330 pages
Français

Tableau d'Essaouira-Mogador

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Description

A Essaouira-Mogador, le XIXe siècle aura été marqué par le bombardement des défenses de la cité par les Français et divers fléaux tels que la peste, la famine et les troubles sociaux conséquents. Le XXe siècle venant, les convoitises des nations européennes sur l'Afrique, en particulier sur le Maroc, se firent ressentir à travers des "affaires" semi bouffonnes et des interventions militaires marquant l'instauration du protectorat français. Ce second tome regroupe les écrits de témoins de ces événements.

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Date de parution 01 janvier 2015
Nombre de lectures 0
EAN13 9782336366715
Langue Français
Poids de l'ouvrage 7 Mo

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JeanFrançois Robinet
Tableau d’EssaouiraMogador
Écrits sur une ville marocaine et sa région Tome II
30/12/14 12:20
Tableau d’Essaouira-Mogador
Jean-François Robinet Tableau d’Essaouira-Mogador
Écrits sur une ville marocaine et sa région
Tome II
Du même auteur Esquisses pour Essaouira,Traces du Présent, Marrakech, 1996. Relation de l'Empire de Maroc de James Grey Jackson (trad. fr. deAn Account of the Empire of Marocco de J.G. Jackson), préf. de M. El Mansour, Institut d'Études africaines, Rabat, 2005. © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-30771-8 EAN : 9782336307718
Une ville construit son passé, le fonde, le recrée, arrache à l’effacement et à l’oubli les racines de son existence.
Edmond Amran El Maleh, Essaouira, l’oubliée
VIII. Le bombardement de Mogador
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Le 14 août 1844, sur l’oued Isly (à proximité d’Oujda), le général Bugeaud, mettait en déroute les troupes marocaines qui s’étaient portées au secours de l’émir AbdelKader. Cette bataille marqua le glas de la résistance qu’opposa celuici à l’occupation de l’Algérie par la France. Le lendemain, dans le même souci d’obliger le sultan Moulay Abderrahman à retirer à AbdelKader le sou tien qu’il lui apportait, François d’Orléans, Prince de Joinville, (troisième fils et septième enfant de LouisPhilippe), à la tête d’une escadre composée de 3 vais seaux, 1 frégate, 4 bricks et 5 bâtiments à vapeur, après avoir bombardé Tanger, bombardait Essaouira. Nous n’en dirons pas plus sur les circonstances de cette action guerrière, le principal protagoniste s’en étant expliqué à loisir dans son livre intitulé :Vieux souvenirs, dont on trouvera plus loin le chapitre se rappor 1 tant à cette affaire . Mais citons d’abord ce que l’historien marocain EnNaçiri dit de cette dé monstration de force.
EnNaçiri
Pendant ce temps-là, [celui de la bataille d’Isly], le Sultan (Dieu lui fasse miséricorde !) allait de Morrâkech à Fès ; à Ribât Elfeth, il . reçut la nouvelle de cette affaire, et reprit en toute hâte le chemin de Fès. En route, il apprit la nouvelle de deux autres affaires le bombar-dement de Tanger et d’Essouéïra par les Français qui avaient lancé . . sur ces deux villes des milliers de boulets et de bombes. À Essouéïra, . . des événements particulièrement graves s’étaient produits. Les mau-vais sujets de la ville et les Chiâdama des environs, voyant que l’en-. nemi avait débarqué dans l’île et pensant qu’il entrerait aussi dans la ville, la mirent au pillage. Ils commencèrent par les Juifs, puis s’attaquèrent aux autres habitants ; il se passa des choses que je ne saurais rapporter. Plus irrité encore et plus abattu par cet incident, 2 le Sultan fit arrêter un certain nombre de qâïds duguéïch, et leur fit couper la barbe pour les punir.
Al Kitab al Istiqsa(trad. fr. E. Fumey), Archives marocaines, t.x, p. 171.
1. À consulter aussi, le rapport de cette opération, daté du 17 août 1844, adressé par le Prince de Joinville au ministre de la Marine, reproduit dans :Batailles de Terre et de Mer jusques et y compris la Bataille de l’Alma(Paris, Librairie militaire, 1855 ; p. 191sq.), d’Édouard BouëtWillaumez, officier de marine qui, capitaine en 1844, commandait lePluton, bâtiment à vapeur de l’escadre de Joinville, et fut « chargé, par le Prince, de rapporter les étendards qui flottaient sur la ville et les batteries de l’île. » 2. N.d.e. Au Maroc, les tribus « guich » étaient celles qui mettaient leur force militaire au service du Makhzen.