La France et la Confédération sudiste (1861-1865)

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Français
248 pages
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Description

La reconnaissance de la Confédération constitue la problématique centrale de la diplomatie étrangère française à l'égard des Etats-Unis déchirés par la guerre de Sécession. Cet ouvrage examine les raisons diverses qui poussent le gouvernement impérial à adopter cette politique (crise cotonnière, conviction que l'union américaine a vécu, sympathie pour le Sud) tout en réfléchissant aux obstacles qui l'en dissuadent (l'esclavage, l'alliance avec l'Angleterre).

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Date de parution 01 juin 2011
Nombre de lectures 83
EAN13 9782296462236
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

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La France et la Confédération sudiste (1861-1865)
CollectionHistoire, Textes, Sociétésdirigée par Monique Clavel-Lévêque et Laure LévêquePour questionner l'inscription du sujet social dans l'histoire, cette collection accueille des recherches très largement ouvertes tant dans la diachronie que dans les champs du savoir. L'objet affiché est d'explorer comment un ensemble de référents a pu structurer dans sa dynamique un rapport au monde. Dans la variété des sources – écrites ou orales –, elle se veut le lieu d'une enquête sur la mémoire, ses fondements, ses opérations de construction, ses refoulements aussi, ses modalités concrètes d'expression dans l'imaginaire, singulier ou collectif. Déjà parus Stève Sainlaude,Le gouvernement impérial et la guerre de Sécession (1861-1863),2011. Laure Lévêque (éditeur),Paysages de mémoire. Mémoire du paysage, 2006. Laure Lévêque (éditeur),Liens de mémoire. Genres, repères, imaginaires, 2006. Monique Clavel-Lévêque,Le paysage en partage. Mémoire des pratiques des arpenteurs, 2006.
Stève Sainlaude La France et la Confédération sudiste
(1861-1865)
La question de la reconnaissance diplomatique pendant la guerre de Sécession L’HARMATTAN
Du même auteur : Le gouvernement impérial et la guerre de Sécession (1861-1865) ; l’action diplomatique, Paris, L’Harmattan, 2011. © L'HARMATTAN, 2011 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55013-1 EAN : 97822965503131
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Henri Mercier (envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de la France aux Etats-Unis). Dépêche à Thouvenel du 29 mars 1861.
INTRODUCTION
Les tensions qui se manifestent aux Etats-Unis durant l’hiver 1860/1861 avec la défection de plusieurs Etats ne surprennent pas les observateurs. Depuis la crise de la « nullification », ce premier chantage à la sécession exercé déjà en son temps par la Caroline du Sud, jusqu’aux événements survenus durant les années 1850 qui ont creusé le fossé entre les deux sections de l’Union, ils s’attendent à une rupture du lien fédéral. Le scénario séparatiste a été si souvent envisagé par les Etats esclavagistes, leur souveraineté si inlassablement revendiquée face au pouvoir central, qu’il semble bien que le destin de la république dût passer immanquablement par une scission. En revanche, la rapidité de l’enchaînement et la violence qui l’accompagne déconcertent les diplomates. Ils s’attendaient à un « divorce à l’amiable » et doivent désormais compter avec une guerre civile. Il ne s’agit plus d’observer simplement la dislocation de la fédération pour en prendre acte, cas de figure le plus commode, mais d’arrêter une position. En effet la guerre oppose deux ensembles, dotés l’un et l’autre d’un gouvernement, qui revendiquent, chacun, une légitimité. D’autre part, l’Europe subit le contrecoup des hostilités. Durant ce conflit, envisager la reconnaissance de la Confédération constitue la problématique centrale de la politique étrangère française à l’égard des Etats-Unis. Cependant, il ne faut pas oublier qu’en fonction des moments de la guerre, poser cette hypothèse ne revêt ni la même signification, ni la même portée. Y songer avant les premiers affrontements, c’est faire confiance aux deux parties pour amener une séparation de gré