Chine
209 pages
Français

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Chine

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Description

Ce livre est l'oeuvre d'un Occidental curieux, amoureux de la Chine ; il est le fruit d'un long travail qui l'a conduit à faire revivre 5000 ans d'histoire. Un ouvrage simple et pratique à consulter au fur et à mesure des interrogations.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 novembre 2017
Nombre de lectures 0
EAN13 9782336802893
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Couverture
4e de couverture
Titre
Pierre DRAPEAUD





CHINE

CHRONOLOGIE SIMPLIFIÉE

Des origines à 1949













L’Harmattan
Copyright

© L’Harmattan, 2017
5-7 rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.editions-harmattan.fr
EAN Epub : 978-2-336-80289-3
LA CHINE ARCHAIQUE :
Histoire de la Chine.
(Chronologie)
Les débuts légendaires :
La création du monde :
Selon la légende, au commencement des temps, quand l’univers n’est alors qu’obscurité et chaos, une boule de gaz se solidifie pour former un énorme œuf de pierre.
Cet œuf abrite en son cœur un être fantastique qui grandit à raison de trois mètres par jour. Il se nomme PANGU (PAN KU). Il tient un ciseau dans une main, un maillet dans l’autre. Comme il ne cesse de s’épanouir, il est chaque jour plus à l’étroit dans sa prison de pierre. Ne supportant plus son enfermement, il décide de déployer toute sa puissance de colosse pour casser, à l’aide de ses outils, l’épaisse coquille.
L’œuf se brise en deux ; la partie supérieure donne le Ciel, la partie inférieure devient la Terre. Après ce travail gigantesque, qui a duré 18 000 ans, PANGU meurt : ses yeux deviennent le Soleil et la Lune, son souffle donne le vent et les nuages, et sa voix, le tonnerre. Ses membres se transforment en montagnes, son sang s’écoule en rivières et sa chair devient le sol. Sa sueur forme les gouttes de la pluie. Enfin, les puces et les poux de son corps sont à l’origine de toutes les créatures vivantes de notre terre.

Les tout débuts de « l’histoire » :

L’AGE D’OR. C’est l’époque des TROIS AUGUSTES (san houang) :
– l’Empereur céleste TIANHUANG ;
– l’Empereur terrestre DIHUANG ;
– l’Empereur humain RENHUANG.
L’homme vit alors dans l’innocence la plus parfaite ; il ne connaît ni l’impureté ni la tentation.

Le néolithique.

Viennent alors les CINQ SOUVERAINS :
– FU XI SHI , le « Grand tout puissant ». La tradition le considère comme le premier véritable souverain ; il aurait régné de -2852 à -2737. Il a une tête d’homme et un corps de serpent.
Son épouse est aussi sa sœur, NU WA SHI (ou Nü Gua ou Nû Kua). Il tient un compas, elle, une équerre. Il apporte la civilisation, l’ordre social. Il invente la première écriture (les huit trigrammes). Il crée l’institution du mariage. Il enseigne aux hommes la chasse et la pêche, l’élevage…
– SHENNONG , le « divin fermier » ( -2737/-2697 ). Il a une tête de bovin sur un corps d’homme.
Il développe l’agriculture et invente la charrue ; il sélectionne les graminées. Il étudie les plantes médicinales afin de trouver les remèdes qui guériront les hommes des maladies qui les menacent. Il identifie un grand nombre de plantes vénéneuses et trouve leur antidote. Il est à l’origine de la pharmacopée chinoise.
– HUANG DI (-2704/-2595 av J.C), l’« EMPEREUR JAUNE »
Il est le premier à être représenté comme un homme. Grand guerrier et sage souverain, il est entouré de ministres compétents. Il est l’inventeur du cycle sexagésimal pour l’estimation du temps, du char à bœufs, des bateaux, des armes telles qu’arcs et flèches…
Son épouse LEIZI , aurait inventé la soie (sériciculture et tissage).
On raconte que, de passage dans le Shandong nouvellement conquis, elle recueille un cocon et parvient à le dévider entièrement. Plus tard, alors qu’elle prend le thé, un cocon entier (avec sa chenille) qu’elle tient entre ses doigts lui échappe et tombe dans l’eau très chaude. Elle découvre ainsi qu’un cocon dévidé après avoir été ébouillanté peut donner un fil continu d’une longueur phénoménale.
– YAO (-2357/-2257)
L’empereur Yao est l’un des mythes fondateurs de la civilisation chinoise. Lorsqu’il monte sur le trône, en 2357, il a seize ans. C’est un souverain sage et vertueux, épris de justice. Après un règne de soixante dix ans, il abdique en faveur d’un jeune homme qu’il a remarqué et a qui il a donné ses deux filles pour épouses ; il se nomme SHUN.
– SHUN (-2257/-2207)
Le successeur de YAO est né dans le Honan. Mal aimé de son père qui lui préfère le fils qu’il a d’un second lit et qui tente même de le tuer, il se comporte toujours comme un fils aimant et vertueux. C’est pourquoi il prend place parmi les 24 exemples de pitié filiale.
A l’âge de vingt ans, il attire l’attention de l’empereur YAO qui, bientôt, l’associe au gouvernement du pays et en fait son « héritier » au détriment de son propre fils, ZHU.
On disait qu’il avait deux pupilles dans chaque œil, ce qui le rendait particulièrement rapide dans la perception des choses et lui permettait de gouverner avec plus de sagesse pour que son peuple vive dans la prospérité.
* * * *
Le Nord avec sa vaste plaine alluviale que traversent le fleuve Jaune (HUANGHE) et la Wei, son principal affluent, est le « berceau de la civilisation chinoise ». Il a vu s’épanouir les premières communautés organisées et naître les plus anciennes capitales impériales : Chang’an (XIAN), Luoyang, Kaifeng puis, plus tardivement, Pékin.
Néolithique.
Simultanément, dans le nord, des sociétés humaines (tribus et clans) abandonnent le nomadisme et se fixent, développant une organisation sociale, des techniques qui leur sont propres. En fonction des zones géographiques qu’elles occupent, elles sont classées en « cultures », dont les principales sont :

Culture de YANG SHAO ; -5000 / -1700 :
Dans le Hénan occidental et dans la vallée de la WEI (ou Weihe (le plus grand affluent du HUANGHE : fleuve Jaune ), les hommes bâtissent des villages aux maisons rondes ou rectangulaires entourées de petits murs de terre, au sein d’une communauté probablement matriarcale. Ils domestiquent le chien, le porc, ovins et bovins ; ils cultivent le millet, le blé puis le riz.
Ils fabriquent une poterie dure cuite à une température de l’ordre de 1000 degrés C ; très élaborée, elle est ornée de figures géométriques peintes en noir ou en rouge (parfois des dessins stylisés représentant des poissons ou des oiseaux).

Culture de LONGSHAN ; -3000 / -1600 :
Cette seconde culture néolithique se développe vers la mer, le long du Huanghe et sur la côte. Plus étendu, son domaine s’étend du nord au sud-est. La culture du riz se répand. L’élevage d’animaux domestiques prend une place de plus en plus importante (porcs, bœufs, chèvres, poules) ; la chasse perd de son intérêt vital.
Le cheval est à son tour domestiqué.
De type patriarcal, la société se hiérarchise ; entourés de murs en terre damée, les villages, plus importants sont construits pour durer.
Grise ou noire, la poterie, très fine, est extrêmement variée dans ses formes et dans son décor : Vases tripodes, pieds creux…

Au nord-est de la Chine, dans le bassin de la LIAO (LIAOHE, à l’ouest de la province actuelle du Liaoning), la Culture de HONGSHAN -5000 /-3000 est remarquable pour les objets funéraires qui ont été mis à jour composés de pièces de jade sculptées, d’une grande qualité artistique : dragon en forme de C, symbole probable d’une divinité, animaux (tortues, cigales, hiboux).
Dans la partie orientale, dans la dernière boucle du Yangzi (au nord du Zhejiang actuel, près de Hangzhou), la Culture de LIANGZHOU -4000 / -2500 qui se caractérise par des objets rituels en jade dont les étranges « cong », sortes de tubes ou de colonnes à quatre faces sculptées de bas-reliefs percées d’un trou cylindrique ; les disques de jade percés d’un trou en leur centre ou anneaux de jade appelés « bi »…

Le JADE :
Dès le plus haute antiquité, les Chinois recherchent les belles pierres ; ils les qualifient de « yu » ( qui signifie « belle pierre » ).
Le jade, appelé yu pour les mêmes raisons, est aujourd’hui classé en deux catégories :
– la néphrite, silicate de calcium, de magnésium, de fer du groupe des amphiboles. C’est un jade mou dont la dureté est inférieure à celle du verre.
– la jadéite, silicate de fer, de magnésium, de calcium, d’aluminium du groupe des pyroxènes. C’est une pierre dure, plus dense que la néphrite et plus rare, de couleurs variées : blanc, vert émeraude, vert pomme, rouge …
Dans la Chine ancienne, on utilise essentiellement la néphrite qui provient du Shanxi ou des environs de Changan, dans le Shaanxi. Elle peut être de couleur brun verdâtre, ocre, crème ou d’un ton neutre.
Concernant le néolithique, tous les objets mis à jour par les archéologues ont été exhumés de tombes d’aristocrates.

DEBUT de la PERIODE HISTORIQE :

– SIMA QIANG , l’un des tout premiers chroniqueurs de la Chine, écrit les « Mémoires historiques », la première histoire connue de la Chine.
Les œuvres des historiens qui l’ont précédé ont été détruites en -213 par le premier ministre de QIN SHI HUANGDI, LI SI (n’ont survécu à cet autodafe que les « Printemps et Automnes », chronique du royaume de LU accompagnés de deux commentaires, les « Dits des Royaumes » qui traitent de la même période, « Politiques des Royaumes combattants »).
Bien qu’il n’ait pu, de ce fait, avoir accès aux archives antérieures à cette époque, SIMA QIAN retrace l’histoire de la Chine depuis l’origine, c’est-à-dire depuis l’époque mythique de « l’Empereur Jaune » jusqu’à - 91, date à laquelle il termine ce travail.
Né en -145, dans le district de Hancheng (Shaanxi actuel) il est le fils de SIMA TAN annaliste de la cour de l’empereur WUDI de la dynastie des HAN de l’ouest. Il a eu l’occasion de visiter une très large partie de l’empire, notamment en accompagnant l’empereur, ou dans le cadre de missions. En -110, il succède à son père au poste d’annaliste. En -99, il est condamné à la prison et à la castration pour avoir défendu la mémoire d’un général exécuté après sa défaite devant par les armées des Xiongnu bien supérieures en nombre aux siennes. Réhabilité en -96, il devient secrétaire privé de l’empereur. Il meurt entre -86 et -74 av.

– En 1996, les autorités chinoises ont fait appel à plus de 200 experts (experts en histoire, en chronologie, en archéologie, en astronomie) ainsi qu’aux techniques scientifiques les plus modernes, pour tenter de faire débuter l’histoire de la Chine à une date plus exacte.
C’est ainsi que la chronologie des trois dynasties XIA, SHANG et ZHOU a été revue et achevée.
Selon les nouvelles datations, l’AN 1 de l’histoire de la Chine se situe en -2070, date qui correspond à la première année de la dynastie XIA.
– La DYNASTIE des XIA (HSIA), -2070/-1600 ; début de l’âge du bronze :
A l’origine, les XIA regroupent un certain nombre de tribus plus ou moins apparentées et proches les unes des autres, dont le territoire couvre le sud du SHANXI et l’ouest du HEBEI ; ils se sont associés à des tribus plus éloignées, les YI de l’Est. L’autorité sur cet ensemble est exercée alternativement par un membre des Xia ou un représentant des YI.
YÜ le GRAND des XIA a été choisi pour son prestige, sa notoriété dans le domaine de l’hydrographie (il a réussi dans l’aménagement des eaux, il a maîtrisé les inondations), de la « géographie », son autorité comme chef de clan.
Il se fait appeler « Fils du Ciel » et son corps est l’étalon des longueurs.
Suivant les conventions, c’est le chef des YI de l’Est, GAO YAO, qui est élu pour lui succéder. Mais celui-ci meurt peu avant YÜ le GRAND. Les XIA qui s’estiment les plus puissants, saisissent cette opportunité pour porter sur le trône QI, fils de YÜ.
Ainsi, cette dynastie des XIA se crée en fait à la mort de YÜ ; elle va durer 439 ans et comptera 17 rois :
QI se livre aux plaisirs et à la boisson. Son successeur, TAIKANG , ne s’intéresse pas aux affaires de l’état ; il est renversé par HOUYI du clan des YI de l’Est et meurt en exil. HOUYI est assassiné par un de ses proches, HANZHUO , qui prend sa place.
Après la chute de TAIKANG, son héritier est son frère cadet ZHONGKANG . Le fils de ZHONGKANG, XIANG , est tué par HANZHUO. L’épouse de ce dernier met un garçon au monde, SHAOKANG . Celui-ci, appuyé par quelques tribus défait HANZHUO et restaure la dynastie des XIA.
SHU , fils de SHAOKANG, devenu roi, repousse jusqu’à la mer les YI de l’Est. Elles font acte de soumission et reconnaissent la dynastie des XIA, acceptant ainsi le principe de monarchie héréditaire. Dès lors, c’est la notion d’Etat qui l’emporte sur le système tribal. Un appareil administratif se met en place qui joue en faveur de la centralisation.
Neuf autres princes XIA se succèderont ensuite.
La société se hiérarchise.
La Chine est divisée en neuf provinces qui doivent tribut au souverain ; les villages sont fortifiés.
Sur le bord du Yangzi, WU HAN est déjà un centre économique important.
Il semble bien que les chinois aient été alors des colonisateurs.
Le bronze est alors un métal précieux qui sert de moyen d’échange.
Artisanat et commerce se développent ; les hommes se déplacent en char ou en bateau ; ils découvrent l’écriture ; ils observent le ciel…
La dynastie disparaît à la suite de nombreux conflits sociaux. Le dernier roi des XIA, JIE , est un despote cupide et cruel ; il abuse de son pouvoir, ruine le pays pour son bien-être personnel, construit des palais. Il sera battu à la bataille de Mingtiao (aujourd’hui Fengqiu dans le HENAN) et renversé par T’ANG Prince de SHANG (SHANG TANG) , qui met fin à la dynastie des XIA et fonde la dynastie des SHANG.

L’Empire compte alors deux millions de chinois environ.
Age du bronze
– La dynastie des SHANG ou YIN, -1600/-1046 :
(D’après la légende, le grand ancêtre de la tribu des SHANG aurait aidé YU à maîtriser les rivières, il se nommait XIE).

SHANG TANG (ou CHENG TANG ; -1766 /-1755) , après dix sept ans de combats contre l’empereur JIE, balaye la dynastie des XIA. Une fois sur le trône, il fonde la dynastie des SHANG (qui comptera une trentaine de rois) ; il se comporte comme un souverain bienveillant et vertueux, exemplaire.
Il installe sa capitale à BO, dans le SHANDONG actuel (district de Caoxian).
Sous son règne, le pays traverse sept années de sècheresse.
A sa mort, deux de ses fils occupent le trône successivement : TAIDING qui meurt jeune, WAIBING son frère qui cède le pouvoir suprême à un autre frère ZHONGREN.
TAI JIA , le fils de TAIDING , est le quatrième roi de la dynastie. Son premier ministre tente en vain de le détrôner ; il est tué.
Sous le règne de ZHONGDING (qui succède à TAIWU, 10 ème roi des SHANG), le pouvoir est en crise ; les nobles se déchirent tandis que le peuple connaît la misère.
Le vingtième roi, PANGENG , transfère la capitale à YIN , située à proximité de l’actuelle AN- YANG, dans le nord du HENAN, laissant son nom à la dynastie qui s’appelle dès lors, dynastie des YIN ou YIN-SHANG .
WUDING , le vingt-troisième, est un guerrier. Pendant un règne de 59 ans, il étend largement son territoire en entreprenant des opérations militaires vers le SHAANXI, vers la Mongolie où il soumet des tribus puissantes ; vers le sud, il exerce son autorité jusqu’au Changjiang (Yangzi).
Considéré comme un grand souverain, il porte le titre de GAOZONG.
Ses successeurs ZUGENG et ZUJIA, préfèrent les plaisirs à l’exercice du pouvoir.
DIYI , le trentième, sort glorieux de plusieurs expéditions dans le sud-est, entre le HUAIHE et le YANGZI. Il transfère sa capitale à ZHAOGE dans le Henan (actuel district de QIXIAN). Le dernier prince régnant nommé ZHOU XIN (-1154/-1122), passe pour être le pire des tyrans ; pervers, jouisseur, buveur, débauché, entièrement sous le pouvoir de sa concubine, la très belle TA CHI (ou DAJI) particulièrement cruelle. Il construit de magnifiques palais, favorise la noblesse, mais il opprime son peuple, l’écrasant sous les impôts et les taxes. Il sera balayé par le prince de ZHOU (CHOU ou CHU ou Tchou).

Culte des ancêtres, divination et os oraculaires (jiaguwen) :
Lee culte des ancêtres est tout d’abord une prérogative royale. Le roi est alors le seul à pouvoir rendre un culte à ses ancêtres ainsi qu’à d’autres, représentant toute la communauté. Ces esprits, auxquels on offre des sacrifices (les victimes sont le plus souvent des animaux, parfois des êtres humains) sont des intercesseurs auprès des puissances célestes. Le roi, alors unique interprète de ce monde, est conseillé par les chamans, les devins et les magiciens, qui ont recours à la divination pour interroger ces esprits, notamment à l’aide d’inscriptions gravées sur divers supports (os oraculaires).
La plupart des inscriptions ont été trouvées sur des os plats (omoplates de bovins, plastrons et carapaces de tortues). Ceux-ci étaient exposés tout d’abord au feu, afin d’obtenir des craquelures qui servaient au devin, par l’interprétation de leur nombre et leurs formes, à trouver les réponses aux questions posées (scapulomancie ou plastromancie).
Ces questions sous forme de caractères gravés sur une seule face de l’os plat concernaient avant tout les sacrifices aux esprits, mais elles pouvaient aussi porter sur des sujets plus terre à terre comme le climat, la santé, la maladie, les récoltes, les crues, la chasse, la guerre et les victoires, la chance dans les dix jours à venir etc…
Très couramment et très fréquemment utilisé par le souverain et la cour, ce rituel, avec le temps, a pris une forme privée ; dans toutes les familles, l’autel familial occupe dès lors une place de choix au coeur de la maison.

L’étude et le décryptage de ces os oraculaires découverts en grand nombre, notamment à Anyang ont permis une meilleure compréhension l’écriture chinoise ancienne et de la civilisation des Shang.

Début de l’écriture chinoise ; du pictogramme à l’idéogramme :
Les inscriptions retrouvées sur les os oraculaires témoignent déjà d’une connaissance évoluée de l’écriture avec toute une technique de stylisation caractéristique qui va évoluer rapidement pour passer du pictogramme à l’idéogramme. Bien que très complexe avec le nombre impressionnant de caractères qui peuvent se créer, cette écriture typiquement chinoise tend à se généraliser dès cette époque.
Il s’agit par ailleurs d’un système d’un grand intérêt esthétique qui va inspirer les artistes et engendrer l’art majeur de la calligraphie. Les techniques utilisées sont déjà très avancées.

Astronomie : On procède déjà à une exploration systématique du ciel ; on utilise le gnomon (ancêtre du cadran solaire) pour connaître la hauteur du soleil dans la journée. On établit un calendrier lunaire ; on tente de définir l’année et l’on pense à utiliser des mois intercalaires.

L’agriculture et l’élevage :
Des progrès très importants ont été accomplis dans ces domaines. On commence à s’intéresser aux céréales qui permettent une longue conservation ; on cultive le paddy, le millet, le blé …
Dans le domaine animal, on apprivoise et on élève en nombre le bœuf, le mouton, le porc, le et cheval.

L’artisanat et l’art :
L’artisanat se compose principalement de poteries (on utilise déjà le kaolin), d’objets en os, de jades, de laques, ivoires de mammouth sculptés, et surtout de bronze.
Bien que la métallurgie du bronze (alliage de cuivre, d’étain et de zinc) soit récemment arrivée en Chine, en provenance probable du Moyen Orient, elle connaît sous cette dynastie un développement très important. Une grande partie de la production est consacrée aux armes, cependant que le reste relève du domaine de l’artisanat avec une créativité, un sens artistique exceptionnels et une qualité exceptionnels : vases tripodes, quadripodes, calices et autres objets aux formes et décors variés, souvent animaliers, utilisés tout d’abord lors des cérémonies et des sacrifices religieux.

