Anesthésie clinique

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Description

Les situations critiques en salle d'opération sont heureusement assez rares, mais le praticien doit savoir comment y faire face en prenant rapidement la bonne décision.
Anesthésie clinique offre une série de cas cliniques réels sélectionnés par l'auteur après plus de 35 années de pratique. Aussi variés que problématiques, parfois incongrus, ces cas critiques qui ont failli mal tourner et ont été résolus de justesse sont présentés avec une description succincte du problème et de sa solution. Ils s'achèvent par une analyse rétrospective qui explique de manière claire si la solution adoptée est bien la meilleure ou la seule possible. D'autres options sont également envisagées, complétées par des recommandations et des « trucs » pour éviter les scénarios catastrophes.
Cet ouvrage constitue donc une excellente synthèse des problèmes susceptibles d'arriver et des gestes adéquats avec lesquels tout anesthésiste devrait être familiarisé. Grâce à son approche très pratique, il aidera l'anesthésiste novice comme le plus expérimenté des cliniciens à éviter les situations problématiques et les pièges quotidiens de la vie hospitalière.

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Informations

Publié par
Date de parution 17 juin 2011
Nombre de lectures 3
EAN13 9782994098768
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0088€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Table of Contents
Cover image
Front matter
Copyright
Dedication
Préface à l'édition originale
Préambule à l'édition originale
Remerciements de l'édition originale
1. Absence de matériel d'intubation fibroscopique
2. Le patient est-il extubé?
3. Une étrange interprétation informatisée de l'électrocardiogramme
4. Fracture du col du fémur chez un patient âgé
5. Anesthésie rachidienne qui se lève avant la fin de l'intervention
6. Une simple surveillance monitorée
7. Odeur de brûlé en salle d'opération
8. Cure de hernie inguinale chez un patient diabétique
9. Le cas de la perfusion « cachée »
10. Œil douloureux en postopératoire
11. Craniotomie vigile pour cartographie du langage
12. Conseils d'utilisation pour la bougie en gomme élastique (mandrin d'intubation)
13. Fuite sur l'évaporateur pendant l'anesthésie
14. Ventilation manuelle par un opérateur unique
15. Arythmie mettant en jeu le pronostic vital chez un enfant
16. Piercing de langue
17. Mise en place hâtive de l'amplificateur de brillance
18. Impossibilité de retirer une sonde nasogastrique
19. Une cause inhabituelle d'intubation difficile
20. Œdème pulmonaire après cœlioscopie
21. Difficulté de mise en place du masque laryngé
22. Complication respiratoire postopératoire après chirurgie des sinus
23. Devant un tracé capnographique inhabituel, vérifiez vos branchements
24. Un problème respiratoire lors d'une dérivation portosystémique intrahépatique par voie
transjugulaire
25. Une trachéotomie est nécessaire en urgence mais vous n'en avez jamais fait
26. Anesthésie générale chez un patient estomac plein et difficile à intuber
27. Témoin de Jéhovah et intervention potentiellement hémorragique
28. Insufflation peropératoire d'air dans l'estomac
29. Hypotension peropératoire soudaine
30. Surestimation de la pression artérielle sanglante
31. Sévère diminution de compliance pulmonaire lors d'une urgence vitale
32. Est-il possible de raccourcir le délai de récupération après une péridurale?
33. Intubation difficile en environnement précaire
34. Écoulement liquidien retardé après ablation d'un cathéter péridural
35. Hémothorax traumatique et abord veineux central homolatéral36. Plaie abdominale unique par arme blanche
37. Un circuit ouvert avec un évaporateur draw-over
38. Saignement en nappe inattendu en peropératoire
39. Accès veineux central et patient obèse
40. Remplacer un collègue
41. Dysfonctionnement peropératoire d'un cathéter péridural
42. Difficultés respiratoires à la suite d'une sismothérapie
43. Amas blancs dans un échantillon sanguin artériel
44. Anesthésie pour un chirurgien ayant déjà perdu son autorisation d'exercer (aux États-Unis)
45. Obstruction respiratoire chez un patient en décubitus ventral
46. Une question qu'il faut toujours poser
47. Paralysie postopératoire d'une corde vocale
48. Un problème grave
49. Fuite sur une sonde d'intubation chez un patient en décubitus ventral
50. Leçon apprise sur le terrain
