Le Mexique, de l'indépendance à la révolution 1810-1910

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Français
334 pages
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Le 16 septembre 1810, Miguel Hidalgo appelle la population à se soulever contre le joug espagnol, ouvrant le processus d'indépendance du Mexique. Le 5 octobre 1910, alors que la nation célèbre le premier centenaire de son indépendance, Francisco I. Madero appelle ses concitoyens à prendre les armes contre la dictature de Porfirio Diaz et marquant le début de la révolution mexicaine. Ces contributions s'interrogent sur l'ampleur des transformations que ces deux bouleversements étaient censés apporter.

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Date de parution 01 décembre 2011
Nombre de lectures 44
EAN13 9782296474628
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

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LE MEXIQUE
DE L’INDÉPENDANCE À LA RÉVOLUTION
1810-1910
Recherches Amériques latines Collection dirigée par Denis Rolland et Joëlle Chassin La collectionRecherches Amériques latinespublie des travaux de recherche de toutes disciplines scientifiques sur cet espace qui s’étend du Mexique et des Caraïbes à l’Argentine et au Chili. Dernières parutions Carine CHAVAROCHETTE,Frontières et identités en terres mayas. Mexique-e e Guatemala (XIX -XXI siècles), 2011. Christian Edward Cyril LYNCH,Brésil. De la monarchie à l’oligarchie, 2011. J.-P. BLANCPAIN,Les Européens en Argentine. Immigration de masse et destins individuels (1850-1950), 2011. J.-P. BERTHE et P. RAGON (eds),Penser l’Amérique au temps de la e e domination espagnole, Espace, temps et société, XVI – XVIII siècle, Hommages à Carmen Val Julian, 2011. Henri FAVRE,Changement et continuité chez les Mayas du Mexique, Contribution à l’étude de la situation coloniale en Amérique latine, 2011. Marcos EYMAR, La langue plurielle. Le bilinguisme franco-espagnol dans la littérature hispano-américaine (1890-1950),2011. Pauline RAQUILLET,Alfred Ebelot. Le parcours migratoire d’un Français en e Argentine au XIX siècle, 2011. Pierrette BERTRAND-RICOVERI,Mitología shipibon2010. German A. de la REZA,Les nouveaux défis de l’intégration en Amérique latine, 2010. João Feres Júnior,Histoire du concept d'Amérique latine aux Etats-Unis, 2010. Marie-Cécile BENASSY-BERLING,Sor Juana Inés de la Cruz. Une femme de lettres exceptionnelle. Mexique XVIIe siècle, 2010. Florencia Carmen TOLA,Les conceptions du corps et de la personne dans un contexte amérindien, 2009. Marcio Rodrigues PEREIRA,Le théâtre français au Brésil de 1945 à 1970 : un outil de la diplomatie française contre le recul de son influence culturelle, 2009. Alain KONEN,Rites divinatoires et initiatiques à La Havane, 2009. Montserrat VENTURA i OLLER,Identité, cosmologie et chamanisme des Tsachila de l’Équateur, 2009. Henri FAVRE,Le mouvement indigéniste en Amérique latine, 2009. Thomas CALVO,Vivre dans la Sierra zapotèque du Mexique (1674-1707), 2009. Paola DOMINGO et Hélène VIGNAUX (dir.),Arts et sociétés en Amérique latine : la transgression dans tous ses états, 2009.
Sous la direction de Karim Benmiloud, Alba Lara-Alengrin, Laurent Aubague, Jean Franco et Paola Domingo LE MEXIQUE
DE L’INDÉPENDANCE À LA RÉVOLUTION 1810-1910
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55568-6 EAN : 9782296555686
LE MEXIQUE DE L’INDÉPENDANCE A LA RÉVOLUTION 1810-1910 Sous la direction de Karim BENMILOUD, Alba LARA-ALENGRIN, Laurent AUBAGUE, Jean FRANCO et Paola DOMINGO (Université Paul ValéryMontpellier IIIETOILL-LLACS) Ont participé à ce volume : ABRAMSON, Pierre-Luc (Perpignan) ANAYA WITTMAN, Sofia (Guadalajara, Mex.) AUBAGUE, Laurent (Montpellier III) BENMILOUD, Karim (Montpellier IIIInstitut Universitaire de France) CALVO, Thomas (Colegio de Michoacán) COUDASSOT-RAMIREZ, Sabine (Nîmes) ESCALANTE, Evodio (UAM, Iztapalapa) ESTÈVE, Raphaël (Bordeaux III) FELL, Claude (Paris III) FRANCO, Jean (Montpellier III) GARCÍA FERNÁNDEZ, Estrellita (Colegio de Jalisco) HANAÏ, Marie-José (Rouen) LARA-ALENGRIN, Alba (Montpellier III) LASSUS, Jean-Marie (Nantes) MORESTIN, Marc (Montpellier III) OLIVIER, Florence (Paris III) PLÂA, Monique (Marne-la-Vallée) PLU-JENVRIN, Raphaële (Paris III) POUZET, Isabelle (Rennes II) QUINTANA, Cécile (Poitiers) RUTÉS, Sébastien (Nancy II) VACA, Agustín (Colegio de Jalisco) VINCENOT, Emmanuel (Tours)
REMERCIEMENTS Ce volume est le fruit d’un travail collectif mené à l’Université Paul ValéryMontpellier III, dans le cadre des travaux de l’équipe des américanistes du Centre de Recherches ETOILL/LLACS (Langues, Littératures, Arts et Cultures des Suds), que nous remercions pour son soutien. L’illustration de couverture est l’œuvre du peintre mexicain Felipe de la TORRE VILLALPANDO, que nous remercions également. Les auteurs : Karim Benmiloud, Alba Lara-Alengrin, Laurent Aubague, Jean Franco et Paola Domingo