Entouré d’une noblesse essentiellement familiale, (une vingtaine de familles) et prenant appui sur les chefs locaux, l’Empereur se nomme lui-même « Fils du Ciel » ( tianzi ; tian = ciel) ; il détient le pouvoir religieux et a la haute main sur l’administration.

C’est sous les SHANG que naît la notion d’« EMPIRE DU MILIEU » (ZHONGGUO). Le roi règne au centre d’une terre carrée, orientée suivant les cinq points cardinaux : le nord (BEI), le sud (NAN), l’est (XI), l’ouest (DONG) et le centre (ZHONG) où se situe le souverain.

C’est sous les SHANG qu’apparaissent les premières vraies cités ; elles sont entourées d’épaisses murailles de terre pour protéger l’aristocratie.
Les colons chinois assimilent les autochtones.
Centré sur le HENAN, de part et d’autre du Fleuve Jaune (Huang He), son royaume n’est pas très étendu. Ses voisins, qui font probablement partie du même groupe ethnique, ne reconnaissent pas son autorité ; ils sont considérés comme des barbares.
Les premiers vestiges SHANG ont été identifiés au début du XX ème siècle, lors de fouilles effectuées dans des tombes royales, à Anyang (Henan). Malheureusement, les drames qui ont frappé la Chine au cours de la période (1937 : invasion japonaise ; 1948 : la révolution communiste qui voit la fuite de JIANG JIESHI-Tchang Kaï-Chek et le départ de chercheurs pour Taiwan ; 1966 : révolution culturelle jusqu’à la mort du Président MAO en 1976) ont entrainé interruptions et reprises des chantiers ; ainsi, les recherches ont évolué au ralenti.
En 1976, près de cette ville, sous une colline, on découvre par hasard une tombe intacte ; il s’agit de la sépulture de madame HAO (FU HAO), épouse du roi WUDING des Shang. Malheureusement, située à 7,50 mètres sous le sol, elle s’est remplie d’eau et les archéologues ne peuvent ni la visiter, ni en faire un relevé. Ce qui favorise un certain pillage par les paysans. 1600 pièces, dont 195 récipients en bronze, 271 armes et 755 objets de jade peuvent néanmoins être sauvés.
Ce n’est qu’après la mort de Mao que les recherches peuvent reprendre activement et sérieusement.

Parmi les différentes productions artisanales telles que la poterie, les laques, le travail du jade, la plus remarquable concerne la métallurgie de bronze. Sous la dynastie des Shang,

Probablement originaire d’Asie occidentale, le bronze, combinaison de cuivre et d’étain, caractérise remarquablement l’époque des Shang. Les productions portent tout d’abord sur l’armement, alors largement utilisé, mais elles sont remarquables dans le domaine artistique ; en sffet,
– La DYNASTIE des ZHOU ou ZHOU occidentaux (Xizhou) ; -1046/-770 :
Vers –1100, les Shang sont supplantés par des guerriers venus de la vallée de la Wei, à l’ouest, les Zhou.
Ils assimilent rapidement la civilisation des Shang dont ils étaient déjà imprégnés du fait de leur voisinage. Ils adoptent leur écriture et maintiennent la plupart de leurs institutions.
Ce sont des défricheurs et des laboureurs obligés de devenir des guerriers pour repousser les incursions des tribus sauvages.

Vers -1000, le royaume des ZHOU ne représente qu’une petite partie de la Chine d’aujourd’hui ; il est composé, grossièrement, des provinces actuelles du Hebei, du Shanxi, du nord du Henan et du Shandong ; plus tard, il s’étend jusqu’au sud du fleuve HUAI (HUAIHE), vers les plaines du Bas Yangzi au sud.
A son apogée, le royaume s’étend, au nord-est jusqu’à la province du LIAONING ; à l’ouest, jusqu’au GANSU ; à l’est jusqu’au SHANDONG et au sud, jusqu’au YANGZI (Changjiang) et au-delà.
– Principaux rois de la dynastie (la dynastie des ZHOU de l’Ouest compte 12 rois) :
Les souverains Zhou n’utiliseront jamais le titre d’Empereur (DI) ; ils prennent le titre de ROI ( WANG ).

A la mort de ZHOU XIN, WU WANG , c.à.d. le Roi WU (règne de -1122 à -1115), prend le pouvoir et crée la dynastie des ZHOU . Il installe sa capitale à HAO, au sud de la rivière WEI. Tolérant et magnanime, il ne prend aucune sanction contre les fidèles de l’ancien régime ; il distribue les trésors du dernier roi des Shang à ses soldats et au peuple. Les femmes du harem de ZHOU XIN sont autorisées à rentrer dans leurs familles respectives. Il ouvre les prisons et libère les prisonniers.
Il meurt de maladie.

Son fils SONG lui succède et prend le titre de CHENG WANG , roi CHENG (règne : -1115/- 1078). Compte tenu de son jeune âge, la régence est assurée par son oncle le duc de ZHOU ( ZHOU GONG ) que WU a désigné avant sa mort. C’est un homme intelligent et consciencieux qui a le sens de l’Etat.
WU WANG, CHENG WANG et ZHO GONG sont considérés comme des héros.

Une rébellion éclate à l’est, fomentée par des nobles mécontents et des princes de la précédente dynastie que WU WANG avait épargnés. Le duc de ZHOU en vient à bout en trois ans, ce qui lui permet d’étendre la souveraineté des ZHOU jusqu’au cours inférieur du fleuve Jaune (Huanghe) et au fleuve HUAI (HUAIHE) au sud. Afin d’asseoir l’autorité du souverain il met en place une classe dirigeante composée de membres de la famille royale. En l’absence de liens du sang, la parenté se réalise par voie de mariage.
Le souverain distribue ainsi un grand nombre de fiefs (il y en aura jusqu’à 1500) qui, avec l’affaiblisssement du pouvoir, aboutiront plus tard au morcellement du royaume.
Pour exercer un contrôle et une meilleure administration des territoires de l’Est, il fait construire la ville de LUOYI (aujourd’hui LUOYANG) qui devient la capitale annexe, la capitale orientale, HAO se trouvant trop éloignée.
Lorsque le jeune roi atteint l’âge de dix-sept ans, le régent lui laisse le pouvoir. Son règne sera paisible et heureux.

Le cinquième roi de la dynastie, MU (règne : -1002/-947) est un guerrier dont les visées sont orientées vers l’Asie Centrale. La dynastie est alors au sommet de sa puissance.

Le dixième, le roi LI (règne : -878/-827) est un homme cruel et sans remords, qui fait régner la terreur. La situation devient si insupportable que les nobles se soulèvent, attaquent le palais royal. LI prend la fuite ; il mourra en exil quatorze ans plus tard. Le pouvoir est alors exercé par les ducs de ZHOU et de ZHAO (-841). Cette période d’interrègne est appelée GONGHE .
(La première histoire de Chine comprenant des dates précises remonte à cette époque).
Les ducs de ZHOU et de Zhao portent sur le trône le prince JING qui prend le nom de roi XUAN . Son règne est prospère, mais il entreprend des guerres contre des tribus de l’ouest et du nord qui ne seront pas toujours victorieuses et affaibliront son pouvoir.

Le douzième roi, YOU (-781/-770), est un homme cruel et borné. Le pays est constamment menacé par ses voisins et, tandis que grands et petits propriétaires d’esclaves se déchirent, les catastrophes naturelles suivies de famines jettent les paysans sur les chemins de l’exil.
YOU destitue la reine SHEN ainsi que le prince héritier pour prendre comme reine sa concubine favorite, la belle BAOSI dont il devient l’esclave, faisant du fils de celle-ci son successeur.
Le père de la reine SHEN réclame vengeance ; il s’allie à des tribus du Shaanxi, de petits états voisins pour attaquer ce souverain indigne qui, abandonné de ses sujets, sera tué en –771 au pied du mont LISHAN.
Pillée et saccagée, la capitale sera abandonnée par les ZHOU Orientaux et prise par le duc de QIN.

– Les ZHOU ORIENTAUX ou DONGZHOU, seconde dynastie des ZHOU (-770/-256) :
(Ils vont régner pendant 514 ans ; 23 rois vont se succéder).

Le fils de YOU lui succède, devenant le roi PING . Il rétablit le pouvoir avec l’aide des états de JIN, de ZHENG, de WEI et de QIN. Il déplace sa capitale plus à l’est, à LUOYI (Luoyang), débutant ainsi la période des Zhou de l’Est. Il n’a pas l’autorité suffisante pour tenir le pays et particulièrement ses féodaux, malgré les liens familiaux qui devraient les unir.
Pendant deux siècles, les ZHOU vont vivre dans la paix et la stabilité.
Le pouvoir central décline ensuite. La dynastie ne dispose plus de troupes suffisantes pour maintenir son autorité et assurer la défense de ses terres. Les grands féodaux prennent leur indépendance et se battent pour affirmer leur hégémonie les uns sur les autres ; le système se désagrège. Tout en reconnaissant l’autorité symbolique du roi, son autorité religieuse, ils deviennent les maîtres de leur fief ; ils ont leur capitale, leur propre cour et créent leur propre armée.
Les rois ZHOU règnent finalement sans pouvoir. Ils perdent leur autorité morale et ce qui leur reste de crédit lors des conflits avec les états voisins. L’empire se désintègre.
A partir de -722, débute la période traditionnellement appelée « période des Printemps et des Automnes ».
PERIODE DES PRINTEMPS ET DES AUTOMNES (-722/-481) :
C’est une longue période de transition, couverte par les annales des « Printemps et des Automnes » ( CHUNQIU ), et pendant laquelle une foule de petits états se forment progressivement, qui, dans la parfaite désunion se disputent le pouvoir. « Les Annales des Printemps et Automnes » (ZH’UN ZH’IU), serait la dernière œuvre littéraire de Confucius. « Printemps et automnes » qualifie l’ANNEE, du fait qu’à l’époque, on ne distinguait que deux saisons.
Il s’agit là d’une chronique de la principauté de LU qui couvre une période qui court de -722 jusqu’à -481 (deux ans avant la mort de Confucius) ; elle traite aussi des états limitrophes.
Pendant cette période, les états les plus forts partent à la conquête des petits (estimés à 1800 environ sous les Zhou de l’Ouest), de sorte qu’en peu de temps, leur nombre se réduit à une centaine.
Les principaux états de la période sont :
– l’état de JIN, situé au sud de la province du SHANXI, regroupe à côté de populations Han, des tribus RONG et DI ;
– l’Etat de QIN, qui occupe une partie de GANSU actuel et le centre du SHAANXI ;
– l’Etat de QI, à l’est, se trouve dans le SHANDONG actuel ;
– l’Etat de CHU, qui s’est créé au sud du HENAN jusqu’au Changjiang (le Yangzi) ; il constitue une menace permanente pour les Etats du nord.
C’est un état puissant dont les

Cependant que le grand royaume est en pleine crise, les petits états, plus anciens, tentent de se protéger, et, dans le nord, en -632, ils s’unissent tout en faisant acte « l’allégeance au roi des ZHOU ». Ils parviennent à faire reconnaître le duc HUAN, souverain de l’état de QI (Ch’i) dans le Shandong, comme PA ( HEGEMON ou Président) de la confédération chinoise.
A la mort de celui-ci, en -643, l’état de QI n’est plus en mesure de maintenir sa prédominance, de sorte qu’après de dures querelles suscitées par la succession, la présidence revient au duc WEN de l’état de JIN (celui-ci devient roi de QI en -636).
En -632, l’Etat de CHU nourrit des ambitions expansionnistes, vers le nord notamment, mais il est arrêté par les armées coalisées de JIN, de QI, de QIN et de SONG conduites par le duc WEN, à la bataille de Chengpu (aujourd’hui Linpu, dans le SHANDONG) alors qu’après avoir rallié plusieurs petits états, il s’attaque à l’Etat de SONG (au sud du Shandong actuel). Après -627, date de la mort de WEN, la noblesse prend le pouvoir dans l’Etat de JIN ; le gouvernement devient l’affaire de six familles. Ce phénomène touchera bientôt les autres états, dont l’état de QI.
Les conflits entre CHU et JIN deviennent incessants. En -597, les JIN sont battus ; déjà maître du sud, le royaume de CHU est devenu le plus puissant (son roi se nomme ZHUANG). En -562, les nobles parviennent à se partager l’Etat de LU (patrie de Confucius) qu’ils divisent en trois districts ; ils permettront au duc de survivre en lui payant tribut.
En -546, à l’initiative de l’Etat de SONG un accord de paix est conclu avec les grands états de la vallée du Huanghe, dont il résulte que : les huit petits états SONG, LU, ZHENG, WEI, CAO, XU, CHEN, CAI conviennent de payer tribut à l’Etat de CHU et à l’Etat de JIN ; les Etats de QI et de QIN font allégeance à ces deux « grands » qui se partagent la suprématie. Deux nouveaux Etats voient le jour dans les régions du Bas-Yangzi : le WU et le YUE.
En -506, l’Etat de WU attaque le CHU ; victorieux, il s’empare de la capitale, Yingdu et met en fuite le roi ZHAO qui appelle le QIN à son secours. L’état de YUE passe à l’attaque et met en péril les forces de WU qui doivent abandonner la terre de CHU.
En -494, l’état de WU combat l’état de YUE et parvient à le soumettre.
En -482, le prince FU CHAI de WU se trouve dans le Henan (à Huangchi) où il participe à une réunion avec les princes d’autres états dans le but d’obtenir l’hégémonie, jusque là détenus par le prince de JIN. L’état de YUE profite de son absence et s’emparer de SUZHOU, la capitale de WU. Cette conquête marque la fin de WU.

Age de fer.

– Les ROYAUMES COMBATTANTS (ou Etats combattants : Warring states ) -475/- 221 : Les principautés se sont organisées en Etats ; les anciens vassaux des ZHOU sont à la tête d’entités territoriales délimitées par des frontières relativement stables et souvent protégées du voisinage et des « barbares » par des murailles. Les états les plus forts ont absorbé les plus petits ; la Chine du Nord est le théâtre de luttes destructrices incessantes. Aux frontières septentrionales, les incursions des Barbares se font de plus en plus fréquentes.
L’état de ZHOU est devenu si insignifiant que plus personne ne prête « serment d’allégeance » à son roi.
C’est vers cette époque que les Chinois commencent à utiliser les baguettes pour cuisiner et saisir les aliments lors des repas..

L’année -453 voit le démembrement de l’Etat de JIN qui donne naissance à 3 Maisons vassales : HAN, ZHAO et WEI. Avec les Etats de QI, CHU et YAN, ils constituent les SEPT ROYAUMES COMBATTANTS.
Géographiquement, ils se répartissent de la façon suivante :
ZHOU au sud ;
ZHAO, au nord ;
YAN, au nord-est ;
QIN, à l’ouest ;
QI, à l’Est ;
HAN et WEI, au centre.
Ces états ont leur organisation propre : ils disposent d’une administration avec sa bureaucratie ; ils sont tous militarisés.

L’état de WEI, dans le Shanxi actuel, est l’un des plus puissants et des plus prospères ; son chef, le marquis de WEI est un homme éclairé qui sait s’entourer de collaborateurs compétents. Il met en place un système qui permet de stabiliser les prix et qui favorise à la fois le cultivateur et le consommateur, le gouvernement jouant le rôle de régulateur selon que la saison a été bonne ou mauvaise. Cette mesure importante a pour effet de maintenir la paix sociale et l’unité dans le pays, contribuant aussi à son enrichissement. Malheureusement, les aristocrates, dont le rôle est souvent déterminant, comme dans la plupart des autres états, agissent avant tout dans leur propre intérêt.
Les conflits sont toujours présents ; chaque état se trouve sous la menace permanente d’ennemis extérieurs.
C’est dans cette période troublée et obscure qu’apparaît, à l’ouest du HUANGHE (fleuve Jaune), protégé naturellement par les montagnes, l’état de QIN .
Les QIN sont des barbares RONG, venus de l’ouest, qui se sont sinisés.

Les débuts de la GRANDE MURAILLE :
Techniquement, il s’agit d’un appareil rapidement construit : sur des assises de granit, deux murs de briques sont élevés parallèlement l’un à l’autre, distants entre eux de huit mètres environ, laissant un espace qui sera comblé par de la terre et des gravats jusqu’à la hauteur de ceux-ci.

Déjà, dans le courant du septième siècle avant notre ère, l’état de QI, établi dans le Shandong, avait construit une muraille au sud de son territoire pour se protéger des agresseurs du sud, les CHU.
De son côté, l’état de CHU avait monté des fortifications à ses frontières est, nord et ouest.
Au cinquième siècle c’est au tour de l’état de QIN de réaliser une muraille devant la menace des JIN à l’est.
Aux quatrième et troisième siècles av. J.C. pour arrêter les incursions fréquentes des Xiongnu (les Xiongnu, terme qui signifie « puants » sont les Huns de Mongolie, ancêtres des Turcs et des Mongols du « Moyen-Age »), les royaumes de QIN, de ZHAO, de YAN, construisent des remparts le long de leurs frontières du nord-ouest et du nord :
Le QIN, a l’ouest, depuis le sud-est du GANSU jusqu’au N.E de la boucle du Huanghe.
Le prince WULING de l’état de ZHAO, élève plusieurs murailles tout le long de sa frontière septentrionale, depuis la partie nord de la grande boucle du Huanghe jusqu’au Hebei actuel ; de même, l’état de YAN au nord-est, protège ses limites nord jusqu’au LIAONING actuel.

Evolution de l’art militaire :
Pendant deux siècles et demi, les Royaumes Combattants se livrent des combats acharnés ; pour ne pas être absorbé par son voisin, pour ne pas disparaître, chaque état se doit d’être puissant.
Cette période, particulièrement mouvementée et riche en courants de pensée (les trois Sages de la Chine) connaît une véritable révolution dans l’art militaire.
Pour combattre avec les mêmes armes que les barbares, le roi de ZHAO le premier, abandonne la « charrerie » au profit de la cavalerie (il crée un corps d’archers à cheval), bientôt suivi par son rival, le roi de JIN qui, à cette nouvelle arme, ajoute des corps d’infanterie légère. Dans le même temps, les machines de siège apparaissent, de même que les catapultes.
Le célèbre « traité sur l’art de la guerre » (le Sunzi bingfa) daterait de cette époque. Il est attribué à SUN WU, appelé « Maître SUN (Sun Ai ou Sun Tzu). Comme Mozi qui, lui, prône l’amour (cf. infra), il est originaire du royaume de QI et le peu que nous savons de sa biographie dont la véracité a été mise en doute, nous vient se Sima Qiang.
Ce « traité de l’art de la guerre » est le plus ancien traité de stratégie militaire connu ; c’est une œuvre remarquable et étonnante de « modernité ». Au vingtième siècle, Mao Zedong saura tirer profit de son enseignement quand il s’agira de mettre au point les techniques de la guérilla.
Voici quelques points importants relevés dans son discours. Ainsi :

– En période de guerre, le général a tous les droits. Il doit avoir une connaissance parfaite de ses propres forces et moyens, de ses faiblesses.

– L’art de la guerre, c’est avant tout l’art du mensonge.
Sur le plan stratégique, il faut savoir utiliser la ruse, tromper l’adversaire ; ne pas craindre de passer pour incapable à ses yeux. Paraître faible alors que l’on est prêt.
Jouer sur l’effet de surprise.

– Attaquer lorsque le désordre s’installe chez l’ennemi ; lorsque ses forces s’éparpillent, se concentrer sur quelques points. Susciter la débandade…

– Pour réussir, il faut savoir prévoir. La prévision est essentielle et repose sur l’information, sur les renseignements que l’on peut obtenir sur le camp adverse. Il est alors indispensable de disposer d’un réseau d’agents infiltrés dans la place. C’est ce que l’on appelle aujourd’hui l’espionnage. Il faut savoir qu’il y a cinq sortes d’agents.
A ce sujet, Maître SUN a dit :
« Les agents indigènes se recrutent parmi les gens du cru, les agents intérieurs parmi les fonctionnaires, un agent retourné est un agent ennemi dont nous avons acheté les services, un agent sacrifié est un espion chargé de transmettre de faux renseignements aux services ennemis, un agent préservé est un espion qui doit revenir sain et sauf avec des informations... » (« L’art de la guerre de maître Sun »- traduction Jean Lévi. Hachette).

