John F. Kennedy à 20 ans
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Description

Pour qu’ils deviennent des classiques, il fallait d’abord qu’ils soient des originaux.Ou comment John est devenu Kennedy.Son père milliardaire voulait un fils à la Maison Blanche. John ? Non, c’est son frère aîné, Joe Junior qui est attendu. Comment JFK a-t-il réussi à s’imposer, malgré des maladies incessantes ? Collégien indiscipliné, étudiant insouciant, John a la chance, à 20 ans, d’être doté d’un pouvoir de séduction et d’une intelligence hors du commun. D’abord opposé à l’implication des États-Unis dans la guerre de 1939, il s’engage finalement et se conduit en héros. À son retour, que va-t-il faire ? Le destin et une tragédie vont trancher pour lui… À 29 ans, il sera membre du Congrès.La machine Kennedy est en marche.

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Informations

Publié par
Date de parution 23 janvier 2014
Nombre de lectures 23
EAN13 9782846267779
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Pour qu’ils deviennent des classiques, il fallait d’abord qu’ils soient des originaux.
Ou comment John est devenu Kennedy.
 
Son père milliardaire voulait un fils à la Maison Blanche. John ? Non, c’est son frèreaîné, Joe Junior qui est attendu. Comment JFK a-t-il réussi à s’imposer, malgré desmaladies incessantes ? Collégien indiscipliné, étudiant insouciant, John a la chance, à 20ans, d’être doté d’un pouvoir de séduction et d’une intelligence hors du commun.D’abord opposé à l’implication des États-Unis dans la guerre de 1939, il s’engagefinalement et se conduit en héros. À son retour, que va-t-il faire ? Le destin et unetragédie vont trancher pour lui… À 29 ans, il sera membre du Congrès.
La machine Kennedy est en marche.
 
Passionnée par l’Amérique et son histoire, Martine Willemin est journalisteindépendante et est l’auteur de livres consacrés à l’art de vivre.
 
Collection « à 20 ans » : l’aventure de leur jeunesse.
Dirigée par Louis-Paul Astraud.
 

Martine Willemin
 
 

John F. Kennedyà 20 ans
 
 

Le deuxième fils
 
 
 

Prologue
 
En cette année 1845, la pluie ne cesse de tomber surl’Irlande. Le feuillage humide des plants de pommesde terre est soudain atteint d’un mal insidieux, unbrunissement qui détruit les récoltes. Les tuberculesinfectés empoisonnent le bétail qui s’en nourrit, etles paysans sont affamés. Les années suivantes, le malempire. Les savants de l’époque n’en trouvent ni lacause, ni le remède. On saura plus tard qu’il s’agissaitdu mildiou, une sorte de champignon microscopique,encore difficile à traiter de nos jours.
L’île, alors entièrement sous domination britannique,va vivre l’un des épisodes les plus sombres de sonhistoire. Les fermiers, catholiques en grande majorité,vivent dans des conditions misérables, cultivant leursterres au profit de riches propriétaires anglais, de religion protestante. Avec les céréales et l’élevage, la culturede la pomme de terre constitue la principale ressourceet la base de l’alimentation du peuple irlandais.
La reine Victoria, les autorités britanniques ainsique les œuvres charitables n’apportent qu’une aidedérisoire à la population. Pire, beaucoup de fermierssont contraints d’exporter leurs autres productionsagricoles afin de payer leurs loyers (exorbitants), souspeine d’expulsion. La pénurie alimentaire s’amplifie.Des centaines de milliers d’Irlandais meurent de faim.Le choléra fait son apparition. Le nombre de victimesdurant cette période, de 1845 à 1851, connue sousle nom de Great Famine , est estimé à un million, soitplus d’un sixième de la population. Pour survivre,les Irlandais vont émigrer en masse vers le Canada,l’Australie et, surtout, les États-Unis.
C’est ainsi qu’en 1848, face à un avenir aussi noir,un certain Patrick Kennedy laisse la ferme familialedu hameau de New Ross à ses frères et part tenterl’aventure, quelques sous en poche. Après plusieursmois d’attente, il embarque à Liverpool (l’Irlanden’étant pas autorisée à posséder une marine marchande)pour le Nouveau Monde.
Deux ans plus tard, un dénommé Thomas Fitzgeraldemprunte la même route. Misérable parmi les misérables qui s’entassent au fond des navires à trois mâtssurnommés, à juste titre, coffin ships (bateaux cercueils),il a la chance, après d’interminables semaines de traversée, d’être encore vivant à l’arrivée à Boston, avec sabible pour seul bagage, ne pouvant se douter un seulinstant que celle-ci serait vue par le monde entiercent ans plus tard.
Sans s’être jamais rencontrés, Patrick Kennedy etThomas Fitzgerald sont les deux racines d’un arbregénéalogique dont sera issu un garçon, leur arrière- petit-fils, John Fitzgerald Kennedy, qui associera àjamais leurs deux noms dans l’histoire.
En juin 1963, quelques mois avant sa mort, en routepour Berlin où il ira dénoncer la construction du « murde la honte », JFK s’arrêtera quatre jours en Irlande, surla terre de ses aïeux. Parti de Dublin en hélicoptère,il survolera les vertes collines de l’Eire, quadrillées dehaies et de murets de pierres, les champs d’orge, lesriches prairies et les rivières sinueuses. Il demanderaau pilote de faire un détour par le château de Lismore,où il a séjourné en 1947 lors de sa première visite dejeune congressman. Près de l’aire d’atterrissage duhameau de New Ross, il lira les lettres du mot Failte ,« Bienvenue » en gaélique, formé par des rangées d’écoliers en uniforme. Après les chorales et les cérémonies,il conclura son discours par ces mots : « Il aura fallucent quinze ans pour faire ce voyage, et six mille miles,et trois générations, mais je suis fier d’être là. » Etpoursuivra, à propos de son arrière-grand-père Patrick :« S’il n’était pas parti, je pourrais être ici, employé àl’Albatross Company », désignant cette enseigne del’autre côté du quai, « ou peut-être chez John V. Kelly »,allusion au pub du coin, ce qui déclenchera un tonnerred’applaudissements.
Oui, il aura fallu trois générations pour voir unKennedy gravir les plus hautes marches du pouvoir,grâce à l’ambition démesurée d’un père richissime.Avant de prendre la place du fils prometteur, le jeuneJohn aura mené une jeunesse insouciante, aventureuseet héroïque.
 

