je me tourne doucement pour savoir ce qu’il s’est passé, en éclairant la pièce avec mon portable. 
Et là, surprise, ma box a explosé. Je ne plaisante pas, elle est en morceaux, ça pue le brûlé et je suis dans le noir complet. Sauf que pour remettre le courant je dois me rendre dans le garage. Rien de méchant, me direz-vous.
Oui, sauf que je suis envahie de rats, dans cette pièce. Et c’est ma phobie (les rats hein, pas les pièces ni les garages,  😜 ).
Je me mets donc à parler à voix haute et très fort (j’ai lu quelque part que les rats avaient peur du bruit. Sauf les miens, ils s’en foutaient totalement  😉 ).
Forcément, mon remue-ménage réveille les enfants, qui étaient endormis à l’étage.
Du coup, ils braillent. Et moi, je m’énerve contre le village perdu, l’orage, EDF, mon FAI (ne cherchez pas, je vous dis, quand je suis en colère, je ne suis absolument pas logique).
Tout y passe, les enfants finissent par descendre doucement et m’encouragent alors que je suis en train de souffler pour me donner du courage afin d’ouvrir la porte. 
Mon fils pose sa main dans mon dos. Je me tourne en hurlant, lui aussi se met à crier. Nous sommes bientôt rejoints par ses sœurs dans notre cacophonie et notre labrador qui s’unit au chœur des hurlements.
Sous les yeux médusés de nos deux Persans et des rats, qui finalement ont décidé de se casser de cette maison de fous.
J’ai pu rallumer mon compteur pour m’apercevoir que la foudre était tombée sur la maison, seul mon PC équipé d’un onduleur avait survécu. J’ai cru que mon assureur allait me tuer. (Bon, il m’a virée un peu après, en me disant que j’étais un fléau ou que j’étais la réincarnation des sept plaies d’Égypte. Il a toujours eu tendance à exagérer celui-ci, mdr.)
J’avoue que souvent mes propriétaires m’ont demandé si cela m’arrivait souvent. Vous voudriez que je leur dise quoi   ? 
– Non, ne vous inquiétez pas, ce n’est jamais grave et je suis super bien assurée. 
Sérieusement, j’ai eu le droit à tout, même à un feu de prise de cafetière. 
Ah bah   ! Parce que quand je fais un truc, c’est toujours quelque chose de jamais vu sinon ce ne serait pas drôle. 
Que voulez-vous, je suis unique. (Dieu merci   ! a dit un jour un autre assureur. Je ne sais pas comment je dois le prendre ^^).
Vous avez envie de savoir comment cela s’est passé, pas vrai ?
Alors, nous étions assis dans le salon à regarder la télévision, lorsque soudain le courant se coupe. Nous avions l’habitude, dans cette maison, de ces pertes de puissance et de coupures intempestives, donc nous ne nous méfions pas.
Le compteur est au sous-sol, mon compagnon s’y rend et réenclenche le disjoncteur. Paf   ! Cela se recoupe aussi sec. Il commence à râler et me dit :
– J’en ai marre de cette baraque. Essaie d’éteindre les appareils.
Je m’exécute. Il retente et toujours pareil le courant saute. Il râle et moi j’avoue, je perds aussi patience, car je ne comprends pas ce qu’il peut encore y avoir. Il enlève les fusibles et les remplace tous. Le courant revient, il remonte satisfait. 
Il n’a pas fait un pas dans la maison, qu’un buzz retentit et le disjoncteur se recoupe. Il est furieux, il me dit qu’il va appeler la mairie et faire déclarer la maison insalubre, j’en passe et des meilleurs. Quand il descend, je passe devant la cuisine où une odeur de brûlé m’interpelle. Je me tourne pour voir des flammes immenses sortir de la prise. Je lui hurle :
– Ne rallume pas   ! Pu… (choisissez purée ou un autre mot  😉 ). La prise prend feu   ! 
Il est arrivé en courant et a débranché la prise d’un coup. Ce que je n’osais pas faire, je ne suis pas vraiment courageuse. En même temps, vu ma chance…
Résultat : cafetière foutue et prise HS. Même l’électricien que nous avons appelé n’avait jamais vu cela. La machine étant neuve, elle n’aurait jamais dû prendre feu. Nous l’avons renvoyée chez Nes** (chut, pas de marque ^^) qui nous a remboursés intégralement, ainsi que la facture pour la prise.
S’il n'y avait eu que cela, mais comme je l’ai dit au début de ce chapitre, le Dieu de la technologie et des appareils électriques a une dent contre moi.
Je ne sais pas, il était probablement dans l’usine de miroirs quand elle a explosé, 🤣 .
Je vous raconterai dans un autre chapitre, d’autres problèmes avec la plomberie, l’électricité. Et même, comment, j’ai éteint un feu de friteuse…
Oui, il m’arrive toujours des choses rocambolesques. J’ai fini par m’y habituer, c’est quand tout va bien que je stresse à présent  😊 .
 
 
 

Chapitre 7.
Magnifique, ma chewie, euh ta robe est ouverte   ?
 
Pas besoin de polémiquer pendant des heures.
Avec le titre, vous avez compris de quoi je vais vous parler. Non   ?
Oui, ma poisse s’étend bien entendu avec les vêtements sinon ce ne serait pas drôle.
Le pire jour de ma vie, mais le plus beau, de celle de ma mère. Son mariage (oui, j’ai pu assister à deux des quatre mariages de ma mère, comme quoi je tiens bien mes bizarreries de quelqu’un, mdr).
Nous avions prévu de nous faire opérer à Paris après le mariage (je vous en parlerai dans un autre chapitre). Donc nous profitons de nos déplacements post-opératoires, pour acheter nos robes pour ce grand jour.
Après moult recherches, nous nous arrêtons dans une petite boutique pour ma mère et pour le reste de la fratrie chez une célèbre marque de Barbès.
Enfin bref, j’ai beau dire à ma mère que la robe couleur rose petit cochon, est peut-être belle, mais quand on a un excès de poids, c’est limite gênant. Seulement, elle s’acharne, ce sera celle-ci et pas une autre (à part pour l’aînée de mon beau-père, qui je ne sais comment, a réussi à avoir une autre robe, qui lui allait comme un gant.).
Nous voici donc toutes avec de jolies robes qui nous arrivent au mollet si ma mémoire est exacte. Style princesse, mais avec de GROSSES roses sur l’arrière. Ce qui fait que quand ton fessier ressemble déjà au métro, là on dirait la route du Mont-Blanc, lol.
Tu ajoutes à cela une merveilleuse couleur rose bonbon, qui est cependant très bien sur mes sœurs très fines, mais moi, j’ai fait la première version de Babe le petit cochon. Comprenez Flo la petite cochonne (rien de graveleux là-dedans hein, mdr). Donc, vous avez saisi que cette robe je la haïssais un peu au départ, mais je ne voulais pas vexer mes parents.
Viens le grand jour, je dois m’occuper du fils de mon compagnon, aider ma mère avec mes frères et sœurs ainsi que des derniers préparatifs du mariage. Autant dire que je suis plus stressée que si c’était moi qui me mariais. 
Un de mes petits frères a égaré ses chaussettes, l’autre sa chaussure. Mes sœurs me demandent de les coiffer, puis de les maquiller, il faut prévoir à manger. L’un a perdu sa chemise, l’autre sa cravate. Il manque les chaussures des filles, puis la chienne qui perd ses poils en se frottant sur tout le monde.
Le stress monte crescendo, mon cœur va me lâcher, c’est certain. Je suis sûre que j’oublie un truc sans savoir quoi. Je cours partout, redonnant la chaussure ou la chaussette manquante, tout en distribuant boisson et ravitaillement.
Ma mère me hurle avant de partir finir de se préparer :
«   Florina, mais va t’habiller, tu as vu l’heure. Bon sang   ! Je file, rejoins-nous.   »
Je suis en colère contre tout le monde, ma grand-mère me dit d’un air moqueur, car je viens de saisir que je suis toujours en pyjama :
«   Monte avec ton homme. Allez vous préparer à moins que tu ne décides de t’y rendre en tenue de nuit. Je veille sur ta troupe.   »
Je lui fais un bisou en riant et file avec mon compagnon. Heureusement, je me suis levée de bonne heure, je suis déjà coiffée et maquillée. Je l’aide à enfiler son costume et entre dans ma robe. Petit hic, je n’arrive pas à remonter la fermeture, mes bras sont trop petits pour l’atteindre.
«   S’il te plaît, aide-moi, je n’y arrive pas, on dirait que quelque chose bloque   », lui dis-je.
Mais pourquoi ai-je demandé à ce bourrin de m’aider   ? Je cherche toujours…
Il regarde la fermeture éclair et tire d’un coup sec.
Crac.
Non, non, il n’a pas fait ça   ? Je hurle :
«   MAIS QU’EST-CE QUE TU AS FAIT   ?   »
«   Bah   ! J’ai tiré, tu m’as dit de la remonter   ».
Je respire et lui demande plus doucement, alors que j’entends qu’en bas tout le monde s’interroge sur mes cris dignes d’une banshee.
«   Dis-moi qu’elle n’a rien   !
— Je ne peux pas faire ça.
— Et pourquoi   ? lui dis-je en montant dans les aigus.
Je sais que je ne suis pas rationnelle, je sens le froid sur mon dos qui m’indique ce que je crains le plus. Sans parler du bruit, qui ne laissait aucune équivoque sur ce qui s’était passé. 
Il a déchiré ma robe, mon unique moyen de me rendre au mariage de mes parents.
Je hurle, je l’insulte, je crois même que je l’ai frappé. Je redescends un étage en courant et entre comme une folle dans la chambre de ma mère pour regarder les dégâts sur son miroir. 
Et je hurle davantage. Je fais un cauchemar, vous savez celui où vous avez un rendez-vous important et que vous vous retrouvez tout nu. Bah   ! là, c’est ça, je cauchemarde en level maximum.
Même les voisins sont sortis pour voir ce qu’il se passait. Ma grand-mère monte aussi vite qu’elle le peut. Pendant que mon compagnon de l’époque reste devant la porte n’osant pas se reprendre une salve d’insultes ou de coups. Il n’ose rien dire, car il sait qu’il aurait dû être plus délicat, c’est quand même du taffetas, cette saleté.
— Viens, on va en acheter une autre, tu ne l’aimais pas de toute façon   ! me dit-il en espérant se dédouaner.
– Bordel   ! Mais tu es encore plus con que je ne le croyais, les photos sont dans moins de vingt minutes et regarde ce que tu as fait, pauvre crétin   !
Je me tourne pour lui montrer la fermeture fermée en haut, mais le tissu est ouvert sur toute la longueur laissant apparaître la totalité de mon dos et même la naissance du bas de mes reins.
— Tu crois que je vais aller faire les photos comme ça   ? Et je vais la trouver où cette robe   ? Monsieur qui a de grandes idées   ! Si je suis partie à Paris, c’est parce qu’ici il n’y avait pas ma taille, sombre andouille. Et c’est moi qui fais le discours à la mairie, sans parler de l’église. Mon Dieu, je vais le tuer   !
Mes sœurs arrivent et se mettent à glousser en me voyant ainsi.
– Cassez-vous vous, si vous étiez capables de vous débrouiller toutes seules. Mais non, je dois être partout   !   »
Je suis furieuse et injuste, je le sais, ce sont des gamines encore. Elles ne doivent pas être plus âgées que treize ans et comme toutes les adolescentes de leur âge, elles sont moqueuses. 
Seulement, je suis vexée, car mon poids ne me permet pas de m’habiller où je veux. Du coup, je suis catastrophée et incapable de me raisonner. Je pleure à chaudes larmes et je crie sur toute personne se permettant de me dire un truc.
J’ai une robe rose ouverte dans le dos et impossible de baisser la fermeture ou même de sortir de la robe sans la déchirer. Mon mascara a coulé sur mon visage, mes joues sont rouges à force de pleurer et de hurler. C’est simple, je suis le croisement d’un panda, d’un cochon et d’une tomate.
Mamy regarde mon dos et me dit :
– Ne t’inquiète pas, je t’amène en ville, on va trouver une solution. Par contre, tu ne pourras pas faire les photos avec tes parents. 
– Tant pis, Mamy. Mais il faut que quelqu’un prévienne maman (eh oui à l’époque, les portables n’existaient pas encore lol).
J’entends un raclement de gorge et l’objet de mon cauchemar me dit d’une toute petite voix qui ne lui ressemble pas :
– Si tu vas avec tes grands-parents, je vais amener les filles et prévenir A…
– C’est ça, fous le camp   !
— Florina   ! me crie ma grand-mère.
Je baisse la tête, il n’y avait que peu de personnes que je craignais à l’époque et elle en faisait partie. Pas que j’avais peur d’elle, mais je ne voulais pas lui faire de peine et je voulais qu’elle soit fière de moi.
Je monte avec eux et nous prenons la direction du centre-ville, j’ai une immense veste sur moi qui cache l’objet de mon tourment. Je me suis remaquillée comme je pouvais, car je suis toujours aussi rouge. Mes yeux ont pris une teinte verte qui résulte de ma fureur (je suis un baromètre ambulant  😊 .) J’ai le nez en forme de patate et les yeux exorbités comme un lapin souffrant de myxomatose.
Il n’y a pas à dire, je suis la classe incarnée et je respire le bonheur. Vous avez compris que j’ironise, je suis plutôt une pub ambulante pour un film d’horreur et mon envie du moment c’est d’étriper le premier qui va l’ouvrir pour me faire une remarque.
Trois magasins dans lesquels mon aïeule explique le problème à la recherche d’une solution, et à chaque fois, la responsable nous suit dans un autre établissement. Au bout du cinquième, je suis une attraction, je vais mourir de honte ou je vais finir en taule pour avoir tué quelqu’un.
Notre petite troupe arrive dans un petit magasin de couture dans une petite cour. La couturière discute avec ma grand-mère, elles vont chercher les aiguilles et les ciseaux. Avec l’aide de plusieurs personnes, tout le monde s’affaire pour que je puisse aller faire mon discours.
Je vois les minutes s’égrener et je sens un peu moins le froid sur mon dos. C’est décidé après le mariage, je me mets au régime   !
On m’amène un miroir pour que je me rende compte du miracle qu’elles ont accompli en moins d’une heure et demie. Des roses ont été cousues sur le dos comme des boutons. Un voile de taffetas est soigneusement placé pour recouvrir le dos comme un trompe-l’œil, il s’entrelace avec les roses sur les reins et finit en un superbe nœud drapé.
La robe est magnifique ainsi et elle a l’avantage de me laisser respirer et de jouer avec les taches de rousseur présentes sur mon dos. Ma grand-mère a l’idée de créer une petite étole ce qui rend l’ensemble harmonieux et digne d’une maison de grande couture (ce n’est pas moi qui l’ai dit, mais c’est la couturière qui l’a confirmé). Les responsables applaudissent ainsi que tous les badauds qui se sont rassemblés pour voir ce qu’il se passait.
Finalement, je ne suis sur aucune photo de leur mariage à part une ou deux. Mais lorsque je regarde en direction de la femme qui a fait en sorte que même lorsque la vie me donnait des citrons d’en faire de belles pâtisseries, j’ai le sourire.
Elle a réussi à faire en sorte que tout se passe bien comme à son habitude. 
 
Ce ne fut pas la seule fois où je me suis retrouvée à improviser. Comme la fois où en sortant d’un supermarché ma semelle est restée à l’intérieur du magasin, et moi avec juste le contour, à l’extérieur. Les gens m’ont regardée en riant, je suis partie chercher ma semelle et tête haute, je suis partie pieds nus, mes chaussures sous le bras.
Une autre fois, il y avait des travaux sur la route. Je demande donc aux ouvriers si le goudron est froid, ils nous répondent par l’affirmative. Nous nous engageons sur le trottoir, je traîne comme d’habitude laissant mon imagination vagabonder. 
Je sens une drôle d’odeur, mais je pense que cela vient des travaux. Je portais de petites sandales fines, ce qui ne donne rien à l’histoire sauf que je les adorais lol. Je vois un gars me faire de grands signes. Et moi, bécasse que je suis, je crois qu’il me dit bonjour, alors je lui souris et le salue en retour. 
J’appelle mon homme et mes enfants qui sont loin devant. Mon compagnon se retourne et me dit en criant :
– Non   ! Pas là, descends, ce n’est pas sec   !
Bordel   ! Ça commence à me cuire le pied. Nicolas me prend dans ses bras, car ma chaussure est restée collée sur le bitume.
Les ouvriers oscillent entre m’enguirlander d’avoir pourri leurs travaux ou éclater de rire en voyant ma tête. Je suis rouge de honte, mais je comprends vite qu’en plus, mon homme va devoir me porter. Ce qui n’est pas possible sans qu’il se fasse mal ou alors je vais devoir entrer pieds nus dans le magasin, sans parler de le faire en plein milieu de la ville.
Voilà, le cauchemar que je fais depuis que j’ai sept ans se réalise, je me promène sans chaussures et tout le monde me dévisage. Je pourrais me cacher dans un trou de souris, je le ferais. Mon chéri me porte de temps en temps, car le sol est bouillant, mais je sais que je suis lourde donc je râle (pour changer mdr).
Il a fini par me faire asseoir sur un muret et il est parti m’acheter une paire de chaussures dans le premier magasin qu’il a trouvé. Résultat, maintenant j’ai toujours deux ou trois paires de secours, mais pas forcément à ma taille.
Le salon d'Orchies, il y a quelques jours, en est un parfait exemple. Je mets mes pieds dans les chaussures prêtes à faire les huit heures de route lorsque soudain, j’ai très froid au pied. Je lève mon pied et je vois la semelle par terre et moi avec le reste, j’ai râlé puis je me suis dit : «   attends j’en ai d’autres   ».
Oui, des escarpins en 42 alors que je fais un 41, des ballerines et des baskets. En robe et pour mon premier grand salon, ça ne le faisait pas. J’ai donc entraîné mes enfants et mon homme sur les routes du Nord, à la recherche de quelque chose de chouette, mais pas trop serré afin de reposer mes pieds, une galère inimaginable.
Mais bon, j’ai trouvé une jolie paire d’escarpins à moins de dix euros, et je n’ai pas trop souffert durant ces deux jours. Cependant, rien que de m’imaginer en robe avec des tennis ou autres bottes de sept lieues, je suis pliée de rire.
Je vous passerai la fois où j’ai oublié de mettre des sous-vêtements en CP. Celle où je suis partie en chaussons en cours.
Et je suis certaine que j’en oublie.
Enfin bref, comme vous pouvez le constater, ma poisse me laisse peu de répit. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on ne s’ennuie pas avec moi  😉 .
 
 

