Transports, espace et logistique

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Le secteur des transports des pays en développement en général, et camerounais en particulier, souffre de problèmes de gestion. L'Etat fait des efforts pour la mise en place d'infrastructures de transport, mais ne s'intéresse plus à l'organisation et à la gestion de l'ensemble des activités attendues de ces investissements. L'Etat du Cameroun devrait être non seulement le pourvoyeur de ces infrastructures, mais aussi le garant de la gestion optimale des activités de transports.

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Date de parution 01 février 2012
Nombre de lectures 53
EAN13 9782296483040
Langue Français

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TRANSPORTS,ESPACE
ET LOGISTIQUE
Oumarou Mefiro TRANSPORTS,ESPACE
ET LOGISTIQUE
Préface de Touna Mama
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-96448-8 EAN : 9782296964488
PRÉFACE
« Transport, Espace et Logistique », c’est le titre de l’ouvrage que M. MEFIRO Oumarou nous présente. Je salue cette publication à un double titre. D’abord l’auteur, qui est l’un de mes anciens étudiants aux Universités de Yaoundé et de Bordeaux, n’a pas cessé de s’intéresser à la recherche, malgré les hautes fonctions de l’Etat auxquelles il a été légitimement appelé. Ensuite, l’auteur a le profil de l’emploi. Docteur en Economie des Transports, M. MEFIRO Oumarou est aujourd’hui secrétaire d’Etat auprès du ministre d’Etat, ministre des Transports de la République du Cameroun. M. MEFIRO Oumarou n’est donc pas seulement un homme politique ou un théoricien de l’économie des transports, mais un expert qui sait de quoi il parle. Pour en venir à l’ouvrage proprement dit, il est constitué de deux parties comprenant chacune trois chapitres. La première partie traite de transport et développement et concerne les trois premiers chapitres. Le premier chapitre, consacré aux théories spatiale et logistique, présente une analyse des fondements théoriques de l’espace. L’objectif de l’auteur est de ressortir les limites des théories classiques statiques de l’espace pour aboutir à une théorie dynamique de l’espace généralisable en tous lieux. Dans cette perspective, M. MEFIRO Oumarou situe la logistique au centre de son analyse, pour élaborer une théorie spatiale pour les pays en développement qui tienne compte de l’organisation du transport pour une régulation des moyens de déplacement des personnes, des biens et de l’information à moindre coût.
Pour notre auteur, la prise en compte de la notion de temps dans la théorie spatiale permet d’aboutir à l’indispensable complémentarité du temps et de l’espace dans la recherche d’un seuil optimum d’aménagement du territoire indispensable pour des pays en développement comme le Cameroun. Ce qui donne toute sa valeur à la logistique.
Le deuxième chapitre traite du contrôle de la production des flux des marchandises dans l’espace camerounais. Ici M. MEFIRO Oumarou met au centre de l’analyse la logistique qui prend une dimension stratégique en tant que vecteur d’une nouvelle culture d’entreprise. L’objectif recherché est de sensibiliser les professionnels, en leur expliquant qu’il faut éviter d’avoir une vision fractionnée des activités, et qu’il faut plutôt mettre en œuvre une
coordination optimale des fonctions d’approvisionnement , de gestion de production, de transport et de stockage-entreposage. Plus spécifiquement, l’auteur veut promouvoir un comportement logistique auprès des moyens chargeurs camerounais, c’est-à-dire ceux qui ne font pas partie des groupes multinationaux et qui veulent développer en toute indépendance une stratégie de distribution de leurs produits ; et attirer l’attention des autorités camerounaises sur les difficultés d’ordre technique et réglementaire auxquelles font face les professionnels, afin de les amener à adopter une réglementation idoine. Pour ce faire, l’auteur a mené une enquête qui lui a permis, d’une part, de montrer l’intérêt que les entreprises ont à accorder une attention particulière à la circulation des marchandises et d’autre part, de dégager les faiblesses actuelles du système qui concernent tant l’approche comptable des éléments formant la chaîne logistique que le fonctionnement du système de transfert des marchandises (stockage et transport). Le but recherché étant de parvenir à une organisation logistique performante au Cameroun. Le chapitre troisième fait un aperçu général du système de transport. Dans cet aperçu, l’auteur présente tour à tour les infrastructures de transport, le sous-système routier, le sous-système portuaire et transports maritimes, les infrastructures aéroportuaires et les transports aériens. La deuxièmepartie est consacrée à l’organisation de la chaîne de transport international. Dans le chapitre IV, l’auteur traite de l’organisation des transports. Ici, M. MEFIRO Oumarou montre non seulement que les transports jouent dans l’entreprise un rôle de plus en plus important, avec l’accroissement des échanges internationaux, à la faveur de la mondialisation ; mais aussi que la part des frais de transport dans le prix de revient des marchandises a tendance à augmenter en dépit de la décroissance des coûts de production. Dans le chapitre V qui traite de l’acte de transport, M. MEFIRO Oumarou présente successivement les notions de demande de transport, d’offre de transport et de chaîne de transport. Il montre en particulier l’importance d’une chaîne de transport lorsqu’on a affaire à un transport multimodal avec le souci d’offrir un service de qualité au moindre coût à une marchandise, qui doit emprunter plusieurs modes de transport (mer-rail-route). e Le VI et dernier chapitre est consacré à la maîtrise des procédures de vente à l’international.
