Le fantôme de Léopold au coeur des ténèbres

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Français
246 pages
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Description

L'auteur analyse deux ouvrages de références absolues sur l'ère léopoldienne : Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad et Les fantômes du roi Léopold, un holocauste oublié de Adam Hochschild. Nous offrent-ils l'un et l'autre la réalité toute nue, sur laquelle les auteurs ont apposé un talent littéraire propre et marqué de leur conviction intime intemporelle, libre de toute entrave politique, idéologique ou philosophique ?

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Date de parution 01 janvier 2012
Nombre de lectures 84
EAN13 9782296480254
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

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Le fantôme de Léopold au cœur des ténèbres
ClaudeNEMRY
Le fantôme de Léopold
au cœur des ténèbres
Un règlement de contes
Claude Nemry a publié chez L’Harmattan un ensemble de cinq écrits portant sur la vie d’un homme durant l’époque coloniale belge en Afrique centrale : - Usubui (L’Aurore) - Nyamulagira (Séismes) - Les tambours du Ruanda (Ingoma zaa Rwanda) - Bukavu - Mangaribi (Crépuscule) Image de couverture réalisée à partir d’une photographie prise par l’auteur aux Stanley Falls (Kisangani).© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55876-2 EAN : 9782296558762
Aux lecteurs du tapuscrit, Raymond Demousselle, Pierre de Maret, Santo Franco, Victor Ginsburgh, André Poncelet et Nelle, mon épouse, qui m’ont permis d’éviter bien des écueils. A tous mes amis d’Afrique. Aux natifs d’Afrique, toutes couleurs confondues.
Introduction
« L’histoire, c’est le temps. Cette pensée constante nous a empêché d’amener les questions avant l’heure, comme on le fait trop souvent. C’est une tendance commune de vouloir lire toutes les pensées d’aujourd’hui dans le passé, qui souvent n’y songeait pas. Pour ceux qui ont cette faiblesse, rien n’est plus facile. Toute grande question est éternelle ; on ne peut guère manquer de la retrouver à toute époque. Mais le fait de la science est de ne pas prendre ainsi ces côtés vagues et généraux des choses, ces caractères communs des temps, où ils se confondent ; au contraire, de spécifier, – d’insister, pour chaque époque, sur la question dominante, et non d’y faire ressortir telle circonstance accessoire, qui se trouve en d’autres temps, qui peut-être de nos jours est devenue dominante, mais ne l’était pas alors. » Jules Michelet, Histoire de la Révolution française, Livre III : De la méthode et de l’esprit de ce livre (La pléiade, t.I, p.291) « De tous les méfaits perpétrés en Afrique par les blancs, ceux qui, depuis vingt ans, ont été commis dans l' "Etat Indépendant du Congo" sont peut-être les plus horribles : ils sont les plus récents. Mais quel est l'Anglais, l'Allemand, le Français dont la main est assez pure pour que sa protestation ne soit entachée de partialité ? » Elisée Reclus, L'Homme et la Terre, tome V, p. 447 (Librairie Universelle, Paris)
Cinquante ans après la fin de la majorité des colonies euro péennes en Afrique, le phénomène de ce que l’on appelle le colonialisme fait toujours couler beaucoup d’encre, d’autant plus que la quasitotalité des Etats qui en sont issus connaît des lendemains et des surlendemains peu réjouissants. A tort ou à raison, les malheurs de l’Afrique d’aujourd’hui, la noire en particulier, continuent à être imputés, au moins pour une large part, à la colonisation et à ses suites. Rares sont les voix qui tentent de mettre en évidence certains aspects positifs de l’ère  9
coloniale occidentale à travers son évolution et ses réalisations. Les jugements viennent d’Afrique, d’Europe ou de plus loin, résultent de convictions personnelles ou de travaux de spécia listes. Ils font l’objet de publications en librairie et, de plus en plus nombreuses, sur internet, mais se présentent aussi sous forme de shows, de pièces de théâtre et de films, qui vont du documentaire au mélange de fictions et de réalités. L’Afrique centrale, et tout particulièrement le Congo exbelge, aujourd’hui République Démocratique du Congo, occupe une large part dans ces publications et spectacles divers. Il est vrai que, à partir de la création en 1876 de l’Association Internationale Afri caine par Léopold II, l’occupation du territoire par ses hommes, Belges, Anglais et Scandinaves, a attiré l’attention de la presse tandis que se précisaient les visées du souverain belge, concrétisées par la création de l’Etat Indépendant du Congo, avatar survenu en 1885 à l’occasion de la Conférence de Berlin. Ce curieux Etat, propriété d’un personnage qui était le roi constitutionnel à la tête de la Belgique, minuscule nation à l’écono mie florissante, sera très tôt la cible des convoitises de la France et de la GrandeBretagne, qui ne lui accordaient que peu de chances de survivre malgré ses richesses, l’ivoire dès 1878, le caoutchouc à 1 partir de 1893 . Ce n’est qu’à partir de 1900 que des critiques s’élevèrent sur les conditions inhumaines, voire criminelles, dans lesquelles les représentants de l’EIC et des sociétés concession naires obligeaient les indigènes de travailler pour eux.. Parmi les auteurs de ces critiques, quelques missionnaires anglosaxons de culte non catholique, dont Grenfell, laudateur de Léopold II jusqu’alors ; Edmund Morel, un agent en douane mifrançais mi anglais, qui, travaillant un temps à Anvers comme employé de l’agent en douane Dempster, constata une exportation anormale d’armes vers le Congo et en chercha l’explication, laquelle fut alimentée par les témoignages notamment de missionnaires, mais également d’officiers de la Force publique et d’employés de sociétés belges installées au Congo ; agent à Boma dès 1883 d’unel’Irlandais Roger Casement, factorerie belge puis de la SAB, plus tard consul du Royaume Uni, qui, en 1904, après avoir sillonné des régions où était recrutée la maind’oeuvre et où était récolté le latex, sortit un rapport accablant sur l’exploitation du caoutchouc et sur la mal traitance des indigènes qui en résultait sous différentes formes, les unes plus blâmables que les autres, allant jusqu’au meurtre. La collaboration active de Morel et Casement, utilisant no 10