Chapitre 8
Ah, l’amour…
 
Bon, je pourrais vous expliquer comment tous les «   princes charmants   » que j’ai rencontrés se sont transformés en crapaud.
Pour une fois, je vais me livrer et c’est un peu triste quelquefois, j’en conviens.
Vous connaissez les malheurs de Sophie   ?
Bah   ! Le destin a trouvé marrant d’en faire une version spéciale Florina et je vous jure qu’il n’y a pas été avec le dos de la cuillère. C’est le moins que l’on puisse dire.
Nous allons donc remonter le passé pour reprendre avec mon «   Boy Friend   ». Le pauvre, je pourrais vous dire que ma poisse a commencé après lui avoir fait du mal et que c’était mon karma. Sauf que ça date depuis le jour même de ma conception.
Pour preuve, quand mes parents m’ont vue, ils ont décidé de divorcer. Après tout, une seule Florina était déjà plus que le monde pouvait supporter. Et je suis tout à fait d’accord avec eux, parfois je m’épuise toute seule, mdr.
En fouillant ma mémoire, je me suis prise de béguin (oui, je suis la seule à employer encore ce terme, mais je suis une vieille que voulez-vous  😊 ) pour beaucoup de garçons. Mais ma grande timidité m’a carrément muselée. Voire fait passer pour une folle furieuse.
Je vous passe les amourettes de Florina et son cœur d’artichaut, je crois que j’ai écrit tellement de lettres enflammées, que certains ont dû se demander s’ils ne devaient pas porter plainte pour harcèlement, voire demander une instance d’éloignement  😊 .
L’avantage avec un cœur tendre comme le mien, c’est qu’il se lasse vite, cela ne durait donc jamais.
Comme ce jeune homme qui m’a accostée alors que j’avais quinze ans pour me demander l’heure. Je lui ai répondu que je n’avais pas de montre, ce qu’il avait vu, puisque je portais un débardeur.
J’avoue qu’il ne fut pas très intelligent de m’accoster en disant quelque chose du style :
– Je te donne dix francs et tu me laisses toucher tes seins   ?
À la place, il a touché ma main. 
Enfin exactement, je lui ai touché la joue en lui collant une gifle magistrale. Puis, je l’ai poussé de son scooter, j’ai jeté de la terre dans ses yeux et j’ai pédalé comme une folle jusqu’à chez moi.
Je suis passée par-dessus une voiture, j’ai récupéré mon vélo en voyant qu’il me suivait. Et je suis restée dessus pour descendre les marches qui donnaient sur notre rue. Pour dire à ma mère, qui sortait de l’immeuble, que j’avais été agressée par un garçon.
Le jeune homme est arrivé sur l’entrefaite, en criant :
– Mais c’était une blague. J’ai cru qu’elle allait se tuer. Elle est tarée, votre fille, a-t-il dit à ma mère.
Je me suis tournée pour lui pointer mon majeur bien droit, en lui tirant la langue. 
Du coup, j’ai pris une claque par ma mère pour
Une : avoir pris des risques inconsidérés.
Deux : Avoir frappé un garçon, qui ne voulait que faire ma connaissance.
Trois : Créer un accident et ne pas m’être arrêtée, afin de présenter mes excuses à l’automobiliste.
Quatre : M’être comportée de manière déplacée et vulgaire.
Cinq : Le pire, avoir oublié mon petit frère qui me suivait à vélo, dans ma parano.
Quoi   ? Je n’ai jamais dit que ma folie n’était pas ancienne. Entre ça et le coup des guêpes, j’ai eu une réputation de folle pendant tout le temps où nous étions dans ce petit village du Var.
Ce qui ne me dérangeait pas puisque, ainsi, on me laissait tranquille. Je pouvais lire mes livres à l’eau de rose. M’enflammer pour les héros de Barbara Cartland 6 et autres romans-photos.
Je vous ai déjà parlé de mon premier petit ami, mon ami d’enfance. Celui à qui je pouvais confier tous mes secrets et qui les gardait pour lui (et pour cause, il ne comprenait quasi rien à ce que je lui racontais, puisqu’il ne parlait pas ou peu le français, mdr). Nos conversations étaient du fait assez limitées, j’avais l’impression d’être toujours la seule à faire des efforts.
Il avait tendance à m’oublier quand il était avec ses amis. Comme la fois où il devait venir me chercher à la gare maritime et où je l’avais attendu plus d’une heure, car il m’avait oubliée (sympa, le week-end commence bien,  😉 ).
Il s’est excusé et le reste de mon séjour fut magnifique, il m’a fait visiter le New Forest, j’en garde un souvenir magique, cette région est sublime.
J’avoue, j’étais jalouse, il continuait de parler avec son ex et celle-ci prenait un malin plaisir à me pourrir la vie.
Comme la fois où je devais faire des courses pour ma mère et comme par hasard nous sommes tombés sur elle dans le supermarché. Et elle avait bien entendu besoin de lui pour monter un meuble.
Elle l’avait eu au téléphone, elle savait où nous partions donc ce n’était pas le hasard du tout. Mais lui n’a rien vu venir et il y est resté des heures, car elle n’arrivait pas à faire fonctionner sa machine, soi-disant. 
Ce jour-là, il m’a déposée chez ma mère, j’étais furieuse, car j’avais des projets avec lui. Seulement, dès qu’elle lui parlait, il accourait comme un toutou. Enfin bref, ma mère m’a donné un vieux drap pour que je lui fasse des chiffons.
Mais énervée comme je l’étais, je lui en ai fait des mouchoirs, voire même des confettis, lol.
Et que dire de la pauvre hôtesse de caisse, qui m’a entendue maugréer dans ma barbe   ? Alors que celui-ci était au téléphone et m’avait complètement oubliée à la caisse. Eh oui, c’est lui qui avait l’argent, mais occupé comme il l’était avec la sorcière, il m’avait totalement oubliée. J’avais les larmes aux yeux et j’étais vexée.
Je suis montée dans sa voiture limite enragée. J’aurais voulu tuer cette mégère et le frapper, lui.
Avec le recul, je me dis que j’aurais dû lui parler à elle et lui dire ce que je pensais de son attitude. (Si un jour, tu me lis, tu sais dorénavant que je ne t’aimais pas et que tu seras toujours la vieille sorcière pour moi, ha   ! ha   ! ha   !).
Je ne parle pas des fois où il râlait, car je dépensais de trop ou que je me comportais comme une enfant (en même temps, j’avais à peine dix-huit ans).
Enfin bref, je me rappellerai toujours le jour où je lui ai dit que c’était fini. C’est la première fois que je voyais un homme pleurer et je fus particulièrement méchante avec lui, je lui ai dit des choses que je regrette à présent.
Il voulait me donner une bague, il s’était mis à genoux, mais j’avais brisé son cœur et le mien. Si tant est que j’en eusse un, à l’époque.
Quand on vous fait souffrir comme ce fut le cas avec moi. Des fois, il arrive que notre faculté à aimer les gens nous échappe et nous devenons ce que nous avons toujours craint, un monstre sans cœur, ni âme.
Il est parti, je sais qu’il a été malheureux. Ne croyez pas que cela fut facile pour moi, car même si je n’en ai jamais parlé, j’ai dû pleurer toutes les larmes de mon corps.
J’avais laissé mon cerveau faire croire à mon cœur que c’était mieux ainsi et qu’il fallait le quitter avant de souffrir. Sauf que je n’ai jamais été quelqu’un de méchant et c’est bien là mon drame.
Nous nous sommes revus des années plus tard. J’étais alors séparée du père de mes grands, ma fille était sur mes genoux pendant que le dernier dormait et nous étions chez mes grands-parents.
Je l’ai vu compter mentalement pour voir si elle aurait pu être sa fille. Je lui ai souri en lui disant :
—C'est ma fille, is not you're daughter.
Il m’a souri en haussant les épaules. Ce sont les seuls mots que nous avions échangés, tous les deux gênés. Nous nous sommes revus de temps à autre. Puis de moins en moins, je crois qu’il s’arrangeait pour se renseigner afin de savoir si j’étais présente lors de ses venues.
J’ai malheureusement pour moi perdu mon ami d’enfance. Il ne saura jamais que je le considérais à l’époque comme mon héros. Je racontais à qui voulait l’entendre qu’il venait en France pour moi.
Quand je me suis retrouvée au collège avec ma timidité quasi maladive, je disais aux garçons qui m’accostaient qu’il était mon petit ami. Et comme il lui arrivait de venir me chercher, personne n’osait me contredire.
Tout le mal que j’ai pu lui faire m’a été renvoyé au centuple. Je regrette beaucoup la douleur que je lui ai causée, mais, et c’est bizarre, surtout le fait d’avoir cassé une amitié qui aurait pu perdurer, pour un béguin de gamine.
Je ne peux pas dire que ma vie amoureuse fut un grand succès. Est-ce ma poisse ou le karma, je ne sais pas, mais je n’ai pas eu énormément de relations. Je n’ai vécu qu’avec cinq personnes avant de trouver celui qui partage ma vie à présent.
Et je ne peux pas dire que pour trois d’entre eux, j’en garde un souvenir merveilleux, ils seraient plutôt en tête de mes cauchemars.
Clairement, j’ai embrassé des crapauds qui ne sont restés que ce qu’ils étaient, des illusions. (Je n’irai pas dire des erreurs de la nature, ils sont capables de me coller un procès et cela même après m’avoir fait tant de mal)
Je vous parle vite fait de la brillante idée que j’ai eue de m’inscrire dans une agence matrimoniale. Mon Dieu, parfois je me demande s’il m’arrivait de réfléchir.
Mes parents s’étant trouvés ainsi je me suis dit que c’était une idée comme une autre, puisque je sortais peu. Je ne pourrai pas vous dire combien d’hommes j’ai rencontrés. Par contre certains, pfiouuu. (désolée, si tu me lis, et que tu n’étais pas l’un de ceux cités à suivre, mais on peut dire qu’après ceux-là, les autres faisaient pâle figure dans mes souvenirs  😉 )
Entre celui qui s’inquiétait de savoir ce que sa mère allait penser de moi et qui me dit de but en blanc :
– J’ai trente-cinq ans et je suis vierge.
Je crois qu’il a compris qu’il m’avait choquée, car il répliqua aussitôt :
– OK, encore une prude, je te ramène.
Euh… Mec, on évite ce genre de conversation quand cela fait cinq minutes que tu parles avec la personne, mdr.
L’autre qui m’a fait payer sa bière et son casse-croûte pour me dire une fois fini :
– Ça ne va pas coller, tu es trop moche.
Et il s’est cassé en me laissant en plan, je n’ai pas eu le réflexe de l’enguirlander (ce que je n’aurais pas fait de toute façon, j’étais beaucoup trop gentille).
L’autre, qui était super sympa et qui après avoir bu un verre me propose d’aller voir un film, me dit :
– Ah zut   ! J’ai oublié d’éteindre un truc à la maison, ça ne te dérange pas, on fait un saut et on va voir ce qui passe au ciné   ?
Moi, bête comme mes pieds :
– Pas de souci, je t’attendrai dans la rue.
Bien entendu au pied de l’immeuble, il m’invite en me disant :
– Tu ne vas pas rester toute seule sur le trottoir, il fait nuit, monte.
Et comme j’étais NAÏVE comme un bébé, je me suis exécutée. On entre dans un couloir et il me réplique :
– Installe-toi, il y a des boissons sur la table dans la salle, j’arrive.
J’entre dans la pièce où trônait un énorme lit rond avec des miroirs au-dessus. Il arrive derrière moi et il va pour me passer la main dans le cou, en m’expliquant :
– Oh   ! J’avais oublié mon lit, si tu es fatiguée on peut rester là.
Comment vous faire comprendre   ? Avez-vous déjà vue des biches prises dans les phares d’une voiture   ?
Bah   ! J’étais comme ça, jusqu’au moment où il a penché la tête pour m’embrasser. J’ai hurlé comme une tarée.
Il s’est redressé d’un coup en répliquant d’un ton froid et limite effrayant :
– Ferme-la   ! Quand un mec te ramène chez lui et que tu acceptes, c’est pour que tu passes à la casserole, pas pour jouer à la belote avec toi   !
Charmant le garçon, hein   ?
Je dois avouer qu’il a refermé sa chemise (oui, les boutons ont dû exploser quand il est entré dans sa cuisine lol) et il m’a raccompagnée chez moi. Je n’ai pas ouvert la bouche et je crois même que je n’ai pas attendu qu’il soit arrêté pour sortir de la voiture, mdr. Une flipette totale, ma mère m’a d’ailleurs longtemps rabâché sur cette histoire, pas dans le genre : tu aurais pu te faire violer, mais plutôt :
– Bordel   ! Florina, tu as plus de dix-huit ans, tu ne vas pas devenir bonne sœur   ?
(Si tu savais, maman, j’y ai fortement pensé pendant longtemps ^^.)
Je vous passe celui qui m’a parlé de son ex pendant deux heures, celui qui m’a plantée en me disant que j’étais trop petite, l’autre qui m’a demandé de lui faire une fellation, j’en passe et des meilleurs.
Finalement, j’ai fini par trouver le père de mes grands et ce n’était pas non plus la plus belle chose de ma vie. À part pour mes enfants, j’ai perdu cinq ans de mon existence (sans compter mon argent, mais ça, je crois que mes ex avaient lu «   servez-vous sur mon compte   »  😉 ).
Mon compagnon actuel me dit qu’avec mon passé, il est logique que les hommes ne m’intéressent pas, il a sûrement raison, comme souvent.
Alors après plusieurs relations, où à chaque fois j’ai fini par me dire que j’étais plutôt faite pour devenir une bonne sœur, je l’ai vu, LUI.
Je vais vous expliquer, pourquoi, nous n’aurions jamais dû être ensemble et pourquoi une personne a une importance capitale pour nous.
 

Chapitre 9
Peut vous tomber dessus, n’importe quand.
 
Donc voici une véritable histoire comme on l’aime. Des protagonistes qui, non seulement, n’auraient jamais dû se rencontrer, mais surtout qui n’auraient jamais dû être ensemble.
J’étais en instance de divorce. J’envisageais d’élever mes enfants et de rentrer dans les ordres comme nonne, pas que le côté religieux me tente plus que ça, d’autant que je suis plutôt athée. Cependant, je me suis dit que c’était la solution la plus simple pour qu’aucun homme ne me refasse du mal.
C’est dire combien j’en avais marre des mecs, bon ce qui m’embêtait je dois l’avouer, c’est le côté libido, lol.
C’était la grande époque des visios sur le Net. J’étais une membre assidue et assez connue, je dois l’avouer. Comme maintenant un côté bisounours, mais avec une grande bouche  😉 .
En tant que femme, je peux me flatter d’avoir eu plusieurs personnes qui me tournaient autour. Le souci, c’est que j’en avais vraiment marre de me faire avoir. Alors le prochain, c’est lui qui allait morfler.
J’étais loin de chez moi, dans le Sud, un petit village perdu où je ne connaissais personne et où je m’ennuyais ferme. Moi, qui adorais travailler, je me trouvais désœuvrée. Alors j’écumais les sites, pour parler avec des gens de ma région, c’est ainsi que j’ai vu son pseudo pour la première fois.
Ses yeux sur sa photo de profil m’avaient hypnotisée. Je dois bien l’avouer, il est entré dans ma tête directement. Le hic, c’est qu’il était beaucoup plus jeune que moi, dix ans quand même.
J’ai commencé à me disputer intérieurement, car je m’étais dit que j’en avais fini avec les hommes et il suffisait que des yeux couleur océan passent par là pour que j’oublie mes convictions.
Une amie est venue me voir un soir, car elle avait un souci avec un homme sur qui elle avait des vues. Elle me confie alors qu’elle pense qu’il se moque d’elle et qu’elle aimerait voir s’il est sincère.
À cette période, j’avoue que je ne suis pas vraiment fréquentable, lol. Je m’introduis dans les PC des hommes, mais toujours dans ceux desquels j’ai eu des preuves de leurs méfaits, que ce soient des infidélités ou autre. Eh bien, disons qu’ils reçoivent un fichier qui leur donne envie d’en savoir plus et paf   ! Plus de PC (^ — ^).
Je ne suis pas vraiment fière de cette partie de ma vie, mais nécessité fait loi. Et puis c’était ça ou les trouver pour leur mettre une raclée, c’est quand même moins dangereux. Oui, j’étais un peu tarée à ce moment-là (cela dit, ma folie est toujours présente  😉 ).
Pour comprendre mon état d’esprit, mon ex-mari n’en fichait pas une et me trompait dès qu’il le pouvait. Sans parler de son penchant pour la boisson qui me dégoûtait.
Et disons qu’après avoir tout perdu lors de mes deux unions précédentes et d’autres choses qui sont plus personnelles, j’en avais vraiment assez des mecs.
Lorsqu’elle m’a donné le pseudonyme de la personne en question, je me suis encore plus fâchée contre moi.
– Une belle gueule, des beaux yeux, mais surtout une pourriture comme les autres, me répliquait la petite voix colérique en moi.
– Ne juge pas sans savoir, il te manque sûrement des informations, me disait l’autre plus sage.
– Bon   ! C’est bien les filles, mais je fais quoi   ? Allez, on va voir, je vais lui parler.
Comme c’était une connaissance des frères de ma meilleure amie, je me suis arrangée pour qu’ils me le présentent.
Bon sang   ! En plus d’être pas mal, il est sympa, le bougre. Je lui envoie un message du style :
«   Salut ! Tu ne me connais pas, mais tu habites dans mon ancienne région, d’ailleurs ma sœur n’habite pas loin de chez toi. »
OK   ! C’est bateau comme accroche, mais il a répondu aussitôt.
J’ai réussi à m’introduire dans son PC. J’y ai mis mon traceur et il suffisait qu’il tape un certain mot pour que celui-ci s’active et grille l’ordinateur. En attendant, je pouvais voir tout ce qu’il faisait dessus.
Le souci, c’est qu’il n’y avait rien de compromettant sur son PC. Enfin, pas en ce qui le concernait. OK   ! Il avait une petite amie, mais ça ne se passait pas très bien avec elle et pour cause (on y revient après  😉 ). Cependant, à part des discussions un peu poussées, il n’avait rien à se reprocher.
Petit à petit, nous avons commencé à nous parler de plus en plus. Je me sentais mal pour lui, car je ne pouvais pas lui dire ce que je connaissais sur sa compagne.
Lui ne se doutait de rien. Au contraire, c’était un véritable amour, il me conseillait pour mon ex-mari ainsi que pour mes enfants. Et il me racontait des blagues pour me changer les idées.
Nous avons passé des heures aussi bien sur PC que par téléphone à discuter ensemble, parlant de tout et de rien.
Je m’en voulais de lui mentir, je me suis donc entretenue avec mon amie qui m’avait mise sur «   l’affaire   », car je me sentais mal aussi vis-à-vis d’elle. Elle m’a rassurée, entre-temps ils avaient discuté ensemble et elle en avait conclu qu’elle s’était fait des idées. De plus, elle s’était remise avec son compagnon donc tout allait très bien pour elle. 
Je continuais à «   flirter   » avec des hommes, mais je savais très bien qu’il n’y aurait rien du tout. Je suis émotive, je ne peux pas concevoir l’acte sexuel si je n’ai pas un petit coup de cœur pour l’autre personne.
Le 18 décembre, mes enfants devaient se rendre chez leur père avec le train et un accompagnateur. Sauf que la SNCF était en grève, on m’a prévenue qu’il n’y aurait pas de service pour que les enfants soient en sécurité. Je ne pouvais pas les laisser prendre le train seuls, alors qu’ils avaient treize et onze ans, surtout pour se rendre à Paris.
Après avoir discuté avec mes deux meilleures amies, elles finirent par me convaincre de passer quelques jours chez elles dans la capitale, que cela me ferait des vacances.
Je ne suis pas vraiment d’accord pour laisser mes animaux ni toutes mes affaires, j’ai un mauvais pressentiment. Seulement, je finis par me convaincre que cela concerne mes enfants et du coup, je m’arrange pour être avec eux et de toute façon, je n’ai pas le choix. Leur père m’a bien prévenue, si je ne viens pas, il portera plainte, je suis piégée.
Nous voici, mes trois enfants et moi, en direction de Nîmes pour prendre le train. J’ai serré mes animaux contre moi avant de partir, je suis stressée, je me suis une fois de plus disputée avec mon ex.
Il ne veut pas comprendre que la banque soit fermée, je ne suis plus dupe de son manège. Ma décision est IRRÉVOCABLE, il m’insulte devant la porte de la gare en disant :
– C’est ça, va faire la pu… Là-bas avec tous les mecs qui te tournent autour   !
J’ai soulevé le stetson que je portais toujours à cette époque, je lui ai adressé mon majeur bien tendu et je suis entrée dans la gare. Riant sous cape, car un gendarme ayant assisté à la scène, avait décidé de lui faire un petit contrôle. Bien fait   !
Je monte dans le train et je regarde une dernière fois ce quai, la peur me reprend. Je sens que quelque chose se prépare et que je ne vais pas du tout aimer cela. J’envoie un SMS à ma meilleure amie pour lui expliquer la situation et mon impression.
Le signal se coupe d’un coup, le contrôleur m’explique que le réseau est aléatoire. Je décide donc de lui envoyer un dernier message pour lui dire que je coupe le téléphone pour préserver la batterie.
Je discute avec mes enfants, le trajet se fait vite, mais ma fille s’inquiète de savoir si nous allons rester dans la même région. Je lui réponds que j’ai trouvé une petite maison près de Toulouse dans une résidence protégée.
Non, je n’ai absolument aucune confiance en mon futur ex-mari.
Je trouve leur père sur le quai de la gare, après des bisous qui me serrent le cœur, je leur dis au revoir. Je rallume mon téléphone, pour m’apercevoir que j’ai vingt-cinq appels en absence d’un numéro que je ne connais que trop bien : la gendarmerie. 
Je les rappelle, je suis transférée immédiatement à un brigadier. Par acquit de conscience, je les ai prévenus que je partais deux jours dans la capitale. Ils me préviennent que le charmant monsieur qui me sert de conjoint a pété un câble. Il est en garde à vue, après avoir foutu le feu à mes affaires en plein milieu de notre jardin et en insultant les voisins. Je vous passe le bazar qu’il a causé.
Enfin bref, les gendarmes m’expliquent qu’ils aimeraient que je trouve un lieu en sécurité, ils ont peur pour moi.
Je suis dévastée, mes voisins ont réussi à récupérer mon labrador et mes deux Persans. Je n’ai plus rien… Mon amie me retrouve en larmes sur le quai de la gare, ma petite dernière accrochée à ma main.
Je lui explique la situation, mon ange gardien me dit :
– Ne t’inquiète pas, ma puce, vous allez rester à la maison, on va trouver une solution.
Le soir, je raconte mes déboires à Nicolas qui m’avoue qu’il pense se séparer de sa compagne, il en a assez de la voir rester chez eux sans rien faire. Elle ne cherche pas de taf et ne fait rien à la maison. Et moi, je ne lui ai toujours rien dit.
Je me confie à mon amie, nous sommes embêtées et décidons qu’il nous faut des preuves solides avant de l’informer.
Ma grand-mère m’envoie un billet de train pour que je passe les voir quelques jours, ils ne sont pas là pour Noël. Ce n’est pas la première fois que j’ai l’impression de déranger, mais c’est plus flagrant cette année, je décide donc de rentrer chez mon amie.
J’ai bien saisi que personne ne m’aidera, je me suis mise toute seule dans cette situation, à moi de me débrouiller pour en sortir. Après tout, ce n’est pas comme si c’était la première fois que je devais repartir de zéro, mais plutôt la troisième. Tout le travail accompli, foulé du pied par l’indélicatesse de mecs qui ont cru que mon compte en banque était open-bar.
Nous avons les preuves qu’il nous faut, j’envoie un message à mon ami et je lui donne rendez-vous sur le visio où se trouve sa compagne. Pas besoin de vous faire un dessin sur ce qu’elle faisait, il lui dit alors que j’étais au téléphone avec lui :
– Tu restes cette nuit et demain, tu fais tes valises, je ne veux plus te voir.
Je suis gênée, même si je n’aime pas cette fille, j’ai l’impression d’être responsable du malheur de mon ami. Ma meilleure amie est comme moi, nous décidons de l’inviter avec quelques amis à faire un petit truc pour célébrer la nouvelle année.
Ce ne sera pas une grosse fête, mais suffisant pour nous changer les idées. La vie de ma meilleure amie aussi est difficile, alors cela nous fera du bien à tous.
Pendant ce temps-là, je sors avec eux et je découvre Paris by night. Pour la première fois de ma vie, je m’amuse.
Certes, ma vie est merdique, je n’ai plus de maison, plus de fringues, plus rien, même mon compte en banque est bloqué par les huissiers de mon ex, mais j’ai des amis géniaux. Une meilleure amie qui doit sûrement être un ange   ! Nicolas est devenu mon meilleur ami, même s’il tente, en rétorquant régulièrement :
– Allez, je ne suis pas si jeune et puis on ne va pas vivre ensemble, juste se faire du bien.
Et il se marre, j’avoue moi aussi, il me fait rire et j’en ai besoin. Le matin de son arrivée, je suis dans un état de stress incroyable, parce que se voir dans une caméra c’est bien, mais en vrai, c’est autre chose.
Est-ce qu’il ne va pas me trouver trop idiote, trop grosse, trop rousse ou trop chiante   ?
Je me rappelle exactement comment j’étais habillée et lui aussi, c’est un fait assez exceptionnel pour que je le mentionne pour quelqu’un comme moi que l’on surnomme Dory. Même les poissons rouges ont une meilleure mémoire que moi, c’est dire.
J’ai une petite jupe noire à fleurs blanches qui m’arrive au-dessus des genoux et un chemisier blanc avec des volants très romantiques, mon éternel stetson vissé sur la tête et mon manteau brodé en cachemire gris. Nous avons passé une partie de la nuit au téléphone, je crois qu’il a senti mon stress. 
Ma meilleure amie me trouve chou à m’angoisser et n’arrête pas de me dire que je suis déjà mordue, ce que je réfute :
– Les mecs, c’est FINI   !
Il est venu avec un ami commun, je rentre dans le bar. Ils sont tous les deux au fond.
Mon cœur manque un battement, il est plus beau, mais aussi plus grand «   en vrai   ». Il porte un jean noir assez serré et un pull noir à capuche. (Qu’il enlèvera rapidement et je découvrirai en dessous un t-shirt noir ainsi que des muscles impressionnants   ! Je ne me suis jamais fiée au physique, mais lui, rien que lorsqu’il me regarde, j’ai l’impression de me consumer de l’intérieur, lol.)
J’avance vers lui comme dans un rêve, il me sourit et je le lui rends. Je n’ai pas vu la marche et comme d’habitude, Flo s’étale avec toute la grâce qui la caractérise tant.
Après un moment de stupéfaction, ils se mettent à rire. Mon mauvais caractère ressort :
– Ce n’est pas la peine de vous foutre de moi, c’est cette saleté de marche, nom de Dieu   !
Il m’a tendu la main en disant :
– Appelle-moi, Nicolas. Dieu, ce sera pour plus tard, en me faisant un clin d’œil.
J’ai senti une décharge électrique passer dans ma main, mon cœur a manqué plusieurs battements en regardant ses yeux si bleus me fixer.
Eh merde   ! Ma Dédé avait raison, je suis mordue, même plus que ça…
Nous avons passé quelques jours merveilleux. Ce jeune homme si beau, si intelligent s’intéressait vraiment à moi, à ce que je pensais, à ce que j’aimais. Le courant est passé encore plus vite que ce que nous pensions.
Autant dire que les adieux furent un déchirement. Il m’a même laissé son pull pour que je pense à lui. Je ne l’ai pas quitté pendant des jours.
Cela dit, j’avais toujours un détail de taille à régler, je n’avais plus de maison. Pendant tout le temps où il était avec moi, il n’a eu de cesse de me dire de venir chez lui. Adieu les rêves d’indépendance et les «   les hommes, c’est fini   ». 
Je ne voulais pas céder, car il habitait un tout petit appart et puis je n’étais pas du genre à me faire entretenir.
Nous avons discuté pendant des heures avec Nicolas, ma grand-mère et mes amis. Je ne trouvais aucune solution. Un jour, Dédé m’a dit :
– Allez, merde   ! Je t’emmène chez lui. Ta sœur récupère tes petits et te les amène dans son appart. De toute façon, tu n’as pas trente-six solutions. Et puis, qui sait peut-être que ce sera l’amour de ta vie. Tu ne peux pas passer ta vie à te poser des questions.
Autant dire que Nicolas était ravi et que moi j’étais en flippe total. Nous avons pris la petite voiture de ma chérie avec une amie et ma fille, et nous voilà parties en direction de nouveaux horizons. Je n’arrête pas de râler sur mon amie, car elle est folle. En effet, elle fait l’aller-retour, car ses enfants reprennent le chemin de l’école le lendemain. 
Nous sommes toutes les quatre lancées sur les routes, nous nous sommes perdues, nous avons eu peur dans certains chemins, mais au final, on a bien ri.
Quand je suis arrivée chez lui, il était convenu que je me trouve un logement et que nous nous verrions comme ça de temps à autre.
Seulement, j’ai vite déchanté. Mon ex m’avait fait des dettes considérables, le montant pour descendre avec un camion pour récupérer le peu que les voisins avaient sauvé était élevé et mon compte était toujours partiellement gelé.
J’étais chez lui en tout bien tout honneur, sauf que le destin ne l’entendait pas ainsi, et pour une fois je ne m’en plaindrai pas.
 