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Pour M. MEFIRO Oumarou, l’optimisation d’une chaîne de transport international passe par la maîtrise des procédures de vente à l’international. Dans ce chapitre, l’auteur passe en revue les techniques de vente à l’international jusqu’aux opérations et procédures d’assurance et de paiement. Au total, M. MEFIRO Oumarou livre au public un ouvrage fort utile non seulement à ceux qui s’intéressent à l’économie des transports mais aussi à tous les professionnels des transports (transporteurs, armateurs, consignataires, agents maritimes, aconiers, assureurs…). Professeur TOUNA MAMA
Agrégé des Facultés des Sciences Economiques et de Gestion
Membre de l’Académie des Sciences Du Cameroun.
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INTRODUCTION
1 Dans les théories du développement , prévaut très souvent une approche globale, macro ou générale des problèmes des pays du Tiers-monde, ce qui n’en facilite guère une bonne compréhension. C’est qu’il vaut mieux insister sur une approche micro ou spécifique, laquelle conduit à analyser l’économie de ces pays, branche par branche, secteur par secteur. Ainsi, est-il possible d’en espérer une connaissance plus approfondie susceptible de renforcer, à bon escient, toutes les recherches qui sont menées pour trouver enfin des réponses objectives à tous les problèmes que pose le sous-développement (économique). Dans la présente étude, il est plutôt question de ne s’en tenir qu’aux problèmes des transports dans les Pays en développement (PED). A l’analyse, la plupart des travaux qui y sont consacrés se limitent en général à une plaidoirie du manque de moyens matériels. Mais, on insiste très rarement sur les problèmes qui découlent de l’absence d’une gestion optimale des acquis.
Il y a lieu de rappeler qu’il ne s’agit pas ici de faire l’apologie des théories de développement dans les PED, mais d’axer la réflexion sur l’impact d’un système de gestion du transfert spatial des flux de marchandises dans lesdits pays.
Il est à noter que sans une réelle organisation des transports, il est assez difficile pour un pays en développement de mener à bien son programme économique dans la mesure où c’est la flexibilité des échanges entre les régions qui justifie la bonne gestion d’une économie.
L’acquisition excessive de matériels de transport ne constitue pas nécessairement une des clefs du développement. Bien au contraire, elle peut plutôt être un facteur d’endettement extérieur (des pays en développement).
Par ailleurs, il faut se poser la question de savoir si les Africains sont capables de développer leurs économies, c’est-à-dire s’ils sont en mesure de procurer à leur population le maximum de bien-être possible par la génération périodique d’un surplus plus ou moins important.
Le problème ainsi posé, il est alors possible d’identifier les causes des échecs des politiques (quelles qu’elles soient) menées dans les PED et de formuler des critères indispensables pour qu’un Etat africain puisse être considéré comme capable d’œuvrer dans le sens du développement économique et social.
1  BADIE (B),politiqueLe développement , Paris, Economica, 1980 et WARRINER (D),Land reform in theory and Practice, Oxford University Press, London, 1963.
A la lumière des nombreuses analyses des économistes sur le développement en Afrique, force est de constater que ceux-ci font beaucoup plus allusion au problème de la pauvreté relative du continent, s’empressant d’expliquer que cette situation est due, soit à un manque de capitaux, soit à l’exploitation de l’Afrique par des pays développés. Il faut retenir que pour l’ensemble des théories de développement, la politique économique est traitée comme une donnée endogène des modèles, bien que les différentes écoles aient reconnu son importance. Pour se réduire à l’essentiel, il faut distinguer deux grandes écoles qui se 2 sont intéressées de très près aux problèmes de développement . La première que l’on peut qualifier d’orthodoxe se rattache à l’économie néoclassique traditionnelle tandis que la seconde émane du courant radical « marxisant ». I- Les orthodoxes libéraux et l’école de l’économie du développement Pour les théoriciens de cette école, le sous-développement de l’Afrique est dû, soit à un manque de capitaux, soit à la faible efficacité que peut avoir le capital dans ces pays. Le sous-développement ne peut alors qu’être transitoire à condition qu’on injecte suffisamment de capitaux dans l’économie, étant donné que les caractéristiques de celle-ci sont le retard accumulé dans le processus d’industrialisation et une « grande pauvreté ». Cette école est régie par deux courants de pensée : le courant néo-classique représenté par RANIS et FEI, A.W.LEWIS, ROSTOW et KUZNETS ; et le courant dit des « économistes du développement » où l’on retrouve les auteurs 3 tels que ROSENTEIN, RODAN, HIRSHMAN , NURSKE, CHENERY.
A- Le courant néoclassique
On peut considérer comme endogène le problème de développement alors qu’il est aussi exogène. En fait, il reste par excellence une variable prépondérante dans la compréhension de l’économie des pays africains.
Pour les orthodoxes, le sous-développement est un retard de développement, donc un phénomène passager susceptible de se résoudre naturellement avec l’industrialisation. Cette démarche conduit ses auteurs à diviser l’économie en secteur moderne et en secteur traditionnel.
2 JACQUEMONT, et RAFFINOTAccumulation et développement : dix études sur les économies du Tiers-monde, Paris, éd. L’Harmattan, Collection Bibliothèque du développement, 1985. 3 HIRSHMAN (A), “The strategy of economy Development”, New Haven Yale University Press, 1958.
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