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Histoire générale du Congo des origines à nos jours (tome 1)

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Description

Ce premier volume est le premier ouvrage de synthèse sur l'histoire générale du Congo des origines à nous jours. Ce travail de science et de culture, de connaissance et de pédagogie, trouvera nécessairement un grand accueil auprès de tous les Congolais, notamment à l'occasion de la célébration du Cinquantenaire de l'Indépendance.

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Publié par
Date de parution 01 septembre 2010
Nombre de lectures 0
EAN13 9782296266148
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

HISTOIRE GÉNÉRALE DU CONGO
DES ORIGINES À NOS JOURS

Couverture : logo du Cinquantenaire de l’Indépendance du Congo.

Sous la direction du
Professeur Théophile OBENGA

HISTOIRE GÉNÉRALE DU CONGO
DES ORIGINES À NOS JOURS

I. Méthodologie historique
Genèse du Congo

Préface par Denis SASSOU N’GUESSO
Présidentde la République duCongo

L’HARMATTAN

© L’Harmattan, 2010
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-12927-6
EAN : 9782296129276

PREFACE
Inaltérable conviction, dans l’intelligencepratique de
l’action politiquepourbâtir unenation, édifier unepatrie,
construireunEtatdans lemondemoderne,notre constante
réflexion,pargoût personnel (à cause delaprime éducationau
village)et parexpérience desaffaires publiques (à cause des
nécessitéscirconstanciellesetdes responsabilités), est que
l’histoirenesaurait serésoudre en unesuccessiondepéripéties
fortuites,mais qu’elle est, assurément,l’expression même dela
relationdialectique entreleprésentet l’avenir,lepassérestauré
etassumé,lesfaitsconnus.
C’estcelalalibertéquigarantitet préserveles valeursde
paix sociale, d’espérance collective,les vertusde démocratie et
detravail qui procurent laprospérité et le bonheur.
Affaire demémoire etde conscience,l’histoire est
également une affaire d’historicité, c’est-à-dire devaleurs
fondamentales qui sous-tendent toute action humaine
remarquable.
Dès lors,il nous plaîtde féliciter l’équipemise en place,
pour sescompétences, en vue delarédactionde cepremier
ouvrage desynthèsesur l’Histoiregénérale duCongodes
originesànos jours.Cetravail patriotique descience etde
culture, de connaissance etdepédagogie,trouvera
nécessairement, et toujours, grand accueilauprèsdetous les
Congolaisetdetous lesamisduCongodepar lemonde.C’est
undesfermes souhaitsàla Nation quenousformulonsà
l’occasiondela célébrationduCinquantenaire de
l’Indépendance dela République duCongo.

DenisSassouNguesso
Présidentdela République duCongo

5

INTRODUCTIONGENERALE

parThéophile OBENGA

En prescrivant,pardécret,larédactiond’un ouvrage
synthétiquesur l’histoire générale duCongo, des originesànos
jours, etce, àl’occasiondela célébrationduCinquantenaire de
l’Indépendance dela République duCongo, Monsieur le
Présidentdela République, SonExcellenceDenisSassou
Nguesso, a accompli une geste dont lasubstancehistorique
suscite forcément uneréflexion: cette Introduction.
Certes, auCongo,nousconnaissions, fût-ce dans
lamiclarté,lesfaits saillantsdenotrehistoire,notamment la courte et
richetranche del’ère coloniale(moinsd’un siècle)et
postcoloniale(justeundemi-siècle, à cejour):textesfondateurs,
discours mémorables,personnalitésconsidérables,présidentset
gouvernements,heurset malheurs, faiblesseset sursauts, criseset
espoirs.
Mais,toutbien pesé,nous n’avions pasencoreun ouvrage
desynthèsesur l’histoire duCongo.Ainsidonc,le décret
présidentiel marquelanaissanceofficielle del’historiographie
congolaise, c’est-à-direquel’intentionduGouvernementdela
République d’écrireunehistoire générale duCongodate du
régime deDenisSassouNguesso.LeGouvernementdela
République aparconséquent misdes moyens pouratteindre cet
objectifinédit.Voilàlepremier mérite dela décision
présidentielle.
Lesecondmériten’est pas moinscapital.Il s’agitde
l’élaborationdesfaitsdemémoire etd’histoirequi ontfaçonné et
toujours structurent laconsciencehistorique congolaise.Il n’ya
pasd’Etatde droit viablesansconsciencehistorique du peuple,
c‘est-à-diresanscommunauté de destin, car l’Etat,qui implique
nation, est plus qu’un simple appareillage destructuresetde

