Lascaux

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La grotte de Lascaux est un jalon fondamental dans l'histoire de l'art, les découvertes plus récentes n'affectent en rien ce jugement. Marc Bruet questionne depuis longtemps l'iconographie de la célèbre grotte, convaincu d'en faire émerger des fragments de sens. Il étudie ici particulièrement la scène du puits avec une méthode innovante pour en découvrir les ressorts les plus intimes. Voici une contribution originale sur l'art des cavernes.

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Date de parution 01 février 2012
Nombre de lectures 52
EAN13 9782296483262
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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LASCAUX
La scène du puits


























En couverture : Grotte de Lascaux, dessinVsur calque. ©RMN







© L’Harmattan, 2012
5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.f

ISBN : 978-2-296-55973-8
EAN : 9782296559738

Marc BRUET





LASCAUX
La scène du puits
















AVANT-PROPOS

La recherche de sens dans l’art pariétal paléolithique occidental peut au
mieux passer pour une gageure. Pour de nombreux observateurs, c’est une
utopie.
Les manifestations artistiques du Paléolithique supérieur qui se sont
déroulées entre -35 000 et -10 000 ans, et qui se sont exercées de manière
privilégiée dans les cavernes de France et d’Espagne, ne contiennent
apparemment pas de lien intelligible entre les figures qui leur donnent corps.
C’est un art animalier voué aux grands herbivores qui semblent évoluer sur
les parois dans un cadre imaginaire dépourvu de paysage, de ligne de sol et
de végétation. Il comporte de surcroît un registre abstrait, celui des signes.
Ils pourraient être impliqués dans une syntaxe mais on n’en perçoit pas le
sens et le fonctionnement. Ils varient d’une grotte à l’autre, en quantité
comme dans la forme, même si certains souterrains peuvent les partager à
l’identique. Ils étaient autrefois qualifiés par les préhistoriens de «signes
d’obscure signification » ce qui en dit long sur la difficulté à leur assigner du
sens. Leur déchiffrement paraît bien hors de portée.
Ainsi, succinctement présenté, le corpus de l’art du dernier âge glaciaire a
cependant laissé le champ libre aux interprétations les plus diverses: l’art
pour l’art, la magie de la chasse, le totémisme, le chamanisme ou encore le
structuralisme d’André Leroi-Gourhan pour les plus classiques.
Depuis plus d’un siècle, ces pistes qui jalonnent la recherche des
significations en Préhistoire ne sont généralement plus citées que pour
mémoire encore que certaines d’entre elles puissent revenir au goût du jour à
la faveur d’une publication.
Sous l’impulsion de Jean Clottes, préhistorien français de renom et de
David Lewis-Williams, Directeur de recherches sur l’art rupestre à
Johannesburg, la thèse chamanique a connu un regain d’intérêt en 1996. Nul
n’ignore parmi ceux des lecteurs que la Préhistoire intéresse, l’âpre
polémique que suscitât l’ouvrage,Les Chamanes de la Préhistoire. Elle mit
véritablement aux prises, par publications interposées, les spécialistes de la
question.
Pour l’amateur averti de Préhistoire que nous sommes devenu, après tant
d’années de lectures, d’excursions dans les grottes ornées et de réflexions sur
le sujet, sans vouloir juger sur le fond, cet exemple est surtout révélateur de

la désaffection d’une partie de la communauté des chercheurs pour les
théories explicatives globales de l’art pariétal.
« L’interprétationc’est difficile» confiait André Leroi-Gourhan à
Claude-Henri Rocquet, au cours d’entretiens qui donnèrent lieu à la
publication en 1982 de l’ouvrageLes Racines du monde. Le célèbre
préhistorien par rigueur scientifique avait lui-même énoncé depuis fort
longtemps les carences de son explication de la religion des cavernes. Il
considérait, dans le même esprit, qu’il était impossible de formuler des
propositions sur le sens de l’art pariétal sans que celles-ci ne soient pénétrées
de jugements de valeur issus de la pensée contemporaine.
Il faut l’avouer, l’opinion n’est pas dénuée de fondement. Nous sommes
devenus définitivement étrangers à la mentalité de l’homme de l’âge de
pierre et si le comparatisme ethnographique peut aider à apporter quelques
lueurs sur le comportement des tribus de la dernière glaciation, l’outil est à
manier avec précaution.
En définitive, après plus d’un siècle de recherches sur les significations,
on en est à ce point où l’art du Paléolithique supérieur ne dégage de
luimême aucun sens directement accessible et la tentation est forte d’aller
puiser à des sources d’inspiration plus « exotiques ».
Il serait d’un intérêt relatif d’exposer au lecteur les raisons qui ont éveillé
notre curiosité pour les énigmes que pose l’art préhistorique. Il y a
certainement le goût de la recherche que notre ancienne profession a pu
exacerber, mais peut-être encore davantage la lecture de la littérature
d’auteurs qui n’ont pas toujours étédes spécialistes de la discipline mais
dont les textes nous sont apparus souvent pertinents et la plupart du temps, à
de rares exceptions, fort bien documentés.
Nous avons estimé le moment venu de mettre au clair quelques-unes des
idées que nous inspire l’art des chasseurs de rennes et d’en retranscrire les
points essentiels dans la rédaction d’un livre.
Le champ de l’étude est modeste. Il n’était pas dans nos compétences, ni
dans les moyens dont nous disposions, d’aborder la signification de l’art
pariétal dans son ensemble. A notre avis, cette voie est d’ailleurs à repenser
si l’on espère parvenir un jour à un véritable début de compréhension.
Nos investigations se limitent à la Scène du Puits de Lascaux et par
extension à quelques autres réalisations de la grotte.
Le Puits contient certainement l’œuvre la plus célèbre de l’art des
cavernes. Elle est exceptionnelle par son caractère narratif. On ne connaît
qu’un seul exemple du même type parmi les centaines de sites répertoriés. Il
se trouve dans la grotte de Villars en Dordogne où une silhouette humaine
fait face à un bison. A Lascaux, l’œuvre est encore remarquable par les
thèmes qui sont mis en jeu: l’homme, l’oiseau, le rhinocéros. Ce sont des
représentations uniques dans le sanctuaire qui en comporte des centaines
d’autres, chevaux, aurochs, bisons, bouquetins… Enfin son emplacement