J’ai trouvé l’homme de ma vie comme ça par hasard. Nous avons essuyé bon nombre de tempêtes, nous avons malheureusement perdu un petit ange. Nous nous sommes disputés (souvent même, mais pas étonnant avec nos caractères à la c**), nous avons eu trois merveilleux enfants ensemble. Mes deux premiers ont eu du mal à l’accepter, alors que ma dernière l’a considéré comme son père quasiment aussitôt. Il est, pour mes filles aînées, la figure paternelle qu’elles ont rêvé d’avoir.
La vie n’est pas toujours facile, mais j’ai enfin trouvé la moitié de mon âme, la partie qui me manquait pour être heureuse.
Aujourd’hui, on m’a demandé quel était mon fantasme, j’ai répondu :
– Aucun, j’ai déjà tout ce que je souhaitais au monde. J’ai bien des rêves et des envies, mais des fantasmes non.
Je ne me vois pas tromper mon compagnon, car il avait raison sur un point, il est devenu le Dieu de mon cœur et de mon avenir.
Oh   ! et pour ceux qui se demanderaient ce qu’est devenu l’ordinateur que j’avais piraté. Le problème avec ma poisse, c’est qu’elle ne m’oublie jamais, elle.
Le mot de passe pour que le virus s’active était : Papouasie.
Mot que j’arrivais toujours à leur faire écrire sur leur clavier. Je discutais avec ma sœur sur MSN (oui, oui, on l’a déjà dit je suis vieille mdr) :
– On se voit ce soir de toute façon   ?
– Oui, pas de problème, je mettrai un film à ton fils pour l’endormir, lui dis-je.
– Tu aurais de la chance de le faire dormir, il est infernal, tout de suite.
– Mais si je vais lui mettre un truc soporifique du genre : la vie sexuelle des fourmis en Papouasie.
FATAL ERROR
C’est le dernier message qui est arrivé sur le PC avant de griller. J’ai dû expliquer à mon chéri que je ne l’avais pas rencontré par hasard, mais que j’avais piraté ainsi que piégé son PC et pourquoi je l’avais fait   ? Ce que j’avais totalement oublié avec tous mes drames.
Sa réaction   ? Il m’a embrassée en rigolant en rajoutant :
– Allez, on va acheter un nouveau PC, espèce de folle, va.
Et voilà, comment j’ai rencontré mon chéri avec lequel je vais bientôt me marier. Grâce à mon ange gardien : Delphine.
Ainsi qu’une sombre histoire de jalousie. Comme quoi, la vie peut vous réserver de drôles de surprises, lorsqu’on s’y attend le moins, donc ne perdez jamais espoir,  😉 .
 

Chapitre 10
La petite bête ne va pas manger
la grosse
 
Que celui qui n’a pas eu peur d’une petite bestiole un jour me jette la première pierre.
Oh   ! Oh   ! C’est bon, n’en jetez plus, j’ai assez pour construire un mur, 😜 .
Sérieusement, je suis, en plus d’être poissarde au possible, multiphobique (quoi, ça n’existe pas   ? Bah   ! Voilà, je viens de l’inventer ^ — ^).
Mais je crois que le pire reste toutes ces bestioles que j’ai en horreur. Ne vous trompez pas, je ne suis pas spéciste pour autant, c’est juste qu’elles me dégoûtent.
Ma première rencontre avec un rat fut pour le moins mouvementée. De gros bestiaux avaient élu domicile chez nous. Colonisant nos murs en nous laissant des monceaux de polystyrène dans tous les coins. 
Se servant dans la poubelle, voire carrément sur les plans de travail. Mon père a tout essayé pour les faire partir. Mais comme d’habitude, nous avions la chance d’avoir des spécimens hyper résistants. Ils bouffaient le blé empoisonné, le gars a dit à mon père :
– Je vous jure que ce n’est pas possible. 
Il est reparti en nous regardant et en se grattant la tête tout en répétant :
– Bon Dieu   ! Je n’ai jamais vu ça   !
Je ne vais pas vous dire que je me suis habituée, car c’est faux. Mais le mari de ma grand-mère nous avait raconté qu’en Indochine des rats avaient bouffé la jambe d’un soldat sans que cela le réveille. 
Je ne vous raconte pas la psychose.
Un jour, je prends un bain tranquille. J’entends du bruit derrière moi dans le placard qui abrite le ballon d’eau chaude.
J’ai entendu dire que les rats avaient peur du bruit, je me mets donc à me parler à voix haute et en me remontant le moral. (C’est faux, en fait je parle aux mini-pouces qui vivent dans mes murs. Quoi, je sais, je suis gravement atteinte du cerveau,  😉 ).
Bref   ! Le bruit se fait de plus en plus fort, je me tourne et là, je hurle :
– Ahhhhhhhhhhhhhhh.
Je me lève d’un bond de la baignoire et je continue de hurler. Pendant que le monstre se dresse sur ses pattes de derrière et pousse un cri strident en me montrant des crocs, qui, si je pouvais m’évanouir, m’arracheraient des cris supplémentaires   ! 
(Si vous avez suivi, si je tombe dans les pommes, il va me bouffer. Pas la peine de me faire signe négativement de la tête. Si ça se trouve, c’était le seul rat des champs cannibale. Et puis, c’est moi qui raconte, alors chut   !)
Nous hurlons de concert, j’attrape la poire de douche et lui hurle :
– Dégage ou je t’ébouillante.
Il me regarde en se rapprochant.
– Bordel   ! Ne bouge plus, je suis sérieuse. Je vais te brûler, si tu viens vers moi.
Il s’en fout, il avance.
– Papaaaaaaaaaaaaaaaaaa. Au secours. Ne bouge pas, putain, ne bouge pas, je te dis.
J’allume l’eau chaude, voyant qu’il s’en fiche royalement. Il recule, mais ne part pas.
Non, mais en fait, je suis sûre qu’il imagine dans sa tête de rongeur :
«   Hum   ! Je pourrais lui manger un cuissot. Vu son poids, je peux nourrir ma famille pendant des années.   »
Alors je hurle à m’en briser les cordes vocales. Mon père tambourine à la porte. 
– Ouvre. Florina ouvre tout de suite   !
– Je ne peux pas, il est devant la porte. Papa   ! Le rat va me bouffer   !
J’entends qu’il essaie d’entrer de force. Mon petit frère doit lui dire quelque chose, car j’entends trifouiller la serrure.
Puis, il ouvre le battant d’un geste. Le rat se barre d’un coup entre ses jambes. Bientôt, suivi par nos York, qui lui hurlent dessus. Le rat crie de plus belle, ma mère et mes sœurs aussi. Mon père cherche un truc pour le frapper. Alors que je lui crie :
– Non   ! Ne le tue pas, s’il te plaît.
Mon père s’arrête et me regarde, surpris :
– Non, mais t’es sérieuse   ? Je ne peux pas laisser un machin pareil, ici.
Bon, j’avoue que la bestiole est plus grosse que la chienne de ma mère, celle-ci l’a coincé contre un mur (la chienne hein pas ma mère, je tiens mes phobies de ces rongeurs d’elle. De ma mère   ! Mais vous ne suivez rien là   ! 😉 )
Le temps que mon père prenne sa décision, le rongeur a fait un trou et il s’est sauvé.
Mes parents ont appelé le service de dératisation pour nous débarrasser de ces drôles de squatteurs. Le monsieur a dit à mon père qu’il était étonnant que l’animal ait réagi ainsi, car ils sont plus souvent peureux qu’autre chose.
Youpi, je ne fais même pas peur à un petit rongeur, lol.
Ce qui me fait penser à la musaraigne, qui s’était cachée dans un jouet, des années plus tard chez moi.
Mon fils ramène un sac rempli de lego en tout genre de chez sa grand-mère. J’entends des sons stridents, la musique étant en marche, je regarde ma chaîne hi-fi pour voir si elle ne déconne pas.
Rien. Et le bruit recommence. Tout d’un coup, je vois une petite souris grise sortir d’un petit cube. Je hurle et fais un bond sur ma chaise. Mon chaton regarde la bestiole curieuse :
– Attila. Bouffe-la, je t’en prie, ahhhhhh.
Mon chat commence à la chasser, alors que le rongeur pousse des cris affolés. Ce qui me stresse encore plus.
Ils foncent tous les deux dans la cuisine. Je claque la porte. Ouf   ! Je suis sauvée.
– Ahhhhhhh.
La mini garce vient de passer sous la porte, laissant mon chat hurler dans la cuisine et moi je suis grimpée sur ma table en hurlant :
– Au secours   ! Au secours   !
Les gens qui passent dans ma rue me dévisagent, sans me porter assistance. Et pour cause, ils ne voient pas le petit démon qui fait le tour de ma table.
Mes enfants hurlent et pleurent de concert avec leur mère.
– Elle va nous manger, maman   ?
– Euh   ! Non. Mais t’es con ou quoi   ? m’exclamé-je énervée, pendant que je fais défiler ma liste de contact sur mon téléphone.
– Bah   ! Je ne sais pas, tu cries et tu es debout sur la table, me répond mon fils.
– Euuuuuhhh. Allô, papa, au secours   ! J’ai une souris chez moi, viens vite.
– Flo   ! Tu ne pousses pas un peu là   ? Je suis à dix minutes de chez toi, en voiture.
– Papa, ahhhhhhh elle veut monter sur ma chaise.
Il raccroche en soupirant, pendant que je fais signe aux enfants de me rejoindre sur la table.
— Tu crois qu’elle peut tomber, la table   ? demande alors ma fille.
Purée, je n’ai pas réfléchi à ça. Et j’ai encore plus la trouille, maintenant.
– Non   ! Enfin, si elle tombe, toute façon vu qu’elle est en dessous, elle finira écrasée par notre poids.
– Beurk   ! Man, elle est toute mimi.
– NON   ! NON   ! Et non, c’est un rongeur   ! C’est pas mignon, c’est plein de microbes et pis ça a des dents.
– Tu es au courant, que nous aussi, nous en avons, me dit ce petit malotru qui me sert de fils.
– Ce n’est pas pareil   ! lui rétorqué-je, excédée.
— Pourquoi   ? me demandent-ils tous les trois en chœur.
– Parce que   ! m’énervé-je.
– Tu dis toujours que ce n’est pas une réponse.
Il est aussi énervant que sa mère, lui avec ses questions.
Mon père me sauve d’une réponse gênante et sans voir la petite bête, l’écrase de son talon.
– Eurkkkk, grand-père, c’est dégueulasse, râle ma fille.
– Quoi   ? C’est pour ça que tu m’as appelé   ? Non, mais Flo   !
– Euh   ! Oui, mais j’ai peur des souris, lui réponds-je en me serrant les mains l’une contre l’autre tout en descendant de la table.
– Et ton chat, il se trouve où   ? me questionne-t-il.
– Je l’ai enfermé dans la cuisine, soufflé-je.
– Ah oui, et donc, il fait comment   ? lâche-t-il en soupirant.
— Je ne savais pas que ça pouvait passer sous la porte aussi   ! réponds-je, penaude.
Ma mère ne m’a rien dit, puisque je tiens cette phobie d’elle. Mes frères et sœurs par contre en rigolent toujours.
Je vais vous parler de ma pire phobie : les araignées.
Alors je sais d’où je la tiens celle-ci. J’ai désobéi à mes parents un jour et du haut de l’escalier, j’ai regardé un film qu’ils visionnaient tous les deux.
Cela parlait d’une femme qui se transformait en veuve noire et qui bouffait tout le monde y compris sa sœur jumelle qui elle était gentille, j’ai passé des nuits à hurler de peur. À cela, on ajoute la mère de mon père, dont le péché mignon était de me foutre la trouille dans le lit qu’elle m’obligeait à partager avec elle. Me racontant que les araignées allaient pondre leurs bébés en moi, qu’elle avait lu quelque part que la nuit, elles couraient sur notre corps pour pondre en toute tranquillité.
Je ne vous raconte pas l’horreur pour une gamine. Toujours est-il que je ne peux pas en voir une sans frissonner. Je ne vous parle pas de la toute petite araignée avec des pattes fines. Mais du gros machin noir de nos campagnes.
Je n’ai jamais vu de mygales et je ne veux pas en voir, sinon c’est la crise cardiaque assurée, lol.
Je crois que ma poisse a vu là un bon moyen de me faire suer. Car je peux vous dire que des histoires pas nettes avec ces choses, j’en ai eu.
De la dame qui se plaint d’avoir un kyste dans le cou. Sans faire attention et alors que j’effectuais un stage longue durée en coiffure, mon rasoir effleure la peau de la dame et de là des dizaines d’araignées en sont sorties.
Je suis devenue blanche, ma patronne m’a fait sortir en urgence, j’étais totalement paniquée.
Pas parce que j’avais blessé la cliente, mais de toutes ces petites choses noires, qui se sont déversées sur sa peau. Je ne sais même pas comment j’ai fait pour ne pas hurler. Ou alors je l’ai fait et j’ai oublié.
Des années plus tard, j’habitais dans un gîte. J’appelle le père de ma fille, car je vois des points rouges sur le mur d’en face. Connaissant ma phobie, il me dit doucement :
– Prends la petite, puis tu sors.
Je fronce les yeux et je réfléchis que je suis une mère à présent.
Je m’approche du mur pour voir des milliers de minuscules araignées rouges sortir des poutres.
Je crois que je cours encore en hurlant, mdr.
D’ailleurs dans cette ferme, il y avait des oies. On m’a toujours expliqué que c’était méchant, mais moi j’adore les animaux, alors je ne croyais pas ces «   légendes   ».
Un jour, je rentre de l’école avec mon landau et ma fille de quelques mois à l’intérieur. Quand, je vois cette jolie volaille se dandiner vers moi. Je lui souris, elle s’arrête et pousse un bruit étrange.
Je me fixe, mais elle part en direction du champ proche de nos habitations. Je regarde mon bébé en souriant :
– Ah la la la, ma chérie, ta mère a une imagination débordante. J’ai cru un moment qu’elle allait nous attaquer.
Un bruit derrière moi et un pincement horrible dans le gras de la fesse me font crier. Je suis attaquée, non pas par une oie, mais deux. Je cours comme une furie dans le chemin, mais les deux folles me talonnent de près.
Je décide de récupérer ma petite et de me réfugier dans la maison. Tant pis pour le landau.
Je cours comme une cinglée, la volaille derrière mes fesses, toujours plus proche. Je suis arrivée chez moi à bout de souffle, je n’avais que quelques secondes d’avance sur elles, j’ai pris mes clefs et au miracle, j’ai réussi à ouvrir ma porte du premier coup. Il était moins une avant qu’elles ne me repincent, à croire que mon fessier dodu leur plaisait  😊 .
Plus tard, le propriétaire m’a ramené mon bien. Il a rigolé en voyant les deux chipies me regardant méchamment par la porte-fenêtre.
Je peux vous jurer que je me méfie de ces vilaines volailles à présent. J’ai mis des jours à pouvoir m’asseoir sans avoir mal, tellement le bleu était important.
Je ne saurai jamais pourquoi elles ont décidé subitement de se jeter sur moi. Ma tête ou mes fesses ne leur revenaient pas, visiblement 😊 .
 
Il y a moins de quatre ans, mon petit était âgé de quelques mois et il présentait de drôle de piqûres sur le corps.
La pharmacienne me dit de vérifier s’il n’y a pas d’insectes comme des puces ou autres, car l’éruption est assez violente. Nous rentrons et nettoyons notre chambre de fond en comble. Pas de puce, mais beaucoup de toiles d’araignées et une petite toute fine. 
Nous la mettons dehors (non, je ne les tue pas systématiquement non plus, surtout les petites, vous ne suivez pas, rhoo). Bref, l’heure du biberon de nuit arrive, je vois un truc sur son lit, mais qui se déplace vite.
Je secoue le drap et dans le noir, j’entends un bruit sourd tomber au sol et la forme file dans les rideaux.
– Chéri   ! Réveille-toi, je crois qu’il y avait une souris dans le berceau.
Mon homme se redresse et m’observe les yeux emplis de sommeil :
– Tu as dû rêver.
– Non   ! Regarde, le rideau bouge toujours, lui dis-je en désignant la fenêtre où l’on voit le voilage remuer.
– Effectivement   !
Il se lève, bien réveillé cette fois. J’allume et je pousse un cri de terreur. Ce n’est pas un rongeur, mais une putain d’énorme araignée. Et en colère en plus, elle agite ses pattes en direction de mon homme qui essaie de la tuer avec son chausson.
De peur et de dégoût, vu le bruit que son corps vient de faire, je vais pour prendre mon garçon dans mes bras.
Horreur, une autre de ces créatures est sur lui. Moins grosse, cependant, mais comme toutes les mamans, je suis une lionne quand je protège mes petits.
J’ai écrasé cette vilaine bête dans mes mains.
Mon chéri m’a regardée puis a commencé à décompter :
–4, 3, 2, 1, 0.
Au moment même où il a fini, il a pris le petit pour lui boucher les oreilles et je me suis mise à hurler d’effroi en comprenant ce que je venais de faire.
J’ai bien entendu vomi et me suis frotté les mains pendant au moins une demi-heure. Je n’ai pas réussi à me rendormir. Nous avons acheté du produit et en avons mis partout.
Je ne sais pas d’où venaient ces trucs et je ne veux surtout pas le savoir.
Une autre fois, je triais du linge que l’on venait de me donner, des sacs entiers. J’étais sur la fin de ma grossesse alors je m'asseyais de temps à autre afin de me reposer. À un moment où je faisais une pause, je vois un sac bouger et pensant que c’était mon chaton, je m’exclame :
– Attila, sors de là   ! Tu vas mettre des poils partout   !
Sauf que je vois mon chaton sortir de la cuisine, s’il est là alors qu’est-ce qu’il y a dans le sac   ?
Soudain, une énorme araignée sort et se dirige vers moi, mon chaton arrive pour la chasser. Il adore manger toutes les bestioles qu’il trouve. Je lui crie :
– Je t’en supplie, bouffe-la s’il te plaît, je te nourris essentiellement de boîtes si tu me débarrasses de cette saleté (je ne suis pas spéciste, je suis juste arachnophobe, je suis désolée, c’est plus fort que moi ^^).
Mais croyez-moi si vous le voulez (moi, j’ai halluciné), la bestiole chassait mon chat  😲 . Et que je te donne des coups de patte, à la fin le pauvre a sauté sur une chaise et elle l’a suivi. C’est de là où je me suis dit que je ne pouvais pas le laisser comme ça, le pauvre minou était aussi effrayé que moi. J’ai couru chercher mon balai et j’ai hurlé dans l’appartement :
– Tu vas mourir sale bête, ou je ne m’appelle plus Florina   !
(Arrêt sur image. Vous m’imaginez là avec mon ventre de baleine, dans une robe de grossesse, un chouchou dans les cheveux pour ne pas les salir avec la poussière. Des chaussons aux pieds et un vieux gilet tout déformé, car j’ai toujours froid. Mon chat poussant des miaulements paniqués sur la chaise et moi qui cours en version pingouin en criant avec un balai tenu bien haut au-dessus de sa tête. Oui, moi aussi je l’imagine et j’ai honte. 😵   😉 ).
Premier coup, je la rate et c’est moi qu’elle poursuit. N’écoutant que mon courage (et aussi parce qu’il y a des gens qui commencent à s’agglutiner devant ma fenêtre. Pourquoi j’habite au rez-de-chaussée aussi   ? lol), je lui assène plusieurs coups jusqu’à ce que j’entende les gens rire en me disant :
– Elle doit être morte là et puis ce n’est pas la petite bête qui va manger la grosse.
Je leur ai tiré la langue comme toute adulte qui se respecte, et j’ai fermé mon volet en les regardant dédaigneusement. Pour fêter notre courage, à moi et mon chaton, après avoir nettoyé ce truc immonde écrasé sur mon sol, nous avons mangé une mousse au chocolat pour moi et une pâtée pour lui. Eh   ! Je vous vois là, en train de lever les yeux au ciel, nous avons eu très peur, nous devions décompresser mdr.
Bon   ! Vous voyez, elles ne m’ont jamais mangée, mais nom d’un chien, qu’est-ce que j’ai pu hurler.
(Et je ne vous raconte pas tout, car parfois, j’ai honte de moi devant ma phobie, mdr)
 



Chapitre 11
Vacances, j’oublie tout…
Oui, pitié, oublie mdr.
 