7

formalitésconvenues.L’Etat, desurcroîtde droit,n’est jamais
qu’un projet humainde communauté de destindont les
fondements, d’évidence,s’enracinentdans la conscience
historique d’un peuple.Les valeursémergentetfleurissentgrâce
àla consciencehistorique.La consciencehistorique est une
affaire d’ontologie, c’est-à-direqu’elle concernel’essencemême
del’être.
Un troisièmemérite,toutautantcrucial, estcelui
d’historicitédudécret présidentiel.
Eneffet, àlaréflexion,si l’historiographierestaurela
consciencehistorique, celle-ci,pour semanifester, engendreune
capacité d’agirenconnaissance de cause, etc’estcelaqueles
historienset les philosophesappellenthistoricité, c’est-à-dire
qu’entreleréelet lepossible,laraison humainese dressepour
d’autresaccomplissements.L’histoirenes’arrête guère,telle est
aussi la condition humaine.La capacité de faire, de créer,
d’innover,sapropremémoire explorée et restaurée,telle est
l’historicité.
Si jeregroupeles mots-cléshistoriographie,conscience
historiqueethistoricité,ilest manifestequele PrésidentDenis
SassouNguesso,lui-mêmeméticuleuxconnaisseurdel’Afrique
etduCongo (et même del’Inde !), avoulu,par vertu
constitutionnelle,libérer lesconscienceset les mentalités,
réconcilier lesCongolaiset lesCongolaises,toutesethnies
confondues, avecleur proprepassé,récentet lointain:"assumer"
dans l’honneuret le couragepouravancer, car seul l’essentiela
du poidsetdel’avenir.
Pour réaliseretcettevisionetcetteproblématique duChef
del’Etat, avec compétence etautorité,ila étéprocédé au
regroupementde ceux qui,parmi lesfilset lesfillesduCongo,
cultiventdepuisfort longtemps les règles,principes,méthodeset
techniquesdu travail scientifiquequi nevaut quepar sarigueur,

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son objectivité,saqualitéréflexive,son impactculturelet
pédagogique.
Cet ouvrage,lepremierdugenre, en respectant laliberté
intellectuelle de chacun(e)desauteursde chapitres, est
néanmoins le fruitdesefforts multiformesconcertés:les oublis,
peu nombreuxàvraidire,nepeuventêtrequ’involontairels ;es
imperfections heuristiques, àsignaler pardes lecteursavisés,
serontcorrigées lorsdesfutureséditions ou par lesgénérationsà
venir, car uneœuvre d’unetelleimportance etd’unetelle
envergurenepeut nepascomporterdes "manquements":il s’agit
d’unehistoiregénéraledetout un pays, et non pointd’une
monographietribale détaillée,jusqu’auxanecdotes.L’historien
s’intéresse àl’essentiel, et nonaudétailanecdotiquequi,
souvent,préoccupele"lecteur-sans-vision"au-delà deson
histoirelocale.
Ilest questionenfaitd’un travailcollectif aux styles
variés,malgréun souci réeld’harmonisationetdeprésentation
équilibrée.Lescarteset les illustrationsapportentdeséclairages
historiques uniques:ilfaut lesconsulterdanscetteperspective.
Cet ouvrage desciencehistorique, d’apportcultureletde
bénéficepédagogique, est unbien national,parcequ’ilconcerne
lepatrimoine detoutela communauténationale, en traitantdela
méthodologiehistorique, des préludes historiquesavecles
mondes sub-actuels, des réalitésetcomplexitéscongolaises
d’aujourd’hui.
Unchemind’avenir,large,s’ouvrepour unCongo
prospèrequiamuté du non-être àl’être,paretdans letravail,la
méthode,l’amourdu payset,surtout,le désirardentdelaisser
auxgénérationsfutures un sensaigud’exigence etd’excellence.
Ainsi,lesgrandescoupureschronologiquesdel’histoire
générale duCongo peuventêtre esquissées, dansdes
temporalités successives, cependant liées les unesauxautres,
surtoutdans lesTemps modernes:

9

I.Procédésetfinalités heuristiquesdel’histoire
II.Cadrephysique général.Fondements humainsetculturels
III.Mondes préhistoriques,néolithiqueset sub-actuels,il ya
plusde2 000ans
ème ème
IV.Histoire ancienne :9 -16 siècle
ème ème
V.Histoiremoderne :19 si16 -ècle
ème ème
VI.Histoire contemporaine :20 -21 siècle.

Des historiens, géographes, anthropologues,linguistes,
sociologues,politologues,juristes, économistes,littéraires,
journalistes,médecins, etc.,ont touscontribué, à diversdegrés, à
cet ouvrage desolideinformation scientifique, de clarté
pédagogique etde grande ambitionculturelle.
Enseignants, cadres,intellectuels, écoliers, élèves, étudiants,
touristes, breftousceuxet toutescelles qui s’intéressentau
Congo,paramour ou pour lesaffaires,toujours paramitié et
sympathie,trouverontdanscet ouvrage desynthèsetoutcequ’il
faut pour se faireuneidée correcte del’histoire du peuple
congolais.
C’estau peuplequerevient, endéfinitive,lemérite
exceptionneldela conception,l’élaborationet la finalisationde
cet ouvragequifutaudépart unconceptduPrésidentdela
République.

