Edouard Vaillant (1840-1915) de la Commune à l
218 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Edouard Vaillant (1840-1915) de la Commune à l'internationale

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
218 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Description

Édouard Vaillant fut un des grands fondateurs du socialisme français et un artisan de l'unité socialiste de 1905, un animateur et un organisateur du Parti socialiste et de la Deuxième Internationale jusqu'en 1914. Il reste cependant une figure oubliée et injustement méconnue de l'histoire sociale. Ce livre, s'appuyant sur des communications inédites, veut aussi faire redécouvrir au travers de la personnalité de Vaillant tout un héritage socialiste révolutionnaire que l'on ne peut réduire au blanquisme, et que Vaillant porta de la Commune jusqu'à sa mort.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2016
Nombre de lectures 5
EAN13 9782140016363
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

1
Sous la direction de Claude Pennetier et Jean-Louis Robert
Édouard Vaillant (1840-1915) de la Commune à l’Internationale
Édouard Vaillant (1840-1915) de la&ommune à l’,nternationale
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris www.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09768-8 EAN : 9782343097688
Sous la direction de Claude PENNETIERet Jean-Louis ROBERT
Édouard Vaillant (1840-1915) de la&ommune à l’,nternationale
Introduction
Claude Pennetier et Jean-Louis Robert
Ce volume présente les Actes de la journée d’études coorganisée par les Amies et Amis de la Commune de Paris-1871 et le Dictionnaire Maitron, avec le soutien de la Fondation Jean Jaurès, le 9 décembre 2015, à l’Hôtel de Ville de Paris.
Beaucoup avait déjà été dit sur Édouard Vaillant dans les livres majeurs de Maurice Dommanget et Jolyon Howorth, mais le centenaire du décès d’Édouard Vaillant a été l’occasion de réunir huit contributions qui ont éclairé, sous un jour nouveau, la vie du communard et du « grand socialiste ».
Élisabeth Badinter, qui a honoré la journée de sa présence, et Claude Pennetier, en tissant la trame biographique de Vaillant, constatent qu’il est le grand oublié de l’histoire socialiste. Jusque dans sa famille on ignorait ou voulait ignorer le militant qui avait consacré sa vie à l’action et qui avait peu laissé de traces de sa vie privée. Et si des travaux ou des biographies ont évoqué Vaillant, c’est avec une grande intermittence. Encore en 2015, les manifestations qui ont évoqué le souvenir de Vaillant paraissent dérisoires au regard de celles qui, en 2014, ont évoqué Jaurès.
Deux communications de Laure Godineau et Jean-Louis Robert approfondissent le rôle de Vaillant pendant la Commune. Il est l’homme d’action énergique qui tient les deux bouts de la ficelle : des réformes immédiates, le souci de l’avancée révolutionnaire. « Ministre » de l’éducation et de la culture, il généralise radicalement la laïcisation des écoles, laissant peu d’autonomie aux
7
arrondissements, mais il accepte que le principe associatif soit la base de la reconstruction communarde des arts. Jacobin et fédéraliste, déjà.
Mais Laure Godineau nous montre une faille jusqu’ici peu soulignée de la situation du Vaillant communard ; certes Vaillant, qui n’est ni de la majorité républicaine socialiste ou blanquiste, ni de la minorité internationaliste, est bien placé pour agir pour l’unité des communards, mais il est aussi, d’une certaine manière isolé. Cette position singulière, qui explique que bien peu de communards ne mentionnent Vaillant dans leurs souvenirs, va caractériser bien des aspects ultérieurs du militant.
L’homme du parti est étudié par les deux communications de Michel Pigenet et Gilles Candar. Vaillant assurément attache un grand prix à la construction d’un parti socialiste révolutionnaire. Que ce soit dans son département d’origine, le Cher, où il se fond naturellement dans la tradition « rouge », ou dans la Seine, ses deux bastions, il multiplie les réunions, les déplacements, les candidatures. Vaillant sait aussi créer des réseaux locaux ou thématiques profitables au mouvement. Cet attachement au parti, nous le retrouvons aussi dans les places notables que les vaillantistes occupent dans l’appareil du Parti unifié. De Vierzon, où il sait faire les compromis pour que se construise une liste d’union lorsque cela lui apparaît nécessaire, au Parlement où il s’abstient pour laisser se constituer le ministère Waldeck-Rousseau, en 1899, Vaillant apparaît là encore comme l’homme qui associe étapes et transformation. Nul étonnement alors qu’il devienne le principal artisan de l’unité et qu’il se rapproche finalement davantage de Jean Jaurès que de Jules Guesde. Et c’est bien souvent Vaillant qui influence Jaurès, comme c’est le cas sur les questions
8
de l’indépendance du syndicalisme ou de l’action contre la guerre. Vaillant n’a pas écrit de grand livre, il n’a pas laissé l’image d’un théoricien du socialisme et sans doute est-ce là une des sources de sa méconnaissance. Cependant l’ensemble des communications laisse entrapercevoir au travers de ses articles et de sa correspondance (malheureusement médiocrement conservée), un fin connaisseur des grands auteurs, de Proudhon à Marx, en passant par les théoriciens allemands dont il maîtrise la langue. Son analyse du colonialisme en fait une figure avancée du socialisme international sur cette question. Comme le note finement Jean-Numa Ducange, sans doute faudrait-il plonger plus avant et plus systématiquement dans ces sources pour approcher ce que fut le vaillantisme et la richesse d’une pensée complexe. On savait Vaillant attaché à donner vie immédiate aux propositions de réformes de la classe ouvrière. Toute réforme était bonne à prendre dès lors que l’objectif de la transformation sociale était fortement réaffirmé. L’importance de son travail comme élu municipal de Paris puis parlementaire est éclatante. La communication de Marcel Turbiaux nous montre un Vaillant participant ainsi de la nébuleuse réformatrice au point que Clemenceau lui rendra hommage lors de la création du ministère du Travail. Le Vaillant de la Grande Guerre, de la défense nationale, pourrait aussi bien s’inscrire dans cette démarche. Comme le montre Vincent Chambarlhac, le Vaillant, socialiste majoritaire de 1914-1915, socialiste du e XXsiècle, associe encore pragmatisme et discours internationaliste et voit dans la guerre un laboratoire du nouveau siècle. Il reste que ce fut sans nul doute douloureux pour Vaillant de voir triompher la guerre, qu’il avait plus que tout autre combattue. Il ne supporta sans doute pas cette terrible ombre au soir de sa vie.
9