51. Un « vieux truc » mais un problème potentiel
52. « Pop » peropératoire sonore après lequel vous ne pouvez plus ventiler
53. Lésion postopératoire du nerf médian
54. Attention aux patients dans un halo
55. Maintenant ou jamais
56. Anesthésie générale d'une patiente sous amphétamines au long cours
57. Quelle est l'anomalie sur cette photo ?
58. La patiente monophtalme
59. Une tragédie évitée
60. Chirurgie partiellement robotisée
61. Une urgence respiratoire en consultation externe de chirurgie
62. Question bonus
Appendice: Comment fabriquer rapidement un drain pleural
IndexFront matter
Anesthésie clinique
Anesthésie clinique
60 cas critiques résolus de justesse
John G. Brock-Utne, MD, PhD, FFA (SA)
Traduction et adaptation de l'anglais Xavier DupontCopyright
John G. Brock-Utne, MD, PhD, FFA (SA)
Professor of Anesthesia
Stanford University Medical Center Stanford, California, États-Unis
Xavier Dupont
Service d'anesthésie, hôpital Ambroise Paré, Boulogne, France
Édition originale : Clinical Anesthesia. Near Misses and Lessons Learned
Édition française : Anesthésie clinique. 60 cas critiques résolus de justesse
Responsable éditoriale : Marijo Rouquette
Éditrice : Muriel Chabert
Chef de projet : Aude Cauchet
Conception graphique et maquette de couverture : Véronique Lentaigne
Translation from the English langage Edition: Clinical Anesthesia by John G. Brock-Utne
Copyright © 2008 Springer Science+Business Media, LLC.
All Rights Reserved
© 2008 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés pour la traduction française
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erEn application de la loi du 1 juillet 1992, il est interdit de reproduire, même partiellement, la
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All rights reserved. No part of this publication may be translated, reproduced, stored in a retrieval
system or transmitted in any form or by any other electronic means, mechanical, photocopying,
recording or otherwise, without prior permission of the publisher.
Photocomposition : SPI Publisher Services, Pondichéry, Inde ISBN : 978-2-8101-0021-7
Imprimé en Hongrie par Uniprint
Dépôt légal : septembre 2008D e d i c a t i o n
Pour la prochaine génération
Matthew B., Tobias J., Anders C. Brock-UtnePréface à l'édition originale
Jay B. Brodsky, MD
Professor (Anesthesia), Medical director - Perioperative Services Stanford University Medical
Center, Stanford, Californie, États-Unis
Comment les médecins apprennent-ils à réagir devant des situations inhabituelles ?
Les traités de médecine regorgent d'informations utiles mais ne traitent habituellement pas les
scénarios cliniques complexes. Pour les anesthésiologistes, les problèmes surviennent souvent en
salle d'opération où les traités de référence et les revues médicales sont rarement immédiatement
disponibles. Et quand bien même cela serait le cas, les décisions doivent souvent être prises sans
délai. Les internes en cours de spécialisation, les diplômés récents, et même les anesthésistes les plus
chevronnés, apprennent avec l'expérience. Dans la plupart des hôpitaux, des réunions sont organisées
afin que chaque membre d'équipe puisse bénéficier de l'expérience des autres. Dans ce livre, jumeau
du précédent Near Misses in Pediatric Anesthesia publié initialement en 1999, John G. Brock-Utne
présente une série de cas cliniques variés et intéressants. Le Dr Brock-Utne possède un talent unique
pour présenter des situations cliniques réelles et problématiques et décrire leur résolution de façon
concise, avec un style intéressant et divertissant. Je connais l'auteur depuis plus de 30 ans, et son
enthousiasme pour enseigner à nos étudiants et internes, associé à ses immenses qualités de praticien
anesthésiste, sont légendaires au Stanford Medical Center. Ces mêmes qualités apparaissent au sein
de cet ouvrage. Je pense que chaque lecteur, de l'anesthésiste novice au plus expérimenté des
cliniciens, tirera bénéfice de l'expérience que le Dr Brock-Utne apporte à ce livre.Préambule à l'édition originale
John G. Brock-Utne, MD, PhD, FFA (SA)
En tant qu'anesthésiologistes, nous sommes parfois confrontés à des décisions difficiles au cours de
situations critiques. Le rapport risques/ bénéfices dans ces cas est souvent inconnu. Les cas cliniques
rapportés dans cet ouvrage sont principalement issus de mes 35 années d'exercice de l'anesthésie en
Scandinavie, en Afrique du Sud et aux États-Unis.