Quand on pense vacances, pour tout le monde, c’est repos, farniente et apéro. 
Chez moi, c’est galère en tout genre et variée, il y en a pour tous les goûts. 
Vous avez déjà oublié un enfant   ? Non   ! 
Bah chez nous, oui. Et plusieurs fois en plus. (Et sur le coup, je suis aussi à blâmer, car il m’est arrivé d’oublier de récupérer mes enfants, au judo par exemple. Nul doute que ma fille se le rappelle encore, lol).
Que ce soit mon petit frère qui reste assis sur les marches de ma grand-mère, car il avait tellement fait l’andouille dans la voiture, qu’ils l’avaient sorti pour avoir la paix et qu’ils l’ont oublié dans leur cour. 
Ma petite sœur, qui reste dans le supermarché, car ma mère la croit avec mon père et inversement. Ou ma famille qui m’oublie au collège, car tout le monde pense que c’est l’autre qui vient me chercher. Résultat, j’ai attendu toute une après-midi sous la pluie. Pour qu’au final la faim me tordant le ventre, je me décide à aller dans un restaurant militaire où nous allions chaque dimanche pour appeler ma mère. Finalement, le serveur qui était un ami de mes parents a eu pitié de moi et m’a offert un croque-madame, j’ai fait la tête à ma famille pendant au moins quinze jours, 🙄 .
Ou alors les vacances improvisées avec mes grands-parents en Espagne.  Parlons-en justement, le 19 avril 1991. 
Je vous jure qu’il est marqué au fer rouge dans ma mémoire. 
Hop   ! Nous faisons un bond d’une vingtaine d’années en arrière. 
Je me rends au travail comme tous les jours, j’adore le salon de coiffure où j’effectue mon stage longue durée à Brignoles (Var). 
J’y vais d’un bon pas, car j’adore autant le travail, les clientes, que l’ambiance qui règne là-bas. (Eh oui   ! Je fais plusieurs kilomètres à pied chaque jour. Les portables n’existaient pas et non, je ne suis pas née au temps des dinosaures, quoi que… lol).
Ma journée se passe sans problème, ma grand-mère m’a prévenue avant de partir que nous partions en vacances le soir même, donc je suis aux anges. Il n’en faut pas beaucoup pour être heureux à quinze ans, surtout à cette époque, mdr. 
Rien ne semble pouvoir entamer ma bonne humeur, même quand ma patronne me donne l’argent de la caisse à porter à la banque. 
Je glisse l’enveloppe dans la poche intérieure de mon cuir et je fais les quelques mètres qui séparent le commerce de l’établissement bancaire, tout en sifflotant. 
Lorsqu’un jeune homme me bouscule, contrairement à mon habitude, je lui fais mon plus beau sourire. 
Arrivée dans le sas sécurisé, celui-ci se flétrit (mon sourire hein pas le sas, faut suivre  😉 ). Plus rien dans mes poches.
Je palpe celles-ci de façon frénétique, rien   ! J’ai perdu l’argent   !!! 
Je fais le chemin inverse en regardant partout. Perdu, le sourire, je pleure, je râle contre moi et ma bêtise.  Arrivée au salon, la patronne appelle la police, car pour elle, cela ne fait aucun doute, le jeune homme n’était rien d’autre qu’un pickpocket. 
J’ai souri à un homme qui m’a fait les poches sans aucun remords, je suis une imbécile   ! 
Le gérant du salon homme insinue qu’il est bizarre que je parte en vacances et que je perde 600 francs. 
Je suis furieuse, mais je ne peux rien dire, sinon je risque de me faire virer. 
Alors, je ronge mon frein pendant que Ciara en profite pour se glisser dans mon cerveau, pour m’expliquer ce qu’elle ferait si elle était à ma place. Que ce soit à cet homme qui me dévisage ou à l’autre débile qui m’a dépouillée. 
J’ai un sourire méchant en regardant le gérant, car je vois parfaitement quelles sont les tortures qu’elle aimerait leur infliger. (Oui, cela fait très longtemps que Ciara représente ma folie et l’encourage, même, lol.) 
Je réplique à ma patronne que si c’est ainsi, autant que je parte puisque visiblement on ne me fait pas confiance. 
Oui, j’ai toujours eu un caractère de merde et j’en suis fière 😊 . 
Tout le long de la route, je frappe dans chaque caillou que je croise, j’ai perdu ma bonne humeur et il n’est même pas 17 heures. 
En arrivant chez moi, enfin chez ma mère et mon beau-père, des hurlements se font entendre aux abords de notre petit lotissement qui abrite leur villa. 
Mon frère subit les foudres de notre beau-père, je sais que cela peut dégénérer très vite, alors je cours. 
Mamy essaie d’expliquer que ce n’est rien que ce n’est que du chocolat. Seulement, lui ne l’entend pas ainsi et essaie d’attraper mon frère. 
Les voisins hurlent qu’ils vont prévenir la police, ce à quoi je réponds en tendant mon majeur. 
Ils n’ont jamais rien fait, ce n’est pas aujourd’hui qu’il faut me soûler   ! 
Je prends une chaise et je la brise par terre. 
Tout le monde se tait et me regarde comme si j’étais devenue subitement folle (non, non cela fait très longtemps que je suis ainsi, je le cachais juste de mieux en mieux).
Mais j’ai eu une journée de merde (et ce n’est pas fini vous allez vous en apercevoir). 
– Ça suffit, maintenant   ! Yoyo, monte   ! Prends tes affaires, on se casse   ! 
— C’est ce que l’on va voir, vous restez ici, c’est moi qui commande   ! crie mon beau-père furieux.
– Tu sais quoi   ? Va te faire fou…, lui rétorqué-je sur le même ton.
– Florina, me crie ma grand-mère, surprise par mon ton véhément. 
– Non   ! Là, j’en ai marre, la gentille Flo elle l’ouvre à présent   ! De toute façon, ici les enfants n’ont qu’un droit et c’est celui de la fermer. Bah   ! J’en ai assez, donc on part et s’il n’est pas content c’est pareil. Tu as juste oublié un truc, tu n’es pas notre père   !
Je les plante sur place et je monte chercher mes affaires dans les appartements que nous avons à l’étage, suivie de près par mon frère. 
Ma mère est partie avec les plus petits faire le point, son couple va mal. J’avoue que je ne sais même pas ce qu’elle a pu trouver à cet homme. On dit que l’amour est aveugle, c’est plus que possible. Car ils n’ont aucun point commun, ou alors, rien qui ne soit flagrant.
Ils se sont fait plus de mal que de bien en se mettant ensemble.
Nous partons dans le camping-car et nous prenons la route sans attendre. Nous faisons une halte dans un hypermarché, car mes grands-parents n’ont pas eu le temps de faire les courses. 
Je fais la gueule, il n’y a pas d’autre mot. Comment une journée qui avait si bien commencé pouvait-elle tourner au ridicule ainsi   ? 
Car en plus de tout ce qui m’était arrivé dans cette journée de fou, en rangeant rageusement des fringues dans mon sac, j’avais trouvé le moyen de me coincer la peau de la main dans la fermeture. 
Que voulez-vous quand le sort s’acharne... 
J’ai vissé mon casque de Walkman sur la tête (oui, je vous l’ai dit que j’étais un dinosaure lol) et je n’ai plus décroché un mot. 
Mamy se sentait coupable d’avoir dit à mon beau-père que mon frère avait mangé les chocolats qu’il lui avait ramenés de Belgique, je le voyais à sa façon d’essayer de me raconter des blagues afin de me faire rire. Yoann, lui, souriait, il avait tellement l’habitude  ☹ . 
Alors comme je ne voulais pas que sa journée soit gâchée à elle aussi, je suis allée faire les courses avec eux. 
Elle avait presque réussi à me dérider, elle avait cet étrange don de vous faire vous sentir bien, alors qu’elle ne l’était pas plus que vous. J’ai même esquissé un sourire, qu’elle m’a rendu.
Seulement avec ma poisse vous vous doutez bien que cela aurait été trop facile. Nous passons à la caisse et les portiques sonnent. C’est confirmé, je suis maudite   ! 
Je vois trois agents de sécurité arriver vers moi en courant. Oh   ! Ils ont cru que j’étais Arsène Lupin ou quoi   ? 
– Suivez-nous, mademoiselle   ! 
Je soupire, excédée par cette journée horrible : 
– Non, dis-je d’abord doucement. 
Mon grand-père arrive et commence à discuter avec un agent, je sais ce qu’il lui dit : 
«   Bonjour, ne fais pas de vagues, petit   ! Tu ne sais pas qui je suis   ! Allez, laisse-nous tranquilles, ton directeur te remerciera.   »
Je sais aussi que l’agent a décidé qu’il allait faire un exemple avec ma famille et avec moi, bien entendu. Je le comprends à son sourire en coin et la façon dont il regarde le mari de ma grand-mère tout en croisant les bras sur son torse. Ils vont jouer à qui pisse le plus loin et je suis le lot du vainqueur, super   ! 
Ciara a sûrement soufflé le mot de trop, quand les hommes m’ont prise par le bras. 
Je me suis dégagée d’un mouvement brusque qui a surpris tout le monde, moi la première. Et surtout les gens qui commençaient à s’attrouper autour de nous : 
– Non, JE NE SUIS PAS UNE VOLEUSE   ! BORDEL   ! 
J’ai enlevé mon cuir, puis mon pull. 
Mamy a commencé à comprendre ce que je faisais et m’a crié :
– Non, Flo, arrête   ! Candy neige, ne fais pas ça, c’est une erreur.
Voyant que je continuais à me déshabiller devant les caisses, doucement, mais sûrement, elle a commencé à hurler à l’adresse de mon grand-père :
– Jean   ! Jean   ! Mais fais quelque chose, bougre de con   ! (Oui, je tiens indubitablement ma folie de cette femme merveilleuse et vous ne pourriez pas me faire plus plaisir en le remarquant, lol) 
Il hurle, gesticule et demande à voir le directeur séance tenante. 
Ce qui arrive bien sûr, il arrive en courant avec une couverture qu’il me jette sur les épaules, alors que j’étais en train de me battre avec les boutons de mon chemisier. 
Mon petit frère s’approche de moi : 
– Tu allais vraiment te dessaper   ?
Je lui jette un regard plein de rage et de colère contre cette journée merdique.
Deux fois que l’on me traite de voleuse aujourd’hui, moi qui n’ai jamais pris quoi que ce soit sans en demander expressément l’autorisation, c’était de trop.
Il ne m’a plus embêtée du voyage.
Le directeur du magasin s’est excusé et a offert un bon d’achat à mes grands-parents, car vous savez ce qui a fait sonner la machine   ?
Un porte-bonheur que ma grand-tante m’avait offert.
Oh   ! Je pourrais vous dire que le restant du voyage s’est mieux passé, mais sans l’obstination farfelue du mari de ma grand-mère il ne fallait pas y compter. 
Il avait décidé de nous emmener dans un restaurant de la Casa Del Sol, j’étais étonnée de voir des serveurs en complet rouge, alors qu’il vient de nous dire que c’est un routier.
J’ai encore des restes de mes cours d’espagnol alors je vois bien à la carte que le prix n’est pas celui d’un petit restaurant de bord de route.
Effectivement, il y a une salle où les gens semblent décontractés, mais il a demandé le meilleur de ce qui se fait et ils l’ont pris au mot en nous passant dans cette salle où les tables sont recouvertes de nappes damassées blanches.
Je me prends la tête et on se dispute, car je lui dis que c’est un resto 4 étoiles minimum.
– Non, papy   ! Dans un routier, il n’y a pas du foie gras, même en Espagne   ! Mamy, toi, sois sérieuse, tu as déjà vu un truc avec du linge pareil   ?
Elle commence à douter elle aussi.
– Jean, elle a certainement raison. 
– Non   ! Non   ! Je parle espagnol, elle n’est même pas allée au bout de son cursus. Alors qu’on l’avait mise dans une école des plus réputée   ! lui dit-il, rouge de colère.
Allez, c’est reparti pour le couplet «   tu fiches ta vie en l’air, coiffeuse c’est pour les moins que rien, etc., etc.   ».
– Bien   ! Tu as raison   ! Après tout, ce n’est pas moi qui paye.
Je l’ai vu s’empiffrer et je n’ai pas eu le cœur de faire de même, mon frère et ma grand-mère ont suivi mon exemple.
La note est arrivée avec le cognac dix ans d’âge que lui avait offert la maison, tu m’étonnes. (Tout le monde sait que les routiers ont les moyens, voyons,  😉 ) Il a glapi, puis il est devenu rouge en appelant le serveur.
Le patron est arrivé jovial (tu peux, vu le prix, mon gars). 
Je l’ai écouté dire dans un parfait français à mon grand-père qu’effectivement, si la salle en dessous était réservée aux routiers, l’étage lui, était un restaurant gastronomique réputé.
Mamy l’a fixé sans rien dire, ce qui était somme toute plus effrayant chez elle. Il a payé en me regardant méchamment. 
Désolée, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en le voyant donner son American Express au patron qui commençait à croire que nous allions rester faire la vaisselle.
Du coup, comme il n’avait pas prévu la somme exorbitante du repas et je pense pour se venger un peu aussi, nous avons eu le droit de dormir dans les lieux les plus saugrenus.
Sur le parking d’un aéroport, dans un camping sous les rails d’un train, sur une place déserte d’où des coups violents à la porte nous ont fait sursauter.
Nous étions au milieu de la place du marché, avec tous les camelots en train de déballer. 
Autant vous dire que la police là-bas lui a passé un savon.
Je suis sortie du camping-car en lui tirant la langue, un jeune policier m’a vue et s’est mis à rire, en me voyant singer mon grand-père dans son dos.
Le jeune homme s’est approché de mamy en lui tendant une carte et j’ai traduit ce qu’il lui disait à moitié en anglais et à moitié en français.
Ses parents tenaient un camping, c’était la basse saison, alors il leur demanderait de nous faire un prix afin de finir nos vacances sur une meilleure note.
Il m’a regardée en me faisant un clin d’œil et en disant :
– Comme cela, jeune fille, tu garderas un bon souvenir de moi.
J’ai rougi comme une tomate lorsque j’ai réalisé qu’il me draguait (car si vous l’avez oublié, j’ai toujours été d’une timidité maladive).
– Euh   ! Ça ne se voit peut-être pas, mais je n’ai que quinze ans   !
Pour le coup, c’est lui qui a piqué un fard et s’est emmêlé les pinceaux, parlant trop vite pour que je saisisse tout. 
Seulement, j’ai compris l’essentiel et mamy aussi, elle lui crie dessus même s’il ne doit pas comprendre un traître mot, en lui jetant l’un de ses regards noirs dont elle avait le secret.
Il nous a quand même amenés chez ses parents où nous avons mieux fini notre séjour qu’il n’avait commencé.
Je vous passe la fois où deux des pneus de ce monstre (le camping-car, mais suivez bon sang   ! 😋 ) ont lâché l’un après l’autre et bien entendu mon grand-père ne savait pas changer une roue et n’en avait pas la force.
Devinez qui s’est agenouillée quasiment aux bords de la route pour changer les bestiaux. Dieu merci, il avait deux pneus d’avance.
Rassurez-vous, ce ne sont pas mes seuls souvenirs de vacances, je vais vous en raconter plein d’autres et après vous serez rassurés sur vos propres galères. Non cela n’arrive pas qu’aux autres, lol.
Bon   ! En revanche, la poisse, si tu lis ces lignes, s’il te plaît, tu peux passer à quelqu’un d’autre. Je n’y vois aucune forme d’objection, bien au contraire, même si tu ne t’ennuies pas avec moi, mdr.
Ma petite mamy, cela me fait du bien de penser à toi, à tout ce que tu m’as appris et ce que tu n’as pas dit. 
J’espère que de là-haut, tu es fière de moi. Eh oui   ! Tu vois, j’ai fini par faire ce que j’ai toujours adoré, m’imaginer des choses merveilleuses et faire rêver les gens.
Je t’aime, tu me manques…
 

Chapitre 12
C’est rare, mais…
 
Je suis sûre que l’on vous l’a déjà dit :
– Je vous fais cet examen, c’est rare, mais il vaut mieux en avoir le cœur net.
Oui, bien que maintenant mes médecins (eh oui, j’en ai beaucoup, je suis un cas, rappelez-vous,  😉 ), cherchent en règle générale ce qui ne devrait pas être.
Bon   ! J’avoue que j’en ai vu des vertes et des pas mûres, j’en rigole à présent, mais j’ai failli être opérée au choix : des ovaires, de la vésicule biliaire ou d’une deuxième inflammation de l’appendicite.
Alors là je vous vois venir :
– Ce n’est pas possible d’être opérée deux fois, bla-bla.
Bah   ! Si, c’est bel et bien arrivé. C’est ce que trois médecins étaient en train de dire, au chevet de mon lit d’hôpital.
J’avais perdu beaucoup de poids, de façon inexpliquée. De plus, je souffrais d’un mal de ventre et d’une faiblesse soudaine.
Les trois andouilles, euh… médecins, désolée ^^, se disputaient donc devant moi et en étaient venus à la conclusion :
– On va ouvrir, on avisera.
J’aime autant vous dire qu’en voyant ma mère arriver, jamais je n’avais été aussi heureuse de la voir.
– Que faites-vous dans la chambre de ma fille, messieurs   ?
(Alors, imaginez une femme très grande et distinguée limite bourgeoise, avec un monsieur d’une soixantaine d’années, en veste de tweed et foulard en soie autour du cou. Vous visualisez   ? Dites-vous que c’est pire que ce que vous imaginez, lol. Dieu merci, ma mère a perdu ce côté «   pédant   » que j’exècre  😉 ).
– Nous allons l’opérer…
Et chacun, leur tour, ils énumèrent le pourquoi du comment.
Ma mère les écoute, ils se disent donc que c’est dans la poche. Sauf, que quand elle ne parle pas rien alors dites-vous que ça va barder.
– Donc, si je comprends bien et vous m’arrêtez si je me trompe. Dans votre grande imbécillité, vous vous êtes dit que je vous donnerais mon accord pour ouvrir ma fille et jouer les docteurs Frankenstein avec ses organes. Et tout cela avec le sourire   ?
Mon beau-père n’a pas encore ouvert la bouche, il s’approche d’eux presque sur leur nez et leur lâche d’une façon tellement froide que je suis sûre que les fenêtres se sont parées de givre.
– Vous avez exactement cinq minutes pour préparer ses papiers de sortie de cet abattoir. Et si vous avez de la chance, je ne vous collerai pas de procès.
– Mais monsieur…
– Je n’ai que faire de vos palabres   !
Et là, il prend le téléphone et appelle un avocat assez connu, en le citant à de nombreuses reprises.
Je n’ai toujours pas ouvert la bouche, je regarde les adultes se crier dessus, sans un mot.
Une fois dans l’ascenseur, j’ai un vertige. Les médecins accourent et hurlent sur ma mère et son mari «   que s’il m’arrive quelque chose, ce sont eux qui porteront plainte   ».
L’ascenseur ferme ses portes, mon beau-père me dévisage :
– Tu es heureuse, j’espère   ? Si ta mère et moi ne nous étions pas déplacés, tu serais où   ?
– Oh   ! Désolée, majesté, mais je ne t’ai rien demandé. J’ai un père et une mère, enfin quand elle se souvient de moi.
Je ne l’ai pas vue partir, pourtant sa gifle fut retentissante.
On m’a transportée dans un autre hôpital. Lors de la prise de sang, je m’évanouis. Et à mon réveil, je suis dans un lit avec à mes côtés, assise sur une chaise, une jeune femme brune très belle.
— Bonjour, mademoiselle, tu te sens mieux   ? dit-elle d’une voix douce.
– Bof, j’ai toujours mal, murmuré-je faiblement.
— C’est normal, ne crois-tu pas   ? me rétorque-t-elle en me dévisageant.
Je ne lui réponds pas, alors elle enchaîne :
– Cela fait combien de temps   ?
Silence.
– Tu sais, je t’ai mis une perfusion et j’ai lu tes antécédents. Tu as l’âge de ma fille, alors, dis-moi, c’est lequel   ?
Je l’observe, je sais qu’elle a compris, mais si je ne réplique rien, elle n’a pas de preuve.
– Dissocié   ? Banane   ? Tomate, peut-être   ? reprend-elle.
– Aux choux… souffleté-je.
– Ah   ! Je vois, et tu jeûnes, aussi   ? me questionne-t-elle.
Je baisse les yeux.
– OK   ! Écoute, si tu veux, nous avons un psy et une nutritionniste spécialisée dans les troubles alimentaires de l’enfance. Ne décide rien pour le moment, nous expliquerons à tes parents que tu as eu un dérèglement hormonal. Libre à toi de leur confier ou pas que tu as essayé un régime assez violent. Mais en échange, tu me promets que tu ne recommenceras jamais, OK   ? lâche-t-elle sans me quitter du regard.
J’ai plongé dans ses yeux couleur caramel, qui semblaient emplis de bonté. Je suis restée silencieuse en regardant sa main, que j’ai finalement serrée pour sceller notre accord.
– Bon, dis-moi, on m’a raconté ton arrivée dans l’autre hôpital. Ils voulaient vraiment ouvrir pour vérifier ce que tu avais, comme ça à l’arrache   ? J’espère au moins qu’ils t’auraient endormie.
– C’est plutôt le genre de : «   tiens, prends un whisky et mords dans ce bout de bois   », lui dis-je en riant doucement.
– Mais tu es intelligente et tu fais de l’humour en plus, j’adore.
C’était mon premier rendez-vous avec une infirmière psy, qui aussitôt avait compris que je m’affamais afin de maigrir. C’est aussi la seule fois où j’ai mangé de la cervelle, après plus d’une dizaine de jours avec seulement 200 gr de choux bouilli par jour, j’aurais mangé n’importe quoi. 
C’est d’ailleurs ce que j’ai fait : soupe de lentilles, cervelle et haricots coco à la sauce tomate, yaourt nature et une pomme. J’ai tout dévoré, lol.
Eh oui   ! Je n’ai jamais prétendu avoir la palme de l’intelligence, loin de là.
À ce sujet, vous avez pu comprendre que ma vie fut pour le moins mouvementée. 
Un jour plus dur qu’un autre, j’ai décidé d’en finir. Décision réfléchie, enfin si l’on peut on peut utiliser ce genre d’expression. Je me suis rendue dans l’armoire à pharmacie de ma mère et j’ai pris l’un de ses traitements que je sais réputés extrêmement forts.
J’imagine qu’avec la boîte, je serais tranquille, j’avale tout d’un coup.
Je m’allonge et espère avoir le repos rapidement. Ma mère arrive dans l’entrefaite et comprend tout de suite ce que j’ai fait.
Elle appelle les pompiers. Mais au lieu de dormir, je commence à avoir de drôles de gargouillis très sonores dans mon intestin.
Maman s’approche de moi et me demande, le combiné sur l’épaule :
– Qu’est-ce que tu as pris   ? Flo, réponds-moi   !
Mais je commence à avoir mal au ventre, son médicament la fait dormir, alors pourquoi mon abdomen me fait si mal et d’où viennent ses gargouillis   ?
– Ton truc pour dormir.
– Hein   ! Mais je n’en ai plus   !
Elle reprend le médecin du SAMU, qui lui réclame de retrouver les emballages.
Je cours aux toilettes, quelque chose ne va pas. Je devais avoir la paix, pas être au petit coin. J’entends ma mère répliquer au téléphone :
– Non, mais ce n’est pas vrai. Venez vite, elle a avalé deux plaquettes de laxatifs.
J’ai essayé de me suicider aux LAXATIFS   ! PATHÉTIQUE   !
J’aime autant vous expliquer que ce fut la dernière fois. Je ne vous explique pas les pompiers qui se mordaient l’intérieur de la joue pour ne pas rire. Ni les médecins, les internes, etc., etc., qui devaient venir me parler aux toilettes.
Ça devait briller là-dedans, c’est moi qui vous le dis, mdr. La honte de ma vie. 
La psy m’a demandé lors d’une entrevue :
– Tu n’as pas pensé à vérifier le nom sur les boîtes   ?
– Bah non   ! Je sais, je suis stupide   !
– Non, je n’irais pas jusque là. Par contre, il est incontestable que tu as vraiment une poisse incroyable. J’ai lu tes antécédents et discuté avec ta mère.
Bon, je vous épargne son air moqueur. Ainsi que toutes les fois où dans ma famille, on éclate de rire à la mention de ces médicaments.
Toutefois, je voudrais faire une parenthèse. Le suicide n’est pas un but ultime, il y a des solutions. C’est juste, que seul, enfermé dans ses problèmes, on ne les voit pas. Trouvez quelqu’un à qui parler, car vous vous faites du mal, mais j’ai compris trop tard que l’on blesse aussi ceux qui nous aiment.
Pour continuer dans mes bévues ou dans la vie de Florina. Tout le monde (ou presque) sait que le froid brûle.
Bah   ! Pas moi, je ne le savais pas. Et je l’ai appris à mes dépens.
Je dansais dans la cuisine avec mes frères et sœurs, nous sommes tout seuls le midi alors c’est la fête.
J’ouvre le congel, et je pose ma main à l’intérieur en parlant aux petits :
– Alors on mange quoi   ?
Tout le monde y va de son couplet. Au bout de cinq minutes, ça me soûle et je décide que je ferai ce que je veux.
Je vais pour attraper les steaks, sauf que ma main gauche reste collée sur la glace qui s’est formée.
Je commence à paniquer, mon petit frère me dit :
– Je vais chercher le sèche-cheveux, on va chauffer et ça va fondre.
Oui, mais ça me fait subitement très mal. Alors d’une façon totalement stupide, je tire sur ma main d’un seul coup.
Mes sœurs crient tellement que ma grand-mère qui était dans les appartements de mes parents arrive en courant. Soit, c’est mon hurlement ou le mélange de tout ça ^^.
– Ne regarde pas   !
AH   ! AH   ! AH   ! C’est comme de me dire «   ne regarde pas en bas   », je le fais aussitôt.
Et là   ! Le drame, un morceau de ma peau est resté dans le congélateur.
Paf   ! Dans les pommes la Flo.
Je suis revenue à moi au moment où les pompiers m’installaient sur la civière.
Résultat : brûlure au deuxième degré, j’ai mis des mois à faire des soins régulièrement. Je n’ai pas voulu aller à l’hôpital de notre commune (on se demande pourquoi), afin qu’on m’opère.
Ils m’auraient probablement enlevé la rate ces andouilles, mdr.
Une autre fois, j’ai aussi été opérée de la main en urgence. Je jouais avec mon frère à l’oiseau (entendez à douze ans, je montais sur le baldaquin du petit dernier et me jetais par terre en poussant des bruits étranges). Oh   ! Je vois que vous vous dites :
«   À tous les coups, elle s’est cassé le poignet   !   »
Bah   ! Même pas, pourquoi faire comme tout le monde   ?
J’ai ressenti une vive douleur à cet endroit, mais notre mère venant de rentrer, je n’ai rien dit afin de ne pas me faire disputer.
Le lendemain, ma main me faisait un peu mal, nous étions en repas de famille. Mon oncle me tend un plat que je lâche en criant. Une décharge de douleur venait d’irradier dans toute ma paume jusqu’au bout de mes doigts.
Il se penche pour regarder et appelle ma mère.
Tout le monde s’incline sur ma main, et d’y aller de son petit commentaire :
– Qu’est-ce que t’as fait encore   ? (genre, je ne peux pas avoir mal sans y avoir mis mon grain de sel, j’avoue que là encore je n’ai pas brillé par mon intelligence, 😏 )
– Elle doit avoir du gravier dans la plaie.
– Ou des poils   ?
– Si ça se trouve, elle a gratté avec des doigts pas très propres (et traite-moi de sale, tant que tu y es).
Mon grand-père s’approche et dit :
– Il faut brûler une aiguille et percer pour évacuer l’infection.
Hop   ! On m’attrape (bah   ! oui, je me débats, ils veulent me charcuter quand même) et vas-y que je triture la main pendant que je hurle comme un goret.
Je ne sais même pas comment la police n’est jamais venue à la maison ou alors les voisins avaient l’habitude de nous entendre crier, mdr.
Bref, je souffre, je les maudis sur plusieurs générations (ce qui me rappelle qu’étant de la même famille, je me suis maudite par ricochet  😊 ).
Pendant deux jours, c’est le même calvaire, je leur explique du bout des lèvres que je suis tombée, mais personne ne pense que c’est grave. Mon père rentre de mer (à l’époque, il est cuisinier dans la marine nationale), s’approche de moi en plissant le nez et me dit.
– Mais c’est quoi cette odeur   ?
Je cache mon poignet bandé derrière mon dos, je ne veux pas que maman se fasse disputer pour une de mes bêtises.
Sauf qu’il attrape ma main afin de regarder en dessous du bandage et pour la première fois, je jette un œil.
Ah beurk   ! C’est horrible, la chair est rouge et boursouflée, il coule un truc d’une couleur que je vous épargne. Mon père attrape le téléphone et donne des ordres, jette un regard mauvais à mes grands-parents qui étaient à la maison :
– Vous gardez les petits, nous allons à l’hôpital des armées et priez tous pour qu’elle garde l’usage de sa main. Merde   ! L’hôpital, ce n’est pas fait pour les chiens.
Il s’approche de moi plus doucement, pose sa main sur mon front.
– Écoute, n’aie pas peur. Tu as de la fièvre, donc il y a une infection, je viens d’appeler un professeur qui va te soigner.
Bon là, j’ai peur parce que mon père qui n’aboie pas, c’est inquiétant. Plus encore que la vue de mon poignet ou que le fait que je ne puisse plus bouger les doigts depuis ce matin.
Nous arrivons et je suis prise en charge immédiatement. Le professeur consulte directement ma main dans le couloir qui mène à la radio. Il fronce les sourcils et retourne voir mes parents.
Je suis surprise de réaliser que l’on ne m’amène pas à une chambre, mais que l’on me déshabille directement.
– Ne t’inquiète pas, petite puce, me rassure un monsieur habillé en vert qui vient d’arriver dans la pièce. On va t’installer sur ce que l’on appelle un brancard.
– J’ai déjà été opérée, bredouillé-je du bout des lèvres, car je comprends à l’instant que ce qui se joue est grave.
– OK   ! Ça va me faciliter le travail. Donc je vais te préparer et je te descends directement au bloc. Je suis désolé, tu ne peux pas retourner avec tes parents, ça va aller   ?
Ce grand monsieur me fait penser au père Noël, tant sa voix est douce. À part que sa barbe à lui est noire   ! Il remet son masque en s’approchant de ma main. Il regarde mon poignet, je saisis la lueur de panique dans ses yeux. Il me sourit, j’avale ma salive difficilement.
J’ai vraiment déconné là, je crois.
J’arrive au bloc où toute la pièce sent une drôle d’odeur. Le professeur arrive et me dit :
– Alors Flo, tu dois te demander ce qu’il se passe, pas vrai   ?
J’ai les larmes aux yeux et une boule au fond de la gorge qui m’empêche de m’exprimer. Je me contente donc de faire un geste de la tête.
– OK, nous ne pouvons pas t’endormir totalement, car tu n’es pas à jeun. Cependant, nous devons ouvrir tout de suite. Vois-tu quand tu es tombée, une aiguille ou quelque chose d’approchant est entrée dans ton poignet. Quand ta famille a joué les secouristes du dimanche, ils ont poussé celle-ci sur la veine. Seulement, pour une raison inconnue, alors que cela aurait dû prendre plusieurs jours, l’aiguille a forcé le passage et si nous la laissons faire elle va migrer directement dans ton cœur, tu comprends   ?
– Oui, je ne ferai plus jamais de bêtises, lui réponds-je, les yeux emplis de larmes.
Car pour moi, c’est sûr que si je n’avais pas fait l’andouille, je ne me serais pas blessée. La vie m’a en quelque sorte punie.
Tout le personnel médical pousse un hoquet de surprise en m’entendant.
– Ne t’inquiète pas, petite puce, me dit le barbu qui est l’anesthésiste. C’est en faisant des bêtises que l’on apprend, et tu sais, vu comment ta famille s’en veut, tu vas crouler sous les cadeaux. Heureusement que ton père a eu le réflexe de nous appeler, car dans le public, ils ont trop de monde.
Il ne le sait pas, mais sa phrase me met encore plus mal à l’aise, car ma mère n’avait pas besoin que je lui provoque un stress supplémentaire. 
La musique commence et on installe un champ bleu devant moi pour que je ne voie pas ce qu’il se passe. Je ne sens plus rien.
Adieu, la douleur de ces derniers jours, je discute avec l’anesthésiste et avec les gens qui viennent tour à tour me demander si je vais bien.
Je suis amenée dans une chambre un peu nauséeuse, mais saine et sauve.
Ce n’était pas n’importe quoi que j’avais dans la main, mais une aiguille de machine à coudre cassée qui s’était figée dans la moquette que mes parents venaient d’acheter.
De mémoire, je crois que mes parents sont allés voir le magasin qui a reconnu ses torts et qui leur a donné un dédommagement substantiel.
Quant à moi, j’ai cessé ce jour-là de me pendre à n’importe quoi,  😊 . Et je me dis que finalement, cela me donne une indication pour reconnaître ma droite de ma gauche, moi qui n’avais jamais réussi avant. Enfin, je pense que je m’en serais bien passé autrement,  😉 .
Je termine ce chapitre, mais n’ayez crainte des trucs incroyables, il m’en reste tant à vous conter, lol.
 
