Au coeur historique du vieux Marseille : les 4e, 5e, 6e et 7e arrondissements - Tome II

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Deuxième ville française par sa population, Marseille compte 111 quartiers répartis dans seize arrondissements. Après le succès du premier tome consacré aux 1er, 2e et 3e arrondissements, la visite des quartiers marseillais se poursuit. Ce sont cette fois les 4e, 5e, 6e et 7e arrondissements qui se dévoilent au fil des pages. Du quartier Saint-Victor, fondé par les Grecs, à celui de Notre-Dame, lieu d’une très ancienne dévotion médiévale, en passant par l’îlot d’If, à l’entrée du Vieux-Port, sur lequel trône une magnifique forteresse Renaissance, vous êtes encore au cœur historique de la ville. Mais en vous éloignant du centre, vous rencontrez des quartiers « neufs », ceux qui commencent leur extension au XVIIe siècle et la poursuivent, ou pour certains la commencent, lors du XIXe triomphant tels les Cinq Avenues, Lodi ou Baille. L’historien Michel Méténier et le collectionneur Fernand Revilla ont, une nouvelle fois, réuni leurs compétences pour vous présenter un recueil exceptionnel rassemblant plus de 170 cartes postales et documents anciens.

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Publié par
Date de parution 01 janvier 2014
Nombre de visites sur la page 13
EAN13 9782813816221
Langue Français

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Mémoire
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AU CŒUR HISTORIQUE
DU VIEUX MARSEILLE
TOME II
e e e eLES 4 , 5 , 6 ET 7 ARRONDISSEMENTS
Michel Méténier et Fernand RevillaMémoire
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AU CŒUR HISTORIQUE
DU VIEUX MARSEILLE
TOME II
e e e eLES 4 , 5 , 6 ET 7 ARRONDISSEMENTS
ESMémoire
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AU CŒUR HISTORIQUE
DU VIEUX MARSEILLE
TOME II
e e e eLES 4 , 5 , 6 ET 7 ARRONDISSEMENTS
Michel Méténier et Fernand Revilla
ES
Editions
Sutton Dans la même collection
Département des Bouches-du-Rhône
Aix-en-Provence La Ciotat
Allez, zou ! Marseille ! – L’invitation au langage Marseille – Littoral et gens de mer
Arles (Le pays d’) Marseille – Un siècle de chansons – 1848-1948
Aubagne Marseille et ses quartiers I & II
Au cœur historique du Vieux Marseille – Mazargues et ses calanques
er e e Les 1 , 2 et 3  arrondissements Miramas
Cabriès Peyrolles-en-Provence à Jouques (De)
Carry-le-Rouet Port-de-Bouc
Châteauneuf-les-Martigues – La Mède Port-Saint-Louis-du-Rhône
Châteaurenard – Chronique d’un siècle Saint-Loup – Entre eaux et collines – Marseille
Châteaurenard au fil de l’eau Saintes-Maries-de-la-Mer I& II
Éguilles Sausset-les-Pins
Ensuès-la-Redonne Le Rove et alentour Tarascon
Gardanne-Biver Trets
De nombreux ouvrages ont été publiés.
Un catalogue de plus de 2 700 titres est disponible sur simple demande
auprès de votre libraire ou aux Éditions Sutton.
Éditions Sutton
28, rue des Granges Galand
37550 Saint-Avertin
ePremière édition 3 trimestre 2014
© Éditions Sutton 2014
Tous droits réservés. Crédit photographique, droits réservés pour les ayants droit non identifiés.
erEn vertu de la loi n° 92-597 du 1 juillet 1992 portant création du code de la propriété intellectuelle,
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réservée à l’usage privé de la personne qui la réalise est autorisée, ainsi que les analyses et les courtes
citations, sous réserve de la mention d’éléments suffisants d’identification de la source (art. L. 211-3).