Chacune des 62 descriptions de cas clinique commence à apporter au lecteur toute l'information
nécessaire afin d'éviter une catastrophe. Les paragraphes suivants fournissent des solutions au
problème et comportent une discussion ; enfin, ils proposent des recommandations et indiquent des
références bibliographiques.
Certains schémas de prise en charge de ces cas peuvent être discutés. Ils peuvent alors servir de base
de discussion entre enseignants et internes en anesthésiologie. Mais avant tout, ce livre est destiné à
sensibiliser le lecteur aux diverses situations critiques susceptibles de survenir en pratique
anesthésique, dans des environnements « sophistiqués » ou « ruraux », et à le préparer aux meilleurs
moyens d'y faire face.
Voici ce que j'ai appris.Remerciements de l'édition originale
John G. Brock-Utne, MD, PhD, FFA (SA)
J'aimerais remercier mes nombreux collègues à travers le monde qui ont apporté leur contribution à
cet ouvrage :
Craig T. Albanese, Karim Ali, Anthony D. Andrews, Derek Ardendorff, Don Armstrong, Pat Bolton,
Arne Brock-Utne, Jay B. Brodsky, Michael W. Brook, Greg Botz, John L. Chow, Anne Chowet,
Larry F. Chu, Anthony Chung, Michael Cochran, Jeremy S. Collins, John Cummings, Charles
DeBatista, Tom G.B. Dow, John W. Downing, Michael F. Dillingham, George E. Dimopoulos, Paul
Eckinger, Mark Eggen, Michael Ennis, Gary S. Fanton, Marit Farstad, Steve P. Fischer, Louis
Furukawa, Monica Gertsner, Cosmin Guta, Gordon Haddow, Kyle Harrison, James M. Healzer,
Bruce Henderson, Rex Henderson, Jerome Hester, Jeff P. Holden, Terry Homer, David Humphrey,
Paul Husby, Richard A. Jaffe, Michael Keating, Mai-Elin Koller, Vivek Kulkarni, Andrew Kim,
Harry J.M. Lemmens, Phoebe Leith, Richard M. Levitan, Sanford Littwin, Jaimie R. Lopes, T. Lund,
Alex Macario, Anne Marie Mallat, Steve J. Manos, Ed R. Mariano, James B. Mark, Mike G. Moshal,
Clint Naiker, Cameron Nezhat, Ola J. Ohm, Einar Ottestad, David Parris, Andrew J. Patterson, Diane
Pond, Emily Ratner, Joe Roberson, Beemeth Robles, Joe Rubin, Larry J. Saidman, Robert Sanborn,
Cliff A. Schmiesing, Daniel S. Seidman, Lars Segadal, Steve Ternlund, Patsy Tew, Phillip R.
Torralva, Ken S. Truelsen, Winston C. Vaughan, Steve Welman, Mark Vierra, Debbie M. Williams,
Russel K. Woo, Andy A. Sumaran et Gina Zisook.
J'exprime également toute ma gratitude aux personnes suivantes :
Le Dr Jay B. Brodsky qui a si aimablement accepté de préfacer ce livre. C'est un ami merveilleux et
un incroyable anesthésiste, de grand talent. Ce collègue exceptionnel est une chance pour le
département d'anesthésie de l'université de Stanford.
Bernadett Romo, secrétaire au département d'anesthésie de l'université de Stanford, pour sa constante
bonne humeur et son application dans son travail.