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PARTIEI

HISTOIRE ET MÉTHODE

HISTOIRE ET MÉTHODE

parThéophile OBENGA

Cette Partie I, essentiellementconsacrée aux questionset
problématiquesfondamentalesdelarecherchehistorique,traite
des points suivants:
I.Besoin vital humainde connaîtrelepassé
II.Modalitéset significationdu travail historique
III.Histoireuniverselle,toile de fond detoutehistoire
humaine
IV.L’histoire :lemotet la chose
V.L’histoire :lesconceptualisations
VI.Sourcesdel’histoire duCongoetcritiquehistorique
-Les paléoclimats
-Lapréhistoire
-Berceauxagricoles primaires.Plantescultivéeset
histoire
-Traditions orales historisantes.Langues-Histoire
-Sourcesécrites
-Machinesélectroniqueset recherchehistorique.

"Histoire et méthode" ou "Méthodologiehistorique" ou
encore"Méthodehistorique", c’est toujours pour signifier la
mêmeidée, c’est-à-direl’exposé didactique des principeset
procédésd’investigationetde connaissancequiconfèrentà
l’histoire,soit l’étude du passéhumain,son statutde discipline
scientifique.L’histoireobéiteneffetàune épistémologieprécise.
Detellesconsidérationsdeméthode, d’ordre général,sont
une demande delogiquehistoriquepouréviterbiendes
malentendus,souventderoutineintellectuelle.
Leslégendes(latinlegenda,"cequidoitêtrelu",sensde
base) ontaussi un rapportaveclaquête dela connaissance du

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passéhumain.C’est le cas parexemple delaLégende de
M’Pfoumou Ma Mazono(1954)de JeanMalonga,récit
merveilleux,s’ilenfut (latraversée d’unelargerivière à dos
d’hippopotames, etc.), embelli par l’imaginairepoétique du
narrateur.Mais lemerveilleux n’exigeni temps ni lieu précis
pour localiser lesfaits,les péripéties,lesévénements.
Temporalitéschronologiqueset spatialités historiques sont très
ténuesdans lerécit légendaire.
Letravail historique, aucontraire,sepréoccupeobstinément
desgenèses, desantécédents, des préludes,pour mieuxaborder
les longuesdurées,les mouvementsde fond distinctsde ceuxde
surface, breflescausations historiques.
C’estcettespécificité del’histoire etdu travail historique
qu’ilfaut maintenant tenterde délimiter (oude définir)enayant
unevuesur l’essentiel.

I-Besoin vital humainde connaîtrelepassé

L’êtrehumainaun souci qui le caractérise
fondamentalement, etde façon permanente :percer l’opacité du
passépour tenterde connaître cequifutet quiestdésormais
irremplaçable.
Lanotiond’irremplaçabilité constituele fondementdetoute
mémoirehistorique, d’où le besoin vital humainde connaissance
historique.C’est-à-direquel’êtrehumain,toujours, désire
connaître d’où il vient (lepassé),où ilenest (leprésent)et où il
va(le futur,l’avenir).La condition humaines’exerce dans
l’entre-trois:lepassé,leprésentet lefutur; il n’yapasde
présents’il n’yapasdepasséet s’il n’yapasdefutur.Le
présentest toutàla foisdépassementettension: dépassement
des temps révoluset tension versdes temps nonencore dévoilés.
Le connu motivela connaissance del’inconnu ;l’histoire
contient toutàla fois le connuet l’inconnu, et l’historien, dans

14

son travail,
l’autre.

essaie d’amoindrir notreignorance del’unetde

II-Modalitéset significationdu travail historique

Pour satisfairele grand besoinculturel,intellectuelet
spirituelde connaissance du passé del’êtrehumain,l’historien
conduit son travailen troisétapes spécifiques, cependant
imbriquées les unesdans lesautres:
-l’heuristiqueest l’étapeinitiale consacrée àlarecherche
patiente des sources, desdocuments,susceptiblesde fournirdes
informations historiques ;ces sourcesetdocumentsdoiventêtre
denatureprimaire, c’est-à-dire denature directe,originelle;
-lacritiquehistoriqueest l’étape d’analysescrupuleuse et
objective des sources, en lesexaminantàlalumière dela critique
qui, en histoire, atout uncorpusderèglesetdeprincipes précis,
pour l’établissementdelavéritéhistoriquequi revêt souvent la
modalité du vraisemblable;
-lacausation historiqueest l’étape décisive de
l’explication historiquequidemande àl’historien une grande
ouverture d’esprit ;en réfléchissant sur lesfaits historiques
dûmentétablisdans letempsetdans l’espace,l’historien,homme
oufemme demétier,met nécessairementen mouvementdes
modèles paradigmatiques, des systèmes historiquesexplicatifs
qui relèventdel’artetdelascience d’écrirel’histoire :
l’historiographie,l’écriturehistoriquequi peutengendrerdes
"mythes nationaux", des "gonflements historiques inutiles", des
"oublis volontaires"à cause des "faitsgênants", des
"exagérations partisanes", des "triomphalismesdepropagande",
des "jugements hâtifs", des "préjugésataviques", des "reflexes
racistesetdominateurs", etc.