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dans le souterrain n’est pas moins surprenant. Il est situé au fond d’une faille
qui imposait au visiteur paléolithique une descente dans le vide d’une
hauteur de plus de cinq mètres.

La composition, centrée sur l’affrontement de l’homme avec le bison, a
appelé les commentaires les plus nombreux et suscité les explications les
plus diverses. On peut dire néanmoins, 70 ans après sa découverte, que
l’œuvre conserve son mystère.
Il ressort de la consultation de ces hypothèses dont nous n’avons
peutêtre pas fait entièrement le tour, que la mort, qui semble être le thème
émergeant de l’ensemble peint du Puits, a naturellement constitué l’ossature
centrale de la plupart des explications qui en ont été avancées.
Le bison qui perd ses entrailles paraît bien mortellement blessé par la
lance qui le traverse de part en part. L’homme, qui lui fait face et qui tombe
à la renverse, ajoute encore à l’impression dramatique qui se dégage de
l’œuvre.
A l’opposé de cette perception, la silhouette rigide de l’homme ne
présente aucune blessure apparente. De plus, son sexe est en érection. Ces
données du dessin s’accordent mal avec l’idée d’agonie ou de mort de la
créature. C’est aussi l’opinion d’un certain nombre de commentateurs
D’emblée l’ambiguïté s’installe et il devient difficile sur cette base de
soutenir un raisonnement logique. Il est prioritaire de tenter d’apporter des
réponses à ces apparentes contradictions qui minent dès le départ tout essai
d’analyse. On peut émettre un jugement de valeur à leur propos. Elles font
l’effet de chausse-trappes destinées à désorienter l’observateur non initié et à
le conduire vers des impasses.
Il faut se résoudre à considérer que la mort ne constitue pas le thème
central de la Scène. C’est certainement bousculer bien des idées solidement
ancrées mais il se vérifie qu’aucune d’entre elles ne permet d’aboutir à des
traductions satisfaisantes.
Nous avons pu mesurer l’intérêt de cette hypothèse. Elle ouvre sur des
pistes de recherche inédites. Des arguments suffisamment probants existent
pour soutenir que l’homme-oiseau n’est figuré ni mort, ni agonisant mais
bien vivant et indemne de traumatismes consécutifs à une percussion par son
vis-à-vis.
La référence à une créature vivante modifie considérablement l’approche
que l’on peut avoir du face à face avec la bête. Dans cette perspective on
reste cependant confronté à une difficulté de taille. Postuler que le thème de
la mort est à reléguer dans la composition implique que le ruminant doit être
également considéré comme indemne de blessure.
Très peu d’interprétations ont admis l’éventualité que l’homme du Puits
puisse être vivant. Ce sont des thèses où le chasseur triomphe du combat
avec la bête mais à notre connaissance aucune n’a encore soutenu que le