Les Royaumes Combattants et le progrès :

Les luttes incessantes contre les Barbares d’une part, les conflits entre états d’autre part, n’ont pas empêché le développement, tant matériel que spirituel :

– Protégées par les murailles aux limites des états, les terres agricoles se sont étendues du fait d’un défrichement important, mais aussi grâce aux travaux d’irrigation qui ont été entrepris (canaux pour l’irrigation mais aussi canaux pour le transport). D’autre part, l’utilisation de la charrue, maintenant plus efficace parce qu’équipée d’un soc de fer, a largement contribué à l’amélioration des rendements.
– Le fer apparaît en Chine du nord vers le sixième siècle et se généralise rapidement (les armes de fer remplacent celles de bronze). La maîtrise de la fonte du fer entraine le développement d’une industrie prospère. Il est largement utilisé pour fabriquer des armes (qui remplacent celles de bronze), des ustensiles, des plats et contenants divers destinés à la cuisine.
– Le commerce a pris de l’importance et s’organise en réseaux ; les marchands deviennent de plus en plus nombreux et s’enrichissent rapidement. Les villes deviennent des centres commerciaux importants.
– L’artisanat qui jusque là dépendait de l’aristocratie régnante se démocratise et se développe.
– La monnaie métallique se normalise ; une monnaie de cuivre remplace les différents morceaux grossiers de ferrailles diverses utilisés dans les échanges. Il s’agit d’une petite pièce ronde percée en son centre d’un trou carré.
– Dans le domaine médical, on sait prendre le pouls, on commence à pratiquer l’acupuncture, on a recours au massage pour soigner. La pharmacologie devient une discipline indépendante de la magie.
– L’astronomie devient plus scientifique ; on enregistre les chutes d’aérolithes, on suit les mouvements des grosses planètes, on mesure l’orientation des étoiles. On invente calendrier de 365 jours et six heures…
– La prospérité qui résulte de ces progrès joue en faveur de la démographie.
La céramique ; débuts de la porcelaine :
L’un des grands objectifs des potiers, sous la dynastie des Shang, consiste à trouver le moyen de fabriquer une poterie blanche et dure. Après de nombreuses tentatives et au prix d’une sélection sévère des matériaux, en élevant très fortement la température des fours, ils parviennent à obtenir une sorte de porcelaine de qualité médiocre que l’on appelle protoporcelaine .
Les premiers objets de terre blanche sont utilitaires et imitent les modèles de bronze, qu’ils remplaceront bientôt. Leur surface est grossière ; la glaçure est d’un vert tournant au jaune.
Les céladons qui ont été retrouvés dans les tombeaux, notamment dans l’ANHUI, montrent que les potiers utilisaient déjà une terre à porcelaine, que leurs fours pouvaient atteindre les températures requises pour une cuisson optimale (minimum 1200°). En termes de dureté et de perméabilité, ils présentent des propriétés équivalentes à ceux qui seront fabriqués plusieurs siècles plus tard.
A partir de cette époque, les poteries cuites à basse température, disparaissent progressivement parmi les objets funéraires.
Dans le domaine des arts , on assiste à une surenchère de luxe qui résulte de la « concurrence » entre états.

– Le ROYAUME de QIN :

La réforme de WEI YANG (-359) :
WEI YANG est un membre de la famille régnante de l’état de WEI qui a choisi de servir l’état de QIN. Ministre du duc Xiao du royaume de QIN , c’est un grand réformateur ; il réforme l’agriculture pour améliorer la productivité, l’administration, encourage le travail, gratifie les bons soldats, crée une hiérarchie selon les mérites … ce qui a pour effet qu’il est détesté de la noblesse, de la classe possédante. De sorte qu’à la mort de son maître et protecteur, le duc de Xiao, il est mis à mort avec sa famille par le nouveau monarque (il est écartelé entre les chars en -338).
La réforme de Wei Yang a néanmoins un effet durable et renforce considérablement la puissance de l’Etat de QIN où s’impose une discipline de fer.
Les QIN partent à la conquête des royaumes du bassin du Huanghe et de la vallée du Yangzi.
Leur cruauté est légendaire (en –331, ils décapitent 80 000 hommes de l’armée de Wei ; en - 318, ils mettent fin à une coalition des Wei, des Han et des Zhao et coupent 82 000 têtes ! ! !).

De –230 à –221, le royaume de QIN, sous l’autorité de YING ZHENG fait la conquête de l’Etat de Han et annexe successivement les Etats de Zhao, Wei, Chu, Yan et QI.

C’est Ying Zheng, le plus célèbre des souverains de ce royaume qui sera bientôt le premier empereur : QIN SHI HUANG DI.
* * * * *
– Les GRANDS SAGES et les grands courants de pensée philosophique qui vont marquer pour des siècles la civilisation chinoise voient le jour dans la période ; période particulièrement troublée (Printemps et Automnes et Royaumes combattants) pendant laquelle les penseurs ont tenté d’imaginer une société idéale.

LAOZI ou LAO TSE (ca.-570 /-490) : Bien que SIMA QIAN l’ait fait naître au pays de ZHOU (ou CHU), au village de Huxian, son existence n’est pas assurée. La légende en fait un contemporain de Confucius, né vers –604. Il serait né avec des cheveux et des sourcils blancs (LAOZI signifie « vieux maître »), ce qui a fait de lui le dieu de la longévité, connu sous le nom de SHOULAO ; reconnaissable à son énorme crâne difforme, son front proéminent, il tient un long bâton noueux qui se termine en tête de dragon.
LAOZI est considéré comme le fondateur du TAOISME .

On lui attribue, avec un fort degré d’incertitude, le « DAO DE JING (Tao Te King) », le « livre de la voie et de la vertu », texte fondateur du TAOISME. Cet ouvrage n’aurait été rédigé que vers la fin du IVéme /début du III ème siècle avant notre ère.
C’est une œuvre composite, hermétique, composée de 24 courts chapitres qui se répartissent sur deux grandes parties, la première traitant de la VOIE (Dao) l’autre de la VERTU (De). Les maximes qui le composent peuvent prêter à différentes interprétations.
Avec le ZHUANGZI, le Daodejing constitue la clé de voûte du taoïsme.
Le ZHUANGZI porte le nom d’un petit fonctionnaire du gouvernement de l’état de SONG (-369/-286) devenu célèbre pour avoir été le principal auteur de cette œuvre. C’est l’ouvrage le plus important du taoïsme philosophique.

Le LIEZI , du nom de son auteur, philosophe dont Sima Qian ne fait pas mention dans ses « Mémoires historiques » et qui pourrait être un personnage imaginaire, se réfère au taoïsme ancien. Ce livre qui regroupe entre autres des textes anciens, pourrait être contemporain de Laozi ou de Zhuangzi, ou même postérieur de plusieurs siècles. Il compte huit livres, 33 chapitres.

Le TAOISME (école du DAO) trouve ses sources dans les croyances traditionnelles anciennes au sein desquelles la magie occupait une place importante. C’est à l’époque des Royaumes Combattants que se sont précisées les notions de QI, de DAO, de YIN/YANG qui imprègneront désormais la plupart des courants de pensée.
Contrairement au confucianisme qui est pragmatique, le taoïsme est ésotérique et individualiste. C’est une métaphysique.
L’Ordre Universel est d’origine surnaturelle.
Le QI apparaît comme le souffle de la vie, « mais plus encore que le souffle qui anime les êtres vivants, le qi est le principe de réalité unique et un qui donne forme à toute chose et à tout être de l’univers, ce qui implique qu’il n’existe pas de démarcation entre les êtres humains et le reste du monde… » (Anne Cheng : « Histoire de la pensée chinoise »- Points Seuil. 1997). Il est le souffle du cosmos.

Principe fondamental qui régit l’Univers, « le DAO est au-dessus des choses visibles, il ne peut être appréhendé ni par les mots, ni par le silence…
Il a existé de toute éternité ». Il est dans tous les êtres, il est dans tout.
Le DAO (Tao) est une notion que l’on ne devrait pas nommer avec des mots. Ce n’est pas un dieu ; il pourrait être défini comme le principe primordial de l’Univers, auquel tout être doit se conformer ; le Dé (ou Tö), comme le même principe mais exprimé en force vitale, sans la moindre notion de morale.
« Le tao (dao), c’est le chemin, la voie qui mène à la rectitude morale, à l’art de bien conduire sa vie, à la communication entre le surnaturel et l’humain. Si l’homme est le trait d’union entre le ciel et la terre, il ne peut parvenir à cet idéal que par la vertu. Le philosophe taoïste médite sur la cause première de l’univers et ne peut le faire qu’à travers une extase solitaire qui le conduit à une union parfaite avec le cosmos ». (D.Huisman et M.-A. Malfray : « Les plus grands textes de la philosophie orientale. Albin Michel.1992)
C’est par la méditation que l’homme, faisant abstraction de son être propre, ainsi que des illusions qu’apportent nos sens, se fondra dans la Création. Dans la contemplation de la Nature, le sage parviendra à l’extase qui lui permettra de s’identifier au Principe Primordial.
La participation au dao implique le choix du non-agir (wu wei), c’est-à-dire la volonté de rester dans l’ordre cosmique originel en suivant l’ordre naturel des choses sans vouloir changer quoi que ce soit.
Le dao n’est pas une notion exclusivement taoïste ; la plupart des écoles philosophiques chinoises l’ont adopté selon une interprétation qui leur est propre.

Le taoïsme prendra son essor plus tard, vers le deuxième siècle ; il aura alors incorporé divination, alchimie et magie, de même que le système YIN-YANG qui repose sur la notion de deux forces à la fois opposées et complémentaires. A l’origine, YIN désignait l’ubac, le versant nord d’une montagne et YANG l’adret, son versant ensoleillé.
Avec le Taoïsme, le YIN et le Yang prennent une signification philosophique qui se trouve expliquée dans le Yi Jing (ou Yi King : Le livre des mutations).
Ainsi, le Yang, symbolisé par le Dragon et associé à la couleur bleue, exprime le Ciel, la Vigueur, le Masculin, le Pénétration, la Monade (unité parfaite).
Le Yin, symbolisé par le Tigre et caractérisé par la couleur orange, exprime la Terre (antithèse du Ciel), l’Obscurité, la Passivité, la Féminité, la Dualité (le couple).
Le symbole Yin Yang est représenté par un cercle que le noir et le blanc se partagent de façon harmonieuse, en parts rigoureusement égales, chacune étant marquée d’un petit cercle de la couleur opposée, soulignant ainsi leur nature complémentaire : elles sont opposées mais complémentaires pour former le Tout.

Le FENG-SHUI , terme qui signifie « vents et eaux » découle de ce principe. Il mêle à la fois géomancie et aéromancie.
Ce système serait entré en application sous les SONG, au quatrième siècle avant notre ère.
Son objectif consiste à mettre en harmonie les lieux, les habitations des vivants et des morts avec les principes cosmiques du YIN et du YANG.
Il permet au géomancien (« fengshui xiansheng ») de déterminer le choix de l’emplacement du lieu à construire ou à aménager.

CONFUCIUS et l’école des lettrés (forme latinisée de K’ung Fu Tzu ou Kongfuzi-551/- 479).Il naît dans l’état de LU (Shandong actuel), à Nishan, près de QUFU et grandit à QUELI.
Né de l’union irrégulière « entre un noble d’âge mûr, Shuliang He (né en -592) dont le nom de clan était Kong, et une jeune femme de dix-neuf ans, Yan Zhengza … Il n’a que trois ans lorsque son père meurt ; il est élevé par sa mère.
« …vers sa trentième année, quand il commença à enseigner et avoir des disciples, on lui conféra le titre de Kong zi (« Maître Kong ») et, après sa mort, de Kong Fuzi (« L’Illustre Maître Kong »). Ce dernier titre fut latinisé en Confucius par les missionnaires jésuites au XVII ème siècle…. »(Charles Le Blanc : « Philosophes confucianistes »-La Pléiade- Gallimard)
Très tôt, il prend conscience de la décrépitude dans laquelle se trouvent les petits royaumes, mais aussi l’Empire. Il est très attaché aux rites.
Comme Socrate, il n’a rien écrit mais son nom est associé à des œuvres majeures qui vont structurer l’élite chinoise ; c’est en effet, l’école confucéenne qui donnera naissance à la classe des Lettrés.

L’homme, par son comportement, agit sur la nature. C’est par le respect des rites, des traditions et des règles naturelles que l’on peut assurer l’ordre universel ; si l’harmonie règne entre les hommes, elle règnera sur l’Univers entier, sachant que la persuasion doit toujours l’emporter sur la force. Ce qui implique des devoirs réciproques (devoirs de chaque groupe social et devoirs du souverain envers le Ciel et envers son peuple) dans le respect de la hiérarchie et souligne l’importance de l’éducation et sa nécessité.

On lui attribue les œuvres suivantes :

A- LES CINQ CLASSIQUES (WUJING) :
1°/ Le livre des mutations (YIJING) : manuel de divination.
2°/Le livre des odes, qui comprend 305 poèmes.
3°/Mémoires sur les rites.
4°/Canon des documents (actes rédigés parles scribes royaux).
5°/Les Printemps et les Automnes ou Annales de la principauté de YU : une description de l’état de LU de -722 à -479.

B-LES QUATRE LIVRES (SISHU).
Toute sa pensée s’exprime dans les « QUATRE LIVRES » :
1°/-le LIUN YU : les Analectes ou entretiens de Confucius ;
2°/-le DA XUE (La grande étude).
3°/-le Zhong Yong (l’invariable milieu)
4°/-le MENG-ZI, recueil de citations et de commentaires sur l’enseignement de Confucius (cf : infra Mencius).

Après les destructions de QIN SHI HUANG DI (cf. infra), l’œuvre a pu être reconstituée sous les HAN (de nombreux manuscrits ont été retrouvés, cachés dans les murs des maisons et dans les tombeaux).

En fait, le peu que nous savons de Confucius nous vient des « ANALECTES », titre utilisé pour désigner le LIUN YU (LIUN YU : LIUN signifiant examiner une question et YU, répondre et expliquer) ce qui veut dire « Explications et Réponses ». C’est une œuvre écrite par des disciples et des disciples de disciples qui daterait de la fin du IV ème ou du début du V ème siècle avant J.C ; chaque chapitre commence toujours par la formule « Confucius disait » ou « le Maître dit » suivant les traductions. Les Analectes révèlent sa personnalité, sa pensée, son enseignement, son humanisme et sa pensée pratique. Ils sont constitués essentiellement de réponses faites par Confucius.
Le confucianisme est fondamental dans la culture chinoise.

MENGZI (« philosophe Meng » ; forme latinisée : MENCIUS), né un siècle après la mort de Confucius, dans l’état de Zhou, en –372 (il meurt en –289). Très tôt orphelin de père, il est élevé par une mère qui saura découvrir ses talents. Il a été l’élève du petit fils de Confucius. Il est professeur et son enseignement est confucéen. Il condamne la tyrannie et imagine un gouvernement fondé sur la bienveillance, car l’homme est bon par nature, dans le respect de la hiérarchie.

XUNZI (ou Xun Quang (ca.-298/ -238) . Autre disciple de Confucius, il est originaire de l’état de Zhao. Il étudie dans l’état de QI, obtient une charge officielle dans l’état de CHU, séjourne dans le royaume de QIN Contrairement à Mengzi, il opte pour une discipline morale sévère, une éducation rigide, considérant que « la nature de l’homme est mauvaise ».

MOZI (Maître MO -479/-390) Il naît probablement l’année de la mort de Confucius dans le pays de QI. Issu de la plèbe ou de la classe des guerriers, il n’est pratiquement connu que par le livre qui porte son nom, le MOZI. Pour lui, l’égoïsme est à l’origine de tous les maux et l’amour sans aucune discrimination est la vertu suprême que chacun doit pratiquer. Sa doctrine, qui s’oppose à l’idéologie confucéenne, ne résistera pas au temps, mais influencera la pensée chinoise ; sévère, elle s’oppose à l’idéologie confucéenne. Elle s’élève contre le désordre et l’injustice sociale, préconise une sorte de despotisme éclairé s’appuyant sur les petites gens, sur les classes défavorisées, pour créer une société égalitaire et mutualiste, tous les hommes (les riches comme les plus pauvres) étant les enfants d’un même ciel.
« Aimez votre prochain comme vous-même pour votre plus grand profit mutuel. »
(Mozi Trad. A. David-Neel)

L’ECOLE des LEGISTES (fajia = école de la loi ; Fa = loi)
Fortement imprégné de Taoisme, ce courant d’idées qui existe déjà à la cour de l’état de QI (Royaumes combattants), prospère sous le règne du Premier Empereur (dynastie des QIN). Malgré son titre « d’école de la loi »ou « école des légistes », il n’a jamais constitué une école.
Les légistes sont des théoriciens du pouvoir ; ils militent en faveur d’une monarchie centralisée et régie par la Loi.
Ils pensent que l’homme est égoïste ; de ce fait, il n’est conduit que par l’intérêt. Il résulte de ce constat que la stabilité sociale doit reposer sur la force de la Loi ; Loi, qui définit les devoirs des sujets et qui doit s’imposer à tous. Le souverain est unique, il « émane de l’ordre cosmique » ; il détient tous les pouvoirs. C’est à lui qu’il appartient de faire les lois, et c’est aux ministres de les faire appliquer.
Des sanctions doivent être prévues de façon que les sujets soient « retenus par la crainte des châtiments et attirés par le bénéfice des récompenses ».
Les quatre légistes les plus importants sont : SHEN BUHAI (mort en-337), LI KUI (-424/-397), SHANG YANG (-390/-338) et HAN FEI.
HAN FEI (-280/-233) est peut-être le plus célèbre ; il a remarquablement su synthétiser leur doctrine. Il est issu de la famille royale de HAN. A la suite d’un conflit inégal avec le royaume de QIN, il est détaché comme ambassadeur à la cour du futur QIN SHI HUANG DI (le Premier Empereur), mais, victime de la jalousie du premier ministre LI SI, il est emprisonné et contraint au suicide.

Les Royaumes Combattants.
LES DEBUTS DE LA CHINE IMPERIALE
Le dernier roi des Zhou (Tung Zhou Zhun) meurt en –255 à l’issue d’une bataille de laquelle ZHANG XIANG WANG du royaume de QIN, sort victorieux. L’état de QIN devient déjà la grande puissance du nord ; c’est certainement à cette époque que se crée la dynastie des QIN.
En –250, ZICHU, dont le nom de roi est ZHANG XIANG WANG , prend comme premier ministre, un riche commerçant qui avait payé pour sa libération alors qu’il était prisonnier au royaume de Zhao. Ce richissime commerçant, homme d’une grande adresse se nomme LÜ BOWEI . Il a pour concubine une danseuse d’une grande beauté qu’une fois enceinte de ses œuvres, il marie à son roi follement épris d’elle. Le garçon qui va naître, YING ZHENG, sera le futur Premier Empereur.
En -233, l’état de HAN est conquis ;
En -228, l’état de ZHAO tombe, suivi de l’état de WEI ;
En -223, l’état de ZHOU est battu, l’état de YAN annexé. L’état de QI rend les armes.
– La DYNASTIE des QIN (CHIN ou TSIN) -221 / - 207 :
L’ancien Etat de QIN, grâce notamment à ses richesses agricoles (terres irriguées par les eaux du Minjiang) a pu établir un pouvoir fort et prendre progressivement le contrôle de la plus grande partie du territoire chinois.
Avec cette dynastie, la Chine cesse d’être une confédération de seigneurs placés sous la suzeraineté d’un roi.
– QIN SHI HUANG DI (Le PREMIER EMPEREUR) :
Le grand unificateur en est YING ZHENG.
YING ZHENG (né vers -259), a treize ans lorsqu’il monte sur le trône en-246. C’est lui qui sera considéré comme le véritable fondateur de la dynastie. C’est lui qui se proclamera « Premier Empereur des QIN, « sous le nom de QIN SHI HUANG DI (= Premier Auguste Souverain Empereur QIN).
D’après SIMA QIAN, « il est peu bienfaisant et a le cœur d’un tigre ou d’un loup », c’est un homme « avide et bas »qui préfère « la Justice à la Bienfaisance, et la Loi à la Bonté ».

« Il choisit le 6 comme nombre étalon et régna en vertu de l’élément EAU. Ainsi fut déterminée la couleur (le noir correspond à l’Eau et au nombre 6) des vêtements et des drapeaux. » (M. Granet : « La civilisation chimoise »-Albin Michel).

Informé de ses origines, il fait enfermer sa mère dans une forteresse pour immoralité, poursuit LÜ BOWEI qui finit par se suicider en s’empoisonnant.

Il conquiert l’état de YAN et l’annexe.

Considéré comme le pire des tyrans, il démantèle l’ancienne noblesse, supprime fiefs et principautés. Afin d’assurer la sécurité du territoire, il met en place 36 Commanderies. A la tête de chacune d’elles se trouve un gouverneur civil, un gouverneur militaire et trois administrateurs qui représentent le gouvernement central. Elles se subdivisent en préfectures.
Par la force brutale, il met donc fin au système féodal et réalise l’unité de la Chine.