ISBN 978-2-8138-1622-1
ISSN 1355-5723
eDépôt légal : 3 trimestre 2014
Imprimé en UESommaire
Remerciements 6
Préface 7
Des mêmes auteurs aux Éditions Sutton 8
eLe 4 arrondissement 9
La Blancarde. Les Chartreux. Chutes Lavie. Les Cinq Avenues
eLe 5 arrondissement 33
Baille. Le Camas. La Conception. Saint-Pierre
eLe 6 arrondissement55
Castellane. Lodi. Notre-Dame-du-Mont. Palais de justice.
Préfecture. Vauban
eLe 7 arrondissement 101
Bompard. Endoume. Le Pharo. Le Roucas-Blanc. Saint-Lambert.
Saint-Victor
Index53
Bibliographie 156Remerciements
Deux regrettés amis sont à remercier pour les trésors cartophiles qu’ils avaient eu l’obligeance de nous
prêter. Messieurs Jean-Claude Bouze et Louis Roubaud sont toujours présents au fil de ces pages.
Louis Cellette, notre ami marseillo-viensois, a droit à notre reconnaissance illimitée pour ses
documents et l’empressement jamais démenti à nous aider.
Le Club cartophile marseillais mérite sans conteste de chaleureux et sincères mercis : organisateur
lui-même de belles expositions, il n’a pas hésité à se mettre en quatre (et parfois plus) pour nous
apporter de beaux documents. Que messieurs Albert Leibovitch, son président, André Blès,
vice-président, Marcel Doumenc, membre actif, reçoivent notre gratitude vraie.
Notre gratitude aussi à Jean-Pierre Golin.
Notre reconnaissance à Paul Tacussel pour ses témoignages familiaux.
Enfin, les services des archives, qu’ils soient départementaux ou municipaux, méritent sans contredit
nos vifs remerciements : nous ne sommes jamais déçus.
6Préface
Voici, dans cette deuxième contribution, la présentation de quatre nouveaux arrondissements
totalisant 20 quartiers marseillais. Et l’on peut encore parler, en partie, du « cœur historique » de
e la ville. Ne trouve-t-on pas dans le 7 arrondissement un quartier, celui de Saint-Victor, datant des
Grecs, de ces Phocéens venus d’Asie en 600 avant J.-C. ? Juste en face de la rive nord, ces antiques
Marseillais avaient creusé la pierre blanche pour y enterrer leurs morts. Ne va-t-on pas aussi monter
à Notre-Dame, colline et lieu d’une très ancienne dévotion médiévale ? Ne pourrait-on pas prendre
le bateau et aller sur l’îlot d’If, à l’entrée du Vieux-Port, sur lequel trône une magnifique forteresse
Renaissance ?
 Mais, nous éloignant du centre, nous allons également rencontrer des quartiers « neufs », ceux qui
e ecommencent leur extension au XVII  siècle et la poursuivent ou pour certains la commencent au XIX .
Marseille entame une dilatation empirique – le relief marseillais l’explique en partie – qui n’est toujours
pas finie. C’est la rive sud du port qui poursuit son extension : l’arsenal est démoli en 1781-1784, les
terrains s’urbanisent vite. Un quartier industrialo-portuaire côtoie une nouvelle zone résidentielle.
eLe XIX  siècle est le temps des lotisseurs, propriétaires de terrains qu’ils font viabiliser et dont le nom
résonne encore dans la cité : les frères Chave, Bernex, Baille… Des quartiers apparaissent : Longchamp,
les Cinq Avenues, Chutes Lavie… Le monde industriel poursuit lui aussi son développement.
 La Corniche s’ouvre, que les Marseillais n’hésiteront pas à envahir grâce au tramway. Le platane
devient l’arbre-roi des nouvelles grandes avenues.
 Grâce à l’arrivée de l’eau sur le plateau Longchamp, le précieux liquide coule à flots dans la ville. Les
temps de sécheresse et de maladie vont peu à peu s’estomper. On n’hésite pas alors à construire de
magnifiques fontaines.
Marseille change. Comment pouvait-il
en être autrement lorsque la population
passe d’environ 95 000 habitants en 1811
à près de 500 000 à la veille de 1900
et 600 000 à la veille du second conflit
mondial ?
