Les Châteaux de la Gironde

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288 pages
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Description

En 1856, Ribadieu fait paraître cet ouvrage important qu’il sous-titre : Mœurs féodales, détails biographiques, Traditions, Légendes, Notices archéologiques, Episodes de l’histoire de Bordeaux au Moyen-âge et dans les derniers siècles, Etat des domaines.


Il est difficile d’en dire plus que l’auteur lui-même... sinon que les Châteaux de la Gironde est vraiment un des livres incontournables pour ce qui touche à l’histoire régionale en Gironde. C’est une mine indispensable d’informations, d’anecdotes historiques puisées aux meilleures sources des anciens historiens. Cette réédition, entièrement recomposée, ravira tous ceux qui s’intéressent à l’histoire régionale.


Ce texte annonce également – et complète – le grand’œuvre d’Henry Ribadieu : l’histoire de la conquête de la Guyenne par les Français (1866).


Henry Ribadieu est né en 1825 à Coimères dans le Bazadais, il mène d’abord une carrière de journaliste puis devient rédacteur en chef du journal légitimiste La Guienne. Mais c’est aussi l’historien qui fera avancer l’histoire régionale en « l’autonomisant » face à la toute-puissance de l’histoire de France « officielle », une et difficilement « divisible ».

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Nombre de lectures 2
EAN13 9782824050683
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