PS : en lisant ce chapitre, certains pourraient penser que ma mère était une drôle de personne. Je vous jure que compte tenu de la vie qu’elle a vécue et de tout ce qu’elle a pu subir, si une femme m’a montré ce qu’était le courage et la force, c’est bien ma petite maman. Les gens ont tendance à juger sans connaître les tenants et les aboutissants d’une vie.
Dites-vous que si vous plaignez la mienne, alors la sienne fut certainement pire, je n’aurais pas traversé toutes ces épreuves si elle ne m’avait pas donné tant de courage. Il est facile de juger sans savoir, je préfère donc mettre les choses au clair. Si on me demandait si je voulais changer de mère, je répondrais : «   Pour rien au monde, JAMAIS   !   »
 

Chapitre 13
Poisse un jour, poisse toujours…
 
La poisse ne me quitte jamais, mais quand je dis ça, je vous jure que je n’exagère pas.
J’ai eu ma première séance de dédicaces, il y a peu. J’étais stressée, un truc de fou.
Pourtant, j’ai bien tout préparé, je savais ce que je devais dire, comment j’allais m’habiller, etc. Mon stock de livres arrive et mon homme me dit :
– Vérifie qu’il n’y ait pas de souci.
Bon sang   ! Il a bien fait, une semaine avant, je m’aperçois que plus d’une dizaine de livres a été mal imprimée. Défaut de couleur, ou carrément impression au milieu de la couverture.
Là, le stress commence à monter très fort, mais le service client de mon imprimeur me rassure : tout sera livré par UPS. Ce qui fut le cas. Ouf   !
La veille, j’apprends que la météo a changé, il fera assez froid avec du vent. Pas de souci, me direz-vous.
Oui   ! Sauf que je suis bras nus, en jupe et juste devant la porte. Donc branle-bas de combat, je cours les magasins à la recherche de quelque chose de joli, confortable et surtout pas trop cher.
Je trouve mon bonheur. Ouf, il n’est pas trop tard, je suis fatiguée et je dois encore acheter le repas des enfants pour le lendemain. C’est ma grande qui les garde, donc direction le supermarché, puisque j’ai mon rendez-vous chez mon coiffeur. Je discute avec la coiffeuse qui me rassure :
– Vous allez voir, ça va être génial.
Je vois des bonbons sur la caisse et je me rappelle soudainement ce que m’a dit une consœur :
«   Pense surtout aux sucreries, ça attire les gens   »
Zut   ! J’ai oublié, je vous l’ai déjà dit je suis une calamité avec des jambes. Donc nous courons les rayons, à la recherche de stylos, de bonbons et autres petits oublis. Il est 19 h 30, mon homme en a clairement marre de traîner dans les rayons. Il a déjà attendu dans le salon, sa patience s’amenuise. Nous rentrons et mangeons vite fait afin de nous remettre au travail.
Je fais le tour de la maison, emplis le coffre avec mes enfants. On checke tout ce qu’il va me falloir, ma fille de dix ans me dit alors :
– Maman, tu ne prends que quinze cartes de visite   ?
– Non, elles sont dans mon portefeuille, lui dis-je.
– Oui   ? Mais il n’y a que ça, me rétorque-t-elle en me montrant les quelques cartes.
– Attends, je vais voir si elles ne seraient pas dans mon stock, je m’exclame en partant vers mon bureau de plus en plus stressée.
Rien   ! Plus qu’une quinzaine de cartes sur cinquante. Non, mais je vais faire comment   ?
Je panique, je décide de me servir de mon vieux stock et puis au cas où, j’ai les flyers. D’ailleurs, où je les ai mis ceux-là   ?
Dans la panique générale, j’envoie un mail à mon fournisseur, au moins j’en aurai pour mon prochain salon. Et nous cherchons les boîtes remisées au sous-sol.
Je décide avec mes filles de nous faire les ongles, ça va nous détendre. Ma grande me dit :
– Profite pour te faire un masque, ça va te reposer.
Je suis son conseil, mais je les entends râler.
– Il se passe quoi   ? demandé-je, sentant la panique refluer.
– Tes vernis sont secs, me réplique Catalina.
– Hein   ? Mais non, le dernier, je l’ai acheté il n’y a même pas deux mois, je m’exclame en panique totale.
– Bah   ! regarde tes ongles, reprend-elle.
Et là, je vois des énormes pâtés sur l’ongle.
– Mais pourquoi tu l’as étalé, si tu as vu qu’il faisait ça   ? m’écrié-je.
– Ce n’est pas moi, c’est Sérenna, râle-t-elle sur le même ton.
Et là, je vois ma petite de dix ans, les larmes aux yeux et je m’en veux. Je respire un grand coup, je bloque ma respiration et j’expire le plus doucement possible.
– Bon   ! Ne t’inquiète pas, pépette, on va trouver une solution, lui dis-je, pour la rassurer. 
Après tout, elle n’a pas arrêté de m’aider et ce n’est pas sa faute. J’aurais dû vérifier ces fichus flacons avant.
Un bidon de dissolvant, un top coat et du vernis blanc plus tard, les dégâts sont limités. Ce n’est pas génial, mais toujours mieux que de signer ses livres avec des petites crottes rouges sur les doigts, mdr.
Nous nous couchons sur les rotules et complètement stressés.
Je passe la nuit à faire des cauchemars dans lesquels avec ma chance : je me prends les pieds sur un truc au sol et je tombe dans la vitrine. Ou je tombe nez à nez avec un de mes ex, du coup mon homme se bat avec lui et je finis sortie par le libraire qui ne veut plus jamais me voir.
Enfin, vous voyez le genre de rêves débiles, sans queue ni tête, mais qui vous fait flipper. Je me réveille avec le visage d’un zombie.
Je prépare mon café, les yeux encore endormis. Je mets le lait dans le petit pot et lance le tout. Je prends ce qu’il faut et je n’oublie pas mes cachets. Je touille mon sucre en me disant que la crème de mon café est quand même plus compacte que d’habitude.
J’avale vite fait, car j’ai encore ma douche à prendre. Beurk   ! Le goût est bizarre. J’avale la dernière gorgée, mais j’ai des haut-le-cœur. Là, je suis bien réveillée, je cours dans la cuisine et attrape la bouteille de lait. Bazar de bazar, vous vous en doutez, elle a tourné… Pourtant la date d’expiration n’est pas encore atteinte, mais cela ne l’a pas empêché de cailler. Déjà, mon estomac commence à gargouiller, j’ai la nausée.
Je monte prendre ma douche en priant tous les dieux et les saints du monde, pour être malade ce soir par pitié. Je redescends à moitié de l’escalier. Dans le doute, je vais me shooter, tant pis.
Je me lave, sors de la douche et commence à m’essuyer avec une serviette… Neuve… Bleu… Je croise mon visage dans le miroir au sortir de la douche. Je suis un schtroumpf   ! Non, mais lâche-moi, la poisse, je n’ai pas le temps-là   ! Redouche en vitesse rapide, faite.
Maquillage à l’arrache, fait. Eye-liner dans l’œil, fait aussi. Rouge à lèvres anti-transfert, fait. Stop, il y a une marque sur ma main. Il ne devrait pas y en avoir, puisqu’il est sans transfert   ! Je crise, je sens une crise d’asthme pointer le bout de son nez. Mon homme me dit :
– Pourquoi il y a un triangle danger sur ta robe   ?
– Bah   ! Je ne sais pas, pour dire qu’elle est anti-feu.
– Tu es sérieuse, tu n’as pas regardé   ?
– Bah non   ! C’est une robe noire, c’est tout.
– Attention, la couleur de ce vêtement peut passer, me dit-il en lisant la consigne. Il est impératif de le laver avant de la porter.
Je le vois continuer de lire l’étiquette, pendant que mon cerveau hurle que je suis une imbécile, doublée d’une illettrée. Oui, il n’est pas sympa avec moi. Oh   ! Vous n’allez pas vous y mettre, vous aussi. Parce que l’homme là, lui il est mort de rire, en voyant la robe commencer à déteindre sur mes épaules.
Il se tient les côtes, quand il entend mon intestin gargouiller et que je lui explique que le lait avait tourné. Je vous passe le genou qui veut se faire la belle sans que je lui demande mon avis. Les cheveux que je coince dans la porte.
J’arrive à destination et je m’aperçois d’une chose que je n’avais pas envisagée. Il n’y a pas de W.C. à proximité, je vais donc passer de 9 h 30 du matin à plus de 18 heures sans pause pour vider ma vessie. Qui, la traîtresse, se dit que là tout de suite elle éliminerait bien le café.
Cela dit, ce fut une journée intense, que ce soit par mes péripéties ou par le retour de mon lectorat et des gens qui ne me connaissaient pas.
J’étais fière de moi, de mes enfants, et de mon homme qui m’a soutenue (après avoir essuyé les larmes de rire) toute la journée en restant à mes côtés.
À mes quatre loulous, qui, depuis la maison, m’envoyaient des messages de soutien.
À mon aînée et son moche,  😉 , qui m’ont raconté des blagues pour que je ne stresse pas.
Je remercie mes amies auteures : Rime, Alex, Léa et Élodie, ainsi que toutes les autres qui m’ont encouragée par des petits mots, des messages privés, etc. Véronique et Laurent Pantin, mes créateurs de Goodies ainsi que Caroline, ma graphiste, tous m’ont rassurée des jours durant, tellement j’étais dans un état de nerfs à peine croyable.
Enfin toutes ces personnes connues ou non, qui, par une visite, des mots, un geste m’ont fait comprendre que je ne suis plus seule, peu de personnes savent au fond ce que cela représente. Mais pour tout ça et plus encore merci à toutes et tous.
Le prochain chapitre, je vais d’ailleurs vous parler de ma poisse dans ma société et vous verrez que ce n’est pas triste non plus.
Ah oui, et si vous vous demandez si mes intestins ainsi que ma vessie ont tenu le coup, je vous répondrai que oui, même s’ils me l’ont fait payer plus tard  😊 .
 
 
 
 
 
 

Chapitre 14
C’est facile, c’est vite dit.
 
C’est ce que m’a dit une auteure lorsque je lui ai demandé s’il était ardu de s’auto-éditer. Seulement, j’aurais dû me dire qu’avec ma poisse il allait m’arriver des catas incroyables.
Donc je prends un compte dans une néo banque que l’on m’a conseillée. Elle vient d’ouvrir, mais elle a une excellente réputation, elle est spécialisée dans les micro-entreprises donc parfaite pour moi. Sauf que niveau poisse, les pauvres, j’ai dû leur donner des sueurs froides.
Inscription retardée par la non-attribution du numéro de Siret. Pas grave, je rappelle la Chambre du commerce et de l’industrie (CCI) en faisant patienter la banque.
– Mais madame, vous n’êtes pas inscrite   !
– Si, si, j’ai même imprimé l’attestation d’inscription en tant que micro-entrepreneur (bah oui, à force on commence à avoir l’habitude, hein 😏 ).
– Je vous assure que non. Donnez-moi votre mail, je vous envoie un formulaire.
Dubitative, je fais quand même ce qu’elle me demande.
– Si vous désirez que cela soit plus rapide, pour soixante euros je vous le fais aujourd’hui.
Bon, stop   ! Si vous êtes arrivés jusqu'ici, vous commencez à me connaître. Non seulement j’ai la poisse, mais je suis surtout une grosse radine, lol.
Donc je refuse poliment, d’autant que c’est juste pour attendre vingt-quatre heures, je ne suis plus à cinq minutes près. Et franchement, vous conviendrez que le prix est un tantinet exagéré, cela aurait été pour raccourcir de quelques jours, voire semaines encore, mais là je me suis dit : c’est une blague   ?
Eh bien   ! Après renseignement non, l’État français trouve toujours le moyen de vous surprendre en inventant des choses ubuesques. Je vous laisse imaginer comment les personnes travaillant dans ces services se font huer parfois, alors que nous sommes d’accord pour dire qu’ils n’y sont pour rien, ils se contentent de subir les loufoqueries administratives.
Enfin bref, je remets mes papiers, je discute avec la CCI en entier, j’en profite pour les informer sur l’auto-édition (oui, j’aurais dû faire payer la consultation 😂 ). Après avoir discuté une bonne heure avec tous les conseillers présents ce jour au lieu des quelques minutes prévues. Je retrouve mon cher et tendre plus si avenant que cela après avoir cuit dans la voiture pendant une heure (je vous passe la blague du : «   il était cuit à point   » qui ne l’a pas fait rire du tout ^^).
Tous mes papiers étant complets vu que je m’étais déjà inscrite sur le site dédié et ayant bien potassé mon sujet, ce n’est qu’une question de temps. Je commence donc à attendre, et le 6 septembre je reçois un mail : Florina L’Irlandaise est née.
Toutes mes félicitations à moi-même, je suis plus fière qu’Artaban 7 . Limite, si je ne vais pas faire le paon ou me gausser comme un coq devant le soleil  😉 .
Sauf que… un an et demi après, j’en rigole encore.
La Chambre du commerce a perdu mon K-Bis. En désespoir de cause, j’ai dû acheter la version payante (je vous le jure, j’ai même la facture pour le prouver ^^), car sans ce papier vous ne pouvez vous inscrire nulle part en tant que commerce. Donc pas de compte bancaire, pas de possibilité de compte pro, etc. OK, ce n’est que trois euros cinquante, mais je vous rappelle que j’ai des oursins dans les poches, moi.
Donc revenons à la petite néo banque, je note toutes les infos et je lance la création de la carte… Quinze jours plus tard, ne voyant rien venir alors que tout le monde la reçoit en moyenne en trois jours, j’envoie un premier mail. Réponse de la banque, on vous en crée une autre, car elle semble s’être perdue.
Et là, commence le sketch, pas moins de quatre cartes envoyées. Je pense que la poste m’en veut, 😂 .
Le souci, c’est que tout ça prend du temps et donc je dois repayer le K-Bis. Car il n’a une validité que de trois mois afin de pouvoir récupérer la carte aussi attendue que le messie… que j’ai dû recommander, car elle ne fonctionnait pas. Quand je vous dis que j’ai la poisse, je ne plaisante pas et s’il n’y avait eu que cela. Entreprendre en France est un parcours difficile, mais pour moi c’est limite éprouvant pour les nerfs, lol.
Car une fois tous les papiers administratifs faits, il faut maintenant commander une épreuve de mon livre, et là je me dis que ça va être dur. Bah   ! Pas plus que de trouver une image libre de droits, non utilisée par tout le monde et qui décrit mon univers, ce qui ne s’est pas vraiment passé sans heurt. J’avoue que j’ai laissé quelques cheveux dans cette histoire, mdr.
Au moins, vous savez que pour Féerélia j’ai donné de ma personne aussi bien psychiquement que physiquement, si ce n’est pas de l’amour ça,  😉 .
Donc je commande avec ma nouvelle carte qui fonctionne à merveille puis je patiente entre angoisse et euphorie. Le facteur arrive, le pauvre remplaçant a vu une folle débouler comme une fusée hors de la maison pour lui arracher son précieux (oui, j’étais devenue un mélange d’auteure et de Gollum 8   😉 ). De plus, venant de me réveiller, j’étais une version plus que crédible de ce personnage. En y réfléchissant, j’espère ne pas avoir grogné «   mon précieux   » en prenant le colis, mdr.
J’ouvre le carton en me coupant (je vous l’ai dit, j’ai vraiment mis de moi au sens propre du terme comme au figuré. lol). Et là… Déception. ☹
La couverture est moche, de travers, la tranche est décalée. Et l’intérieur n’est pas mieux, le moins que l’on puisse dire c’est que je ne maîtrisais pas du tout la mise en page, mes aïeuls, j’en frissonne encore. La police d’écriture est décalée, les marges ne sont pas régulières, j’ai pleuré toutes les larmes que j’avais en moi, je me suis autoflagellée, je me suis même un peu insultée.
Après une journée en PLS (position latérale de sécurité), je me suis redressée d’un coup et j’ai lu tout ce que j’ai pu trouver sur le sujet. Les vectorielles pour la couverture, des traités sur la mise en page. J’ai fouillé Facebook et les réseaux sociaux en long en large et en travers à la recherche de groupes d’entraide et d’articles pour les auteurs.
Une fois sûre de moi, j’ai tout recommencé, j’ai reçu une version améliorée et j’ai pleuré (oui, encore, je suis très émotive comme fille, 😋 ), mais cette fois-ci de fierté.
Tout cela a duré des jours, voire des semaines, après quelques chroniques où l’on pointait les fautes malgré une bonne histoire, j’ai acheté Antidote, un logiciel de correction. Oh mon Dieu   ! L’horreur, je n’ai pas eu un parcours scolaire classique étant d’une santé fragile, mais visiblement mon orthographe était partie à des années-lumière de notre galaxie, mdr. Je me suis dit que je devais me faire aider si je voulais passer professionnelle et vendre quelque chose de bien donc je me suis mise à la recherche d’une correctrice honnête.
J’ai engagé la talentueuse Caroline de Graphism Lor, je sais, mon jeu de mots est bidon, mais elle a de l’or entre les mains, il suffit de voir les merveilles de couvertures qu’elle offre à nos yeux ébahis.
Alors, certains m’en ont tenu rigueur, car il restait de nombreuses coquilles (voire l’œuf en entier mdr). Seulement, pour moi, publier ainsi que de voir que mes livres se vendent et en plus sont attendus par un grand nombre de lecteurs, c’est juste magique.
Que de chemin parcouru depuis l’enfant malade et timide, celle qui s’était imaginé tout un monde qui aurait pu la défendre et la protéger   !
Et dire qu’au moment où je retranscris ces notes, j’ai déjà vécu une séance de dédicaces qui a laissé mon cœur enveloppé d’amour. Suivie quelques semaines après, d’un salon qui m’a convaincue que c’était cela que je voulais faire de ma vie. Vous offrir du rêve, de l’amour, du bonheur.
Non, cette fois-ci je ne ressemble pas à Gollum, mais plutôt à un petit Ewok 9 , voire à un petit Mogwai 10 (je vais éviter de manger après minuit ^^).
Alors je vous passe les chroniques auxquelles j’ai fait des bonds. Comme la fois où l’on a comparé Féerélia à de la guimauve pour ménagère en mal d’amour, celle que j’attends depuis un an (les filles sont tellement entrées dans le livre qu’elles n’en sont visiblement pas ressorties  😉 ).
Les fois où j’ai fait des concours pour retrouver mes lots en vente, voire directement remis sur les sites de partages illégaux. Les problèmes de PC (j’en ai usé un par tome, j’aimerais que celui-ci dure un peu stp madame la poisse. Oui, je suis à genoux en train de prier, 😁 ).
Imaginez-vous avoir écrit six chapitres, en être fière et vouloir répondre au téléphone, revenir et voir le PC éteint. Pas grave, je le rallume, mais il n’y a plus rien, tout mon texte envolé, disparu. J’ai oscillé entre la folie et le fait de me frapper (je vous ai déjà dit que je n’étais pas tout à fait saine d’esprit hein lol). Depuis, chaque texte est enregistré toutes les minutes sur mon cloud, sur mon PC et je les envoie après à ma bêta, à ma fille, à moi-même et à une adresse de secours. Moi, parano   ? Mais non, juste un peu 😏 .
Le pire, ma première grosse commande qui me fait stresser, je vois le facteur qui fait demi-tour dans ma cour, me fait un signe de salut et repart. Déçue, je vais chercher mon courrier et là je crois halluciner. Il a forcé pour entrer mon colis dans la boîte, je ne vous raconte pas l’état des livres, une horreur   !
Je suis tellement remontée que le lendemain je l’attends de pied ferme, et j’ai prévenu le service du courrier, plus de la moitié des livres sont hors d’usage. C’est la première fois que mon homme m’a vue courir, il était partagé entre l’envie de rire et le fait de plaindre le petit jeune qui allait recevoir la soufflante de sa vie. J’arrive devant ma boîte, je le vois de chez les voisins qui me regardent, curieux, puis son sourire se fane en allant de ma boîte aux lettres à mon visage furieux. Il n’est pas particulièrement pressé de venir vers moi, ça se sent, il ne me regarde même plus. Il arrive devant moi et se redresse un peu, je pense qu’il a dû se dire :
«   Oh, elle ne va rien me faire de grave   ».
– C’est vous, qui avez mis le colis dans la boîte aux lettres hier   ? (question rhétorique, puisque je l’ai reconnu)
— Oui, il y a un problème   ? dit-il en redressant la tête.
Mais il se fout de moi en plus   ?
– Non, mais vous êtes stupide ou vous le faites exprès   ? Vous avez détruit ce qu’il y avait dans le colis.
Et là, il lève les épaules en disant :
– Ce n’était pas fragile, ça n’a pas fait gling gling, ajoute-t-il en rigolant.
Bon là, j’ai un peu perdu les pédales. Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas le frapper, tellement j’étais hors de moi. Je l’ai tant pourri qu’à la fin il en avait les larmes aux yeux, et je crois que c’est ce qui m’a calmée un peu. Je lui ai dit que je ne porterais pas plainte, mais que si j’avais le moindre colis abîmé, je n’hésiterais pas une seule seconde.
J’ai donné les exemplaires à ma famille, et je vous assure je n’ai pas eu de nouveaux soucis avec lui, il était même aux petits soins, ce qui me fait dire que j’ai vraiment dû être un peu effrayante lol. Pourtant, ses collègues doivent avoir une dent contre moi, mais cela, je vous le réserve pour un autre chapitre.
Enfin, vous l’aurez compris, j’ai bien galéré dans mes premiers pas d’entrepreneur, et encore je vous ai épargné bien des péripéties, car la poisse ne m’a rien économisé, elle.
 