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bison puisse être à son tour sauf de toute blessure. Il est d’évidence pour tous
les observateurs que l’animal est atteint par le javelot qui le perfore,
peutêtre même mortellement.
Dans cette perspective, nous avons repensé à neuf la composition.
Il ne perce aucune fantaisie dans l’originalité de la proposition, bien au
contraire. Le lecteur pourra en juger. La présente version s’inspire
d’observations précises effectuées sur le dessin. Nous l’avons examiné par le
détail. Dans ce domaine, on ne peut nous faire le grief de l’approximation.
Nous devons concéder en revanche ne pas avoir la connaissance directe
de l’œuvre originale. Pour des raisons de conservation bien compréhensibles,
la grotte de Lascaux est aujourd’hui un site difficilement accessible aux
observateurs.
Il s’agit indiscutablement d’une carence. Nous nous sommes efforcé de la
combler par l’observation réitérée des documents. La Scène du Puits a été
largement commentée et publiée, sa couverture photographique est
abondante et de qualité, ses fac-similés passent pour des copies fidèles.
Au bout du compte, pour pallier au mieux à cette difficulté, l’effort
supplémentaire consenti dans la recherche documentaire s’est plutôt avéré
profitable. Ce sont aussi les raisons pour lesquelles l’étude fait une large
place aux observations des préhistoriens. Elles constituent des références
essentielles dans le développement de nos propositions.
De l’avis des spécialistes, l’art de Lascaux est le produit d’une même
culture paléolithique. Nous avons cherché à le vérifier d’une certaine
manière, en étendant le champ de l’étude de la Scène à d’autres œuvres, les
Bisons croisés de la Nef, ceux du panneau de l’Empreinte dans la même
galerie, les Chevaux chinois du Diverticule Axial et sa décoration terminale
pour ne citer que celles qui nous paraissent les plus emblématiques.
Pour rester dans le droit fil de l’étude, à savoir la recherche d’éléments
cohérents entre eux dans l’ensemble iconographique, ont été volontairement
exclues les références aux œuvres appartenant à d’autres sites pariétaux.
Enfin, nous avons pu croiser certains éléments de l’archéologie de la
caverne avec l’interprétation du panneau de l’homme-oiseau, ce qui est
inédit.
Nous conservons à l’esprit de ne proposer qu’une version dont il est aisé
au demeurant d’éprouver les limites. Ce travail ne peut être exempt de
suppositions, voire de conjectures. Nous le reconnaissons volontiers.
De telles réserves n’altèrent pas notre sentiment d’avoir atteint l’objectif
que nous nous étions fixé, c’est-à-dire parvenir à concevoir une hypothèse
sensiblement cohérente, en rapport avec les éléments constitutifs de l’œuvre.
Il fallut les agencer progressivement et patiemment à la manière des pièces
d’un puzzle sans en connaître le résultat final ce qui nous a valu
d’innombrables révisions dans leur montage. Le texte à suivre en restitue à
peu près le déroulement chronologique.

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INTRODUCTION

La grotte de Lascaux s’ouvre dans les calcaires crétacés de l’étage
Coniacien, dans la partie sommitale d’une colline qui borde la rivière Vézère
en Périgord noir, à deux kilomètres du village de Montignac.
Le réseau souterrain est de dimension moyenne avec un peu plus de 200
mètres de développement. Il offre un découpage naturel qui permet de
différencier ses diverses parties autour desquelles semble s’articuler la
décoration pariétale. On distingue traditionnellement la Salle des Taureaux,
le Diverticule Axial, le Passage, la Nef, le Diverticule des Félins, l’Abside et
enfin le Puits.
L’art de Lascaux, appartient à la culture du Magdalénien ancien, située
vers -17000 ans avant le présent. Il s’inscrit dans le mouvement artistique
qui se déroule de -35 000 à -10 000 ans en Europe occidentale et dont l’une
des particularités remarquables se trouve dans sa localisation dans le milieu
souterrain.
Par la richesse de son décor, le site est considéré à juste titre comme l’un
des joyaux de l’art du Paléolithique supérieur parmi d’autres comme la
grotte Chauvet en Ardèche ou Altamira en Espagne Cantabrique. Par
extraordinaire, il nous est parvenu quasiment intact, jusqu’à sa découverte
fortuite le 12septembre 1940 par quatre adolescents, Marcel Ravidat,
Jacques Marsal, Simon Couencas et Georges Agniel.
La grotte de Lascaux est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.





PLAN DE LA GROTTE


ILLUSTRATION 1: Plan de la grotte de Lascaux d’après André Leroi-Gourhan.
L’art des cavernes, Atlas des grottes ornées paléolithiques françaises. Ministère de
la Culture. (ISBN 2 11 O8O817-9).