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L’histoire estdoncune affaire fort "complexe"commeles
sociétés humaineselles-mêmes.C’estàl’historiend’exercer, au
cœurdu labeur,unespritd’éveil,uneintelligence critique,une
culture d’ouverture et nond’enfermementetdereplidesoi sur
soi.
Quoi qu’ilen soitde ces "complexités"etde ces
"glissements psychologiques",la finalitéultime del’histoire est,
pour l’homme,la connaissance desoi ("human self-knowledge",
comme disent lesAnglo-Saxons).Une certaine clarté de
cohérenceintellectuelle est parconséquent requise.
L’histoire, c’est laquête desoidans leprésent.Quête du
sens quiconfère àl’êtresapropreprésence àlui-même etau
monde :présence desoiàsoiet présence desoiau mondequi
renvoie àl’Origine.Il yanécessairement une dimension
ontologique del’histoire à cause de cetenracinementdans
l’essentiel,l’éphémèrerenduàsonévanescence, c’est-à-dire àsa
propre disparition progressive.L’historien neretient pas tous les
faits,tous lesévénementsdu passé, car letemps,unenorme
universelle, est lui-mêmeun puissantdiscriminantdesfaits
humains.Lescirconstances,les motivationset les mentalités
changent, cequiétait hier honni peutdeveniraujourd’hui objet
de culte etdevénération.L’histoire établitet rétablitdesfaits.
Les lecturesdesgénérations successives peuvent varieraugré de
nouvellescontextualités historiques.

III-Histoire
humaine

universelle,toile de

fond detoutehistoire

L’histoire générale duCongoest,desoi,localisée au
Congo, avecses sources particulièresd’information historique.
Et les habitants,hommesetfemmesd’hieretd’aujourd’hui, en
sont lesacteurs.

16

Cependant, cettehistoireparticulière duCongoest,en soi,
l’histoire du monde commetoutes lesautres histoires
particulières,locales,régionales.
Ditautrement, avecplusdenetteté,ledesoin’existeque
parcequ’il yaleen soi:l’histoireuniverselle est latoile de fond
detoutehistoireparticulière, car l’histoireuniverselle embrasse
toutel’humanité et nelaisse aucunehistoireparticulière en marge
du monde.
Longtemps,l’historiographieoccidentale a écarté,par pur
arbitraireidéologique,l’Afriquenoire del’histoireuniverselle,
c’est-à-dire delavie etdescivilisationsdel’humanité.
Cette exclusiondel’Afriquenoire del’histoireuniverselle a
causé de grandsdommagesàl’historiographie africaine :le
releverest un signesalutaire carcelaimposenécessairementde
sérieuses révisionsépistémologiquesdelapartd’une certaine
historiographiequi s’octroyaitdes privilèges indus.
L’expériencehumaine estfaite detous lesapports humains,
magnifiques ou non:leproblèmen’est pas lamagnificence des
expériences,mais lanaturehumaine de cesexpériences quifait
que cesontdesexpériences humaines,toute dignitéhumaine
étant parailleurségalement partagée commele bon sens,la
raison.
Onferait parconséquent lamême graveméprise
historiographique enconsidérant les peuplesAka,Mbènzèlè,
Mikaya,Ngombè,Twa,Mbuti,Binga, etc. trèsfaussementdits
"Pygmées" (d’un motgrecsignifiant "poing", courtcommele
"poing"d’unemainfermée; latinpugnus) ou "Peuples
autochtones", comme étanten marge del’histoire duCongoetde
l’humanité, en leurconcédantgénéreusement quelquesfaveurs

17

1
juridiquesde dignité citoyenne.

IV-L’histoire :lemotet la chose

Lemotfrançaishistoirevientdirectementdu latinhistoria,
lui-même dugrec; il signifie aujourd’hui: «Relationdesfaits,
desévénements passés, concernant lavie del’humanité, d’une
sociétéoud’unepersonnesur la base desources
documentaires.»
Conventionnellement,larelationdesfaitsdu passéhumain
avant l’apparitiondel’écriturerelève delapréhistoirequi, elle,
estbaséesur lafouilledes siteset habitats selon les méthodeset
techniquesdel’Archéologiepréhistorique.
L’histoireproprementdite commenceraitdonc avecla
naissance del’écriture,vers5000av. notre ère.Denos jours,la
méthodologiehistorique a beaucoupélargi lanotionde «source
historique ».Lesdocumentsécritset lesdocumentsorauxsont
tousdes sources historiquesdignesdu mêmeintérêt scientifique.
Cepoint seraquelquepeudéveloppépar lasuite.
Lemothistoirelui-même exigeune explication technique,
car sonétymologie est souvent ignorée.
Lemotgrechistoria,"histoire",provientdelaracineindo-
européenne*wid-,qui signifie :«voir».Acetteracine,ila été
suffixéun thème d’agent–t r, cequia donnénaissance au mot
hist r,qui signifie :«témoin quiavudeses propres yeux un
évènementet qui rapporte cequ’ilavu».Les textes les plus
anciensdelalittérature grecque autorisentcette claire

1
JohnBuettener-Janusch,PhysicalAnthropology:APerspective, New
York, JohnWiley& Sons,1973,p. 362:“AfricanPygmiesareshort
Africans”.Traduction:«LesPygméesafricains (i.e. lesAka, deleur vrai
nom) sontdesAfricainsdepetitetaille ».Leur petitetaille, fait naturel,ne
signifiepas qu’ils sontdesAfricainsdesecondezone.