INTRODUCTION INDÉPENDANCE ET RÉVOLUTION : LE MEXIQUE ENTRE DEUX COMMÉMORATIONS En 2010, avec deux points d’orgue supposés le 16 septembre et le 20 novembre, le Mexique célèbre le début des guerres d’Indépendance et le soulèvement révolutionnaire contre la dictature de Porfirio Díaz. Deux commémorations simultanées pour deux événements fondateurs dans l’histoire du Mexique moderne ponctuent une année riche en événements de toutes sortes, politiques, culturels, scientifiques. À l’image de bien des pays, il se complaît dans la réunion émotionnelle autour de grandes dates propres à recréer, ne fût-ce qu’un instant, les moments magiques de la nationalité. On célèbre à l’envi les grands épisodesde l’histoire, la date de naissance de certains grands hommes, le jour de l’apparition de la Vierge, la victoire de Puebla, la promulgation de la Constitution, la nationalisation de l’énergie, etc. On fête même avec éclat l’anniversaire de la naissance oudu décès de tel écrivain ou de tel président, les dix ans de la disparition d’Octavio Paz ou le bicentenaire de celle de Sor Juana… Évoquer les deux cents ans d’une nation enfin libérée du joug colonial qui explore malaisément les chemins d’une démocratiebalbutiante revient à magnifier leGrito de Dolores et le sacrifice des pères de la patrie. Et, avant même la Révolution russe de 1917, la première Révolution sociale et populaire e du XX siècle, paysanne, indigène, démocratico-bourgeoise, anti-impérialiste, mérite le souvenir, le recueillement, la réflexion. Les deux phénomènes ont été justiciables de lectures complexes et contradictoires et la langue de bois des politiciens mexicains tout à leurs célébrations des « acquis de la Révolution » n’a pu que brouiller la juste perception d’un mouvement à nul autre pareil ou d’un pays qui s’est construit dans les crises. Les deux centenaires donnent l’occasion d’un retour sur soi pour la société mexicaine tout entière.Célébrer ou commémorer ? La nuance est de taille, comme l’ont bien montré les polémiques qui marquèrent dès 1991 la préparation des « fêtes » du cinquième centenaire de la « Découverte». Évoquer un passé, c’est le revivre et surtout le réinterpréter, parfois le réécrire ou le travestir. En 1992, la cote mal taillée de la « rencontre entre deux mondes » tourna au fiasco. Il faut dire qu’au Mexique les célébrations prennent souvent le chemin de l’auto-complaisance et servent à masquer les trahisons du présent ou les errements de l’histoire.C’est pourquoi l’année 2010, qui conjoint les deux épisodes cardinaux du Mexique contemporain, a suscité un intérêt particulier. Réunion mais aussi
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opposition: si elles ont célébré avec faste la geste de l’Indépendance, les élites dirigeantes actuelles se sont montrées moins enthousiastes pour évoquer la « fête des balles » et la commotion révolutionnaire, conformément au lent « détricotage » de la Révolution auquel elles se sont livrées depuis lesalinismeet même avant. Longtemps figure incontournable de la Révolution et symbole immaculé de la patrie, Emiliano Zapata paraît désormais relégué au second plan, ce qui dénonce la surdité du pouvoir face aux revendications populaires. Auprès de l’actuel parti au pouvoir, le PAN (Partido Acción Nacional), c’est l’apôtre de la Révolution, Francisco I. Madero, qui semble remporter la palme du révolutionnaire le plus fréquentable. Cette année 2010 s’avèredonc particulièrement éclairante sur le rapport des Mexicains et du pouvoir à leur passé. C’est pourquoi l’équipe des américanistes de Montpellier (ETOILL-LLACS) a décidé de s’adresser aux mexicanistes français et à certains spécialistes mexicains pour qu’ils jettent un regard scientifique sur cette double célébration en embrassant l’ensemble des phénomènes qui vont de la finde la colonie jusqu’aux productions artistiques récentes. La réflexion culturelle et historique porte sur une large variété de manifestations et contribue à établir, plus qu’un bilan des deux grands épisodes, une réflexion sur leurs répercussions sur la société et sur les consciences. L’Indépendance et la Révolution mexicaine ont-elles constitué deux ruptures dans l’histoire du pays et, dans l’affirmative, à quel degré? Toutes deux ont certes signifié une volonté de transgression de l’ordre établi (système colonial en 1810, « caudillisme » et autoritarisme en 1910) entraînant de nouvelles espérances et de nouvelles utopies exprimées dans de nombreux domaines, mais l’on peut s’interroger sur la portée et l’ampleur des transformations apportées par ces deux ébranlements : les changements ont-ils correspondu à des aspirations profondes et à des ajustements structurels ou bien les modifications n’ont-elles été que de surface ? À ces questions fondamentales les réponses ne pouvaient être que partielles ou ponctuelles et la plupart des chercheurs, plutôt que de tirer des conclusions péremptoires ou définitives, s’est attachée à saisir un moment, une évolution, unesprit,et à faire surgir les contradictions au sein de pseudo-consensus. De l’ensemble des productions, à la manière d’un puzzle, se dégage une vision d’ensemble souvent nuancée, parfois très critique. Il est à souligner que la majorité des contributions interroge les divers domaines culturels : littérature surtout, mais aussi peinture, photographie, cinéma, afin de débusquer les idéologies, considérant de la sorte que la production artistique constitue parfois un meilleur baromètre des changements (ou bouleversements ?) sociaux et politiques que l’étude historique elle-même. Certains des articles mettent en perspective la problématique historique d’ensemble, notamment en montrant que les «ruptures» de l’Indépendance e e étaient en germe dans la deuxième moitié du XVIII siècle. La société du XIX
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