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Tous droits de traduction de reproduction et d’adaptation réservés pour tous les pays.
Conception, mise en page et maquette : © Eric Chaplain Pour la présente édition : © EDR/EDITIONS DES RÉGIONALISMES ™ — 2010/2013 Editions des Régionalismes : 48B, rue de Gâte–Grenier — 17160 CRESSÉ
ISBN 978.2.8240.0195.1 (papier) ISBN 978.2.8240.5068.3 (numérique : pdf/epub)
Malgré le soin apporté à la correction de nos ouvrages, il peut arriver que nous laissions passer coquilles ou fautes — l’informatique, outil merveilleux, a parfois des ruses diaboliques... N’hésitez pas à nous en faire part : cela nous permettra d’améliorer les textes publiés lors de prochaines rééditions.
HENRY RIBADIEU
LES CHÂTEAUX DE LA GIRONDE
PRÉFACE
Il m’est doux d’entendre le son Que fait le haubert sur rançon; Les cris, le bruit rauque et profond Que les cors et les trompes font; D’ouïr tinter, par monts et vaux, Les sonails au cou des chevaux... (Pierre de Bergerac)
Je vous dis que rien ne m’est doux, Manger, ni boire, ni dormir, Comme d’ouïr crier : A nous! Des deux parts ; d’entendre hennir Chevaux seuls sous l’ombrage!
D’ouïr crier : Aidez ! aidez! De voir rouler dans les fossés Peuple et grand sur l’herbage; Puis, les morts, qui, dans les côtés, Ont des tronçons outreplantés. (Bertrand de Born)
ujourd’hui, le voyageur qui parcourt notre Gironde ne distingue guère plus sur la superficie du sol que deux espèces d’habitations : les unes ressemblent à des palais bourAgeoise rangée de contrevents. Celles-ci sont de simples maisons ; aux premières, nous ornés de portiques ; les autres ne présentent à l’œil qu’une vulgaire toiture ou une donnons encore le nom de châteaux ; mais de ces anciennes forteresses, entourées de fossés profonds, percées d’étroites meurtrières, défendues par des herses, des courtines et des ponts-levis, c’est à peine si l’on peut, sous le lierre qui les couvre, distinguer les derniers vestiges. Ce sont nos guerres civiles, la République de 93 et un abandon de plusieurs années, qui ont amoncelé toutes ces ruines. Les restes de l’âge héroïque de notre province disparaissent un peu chaque jour. Chaque jour une pierre qui tombe, une fleur parasite qui pousse, avancent la destruction des vieux manoirs, à l’ombre desquels ont dormi et guerroyé nos pères. Comme ces vieillards qui écrivent leur dernière volonté quand ils sentent l’approche de l’impitoyable visiteuse, nous avons pensé que l’heure était venue de former le double inventaire de ces demeures féodales qui s’écroulent et de ces élégantesvillasque l’aristocratie nouvelle a bâties sur leurs décombres. Cette pensée de recomposition n’est pas la seule qui ait animé l’œuvre que nous avons entreprise. À des symptômes trop souvent répétés pour être trompeurs, il nous a été permis de reconnaître que les écrits consacrés à l’histoire locale, après avoir été longtemps relégués dans l’ombre, avaient repris depuis quelques années une faveur nouvelle. On commence à sentir le besoin de renouer, entre le passé et le présent, cette chaîne que les graves préoccupations jetées dans les esprits par les événements politiques de ce siècle, avaient, pour ainsi dire, interrompue. Malheureusement, les vieux livres où se trouvaient consignés les fastes de notre province, n’ont pas été oubliés ou méconnus impunément. L’indifférence des hommes leur a été funeste : depuis quelques années, un volume desVariétés Bordelaisesde Baurein, un exemplaire de Lacolonie ou de Dom Devienne, sont devenus presque aussi rares que ces belles éditions de Cologne, dont la date remonte au premier siècle de la typographie. Le travail que nous publions pourra, nous l’espérons, combler, du moins en partie, le vide qu’a créé parmi nous la disparition des anciens ouvrages ; de nouvelles recherches, des renseignements puisés aux sources les meilleures, nous ont permis de compléter l’œuvre inachevée des premiers chroniqueurs.
À nos yeux,l’Histoire des Châteaux de la Girondene devait pas être seulement un recueil de notices consacrées à la description des ruines, des logis nobiliaires et des belles habitations de plaisance qui se rencontrent en si grand nombre dans notre département ; aussi avons-nous essayé d’élargir le cadre de notre publication et d’en faire autant que possible une sorte d’encyclopédie bordelaise, dans laquelle tous les grands souvenirs, toutes les actions d’éclat qui ont illustré le sol girondin, toutes les traditions qui ont survécu à l’action oublieuse du temps, toutes les légendes enfin qui peuplent encore nos campagnes, se trouvassent successivement rappelées. L’abbé Baurein, de Lurbe, Darnal et ses continuateurs, Devienne et Lacolonie, le savant Vinet et l’abbé Vénuti, Jean Bouchet et les frères Lamothe, ont donné sur l’histoire de notre province des détails qu’on recherche avec avidité ; nous avons cru être utile à nos compatriotes en empruntant à ces différents auteurs, et au premier surtout, les faits les plus dignes d’attirer l’attention. De nombreux passages desVariétés Bordelaisesont été cités textuellement ; d’autres, d’une importance plus secondaire, ont été résumés ; nous avons ainsi fait en sorte que l’histoire des châteaux, tout en ayant le caractère d’une œuvre inédite, pût en même temps être accueillie comme un abrégé de l’intéressant ouvrage de l’abbé Baurein. En donnant, d’ailleurs, cette forme à notre travail, nous n’avons fait que répondre à des vœux depuis longtemps formulés, et aux demandes d’un grand nombre de nos concitoyens, qui regrettent tous les jours de ne pouvoir rencontrer sur les rayons de leurs bibliothèques les œuvres du savant ecclésiastique dont nous venons de parler. Enfin, avant d’aborder notre sujet et de commencer la série d’études qui font l’objet de ce livre, nous avons pensé qu’il ne serait pas inutile de donner à nos concitoyens une idée de la physionomie pleine d’animation que présenta Bordeaux pendant le cours du moyen âge. C’est e donc au tableau de la vie bordelaise vers la fin du XV siècle, aux passions qui animèrent les hommes d’alors, aux sympathies et aux haines qui firent battre tant de nobles cœurs, que nous avons consacré les premières pages de ce volume. Ce récit était d’ailleurs nécessaire à l’intelligence des faits qui paraîtront plus loin sous les yeux de nos lecteurs. Un grand drame s’est joué jadis sur le sol paisible que nous foulons aujourd’hui. Il y eut dans la Guyenne, comme en Bretagne, des esprits indépendants, qui protestèrent pendant des siècles contre ce qu’ils appelaient l’invasion des étrangers, et ce qui n’était néanmoins que le développement naturel de la monarchie française. Ce sont ces luttes, ces oppositions sourdes ou déclarées, mais toujours renaissantes, que notre introduction a voulu mettre en lumière.