18

compréhension.ChezHomèrelemothist rréunit lesdeux
fonctionsde"témoin oculaire"etd’ "arbitre".L’arbitreproclame
levainqueurd’une compétition, aprèsavoirconstaté deses
propres yeux lavictoire dugagnant.Lemothist rsetrouveune
seule foischezHésiode(Les Travaux et lesJours,792)au sens
de"juge" (histora), doué d’unespritfort subtil (nóon
pepukasménos estín).
Dans lesermentd’Hippocrate,lesdieux omniprésents sont
priscommetémoins oculaires (historias), enassistantàl’acte de
prendrereligieusement l’engagementde bien remplir lesdevoirs
delaprofession médicale.
Endialecte grec dorien,lemot pour "témoin"estma;tus, en
grec attiquemartus, eten ionien,ilesthist r.Dehist rdérivele
verbehistore qui signifie chezHérodote: «s’informer»,
« demander», « décrire ».Chez lemêmeHérodote,lesubstantif
historiaalesensde «recherche », «information», « exploration
parautopsie», c’est-à-direpardirectevision,par témoignage
oculaire,paractiondevoirdeses propres yeux (auto-psie).
Hérodote,lepère del’histoire enOccident, arassembléun
immensematérielaucoursdeses nombreux voyagesd’enquête
directe,personnelle.
Ces motshist r,historia,histore neseretrouvent paschez
Thucydide,historien quicherchait plutôtà analyser le fonds
psychologique et lescauses profondesdesévénements
historiques.
Longtemps,lesensdes mots n’apasévolué, ethistoriafut
toujours liée àlasignificationde «connaissance gagnéepar la
vue,parexplorationàl’aide des yeux».
Connaissanceetscienceétant interposablesengrec
(epistem'),la connaissance empirique àl’aide des yeuxest
devenuelascience, gagnée àl’aide delaraison (logos), et
l’historia,"histoire", estdésormaisentendue comme"science
historique"dont laraison,laméthode, est lacritiquehistorique.

19

Del’empirique au rationnel,l’histoires’estenrichie de divers
contenus sémantiques,mais lesensde base demeure :l’historien
témoignetoujoursdu passé, directementen tant que
chroniqueurqui note au jour lejour lesfaits,lesévénements,
ouen tant quespécialiste dumétierd’historien.
EnAfriquenoire,lesensde base dela connaissance du
passéhumainest souvent lié auconceptde"déterrer, creuser", et
nonde"voirdeses propres yeux"comme enOccident:

-kiswahili:Afrika Zamani,lepassé,l’histoire de
l’Afrique :c’est letitre dela Revue d’histoire de
l’AssociationdesHistoriensAfricains.
-lingala:ko-kundola,sortir, déterrer, exhumer,
découvrir,tirerdel’oubli
-lingala:likundoli,le faitdetirerdel’oubli, donc
histoire,soit la connaissance du passé(conceptdel’école
historique dela RépubliqueDémocratique duCongo)
-mbochi:i-tsímà, creuser, déterrer
-mbochi:tsímì,l’histoire, c’est-à-dire cequia été
exhumé del’oubli (itàndà, otàndì)

Comme denos jours l’historienest rarement lui-même
hist r,témoin oculairequiavudeses propres yeux,lesens
africaindel’histoire,"exhumationdu passépour lepréserverde
l’oubli", estencorelesens leplusconvenable àlapratique de
l’histoire dans lesTemps modernes où lasciencehistorique est
largementconceptualisée.

V-L’histoire :lesconceptualisations

Dans lesTemps modernes, eneffet,les historiens, à défaut
delavisiondirecte, del’autopsieimmédiate, élaborentdes
systèmeset paradigmesexplicatifs pourcomprendreles