Chapitre 15
Il fallait oser…
 
Vous connaissez des artisans   ? Moi, ils m’adorent…
Dans une maison que j’ai louée, l’électricité n’était pas aux normes. Mais ce n’était pas le seul souci qui allait m’attendre avec ma guigne.
Le jour de notre emménagement, les voisins nous interpellent, il y a une fuite dans leur garage.
Vous voyez les chutes du Niagara   ? Bah   ! Pareil, mais dans leur dépendance, comme la chance et moi, cela fait deux, nous étions un vendredi soir après dix-huit heures. Changement de joint… 70 €, ça fait cher le petit bout de plastique, mdr. Seulement, impossible de faire autrement que d’appeler un plombier puisque le tuyau est dans le mur, il a donc fallu casser pour le changer. Et première confrontation avec nos voisins. Attends, tu ne m’aimes pas, dis-toi que ce n’est que le début. Bon   ! Rassurez-vous, je vous passe les voisins tous plus bizarres les uns que les autres, mais j’en ai eu des sympas aussi.
Un jour, Catalina, ma fille, débarrasse la table en traînant les pieds et nous lance :
– Le sapin est par terre   !
Nous avons deux énormes conifères dans le jardin, mais il n’y a pas un souffle de vent, je lui réponds :
– Arrête un peu tes bêtises, il n’y a pas de vent et il n’y a pas eu un bruit.
– Mais, m’man, je te jure, viens voir si tu ne me crois pas   ! râle-t-elle en tapant du pied.
Je me lève en souriant, elle est vraiment prête à tout pour ne pas nous aider, mais si cela lui fait plaisir que je marche dans sa blague de mauvais goût.
Stupéfaction   ! Les deux sapins sont couchés dans le jardin de la voisine.
– Chéri, bon sang   ! Elle a raison.
Mon homme arrive en courant et on descend évaluer les dégâts. Les arbres étaient pourris de l’intérieur, ils ont tout bonnement cédé sous leurs poids. Détruisant au passage la clôture de la voisine.
Le pire c’est qu’il a fallu acheter ce qu’il fallait pour déplacer le bois et puis refaire la clôture.
Comme d’habitude dans ma malchance, j’ai eu de la vaine, car les voisins étaient absents donc il n’y a pas eu de blessé. Puisque vu comment ils sont tombés, cela aurait pu être pire.
Pendant que nous habitions cette maison, nous avons fait le bonheur des marchands d’électroménagers et des réparateurs en tout genre. En six ans, trois lave-vaisselles, quatre sèche-linges, trois congélateurs, deux frigos, quatre machines à laver, deux fours et deux micro-ondes, quatre grille-pains, trois robots, j’en passe et j’en oublie.
À chaque fois, machine économiquement irréparable, car pièces électriques grillées. Et je vous passe le nombre de fois où ceux-ci étaient réparés puisque je n’avais pas un portefeuille qui se garnissait par magie.
Mais le pire, c’étaient les vols, car le moins que l’on puisse dire c’est que les cambrioleurs étaient culottés.
Un jour, ma golden, ayant eu des petits (qui n’étaient pas du tout prévus et je peux vous dire que le mâle que nous venions d’adopter, nous l’avons stérilisé bien vite. Mais cela aussi je vous le raconterai plus tard), se trouvait dehors avec ses neuf bébés pendant que je nettoyais la maison.
Je l’entends aboyer, puis grogner. Ce n’est pas son habitude, elle est plutôt calme, donc je tends l’oreille. Là, un chiot se met à hurler, je descends l’escalier en courant pour voir ce qu’il vient de se passer et rassurer mon petit bout de chou. Il est par terre, la truffe en sang, ma chienne ne vient pas. J’ai entendu le portail en fer, alors je pense tout de suite au pire et le petit loup dans les bras, je prends la direction de l’entrée, inquiète pour ma nounours. Elle est devant la grille, un morceau de poche en jean dans la gueule, il y a du sang au sol. Je comprends aussitôt que nous avons eu une tentative d’effraction. Quelqu’un a voulu en dérober un, je félicite ma mémère d’avoir si bien défendu son territoire et protégé ses petits.
Je monte prévenir mon mari, le véto ainsi que la gendarmerie. Ceux-ci me rappellent rapidement, ils ont retrouvé mon voleur. Celui-ci était à l’hôpital et il envisageait de porter plainte pour agression. Heureusement, les forces de l’ordre ont réussi à lui faire comprendre que nous avions des preuves et qu’il avait plus à y perdre qu’à y gagner. Un portail fermé et des herses sur les barrières, ça laisse des marques…
Vous hallucinez   ? Bah   ! Vous n’avez pas encore tout vu ou plutôt tout lu, car ce n’est pas fini.
Un jour, nous avons rentré une grande quantité de viande, je dis à mon homme que je trouve que celle-ci part très vite, trop vite même. Cinquante kilos en un mois, c’est énorme… Mais il n’y a pas que la viande qui disparaît, les gâteaux, le riz, les pâtes.
J’en parle avec mon frère et sa femme, on se demande comment on peut faire, car les gâteaux et les bonbons dans le placard de la véranda, cela peut être les enfants, mais la viande… Ils ne vont pas la manger congelée en esquimau quand même, idem pour les féculents, lol.
Nous nous couchons la tête pleine de questions. Ma belle-sœur se lève en pleine nuit pour soulager sa vessie. Elle entend du bruit dans la véranda et elle y voit une ombre, elle sourit en pensant avoir trouvé l’explication, l’un des grands se sert dans les placards. Le lendemain, elle leur dit en riant qu’elle les a entendus se servir, ils sont étonnés et la regardent fixement en lui répondant qu’ils n’ont pas bougé.
Après vérification, la porte est toujours fermée à clef et celle-ci se trouve toujours dans notre chambre. Nous nous isolons et nous commençons à avoir peur, car nous réalisons que quelqu’un entre chez nous en toute impunité.
Alors vous me direz pourquoi ne pas fermer à clef ?
Tout simplement, parce que chez nous c’est rare, et que nous nous pensions, visiblement à tort, en sécurité. Notre petit village est tranquille, je ne suis pas dans la banlieue d’une grande ville. Je pense que la plus grande criminalité reste les fraudeurs de carte d’identité et les vols d’alcool, c’est dire. Quoi qu’à la réflexion, les conduites en état d’alcoolémie doivent être aussi nombreuses, mdr.
J’appelle la gendarmerie, je finis par connaître le numéro de la caserne par cœur à présent. On nous enjoint à tout fermer à clef. Le soir même, fracas épouvantable, les chiens qui hurlent, on prévient la permanence qui me dit qu’elle envoie une patrouille. Pendant ce temps-là, mon homme veut en avoir le cœur net et va voir ce qu’il se passe pendant que je crève de peur dans notre chambre qu’il lui arrive quelque chose. Et il constate que des personnes sortent de notre jardin en courant.
Une heure après, nous voyons une voiture de gendarmerie devant notre grille, nos coupables ont été arrêtés un peu plus loin. Ce sont des jeunes SDF qui se sont dit, je cite : «   Ils sont sympas, c’est en libre-service   ». Le brigadier lui a demandé pourquoi, dans ce cas, ils ne venaient que la nuit, silence penaud et coupable en guise de réponse. Nous n’avons pas porté plainte, je sais malheureusement ce que c’est d’avoir faim, je leur ai même donné le nom de deux associations qui pourraient les prendre en charge.
Je sais ce que vous allez dire, le brigadier nous l’a dit aussi, nous sommes trop gentils, mais c’est notre caractère. Et puis, quand tu as connu la faim et la galère, tu la reconnais dans le regard des autres. Alors, non, je n’ai rien dit et j’espère sincèrement qu’ils s’en sont sortis. Pourtant, après cet épisode, nous avons pris un chien de garde et fermé toutes les portes à clef. Gentils, OK, mais pas totalement stupides pour autant, ^^.
 

Chapitre 16
Et la chute fut… brutale et colorée
 
Qui n’a pas marché sur un lego ou fait un vol plané sur un jouet   ?
Allez, ne faites pas les malins, c’est arrivé à tous les parents et à moi, la première. Je me demande souvent si en fait les jouets ne se cachent pas afin de me faire le plus mal possible.
Comme la fois où tout le monde m’attend dans la voiture, prêt à partir à l’école. Je vois que la fenêtre est restée ouverte, je passe en courant pour la fermer. Je ne vois pas le jeu transparent sur le sol, je glisse dessus, je dérape et comme dans un dessin animé, je décolle littéralement du sol pour me fracasser d’un côté sur le genou et de l’autre sur la hanche. Ne me demandez pas comment j’ai fait, je n’en sais rien moi-même, j’ai atterri dans une position totalement improbable, et ô combien douloureuse. Et humiliante, lol. Toujours est-il que c’est dans cette position que mon homme m’a retrouvée.
Je ne vous explique pas les bleus. Bizarrement, les enfants furent très sages et en rentrant de l’école, chacun a ramené ses jouets dans sa chambre dans un silence presque religieux.
Bon   ! J’avoue être quelquefois un peu coupable comme la fois où je me suis retrouvée à courir pour jouer avec mes enfants. On joue à chat. Quoi   ? Vous devriez essayer, c’est mieux que n’importe quelle séance de gym et vos enfants seront les meilleurs coachs de votre vie (et gratuit en plus. Oui, je vous l’ai dit, je suis une pingre, mdr).
Bon   ! Oui, j’ai conscience que je suis une adulte, quoique… parfois, on peut se poser la question. Je joue à la marelle, aux loups, j’en passe et des meilleurs. Je suis souvent plus indisciplinée que mes enfants, je pourrais même dire que je suis pire.
Donc, revenons à nos moutons, nous sommes sur une dune, je leur explique comment faire une roulade jusqu’en bas. Nous rions et mon mari me pousse pour rire, ma fille fait de même. Je leur cours après en riant, je dérape et je décolle (oui, je suis plus légère que j’en ai l’air, je suis gonflée à l’hélium, 😆 ) et je retombe sur la fesse avec un grand bruit mat. Ma famille rigole tellement qu’ils n’arrivent pas à m’aider à me relever.
Je ne vais pas leur en tenir rigueur, je me bidonne autant qu’eux, voire plus si c’est possible. J’ai mal, mais je suis pliée de rire.
Comme lorsque enfant je me suis cassé une partie charnue de mon anatomie. Je pense que j’en veux à mon fessier ou alors mon point de gravité s’est déplacé,  😉 .
Donc, imaginez une cour d’école légèrement en pente. Une petite fille aux cheveux courts qui se bat avec les W.C. afin que la porte reste fermée. Nous sommes en janvier, il a neigé. Je ne voulais pas venir, j’ai horreur de la neige, c’est froid et ça se transforme en boue. La sonnerie retentit, je suis transie de froid et j’ai hâte de rentrer au chaud, alors je cours pour me rendre plus vite sur la file de ma classe.
Je ne vois pas les enfants qui me font de grands signes ni le regard affolé du maître d’école. Je prends mon cartable dans une main et j’essaie d’attraper quelque chose, n’importe quoi lorsque je sens mon pied glisser sur une plaque de verglas. Je bats des bras espérant retrouver ma stabilité, en vain. Je patine dans la semoule comme on dit et je finis sur les fesses. Encore…
Je suis la spécialiste des chutes en tout genre.
Je monte dans la voiture, enfin c’était mon intention au début, sauf que je glisse du siège et je finis une jambe à l’intérieur et le reste du corps par terre. Mes enfants sont morts de rire et mon homme me dit, entre deux rires :
– Ton téléphone n’a rien   ?
Alors non, il n’est pas insensible, mais je tombe deux à trois fois par jour, ce qui fait que je consomme énormément d’écrans de téléphone 😄 . En douze ans, j’en ai changé au moins dix fois et je reste souvent avec des écrans brisés, car je sais que je vais les casser si je les change. (Édit : au moment où j’écris ces lignes et sans vouloir faire de publicité, j’ai un Xiaomi et je suis étonnée. Bientôt six mois et même pas une fêlure. Pourtant, il en prend des gamelles, autant que moi, lol).
J’ai tellement de bleus sur les fesses que l’on pourrait croire que j’ai de drôles de pratiques, mais je suis juste maladroite. Si je bois un verre d’eau, j’ai une chance de ne pas savoir viser ma bouche et de m’envoyer l’eau au visage. Ne m’arrosez pas, je le fais toute seule comme une grande, 😁 .
Un autre jour, je désinfectais un frigo que l’on venait de nous donner. Je prends de la Javel, je me demande pendant quelques secondes si je fais bien, comme je suis enceinte. Ma salopette en jean est tendue à l’extrême, mais je ne veux pas laisser cela traîner dans ma cuisine. Le frigo sent mauvais et je ne veux pas savoir ce qui est en train de décongeler de la case congélateur, 🙄 . J’ouvre le bouchon, j’ai un réflexe de recul en sentant l’odeur chlorée qui s’échappe de la bouteille, sauf que je bute sur la porte de frigo.
Le liquide s’échappe en s’élevant dans les airs et plaf   ! Salopette foutue, une grosse gerbe d’eau de Javel blanchit déjà le tissu et mon homme éclate de rire en voyant ma mine dépitée.
Bah oui, je viens de l’acheter et quand il m’a dit que ce n’était pas une bonne idée de mettre un truc neuf pour travailler, je lui ai répondu que vu mon état, je ne ferais pas grand-chose.
Je me trompais, j’ai lavé un frigo et personnalisé un vêtement tout neuf,  😉 .
 

Chapitre 17
Vacances bis
 
Ah   ! Ce moment béni où on sait que l’on va se reposer, s’amuser et voir sa famille, peut-être même voyager.
Enfin, c’est ce que vous vous dites parce que moi je me demande ce qui va me tomber dessus, qu’est-ce que ma malchance va inventer ou quelles pirouettes extraordinaires je vais effectuer.
Je me rappelle et pour une fois, ce n’est pas à moi que c’est arrivé (ah oui, car je ne vous ai pas dit, la poisse c’est une affaire de famille chez nous. Bah quoi   ? Il n’y a pas de raison qu’il n’y en ait qu’un qui trinque, non, mais   ! lol).
Donc nous revenons à La Ciotat, voyage ou plutôt pèlerinage familial avec cette région, ne me demandez pas pourquoi, mais ma famille adore le Sud et plus particulièrement la Provence. Bon   ! Je concède que les paysages sont jolis et que la gastronomie y est bonne. Soleil, chaleur et mer, il n’y a que la dernière qui m’intéresse et encore, celle de la Manche exclusivement. Oui, en plus d’être râleuse, maladroite, radine je suis chauvine ^^.
Nous partons à cinq heures du matin, on vérifie que mon frère est dans la voiture (ça les a marqués pendant un moment cette histoire 🤣 ) et vogue la galère. Et le mot est faible avec des enfants qui râlent dans la voiture parce qu’il fait chaud, qu’ils s’ennuient ou tout simplement la phrase géniale des enfants :
– C’est quand qu’on arrive   ?
Je comprends mieux les envies de meurtres que je voyais dans le regard de mes parents, puisque moi aussi je subis cette phrase à longueur de vacances.
– S’il te plaît, attends au moins que l’on parte pour demander quand nous arriverons.
C’est une phrase que je leur dis systématiquement à présent, mais revenons à nos moutons.
Après plusieurs heures de voyage, il faut installer la tente, les caravanes. De là, on s’aperçoit que l’on a oublié les piquets, donc on doit courir dans un magasin avec mon père qui râle que s’il ne pense pas à tout, le monde s’écroule. Et avec ma mère qui lui tire la langue dès qu’il a le dos tourné. Vous voyez le genre de vacances   ?
Donc un jour, mon père en a marre et décide d’aller pêcher en solitaire, il s’éloigne pendant des heures. Et d’un coup, un grand bruit trouble le silence de la petite crique où quelques familles comme la mienne s’entassent. Les gens commencent à bouger tout en riant aux éclats. Du coup, ma mère, curieuse, ainsi que ma tante, se déplace pour voir ce qui peut créer tant d’agitation.
Eh bien, c’était mon père, un pêcheur l’a confondu avec un poisson et il a frôlé son harpon de près, mais ce n’est pas cela qui fait rire les gens à ce point. Il a oublié de mettre de la crème solaire et avec sa peau de blond tirant sur le roux, ça ne pardonne pas.
Mon frère, qui n’en manque pas une, se met à rire en disant ou plutôt en criant à la ronde :
– Papa a des œufs au plat sur le dos, à table.
Je vous laisse imaginer le retour, joyeux, des vacances, puisque mon père avait des soins à faire et que dormir sous la tente avec son dos ne devenait plus supportable.
J’ai toujours eu une aversion et une attirance mêlée pour les tentes. La deuxième, car elles sont synonymes de vacances et de liberté, la première parce que je sais que cela va mal se terminer. Et ça ne manque jamais avec moi.
Comme la fois où nous devions partir en Corse, ma mère me dit :
«   pour t’entraîner, tu devrais essayer de la monter.   »
Effectivement, il vaut mieux le faire maintenant, un peu d'apprentissage ne te fera pas de mal. Et heureusement, car il manquait des piquets (oui, je sais, c’est rengaine chez nous  😉 ), donc nous commençons à fermer la toile avec mon frère.
Sauf que le mistral s’en mêle, imaginez votre mère avec son caméscope. (autant avoir un film qui prouve que votre fille a une poisse incroyable et qu’en plus elle n’est pas vraiment douée de ses dix doigts, lol) Pendant que son autoradio diffuse, Donnez-lui mille colombes . Alors que je peste et tourne en rond avec cette toile de tente qui s’envole, part dans mon visage, s’entortille sur moi. Le truc, c’est que si je ne suis pas patiente c’était encore pire à quinze ans, je râlais après mon frère, ma mère qui riait tellement fort que j’ai cru qu’elle allait faire une crise cardiaque.
Pendant toute la vidéo, on entend des musiques rétro de Mireille Mathieu ou Nana Mouskouri parlant de vent (oui, ma mère a un drôle de sens de l’humour). Et moi, qui me débat avec la toile, tout en râlant et en donnant des coups de pied dans des mottes de terre, avec en fond sonore ma mère, mon beau-père et mes frères et sœur en train de rire comme des baleines.
À un moment, je les ai regardés avec un regard digne des pires possédées, et au lieu de leur faire peur, ils riaient plus fort.
J’ai tout balancé dans le coffre et j’ai fait ce pour quoi j’excellais à l’époque, du boudin mdr.
Je pourrais vous parler de la fois où une tempête a fait rage en Vendée, dévastant le camping dans lequel nous devions descendre. Ma petite sœur qui s’envole carrément et se retient à la porte de la BX des grands-parents. Cette même sœur a fini aux urgences après être tombée du lit (pour une fois, je n’y étais pour rien. Elle s’est réveillée dans le lit de ma tante, a pris peur et a voulu descendre et bang le coin du lit).
Mais il n’y a pas qu’enfant où les tentes m’ont posé problème. Je me rappelle, il y a une dizaine d’années, j’ai voulu partir en vacances chez mes beaux-parents et ne voulant pas les embêter, nous avons acheté une grande tente pour l’occasion.
Sur la notice, il était notifié que deux hommes la montaient en une heure, nous étions quatre et nous avons mis facile autant d’heures. Énervés, fatigués et affamés, nous rangeâmes les bagages et allâmes manger. Chaque enfant avait sa chambre, mais bien entendu la dernière a fait un cauchemar et voulait dormir avec nous. Peu importe, si le matelas est trop petit, si papa a la tête collée sur la toile ou même si elle est carrément vautrée sur nous.
Pshhhhhhhh.
– Flo, c’est quoi ça   ? me questionne mon compagnon.
– Non, non, ne me dis pas que c’est le matelas, le supplié-je.
– Moi, je veux bien ne pas te le dire, mais à un moment tu vas vite t’en apercevoir. Il doit y avoir des rustines. Attends, je vais voir, me répond-il entre amusement et irritation.
Le matelas est totalement dégonflé, la petite est à même le sol, on la transvase dans son lit.
Nous voici à quatre heures du matin avec la lampe à la main, cherchant dans le coffre une rustine. On la colle, on regonfle le matelas et il commence à faire jour. On se couche, mieux vaut dormir un peu. À six heures, le coq se met à gueuler comme un malade… presque devant la tente.
Deux jours après, la météo prévoit de la pluie. Pas de souci, la tente est étanche. Je dérape dans la boue, je peste, je me relève et me change dans la pièce commune.
– Chéri   ? demandé-je à mon homme.
– Oui   ? répond-il le nez collé sur son portable.
– C’est normal qu’il y ait de l’eau dans ce côté   ?
Il se gratte la tête et souffle.
– Bordel, on s’est fait avoir, ce côté n’est pas du tout étanche. Bon   ! On verra ça demain.
Quelques heures plus tard, on entend une voix geignarde s’exclamer :
– Maman, Laura a fait pipi au lit.
C’est ma dernière qui râle. Je remue. Euh, soit il y en a un de nous deux qui a des fuites ou alors la toile prend l’eau.
Nous nous réveillons d’un coup, et nous sommes dans dix centimètres d’eau. Vent de panique, on file dans la maison, je glisse (encore, j’avais probablement besoin d’un bain de boue). J’ai froid, je suis trempée. Je prends la valise pour nous changer et là : l’horreur. Les vêtements sont trempés, tous sans aucune exception, nous sommes obligés de rester avec nos habits pendant que Nicolas va acheter ce qu’il faut dans le village d’à côté.
Il pleut à verse et la tente est une piscine, je suis furieuse, fatiguée et couverte de boue qui a commencé à sécher. Nous avons fini par partir plus vite, mais je m’en rappellerai sans parler des araignées qui se faufilaient dans la chambre et Laura qui hurlait, car son frère lui disait : quand tu vas t’endormir, elles vont te bouffer.
Je crois que j’ai tellement d’anecdotes sur les vacances que je pourrais en faire un tome entier. Comme la fois où l’hôtel a oublié de prendre la réservation et que nous avons dû dormir avec mon ex dans le coffre de la voiture.
La fois où mes chaussures sont passées par-dessus bord sur le car-ferry et où je suis sortie avec les chaussures de ma grand-mère et elle pieds nus.
Après, on se demande pourquoi je n’aime pas les voyages et les vacances mdr.