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LES LIEUX-L’ACCES

LA SCENE DU PUITS

L’endroit appelé le Puits constitue, avec le fond du Diverticule Axial et
celui du Diverticule des Félins, l’une des trois extrémités du réseau
paléolithique souterrain de la grotte de Lascaux.
C’est le secteur le plus difficile d’accès. Ailleurs la circulation ne
présente pas autant de difficulté bien qu’il soit nécessaire dans le Diverticule
des Félins de franchir un petit gouffre pour parvenir au fond de la galerie.
Le Puits est à l’ouverture d’une faille dont le niveau du sol est inférieur
de plusieurs mètres à celui de l’Abside. L’Abside est une petite rotonde
richement gravée que le visiteur paléolithique devait traverser pour accéder à
l’entrée du haut du Puits qu’il atteignait depuis cette salle en rampant dans
un boyau étroit et sinueux, long de deux mètres. Au sortir du boyau, il
débouchait sur une plate-forme d’argile surplombant de plus de cinq mètres
le sol en contrebas. La descente verticale du visiteur était non seulement peu
commode mais aussi dangereuse car l’argile de la plate-forme en
encorbellement se montrait friable, il s’en détachait des morceaux à chaque
passage.
C’est au pied de la descente que se trouve l’œuvre pariétale la plus
célèbre de l’art paléolithique occidental. Elle ne couvre pourtant pas plus de
trois mètres carrés sur la paroi. C’est sensiblement la configuration des lieux
que découvrirent les premiers visiteurs modernes en septembre 1940, ce fut
aussi probablement celle rencontrée par les Paléolithiques. En effet, dans ce
secteur de la caverne, les possibilités de sédimentation des sols sont faibles.
On y a d’ailleurs ramassé en surface les premiers vestiges archéologiques.
A l’opposé de cet itinéraire, l’hypothèse d’une seconde entrée
paléolithique aboutissant au Puits a été plusieurs fois envisagée par les
préhistoriens sans jamais pouvoir être confirmée. Elle supposait qu’au
Magdalénien cette branche du réseau était ouverte avant que l’effondrement
de son porche n’en obstrue définitivement l’entrée.
Il est certain qu’un orifice secondaire a existé, mais, qu’au temps de la
fréquentation de la grotte par les Magdaléniens, cet accès se trouvait déjà
colmaté par l’éboulis pierreux qui forme toujours cul-de-sac. C’est
généralement l’opinion des spécialistes qui considèrent que l’accès au Puits
s’effectuait par le haut, via l’Abside. Les fouilles pratiquées par l’abbé

André Glory à cet endroit de la grotte confirment ce point de vue. Il a établi
que le sol d’occupation paléolithique reste localisé au panneau peint sans
extension vers le fond de la Grande Diaclase.
Nous conviendrons donc d’admettre, qu’au moment de la décoration du
Puits, cette branche du réseau souterrain était scellée. Nous aurons
l’occasion de revenir sur ce sujet.
Comme l’on vient de le voir, les difficultés d’accès très réelles au Puits
soulèvent l’intéressante question de la fréquentation des lieux au
Magdalénien. Les observateurs semblent partagés sur ce point. Pour les uns
ils furent rarement visités, pour les autres ils furent relativement fréquentés.
Arlette Leroi-Gourhan qui a procédé à l’analyse pollinique des sédiments
de la grotte était d’avis que l’extrême fragilité du point de passage
surplombant la galerie ne permettait pas des descentes répétées (Lascaux
Inconnu). La préhistorienne Annette Laming-Emperaire et Fernand Windels,
premier photographe de la grotte, avaient une opinion différente. Leurs
observations sont rapportées dans le livreLascaux Inconnu.
Annette Laming: «Une pierre qui formait comme la margelle du Puits
était à la fois noircie et polie ».
Fernand Windels: «Les deux roches au-dessous desquelles s’ouvre le
Puits, légèrement obliques, ont dû servir de points d’appui pour la descente
car elles sont polies et noircies par d’innombrables passages qui remontent
certainement à bien des millénaires» (Lascaux, chapelle Sixtine de la
Préhistoire,1948).
Maurice Thaon, rapidement désigné par Henri Breuil, préhistorien
renommé, pour effectuer des relevés et des clichés photographiques des
peintures, formule des observations similaires. Brigitte et Gilles Delluc les
rapportent dans leur livre:Lascaux retrouvé, éd.Pilote 24, 2003 – La
caverne avant tout aménagement : « Il est curieux de constater que, de part et
d’autre des parois de la niche au fond de laquelle s’ouvre une sorte de Puits,
la roche est parfaitement polie comme si des individus s’y étaient appuyés
pour observer dans la profondeur ».
Les deux préhistoriens reprennent la même information dans leur
dictionnaire sur la grotte à la rubrique «Traces d’utilisation» :« La
margelle du Puits était noircie et lustrée ».
Ces derniers contribuèrent à la réalisation de l’ouvrageLascaux Inconnu
(1979). Dans un chapitre consacré à l’accès aux parois ils considéraient que
le problème de la fréquentation des lieux n’était pas résolu, certaines
données leur paraissant discordantes. La fragilité de la margelle d’argile ne
permettait pas des passages répétés. Pourtant, le paléosol du Puits recelait un
abondant mobilier osseux et lithique qui pouvait laisser supposer le
contraire.
Devant la difficulté à se forger une opinion, en quête d’information
complémentaire, nous nous sommes adressé à Brigitte et Gilles Delluc, très