Sa capitale est XIANYANG (Chang’an dans le Shaanxi), tout proche de l’actuelle Xian, à l’ouest ; il y fait construire un palais grandiose (le palais Ebang) qui sera entièrement détruit après sa mort.

– L’unification du pays :
Il uniformise les poids et mesures, l’écriture, la monnaie, met en place un système de lois pour tous. Il standardise la largeur des roues, la taille des essieux.

– L’oubli du passé :
En -213, son ministre LI SI promulgue un décret qui impose de brûler tous les Livres classiques, tous les livres antérieurs (Livre des Odes ; Livre d’histoire des dynasties, ouvrages littéraires et philosophiques) à l’exception des annales des QIN et des écrits scientifiques. Cette décision privera, malheureusement, les historiens qui suivront d’informations de première importance.
QIN SHI HUANDI fait enterrer vivants 460 hommes de lettres soupçonnés d’avoir été critiques à son égard (-212).

– Les grands travaux :
Il entreprend des travaux considérables, notamment la construction, à partir des remparts existants, de la GRANDE MURAILLE, à la limite septentrionale de l’Empire pour contenir les Barbares : 5000 kilomètres depuis LINTAO dans le GANSU jusqu’au LIAODONG. Il s’agit de réunir, de restaurer et de prolonger ces parties existantes qui avaient pour but de protéger les états de Qin, de ZHAO et de YAN contre les incursions des Xiongnu.

Il fait aménager un vaste réseau routier qui rayonne à partir de sa capitale, XIANG YANG (près de l’actuelle Xian) ; 6800 kilomètres qui rendent plus accessibles à la capitale, les régions les plus éloignées de l’empire.
Il fait creuser, dans le sud, le canal LING qui relie le bassin du Yangzi à la rivière des Perles (Guangdong).

– Les mesures répressives :
La pression fiscale de plus en plus forte, l’ordre militaire imposé à tous, engendrent révoltes et jacqueries. Des complots se trament dans l’entourage du souverain.
Pour éviter les rébellions, particulièrement dans les pays nouvellement conquis, il fait détruire les murailles d’enceinte des villes, les ouvrages militaires, il confisque toutes les armes détenues par les vaincus. Il décrète que les riches familles influentes qui en sont originaires doivent obligatoirement s’installer dans la capitale Xianyang.

En –214, QING SHI HUANG DI se tourne vers la Chine méridionale, peuplée de Barbares, et envoie quatre armées qui descendent jusqu’au Tonkin, occupent Canton et sa région. Les gens sans aveux et autres indésirables sont envoyés coloniser et peupler les régions qui vont de l’embouchure du Yangzi à Canton.
Très superstitieux, il avait fait partir du Shandong un certain nombre de jeunes gens qui, conduits par un magicien, devaient rechercher des plantes pouvant donner l’immortalité, notamment le champignon zhi que l’on trouve dans les îles des Immortels. Certains s’établirent au Japon (-219).
Sa mort inattendue à l’âge de cinquante ans, lors d’un voyage à l’Est, dans le district de Pingxiang, en –210, où, accompagné de ses magiciens, il espérait que l’on trouvât enfin l’élixir d’immortalité, est suivie de quelques années de troubles.
* * * * *
– ER SHI HUANG DI (le Second Empereur) :
Pendant un certain temps, la mort de l’empereur a été tenue secrète. Le Premier ministre et l’eunuque ZHAO GAO qui veulent le pouvoir, ne souhaitent pas que la succession aille à son fils aîné, FU SU, homme de prestige et compétent. Pendant que les hauts fonctionnaires, les notables, se déchirent au sein du palais et du gouvernement, ils poussent le prince héritier au suicide, ce qui leur permet de porter sur le trône le second fils, HU HAI , plus connu sous le nom de ER SHI HUANG DI (second Auguste Empereur).
A l’exercice du pouvoir qu’il abandonne à ses conseillers, celui-ci, parfaitement incompétent, préfère la débauche. Ecrasés d’impôts, les paysans se révoltent en -209 ; ces mouvements vont se transformer en une rébellion générale qui sera conduite par deux généraux de l’armée du nord, CHEN SHENG (ou Chen She) et WU GUANG et qui va précipiter la chute des QIN. En -201, HU HAI est assassiné par l’eunuque ZHAO GAO, son conseiller et homme de confiance.
– ZI YING, « le roi des QIN » :
Le petit-fils de l’Empereur QIN SHI HUANG, ZIYING, monte sur le trône ; il prend le titre de « roi des QIN » plutôt que celui d’Empereur. Il fait exécuter ZHAO GAO qu’il redoute.
Le gouvernement est affaibli par les intrigues. Les grands travaux entrepris par le Premier Empereur ont mobilisé des millions de paysans dont les bras ont fait défaut à l’agriculture ; la misère qui s’est installée dans le pays suscite des révoltes incessantes. CHEN SHENG est mort assassiné, mais deux hommes ambitieux prennent la tête des mouvements séditieux : XIANG YU, un noble de l’ancien état de CHU et LIU BANG, fils de paysan né dans le Jiangsu. Après de nombreux combats, les armées paysannes finiront par vaincre les troupes impériales ; le général ZHANG HAN est mis en déroute et se rend. Le pouvoir n’a plus d’armée.
Victorieux, LIU BANG assiège la capitale, ZI YING capitule (hiver-207/-206).
La dynastie des QIN a cessé d’exister ; c’est le temps des aventuriers qui commence.

Le 29 mars 1974, dans la province du Shaanxi, district de Lintong, à 35 kilomètres de Xian environ, des paysans chargés de creuser des puits pour l’irrigation des cultures, découvrent non loin d’une colline de forme pyramidale, appelée le mont LI, des statues de guerriers en uniforme, de taille humaine.
La célèbre armée enterrée du Premier Empereur venait au jour.
Les archéologues supposaient déjà que sa tombe se trouvait sous le mont Li (ainsi que l’avait rapporté dans SHIJI, Sima Qian, chroniqueur de l’époque des Han, qui vécut de – 145 à –86 environ) ; cette découverte venait confirmer l’hypothèse.
Le chantier est considérable ; l’exhumation se poursuit. On estime aujourd’hui l’effectif à plus de 8000 guerriers, 600 chevaux, une centaine de chars…
La tombe de SHI HUANG DI n’a pas encore été ouverte.
Le Second Empereur fut suivi dans sa tombe par ses secondes épouses sans enfants ; les ouvriers et artisans qui avaient travaillé à cette sépulture y furent enfermés à leur tour. On s ‘employa ensuite à donner à cet ensemble, l’apparence d’une colline naturelle en y plantant des arbres et en y faisant pousser du gazon.
Le gros des travaux, réalisé principalement sous la direction de LÜ BOWEI et de LI SI entre -221 et -208 a mobilisé jusqu’à 720 000 ouvriers.
Le royaume de NAN YÜE (YÜE du sud) et la naissance du NAM VIET :
Vers la fin de son règne, le Premier Empereur, établit dans le sud trois commanderies (Guilin, Nan-hai et Xiangjun), de façon à favoriser sa colonisation et sa sinisation (-214) car, la population qui le compose n’est pas chinoise, mais plutôt apparentée aux Thaïs et aux Annamites. Ce qui correspond au Nord Vietnam d’aujourd’hui (Tonkin, Annam) reste pendant un certain temps en dehors de l’empire chinois. Le delta du Fleuve Rouge se trouve sous la tutelle des princes LO qui ont confié l’administration de la région à des « chefferies » de type féodal, confiées à des membres de la famille et héréditaires.
QIN SHI HUANG DI confie la commanderie de NAN-HAI (CANTON) à l’un de ses généraux, ZHAO TUO.
En -208, ZHAO TUO profite de l’état de décadence de la dynastie pour se proclamer « Roi de YÜE du sud » ( NAN YÜE ) ; il annexe Guilin et Xiangjun, prend possession du Guangdong et étend son autorité jusqu’au Guangxi, puis plus au sud jusqu’au delà du fleuve Rouge.
En -207, il appelle son royaume le NAN-YÜË (Nam Viet pour le Tonkin et l’Annam), royaume du peuple du Sud.
En -196, il est reconnu par la nouvelle dynastie des HAN (infra) dans la mesure où il a accepté la suzeraineté chinoise. La dynastie qu’il vient de fonder exerce son autorité directe sur le GUANGDONG et le GUANGXI, et laisse les régions plus au sud aux mains d’une administration indigène.
En -183, les HAN ayant mis l’embargo sur le commerce du fer dans le NAN-YÜE, ZHAO TUO attaque la ville de CHANGSHA et s’auto proclame empereur (Empereur WU).

Il restera néanmoins vassal de la nouvelle dynastie des HAN. Il laisse le trône à son petit-fils ZHAO MEI ou ZHAO MO (137-122 a.J.C.) dont on a découvert la tombe en 1983, en plein centre de Canton.
Après la mort de ZHAO MEI, la dynastie s’étiole et l’empereur WEN (WEN DI) des HAN, n’aura aucune difficulté à annexer le royaume de Canton.
Le royaume de NAN-YÜE disparaîtra sous le règne de l’empereur WU DI des HAN.

La tombe du second Roi de NAN YÜE a été découverte en 1983, sous la colline Xianggang, à GUANGZHOU.
Elle était enfouie à 20 mètres de profondeur. Elle se compose d’une antichambre sur laquelle s’ouvrent deux petites pièces, de part et d’autre. Cette antichambre ouvre l’accès à une chambre principale suivie d’un entrepôt, deux chambres latérales. L’ensemble couvre une surface de 140 à 150 mètres carrés.
Elle était intacte. Les archéologues y ont trouvé plus de 10 000 objets funéraires ainsi que les restes de quinze personnes qui ont été sacrifiées pour accompagner le défunt (deux gardes, un eunuque, un musicien, 7 servantes et quatre épouses dont l’une était probablement la Première Dame de la cour.)
Cette coutume a été abolie sous la dynastie des HAN.


L’empire de QIN SHI HUANGDI
DYNASTIE des HAN de l’OUEST.
(Nom de famille : LIU)

- GAOZU
(LIU BANG)
- 206 / -194
- HUIDI
(LIU YING)
- 194 / -187
- Impératrice
LÜ ZHI
- 194 / -179
-WENDI
(LIU HENG)
- 179 / -156
- JINGDI
(LIU CHI)
- 156 / -140
- WUDI
(LIU CHE)
- 140 / - 86
- ZHAODI
(LIU FULING)
- 86 / - 73
- XUANDI
(LIU XUN)
- 73 / - 48
- YUANDI
(LIU SHI)
- 48 / -32
- CHENGDI
(LIU AO)
- 32 / - 6
- AIDI
(LIU XIN)
- 6 / 1
PINGDI
(LIU KAN)
- 1 / 6

DYNASTIE des HAN de l’Est ou HAN POSTERIEURS
(Nom de famille : LIU)

- GUANG WU DI
(LIU XIU)
25-57
- MING DI
(LIU ZHUANG)
58-76
- ZHANG DI
(LIU DA)
76-89
- HE DI
(LIU ZHAO)
89-106
- SHANG DI
(LIU LONG)
106
- AN DI
(LIU HU)
107-126
- SHUN DI
(LIU BAO)
126-145
- CHONG DI
(LIU BING)
145-146
- ZHI DI
(LIU ZUAN)
146-147
- HUAN DI
(LIU ZHI)
147-168
- LING DI
(LIU HONG)
168-189
- SHAO DI
(LIU BIAN)
189
- XIAN DI
(LIU XIE)
189-220
DYNASTIE des HAN. -206 / + 220
(La couleur dynastique des Han est le jaune).
Les HAN de l’Ouest ou HAN Antérieurs (-206-/+ 8) :
On les appelle aussi Han de l’Ouest (parce que leur capitale est à Changhan/Xian) ou Han Antérieurs ou Premiers HAN. Ils compteront 14 Empereurs ; leur nom de famille est LIU.
– GAOZU (-206 / -194) :
Fondée par un homme d’origine paysanne nommé LIU BANG , né vers -247. Il a déjà pris la tête d’une rébellion du temps du Premier Empereur. Probablement illettré, c’est un homme avisé et miséricordieux qui peut aussi être impitoyable et cruel. Avec l’appui du renaissant Etat de CHU, il devient Prince de HAN.
En –202, il élimine son rival Xiang Yu (qui s’était autoproclamé Roi de CHU de l’Ouest) lors de la bataille de Pengcheng (actuelle Datong, dans le Shanxi) qui dure sept jours et sept nuits et où il perd 10 000 hommes.
Il monte sur le trône, installe sa capitale à Luoyang, puis la transfère à Chang’an. Son nom dynastique est GAOZU des HAN (Gaozu= Suprême Ancêtre) .
A peine sur le trône, il abroge le décret de QIN SHI HUANGDI concernant la destruction des livres et se tourne vers le confucianisme.
Gaozu, qui a récompensé ses anciens compagnons de combat en leur attribuant des fiefs, doit bientôt les éliminer parce qu’ils deviennent trop puissants et manifestent trop d’indépendance vis à vis du gouvernement impérial.
La plupart des anciens états féodaux se sont reconstitués, mais ils sont maintenant tenus par neuf princes de sang, membres de la famille LIU. GAOZU a ainsi placé neuf princes de sang à la tête des fiefs les plus importants. Ceux-ci, à leur tour, ne cesseront de prendre de l’importance et deviendront rapidement une menace pour le pouvoir central.
En-196, GAOZU envoie un de ses ministres dans le sud pour reconnaître officiellement ZHAO TUO, roi de NANYUE après qu’il ait fait acte d’allégeance.
GAOZU meurt à CHANGAN en –194, des suites d’une blessure qu’il n’a pas voulu soigner. Il a cinquante quatre ans.

Le DRAGON (LUNG) :
Premier des quatre animaux surnaturels de la mythologie chinoise (qui sont le dragon, le phénix, la licorne, la tortue), le DRAGON n’est pas une puissance du mal, mais un être bienfaisant et dévoué. Il est déjà représenté sur les bronzes et les jades des SHANG et des ZHOU.
Il existe trois principales sortes de dragons :
Le LUNG le plus puissant, qui habite le ciel ; le LI, qui vit dans l’océan et n’a pas de bois sur la tête ; le CHIAO, qui vit dans les marais et dans des antres dans les montagnes.
Le LUNG, le plus prestigieux, entre dans la symbolique impériale.
Il a une tête de chameau, des yeux de lapin, des oreilles de vache et porte des bois de daim ; son abdomen est en peau de grenouille, le reste du corps est couvert d’écailles de carpe, son dos est marqué par une rangée de 81 grosses écailles, ses pattes de tigre portent des serres d’aigle.
C’est à partir du règne de GAOZU que le dragon devient l’emblème du pouvoir impérial. Le trône, les habits de cérémonie, la vaisselle, les meubles sont ornés du Dragon à cinq serres. Ce même emblème est aussi attribué aux fils de l’empereur ainsi qu’aux princes de premier et second rangs. Les princes de troisième et quatrième rangs ne peuvent porter qu’un dragon à quatre serres.
Le PHENIX (FENG HUANG) :
Second des animaux surnaturels il n’apparaît qu’en temps de paix et de prospérité. Il est l’« empereur » de tous les oiseaux.
Sa première apparition connue remonterait à l’époque lointaine de HUANGDI « l’empereur jaune ». Plus tard, deux phénix auraient nidifié dans le palais de l’empereur YAO (-2350).
Le phénix a la gorge d’un hirondelle, la tête d’une grue avec un bec de poule, un cou de serpent, le corps d’un cygne sauvage qui se termine par une sorte de queue de poisson composée de douze longues plumes (treize les années à mois intercalaire), le dos voûté d’une tortue.
Le phénix est pris comme motif décoratif par les impératrices pour leurs vêtements de cérémonie notamment.
– HUI DI (-194 / -187) / Impératrice LÜ (-194 / -179).
Le jeune fils de GAOZU, LIU YING, est âgé de quatorze ans. Il lui succède sous le nom dynastique de HUI DI.
C’est en fait LÜ SHI, l’impératrice douairière, qui détient le pouvoir ; elle est l’Impératrice LÜ. C’est une femme énergique, déterminée et cruelle.
Son mari à peine éteint, elle se venge d’une rivale, la belle concubine QI : elle lui fait couper les mains et les pieds, crever les yeux, brûler les oreilles, puis la fait jeter dans la porcherie du palais où elle sera nourrie de détritus et ne tardera pas à mourir. Ses restes seront ensuite dispersés sur un tas de fumier. Le jeune empereur en est si horrifié qu’il en perd l’esprit et meurt sept ans plus tard ; ce qui permet à sa mère de continuer à gouverner et de lui succéder. Forte et autoritaire, elle contraint les grands officiers d’état de se rallier à elle. Elle sait être convaincante. Ainsi, par exemple, elle organise un banquet auquel sont invités tous les ministres ; elle les oblige à trinquer. Lorsque l’un d’eux s’y refuse, elle le fait aussitôt décapiter. Elle met ensuite en place les membres de sa famille dans le but de fonder une nouvelle dynastie.
A sa mort, en-179, tous les gens de son clan sont collectivement égorgés par les princes de la lignée de Liu Bang.
Son règne a été à la fois prospère et pacifique.
C’est l’époque où se généralise la fonte de fer, où se développe l’agriculture, avec une amélioration des rendements grâce aux travaux d’irrigation qui se multiplient.
L’artisanat et le commerce connaissent un essor important.
– WEN DI (-179 / -156) :
HUI DI étant mort sans descendance, les grands dignitaires choisirent pour lui succéder un fils que GAO ZU (Liu Bang) avait eu avec une concubine.
Celui-ci est connu sous le nom de WENDI (-179/-156). Humain et généreux, il est un grand conquérant. Il étend son pouvoir vers le sud ; il annexe une partie de la Corée ainsi que le TONKIN. Par ailleurs, c’est un protecteur des lettres. Humaniste, il s’élève contre la barbarie de certaines punitions.
Certains princes de sang, à la tête de grands fiefs, aspirent à une indépendance totale vis-à-vis du pouvoir central et se révoltent (LIU Xingju de la principauté de JIBEI, en -177 ; LIU Chang, de la principauté de Huainan, en -174).
Les conseillers et ministres de l’Empereur, JIA YI (-200 ;-168) et CHAO CUO (mort en -154) proposent de limiter le pouvoir des princes et de diviser leurs forces de façon qu’ils ne puissent plus nuire.
– JING DI (-156 / -140) :
Il est LIU QI, fils de WEN DI ; son nom d’empereur est JING DI.
En -154, éclate une rébellion des princes de sang, appelée « rébellion des sept royaumes » (il s’agit des principautés de WU, de CHU, de ZHAO, de JIAODONG, de JIAOXI, de JINAN et de ZICHUAN), conduite par LIU BI, Prince de WU, contre un conseiller particulier de l’Empereur, CHAO CUO, soupçonné de vouloir limiter leur puissance, leur importance territoriale, jugées excessives et d’œuvrer contre leurs privilèges. Ils réclament son exécution et l’obtiennent. Mais JING DI se ressaisit et envoie une expédition punitive qui met fin à la rébellion en trois mois. Il limite alors les pouvoirs des princes et renforce la centralisation.
– WU DI (-140 /-86) :
Il est le grand homme de la dynastie (sixième de la dynastie) dont le règne est particulièrement long (-141/ -87). Il s’appelle LIU CHE ; il monte sur le trône à 16 ans.
Il s’entoure de lettrés et d’hommes politiques de qualité, confucéens pour la plupart.
WU DI renforce le pouvoir central, poursuit la politique des grands travaux, mais les guerres contre les Xiongnu (les Huns), la politique de conquêtes qu’il entreprend vers l’Asie Centrale (Turkestan), de même que l’ occupation de la Corée du nord et du sud de la Mandchourie, le conduisent à des difficultés financières telles que les révoltes paysannes reprennent (une rébellion des princes de sang est conduite contre lui à plusieurs reprises dans le Shangdong). En -112, la dynastie ZHAO des peuples du sud, ayant rejeté son allégeance à l’empereur de Chine, il annexe le Royaume de NANYÜE et l’organise en neuf « commanderies », dont trois CHIAO CHIH, CHIU CHEN et JENAN recouvrent le Tonkin actuel et le nord de l’Annam jusqu’au Col des Nuages ; les seigneurs féodaux locaux continuent d’y exercer leurs prérogatives, mais sous la supervision générale d’un préfet chinois.
Il entreprend des réformes économiques et administratives importantes, notamment pour faire face aux difficultés financières, mais surtout pour renforcer son pouvoir autocratique.

