Nyola N'Golo Diarra Fondateur du royaume dynastique de Ségou-Sikoro

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Français
166 pages
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Description

La richesse du patrimoine du vaste empire de Ségou (1712-1864) et du Kaarta est très souvent contée sous forme de sagas, d'épopées, de légendes, flirtant souvent avec la frontière des contes de fées. Cependant cette histoire résiste bien à la critique, et devrait retrouver ses lettres de noblesse dans la dynamique d'une restitution fondée sur le réel et le vrai, dans laquelle ce livre voudrait s'inscrire.

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Date de parution 01 juin 2012
Nombre de lectures 82
EAN13 9782296492592
Langue Français
Poids de l'ouvrage 11 Mo

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NYOLA N’GOLO DIARRA FONDATEUR DU ROYAUME DYNASTIQUE DE SEGOU-SIKORO
Bakary DIARRA NYOLA N’GOLO DIARRA FONDATEUR DU ROYAUME DYNASTIQUE DE SEGOU-SIKOROL’Harmattan
© L'Harmattan, 2011 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-99382-2 EAN : 9782296993822
Remerciements Je remercie vivement tous mes "Karamokos" traditionnalistes qui m’ont appris avec affabilité et franchise la culture et l’histoire combien complexes et enrichissantes du Ségou-Sikoro, grand creuset de civilisation. J’ai nommé particulièrement : -Bandoma Sanogo à N’gama, grand chantre des chasseurs, -Omar Koné à Gnogni, petit-fils de Djeli Mankoro, -Bina Niania de Banankoro, petit-fils lignager de Damonzon, -Moussa Traoré, Chef de Village à Sékoro, -N’gna Dembélé, prêtre de culte à Farako, -Baba Danté, virtuose dun’gonipetit-fils de et Tientiguiba Danté à Kanabougou, -Mountaga Diawara à Tamani, -Mountaga Tounkara à Dèneinkoura (Tamani), -Ya Diarra de Banankoro, petite–fille lignagère de Damonzon, -Marouf Diarra à Sokalakono (Ségou), arrière petit-fils de Nalekoma, -Kirangonba Diarra, petit-fils de Mandjé Diarra alias Kegné Mari. Je témoigne ma profonde gratitude à Moussa Balla Diarra, Député, Seydina Omar Diarra, journaliste à InfoMatin, tous les deux descendants de N’golo. Mes remerciements vont aussi au Docteur Mamadou Fanta 5
Simaga, ex-député-maire de Ségou, à Gaoussou Diawara, dramaturge et à tant d’autres que je ne pourrais énumérer ici. «Maa kodonbε, nka i kobεdontεtoute» : connaissance est relative ; nul n’est omniscient.
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Préface L’Afrique est le continent verbe, celui de la parole. Mais notre tradition orale demeure un brillant savoir antique qui nous enseigne notre histoire avec beaucoup de satisfaction. Ainsi, l’histoire de l’Afrique subsaharienne, en voie d’être universalisée grâce au courage d’éminents chercheurs et historiens africains, démentira les dires de certains détracteurs. Par ce livre,Nyola N’Golo Diarra, Fondateur du Royaume Dynastique de Ségou-Sikoro, Bakary Diarra, ne parle pas seulement de son ancêtre, il rétablit la vérité historique de Ségou où tout commençait par : « il était une fois », légendes et épopées. Il « reconstruit le roi N’Golo et, par suite, le Bamanan tondjon sous sa vraie image, dans un monde qui s’acharne à le défaire ». L’histoire du roi N’Golo reflète la conception profonde que le Bamanan a de la vie. Et cette conception accorde une place importante à l’occultisme. Les traditions et mœurs, formant notre histoire, nous sont transmises par l’oralité, mêlant faits authentiques et légendes, le tout interprété selon nos croyances, notre façon de voir et d’expliquer les choses qui nous entourent. Le Bamanan, pour ne pas dire le négro-africain tout simplement, a toujours cru au monde invisible (djinns, génies divers et sorciers). Le marabout, le géomancien, le fétichiste qui prédisent et forcent le destin, ont toujours été consultés, et le sont encore par nos dirigeants aux heures graves de décision. Mais les histoires de djinns et de fétiche n’intéressent pas l’histoire moderne férue de
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datation par le carbone 14. Bakary DIARRA, dans son livre, a su allier harmonieusement la connaissance parfaite des us, coutumes et traditions du Bamanan avec l’analyse rigoureuse de la science moderne. Avec humour et grâce, il a rendu intelligible ce qui a souvent paru brumeux dans l’histoire des tondjons de Ségou, vrais soldats grognards et paillards.
Dr Mamadou Fanta SIMAGA Ancien Député-maire de Ségou
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Préambule La tradition orale L’histoire ancienne de l’Afrique subsaharienne parvient aux Africains par deux sources : -l’une écrite nous est moins facilement accessible parce que essentiellement contenue dans les documents arabes et européens ; -l’autre diffusée à partir de la tradition orale, nous est plus facile d’accès et c’est celle que nous vivons. Quoique parcellaire et peu résistante à la critique, la tradition orale véhicule à travers nos langues vernaculaires, un savoir antique dans lequel l’Africain se reconnaît intimement. L’antériorité de l’oralité sur l’écriture a bien servi l’humanité, surtout en Afrique subsaharienne, constituée de peuples pour lesquels l’écriture n’a pas été le mode habituel de transmission. Des corpus d’une très grande importance ont toujours existé au niveau des familles princières, des familles de griots ayant servi les cours impériales ou royales, des sages gardiens de la mémoire collective. Dans cet ouvrage le menu sera basé sur une synthèse de corpus essentiellement autochtones recueillis auprès d’éminents dépositaires de la tradition orale. Evidemment, on ne peut se passer d’une bibliographie bien fouillée et bien triée pour réussir un bon livre d’histoire. Dans ce livre, l’auteur ambitionne d’enseigner au lecteur quelques aspects des valeurs du savoir autochtone qu’il a pu recueillir et qui 9
peuvent être conciliables avec les sources écrites. En fait, ce préambule se focalisera sur le griot et la tradition orale. Le griot et la tradition orale A défaut d’enseignement, la tradition orale est l’enseignement des peuples sans écriture. Sachant que l’écriture n’a été créée que 3000 ans avant Jésus-Christ en Asie du Sud-est, que le papier ne nous a été connu qu’au ème premier siècle de notre ère, et l’imprimerie au XV siècle, on peut dire, sans se tromper, que c’est la mémoire collective des peuples qui a, pendant des milliards d’années, servi à perpétuer les souvenirs des mouvements de l’homme et de l’univers. Le contenu de la tradition orale se trouve dans la mémoire collective. L’homme biologique a d’abord existé, ensuite l’homme culturel et enfin l’homme scientifique. C’est bien ce qui a été dit en bamanankan par Bandoma Sanogo, le chantre des chasseurs, en ces termes : «adamaden kulukutu nana jiyen na, a ka soro ka kekunya ka a ka jiyenlatikè kèko yuman ferew tikè, ka soro kana panfenw, bolimafenw, jilakurunw n’a yongonaw dilan ka manifin lafia». Le fils d’Adam, l’homme, est apparu nu sur la terre, ensuite, il atteint son état civilisation el en s’organisant socialement grâce à son intelligence et enfin, il accède à la science grâce à laquelle il fabrique automobile, bateaux, avions et autres machines qui ont modernisé et facilité sa vie. Pendant l’antiquité, des signes insonores, des idéogrammes et des hiéroglyphes ont été utilisés par l’homme pour ses différents messages et la transmission d’un antique savoir. Les mêmes critères ont gouverné les
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