à gré, alors que la considérer une fois les hostilités engagées pose la question de savoir si le gouvernement fédéral ne renoncera pas devant l’ampleur de la tâche qui l’attend. L’envisager entre l’été 1862 et l’été 1863, lorsque le Sud établit qu’il est en mesure de résister aux assauts du Nord, et même de menacer Washington, conduit à anticiper sur le résultat de la guerre en pariant sur un succès confédéré ou, tout au moins, un conflit interminable. Quoiqu’il en soit, la décision n’est pas aisée et impose, tout d’abord, de s’affranchir d’une contrainte morale. En effet, constater l’existence du gouvernement confédéré reviendrait à entériner la scission définitive des Etats-Unis. Or, il ne faut pas perdre de vue la position particulière de la France ; des liens historiques l’unissent à l’Union américaine. Quatre-vingts
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ans plus tôt elle a participé à son édification et ne peut regarder avec 1 indifférence sa disparition . La question fondamentale, qui peut effacer toutes les réticences, est de savoir si la reconnaissance du gouvernement de Richmond est non seulement compatible, mais aussi utile aux intérêts nationaux. En l’occurrence, celle-ci paraît apporter des solutions à un certain nombre de craintes et de difficultés, avec en premier lieu une résolution de l’effondrement des approvisionnements en coton, une matière première indispensable pour les industries textiles. Dans ce domaine, le Sud est le dispensateur exclusif des puissances européennes, et il conditionne la reprise des exportations d’or blanc à un geste diplomatique en sa faveur. Par ailleurs, pour freiner l’expansion américaine, deux Etats hostiles pouvant sembler préférables à une fédération unie, la division de l’Union pourrait protéger le Mexique et Cuba. Et puis, beaucoup veulent croire que la guerre civile a bel et bien emporté l’Union et qu’il faut désormais compter avec deux républiques au lieu d’une seule. Un souhait pris pour une réalité, car le combat des Etats 2 sécédés rencontre en France de nombreuses sympathies, à commencer par l’Empereur qui ne dissimule pas son inclination pour le combat héroïque qu’ils livrent, face à un adversaire disposant pourtant d’immenses ressources. Un penchant manifeste pour ce que d’aucuns considèrent comme le combat d’une nationalité. Enfin, il ne faut pas perdre de vue l’expédition française au Mexique qui se déroule parallèlement à la guerre de Sécession, l’hypothèse d’un long conflit, entre les frères ennemis, ayant amené la décision d’intervenir. Contrairement au Nord, les autorités de Richmond disent porter un regard bienveillant au projet impérial. Du résultat de la guerre civile américaine pourraient dépendre l’édification et la consolidation 3 du régime que l’Empereur souhaite mettre en place au Mexique . Toutefois, tout au long de la guerre, bien que l’indépendance des Etats confédérés prenne du crédit avec la résistance inattendue qu’opposent les Sudistes, la France maintient sa neutralité. Ce livre s’interroge sur la persistance de cette ligne diplomatique et cherche à obtenir des réponses en explorant, en particulier, les archives consulaires trop souvent négligées. Par souci de clarification, tout autant que pour mener une réflexion historique inédite, l’ouvrage privilégie une démarche analytique. Les motivations de la politique américaine de la France impériale, confrontée à ce conflit sans 1 De 1775 à 1783 la guerre d’Indépendance oppose, en Amérique, les 13 colonies britanniques à leur métropole. La France de Louis XVI prend le parti des révoltés contre celui de l’Angleterre. La victoire des colons donne naissance aux Etats-Unis. 2 Nous reprenons les termes « d’Etats sécédés » employés, à l’époque, par les diplomates. 3  La décision d’intervenir au Mexique est prise au cours de l’été 1861. Le corps expéditionnaire français y prend pied début 1862 mais ce n’est qu’en 1863 qu’il s’empare de Mexico. L’année suivante, avec l’appui de Napoléon, Maximilien de Habsbourg, frère de l’empereur d’Autriche François Joseph, se voit confier les destinées du Mexique.
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