En -119, il réintroduit les monopoles du sel et du fer qui avaient été mis en place à l’époque des ZHOU.
La frappe de la monnaie devient aussi un monopole d’Etat (la monnaie est alors le wuzhou ou 5 zhou ; 24 zhou font 1 liang ou tael ).
Jusque là, toute personne privée avait le droit d’extraire le sel, couler la fonte et pouvait battre monnaie.
A la même date, il majore les impôts sur les biens des commerçants et des usuriers.
Il divise le pays en 13 régions qu’il place sous l’autorité de préfets ou de grands de l’Empire, contrôlées à leur tour par des inspecteurs itinérants.

Devant la pression des Xiongnu, il consacre de gros moyens aux relations avec les minorités. Vers la fin de sa vie, déçu par les lettrés confucéens qui s’élèvent contre sa politique d’expansion, et sous l’instigation de son épouse, il s’adonne à la magie Taoiste. LI SHAOJUN, son maître l’initie aux mystères de l’alchimie (élixir de longue vie, transmutation des métaux).
Il meurt après 53 années de règne, à l’âge de 64 ans.
Son véritable successeur est son arrière-petit-fils, LIU FULIN .
– ZHAODI (-86 /-73) :
LIU FULIN n’a que huit ans ; la régence est assurée par un ministre de WUDI, le grand général HUO GUANG.
Le trône est revendiqué par un fils aîné de WUDI (né d’une concubine), le prince de YAN ; mais le coup d’état qu’il fomente est étouffé dans l’œuf. Plus tard, il tente un nouveau soulèvement. Il est alors pris et exécuté.
Zhaodi meurt après treize années de règne, regretté de son peuple. Il n’a pas de descendance. Le choix de HUO GUANG se porte sur un oncle de l’empereur, CHANG YI . C’est un homme incompétent et incapable, qui aime la chasse et les plaisirs. Son règne va durer trois mois.
– XUANDI (-73 /-48) :
Il se nomme LIU XUN ; il est l’Empereur XUANDI .
Il continue la politique de conquête vers l’Asie Centrale (Tarim, Turkestan). En attisant les querelles entre Xiongnu, il provoque leur scission ; il s’allie avec les Xiongnu de Mongolie qui recherchent alors son appui, tandis que les autres, que l’on appellera les HUNS de l’Ouest prennent le large à l’ouest vers le Turkestan russe, au-delà du lac Balkhach.
Il meurt après 25 ans de règne. Le fils qu’il a eu avec une femme du peuple, lui succède ; il sera l’empereur YUAN DI.

Décadence des Han de l’ouest :
– YUANDI (-48 /-32) :
Son nom : LIU SHI. Les premières mesures qu’il prend consistent à réduire le train de vie de la cour, notamment à diminuer notablement l’importance des écuries impériales de façon à mieux venir en aide aux pauvres. Mais le gouvernement se trouve entre les mains de deux eunuques de la Cour, HONG GONG et SHI XIAN qui sont devenus les éminences grises du souverain.
En 41, Yuandi écrase une insurrection de barbares installés dans le Shaanxi ; la répression est si terrifiante que les survivants prennent la fuite pour des horizons lointains, cédant la place aux colons chinois.
– CHENGDI (-32 /-6) :
Son nom : LIU AO. La première disposition qu’il prend est de condamner au bannissement les eunuques qui ont si mal conseillé son père.
Sous son règne le pouvoir est sous l’emprise des membres de la famille de l’impératrice WANG, épouse du défunt empereur YUANDI.
Chengdi est un homme débauché qui n’hésite pas à fréquenter la lie de la société. C’est dans ce milieu qu’il rencontre la belle danseuse ZHAO Feyan qu’il prendra pour épouse après avoir divorcé.
Lorsque CHENGDI meurt brutalement à l’âge de 45 ans, il n’a pas de fils. Ce sont deux de ses neveux qui vont successivement occuper le trône (AIDI, puis PINGDI).
A partir de son règne, la situation des paysans se détériore considérablement ; déjà, sous Yuandi, la famine avait touché une grande partie de la population, victime d’inondations, tandis que la corruption gangrénait les classes dirigeantes. Les hauts fonctionnaires s’accaparent les terres et les riches commerçants profitent de la disette.
– AIDI (6 /-1) :
Neveu de CHENGDI, il se nomme LIU XIN.
Son règne qu’aucun événement particulier ne marque, est court. Il meurt à l’âge de 25 ans sans héritier mâle.
– PINGDI (-1 / 6) :
Neveu de CHENGDI, son nom est LIU KAN ; il a neuf ans. C’est l’impératrice WANG qui gouverne. Elle prend comme chancelier des affaires militaires et de l’administration civile, son propre neveu, WANG MANG .
L’ère des Han de l’ouest s’achève lorsqu’en l’an 6, WANG MANG (-33/+23) usurpe le pouvoir après avoir fait empoisonner l’Empereur PING DI. Il met sur le trône un enfant de deux ans (RU ZI YING) et se fait nommer Régent. En l’an 8, il se proclame Empereur de la « nouvelle dynastie », la « dynastie des XIN ».
Il représente une partie de la classe dirigeante que le développement des révoltes paysannes inquiète.
Sa tante est l’impératrice douairière, épouse de l’Empereur YUANDI (-48/-32) ; elle est plus connue comme « la tante de Wang Mang ». Grâce à son influence sur l’Empereur, elle a fait de lui un haut fonctionnaire, puis un Marquis.
Ses idées réformatrices (réglementation des marchés, constitution de stocks à libérer le moment venu pour éviter l’augmentation des prix, déclaration des recettes dans chaque profession pour un impôt de 10%…mais aussi établissement du monopole de l’or qui ruine la noblesse, monopole d’Etat encore sur les coupes forestières et sur les pêcheries, et refontes successives de la monnaie avec diminution du titre légal …) se heurtent à l’opposition des grands marchands et des gros propriétaires terriens qui contrôlent de fait l’économie du pays. Une économie que désorganisent de nouvelles mesures souvent inapplicables.
Aux premières mauvaises récoltes, les soulèvements éclatent.
Pendant la période, le HUANGHE change deux fois de cours ; les inondations, les famines provoquent des migrations importantes.
La guerre reprend dans le nord.
Les paysans s’organisent en bandes et mettent en échec les armées gouvernementales ; situation qu’exploitent les partisans des HAN. Les plus puissantes sont les Lülin (du nom des monts Lülin dans l’actuel Hubei) qui comptent dans leurs rangs de grands propriétaires fonciers et les Sourcils rouges ( Red eyebrows ; en signe de reconnaissance, ils devaient se peindre les sourcils en rouge) constitués de simples paysans.
WANG MANG meurt décapité, après 14 ans de règne, lors d’une révolte de ses propres troupes, en 23.
L’Empire traverse une crise grave. Les révoltes paysannes se poursuivent, et dans le climat d’anarchie qui s’installe, l’unité territoriale se délite. La partie occidentale du pays est pratiquement perdue et la paix ne sera pas rétablie avant 36.
Les grands propriétaires terriens lèvent leurs propres armées et ne tardent pas ainsi à prendre en main la situation.
En 25, ils portent au pouvoir, un membre de la famille LIU , descendant éloigné des HAN. Il s’agit de LIU XIU (25 / 58) qui inaugure la dynastie des HAN Postérieurs (After Han) ou HAN de l’EST.

40-42 Au VIETNAM (NAM-VIET), rébellion contre la Chine conduite par les sœurs TRONG.
Les HAN de l’Est ou HAN Postérieurs (25/221) :
A la fin du règne de Wang Mang, deux hommes prennent la tête de l’opposition ; tous deux sont issus de la maison des HAN. Ils sont cousins ; l’un se nomme LIU XUAN, et l’autre, LIU XIU , a la réputation d’un grand chef de guerre.
C’est ce dernier qui est élu Empereur des HAN sous le nom de GUANG WU DI.
– GUANG WU DI (25 / 57) :
Il installe la capitale de la dynastie restaurée à LUOYANG (d’où le nom de Han de l’Est).
Les Sourcils Rouges s’étaient emparés de Chang’an et avaient envisagé de mettre sur le trône un enfant de 15 ans appelé LIU PENZI. GUANG Wu Di les pousse à déposer les armes en comblant leurs chefs d’honneurs et de richesses (il en fit des mandarins).
Il consacre les années suivantes a combattre dans le pays les chefs de ceux qui, s’étant révoltés contre Wang Mang n’avaient pas abandonné la lutte.
Il affermit son pouvoir, mais, concernant les frontières du nord, son comportement est particulièrement passif, au point qu’il abandonne un certain nombre de Commanderies. Les Xiongnu reprennent leurs incursions et commencent à s’installer en Chine proprement dite. GUANG WU DI meurt après trente ans de règne, en 57.

Relations avec le Japon : L’influence culturelle de la Chine sur le Japon semble s’être opérée par l’intermédiaire de colonies Han vivant en Corée au premier siècle avant notre ère, dans le cadre d’échanges commerciaux. Les relations avec les communautés (ou clans) se trouvant proches, à « portée de voile » du S.E. de la Corée sont alors nombreuses.
En 57, un envoyé japonais se rend officiellement à Luoyang pour y faire reconnaître son maître comme roi de son pays au N.O. du Kyushu, la grande île méridionale de l’archipel japonais.
– MING DI (58 / 76)
Son fils, LIU ZHUANG, âgé de 13 ans prend sa succession, sous le nom de MING DI.
Il encourage la diffusion de la doctrine confucéenne.
Sous son règne se développent les relations avec le Japon ; les échanges commerciaux (fer, soieries …) connaissent un essor important.
MING DI est considéré comme celui qui a introduit le BOUDDHISME en CHINE . En 67 , il invite à Luoyang des moines hindous afin d’étudier leur enseignement. Il leur demande de traduire les livres bouddhiques et leur fait construire le monastère du Cheval Blanc (Baima Si).
Cet événement naît de l’ouverture des échanges avec l’ouest ; la route de la soie ouvre le monde mais aussi la Chine au commerce et aux idées.
– ZHANG DI (76 / 89) :
Il se nomme LIU DA, il est le fils adoptif de Ming Di.
La paix qui semble régner alors sur le pays se trouve de nouveau troublée sur les frontières du nord où les Barbares attaquent en force. L’Empereur est entouré d’excellents généraux qui les défont à plusieurs reprises et rétablissent le pouvoir chinois sur le Turkestan et l’Asie Centrale. L’un d’eux, BAN CHAO, conduit son armée loin vers l’Ouest et va même reconnaître les terres lointaines, jusqu’au Golfe Persique et au bord de la Mer Noire.
A cette époque, une mission, conduite par GAN YING est envoyée à Rome (elle passera trente ans en Occident).
– HE DI (89 / 106) :
LIU ZHAO n’a que dix ans lorsqu’il monte sur le trône. Le pays est en paix ; les Xiong Nu demeurent sur leurs terres et ne manifestent aucune agressivité.
Comme ce sera souvent le cas par la suite, lorsque le successeur est un enfant, c’est l’Impératrice douairière DOU qui prend le gouvernement en main et met sa propre famille aux postes les plus élevés. Les conflits au sein du pouvoir deviennent incessants, notamment avec les eunuques haut placés dans la hiérarchie.
Les dissensions entre Xiongnu aboutissent à une nouvelle scission du groupe, en Xiongnu du Nord et Xiongnu du Sud que les Han ne savent pas exploiter. Il faut attendre 91 pour que les Xiongnu du Nord soient balayés par les attaques conjuguées des Xiongnu du Sud et de Dou Xian, général en chef des armées de l’Empereur qui, fort de ses succès militaires s’empare du pouvoir.
Le vide laissé par les Xiongnu du Nord sera vite comblé par de nouvelles tribus nomades. Le pouvoir ne cesse de s’affaiblir dans la corruption des Grands.
En 97 la famine s’installe dans le Nord où sévit une grande sécheresse. L’Empereur décide une exemption de l’impôt pour l’année en cours en faveur des populations touchées.
– SHANG DI (106), l’« Empereur mort jeune » :
C’est un bébé de trois mois, LIU LONG. Il ne vivra que cinq mois après son accession au trône.
– AN DI (107-126) :
Il se nomme LIU HU, il est le neveu de HEDI ; il a douze ans. La veuve de l’Empereur HEDI est chargée d’assurer la régence.
L’année 107 inaugure une longue période ininterrompue de soulèvements (plus d’une centaine en 70 ans).
Sous son règne, un eunuque (CAI LUN) invente le papier destiné à l’écriture.

L’impératrice, épouse de ANDI, ne pouvant pas avoir d’enfant, adopte BAO le fils d’une des concubines du harem impérial qu’elle fera assassiner afin d’éviter d’éventuelles frictions.
A la mort de l’empereur, craignant qu’une fois intronisé, BAO soit tenté de venger sa mère, elle choisit, pour lui succéder, un descendant de ZHANG DI qui n’est encore qu’un bébé (ce qui lui permettra d’exercer la régence). Son nom est LIU YI ; il est l’empereur SHAO DI . Malheureusement, celui-ci décède au bout de six mois (125).
Le choix du nouvel empereur se porte alors sur BAO (LIU BAO).
– SHUN DI (126 /145) :
LIU BAO n’a que treize ans ; il décrète aussitôt l’emprisonnement de l’Impératrice douairière.
Quelques années plus tard, il édicte une loi qui stipule que désormais aucune personne ne pourra devenir un employé du gouvernement si elle n’a pas été présentée par les magistrats du district où elle réside, lesquels devront répondre de sa piété filiale et de la pureté de son caractère. En outre, elle ne devra pas être âgée de moins de quarante ans.
Shundi meurt à l’âge de trente ans. Son fils et successeur, LIU BING, n’a que deux ans. Son nom d’empereur est CHONG DI.
– CHONG DI (145 /146) :
Il meurt dans la première année de son règne.
– ZHI DI (146 /147) :
LIU ZUAN est un garçon de huit ans.
La régence est assurée par l’Impératrice douairière LIANG, veuve de SHUNDI. Elle fait appel à son frère LIANG JI (un homme connu pour sa perversité et sa cruauté) pour mieux exercer le pouvoir.
Elle est assistée cependant par un homme intègre et loyal, LI GU, qui prend une mesure importante par décret, concernant les étudiants :
Une fois que les étudiants auront acquis la maîtrise des classiques confucéens, ils devront passer à la capitale pour étudier pendant trois ans, les lois ainsi que les méthodes de gouvernement d’un état. Ils auront ensuite un examen à l’issue duquel les meilleurs seront sélectionnés et nommés magistrats.
ZHIDI meurt empoisonné par des gâteaux que vient de lui offrir LIANG JI, l’homme qu’il a tant détesté.
– HUAN DI (147 /168) :
Pour succéder à ZHIDI, le choix de l’Impératrice se porte sur un autre descendant de ZHANG DI, LIU ZHI, un jeune homme de quinze ans. La régence se poursuit, entre les mains des mêmes.
Lorsque HUANDI atteint l’âge de 19 ans, il prend le pouvoir et désigne LIANG JI comme Premier ministre.
En 158, l’Impératrice douairière meurt, après avoir en fait exercé le pouvoir pendant 22 ans.
Plus tard, l’Empereur qui vient d’apprendre que LIANG JI a tenté de faire assassiner le père d’une de ses concubines, décide de se défaire de ce ministre haï de tous. Se sachant condamné celui-ci met fin à ses jours en s’empoisonnant (ainsi que sa femme). Tous ses biens sont confisqués ; les proches de la famille sont tués. La fortune récupérée est telle que l’Empereur décide la rémission des impôts pendant un an.
Vers la fin de son règne, HUANDI évente un complot au sein de la cour, ourdi contre les eunuques ; de nombreux mandarins et courtisans, des lettrés sont emprisonnés ou bannis.
Il répudie l’impératrice pour se remarier. Il anoblit son beau-père et en fait son premier ministre ; il se nomme DOU WU. Il meurt sans enfants.
– LING DI (168 /189) :
LIU HONG est un descendant de ZHANG DI, il a douze ans à son avènement.
L’impératrice douairière devient régente.
DOU WU, en loyal sujet entend diriger le pays avec justice et probité, mais il doit faire face à l’opposition des eunuques qui ont su profiter de la faiblesse des précédents monarques pour occuper les postes les plus élevés de l’Etat et contrôler un grand nombre de districts.
LINGDI le fera exécuter, ainsi que tous ses proches (un millier environ), le jour où les eunuques auront fini par le convaincre que ce zélé serviteur cherche en fait à usurper le trône. L’impératrice douairière sera frappée de bannissement et envoyée dans une province lointaine. Vers 170, des sectes taoïstes s’organisent ici et là en « églises ».
En 175, une rébellion éclate dans le Zhejiang ; elle est rapidement écrasée.
En 179, LING DI épouse une de ses concubines, Madame HE et sur les recommandations de celle-ci, fait de son frère HE JIN, son Premier ministre, puis commandant en chef des armées. ZHANG JIAO du district de Ningjin dans le Hebei, taoïste initié aux « arts occultes », fondateur d’une secte religieuse appelée « Doctrine de la Justice » ( Taipingdao ) se trouve bientôt à la tête d’un mouvement qui, en peu de temps, va contaminer les provinces du nord, car l’idée se répand que l’époque du « Ciel bleu » (par référence au pouvoir en place) est terminée et qu’il est temps que commence l’époque du « Ciel Jaune ».
En 184, il prend la tête de la rébellion des « TURBANS JAUNES » (les rebelles portent un turban jaune ; en anglais : Yellow turban rebels ou Yellow Caps) excédés par la rapacité des eunuques, contribuant ainsi, par l’ampleur des soulèvements qu’elle engendre et malgré la défaite prochaine, à la chute des Han Postérieurs (Han de l’est). Les « Turbans Jaunes » seront en effet écrasés après plusieurs mois de combats acharnés par une armée placée sous les ordres de HE JIN, secondé par les généraux LU ZHI et DONG ZHUO. Près de 200 000 insurgés mourront, dont Zhao Jiao.
A la mort de LINGDI, sa succession est assurée par son fils LIU BIAN. Sa veuve est désignée pour assurer la régence.

– SHAO DI/LIU BIAN (189) :
Les eunuques qui entourent l’Empereur se heurtent de plus en plus à l’hostilité des fonctionnaires et des lettrés du fait de leur importance grandissante à la Cour devant la faiblesse du prince.
HE JIN est décidé agir contre eux, mais ils le tuent à coups de couteau avant qu’il puisse mettre son projet à exécution. Par mesure de représailles, le général YUAN SHAO et ses hommes mettent le feu au palais impérial et massacrent plus de 2000 eunuques (189). L’Empereur et son frère ont été mis à l’abri.
Le général DONG ZHUO prend alors les rênes de l’Etat, destitue Shaodi pour le remplacer par son frère LIU XIE, le plus faible, qui devient l’empereur Xian di.

– XIAN DI (189 /220) :
XIAN DI est incapable de faire face à une telle situation.
C’est DONG ZHUO qui détient en fait le pouvoir ; le jeune empereur est à ses ordres. Il fait assassiner SHAO DI.
Le général YUAN SHAO prend la tête d’un puissant parti d’opposition à cet usurpateur potentiel. Les conspirateurs quittent la capitale qui leur est devenue dangereuse et vont lever l’étendard de la révolte dans le pays. Leur influence s’étend ; le peuple et les dignitaires bafoués participent à ce grand mouvement.
En 195, les Xiongnu fédérés qui avaient été autorisés à s’établir le long de la Grande Muraille et dans la boucle du Huanghe (19 tribus), profitent de l’anarchie et de l’abandon du pouvoir pour pénétrer dans le SHANXI et s’y installer.
En 192, DONG ZHUO qui semble avoir sombré dans la paranoïa, est assassiné par un de ses propres officiers (LU BU).
En 196, un puissant chef de guerre ambitieux et sans scrupules nommé CAO CAO (TS’AO TS’AO) prend le pouvoir, sans destituer l’Empereur.
Cependant il le fait transférer à XUCHANG (dans le Hénan) qui devient alors la nouvelle capitale de l’Empire.
CAO CAO (155 /220) est originaire du JIANGSU ; c’est un homme énergique qui a réduit les rebelles dans le Shandong. Tout d’abord ministre d’Etat, il sait manipuler l’Empereur (à qui il marie sa propre fille) au point que très rapidement il se met à gouverner en son nom. Il est à la tête d’une armée considérable.
Son fils sera le premier Empereur de la nouvelle dynastie des WEI.
CAO CAO et ses fils CAO PI (187 / 226) et CAO ZHI (192 / 232) sont aussi des figures de la littérature chinoise ; tous trois pratiquent la calligraphie et sont de bons poètes.
« Buvons et chantons !
La vie est si brève :
Comme rosée du matin.
Que de jours, hélas ! ont fui !