7Des mêmes auteurs
aux Éditions Sutton
Saint-Victoret, Regards Croisés, 2011.
er e eAu coeur historique du Vieux Marseille, les 1 , 2 et 3 arrondissements, 2013.
Les Bouches-du-Rhône en 200 questions, 2013.
Marseille de A à Z, 2013.eLe 4  arrondissement
La Blancarde, Les Chartreux,
Chutes Lavie, Les Cinq Avenues
9e e e eAu cœur historique du Vieux Marseille – Tome II – Les 4 , 5 , 6 et 7 arrondissements
La Blancarde
La lecture de vieux plans marseillais fait apparaître un mas isolé dont le propriétaire avait pour
nom Blancard. Cette famille, outre qu’elle a laissé son nom au quartier, a, par quelques-uns
de ses membres, participé à l’histoire de la ville : on trouve ainsi un François Blancard, second
syndic en 1470 et premier consul en 1483, un Roustan Blacard, second consul en 1484 et 1497,
un sieur Jean, premier consul en 1531 et 1545. Le commandant du vaisseau Saint-Charles Pierre
Blancard (1741-1826), spécialiste de l’océan Indien et de l’Extrême-Orient, appartenait-il à cette
vieille famille marseillaise ? Signalons qu’à son retour de Chine, en 1789, il rapporta en France
les premières boutures de chrysanthème. On ne peut enfin oublier Louis Blancard (1831-1902),
archiviste en chef des Bouches-du-Rhône pendant quarante-trois ans, numismate et historien
reconnu.
 C’est essentiellement à partir de 1859, avec le développement ferroviaire et la création de la
ligne Marseille-Toulon, que le quartier va véritablement prendre son envol.
Population 1876 = 3 431 ha.
L’ouverture de la ligne Marseille-Toulon va dynamiser les quartiers est de la ville. Si la ligne de chemin
de fer est inaugurée le 25 octobre 1858, il faudra attendre 1904 pour voir la gare de la Blancarde
construite. Sur son emplacement était situé approximativement le « château » des Blancard qui aurait
erhébergé – mais sans aucune certitude – François 1 en 1516. Cela confirmerait la puissance de cette
famille marseillaise à l’époque.
10
Collection J.-P. Golin.eLe 4  arrondissement
Depuis 1904 existait au 37 boulevard de la Blancarde cette clinique chirurgicale dirigée par le médecin
accoucheur Henri Laugier. Par jeu, la nouvelle propriétaire, madame Davi (en noir sur le document),
décida, quelques jours avant la réouverture de l’établissement, de poser avec des amies en blouses
blanches médicales devant l’objectif du photographe Maurice Rebuffel.
11
Collection L. Cellette.e e e eAu cœur historique du Vieux Marseille – Tome II – Les 4 , 5 , 6 et 7 arrondissements
Le quartier reste incontestablement champêtre, seulement traversé par la bourgeoisie venue passer
la fin de semaine dans ses somptueuses villas. Ici, la campagne Fraissinet s’étend sur 5 500 m²
(elle comprenait presque exclusivement des vignobles bien exposés au midi, signale A. Bodin) et l’on
devine au loin le clocher Saint-Pierre. Enrichi dans la teinturerie et la blanchisserie, Hippolyte Fraissinet
créa sa société en 1871. Il mourut à la tête d’une belle entreprise possédant entre autres 100 dépôts
dans la ville, une usine et 18 magasins à Nice ! Pour les gens du coin, cette bastide (disparue vers 1959),
« La Maison Blanche », fut vite qualifiée de « château Fraissinet » !
12
Collection L. Cellette.
Collection J.-C. Bouze.eLe 4  arrondissement
Le Jarret (12,6 km), appellation d’origine gauloise signifiant « torrent, cours d’eau », est l’affluent le
plus important de l’Huveaune. Une bonne partie de ses eaux vient des massifs d’Allauch et de l’Étoile.