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au fait de l’histoire de Lascaux. Ils ont confirmé les conditions d’accès au
haut du Puits, lors de la découverte, par le boyau étroit que dut rapidement
élargir et abaisser Marcel Ravidat pour faciliter le passage.
Ils précisèrent aussi que le 13 septembre 1940, soit le lendemain de leur
première incursion dans la grotte, les quatre jeunes gens procédèrent assez
facilement à la destruction d’une partie des sédiments formant balcon
audessus de la diaclase, ce qui entraîna au fond du Puits la chute d’une grande
partie d’entre eux au point que Ravidat dut placer un rondin de bois pour
éviter un éboulement plus important.
Il est permis, dès lors, de mieux comprendre comment les inventeurs
parvinrent à franchir l’obstacle sans prise excessive de risques, en déroulant
une corde au contact d’une margelle moins fragile car plus épaisse à son
extrémité. Cet épisode ne figure pas dans les récits des moments de la
découverte, mais il est indirectement corroboré par le témoignage d’André
Glory, préhistorien qui procéda à de nombreux relevés d’œuvres dans la
grotte.
« MM Peyrony, Maury et le curé des Eyzies étaient emportés par le flot
des visiteurs qui affluaient en cet après-midi du 24septembre 1940, je
m’isolais avec Thaon et Jacques Marsal pour mieux goûter le charme
enchanteur des peintures et explorer ainsi des recoins encore inconnus (…)
Devant nous, le sol se dérobe, c’est le vide, je descends une échelle de corde
qui pend verticalement dans le Puits profond de huit mètres» (Lascaux
Inconnu1979).
Le récit de Glory atteste, quelques jours seulement après la découverte,
alors qu’aucun aménagement important n’a encore été entrepris dans la
caverne, que les visiteurs avaient un accès aisé au Puits. A cette date, la
margelle et le boyau étroit qui y conduisait avaient été détruits, c’est la
preuve que leur démolition n’avait pas nécessité de gros efforts.
On pouvait penser avoir recueilli les principaux renseignements sur le
passage vers le Puits des explorateurs modernes, si une nouvelle version
n’était venue en modifier le scénario. Elle vient d’une confidence que
recueillit Norbert Aujoulat en 1992 (Directeur de recherches sur la grotte à
cette époque) auprès de Marcel Ravidat et que le préhistorien rapporte dans
son livreLascaux,Le geste, l’espace et le temps paruen 2004 aux éditions
du Seuil.
Marcel Ravidat y fait état d’un trou en forme de demi-lune, de 30 cm de
diamètre, ne permettant pas le passage d’un homme, ouvert au fond de
l’Abside à un endroit où la station debout était possible. Il se trouvait peu
avant l’entrée du boyau qui conduisait au haut du Puits. C’est par ce trou qui
fut élargi que les quatre inventeurs descendirent au moyen d’une corde. La
veille, ils avaient reconnu les conditions de passage par la margelle au
débouché du boyau d’accès. Ils les avaient jugées dangereuses.
A l’évidence, un tel mode opératoire présentait moins de risques.

13

La version tardive de Ravidat, rejoint néanmoins ce qu’il écrivait en
1940 :
« Allantde merveilles en merveilles, nous arrivâmes devant un trou qui
descendait verticalement et dont nous ne voyions pas le fond. Là nous fîmes
une pause. Qui va descendre le premier ? ».
Il est question ici d’un trou et non pas d’un vide, terme justement utilisé
par André Glory à son entrée dans le Puits quelques jours plus tard. Ravidat
pour sa part ne l’utilise pas, ce qui aurait dû être le cas s’il s’était trouvé sur
le balcon surplombant la Grande Diaclase. Il ne fait pas non plus d’allusion
ce jour-là au passage dans l’étroit boyau d’accès, même élargi, pour parvenir
au haut du Puits. Un tel épisode constituait un souvenir marquant. Il méritait
de figurer en bonne place dans son récit de l’entrée dans le Puits le
13 septembre 1940.