« Restons fiers dans notre tridtesse ;
Les soucis secrets mal s’oublient.
Pour dissiper notre chagrin,
Le seul moyen est le Tou-k’ang…. » (le Tou-k’ang=le vin)
(CAO CAO : chanson au ton bref. Trad. Paul Demiéville :
« Anthologie de la poésie cinoise classique »-Gallimard 1962)
Le plus grand désordre règne dans la capitale. Tandis que les généraux se querellent entre eux, CAO CAO dont le pouvoir politique ne cesse de s’accroître et qui s’est constitué une puissante armée, se présente devant l’empereur. Il lui propose sa protection ; ce que ce souverain trop faible ne peut lui refuser.
CAO CAO est dès lors investi des pleins pouvoirs ; il est le maître de l’empire.
En 200, il écrase l’armée de YUAN SHAO, supérieure en nombre, à la bataille de GUANGDU (dans le Hénan).
Un descendant des HAN, LIU BEI (161-223), conquiert un grand territoire au sud du Yangzi sur lequel il règnera jusqu’à sa mort.
En 208, CAO CAO qui a déjà unifié tout le Nord et dont l’ambition première est de devenir l’Empereur de toute la Chine, entreprend, à la tête d’une grande armée, de conquérir le sud du Yangzi ; il est écrasé par les troupes coalisées de SUN QUAN (185-252) et de LIU BEI à la bataille de CHIBI (les Falaises Rouges), dans le HUBEI, en 208. Avec des brûlots, Liu Bei parvient à mettre le feu aux bateaux de Cao Cao ; l’incendie se communique aux campements des troupes qui se trouvent sur la rive droite du Yangzi.
Cet événement met un arrêt à la dynamique impérialiste de CAO CAO.
Le temps des HAN s’achève.
* * * * * *
Les TROIS TRAITRES : WANG MANG, DONG ZHUO et CAO CAO sont souvent considérés comme les plus grands traîtres de l’histoire de Chine.
LES TROIS ROYAUMES 220/280.
(SAN KUO)
(WEI, HAN du Sichuan ou SHU ou encore SHU HAN, les WU.)
Cette époque est illustrée par « Le roman des trois royaumes », œuvre très populaire écrite au XIV ème siècle.
– Royaume de WEI :
A la mort de CAO CAO en 220, son fils CAO PI , dépose l’Empereur XIANDI et se proclame Empereur de l’Etat de WEI . Il prendra le nom dynastique de WI WEN DI (220 / 227) , sa capitale est LUOYANG.
WEI est le plus grand des trois royaumes ; il comprend les provinces du nord et du centre.
Son niveau culturel est le plus élevé.
En 220, il s’empare du petit royaume de WEI en Mongolie du sud et étend sa domination jusqu’en Corée.
– Royaume des HAN du Sichuan, ou SHU ou SHU HAN :
En 214, LIU BEI , prince Han de branche cadette s’empare de la province du SICHUAN (avec l’aide de trois paladins d’un courage et d’un dévouement incomparables, selon la légende : GUAN YU, ZHANG FEI, ZHUGE LIANG). En 221, il se déclare Empereur de HAN, c’est à dire du Royaume de SHU, avec CHENGDU pour capitale.
LIU BEI a pour nom dynastique ZHAO LIE DI (221 / 223). Il est considéré comme l’héritier légitime de la dynastie des HAN.
La brouette : Pour approvisionner ses armées, le général ZHUGE LIANG utilise la brouette, dont l’invention remonterait à la dynastie des Han (Joseph Needham).
– Royaume de WU :
En 229, les provinces au sud et sud-est du Yangzi deviennent le royaume de WU sous l’autorité de SUN QUAN qui sera l’Empereur DA DI (222 / 252) , dont la capitale est JIANYE, aujourd’hui NANJING (Nankin). Il exerce son pouvoir jusqu’au Vietnam.
La Chine est donc divisée en trois royaumes indépendants qui ne cessent de se faire la guerre. C’est la fin du premier grand Empire chinois.
Les WU et les SHU s’unissent contre le royaume de WEI.
En 220, cette union sacrée éclate lorsqu’il s’agit de la possession de la ville de Jingzhou, car chacun la convoite.
En 222, LIU BEI est mis en déroute après avoir attaqué le royaume de WU. Il meurt l’année suivante, et son fils, LIU CHAN, qui lui succède sous le nom de HOU ZHOU (223 / 265) reprend l’alliance avec WU contre WEI.
Sous le commandement du général SIMA YI (ou SSEUMA ou SSÛ-MA), le royaume de WEI résiste vigoureusement aux assauts des coalisés.
Tandis que la puissance du royaume de SHU décline, le royaume de WEI se redresse malgré la dégénérescence des successeurs de CAO CAO.
SIMA YI, dans les faits, détient le pouvoir qui, à sa mort, passe à ses fils SIMA SHI et SIMA ZHAO (Les SIMA sont devenus des maires héréditaires du palais).
En 263, SIMA ZHAO détruit le royaume de SHU (le Sichuan) et l’annexe au royaume de WEI. Il est alors le tout-puissant du royaume.
En 265, son fils et successeur SIMA YAN détrône le « dernier roi fainéant de la dynastie WEI » et fonde la dynastie des JIN (Jin de l’Ouest) . Il garde sa capitale à LUOYANG.
En 280, SIMA YAN conquiert et annexe enfin le troisième royaume : celui de WU.
La CHINE est de nouveau réunifiée.
La DYNASTIE des JIN (265/420)

(Nom de famille : SIMA )

Dynastie des JIN de l’ouest :

- WUDI
(SIMA YAN)
265 - 290
- HUIDI
(SIMA ZHONG)
290 – 307
- HUAIDI
(SIMA CHI)
307 – 313
- MINDI
(SIMA YE)
313 - 317

L’Empire est réunifié ; malheureusement, la dynastie des JIN va connaître une dégénérescence des plus rapides. Les « hordes barbares » ne vont pas tarder à déferler.

Les JIN Occidentaux (Western Tsin), 265/317 :

En 265, SIMA YAN s’empare du trône du royaume de WEI et fonde la dynastie des JIN (Chin ou Tsin). Son nom dynastique est WU DI (265 / 290). Il conserve la capitale du royaume à LUOYAN.
En 280, après avoir annexé le royaume de WU, il réunifie l’Empire pour un temps assez court. Son règne est cependant marqué par une certaine stabilité sociale.
A la cour, l’Impératrice (l’impératrice Yang), inspirée par son père YANG JUN, attribue les postes les plus élevés aux membres de sa famille en évinçant progressivement les ministres les plus dévoués à l’Empereur.
WU DI meurt en 290. La succession est assurée par un imbécile, son fils ZHONG dont le nom dynastique est HUI DI (290 / 307 ; il meurt empoisonné). C’est, à leur tour, l’épouse de ce dernier et sa famille qui prennent la direction des affaires (on liquide la famille de l’impératrice douairière ; on tue YANG JUN et tous ses proches ; c’est à dire plusieurs milliers de personnes) et pendant 16 ans, les princes, membres de la même famille (les SIMA) s’entr’égorgent. Cet épisode sanglant est connu sous le nom de « la rébellion des huit princes ». Le véritable pouvoir est à l’abandon et l’Empire s’achemine progressivement vers l’émiettement.

Les insurrections reprennent, les troubles éclatent ici et là. Les minorités ethniques se révoltent.
En 301, lorsqu’à YIZHOU les fonctionnaires exigent le retour des réfugiés et immigrants dans leur pays d’origine, ces derniers se révoltent. Conduits par l’un des leurs nommé LI TE , ils s’emparent de GUANGHAN (dans le Sichuan). Trois ans plus tard, LI XIONG , son fils, prend CHENGDU et se déclare ROI de Chengdu, puis Empereur de Dacheng.
Le royaume de DACHENG est connu sous le nom de CHENG HAN .

Les Xiongnu :

Dans le même temps, les Xiongnu (les Huns) ne sont pas inactifs. Leur chef, LIU YUAN , qui, pour asseoir sa légitimité, se réclame d’une aïeule qui fait partie de la famille même des HAN, se fait couronner Empereur de l’état de HAN et situe sa capitale à PINGYANG (Shanxi).
Son fils LIU CONG (LIOU T’SONG) , qui établit sa capitale à Pékin, envahit l’état de WEI. Après plusieurs tentatives, il conquiert LUOYANG (311) : 30 000 habitants sont massacrés, le palais impérial est saccagé et livré aux flammes, l’Empereur HUAI DI (307 / 313) , héritier de HUI DI, est fait prisonnier tandis qu’il tente de s’enfuir vers Changan (il sera exécuté après deux ans de captivité). LIU CONG s’empare de CHANGAN en 316 (la moitié de la population est exterminée) et met fin à la dynastie des JIN de l’Ouest : le dernier Empereur des JIN de l’Ouest, MINDI (313 / 317) , fils de HUAIDI, est fait prisonnier à son tour. Après en avoir fait un serviteur pendant deux ans, Liu Cong le fait assassiner.
Quelques mois plus tard, à Pékin, LIU CONG et tous les siens périssent dans un incendie qui ravage le palais. Un de ses généraux et parent, LIU YAO , s’empare du trône et déplace sa capitale à CHANGAN. Il crée la dynastie des ZHAO .
Dynastie qui devient dynastie des ZHAO ANTERIEURS lorsqu’un des généraux de LIU YAO, craignant pour sa propre vie, entre en rébellion et crée la dynastie des ZHAO POSTERIEURS.
LES DYNASTIES DU SUD (JIN Orientaux ; SONG ; QI du sud ; LIANG et CHEN).
Les populations du sud sont appelées « MAN » par les Chinois.

LES SIX DYNASTIES :

Ce titre caractérise une période qui va de la fin des HAN à l’arrivée de la dynastie des SUI. Il concerne les dynasties qui se sont succédé dans le SUD, à partir des WU et qui ont choisi JIANYE (NANJING) pour capitale.
Les SIX DYNASTIES sont donc :
– les WU (cf. supra : « Les trois royaumes)
– les DONG JIN ou JIN Orientaux (317-420)
– les LIU SONG (420-47/)
– les NAN QI ou QI du Sud (479-502)
– les NAN LIANG ou LIANG duSud (502-557)
– les NAN CHEN ou CHEN du Sud (557-589)
Tandis que dans le Nord de la Chine, les royaumes sont fondés par les envahisseurs venus d’Asie centrale, la cvilisation chinoise se déplace vers le Sud où la capitale est protégée des barbares par le YANGZI.
Pendant la période, de grandes familles aristocratiques se constituent qui domineront la société jusqu’à la fin de la dynastie des Tang.

-Les JIN ORIENTAUX (Eastern TSIN), 317 / 420 :

(Nom de amille : SIMA )

- YUANDI
(SIMA RUI)
317-323
- MINGDI
(SIMA SHAO)
322-326
- CHENGDI
(SIMA YAN)
326-343
- KANGDI
(SIMA YUE)
343-345
- MUDI
(SIMA DAN)
345-362
- AIDI
(SIMA PI)
362-366
- HAIXI
(SIMA YI)
366-371
- JIANWENDI
(SIMA YU)
371-373
- XIAOWUDI
(SIMA YAO)
373-397
- ANDI
(SIMA DEZONG)
397-419
- GONGDI
(SIMA DEWEN)
419-420

De la plaine de Chengdu à la région du bas Yangzi, les JIN Orientaux vont stimuler le peuplement et la sinisation.

En 317, dans le sud, un oncle de l’empereur MINDI, SIMA RUI , prince dont les terres qui se trouvent au sud, ont pour ville principale JIANKANG, anciennement appelée JIANYE (NANJING), se proclame EMPEREUR, créant ainsi la dynastie des JIN de l’Est. Son nom dynastique est YUAN DI (317 / 323)
Il fait de son fils SHAO le prince héritier.
Sima Rui consolide son pouvoir en ralliant à sa politique les grands propriétaires fonciers et les riches immigrés de la Chine du Nord. Parmi ceux-ci, deux frères se font remarquer ; ce sont les frères WANG (on dit alors d’eux qu’ « avec les SIMA, ils se partagent le monde »).
A partir de 347, expéditions militaires et guerres se succèdent sous le commandement de généraux ambitieux qui rêvent d’usurper le pouvoir, car la décadence des JIN est rapide.
Tout d’abord, c’est le général HUAN WEN qui part à la reconquête des territoires du nord du Yangzi ; il s’attaque aux QIN Antérieure, puis aux YAN Antérieurs, connaît des victoires et des revers. Il meurt en 373.
En 384, c’est le général LIU LAOZHI qui remporte la victoire décisive de FEISHUI sur les QIN Antérieurs, victoire qui va complètement déstabiliser la Chine du Nord et entraîner un nouveau morcellement : dix nouveaux états vont naître de l’anarchie qui, s’ajoutant aux restes des six royaumes « barbares » existant avant Feishui vont composer les « seize royaumes » (voir supra).
LIU LAOSHI profite de la victoire pour aller plus loin encore dans la reconquête des territoires du Nord.
Malheureusement, le royaume des JIN de l’Est est malade ; les dissensions au sein de la famille régnante laissent la part belle aux hommes forts.
En 389, le fils du général Huan Wen nommé Huan Xuan, se révolte contre les SIMA ; des émeutes éclatent dans le Bas Yangzi.
En 402, HUAN Xuan s’empare de Jiankang, massacre les SIMA qui s’y trouvent, puis, en 404, il prend le pouvoir et destitue l’empereur ANDI (AN TI). Son règne ne dure que quelques mois. En effet, l’un de ses généraux, LIU YU le chasse pour redonner le trône à l’empereur légitime.
Le rôle de LIU YU devient dès lors déterminant ; il réprime les émeutes dans le bas Yangzi, part en guerre contre les YAN du SUD, les JIN Postérieurs …Après l’avoir protégé, il finit par se débarrasser de ANDI en le faisant étrangler, pour y porter son frère DEWEN, dont le nom dynastique est GONG DI (KUNG TI ; 419). Il est le dernier représentant des SIMA et des JIN ORIENTAUX. Son règne ne dure pas deux ans.

Ainsi, la dynastie des JIN ORIENTAUX aura duré un petit peu plus d’un siècle, ayant donné successivement onze empereurs, tous faibles et incompétents.

– La dynastie des SONG (SUNG ou LIU SUNG), 420/479 (59 ans) :

La capitale du royaume des SONG est NANKIN.
En 420, LIU YU , ce prestigieux général des Jin Occidentaux qui s’est illustré dans les guerres de reconquête du Nord, obtient l’abdication de GONG DI et prend le pouvoir. Il a 64 ans lorsqu’il monte sur le trône. Il crée la dynastie des SONG et règne trois ans. Son nom dynastique est WU DI des Song .
Il tente en vain d’empoisonner GONG DI qu’il a écarté du trône et finit par le faire étouffer.
Lorsqu’il meurt à son tour, son fils CHING PING lui succède ; il a 17 ans. Son nom dynastique est SHAO DI . Deux ans plus tard, il est déposé puis assassiné par les mandarins à qui son père avait confié provisoirement la conduite du royaume.
YILONG , son jeune frère, monte alors sur le trône (en 424) et le venge aussitôt en exterminant les mandarins meurtriers. Son nom dynastique est WEN DI .
Le règne de Wendi va durer trente ans, dans une stabilité relative.

La Chine compte encore six autres Royaumes tenus par des tribus barbares :

– Royaume des XIA (Xiongnu)
– royaume des LIANG du Nord (Tangoutes = Xianbei)
– royaume des LIANG de l’Ouest (Tangoutes=Xianbei)
– royaume des YAN Postérieurs (Tartares orientaux)
– royaume des QIN Occidentaux (Tangoutes=Xianbei)
– royaume des WEI du Nord (Tuoba, clan des Xiongnu)
Fondé en 386 par le Tuoba GUI qui se proclame Empereur en 398 (son nom dynastique est DAOWU DI). Il fait de PINGCHENG sa capitale (dans le Shanxi, près de DA TONG).
Son fils, MINGYUAN DI, va s’attaquer aux Song.
A partir de 423, sous son autorité, les WEI du Nord vont traverser le Huanghe, conquérir les petits royaumes et unifier le Nord.

TUOBA est la transcription chinoise du nom ethnique de TABGATCH (Gernet).
Les TUOBA sont l’un des trois groupes ethniques de tribus XIANBEI (Tuoba ; Yuwen ; Murong).
(cf. supra : « les dynasties du sud et du nord »)
Les SONG règnent sur le Sud du Yangzi pendant cinquante neuf ans et donnent huit Empereurs dont cinq meurent assassinés (Shaodi ; Wendi ; Feidi ; Mingdi ; Houfeidi).

EN 450, les WEI du Nord s’attaquent aux SONG ; ils descendent jusqu’à l’embouchure du YANGZI. En 452, l’empereur TAIWUDI des WEI du Nord, est assassiné par un de ses eunuques du palais (Zong Ai).
De leur côté, les SONG partent à la conquête du Hénan ; victoires et défaites alternent. Finalement, sous le commandement de TAN DAO JI, général de Wendi, ils se replient.
En 453, WENDI fait exécuter TANDAO JI, jugé trop ambitieux.

L’année suivante, WENDI envisage de se débarrasser de ses deux fils aînés qui mènent une vie dissolue. Il tue le cadet, mais, l’aîné, nommé LIU SHAO, prend les devants. Il s’empare du palais et assassine Wendi, son père.
Lorsqu’il apprend la terrible nouvelle, le troisième fils, JUN, qui est alors gouverneur de Jiangxi, réunit ses troupes ; regagne Nanjing à marche forcée, défait son frère et le fait exécuter aussitôt. Il prend alors le titre d’empereur et son nom dynastique est XIAO WU DI (signifiant martial et filial Empereur ; 454-465), il est alors âgé de 24 ans.
Xiao Wu Di n’est pas exactement un prince rigoureux ; mise à part une conspiration qu’il saura étouffer dans l’œuf, six ans après son accession au pouvoir (inspirée par un des fils restants de feu WEN DI, nommé Dan, qui sera tué), son règne semble avoir été sans histoire.

Son fils ZIYE lui succède sous le nom dynastique de FEI DI (le défaussé). Homme méfiant, aux passions basses et brutales, il excelle dans la cruauté ; il fait le vide autour de lui.
Son règne sera rapidement expédié dans la mort ; de sorte que le onzième fils de Wen Di monte sur le trône la même année. Son nom dynastique est MING DI (l’Intelligent ; 465-473). Sous son règne, il doit réduire à Jingzhou une révolte fomentée par le frère de Feidi (nommé Zixum), avec l’appui d’un certain nombre de notables et de hauts fonctionnaires. Zixum est écrasé par l’armée impériale et trouve la mort. Ming Di manque alors de magnanimité et de générosité ; il manque de sens du pouvoir. Ainsi, plutôt que de pardonner à deux gouverneurs de provinces qui font amende honorable, il mobilise une armée importante pour s’emparer de leurs fiefs. Ceux-ci passent alors à l’ennemi ; ils font soumission au roi de WEI et demandent son aide.
L’armée de MING DI est écrasée, subissant une perte de plus de 10 000 hommes. La défaite entraîne la prise de contrôle par les WEI de territoires au nord et à l’ouest de la rivière Huai.

En 468, un personnage important fait son apparition ; il se nomme XIAO DAOCHENG
C’est un homme au grand cœur dont la légende dit qu’il était extrêmement beau ; il avait le corps recouvert d’écailles comme celui d’un dragon ; sur l’une de ses épaules était tatoué un Soleil, sur l’autre une Lune Tout le monde pouvait ainsi savoir que le Ciel lui destinait un trône. MING DI qui en avait fait un chef militaire, prit ombrage de son rayonnement et le rappela auprès de lui avec l’intention de le supprimer. Mais Xiao Daocheng méfiant, prit prétexte qu’une armée de WEI se trouvait à la frontière pour obtenir l’autorisation de rester à son poste.
Après huit années de pouvoir, MING DI meurt, remplacé sur le trône par son fils YU (473- 477). Son nom d’empereur est HOU FEI DI .
Son règne est éphémère (4 ans) ; il est assassiné par Xiao Daocheng.
Son jeune frère lui succède sous le nom dynastique de SHUN DI (477-479). Deux ans après, il est démis par Xiao Daocheng qui le fait prince de Ruyin et l’exile sous bonne escorte à Jiangnan.
Ainsi, en 479, Xiao Daocheng usurpe le pouvoir et donne à la nouvelle dynastie le nom de QI (QI du sud). Son nom d’empereur est GAODI des QI .

– La nouvelle dynastie des QI du sud (479/502) ne dure que 23 ans au cours desquels sept empereurs se succèdent.
Xiao Daocheng meurt malheureusement trop tôt, après deux ans de pouvoir, à l’âge de cinquante deux ans.
Après lui, la décadence s’accélère ; les princes se succèdent dans le sang (c’est le règne des mignons).
La période qui suit sera particulièrement troublée (révolte de TANG YUSHI en 486).
En 502, les QI sont, à leur tour renversés par un de leurs chefs militaires.