20

événementset leur signification: c’est laconceptualisationde
l’histoire.
PourGiambattista Vico(1668-1744) parexemple,
l’histoire,une"sciencenouvelle" (La Scienza Nuova,1725),
concernelanature commune des nationsàtravers lesâgesde
l’humanité.Soucieuxdetracer l’histoire del’accroissement
culturel humain,Vicos’estdémarqué d’unehistoire
augustinienne àlaBossuet(1627-1704), auteurd’unDiscours
sur l’histoire universelle(1669).
L’expression"Philosophie de l’histoire",liée àl’histoire
universelle,ne datepasdeF.W.Hegel(1770-1831),maisde
Voltaire(1694-1778) qui l’ainventéepour signifier que
l’historiendevraitréfléchir,se faireuneidée del’histoire, au
lieuderépéter les ouvrages historiquesetde faireusage d’une
critiquehistoriquepositiviste.L’imaginationdel’historiendoit
être cependant serviepar l’évidencehistoriquequiest toutàla
fois une évidence de faitetd’idée.R.G.Collingwood
développera cettethématiquevoltairienne dansTheIdea of
History(1946,1951,1966).
LeopoldvonRanke(1795-1886),undesgrands initiateurs
ème
delasciencehistorique au 19siècle, considérait l’histoire
commeriend’autrequ’un récitde faits,rien que de faits, dans
leur singularité :le conceptdefait historique, au sens moderne,
date certainementdeRanke.
JulesMichelet(1798-1874), est sansdouteleplusgrand
historienfrançaisavecsamonumentaleHistoire deFrance
(1833-18416 ;857-1867).Il percevait l’histoire commeune
créationen tableaux successifs, autantde cosmogoniesàlamode
antique, dans le butderedonner une âme au passé, car l’histoire
est larésurrectiondelavie.
TheodorMommsen(1817-1903), auteurd’uneHistoire
romaine(1856-1885),prixNobel 1902, a complètement

21

renouvelél’étude del’Antiquitélatinepar ses recherches
épigraphiqueset philologiques.
PourKarlMarx(1818-1883)et lematérialismehistorique,
les rapportsdeproduction sont le fondementexplicatif du
développementetdu progrèsdel’histoirehumaine.La
superstructure(Oberbau)estdéterminéepar la base des
structures sociales matérielles.
Laréflexion modernesur l’histoire doitbeaucoupà
BenedettoCroce(1866-1952), auteurdeThéorie etHistoire de
l’historiographieetdel’Histoire comme pensée et comme action,
ème
deux œuvresfondamentalesdela culture dsiu 20ècle.Sa
pensée estabrégée danscette célèbre formule : «Toutehistoire
est histoire contemporaine»(la storia come storia
contemporanea), c’est-à-direquelepassén’est interrogéqu’en
fonctiondes préoccupations présentes, contemporaines.
ème
Parmi lesgrandesconceptualisationsdel’histoire au 20
siècle,ilfautaussicompteravecNicolae Iorga(1871-1940),
sansdoutelemeilleurconnaisseurduSud-Esteuropéen, de
Byzance etdel’Empireottoman, auteurd’unEssai de synthèse
de l’histoire de l’humanité(1926, 4vol.)etd’un ouvrage
posthumeintitulé :Historiologie humaine(1968).
Le"territoire del’historien" (EmmanuelLe RoyLadurie)
s’estconsidérablementélargi, ainsi queles thématiques
historiquesen intégrant lesactivitésdes hommes, del’économie
au mental, dansdes systèmes quiévoluentàlongterme(Georges
Dubyet l’histoire du mentalcollectif;FernandBraudelet la
longue durée).Denréesalimentaires,sexualité,vie amoureuse,
maladies, corps humain,sang, fête, etc.:toutestdésormais objet
d’étudehistorique.Histoirequantitative certes,maisaussi
histoirequalitative.
La constantepréoccupationdel’illustrehistorienafricain
CheikhAntaDiop(1923-1986)étaitdelirelepassé africain non
pascomme constitué d’entitésethnographiquesfragmentaires,

22

maisbiendans le cadre d’uncontinuum historique, del’Egypte
pharaoniquenègre aux problèmesactuelsdel’Afrique.La
consciencehistorique africaineest,pour lui,le fondement
même delaRenaissance africaineetdela constructiond’un
Etat fédéral africain continental.Son livre décisifNations nègres
et culture(1954)amarquélanaissance detoutel’historiographie
africaine contemporaine.Ilatoujoursexisté descombatspour
l’histoire àtravers lemonde.
L’historienafricaincontemporain travaille,l’esprit ouvert,
et maîtriselesacquis théoriqueset pratiques,réflexifset
empiriques,les méthodologieset lesgrands paradigmes qui
constituentaujourd’hui lasciencehistorique.Il ya aussi l’apport
spécifique desMaîtresdelaparole("griots")del’Afrique
millénaire.
On sortainsi, définitivement, desconcepts,lexiques,points
devue et préjugésdel’enfermementafricaniste eurocentriste,qui
trouvaientenAfriquenoire des "peuples paléonigritiques", des
"peuplesautochtones" (tous lesautres peuples noirsafricains
étantdes "peuplesenvahisseurs"!), des "civilisations primitives",
des "langueschamitosémitiques" ou "afroasiatiques", des "pays
pauvres", alors que cesontdes pays qui subissent l’exploitation
durablepar toutl’Occident, etc.
Ceciest tellement important que dans sonDiscours
d’investiture(Brazzaville, PalaisduParlement,14 août 2009),le
PrésidentDenisSassouNguesso, en présence deses pairs
africains, avaitcru nécessaire d’attirer l’attention sur lesdangers
permanentsd’"infantilisationdesAfricains" (cesont ses mots)
par un usage constantd’un vocabulaireoccidentaldeméprisà
l’égard desAfricains.
C’est parconséquentdans unenvironnement intellectuel
assaini qu’ilfautdésormais tenterdelire etde décrire assez
objectivement l’histoire del’Afriquenoire, depuis la Nubie et

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l’Egypte desPharaons,les premièrescivilisations noiresde
l’universculturelafricain.
Aprèscesconsidérations méthodologiquesgénérales,
faisonsàprésentétatdes principales sourcesdel’histoire du
Congodes originesànos jours.