Il restera difficile, le lecteur l’aura compris, d’établir les circonstances
précises de la première incursion moderne dans le Puits, mais ce qui ressort
des deux versions ce sont les précautions que prirent les explorateurs en
1940. Il apparaît donc clairement que le point de passage vers le Puits ne
devait pas donner les gages d’une grande solidité et l’on peut comprendre les
dispositions engagées par Marcel Ravidat et ses compagnons.
Elles entraînèrent la destruction rapide de tout ou partie du balcon
argilosableux.
Ce fut une tâche relativement aisée à accomplir.
L’hypothèse d’une certaine activité dans le Puits au Magdalénien, en
dehors de toute considération sur les difficultés de s’y introduire ou même
sur l’impossibilité d’utiliser de manière répétée une margelle friable, se
fonde sur la source la plus objective à considérer, c’est-à-dire l’archéologie.
Sur ce plan, le Puits s’est révélé comme le secteur le plus riche du souterrain
en vestiges osseux et lithiques. On détient la preuve que l’accumulation
d’objets à cet endroit résultait de dépôts effectués «in situ» par
l’observation de leurs emplacements dans le paléosol. Nombre d’entre eux se
trouvaient sur le sol d’occupation paléolithique sous le bouchon d’argile, ce
qui exclut qu’ils aient pu être jetés du haut de la margelle. Dans cette
éventualité, ils auraient dû alors se retrouver à son aplomb voire plus bas
puisque le sol est en pente à cet endroit, vers le fond de la galerie.
Il est certain que le Puits n’a pas fonctionné comme un dépotoir. Nous
sommes partisan de considérer que les lieux ont bien connu une certaine
fréquentation au paléolithique simplement parce que l’archéologie le montre.
Il faut naturellement s’interroger sur le comportement des Magdaléniens
devant l’obstacle que représentait le passage vers le Puits. La difficulté était
identique ou peu s’en faut à celle rencontrée lors de la découverte.
On peut être convaincu que les Paléolithiques savaient le passage
dangereux, des paquets d’argile décrochés de la margelle ont été retrouvés

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dans le paléosol. Ce constat établi, ils n’ont pourtant pas effectué le choix de
la destruction du coin d’argile qui leur aurait permis un accès plus facile et
surtout moins dangereux. Ils pouvaient fort bien procéder à un aménagement
sommaire des lieux puisque celui-ci ne coûtait ni beaucoup de temps ni
beaucoup d’efforts. L’aménagement semblait d’autant plus indiqué dans le
cas de descentes répétées.
Ailleurs dans la caverne, ils n’ont pas hésité à édifier des échafaudages
pour accéder aux parois à décorer. La mise en place de ces structures leur a
certainement demandé un labeur d’une autre envergure.
Vers le Puits, tout semble s’être passé dans le respect des lieux.
De manière évidente les Paléolithiques ont volontairement laissé subsister
l’obstacle.
Mais les allées et venues dans ce secteur devaient immanquablement
endommager le coin d’argile suspendu dans le vide.
Il y avait deux moyens pour franchir la hauteur de descente. Dans leur
contribution àLascaux Inconnu, Brigitte et Gilles Delluc ont examiné les
deux possibilités pour conclure : « Mais il n’est pas interdit de penser que le
13 septembre1940, les jeunes inventeurs imitèrent leurs lointains ancêtres
qui descendaient sans doute là en s’aidant d’une corde voire d’un mât,
encore que l’accès au Puits ne paraisse guère avoir pu permettre
l’introduction d’un long baliveau ».
Norbert Aujoulat fait la même observation dans son livre. Pour lui, le
passage étroit vers le haut du Puits, doublement coudé, ne permettait pas
l’admission d’un mât de perroquet long de 5 à 7 mètres nécessaire à la
hauteur de descente.
A cet effet, l’utilisation d’une ligne souple, corde ou échelle de corde,
présentait deux inconvénients. Le lien entamait inévitablement par
frottements la lèvre de la plate-forme à son endroit le plus fragile, où le
sédiment était le moins épais, même en imaginant qu’un rondin de bois
intercalé ait pu partiellement pallier à cette usure. En second lieu, la
remontée par ce moyen rendait l’accostage de la plate-forme très délicat
puisqu’il fallait s’y hisser.
Il est probable néanmoins, comme l’ont suggéré Brigitte et Gilles Delluc,
que la corde ait pu être utilisée lors de la reconnaissance des lieux par les
Paléolithiques, comme le firent Ravidat et ses compagnons, ou bien même
au cours de l’exécution de la décoration qui ne nécessitait apparemment pas
de nombreuses allées et venues. En revanche, la corde n’était pas le moyen
le plus adapté pour effectuer des descentes réitérées, c’est précisément le
problème qu’il convient d’examiner.
Une perche suffisamment longue et résistante pour supporter le poids
d’un homme ou d’un adolescent était le moyen le moins vulnérant pour le
balcon argilo-sableux, à la fois dans le sens de la descente et de la montée.