– La dynastie des LIANG (502/ 557) :

Il s’agit du commandant de la garnison de Xiangyang (aujourd’hui Zhejiang) nommé XIAO YAN et dont le nom d’empereur sera WUDI (502-550). HE DI (501-502) , dernier empereur de la dynastie des QI du sud abdique en sa faveur Il prend alors le contrôle de Nankin et fonde sa propre dynastie : les LIANG .
He Di que l’on ne sait pas trop où exiler, sera finalement étranglé.
WU DI peut être considéré comme un bon souverain. « D’une simplicité de vie qui allait jusqu’à l’austérité, probe et humain, il apportait sur le trône des vertus de soldat, en même temps que le respect des lettres et des lettrés ». (R.Grousset : »histoire de la Chine »- Fayard) Sous son règne, qui dure quarante huit ans, la corruption régresse, les conflits cessent.
La dernière grande bataille a lieu en 507 : les WEI envahissent le territoire et investissent la ville de Zhongli (au Kianman). Le général WEI RUI les écrase et les refoule jusqu’à la Wei. (40 000 morts, 50 000 prisonniers).
Dès cette époque, WU DI qui semblait attaché aux doctrines confucéennes, se rapproche du bouddhisme. Influencé par deux moines venus de l’Inde, il se convertit.

BODHIDHARMA, le bouddhisme CH’AN :
Bodhidharma (Damo en Chine ; 470-543) arrive en Chine vers 520 ; moine bouddhiste venu de l’Inde, c’est un réformateur. Après avoir passé plusieurs années à méditer dans le silence au monastère de SHAOLIN (situé dans le Henan, au pied du mont Songshan, entre Luoyang et Zhengzhou, ce monastère a été créé au cinquième siècle par un moine spécialiste des arts martiaux nommé BA TUO), il crée un bouddhisme contemplatif appelé CH’AN (Dhyâna en sanskrit) qui sera le Zen au Japon.
Il est considéré comme le vingt-huitième successeur du disciple de Bouddha, Mahakashyapa.
Son bouddhisme s’inspire à la fois des enseignements du Mahayana (Grand véhicule) et de ceux du taoisme ; il s’oppose à l’approche intellectuelle pour mettre l’accent sur la nécessité de l’expérience méditative (le cœur plutôt que le verbe).
Afin d’améliorer l’état de santé des moines, longuement immobilisés par la contemplation, il leur impose des exercices physiques comportant des techniques de combat (le gongfu ) qui feront la réputation du monastère.
Au septième siècle, le CH’AN se divisera en deux « écoles » :
– l’école du Nord, « l’école de l’éveil graduel » qui cherchera à équilibrer étude et pratique méditative.
– l’école du Sud, « école de l’éveil subit » qui considère que l’éveil ne dépend ni des mérites, ni du temps consacré à la méditation.

– La dynastie des CHEN (557/589) :

Cette dynastie du Sud est créée par un général de l’armée des LIANG, CHEN BAXIAN .
Il établit son royaume sur les ruines du royaume des Liang. Après avoir porté sur le trône, XIAO FANGZHIS, le dernier représentant des LIANG, il le destitue et crée sa propre dynastie : les CHEN. Son nom dynastique sera WUDI des CHEN .
Sa capitale est JIANKANG (Nankin).
Son territoire qui occupe essentiellement le Bas-Yangzi est l’un des plus petits.
JIANKANG (ancêtre de Nankin) est le centre culturel du bas-Yangzi. C’est une grande métropole entourée dune enceinte de dix kilomètres, qui compte plus d’un million d’habitants. Les JIN et les SONG s’y étaient attachés et y avaient déjà construit des palais.
Cinq empereurs vont se succéder sur le trône pendant les trente cinq ans que va durer la dynastie :
CHEN BAXIAN, empereur WENDI (557-559)
CHEN QIAN, empereur WENDI (559-566)
CHEN BOZONG (566-568), détrôné
CHEN XU, empereur XUANDI (568-582)
CHEN SHUBAO, empereur HOUZHOU (582-589).
Malgré la petitesse de leur territoire, les CHEN sont assez forts pour résister aux incursions des QI du Nord et des Zhou du Nord auxquels ils s’allient en 573 pour repousser les premiers. En 589, la dynastie est balayée par un général qui a déjà usurpé le pouvoir des ZHOU du Nord et établi sa propre dynastie, les SUI ; il s’agit de YANG JIAN , qui va bientôt régner sur toute la Chine (infra : dynastie des SUI).
Le BOUDDHISME : origine et expansion (notions).
Né dans la vallée du GANGE, son évolution et sa migration peuvent se décomposer en quatre phases :

1°/ Epoque du Bouddha historique :
Siddharta GAUTAMA est un personnage historique. La date de sa naissance, de même que la date de sa mort sont particulièrement imprécises. Pour la plupart des historiens, sa vie s’est déroulée entre 560 et 480 avant notre ère.
Il est né dans le sud du Népal ; il est le fils du roi d’un petit royaume (le Kosala), constitué de tribus qui, regroupées, ont pris le nom clanique de SAKYAS. La capitale est Kapilavastu. C’est là qu’il passe sa jeunesse.
Sa famille est de la caste guerrière des KSATRIYA, laquelle appartient à la lignée des GAUTAMA.
Ayant atteint l’âge adulte, il choisit de mener la vie d’ascète errant. Il se fait des disciples et crée sa « communauté monastique ».
Il meurt âgé.
Il est le Bouddha SAKYAMUNI (du clan des SAKYAS).
Le terme « Bouddha » vient du sanscrit BOUDH qui signifie comprendre .
Il caractérise donc celui qui possède la connaissance.
La tradition lui attribue des milliers de sermons, de textes (sutras).

La doctrine primitive :

1°/ Les QUATRE SAINTES VERITES ( ARYA-SATYA )
Elles sont définies dans le premier sermon de Bénarès :
– vérité de la DOULEUR, de la SOUFFRANCE ( Doukkha )
– vérité de l’origine de la DOULEUR
– vérité de la cessation de la DOULEUR
– vérité de la VOIE qui conduit à la cessation de la DOULEUR, de la SOUFFRANCE.

Ces quatre vérités résultent du constat suivant :
– tout est DOULEUR, SOUFFRANCE : la naissance, la vieillesse, la maladie, la mort, être uni à ce que l’on n’aime pas, être séparé de ce que l’on aime, ne pas réaliser ce que l’on désire.
Nul n’échappe à la douleur (même pas les dieux).
– tout a une fin inéluctable,
– tout est IMPERMANENCE,
– tout se transforme et tout périt.

Le monde est VIDE d’un DIEU ETERNEL, OMNIPOTENT, OMNIPRESENT.

2°/ ORIGINE de la DOULEUR :
La douleur a pour origine « la soif », c’est-à-dire le DESIR, lequel est lié au PLAISIR ;
SOIF dont la cause première est l’IGNORANCE de cette réalité.
La SOIF (le désir) et l’IGNORANCE produisent un fruit qui retombe inéluctablement sur son auteur et engendre les trois racines du mal d’où naissent les vices, les passions et les opinions fausses :
– la convoitise,
– la haine,
– l’erreur.
L’origine de la douleur est aussi l’ILLUSION qui pourrit la sérénité intérieure.
Le MOI n’est pas immuable.
Relation de cause à effet : TOUT ACTE ( Karma = loi de l’acte ), s’il résulte d’une décision en pleine connaissance de cause, produit un fruit qui retombe inéluctablement sur son auteur, sous forme de récompense ou de châtiment (relation de cause à effet).
Le fruit de l’acte entraîne des renaissances successives dans le monde terrestre. Le SAMSARA (ronde des naissances) est cet état de transition ; il porte en lui la DOULEUR à l’infini. La conscience transmigre d’une existence à une autre dans un univers illusoire.
L’ultime objectif, pour l’éviter ou s’en évader est le NIRVANA , c’est-à-dire l’état de vacuité absolue, l’extinction totale et définitive de soi, la cessation de la douleur .

3°/ CESSATION de la DOULEUR : c’est la cessation complète de cette « SOIF ».

4°/ LA VOIE (MARGA), l’OCTUPLE NOBLE SENTIER.
Supprimer la SOIF (le désir), ne consiste pas à la refouler. Il faut se débarrasser de toute
emprise mentale (perceptions erronées).
Pour parvenir à la cessation de la douleur, il y a la Sainte VOIE aux huit membres, règle de vie qui permet de combattre l’illusion pour aller vers la délivrance :
– compréhension juste,
– pensée juste,
– parole juste,
– action juste,
– moyen d’existence juste,
– effort juste,
– attention juste,
– concentration juste.
« S’abstenir des actions préjudiciables, accomplir celles qui sont bénéfiques, purifier son esprit, tel est l’enseignement des Eveillés. »

Les paroles de BOUDDHA (l’Eveillé) ont été consignées par écrit au 1 er siècle avant notre ère, à Ceylan, en langue PALIE, textes qui composent la triple corbeille ( TRIPITAKA ) et constituent le canon du Bouddhisme.

– EXPANSION du BOUDDHISME à partir de l’Inde vers le Sud-Est asiatique via CEYLAN, et vers l’Asie Centrale via l’AFGHANISTAN.
Cette expansion s’est réalisée sous l’impulsion de l’Empereur ASOKA (ou Açoka, ou encore Ashoka : - 272/-231). Le Bouddhisme se formalise, idées et croyances se précisent.
Les stupas se dressent. Antérieurs au Bouddhisme, ce sont des tumuli sous lesquels on conserve des reliques personnelles ; désormais, ils abriteront les reliques de Bouddha.
Le stupa prend progressivement la forme d’une tour, devient pagode en Chine où, soumise aux lois de la géomancie, elle se caractérise par sa verticalité, en prenant en compte les points cardinaux, qui, hors du centre peuvent être de quatre ou de huit.
Le Bouddhisme de cette époque est appelé PETIT VEHICULE ou HINAYANA .
Le Petit Véhicule, c’est le respect intégral, par la communauté, des SUTRAS et règles dont les disciples successifs de Bouddha ont constitué les collections.
– Apparition du Bouddhisme du GRAND VEHICULE ou MAHAYANA qui va donner naissance à de nombreuses écoles
Deux siècles avant notre ére, DEMETRIOS, souverain grec de Bactriane, s’empare de la région de Kaboul et du Gandhara, puis du Pendjab et du Sindh. Comme ce sera le cas de ses successeurs, il porte un vif intérêt à la pensée indienne et notamment au Bouddhisme.
Vers le début de notre ère, les royaumes grecs sont balayés par des nomades indo-européens, les Scythes, qui créent la dynastie des KOUCHANES. Rapidement, sous leur impulsion, une grande puissance commerçante émerge, dont l’influence se fera sentir jusqu’au Tarim et au Taklamakan (route de la soie). Profondémént influencés par les grecs, ils s’intéressent au Bouddhisme et en deviennent d’ardents propagateurs, sous Kanishka (120/162).
Le GRAND VEHICULE ou MAHAYANA (Grand moyen de progression), qui va migrer vers la Chine, la Corée, le Japon, le Vietnam, s’écarte des règles originelles jugées trop austères.
La littérature est considérable. Les deux thèmes principaux portent sur les Boddhisattva , êtres qui s’engagent dans la voie de l’EVEIL (boddhicitta) et sur le Sunyata , cette vacuité totale qui est l’aboutissement de la sagesse. Mais il s’agit de mener les êtres au salut, et les grands Boddhisattva font serment de n’entrer dans la paix absolue que lorsque tous les êtres auront atteint la délivrance. Ainsi, le Boddhisattva est un être déjà « éveillé », qui peut rester dans le monde et retarder son entrée dans le NIRVANA pour accomplir son œuvre salvatrice. Aussi bien les laïcs que les hommes et les femmes, comme les moines, peuvent s’engager dans cette voie et exercer les SIX PERFECTIONS : générosité, moralité, patience, énergie, extase et sagesse.
Certains Boddhisattva sont très populaires, comme MAITREYA (disciple de Sakyamuni), considéré comme le BOUDDHA du futur , c’est-à-dire le successeur du Bouddha historique (le Messie en quelque sorte) ; MANJUSRI (appelé WENCHOU en Chine), patron de la grammaire et de l’éloquence et le plus grand de tous ; AVALOKITESHVARA , le compatissant , procède du Bouddha AMITABHA. En Chine, sous la dynastie des SONG, il a pris les traits d’une belle femme, appelée GUANYIN .
Si le Bouddha est proche de l’Absolu, le Boddhisattva représente un idéal de perfection à atteindre.

Le TANTRISME est une forme de religion née du Bouddhisme et de l’Hindouisme ; il s’est développé en Inde vers 500.
Le Bouddha et le Boddhisattva deviennent des objets d’adoration plus proches des divinités hindoues. Les TARAS , déesses « sauveuses » qui assistent les Boddhisattva dans leurs œuvres font leur apparition ; on va les retrouver dans le bouddhisme tibétain.

– A partir du VII ème siècle, arrive le BOUDDHISME VAJRAYANA ou VEHICULE DE DIAMANT, en faveur dans l’Himalaya.
Imprégné de yoga hindouiste et de magie tantrique, il se développe au TIBET d’où il se diffuse.
La TARA, comme GUANYIN en Chine, est une réplique féminine d’Avalokiteshvara. Il y en a un certain nombre : CINQ grandes TARAS et 21 TARAS secondaires. Chacune, dans une attitude particulière caractéristique de la personnalité d’Avalokiteshvara, porte une couleur différente (comme au temple des Lamas à Pékin). Les Dalaï-Lamas sont considérés comme des réincarnations sucessives de ce grand Boddhisattva.
A la même époque, en Inde, concurrencé par d’autres religions, le Bouddhisme décline. Sous les Mongols musulmans, il disparaît presque de son foyer d’origine.

– Zones d’influence de ces Bouddhismes :
PETIT VEHICULE, sous forme de THERAVADA (école cinghalaise) :
Ceylan, Thailande, Birmanie, Laos, Cambodge.

GRAND VEHICULE (MAHAYANA) :
Chine, Corée, Japon, Vietnam.

VEHICULE de DIAMANT (s’est séparé du Mahayana vers 550) :
Depuis l’Inde du nord, il se diffuse par le Tibet pour se retrouver en Mongolie et au Japon.
Un « Panthéon » bouddhique en Chine : le Monastère des deux forêts (SHUANGLINSI) à QIAOTOU (SHANXI).
Appelé aussi Monastère de la capitale du milieu, il a été fondé sous les WEI du Nord ; cependant, les constructions actuelles datent des dynasties MING et QING.
Il se présente sous la forme d’une succession de pavillons sans étages, couverts de tuiles vernissées rondes.
Un premier pavillon est protégé sur sa façade par les « Rois célestes », quatre gardiens des Quatre Horizons (Lokapala) d’époque Yuan.
A l’intérieur siège le MAITREYA TIANGUAN ou BOUDDHA MAITREYA , le Compatissant, qui est le Bouddha des temps futurs. Il incarne l’Amour universel et n’est pour le moment qu’un bodhisattva. Il sera le Bouddha des derniers jours.
Dans le second pavillon se trouve une remarquable statue en céramique vernissée de GUANYIN (ou KOUAN YIN), « déesse de la miséricorde » dans la posture de simple « délassement ». Très populaire en Chine, Guanyin est à l’origine un bodhisattva de sexe masculin appelé AVALOKITESHVARA.
Au Tibet, la contrepartie féminine d’Avalokiteshvara est la déesse TARA, qui doit sauver l’humanité . Il existe en fait cinq TARAS « principales » et 21 Taras « secondaires » ; chacune, a sa couleur et se trouve dans une posture particulière (Tara verte, Tara blanche au temple des LAMAS à Pékin).
Dans le bouddhisme du « Grand Véhicule », le BODHISATTVA (PUDISADUO en chinois) est un être en attente d’éveil, qui refuse d’accéder à l’état de BOUDDHA tant que tous les autres êtres du monde n’y sont point parvenus. Avec le « Grand véhicule », le nombre des bodhisattva s’est multiplié et leur vénération a souvent surpassé celle de Bouddha. Cinq d’entre eux sont l’objet d’une dévotion particulière ; ce sont :
– AVALOKITESHVARA sous la forme de GUANYIN.
– MANJUSRI (WENCHOU) , « Maître de la Parole et de la Sagesse transcendante, victorieux de l’erreur ».
– MAITREYA, le Bouddha du futur . Souvent représenté en personnage rondouillard et rieur, symbole de la joie et de la sensualité ; il aime les enfants.
Il égrène un rosaire de 18 perles (habituellement 108. 108 et 18 sont multiples de 9, chiffre magique qui correspond au nombre des planètes de notre système solaire).
Assimilé à un moine du Bouddhisme CHAN (zen au Japon) qui vécut au X ème siècle et qui, à la veille de sa mort révéla qu’il était une incarnetion de
MAITREYA.
– KSHITIGARBHA , « Juge des enfers » qui trône au milieu des Dix Rois des Enfers, il essaie d’atténuer la rigueur de leurs sentences.
– VAJRAPANI : fidèle compagnon de BOUDDHA, il tient en main la foudre. Malgré son air redoutable, il est, comme tous les bodhisattva, bienveillant.

Comme c’est le cas dans ce monastère, GUANYIN est généralement placée dans la seconde salle, qui est en fait le hall principal où trônent habituellement les TROIS BOUDDHAS (Bouddha du passé, Bouddha du présent et Bouddha du futur) entourés des 18 LUOHANS ou ARHATS, disciples de Bouddha, disposés de part et d’autre symétriquement.
L’ARHAT (selon le Petit Véhicule) est un être qui a renoncé au NIRVANA afin de rester auprès des humains afin de soulager leurs peines. C’est un SAINT parvenu au plus haut degré de la sagesse car il a su se libérer des DIX LIENS : croyance en la personnalité, doute, attachement aux rites et aux règles, désir charnel, haine, désir de corporéité subtile, désir de non-corporéité, orgueuil et vanité, agitation, ignorance.
Traditionnellement, chaque ARHAT porte un nom et se trouve représenté dans une attitude particulière, codifiée et symbolique : arhat volubile, arhat muet, arhat apprivoisant le tigre, arhat ivre et arhat de la bienvenue, arhat maigre, arhat aux pieds nus etc…

Le troisième pavillon, est le temple du dieu de la Guerre, GUANYU, général du troisième siècle, immortalisé dans le « roman des trois royaumes » qui, plus tard fut appelé GUANDI (Empereur GUAN). Il est devenu objet de culte bouddhiste au VII ème siècle pour avoir été un protecteur de cette religion alors étrangère.

Dans un des pavillons suivants (le sixième), des statuettes des époques SONG et YUAN, racontent la vie du Bouddha Gautama SAKYAMUNI (Siddharta de la lignée des SAKYAS), le plus connu de tous.