Chapitre 18
Bouger avec la poste
 
La remplaçante qui essaie de rentrer un sac de croquettes de quinze kilos dans la boîte aux lettres. On la regarde de la maison sans y croire, elle n’essaie pas quand même   ? Mais si, elle le met dans un sens et dans l’autre, pour le remettre dans le coffre et venir se plaindre à mon mari :
– Ça ne rentre pas dans votre boîte aux lettres, s’excuse-t-elle à moitié en geignant.
Mon homme me regarde et soupire. Non, chéri, ça ne sert à rien de discuter.
Une autre fois, un remplaçant à qui je demande pourquoi il n’a pas mis le courrier m’objecte :
– Mais y a trop de monde dans votre village   !
😳 . C’est exactement la tête que j’ai faite en le regardant, lol.
Je me plains à ma factrice quand elle rentre, elle m’explique que si nous n’avions pas eu de colis pendant quelques jours, c’était parce que sa remplaçante n’avait pas branché la voiture. Je lui réponds qu’elle aurait dû le faire, et elle en soupirant me répond :
– Il lui a fallu trois jours pour comprendre que si elle ne branchait pas du mur à la voiture, ça ne pourrait jamais fonctionner.
Ou la fois où la remplaçante note sur le recommandé :
«   Je ne vois pas les maisons   ». Euh   ! Faudrait prendre rendez-vous avec un médecin d’urgence d’autant qu’elle a fait demi-tour dans la cour.
Le côté banque n’est pas beaucoup mieux. On appelle le service financier, car ils ont perdu le chèque de salaire de mon homme. Et pour leur demander de nous trouver un conseiller puisque nous n’en avons pas. Et là, la personne me dit :
– Il faut prendre rendez-vous avec votre conseiller qui va chercher le chèque.
Zen Flo, zen.
– Je ne peux pas le faire, lui dis-je en soufflant afin de ne pas perdre mon calme.
— Et pourquoi   ? s’exclame-t-elle.
– Tout simplement parce que nous n’avons plus de conseiller depuis plus de six mois.
– Ah   ! elle semble dépitée d’un coup, mais reprend : c’est un problème effectivement. Bon   ! J’essaie de vous trouver quelqu’un et de récupérer votre argent.
Elle nous a appelés pour nous dire que le chèque avait été retrouvé… derrière un meuble.
Je vous laisse les coups de cutter sur les colis. Dommage   ! C’était des sacs-poubelle, forcément, ça va marcher beaucoup moins bien, mdr.
Une fois, je reçois un colis avec des saladiers, mais avec plein de linge donc normalement sécurisé. J’ouvre le colis et là, un massacre, aucun des huit plats en verre n’y a réchappé. Et les vêtements, c’est un carnage, certains habits sont même coupés, je ne sais pas ce qu’ils ont fait avec et je crois que je ne veux pas le savoir. Comme un t-shirt de ma fille, je crois qu’ils ont dû le balancer dans un zoo dans la cage des tigres mdr.
Je passe souvent remettre le courrier à mes voisins, et je prie pour ne pas avoir de colis ou de courrier urgent parce que je peux être sûre à cent pour cent que je ne l’aurai pas.
Je crois que les facteurs m’en veulent personnellement.
Et idem, au niveau de la banque, l’une des conseillères m’a même dit :
– Franchement, je ne le verrais pas, je ne le croirais pas. C’est juste fou tout ce qui vous arrive.
Alors je n’en veux pas à cet organisme, parce que je sais que Mme La Guigne y est pour beaucoup. La preuve hier mon mari a appelé leurs services et cela s’est bien passé,  😉 (si vous vous demandez s’il a à présent un conseiller… Toujours pas lol).
 

Chapitre 19
Les médecins, le retour
 
Je ne sais même pas par où commencer. Mon médecin traitant me dit à présent lorsqu’elle me voit :
– Hum   ! Normalement, il n’y a pas de souci, mais avec vous, on va quand même se méfier. Et ça matche à tous les coups.
Alors opération mammaire, je m’explique vite fait. À dix-huit ans, j’avais un souci de glandes et du coup, j’ai dû me faire opérer afin de tout remettre en place pour que je ne souffre pas du dos (en gros, car c’est assez technique).
Donc tout se passe bien, opération faite par un grand professeur de renom (merci maman et papa ^^), impeccable rien à dire. À la sortie du bloc, je râle, car j’ai faim et j’entends les infirmières passer commande pour leurs déjeuners. Donc, après avoir demandé au médecin, on me donne à manger.
Quelques heures après, le professeur passe et là c’est le drame.
Je ne réagis pas, je saigne du nez, des oreilles, j’ai quarante de fièvre. Je fais un choc post-opératoire, qui est bien régulé par l’équipe médicale. On nous explique que je dois rester sur place, que c’est plus prudent, mais j’ai peur que ma mère m’oublie.
Je sais, c’est stupide, mais je suis à Paris, je ne connais personne, je ne veux pas rester et puis ça va mieux. Donc on reste deux jours de plus et on rentre chez nous. On part, on récupère les robes pour le mariage de mes parents, je dis à ma mère que je suis fatiguée, donc que je ferai mon pansement le lendemain matin. Sauf que le matin, on part en retard, bon il y a quatre heures et demie de route, on fera ça en rentrant.
Cependant, on tombe en panne, le retour dure plus du double du temps normal. Nous rentrons épuisés, et bien entendu je fais encore l’impasse sur les soins donc pendant deux jours, je sais ce que vous vous dites et j’en suis consciente, je n’ai pas été raisonnable sur le coup.
Le lendemain, je vais à la douche, ma poitrine ne me fait pas mal, pour être exacte, je ne ressens rien du tout et j’avoue que ça m’inquiète un peu. J’essaie de voir ce que je fais, mais impossible, j’appelle donc maman. Elle s’assoit et me dit en reniflant :
– Tu ne trouves pas que ça sent bizarre   ?
– Ce sont peut-être les égouts, lui dis-je en sentant moi aussi une odeur âcre.
Elle enlève un pansement. Au fur et à mesure, elle blanchit et finit par appeler mon père, mais je n’ai que le temps de la rattraper quand mes sœurs arrivent en courant. Je me tourne pour leur dire que notre mère a fait un malaise (je rappelle que je n’ai plus de haut et le pansement est enlevé de moitié). Elles hurlent, elles retiennent à grand-peine une violente nausée. Je commence à m’inquiéter, qu’est-ce qui se passe   ?
Mon père arrive, je me cache avec ma chemise.
– Anita, qu’est-ce que tu as   ? Chérie, s’exclame-t-il .
– Elle était en train de faire mon soin et elle est tombée dans les pommes, lui soufflé-je un peu stressée.
Elle revient à elle, attrape les mains de mon beau-père et lui crie totalement paniquée :
– Appelle le médecin, vite. Les filles, préparez le lit en bas.
Je ne comprends pas alors je me tourne vers le miroir, je finis d’enlever le pansement et ce que je vois me fait m’évanouir à mon tour.
J’ai fait une septicémie, j’étais intransportable. En fait, comme je n’ai pas effectué les soins, l’infection a gagné du terrain ce qui devait prendre juste quelques jours à durer plusieurs mois de souffrance. Je n’en veux pas aux médecins, car ils ne pouvaient pas savoir, moi non plus d’ailleurs, car c’est après cet épisode que l’on a fait des examens poussés qui ont révélé que je ne fabrique pas ou peu d’anticorps. Du coup, chaque opération doit être programmée afin que l’on me donne des antibiotiques.
Ma famille a eu peur, je peux même dire que j’ai traumatisé le médecin et les infirmières qui se relayaient à mon chevet. Je ne vous dis pas l’horreur, le professeur voulait me réopérer gratuitement, mais j’ai eu si peur que j’ai abandonné l’idée.
J’ai le chic pour faire des choses incroyables, comme lorsque pour un examen, on m’injecte un produit de contraste. J’appelle et dis au personnel soignant que je ne me sens pas très bien.
— Vous n’êtes pas allergique à l’iode   ? me demande une infirmière.
– Si, pourquoi   ? je lui réponds, en me sentant vraiment étrange.
— Oh bordel   ! s’exclame-t-elle en courant chercher un médecin.
J’ai fini en observation aux urgences pour un simple scanner tout ce qu’il y a de plus banal.
D’ailleurs, on a cru pendant un long moment que j’avais un syndrome plutôt grave, donc batterie d’examens. Une scintigraphie, on ne m’explique pas le déroulement, je prends rendez-vous et ça tombe le jour des un an de mon dernier. Je me dis pas grave, on passera la journée avec sa sœur à Caen, tout le monde sera content. Oui, sauf que ce produit est dangereux pour les enfants (on aurait pu me l’expliquer avant que je me promène dans un centre commercial bondé).
Bah   ! Je vous jure que je m’en souviens des un an de mon fils, car il n’a pas compris pourquoi je ne pouvais pas le prendre dans mes bras. J’ai dû dormir loin des enfants que je ne pouvais même pas embrasser pendant quelques jours par mesure de précaution. Pour finir par me relater que cet examen s’était révélé infructueux, j’étais en colère.
Sans oublier la fois où le gynéco qui est en train de me faire une césarienne passe le champ stérile et me demande :
– Vous avez eu des enfants vous   ?
– Oui, six et huit grossesses, pourquoi   ?
Là, le médecin blanchit et il me répond :
– Vous souffrez visiblement d’endométriose, madame. Vu l’état de vos trompes, je ne sais même pas comment vous avez fait pour en avoir un, alors huit grossesses…
Je ne l’ai plus entendu, ni le reste de l’équipe médicale qui me jetait des petits coups d’œil curieux. Oui, je suis un cas, je sais, mdr.
Je ne comprendrai jamais comment tous les médecins que j’ai vus avant ne s’en sont pas aperçus. Enfin bref, les mystères du corps chelou de Florina lol.
Comme la fois où j’ai attrapé une mycose… des cheveux. Enfin, un champignon capillaire, je ne savais même pas que ça existait. Et ne me demandez pas comment j’ai fait, je cherche encore. La cause la plus probable d’après les médecins c’est que j’ai été contaminée chez un coiffeur.
Le souci, c’est qu’à cette période, je n’y allais pas beaucoup, voire pas du tout, mdr.
J’ai eu des grossesses horribles, mais celle de ma troisième a été on ne peut plus éprouvante… Les médecins de SOS Médecins venaient si souvent que je leur ai envoyé un faire-part et une boîte de chocolats pour les remercier. J’ai reçu 49 tulipes avec une petite carte signée. D’un côté, j’étais heureuse, car c’est ma fleur préférée. Seulement, j’ai dû les appeler très vite :
– SOS MÉDECINS, bonsoir, que puis-je faire pour vous   ?
– Bonsoir, je viens de recevoir les fleurs des médecins, c’est super sympa, mais…
Là, elle me coupe la parole en me disant :
– Ah, madame Le *****, c’est gentil, mais vous encombrez le serveur.
Je souffle, car elle ne m’a pas laissée finir :
– Envoyez-moi un médecin d’urgence avec une piqûre d’ANAELP, vite…
Là, elle comprend qu’il y a un truc, car j’ai presque murmuré la dernière phrase. Les pompiers sont arrivés en même temps que le médecin (je ne sais pas combien de temps ils ont mis, mais ce fut extrêmement rapide). Et le médecin de me dire tout penaud après :
– Le pire, c’est que vous nous appelez souvent pour vos allergies et on n’a pas réfléchi au pollen, on voulait juste vous faire plaisir.
Je les ai remerciés et bien entendu j’en ai ri, car cela partait d’un bon sentiment. Et ma mère a été hyper contente de recevoir des fleurs 😊 .
Enfin bref, mon corps a pris une carte syndicaliste et depuis il fait grève constamment, je ne vois que cette solution 😄 .
 

Chapitre 20
Ne quittez pas, nous allons prendre votre appel… un jour
 
Un titre long pour un paragraphe qui va l’être aussi. Les fournisseurs téléphoniques, c’est super, enfin quand ça fonctionne. Et au même titre que pour le courrier qui semble avoir un problème avec moi, vous allez voir que dans ce chapitre, on m’a tout fait ^^.
Vous vous doutez qu’avec ma poisse ça ne va jamais comme je veux.
Voici un condensé de mes mésaventures, enfin si on peut dire ainsi, car il va être très long.
Alors, nous allons revenir à une quinzaine d’années en arrière. Bouygues, pour ne pas les citer, mettait en place un nouveau moyen de baisser votre facture en diffusant de la publicité à vous ou à vos interlocuteurs. Jusque là, vous allez me dire :
«   Je ne vois pas où est le souci, c’est génial non ?   »
Oui sauf qu’avec moi, il fallait bien qu’il y ait un truc qui cloche.
J’appelle pour prendre rendez-vous avec mon gynécologue, qui me demande de patienter un instant le temps qu’il prenne son agenda. La pub se met en route de mon côté, je n’ai pas activé celle pour mon interlocuteur. Mon gynécologue reprend la conversation et il est hilare. Je vous avoue que je ne comprends pas pourquoi, et je dirais que je commence même à me demander s’il ne se moque pas de moi.
– Madame Le *****, vous m’aurez tout fait, me dit-il entre deux hoquets de larmes.
– Euh   ! Je ne comprends pas, docteur   ?
– Je viens d’avoir un instant publicitaire.
– Oups, désolée, j’étais pourtant certaine de n’avoir activé que mon côté, je ne pensais pas que vous auriez aussi des annonces.
Bon de vous à moi, à cet instant je ne comprends pas pourquoi ça le met dans un tel état. Il a même du mal à s’arrêter de rire.
Entre deux hoquets, je deviens rouge de honte en comprenant le sujet de son hilarité.
– Des Durex   ! Purée   ! Ça, on ne me l’avait jamais fait   !
Mon gynécologue, qui est spécialisé en obstétrique, a eu une publicité pour des préservatifs. Forcément, il fallait que cela tombe sur moi, 😳 .
Sinon, vous avez, je suppose, déjà eu affaire à l’imbécile de service des fournisseurs d’accès internet.
Mais si, vous savez celui qui rigole par avance de ce qu’il va vous faire faire   ?
– Bonjour, alors vous n’avez plus de service   ?
– Bah oui   ! Je ne vous appelle pas pour prendre de vos nouvelles   !
– Ah   ! Ah   ! Dommage, je vais très bien.
Mais c’est qu’il est drôle le garçon, il a fait l’école du rire   !
– Écoutez, j’ai déjà fait toutes les manipulations d’usage, ma box est HS, il faut la changer.
– Non, non. Vous allez faire ce que je vous dis, j’ai besoin de faire des vérifications de mon côté (avec le ton qui me fait bien comprendre que je suis une imbécile patentée).
– OK   ! Je vous écoute.
– Vous appelez avec votre fixe   ?
– Oui   ! (vous commencez à comprendre là   ?)
– Donc vous allez débrancher la box.
– OK   !
Je fais du bruit comme si je m’exécutais.
– Ah   ! Ah   ! Ça marche à tous les coups, quelle imbécile, ils se font toujours avoir, dit-il pensant que la communication a été coupée.
– Je ne sais pas qui de nous deux est le plus bête. Peut-être celui qui insulte son client, alors que celui-ci est toujours en ligne et appelle avec son portable   !
Le goujat a eu l’audace de me raccrocher au nez.
Je crois, que tout ce qui peut être improbable je l’ai eu.
Cinq jours sans connexion. Orange se creuse la tête pour comprendre d’où vient le problème. Il n’y a aucune raison, la box fonctionne, tous les paramètres indiquent que l’ADSL devrait arriver, mais devant la maison on perd toute connexion. Ils dépêchent un technicien, qui devra vérifier l’installation intérieure, qui ne montre aucun dysfonctionnement. Il sort une machine de sa voiture et cherche le câble qui va jusqu’au poteau. Et là, exclamation de sa part, et il vient en courant nous chercher.
– Madame, monsieur, venez cinq minutes   ! Je n’ai jamais vu ça.
Nous arrivons à sa suite pour le voir nous tendre le câble d’une main et deux rats morts de l’autre. (eh oui, quand je dis que les rongeurs ont une dent contre moi, je ne plaisante qu’à moitié lol)
Ils ont grignoté le fil à plusieurs reprises et malgré les décharges qu’ils ont subies, car un fil électrique passait par là aussi, ils ont continué. Mais ce qui est plus étrange c’est que normalement quand un rat meurt, il envoie un genre de phéromone qui prévient ses congénères de ne pas rester dans le coin, sauf qu’avec ma poisse habituelle, ils ont insisté.
Sinon, on en parle de la foudre qui tombe régulièrement sur ma box   ?
En moyenne, six fois par an, voire plus.
«   Je vais créer une assurance spéciale Flo, m’a dit un jour mon courtier en assurance.   »
Récemment, je me suis retrouvée dix jours sans rien du tout, ni télévision, ni téléphone et encore moins le net.
J’allume le PC pour me mettre à la suite de Féerélia. Ma fille vient de partir à l’école, les garçons sont couchés avec la varicelle, je suis tranquille pour plusieurs heures.
Je me prépare mon deuxième café du jour, en me demandant pourquoi mon téléphone vibre anormalement. Je m’installe devant mon PC portable et je constate que je n’ai plus internet.
Étape deux sur la box, donc un problème interne. Nous changeons la prise au cas où, mais rien. Les câbles, mais toujours la même chose. J’appelle Free en désespoir de cause. Alors, à savoir que j’habite au fin fond de la campagne, donc réseau 4g inexistant pour ce FAI.
– Bonjour, madame, je demande un examen de votre ligne, je vous rappelle.
Le surlendemain, n’ayant pas eu d’appel je recontacte le service technique. Je tombe sur une dame visiblement aigrie et qui n’avait pas envie de travailler. Alors sa vie est pourrie et pas de chance, c’est à moi qu’elle répond et qui vais payer pour sa mauvaise humeur, 😊 .
– Vous voulez quoi   ?
– Euh   ! Bonjour, rien, j’ai vu de la lumière. (je sais, mon humour est pourri,  😉 )
Bon   ! Ça ne la déride pas et elle pousse un soupir d’agacement :
– Et vous trouvez ça drôle   ?
– Bah   ! Pour tout dire, non, mais vu que vous me posez une question un peu bête…
– Madame   !
(Je me suis presque mis au garde-à-vous là, mdr)
– Pfff… Où en est mon ticket d’incident   ?
– Il n’est pas traité   !
– Euh   ! cela fait plus de quarante-huit heures   !
Oui, là je suis en colère et je n’ai plus du tout envie de rire.
– C’est une blague   ? J’ai une entreprise, je suis écrivaine et je ne peux pas me permettre de perdre de l’argent, lui dis-je à bout de nerfs.
– Oui, c’est ça   ! Et moi je suis le pape   !
– Pardon   ? Traitez-moi de menteuse tant que vous y êtes   !
– C’est vous qui voyez…
Respire Flo, tu ne peux pas la tuer, c’est interdit. Après avoir un peu réfléchi et surtout, respiré un grand coup, je reprends :
– La conversation est enregistrée, il me semble   ?
– Oui…
– Eh bien, la coupé-je. J’espère que vous serez virée   !
Que l’on soit clair, je n’ai jamais souhaité de mal à personne, mais faut pas pousser (humm le pire c’est que c’est vrai, je suis trop gentille pour ça). Je suis commerçante et si je traite mes clients comme vous le faites, je n’en aurai plus   !
– Sérieusement, votre vie, je m’en tape, madame   ! Je n’ai que faire des délires d’une folle à lier   !
La censure m’oblige à ne pas mettre la suite de la conversation, je crois que Ciara a pris la parole et qu’elle lui a dit d’aller en Grèce, enfin en plus imagé 😉 .
Pour finir, il s’avère qu’un voisin qui faisait des travaux, pour une raison inconnue, a mis un coup dans notre câble. Enfin, c’est la version que nous avons eue. Le pire c’est qu’ils ont changé notre box qui présentait des défauts récurrents. Commandée le vendredi, reçue le mercredi. Mes enfants, le soir même, me disent qu’ils n’ont pas pu regarder la télévision. Vérification faite par mon compagnon, et effectivement, il n’y a pas de disque dur. Donc, pas de télé, pas de chaîne, rien.
Rebelote, on rappelle le service technique. En dix jours, plus de six appels. Je remercie d’ailleurs Mathieu de ce service. L’un des rares, super sympa, et qui a essayé de comprendre et de résoudre notre problème.
– Madame, nous allons faire les vérifications ensemble.
Choses faites, un grand silence puis un soupir :
– Madame, je suis désolé. Visiblement, votre box a cramé en l’installant, je vous en recommande une autre.
Et là, c’est plus fort que moi, j’éclate de rire. Parce que deux box en moins de quatre jours, même moi, on ne me l’avait pas encore fait.
Alors cette affaire aurait pu en rester là, seulement vous vous doutez qu’avec la malchance qui me poursuit, la ligne n’a plus fonctionné correctement après ça. Les services de Free ont fini par me dire de partir chez orange, puisque la ligne leur appartenait et qu’il y avait probablement des réparations à faire. Bon   ! J’avoue que déjà dix jours pour les prévenir m’avait déjà bien ennuyée donc j’ai suivi leurs conseils.
Sauf que là, nous avons eu un festival. Changement de câble à la maison et ils ont sectionné celui de ma voisine. Plus d’une dizaine d’interventions, alors qu’on leur dit que pour nous c’est le câble enterré qui doit être plein d’eau. Ils ont changé tout ce qui pouvait être possible (plus de dix box dans le même mois, mdr). Pour finir, je me suis énervée, et ils ont changé la fameuse pièce que je disais et ô miracle plus ou presque de déconnexion. En attendant, de fin septembre jusque début janvier, nous pouvions être déconnectés plus de vingt fois. Je ne vous raconte pas les nerfs lorsque vous devez travailler ou même tout simplement regarder un film mdr.
J’ai eu le droit aussi aux appels longues distances, chez France Télécom (oui, je suis vieille ^^).
– Madame, si ce n’est pas vous, ce sont vos enfants   !
– Hum, il est vrai que je suis fière de ma fille, sauf qu’à huit mois, c’est un peu jeune pour passer ce genre de coup de fil   !
Après enquête, il s’est avéré que c’était un employé qui passait ses appels personnels sur ma ligne.
Et la dernière. Ce qui n’est pas forcément vrai, mais il fallait faire un choix, car un chapitre de cent pages, c’était vraiment impossible, lol.
Vous vous rappelez le minitel   ?
Mais si l’ancêtre de l’ordinateur, le truc où tu faisais une recherche et tu devais vendre un organe pour payer ta facture.
Mon frère et moi (eh oui, Yoann et moi étions intenables, les pires bêtises, nous les avons faites ensemble), nous regardions le club Dorothée.
Lorsque soudain une pub pour Pif et Hercule passe sur la télévision. Nous pouvions parler avec le monde entier, juste en tapant 3615 PIFETHERCULE.
Des heures de communication sur différents sites dès que maman faisait la sieste avec les petits. Hop   ! Nous pianotions pour prendre notre dose.
Mais vous vous doutez bien qu’un jour ou l’autre la facture devrait arriver. Et elle fut plus que salée   !
15   000 Francs, ma mère en a fait un malaise. Quoi lui répondre   ?
«   Coucou maman. On a discuté avec Pif, c’était cool, on a plein d’amis dans le monde entier. Par contre, je ne savais pas que c’était payant   ».
Mon frère me confie :
– On se tait, ce n’est pas nous   !
– Nous sommes les seuls à avoir l’âge de taper sur les touches, les petits n’auraient pas réussi à établir la connexion, lui r épliqué-je dépitée.
– On va se faire tuer, c’est sûr, concède-t-il, en la regardant évanouie à nos pieds.
Bah   ! Oui, parce qu’au lieu d’aider notre mère, gosses ingrats que nous étions, nous étions en train d’essayer de sauver nos fesses, mdr.
Notre mère revient à elle et là c’est la tempête. Elle appelle ma grand-mère ainsi que mes arrière-grands-mères et arrière-grands-tantes, la quasi-totalité de la famille est prévenue de ce que nous avons fait.
Je suis mortifiée, je ne veux pas les décevoir, je commence à me sentir vraiment mal, très mal. Tout le monde doit venir à la maison, nous les attendons comme si on allait nous fusiller. Nous sommes assis sur le canapé, mamy s’approche de nous. Nous nous levons d’un bond, l’un à côté de l’autre, comme des condamnés à mort.
Vous trouvez sûrement que j’exagère   ? Mais je vous jure que non, c’est vraiment ce que nous avions ressenti, car nous en avons souvent parlé après coup.
Je souffle, j’ai une boule dans la gorge. Je sens dans leurs regards que même le mot déçu est bien en deçà de ce qu’ils ressentent. Les larmes commencent à perler de nos yeux.
– Mes petits-enfants, dit-elle, je ne vous dirai pas que je suis dépitée, vous vous en doutez.
Je ferme les yeux, je serre les dents.
– Nous allons tous aider vos parents. En contrepartie, chacun de nous a le droit soit de vous gifler, soit de vous infliger la punition de son choix.
Le pire selon moi   ?
Probablement que mon arrière-grand-mère a versé une larme, j’avais l’impression de boire du verre pilé. Je crois que c’est sûrement pour cela que ça m’a tant marqué, car mes aïeuls, j’avais de l’admiration pour eux, en plus de l’amour que je leur portais. Alors qu’ils soient si… je ne sais pas s’il existe un terme assez fort pour décrire le mal que cela nous a fait aussi bien à mon frère et moi, qu’à eux.
Je n’ai jamais eu aussi honte de moi de toute ma vie. Je n’ai plus jamais retouché l’un de ces appareils maudits, j’en ai des allergies lorsque j’en vois un, c’est dire.
Encore à présent j’ai mal au cœur (et aux fesses, lol) en y repensant. Et les larmes piquent mes yeux.
C’est ainsi que j’ai appris que chaque acte avait des conséquences, et pas seulement sur notre propre personne.
 