L’Europe en décapotable
 
En ce début de juillet 1937, tandis que le soleil secouche lentement à l’horizon, deux jeunes Américains,embarqués à New York cinq jours plus tôt, s’attardentsur le pont du transatlantique SS ( Steam Ship) GeorgeWashington , accoudés au bastingage. Le commandant,avec qui ils ont pris un cocktail, leur a signalél’approche des côtes européennes ; ils les cherchent duregard. Ils ont 20 ans tous les deux et sont les meilleurscopains du monde. Jack et Lem se sont connus adolescents au pensionnat, mais les études supérieures les ontquelque peu séparés. Lem a trouvé sa voie et étudiel’architecture à l’université de Princeton, tandis queJack, qui cherche encore la sienne, vient de terminerun cycle de français et d’histoire de l’Europe à Harvard.
Lem est le surnom que porte Kirk LeMoyne Billingsdepuis l’école. Jack est le petit nom attribué à JohnFitzgerald Kennedy dans sa famille depuis son plusjeune âge. C’est un beau garçon, grand et mince, une crinière aux reflets roux, et un charme qui lui a déjàvalu un beau palmarès de conquêtes féminines. Lemest plus réservé, mais il n’est pas vilain, quoiqu’unpeu massif et très myope. Jack est de beaucoup le plusfortuné des deux. Dans la cale du paquebot, sa voiture,une superbe Ford décapotable, est solidement amarrée.Son père, le millionnaire Joseph Patrick Kennedy,dit Joe, s’est montré favorable à l’idée que son filsentreprenne un voyage culturel de deux mois à traversl’Europe. Il a réglé tous les frais et a aussi offert à Lemla moitié du prix de la traversée, lui prêtant l’autremoitié à rembourser plus tard car Lem doit toucher unpetit héritage le jour où il obtiendra son diplôme.
Alors que la nuit tombe, Jack aperçoit au loin lescôtes escarpées de l’Irlande, terre de ses ancêtres.
Le lendemain matin, les deux compères débarquentau Havre, fermement décidés à s’accorder du bontemps. Pourtant, leur feuille de route est extrêmementchargée : découvrir les beautés architecturales et lessites historiques sujets de leurs études, et jauger latension qui règne alors entre les nations européennes.Poussé par la curiosité du journaliste qui sommeille enlui, Jack envisage même de s’approcher de la zone descombats en Espagne, où la guerre fait rage.
Dès qu’il met pied à terre, le jeune Kennedy éprouveun sentiment de liberté de se retrouver, le temps d’unété, loin de sa famille. Et d’échapper à la dominationpaternelle, à la rivalité avec son frère aîné, et aux rituelsdes loisirs programmés pour toute la fratrie. Lem asouvent séjourné à Hyannis Port et à Palm Beachdans les grandes maisons de vacances des Kennedy etconnaît bien la tribu : Joe, le père ; Rose, la mère ; Joe Junior, le fils aîné ; Jack, son meilleur ami, le deuxièmefils, suivi de cinq filles et deux garçons.
En suivant à la lettre leur programme culturel,Jack et Lem commencent sur les chapeaux de rouespar le Mont-Saint-Michel, puis repartent très vite versRouen, visitent la cathédrale de Chartres et celle deBeauvais, avec sa nef gothique la plus haute du monde.Ensuite Soissons, le chemin des Dames, Reims et sacathédrale bombardée. Jack se recueille devant les croixblanches du cimetière américain Aisne-Marne, près deChâteau-Thierry. Pour ce jeune homme de 20 ans, ellestémoignent du sacrifice des boys , victimes au même âgede la folie meurtrière de la Grande Guerre. Un détourpar Épernay et les caves de champagne permet deretrouver le sourire. Comme Lem ne dispose pas desmêmes moyens financiers que Jack, celui-ci s’adaptede bon cœur à une certaine austérité, pour les repascomme pour le gîte, d’autant que son père lui a recommandé la plus grande vigilance en matière de dépenses.