Rivière quaternaire au débit irrégulier et aux crues parfois catastrophiques, il descend du défilé
de Pichauris sur la commune d’Allauch et les moines de Saint-Victor attestent déjà de son importance
en 1 030 dans l’utilisation de son eau pour activer des moulins. En novembre 1317, lors des cérémonies
pour la translation des ossements de saint Louis d’Anjou (1274-1297), la Ville reçut les « Grands » du
moment, à savoir le roi Robert d’Anjou (1309-1343), frère du canonisé, sa femme et de nombreux
cardinaux. Le conseil de ville se vit dans l’obligation de construire un abreuvoir pour les centaines
de chevaux des suites royales ! L’eau du Jarret fut donc canalisée pour remplir les abreuvoirs et les
fontaines de la ville. « Le cours du Jarret a conservé longtemps son caractère champêtre, inondant de
ses crues saisonnières de vastes prairies où venaient paître vaches, chèvres et moutons. » (A. Bodin.)
Les productions maraîchères et jardinières lui doivent aussi beaucoup. Le long de ses berges, les
lavandières venaient laver le linge. Mais les contraintes de circulation liées au développement urbain
réussiront-elles à protéger ces bucoliques berges ?
13
Collection J.-C. Bouze.e e e eAu cœur historique du Vieux Marseille – Tome II – Les 4 , 5 , 6 et 7 arrondissements
Ce bâtiment appartient à l’histoire religieuse et spirituelle de Marseille. En 1623 s’installent dans la ville
des religieuses de la Visitation de Lyon et d’Annecy. La communauté grandit et construit son premier
monastère au Panier, les Grandes Maries. Une deuxième maison est érigée vers 1651, qui prendra
le surnom de « Petites Maries ». Dispersée par la Révolution, la congrégation, après des années
d’errance, s’installe en 1848 à la Blancarde. Les sœurs en repartiront pour Saint-Jérôme en 1933. Un
lotissement est autorisé à la construction : de l’ancien monastère ne resteront que la chapelle et les
bâtiments qui sont l’école Chevreul.
Madeleine Rémuzat (1696-1730), Anne Madeleine
en religion, est la mère visitandine qui introduisit
la dévotion du Sacré-Cœur à Marseille : après une
vision annonçant un danger pour la ville – il s’agit
de la grande peste de 1720 –, elle annonce la fin
de l’épidémie à condition qu’une fête solennelle
soit instituée en l’honneur du sacré cœur de
Jésus. Monseigneur de Belsunce (1670-1755), dans
une grande cérémonie sur le Cours, lui consacre
Marseille et le diocèse. Le 28 mai 1722, l’évêque
invite à perpétuité, chaque vendredi après l’octave
du Saint-Sacrement, les échevins à processionner
solennellement et entendre la messe aux Grandes
Maries d’abord puis à la Blancarde. De plus, un
cierge de 4 livres en cire blanche, orné de l’écusson
de la ville, est offert par le conseil. Ce vœu sera
acquitté par toutes les municipalités jusqu’en 1871,
repris en 1873 par la chambre de commerce.
14
Collection J.-C. Bouze.eLe 4  arrondissement
Une première chapelle avait été construite en 1848 par le propriétaire des lieux, monsieur Delestrade
qui, nous apprend André Camoin, la revendit le 2  octobre 1873 à monseigneur Place, évêque
de Marseille (1866-1878). Le quartier se peuplait : il avait besoin de religion. C’est sur le terrain d’un
paroissien généreux, Arthur Richard, en face de la vieille chapelle, que s’érigea l’église actuelle en 1901,
consacrée seulement en 1913 par monseigneur Fabre (1909-1923). L’architecte en fut Jean Séguela
et les donateurs furent madame Noilly-Prat (1825-1902), remarquable chef d’entreprise (absinthe,
vermouth et liqueurs), et le curé Joseph Lanteaume. À noter que ce dernier, mort en 1950, pour suivre
la tradition en tant que curé-fondateur, est enterré dans la tour de droite à l’entrée de l’église.
15
Collection J.-C. Bouze.