Le bâtiment sept est appelé Temple du Grand Trésor. Il renferme une statue de Bouddha en argile crue sur structure de fer, repeinte sous les QING.
Le huitième est consacré au bodhisattva PUXIAN (SAMANTHABADRA pour les indiens) : 471 statuettes d’argile crue sur structure de bois, datant des MING, entourent une Guanyin aux Mille bras et aux Mille Yeux.
Le neuvième, est consacré aux Mille Bouddhas. D’époque MING, ils entourent une statue centrale qui représente GUANYIN.
* * * * *
Introduction du Bouddhisme au Japon :

Entre le IV ème et le V ème siècle, de nombreux Chinois, de même que des Coréens émigrent avec leurs familles au Japon. Ils sont bien accueillis et rapidement intégrés et appréciés. Souvent spécialisés dans l’écriture, ils se voient confier la rédaction des actes officiels et la conservation des archives. De nombreux lettrés arrivent du continent et familiarisent les Japonais à la culture, aux sciences et aux technologies chinoises. Les Japonais ne tarderont pas à adopter l’écriture chinoise.
Parmi ces nouveaux arrivants, des religieux tentent, sans grand résultat, d’introduire le Bouddhisme, en 522, sous l’impulsion du bonze Sima Dadeng (envoyé par le souverain Liang).
Vers 550, le roi du petit royaume de Päkce en Corée, offre au souverain nippon, afin d’obtenir sa protection une statue de Bouddha en bronze doré ainsi que des rouleaux de sutras . La nouvelle religion reçoit l’appui de la puissante famille des Soga qui tient des postes de premier plan auprès de l’empereur, et malgré l’opposition des familles Mononobe et Nakatomi, très attachées au culte traditionnel shintô , elle connaît dès lors des progrès rapides. L’empereur YÖMEI (585/587) se convertit. Progressivement, les moines bouddhistes venus de Corée pour communiquer leur enseignement, seront remplacés par des autochtones.
CHINE DU NORD :
Les derniers représentants des JIN, les riches chinois, les grands propriétaires, abandonnent aux « barbares » (en chinois, les barbares sont appelés HU), peuples semi-nomades, tout le territoire au nord du Yangzi. Les « hordes », d’ethnies différentes, viennent aussi bien du nord que de l’ouest et du sud-ouest.
Ces envahisseurs sont appelés les « cinq barbares ». Ce sont :
les Xiongnu (Huns) venus de l’Ordos, les Xian Bei ou Xien Pi (proto-mongols) venus du nord, les Jie ou Chieh (Huns), les DI ou Ti (Tibétains), venus du S/O, les Qiang ou Chiang (Tibétains)venus de S/O.
Pendant un siècle ( 304 à 409 ), ils vont s’entretuer et se succéder à la tête de royaumes éphémères ; la Chine du nord se fragmente en plusieurs « royaumes » autonomes et rivaux.
C’est la période des « seize royaumes » que se partagent les CINQ BARBARES.
– Les SEIZE ROYAUMES :
Ces seize royaumes sont les suivants, dans l’ordre de leur formation :
CHENG HAN (304)=JIN orientaux.
HAN ou ZHAO antérieurs (304)=Xiongnu.
ZHAO postérieurs (319)= Jie.
YAN antérieurs (337) =Xianbei.
LIANG antérieurs (320)= Han.
QIN Antérieurs (351)= Di
UN ROYAUME TIBETAIN :
Les Qin antérieurs méritent une attention particulière. Créés par une famille tibétaine établie à Chang’an, ils constituent un état tibétain puissant. Leur Empereur, FU JIANG (357-385) , ne s’embarrasse pas des turpitudes tribales qui divisent dans ses rangs les Turcs et les Mongols. Il met en place une administration fortement sinisée, de même que sur le plan militaire il constitue une armée chinoise disciplinée pour encadrer en quelque sorte la cavalerie nomade.
En 370, il liquide les YAN antérieurs au nord-est puis, en 376, les LIANG antérieurs, unifiant ainsi la Chine du nord. Malheureusement, il se lance dans une conquête de la Chine du sud qui se termine par le désastre de FEISHUI (384), bataille qui se déroule sur la rive est de la FEISHUI (rivière aujourd’hui appelée FEIHE ; province de ANHUI) au cours de laquelle les troupes JIN mettent son armée en pièces.
En 384, un de ses généraux, YAO CHANG, usurpe le trône à Changan et crée la dynastie des QIN postérieurs ; YAO CHANG tue FU JIANG.
QIN postérieurs (384)=Qiang
YAN postérieurs (384)=Xianbei.
QIN de l’ouest (385)=Xianbei.
LIANG postérieurs (385)= Di.
LIANG du nord (397)=Xiongnu.
LIANG du sud (397)=Xianbei.
YAN du sud (398)= Xianbei.
LIANG de l’ouest (400)= Han.
XIA (407)= Wei du Nord.
YAN du nord (409)= Wei du Nord.

Trois de ces royaumes seulement ont été fondés par des familles d’origine chinoise (Liang antérieurs, Liang de l’ouest et Yan du nord).
Pour avoir une idée grossière de la géographie « politique » de la Chine du Nord vers la fin du quatrième siècle, on peut dire, en procédant à un balayage d’Est en Ouest, que les LIANG postérieurs occupent les territoires correspondant aujourd’hui aux provinces suivantes : Shangdong, Hébei, Lianing ; que les YAN de l’ouest se trouvent au Shanxi ; que les QIN postérieurs occupent Hénan, Hubei, Shaanxi ; les QIN de l’ouest, ont pris une partie du Gansu et un peu du nord du Sichuan ; enfin, les LIANG postérieurs sont au Qinghai et au Xinjiang.
* * * *
LES DYNASTIES DU SUD ET DU NORD
(suite)

Les guerres incessantes auxquelles se livrent tous ces états ne prennent fin qu’avec la réunification opérée par les WEI du Nord.

LES WEI DU NORD (386-535) :

- DAOWUDI
(TUOBA GUI)

386-409
- MINGYUANDI
(TUOBA SI)

409-424
- TAIWUDI
(TUOBA TAO)

424-452
- WENCHENGDI
(TUOBA JUN)

452-466
- XIANWENDI
(TUOBA HONG)

466-471
- XIAOWENDI
(YUAN HONG)

471-499
- XUANWUDI
(YUAN KE)

500-516
- XIAOMINGDI
(YUAN XU)

516-528
- XIAOZHUANDI
(YUAN ZIYOU)

528-530
- JIEMINDI
(YUAN GONG)

531
- FEIDI
(YUAN LANG)
dethrone
531-532
- XIAOWUDI
(YUAN XIU)

532-534

Les Wei du Nord réalisent l’unification du bassin du Huang He ainsi que la fusion des ethnies qui s’y trouvent. Les anciens nomades se sédentarisent ; leur sinisation s’accomplit.
– Entre 338 et 376, la tribu turque des TUOBA (ou TOPA, ethnie d’origine Xien Pi ou Xian Bei, autrement appelés TABGHATCH) qui nomadisait entre l’Argun, les rives de l’Heilongjiang et les contreforts des monts Xingan, migre vers le sud, atteint le mont Yinchan où elle établit un royaume nommé « DAI » (ou TAI) à SHENGLE (aujourd’hui HORINGER, en Mongolie Intérieure), en 368.
Après s’être soumis un moment au pouvoir des QIN Antérieurs (supra), les Tuoba reprennent leur indépendance en 386 ; TUOBA GUI , leur chef, crée alors la dynastie des WEI DU NORD.
A l’issue de guerres qui les opposent aux autres groupes ethniques, ils deviennent suffisamment puissants pour prendre le contrôle d’une grande partie de la Chine du Nord et poursuivre leur progression vers le sud-ouest.
Afin d’exercer un contrôle plus efficace sur les territoires nouvellement conquis, ils déplacent leur capitale de SHENGLE à PINGCHENG (aujourd’hui DATONG), en 398.

PINGCHENG (Datong) a déjà une longue histoire. Située au nord du Shanxi, elle est très proche des terres « barbares ».
A l’époque des Royaumes Combattants, c’est une ville d’importance stratégique à la limite de l’état de ZHAO.
Sous les QIN, elle se trouve sous la juridiction de Yanmen.
Au début de la dynastie des HAN, elle devient le siège du comté de Pingcheng. C’est une ville de garnison qui chevauche la Grande Muraille ; elle contrôle la route qui permet les échanges avec les nomades du nord.
Avec les Tuoba, elle sert de base arrière au moment de leur expansion sur la Chine.

Sous les trois premiers empereurs DAO WU DI (386-409), MING YUAN DI (409-423), TAI WU DI (424-451), les Wei ont pratiquement éliminé tous leurs rivaux ; le dernier état tribal se soumet à Lianzhou (439). TAIWUDI unifie le Nord.
Commence alors une période de paix relative et de stabilité.
En intégrant à leur empire la grande plaine du nord, fortement peuplée et riche de terres agricoles, les WEI se sinisent. Ils ne s’emparent pas des terres et considèrent que les nomades du nord (Tuoba) doivent se cantonner dans leur rôle de soldats..
Leur succès, en termes de gouvernement n’est pas dû à leur nombre, relativement faible, mais au fait qu’ils adoptent les règles et techniques d ‘administration traditionnelle chinoise ; particulièrement sous l’empereur XIAO WEN (471-499), souverain ouvert au progrès et attentif aux idées nouvelles.
La période des WEI du Nord se caractérise par une grande activité, un développement très important. La dynastie développe particulièrement l’irrigation des terres agricoles, le commerce, la culture.

Entre 445 et 448, TAI WU DI envahit le bassin du TARIM.
En 446, craignant pour sa propre autorité, il commence à persécuter les bouddhistes.
En 450, la guerre qu’il entreprend contre les SONG se solde par de lourdes pertes de part et d’autre.
En 451 TAI WU DI meurt, assassiné par un eunuque du palais (Zong Ai).

WEN CHENG DI (452/466) lui succède.

XIAN WEN DI prend la suite (466-471).

L’empereur XIAO WEN DI (471-499) est encore enfant lorsqu’il monte sur le trône (il a huit ans). C’est en fait l’impératrice douairière, FENG , qui exerce le pouvoir. Elle prend des mesures pour favoriser l’assimilation des peuples Han et des Xien Pi et imposer la langue des Han.
En 486, l’Empereur décrète que tous les membres de la Cour devront désormais porter des vêtements chinois et abandonner l’habillement nomade. Les mariages mixtes sont encouragés de même que l’adoption de patronymes chinois. Les aristocrates Tuoba sont intégrés dans la même structure hiérarchique que les familles chinoises d’origine.
Son épouse est l’impératrice WENZHO.

Pour renforcer le contrôle sur les biens fonciers et pour faciliter la perception des taxes, Xiao Wendi met sur pied, en 485, un type d’organisation qui a déjà existé sous d’autres formes et appellations, il s’agit du système des « TROIS CHEFS » ( san chang ) :
La population est divisée en groupes mutuellement responsables de la paix sociale et du paiement des taxes, de la façon suivante :
Un groupe de cinq familles constitue un LIN , c’est-à-dire un « quartier » ;
Cinq LIN constituent un Li, un « village » ;
Cinq LI constituent une « association » ( TANG ). Chacun de ces niveaux est sous la responsabilité d’un CHEF, d’où le nom du système.
Ce système d’organisation qui existait déjà, perdurera sous une forme ou sous une autre, avec différentes appellations.

En 493, la capitale se déplace de Pingcheng à LUOYANG.

Au cœur de la Chine du nord, LUOYANG a été la capitale des ZHOU Orientaux sur la décision du roi PING (-770), puis des HAN de l’Est (25-220), des WEI (l’un des Trois Royaumes) et des JIN Occidentaux(311). C’est la plus grande ville de Chine après Changan.
A partir de 497, les guerres que l’Empereur engage contre les QI du SUD se soldent par des défaites successives.
Les années qui suivent la mort de XIAO WEN DI en 499, sont marquées par des troubles sociaux importants et incessants avec ses successeurs ; son fils, XUAN WU DI (500-516), puis XIAO MING DI (516-528), suivi de trois empereurs de 528 à 531 et enfin de XIAO WU DI en 532.
Vers 523, la sinisation « forcée » engendre des contradictions qui, malheureusement, fragilisent et déstabilisent les Xien Bei (Tuoba ou Topa) qui constituent l’effectif militaire. Les conditions de vie se détériorent aux frontières du nord de sorte que les mutineries s’y multiplient.
Le pouvoir central devient la proie de ses grandes familles et se désintègre rapidement
Des révoltes éclatent dans les provinces du nord (aujourd’hui Hebei, Shandong, Shaanxi, Gansu).
Les chefs des armées du nord situées aux frontières prennent le contrôle des affaires.
En 534, les WEI du NORD se divisent en WEI orientaux et WEI occidentaux.
XIAOWUDI est assassiné par le général YUWEN TAI (Wei de l’Oust).

– Les WEI de l’EST :
Se créent sous l’autorité de GAO HUAN, un général chinois de mœurs Xian Bei.
L’empereur est de la dynastie des WEI ; il se nomme YUAN SHANJIAN, son nom dynastiue est XIAOJINGDI (régne de 534 à 550).
En 550, le fils de GAO HUAN, GAO YANG prend le titre d’Empereur et transforme les Wei de l’Est en QI du Nord. De 550 à 577, six empereurs se succèdent :
WENXUANDI (GAO YANG, 550-559) ; GAO YIN (560 ; détrôné) ; XIAOZHAODI (GAOYAN ; 560-561) ; WUCHENDI (GAOZHAN ; 561-565) ; HOUZHU (GAOWEI ; 565-576) ; YOUZHU (GAOHENG ; 577).
Leur capitale est YE.

– Les WEI de l’OUEST et les ZHOU du NORD :
Ils sont dirigés par YUWEN TAI , un général Xian Bei du clan des Yuwen.
DE 535 à 557, trois empereurs de la famille YUAN vont occuper le trône : empereur WENDI (YUAN BAOJU ; 535-552), YUAN QIN (552-554, détrôné), GONGDI (YUAN KUO ; 554-557).
Géographiquement, les Wei de l’Est sont établis à l’Est de Luoyang, Luoyang comprise.
Les Wei de l’Ouest occupent les régions à l’ouest de Luoyang.
– En 557 , l’empereur GONGDI (YUAN KUO) est destitué par YUWEN JUE, fils de YUWEN TAI, qui crée la dynastie des ZHOU du NORD . Son nom dynastique est XIAO MIN DI.
Entre 557 et 581, quatre empereurs vont lui succéder :
MING DI
(YUWEN YU)
557-561
WU DI
(YUWEN YONG)
561-578
XUAN DI
(YUWEN YUN)
578-580
JING DI
(YUWEN CHAN)
580-581
(Etablie dans la vallée de la WEI, cette petite dynastie dont la capitale est CHANGAN va durer 24 ans. Elle prend fin en 581.)

Les ZHOU du Nord disposent d’une puissante armée.
En 577, l’empereur WU DI des ZHOU du Nord conquiert le royaume des QI du Nord et rétablit l’unité dans le Nord. Malheureusement, à sa mort, son fils lui succède ; un homme incompétent et corrompu (XUAN DI), qui, en 580, laisse le pouvoir à un enfant de huit ans (son fils, l’empereur JING DI).
En 581, le trône est usurpé par un membre de la famille maternelle, le général YANG JIANG , qui, à son tour va se proclamer empereur et fonder la dynastie des SUI (infra).
* * * *
LES WEI DU NORD ET LE BOUDDHISME

Sous les WEI du Nord, le bouddhisme s’étend rapidement, et, dans la région de Pingcheng les grottes de YUNGANG en portent témoignage, de même que plus tard, les grottes de LONGMEN..
Bien que le bouddhisme soit arrivé de l’Inde sous la dynastie des HAN, il ne devient florissant qu’après la période des TROIS ROYAUMES et celle des SEIZE ROYAUMES (ou Seize dynasties).
Au tout début, les chinois du peuple, qui n’avaient qu’une vague idée de cette religion, révéraient aussi bien Bouddha que les divinités de divers cultes locaux ainsi que LAO TSEU, fondateur du Taoïsme.
Malgré les guerres, l’instabilité sociale, l’enseignement de Bouddha, concernant particulièrement la notion du salut personnel et du NIRVANA connaît les faveurs populaires, notamment dans les classes les plus pauvres.
Les TUOBA ne découvrent le bouddhisme que lorsqu’ils s’installent au nord de la Chine.

Bien que très attaché au Confucianisme, l’empereur DAO WU s’intéresse au Taoïsme ainsi qu’au Bouddhisme qu’il connaît bien. Lorsqu’il s’empare d’une partie du Hébei et du Shangdong, il ordonne à ses troupes de ne pas troubler la paix des moines.
Il émet un édit qui autorise l’expansion du bouddhisme dans la plaine de la Chine centrale ; à Pingcheng, il permet la construction de pagodes, de monastères, de cellules monacales.
Un moine éminent nommé FA GUO qui est chargé de l’administration de « l’église » bouddhiste, déclare un jour que l’Empereur est certainement le BOUDDHA VIVANT.
Cette idée prend corps chez les WEI du Nord et permet ainsi au bouddhisme de devenir progressivement la religion d’Etat.

Poursuivant la politique de son père, l’empereur MING YUAN respecte à la fois le Taoïsme et le Bouddhisme. Tandis que l’on sculpte dans tout le pays des statues bouddhistes, il attend des moines qu’ils soient les guides du peuple.
Après la conquête de LIANGZHOU (Lanzhou) à l’ouest, dans le Gansu en 439, TAI WU DI a le contrôle total de la Chine du Nord. L’expansion du bouddhisme s’accélère.

Au fur et à mesure de leurs conquêtes, au contact des Chinois, les TUOBA prennent conscience de leur retard tant sur le plan économique que sur le plan culturel. C’est l’une des raisons pour lesquelles ils encouragent le rayonnement du taoïsme et du bouddhisme.
Des lieux saints apparaissent un peu partout patronnés par les Tuoba.
Tandis que la domination des Wei du Nord s’infléchit, le bouddhisme gagne en importance et prend plus de liberté vis à vis du pouvoir. Il s’appuie sur le peuple qui se rapproche de lui dans les périodes difficiles ; dans les grands moments de malheur et de disette, les monastères et les couvents offrent aussi un refuge à ceux qui veulent échapper à la conscription.
Par ailleurs, du point de vue du pouvoir, moines et nonnes représentent une classe importante improductive et par conséquent pose problème.
En 446, l’empereur TAI WU DI, craignant pour son autorité, ordonne la persécution des bouddhistes. C’est la première fois que le pouvoir s’attaque à leur religion.

WEN CHENG DI , son successeur assouplit sa politique et c’est sous son règne que débute la construction du complexe de YUNGANG (non loin de Pingcheng) ; un ensemble de grottes et de niches, de statues (dont certaines, sculptées dans la roche même des grottes lors de leur évidement, sont colossales) creusées et taillées dans le grès du mont Wuzhou..
Les textes rapportent que l’empereur MING YUAN est venu se recueillir sept fois devant ce mont avant même que la première grotte ait été creusée. Un moine bouddhiste du nom de TAN YAO lui aurait présenté le projet grandiose du complexe et l’empereur lui aurait en retour confié la supervision des travaux.

A partir de 494, la dynastie des WEI du Nord quitte PINGCHENG ; la capitale devient LUOYANG.
Le chantier de YUNGANG décline ; les carriers et sculpteurs sont désormais mobilisés par un aussi vaste chantier à une quinzaine de kilomètres de LUOYANG, près de la rivière YI :
les GROTTES de LONGMEN.
A LONGMEN, l’art bouddhique atteint des sommets.
Les travaux vont durer plus de deux siècles pendant lesquels grottes et niches seront creusées « par milliers » (2000) dans le calcaire gris, peuplées de statues, sur une longueur d’un kilomètre.

L’EMPEREUR et le BOUDDHISME.
Au début de la dynastie des HAN, Pingcheng, qui chevauche la Grande Muraille, est une ville de garnison ; elle contrôle la route qui permet aux Han, majoritaires, d’entrer en contact avec les nomades du Nord.
Les TUOBA en font leur base arrière lors des attaques menées contre les autres royaumes.
Sous les empereurs DAO WU, MING YUAN et TAI WU, les tuoba WEI soumettent le dernier état tribal à Liangzhou, mettant fin au séparatisme ; la Chine du Nord est unifiée.
C’est le début d’une ére de paix relative et de stabilité.
Une plus grande immigration vers Pingcheng, la construction à grande échelle de la ville en font une capitale prospère et le centre politique, économique et culturel de la Chine du Nord jusqu’en 494, date à laquelle la capitale se déplace à Luoyang.
Le succès des Tuoba en termes de gouvernement n’est pas dû à leur nombre, relativement faible, mais au fait qu’ils ont adopté le mode d’administration traditionnel des Chinois ; particulièrement sous l’empereur XIAO WEN qui est un souverain de progrès, attentif aux idées nouvelles.
Cette dynastie se caractérise par un développement très actif ; elle encourage particulièrement l’irrigation des terres agricoles, le commerce, la culture. Le Bouddhisme s’étend rapidement. Les grottes de Yungang constituent le plus grand témoignage de cette époque.
Bien que le bouddhisme soit venu de l’Inde au premier siècle sous la dynastie des Han, il ne devient florissant qu’après la période des Trois Royaumes et des Seize Dynasties.
Au temps des Han, le peuple n’avait qu’une vague idée de cette religion étrangère ; ils revéraient aussi bien Bouddha que les « divinités » chinoise telles que LAO TSEU, fondateur du Taoisme.
En dépit des guerres continuelles et donc de l’instabilité sociale, l’enseignement de Bouddha au sujet du salut personnel et du nirvana devient populaire, surtout dans les basses classes.
A l’origine, les Tuoba ne savaient rien du bouddhisme ; ils le découvrent lorsqu’ils s’installent dans la plaine du nord de la Chine.
L’empereur DAO WU, de même que son fils MING YUAN, favoriseront le bouddhisme qui réussit son implantation dans les classes populaires et s’affirmera bientôt comme une religion d’état. L’expansion de cette religion vers l’Est s’accélère sous le règne de TAI WU DI, notamment lors des conquêtes de 439.
Sous le patronage des Tuoba WEI, les lieux saints apparaissent un peu partout, le bouddhisme rayonne jusqu’à ce coup d’arrêt de 446.
Il faudra attendre l’avènement de WEN CHENG DI (452) pour que cessent les persécutions et pour que le bouddhisme puisse s’épanouir.
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