Stacy Hague et Beth Campbell, de Springer, et Barbara Chernow et Kathy Cleghorn, de Chernow
Editorial Services, pour leur soutien et leurs encouragements.
Enfin, à ma femme Sue, à nos fils et à leurs épouses, et à nos trois petits-fils.1. Absence de matériel d'intubation fibroscopique
un problème potentiel
Vous êtes sur le point d'anesthésier une jeune femme indienne de 19 ans (42 kg), en bonne santé,
pour l'ablation d'une importante cicatrice chéloïde (7 cm × 8 cm) de la face antérieure du cou, causée
par une brûlure à l'acide chlorhydrique (HCl) deux ans auparavant. Elle avait essayé d'en boire lors
d'une tentative de suicide et quelqu'un avait pu l'en empêcher mais, au cours de la bousculade qui
avait suivi, la grande tasse d'HCl s'était renversée sur sa gorge, y causant une brûlure sévère de
troisième degré. Elle avait survécu, mais au prix d'une grande cicatrice chéloïde rétractile tirant son
menton vers le bas, presque jusqu'au sternum, et limitant sévèrement son ouverture de bouche
(0,5 cm entre les dents du haut et du bas). Vous voyez cette jeune femme dans la zone préopératoire
et décidez que l'intubation trachéale doit se faire éveillée par voie nasale ou par voie orale sous
fibroscopie. Malheureusement, aucun fibroscope n'est disponible et le chirurgien vous confie que si
elle n'est pas opérée dans la journée, elle ne reviendra pas. Vous décidez de procéder et la faites
transférer en salle d'opération après mise en place d'une voie veineuse et administration de 1 mg de
midazolam. Sous monitorage habituel, vous débutez une induction par inhalation de sévoflurane qui
devra être suivie d'une intubation à l'aveugle, par voie orale ou nasale. Malheureusement l'accès à ses
voies aériennes est perdu lors de l'induction et la patiente se met en apnée. La saturation tombe à 82
%. Vous coupez le sévoflurane et entreprenez, très difficilement, une ventilation au masque avec
100 % d'oxygène. Une fois le sévoflurane coupé, la patiente recommence lentement à respirer et sa
saturation remonte. Une tentative d'intubation nasotrachéale éveillée échoue également. Aucun autre
équipement de ventilation n'est disponible à l'exception d'un Trachlight™ (Laerdal Medical A/S,
Stavenger, Norvège). Vous suggérez au chirurgien de pratiquer une trachéotomie sous anesthésie
locale mais il dit que cela est impossible, en l'absence de repère, compte tenu du fait que l'anesthésie
locale de la chéloïde est très difficile et, plus important, que la trachéotomie sera dans le champ
opératoire. Vous tentez donc de mettre en place le plus petit masque laryngé (ML) pédiatrique que
vous pouvez trouver. Malheureusement, sa taille est encore trop grande. En désespoir de cause, vous
essayez de passer à l'aveugle dans sa trachée, par voie nasale et orale, une bougie pédiatrique en
gomme élastique ; là encore en vain. Fort logiquement, la patiente est de plus en plus énervée et
agitée. Le chirurgien se tourne vers vous et demande s'il existe une solution autre que la
trachéotomie pour sécuriser les voies aériennes . Que proposez-vous ?
Solution
Il y a plusieurs années, en 1973, à l'hôpital King Edward VIII de Durban en Afrique du Sud, le Dr
Derek Ardendorf, chirurgien plasticien, et moimême avons été confrontés à ce cas. L'induction par
inhalation avait échoué et le Dr Ardendorf avait choisi de ne pas pratiquer de trachéotomie pour les
raisons mentionnées. Alors qu'avons-nous fait ? J'ai administré à la patiente les médicaments
intraveineux suivants : diazépam 5 mg, suivi de 0,6 mg d'atropine et de 2 mg/kg de kétamine. La
patiente endormie, mais en ventilation spontanée, le chirurgien incisa la chéloïde, me permettant ainsi
d'étendre son cou et d'ouvrir sa bouche. Une fois le laryngoscope introduit et l'épiglotte en vue,
j'administrai 40 mg de succinylcholine et sécurisai les voies aériennes. L'hémostase fut réalisée et
l'intervention conclue avec succès. Je gardai un œil sur l'évolution de cette patiente, qui fut bonne.