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Dressée à la verticale contre la lèvre du sédiment, calée correctement à sa
base, elle permettait des descentes répétées, sans trop de décrochements de
paquets d’argile pour peu que l’on se montre précautionneux, ce qui semble
avoir été le cas des Paléolithiques.
L’abbé Glory a fait une observation intéressante qui va dans ce sens :
« Uneécharde de bois tourbefiée était restée coincée dans l’une des
fissures centrales de la voûte située à l’aplomb et au-dessus du Puits»
(Lascaux inconnu).
On a vu que le dernier témoignage de Marcel Ravidat ne contredisait pas
les termes de son rapport de 1940 sur les instants de l’entrée dans le Puits,
c’est pourquoi nous lui accordons un certain crédit, il est en outre assez
précis. Il diffère il est vrai de la version traditionnellement retenue. Il faut se
reporter au récit de sa descente dans le Puits le 13 septembre 1940 :Lascaux
Inconnu :« Lascaux, les dix premières années sous la plume des témoins » :
Archives Léon Laval 1954: «Mes copains ont eu tous peur de ne pouvoir
remonter car il fallait grimper à la corde lisse. Moi, ce n’était pas cela qui me
faisait hésiter car j’avais confiance en mes bras : seulement, c’est dans ceux
de mes copains, car il fallait tenir mes 70kg à bout de bras et cela sans
appui. M’ayant assuré qu’à eux trois ils me tiendraient, le cœur battant, je
commençai la descente et arrivai bientôt au fond. Là, relevant la tête, je me
rendis compte que j’étais descendu d’une dizaine de mètres. Je m’empressai
de rassurer mes compagnons et partis de nouveau à l’aventure. Ici je ne
parcourus que 20 à 30 mètres, me heurtant à un éboulement. Je fis donc
demi-tour et inspectai les parois. Là fut grande ma surprise de voir une
figure humaine à tête d’oiseau et n’ayant que quatre doigts, renversée par un
bison, le tout formant un tableau d’environ 2 mètres ».
Le récit de la première descente moderne dans le Puits, montre que son
auteur n’a découvert le panneau peint qu’à son retour de son exploration de
la faille. Or, il est rapporté par les observateurs qu’à l’origine tout visiteur
qui descendait dans le Puits depuis la margelle, se retrouvait en arrivant en
bas à l’aplomb des cornes du rhinocéros, c’est-à-dire à l’extrême gauche du
panneau. On peut donc présumer avec une quasi-certitude qu’au terme de sa
descente depuis la margelle, amputée d’une partie de son sédiment, Marcel
Ravidat se trouvait sensiblement face au panneau peint, entre deux parois
distantes de moins de deux mètres. Au moment où il touche le fond, le jeune
homme assez logiquement s’assure de la consistance et de l’aspect du sol sur
lequel il vient de poser les pieds, puis comme il l’écrit, il relève la tête pour
estimer la hauteur de descente.
On comprend difficilement dans ces circonstances comment il ne voit pas
le panneau peint. Après celles de la veille, il cherche de nouvelles peintures
pariétales, et à cette fin, il a dû examiner la surface des parois situées tout
près de lui à l’endroit où il vient de descendre et où il se tient.

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Mais si l’on se reporte à sa version récente c’est-à-dire à la descente par
le trou en forme de demi-lune élargi, à son arrivée en bas, Ravidat découvre
des parois où la décoration est absente. La composition se trouve
naturellement à quelques mètres devant lui. A l’issue de cette première
inspection négative, il s’avance dans l’exploration de la diaclase, plus
attentionné à regarder où il met les pieds que la surface des murs qui
l’entoure. Il devient moins étonnant alors qu’il soit passé devant les
peintures sans les voir.
Ce scénario ressort dans le récit de son retour à son point de descente. Sûr
du sol qu’il a sous les pieds, il inspecte attentivement les parois et découvre
les peintures.
Il faut savoir que le récit de la découverte a connu quelques divergences,
ce qui n’est pas si étonnant. Les inventeurs furent rapidement placés sous les
feux de l’actualité en raison de l’importance de leur trouvaille, et ils sont
jeunes. Marcel Ravidat est le plus âgé, il a 17ans, son ami JacquesMarsal en
a 15, Georges Agniel 16 et Simon Couencas 13.
De plus, certainement pour la bonne cause, l’instituteur du village Léon
Laval, première personnalité alertée de la découverte est intervenu dans la
rédaction des écrits de Ravidat et Marsal. Il en a corrigé l’orthographe,
rectifié les tournures de phrases maladroites et procédé à leur présentation.
Il est à peu près certain que le récit « officiel » reflète la réalité dans ses
grandes lignes mais on ne peut être convaincu que la narration la plus
objective a pris le pas sur l’anecdote, ce qui, au fond, est bien naturel.
Quelques années avant sa disparition, il est licite de considérer que
Marcel Ravidat apporte un rectificatif qui à ses yeux ne bouleverse pas pour
autant l’histoire de la découverte, il ne peut s’attendre à un effet d’annonce.
Il le livre d’ailleurs à Norbert Aujoulat comme une confidence. Son
témoignage présente aussi des accents de vérité si l’on se fie aux précisions
qu’il donne: trou ne permettant pas le passage d’un homme, endroit où la
station debout était possible, forme du trou…
Marcel Ravidat a incontestablement joué un rôle central dans
l’exploration de la caverne, particulièrement dans le Puits où il fut le premier
à descendre. Sa relation des faits, même tardive, mérite donc de retenir
l’attention.
Elle est d’autant plus intéressante qu’elle est de nature à pouvoir
expliciter le procédé par lequel les Paléolithiques sont parvenus à introduire
dans le Puits un tronc d’arbre d’une longueur suffisante pour permettre la
descente depuis la margelle.
Le trou en forme de demi-lune, situé à un endroit où l’on pouvait se tenir
debout (détail qui n’est pas insignifiant puisque sur les photographies de
l’époque Ravidat paraît assez grand relativement à la moyenne) permettait
d’après ses dimensions, d’y introduire depuis l’Abside une perche de bonne
longueur. Il est même permis de supposer que le trou a pu être