VI-Sourcesdel’histoire duCongoetcritiquehistorique

L’heuristique(dugrecheuriskein,"trouver")est lapartie
dela disciplinehistoriquequi sepropose de définir les règleset
principesdelarecherche etdelatrouvaille(découverteheureuse)
dessources,susceptiblesde fournirdesinformations
historiques originales, depremièremain.L’heuristiquefait
doncpartie delaméthodologiehistorique, c’est-à-dire de
l’ensemble des méthodes, des procédés quicaractérisent le
"métierd’historien",selon l’expressionfortunée deMarcBloch
(1886-1944).
Pourbien mener l’investigation heuristique,l’historiendoit
êtrelui-même capable deposerdesquestionsimportanteset
pertinentesetdes’ouvrirassez largementàtoutes sortesde
sourcesdisponibles.Une certaine culture généralesolide est par
conséquent utile et nécessaire àla formationdel’historien,pour
concevoir, conceptualiseret mêmeréfléchir profondément, car
l’histoire aunevaleur qui larattache audestin humain,même
lorsque entre en jeu larelativité culturelle.
Ilexisteplusieurscatégoriesdesourcesdel’histoire du
Congo,notamment:

1-Les paléoclimats
L’étude despaléoclimatsouclimatsancienspeutfournir
des renseignementsdécisifsàla compréhensiondu passéhumain.
Ces renseignements peuvent porter sur lavariabilité climatique

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denos zones tropicales, chaudeset humides,sur les saisonset sur
les migrationsdesécosystèmesforestiersetaquatiques.
Il semblequelebassinduCongofutautrefois l’objetd’une
minutieuse gestion, desortequelesforêtsconstituentencore de
nos jours une granderichessepour l’humanité entière.Les
ancêtresdesCongolaisactuels n’avaient jamais pollué, détruit,
dégradéleursécosystèmes.
L’histoire duclimat,laclimatologie, est unesource
documentaire fort importante.Lesarbres parlentet renseignent.
Techniquementdit,il s’agitdedendroclimatologieetde
dendrochronologie(grecdendron,"arbre"):oncoupe
circulairement un vieilarbre; onfaitàlaloupeouau microscope
numériquele décompte desanneauxconcentriques ;lenombre
d’anneauxéquivautàl’âge del’arbre.Lesanneaux,minces ou
épais,renseignentégalement sur lessaisons,sèches ou
pluvieuses, durant la croissance del’arbre.On peut réaliseralors
descartesdesaisons, de climatsetd’écosystèmesanciens.Les
sociétés humainesétantdes nichesécologiques,subissent tout
naturellement lesfluctuationsclimatiques quiaffectent les
activités humaines: cueillette,ramassage, agriculture,pêche,
chasse,vannerie, fabricationdesel, etc.Les milieux naturels
hostiles (peu ou tropd’eau,insolation outrancière,tonnerreset
foudres tropfréquents, etc.)causent parfoisdelongues
migrationsfauniques, animaleset humaines.

2-Lapréhistoire
Lepréfixepré-veutdire :"avant".Parconséquent,la
préhistoireest l’étude et la connaissance du passéhumainavant
lesdocumentsécrits:

-préhistoire,histoirehumaine avant les sourcesécrites
-histoire,histoirehumaine àpartirdes informations
provenantdes sourcesécriteset orales.
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Il s’agitdonctoujoursd’histoirehumaine, du passéhumain,
aveclapréhistoireet l’histoire,la différencerésideseulement
dans lanature dela documentation, et nondans lesfinalités.
LeCongrès internationald’Anthropologie et
d’Archéologiepréhistorique,tenuàla Spezia(Ligurie, Italie),
en 1865, avaitdéfini lapréhistoirecommel’étude del’origine et
dudéveloppementdel’humanité :c’est l’histoire del’Homme
avant lesdocumentsécrits,lesdocumentsfigurés,voiremême
avant les traditionset les légendes.
Ainsi, avant lesfables,les légendeset mythes, avant les
traditions oraleset la grandevariété desdocumentsécrits,le
passéhumainestconnaissable grâce àla documentation
préhistoriquequi se basesur la fouille.