 
 
 
 

Chapitre 21
Vous en voulez encore   ?
 
Arf, je n’arrive pas à poser le mot fin, alors voici des petits bouts de ce que je pourrai développer plus tard.
Le jour de mon mariage, alors que le prêtre vient de faire une frégate où il a dû abuser du vin de messe, il arrive en retard. Il s’y prend à six fois pour entrer dans le parking, demande à ma grand-mère alors que je suis devant lui en robe de mariée :
– C’est vous la mariée   ?
Éclat de rire de tout le monde, et encore pire lorsqu’il demande à mon ex-mari s’il est d’accord pour être mon épouse.
L’oubli de mon aînée au judo. Mon fils s’enquiert si on mange bientôt, je lui dis :
– Oui, je finis ma machine, va chercher ta sœur.
Il reste comme deux ronds de flan à me regarder et me questionne :
– Elle est où   ?
Là, éclair de lucidité, j’ai oublié ma fille au judo, je regarde mon tél ne comprenant pas pourquoi son prof ne m’a pas appelée, téléphone cassé. Lorsque j’ai mis ma puce dans un autre appareil, j’avais plus de vingt messages en absence. Ma nénette était en train de dessiner quand je suis arrivée. J’ai pleuré pendant un moment, c’est moi qui vous le dis.
Ou quand j’étais plantée en haut d’une tour, dans un château à Pirou. J’avais pourtant expliqué au prof que j’avais le vertige, mais j’ai voulu faire ma brave devant un garçon qui se moquait de moi. Le truc, c’est qu’arrivée en haut, crise de panique. Le prof a mis plus d’une heure à me calmer. Les enfants étant ce qu’ils sont, pas besoin de vous confier que je me suis bien fait chambrer.
Ou lorsque j’ai oublié de faire de la monnaie pour prendre le bus pour me rendre au CFA pour ma première journée d’apprentissage. Je me suis effondrée en larmes devant le chauffeur de bus et tout ça parce qu’il m’a demandé si je n’avais pas plus gros que cinquante francs. Alors que le billet était à un franc (eh oui, ça ne coûtait pas cher de se déplacer à l’époque des dinosaures. Ne riez pas, je vous vois, lol). Le conducteur n’a même pas osé me demander comment ma journée s’était passée, je lui ai donné les deux francs. Il m’a souri et m’a dit :
– Garde-les, petite, ta vie a l’air bien compliquée.
Tout ça avec un accent du Sud. Moi, je suis partie au fond du bus me cacher pour ne pas que les autres me regardent, j’étais mortifiée autant par le regard peiné de l’homme que des ados qui se moquaient de moi. J’ai mis mes écouteurs sur les oreilles et balancé la musique à fond pour ne plus rien entendre.
Ou lors de mes premières règles quand je porte un pantalon blanc et bien sûr pendant les cours en sixième. D’ailleurs, je crois que ce pantalon me détestait, car le matin même il m’avait lâchée alors que je me baissais pour ramasser un crayon. Et le garçon derrière moi a eu une vue imprenable sur ma culotte en dentelle 11 . J’ai failli mourir de honte. Obligée de partir recoudre celui-ci dans les W.C. des professeurs. Donc, quand la pionne m’a dit :
– Debout, Florina, ça vient de sonner.
J’ai fait signe que non de la tête, et voyant qu’elle ne comprenait pas, je lui ai murmuré :
– D’après vous, pourquoi une fille en pantalon blanc ne voudrait pas se lever devant plein de garçons   ?
Elle a froncé les sourcils et sa bouche a formé un o parfait.
Ou ma particularité, je souffre de la même maladie que Brad Pitt, c’est-à-dire que je ne reconnais pas les visages, même pas ceux de mes enfants.
Un jour, je faisais les courses avec mon aînée et je lui demande :
– Laura, il y a une blonde qui me suit partout, elle commence à me faire flipper, elle n’arrête pas de me sourire.
Elle se tourne pour regarder et elle éclate de rire en me répondant :
– C’est grand-mère, patate   !
Bon   ! Déjà, vous voyez comment me traite ma fille, hein lol. Et non, je n’avais pas reconnu ma mère. Mais nous reviendrons sur cette maladie qui ne me rend pas la vie facile, car imaginez-vous sourire à votre pire ennemi,  😉 .
Soit il va croire que vous vous fichez de lui et ça peut dégénérer, soit bah ça donne des anecdotes plus bizarres les unes que les autres, mais ce sera pour un autre volet des aventures de Florina  😉 .
À bientôt…
 

Épilogue
 
Tout ce que je vous ai écrit est vrai, je lève la main droite et je le jure ^^.
Bon   ! Je vais éviter de tenter la malchance en incluant mes enfants. J’espère que vous aurez pris autant de plaisir que moi à cette lecture. J’ai juste parfois changé des noms ou forcé un tout petit peu le trait de l’humour, car il vaut mieux en rire qu’en pleurer 😉 .
Ne pensez pas que tout est immuable, rien n’est figé dans la pierre. On peut très bien avoir la poisse, mais être heureuse. J’en suis le parfait exemple.
Et puis la vie est plus belle en souriant qu’en faisant la tête, vous ne trouvez pas   ?
En tout cas, c’est souvent ce que me disait ma grand-mère :
«   Candy neige, souris, tu vas finir par avoir des rides et tu seras aussi moche que la sorcière de Blanche-Neige .   »
Ou alors des trucs du genre :
«   La vie te donne des citrons, fais-en des tartes, tu adores ça   »
Ou aussi :
«   Chaque personne a sa tartine de me***, toi tu as juste pris la boulangerie en entier   ».
Ma grand-mère a toujours eu l’art et la manière de me rendre le sourire, alors ce livre je le lui dédie.
Je t’aime, mamy, bien plus fort qu’aucun mot ne pourra le décrire et bien plus haut que tous les univers.
Je vous dis à bientôt, pour un nouveau volet de ma particularité, dans un nouveau tome de Féerélia ou l’un de mes prochains livres.
N’oubliez pas que je serai toujours là, si vous avez envie de parler, de rigoler ou même juste me faire un coucou, cela me fera toujours plaisir.
Si je ne vous réponds pas   ?
C’est soit la foudre, soit le PC qui m’a encore lâchée, ou un mélange de tout ça 😄 .
Que voulez-vous, tout le monde ne peut pas se prévaloir d’être la fille spirituelle de Pierre Richard dans la «   Chèvre   ».
Allez, bisous, mes dragons.
À suivre…
 
 
 
 
 

Notes de l’auteur
 
N’oubliez pas de mettre un petit commentaire sur Amazon, Babelio, Booknode et les autres, de façon que Féerélia enchante la vie d’encore plus de monde.
Et puis, vous ferez plaisir à mes parents, 😘 .
Retrouvez-moi (et mes personnages qui viennent de temps en temps vous saluer) sur ma page auteure Facebook :
https://www.facebook.com/FlorinaLIrlandaise
Voici un lien qui centralise tous mes réseaux ainsi que mes sites :
https://linktr.ee/florinalirlandaise
 
Florina
 
 
 
 

Remerciements
 
Comme d’habitude merci à mon homme et à mes enfants, vous êtes les meilleurs et je vous adore. Vous êtes mes miracles de la vie. Ainsi que ma Dédé, car sans elle rien de tout cela ne serait possible. Aussi à ma belle-famille que ce soit mes beaux-parents, mes beaux-frères ou ma belle-sœur, voire même les cousin(e)s de Nicolas qui me soutiennent. Mais aussi à Guillaume, ses parents Jocelyne et Stéphane, votre soutien me va droit au cœur.
Un merci aussi à mon kiné et à mon médecin traitant, car ce sont deux merveilleuses personnes. Je suis triste de partir du département et de devoir trouver d’autres professionnels de santé, car je ne retrouverai pas leur gentillesse ni leur soutien. Toujours, un petit mot pour rire, ou de se renseigner sur mon travail, mais pour la première fois grâce à eux, je me suis sentie «   quelqu’un   ». Et en plus, ils m’ont très bien soignée, c’est bête comme le fait d’être en confiance permet de se dégager d’un stress incroyable.
Merci à Caroline pour ses couvertures magnifiques et surtout sa patience à toute épreuve, c’est aussi une auteure de talent que je vous conseille. Elle est d’une patience à toute épreuve, mais aussi d’excellents conseils. La pauvre, je lui ai bousculé tout son planning avec ma poisse sans fin, lol.
Pas de bêta pour cette histoire, car pour une fois ce sont des morceaux de ma vie, donc pas de peur d’incohérences, ma vie en étant une gigantesque 😉 .
Je voudrais aussi saluer les chroniqueurs(euses) pour votre aide, mais aussi de me lire. Je n’oublie pas les groupes de lecture tels que «   Les Romanchieuses   », «   Du rire aux larmes   » ou «   New’s Aly Romance   ». Je remercie leurs administratrices et membres géniaux, qui m’ont souvent aidée ou ont dû supporter ma folie furieuse, je vous adore. (Psitt, si j’ai oublié votre groupe, votre page ou blog, je m’excuse. Je ne peux pas tous vous citer, mais je vous aime).
Un merci particulier à mes nouvelles partenaires que je ne peux que citer, elles vous publient leurs concours et leurs chroniques, mais aussi me rassurent bien souvent alors il est normal qu’elles soient toutes mentionnées :
Anges et Ln de «   Heart Hanea’s Book   ».
Pauline de «   Satine’s Books   ».
Julie des «   Bookdreameuses   ».
Maria-Magdalena de «   L’âme des mots   ».
Alice de «   Mordus de lecture   ».
Encore une Mary de «   Les Lectures de Mary   ».
Audrey de «   The Killeuse book   ».
Julia de «   Jujubookine   » sur Instagram.
Julie des «   Chroniques de Ju   ».
Florence de «   Lecture à Flo (ts)   ».
Nadia de «   Les conseils de Nadou   » sur Instagram également.
Caroline de «   Caro Magik books   ».
Vous pouvez retrouver leur page Facebook, leur Instagram ou même leur blog et je vous assure que ce sont des filles géniales  😉 .
Merci à mes professeurs, je ne vous citerai pas tous, mais vous avez contribué bien souvent à me donner le courage de me battre. Je pense à mon maître de CE2 de l’école Noël, à M. Malo, à Mme Hamel, M. Choisne, M. Schmitt, Mlle Bléas, M. Gauthier et tous ceux que j’oublie. Ainsi que le proviseur M. Avril, votre simple présence dans mon existence m’a donné de l’espoir. Vous m’avez traitée comme une personne, quelqu’un capable de se surpasser, ne jamais douter de l’imprégnation que vos cours ont pu avoir sur la vie de vos élèves.
Merci à Léa Trys pour ce trailer de folie, ses conseils toujours judicieux ainsi que pour son amitié  😉 .
Merci aussi à mes amis et mes fans, je sais que je dis toujours que ce sera moins long, mais je suis une pipelette, que voulez-vous   ! Merci aux membres de Wattpad qui m’ont encouragée à publier mon drôle de quotidien  😉 .
Et surtout, un merci particulier à toi qui me lis, car je le répète sans toi, sans vous, tout cela ne serait pas possible.
Je vous adore tous mes petits lecteurs(trices).
Édit 2020  : Un énorme merci et toute ma gratitude à Audrey pour son travail de correction titanesque. Reprendre plus de deux ans d’écriture n’est pas une chose aisée. Merci à elle du fond du cœur ❤ ️.
 
FLO

Résumé tome 1
Féerélia Moïra
 
Mes parents sont des dieux   ? Ma sœur adoptive une sorcière ou une métamorphe   ? Mon premier amour : un prince charmant   ? Son meilleur ami, un dragon, me suit partout. J’atterris sur ce monde : la Terre. Comment leur expliquer que je ne suis pas de cette époque, pas de ce monde et pas comme eux   ? Absolument, personne ne doit connaître mes secrets. Il va falloir la jouer fine. Ou je finirai entourée de bonshommes en blanc et quelque chose me dit que cela ne va pas me plaire. Je vais connaître la guerre, la peur, l'humiliation, ce que les mondes peuvent faire de pire, mais aussi le meilleur.
Entre amour et amitiés, trahison et horreur. Le destin extraordinaire d’une famille et de leurs amis. Je m’appelle Moïra, fille du Dieu Dagda et de la Déesse Macha. Nous sommes au début d’un bouleversement pour l’univers comme vous le connaissez. Je suis née en FÉERÉLIA, un endroit créé par mes parents pour protéger les mondes, que ce soit de la folie des dieux ou de celle pire encore de Morrigann. Et moi, dans tout ça, quel est mon rôle   ? Si vous le connaissez, faites-moi signe.

Résumé de la nouvelle
Une étrange célébration
 
Sur Féerélia, Moïra doit se soumettre aux habitudes de ce monde.
Si elle a l’art de se faire des amis, elle a aussi celui de s’attirer les ennuis.
Pourquoi Archibald se montre-t-il si distant   ? Qui est Sharina   ?
Mais surtout pourquoi en veulent-ils autant aux petits peuples   ?
Est-ce que Ciara et Fergus réussiront à la fois à l’aider et à percer ces nouveaux secrets   ?
Quelque chose d’étrange survient dans ce monde. Et si Samhain leur apportait les réponses   ou alors encore plus de questions.
Retrouvez les amis de Moïra dans cette nouvelle aventure. Qui amènera des explications et autant d’autres mystères.
Amours et amitiés. Joies et aussi larmes. Vous ne resterez pas insensible devant cet interlude.
 


Résumé du tome 2
Féerélia
Ludmilla
 
Je m’appelle Ludmilla. Ma vie est loin d’être comme les autres.
Je suis vétérinaire indépendante (pratique quand les animaux s’adressent directement à vous.)
Mon frère jumeau, Arwen, jouit d’une réputation de mauvais garçon. Sûrement par sa carrure et sa passion pour les motos, pourtant, c’est une crème.
Je ne vais pas commencer à vous détailler mon étrange et grande famille, le mieux étant de suivre nos aventures. Je peux vous assurer que l’on ne s’ennuie pas chez nous.
 
Je m’appelle Aëllig. Je suis un protecteur, mon «   métier   » est de retrouver et assurer la sécurité des «   disparus   ». Seulement, je me suis fait kidnapper aussi facilement qu’un nourrisson.
Je vais découvrir des informations dont j’aurais préféré ne pas avoir connaissance.
Je suis un métamorphe, bien que cela soit réducteur, car je ne suis pas que cela.
Êtes-vous sûr de vraiment connaître votre entourage   ? C’est la question que je me pose, j’ai toujours su que nous étions différents. Alors en avoir la confirmation est un peu déstabilisant.
Je m’appelle Anasthasia. Et comme dans un film : «   Je vois des gens qui sont morts   ». Ça vous fait peur   ? Et à moi donc   !
 
Magie et mystère, secrets et révélations. Découvrez ce nouvel opus et entrez dans l’univers fantastique de FÉERÉLIA.
 
Résumé du Tome 3
Féerélia Floryanna
 
Je suis le commencement, mais peux être aussi votre fin.
Pas besoin d’être humain pour être un monstre, bien souvent ceux-ci sont moins cruels.
Depuis ma naissance, l’on a cherché à me nuire ou à me tuer.
Je me pensais en sécurité, enfin…
L’on exige de moi que je vous offre mon mari et mes enfants, pour protéger les mondes. Mais qu’est-ce qu’ils ont fait eux, pour moi   ?
Il y a des destins horribles, mais vous pouvez choisir, vous battre ou abandonner.
Personnellement, je n’ai pas eu le choix. Je suis la descendante des dieux.
Je m’appelle Floryanna O’Malley. Je suis la fille du roi de Féerélia et de la demi-Déesse Moïra.
Qu’est-il arrivé aux princesses, mais aussi à tous les personnages de Féerélia et son entourage   ?
Rien n’est jamais noir ou blanc. Quand une porte se ferme, une autre s’ouvre.
Les mondes et les créatures qu’ils abritent ne font pas exception, ils sont eux aussi touchés par cet adage…
Ce tome se révèle plus sombre, mais il prône également l’espoir, l’amitié et une constante sur tous les mondes : l’amour.
Ne te contente pas d’avoir envie d’aimer, mais fais-le sans remords, sans réserve et sans barrières…
De nouveaux personnages font leurs apparitions et je suis sûre que vous allez les adorer (ou les haïr).
 
 
 
 
 
 
Féerélia Tome 4
Gabriel VS Gwendal
 
Amis ou ennemis   ? Séparés et pourtant unis. Les deux hommes ont des choix à faire, qui peuvent influer sur le cours de nos existences… S’ils penchent vers leur côté sombre alors nous sommes perdus, mais s’ils prennent la voie contraire, là ce sont eux, que l’on condamne. Si la vie fut clémente pour l’un, elle fut dévastatrice pour l’autre. Malgré tout, on peut toujours se tromper sur la véritable nature des gens, ils sont bien placés pour le savoir. Un nouveau titre de Féerélia où les mystères et les confidences côtoient les premiers émois. Découvrez leurs passés et frissonnez pour leur avenir.   Seront-ils capables de reconnaître les mains tendues   ? Et qui sont ces deux femmes qui croisent leurs chemins… Ainsi que cet homme impénétrable   ? Lorsque l’on a commis le pire, a-t-on le droit au bonheur et vice versa   ?
 
 


 
Notes [ ←1 ]
Astérix , anciennement  Astérix le Gaulois , est une série de bande dessinée française créée le 29 octobre 1959 par le scénariste français René Goscinny et le dessinateur français Albert Uderzo.
[ ←2 ]
Speedy Gonzales (González, ou anciennement Presto Gonzales en version française), «   la souris la plus rapide de tout le Mexique   », est une souris de dessin animé de l’écurie Looney Tunes.
[ ←3 ]
Carambar  est une marque commerciale de bonbon industriel (caramel mou), originellement du caramel et du cacao, de huit centimètres de long pour huit grammes. À l’intérieur de chaque emballage est imprimé un «   trait d’humour   » destiné aux enfants.
[ ←4 ]
Ne voyez ici aucun monstre fantastique, disons que le seul point commun que j’ai avec eux, c’est que j’ai une grande bouche. Je vous vois venir, messieurs, avec vos grands sabots, d’après mon mari, le nombre de ses coups de poing est en rapport avec le nombre de bêtises que l’on peut me sortir ou me proposer. À vos risques et périls mdr.
[ ←5 ]
J’ai décidé à la dernière minute de flouter son prénom.
[ ←6 ]
Barbara Cartland , de son nom complet  Mary Barbara Hamilton Cartland , née le 9 juillet 1901 à Edgbaston (ancienne ville faisant maintenant partie de Birmingham). Morte le 21 mai 2000 à Hatfield dans le Hertfordshire, est une écrivaine britannique spécialisée dans les romans d’amour se déroulant durant l’époque victorienne.
Elle est une des auteures les plus prolifiques du XX e  siècle et a écrit 723 romans traduits dans 38 langues, faisant d’elle le cinquième auteur le plus traduit dans le monde. Ses ventes de livres sont estimées à plus de 750 millions d’exemplaires, certaines sources avançant même le chiffre de deux milliards.
 
[ ←7 ]
«   Fier comme Artaban   » est une locution proverbiale de la langue française synonyme de «   fierté poussée à l’extrême   », et proche du ridicule.
[ ←8 ]
«   Mon précieux…   »  Ces deux mots, prononcés avec une voix rocailleuse, vous rappellent sûrement quelque chose. Oui, vous ne rêvez pas, il s’agit bien de Gollum dans  Le Seigneur des anneaux , qui parle.
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Petit bipède qui ressemble à un petit ours tout mignon qui apparaît dans Star Wars (oui, c’est résumé lol).
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Dans le film Gremlin , un «   mogwai   » est un animal à poils doux de petite taille (15 à 20 centimètres), bipède, avec une face plate et des grandes oreilles. Il a aussi des mains ressemblant à des mains humaines. Sa voix est aiguë et il peut chanter harmonieusement. Il se reproduit au contact de l’eau et se métamorphose en gremlin dans une chrysalide s’il absorbe de la nourriture après minuit. Enfin, il craint la lumière vive (qui peut le tuer).
 
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Édit Décembre 2020  : Alors oui, en 6e, j’avais beaucoup de culottes en dentelle. Pas de la lingerie comme vous imaginez (bande de pervers lol), mais des sous-vêtements blancs avec de la broderie sur les côtés, de jolies bordures ouvragées. J’en étais gaga ^^.