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volontairement creusé à cet effet. Une fois au fond, le tronc était dressé à la
verticale puis correctement calé à sa base, il restait à l’adosser à la lèvre du
balcon argilo-sableux. On rejoint ici l’idée que les Paléolithiques aient eu le
souci de la préservation de l’accès au Puits.
La question qui se fait jour dans cette hypothèse est alors de tenter de
comprendre les motivations d’un tel mode opératoire.
L’une des réponses est suggérée par les commentaires des observateurs et
des auteurs qui, nombreux, ont décrit la situation particulière du Puits dans la
grotte :lieux retirés, extrêmes, difficilement accessibles, secrets,
mystérieux…
De fait, la volonté de laisser subsister l’obstacle, comme une entrave à
l’exploration, peut très bien procéder d’une intention de préserver l’accès
d’éventuelles intrusions dans cette branche du réseau qui ne devait être
accessible qu’à certains.
L’entrée dans le Puits revêtait donc peut-être un caractère confidentiel et
pourquoi pas, secret.
La localisation de l’œuvre sous l’auvent d’argile, si elle s’y dissimule
comme on est amené à le supposer, va dans ce sens, de même que l’absence
de décoration sur les autres surfaces rocheuses pourtant propices à
l’ornementation. Qu’un visiteur indésirable se présente, son inspection du
fond depuis la margelle à l’aide d’une torche ou une lampe à graisse
s’avérait forcément négative. Il ne pouvait soupçonner l’existence plus bas,
de peintures.
Il va sans dire, qu’un tel scénario suppose qu’après chaque visite des
initiés, le mât devait être déposé précautionneusement. La tâche pouvait
revenir à un enfant. À l’aide d’une corde, il était remonté depuis la margelle
ou par le trou en forme de demi-lune creusé a minima mais suffisant à son
passage. L’endroit redevenait ainsi difficilement accessible.
Dans l’autre sens, à l’entrée dans le puits, l’enfant était descendu par le
même moyen. Parvenu au fond il relevait le mât pour permettre l’accès aux
initiés.
La présence d’enfants dans les grottes ornées est attestée au long du
Paléolithique supérieur. Lascaux en fournit une preuve directe comme le
rapportent Brigitte et Gilles Delluc dans leur dictionnaire paru sur la grotte
en 2008 aux éditions Sud-Ouest. On la trouve à la rubrique « Empreintes » :
« PuisClaude Barrière et ses collaborateurs ont décrit et moulé dans la
même salle (la Rotonde) l’empreinte d’un pied d’enfant de 6 à 8 ans… ». On
peut penser de la sorte qu’à Lascaux les enfants jouaient le rôle de précieux
auxiliaires. Il n’est pas à exclure qu’ils aient même été impliqués dans son
exploration. Ils étaient les mieux à même de se faufiler dans les lieux étroits,
les passages bas ou bien d’escalader prestement une paroi. Des empreintes
de pas d’enfants ou d’adolescents ont été retrouvées dans les zones
profondes des souterrains. Il est certain qu’au Paléolithique supérieur les

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jeunes devaient être très tôt exposés aux risques inhérents à un mode de vie
immergé dans la nature.
On ne peut bien entendu rien affirmer, mais des indices montrent que la
Scène du Puits devait rester à l’abri des regards indiscrets. Il est indiscutable
que sa localisation dans la grotte lui confère un statut à part et s’il est permis
d’établir une comparaison, les lieux pourraient avoir eu la valeur d’une
crypte pour les Magdaléniens.
C’est la proposition que formule par ailleurs Jacques Picard dans son
livreLe Mythe fondateur de Lascauxparu en 2003.
Le 13 septembre 1940, les inventeurs ont peut-être détruit sans le savoir,
ce que les Magdaléniens avaient pris le soin de préserver, mais c’était
inévitable.


ILLUSTRATION 2 : Dessin. Coupes synthétiques de l’accès au Puits présentant les
deux versions de descente. Les hachures obliques situent la Scène relativement au
balcon argilo-sableux qui la surplombe.
A : Version du récit de la découverte le 13 septembre 1940
B : Version de Marcel Ravidat recueillie par Norbert Aujoulat en 1992.

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