Lafouille
Lafouilleest l’excavation, c’est-à-direletravail technique
quiconsiste àquadriller unespace choisi,pratiquerdes sondages,
creuser méthodiquement lesolen suivant les strates, explorer
minutieusement lesdifférentescouches stratigraphiques pour y
trouveret ramasserdes vestiges, desfossiles, des témoignages,
des matériaux susceptiblesderenseigner, aprèsexamenet
classificationen laboratoire,sur les sociétés jadis vivantes,mais
aujourd’huidisparuesetenseveliesaucoursdes siècles,voire des
millénaires.
C’est lafouillepréhistorique(sitesarchéologiques, anciens
sols habités,nécropoles, etc.) quifournit ladocumentation
préhistorique.Unappareillage et un outillage appropriés sont
requis, avec deséquipesdirectricescompétentes, etdes
personnelsd’appointdévouéset qualifiés.

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La documentation préhistorique:
archéologiquescongolaises

premières récoltes

La documentation préhistorique estcomplètement muette,
constituéequ’elle estd’os, depierres taillées(industrie
lithique), decharbon, defer, decendres, depoussières, de
morceauxdepoterie, devannerie, detissu, degraines, de
pollens, etc.
C’estau préhistoriend’interroger, de faireparleret
d’interpréter les résultatsarchéologiquesdesfouilles, en les
plaçantdans leurâge,relatif aveclastratigraphie(descriptionet
étude des strates ou séquences stratifiéeset les rapportsde ces
strates les unesauxautres), absoluaveclesdonnées
chronométriquesdes méthodesphysico-chimiquesde datation
(carbone14,méthodepotassium-argon ou méthode K/Ar, etc.).
AuCongo,les premières récoltesd’outils préhistoriques
sontduesàPaulRegnault,ingénieur, etàWadon, alorschef de
poste, dans laVallée duNiari: ces objets, dessinés parAdrien
de Mortillet, furent publiésen 1894,par le frère dudécouvreur
ou inventeur,leDocteurF.Regnault, dans leBulletin de la
Société d’Anthropologie de Paris.
Depuiscette date(1894),lesdécouvertes préhistoriques se
sont multipliéesauCongo:prèsdeBoko-Songo(1906-1907),
dans lesgîtescuprifèresdeMindouli(1928-1932),lesgisements
dePointe-Noire,les stationsduPicCombaà12 kmàl’Ouestde
Mindouli,les sitesdeBrazzavilleetdeMpunu(fouillesdeJean
Lombard, en 1928-1931) ; lesgisementsdeMpila,sur la berge
duPoolMalebo (StanleyPool): fouillesdeVictorBabet, en
1929-1936 ;les stationsdesurface dans les régionsde
Madingou,Boko-Songo,Mfwati,lesgisementsen profondeur
dePointe-Noire, deBrazzaville, deMpika,laPointe de
Bacongo: fouillesdeGabrielDrouxetHarperKelleyen
19331939 ;lesgisementsdela Vallée duNiarietduMontComba

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(fouillesdeGeorgesBergeaud,1937-1947) ;lesgisementsde
Brazzaville fouillés parPierre Le Roy,entre1947et 1967 ; les
découvertesdel’archéologue del’ORSTOM,Jean-Pierre
Emphoux, àBrazzville,Mafanbaà environ 12 kmenavalde
Ngabe, àlagrotte deBitorià environ 100 kmauNord-Ouestde
Brazzaville(fouillesen 1965-1970) ;dans lesannées 1980,
Raymond Lanfranchiet sesétudiantsdel’Université Marien
Ngouabi ontdonnéun nouvelélanàlarecherchepréhistorique
auCongo.
Cesfouilles ont livré divers objets: éclats,percuteurs,
nucleus/nuclei,lames, disques,pointes,racloirs, grattoirs,scies,
pointesenfeuille delaurier,perçoirs,lamesà bord abattu,vases,
osà encoches,hameçons, aiguilles,poterie,scories, fils, cordes,
etc.
Pources objets,outreleurdescription technique,leur
analysemorphologique,leur usage éventuel,ilfautaussi prêter
une attention particulière àlapatine,soit l’aspect queprennent
certains objetsavecletemps, car l’examen minutieuxdelapatine
permet parfoisde connaîtrel’âge deséchantillons.
Encequiconcernel’étude desfossilesdesêtres organisés
qui ont vécuàlasurface duglobe avant les tempsactuels,il ya
plusieurs millionsd’années,on recourtàlapaléozoologieou
paléontologiegénéralepour lesanimauxetàlapaléontologie
humainepour les restes humains, etàlapaléobotaniquepour
les végétaux.L’étude des pollensactuelsetfossiles relève dela
palynologie.Lamesure des particules minéralesdes solsanciens
recourtàlagranulométrie.
Lesétudes préhistoriques sontdeplusen pluscomplexes,
coûteuses, demandantbeaucoupd’interdisciplinarité.Pour
développer lapréhistoire congolaise,ilfaudra deséquipes
compétentes, des outillagesappropriésetdes ressources
conséquentes pourengagerdes prospectionsetdesfouilles
systématiques sur l’ensemble du territoirenational, dans les

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