La dernière fois que j'entendis parler d'elle, elle s'était mariée.
Discussion
Afin de mieux comprendre cette situation, il faut savoir qu'à cette époque les cas tels que celui-ci
étaient gérés sans oxymétrie, capnographie ou dispositif automatisé de prise de pression artérielle
non invasive. Nous avions toutefois des machines à électrocardiogramme dans la plupart des salles.
Mais il n'y avait ni bougie pédiatrique en gomme élastique ni masque laryngé, ce dernier ayant été
introduit aux États-Unis en 1990.
Recommandations
Dans les cas difficiles tels que celui-ci, il est impératif de s'entendre préalablement avec le chirurgien
sur un schéma de prise en charge comportant des solutions de repli. Il faut en outre avoir confianceen les capacités de votre collègue, comme en les vôtres.2. Le patient est-il extubé?
Un patient de 48 ans, sans antécédents, est ventilé en unité de soins intensifs (USI) à la suite d'une
chirurgie abdominale majeure. Vous êtes appelé en urgence car l'infirmière de l'USI entend de l'air
s'échapper de la bouche du patient. Elle craint qu'il ne se soit extubé. Ses paramètres vitaux sont :
fréquence cardiaque 90, pression artérielle 140/90. La saturation en oxygène est de 96 % avec une
FiO à 100 %. À votre arrivée, vous trouvez le patient partiellement sédaté, quelque peu agité. Vous2
lui parlez, mais n'obtenez pas de réponse malgré les tentatives du patient. L'infirmière vous rapporte
que la saturation du patient était auparavant de 92–94 % sous une FiO de 40 %. Le respirateur est2
en alarme. La sonde endotrachéale (#8) est enfoncée de 22 cm. Un cale-bouche universel (B&B
Medical Technologies, Vista, Californie, États-Unis) est visible dans sa bouche (figure 2.1). Ce
calebouche est un tube de plastique creux d'une longueur de 5 cm qui possède une ouverture de
0,5 cm de large s'étendant sur l'ensemble de sa longueur. Un dispositif de fixation (collier en
plastique) permet de fixer le cale-bouche à la sonde endotrachéale. Une fuite d'air est bien audible.
Vous débranchez le ventilateur et la confirmez à l'aide d'un Ambu™. De l'air et des bulles
proviennent de la bouche du patient. Pensant que la fuite provient d'un défaut d'air dans le ballonnet
de la sonde d'intubation, vous décidez de le regonfler. Toutefois le ballonnet témoin est déjà bien
rempli et semble à bonne pression. Vous ajoutez un peu d'air supplémentaire, sans aucune
amélioration ; vous percevez toujours la fuite d'air par la bouche, et le ventilateur est toujours en
alarme. Qu'entreprenez-vous et quelle est la raison de votre hésitation ?
Figure 2.1 Cale-bouche universel.
Solution
Comme vous pensez à un défaut du ballonnet de la sonde d'intubation et/ou de son circuit de
contrôle, vous changez celle-ci en vous servant d'une bougie en gomme élastique [1] comme d'un
mandrin. Le ballonnet de la nouvelle sonde est gonflé et la fuite disparaît. Le patient est sédaté et le
ventilateur n'émet plus aucune alarme. Vous observez la sonde d'intubation que vous venez de retirer
d'un bloc avec le calebouche (ils sont liés ensemble par un collier en plastique) et comprenez la cause
du problème. Le cale-bouche avait migré vers le bas de la sonde d'intubation et clampé le tuyau du
circuit de contrôle (et de remplissage) du ballonnet (figure 2.2). Il aurait suffi pour solutionner ce
problème de remonter le cale-bouche pour libérer le circuit de contrôle (et de remplissage) du
ballonnet (figure 2.3).