Santé plurielle en Afrique

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374 pages
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Les sciences de la santé constituent un vaste champ de connaissances qui se déploie en plusieurs disciplines et spécialités dont l'objet principal est la santé. Dans sa définition institutionnelle, la santé englobe l'aspect biologique, psychologique, social et culturel de la personne humaine. D'où l'implication pluridisciplinaire dans la formation des professionnels de la santé et les interventions de santé.

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Ajouté le 01 avril 2011
Nombre de lectures 377
EAN13 9782296800656
Langue Français
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Santé plurielle en Afrique
sous Benjamin
la direction de Alexandre Nkoum
Santé plurielle en Afrique
Perspective pluridisciplinaire
Quand les sciences de la santé rencontrent les sciences sociales : jeux de rôles, jeux de complémentarité. Enjeux, perspectives et débats
L’HARMATTAN
Le présent ouvrage a été conçu à partir des communications présentées lors du premier colloque scientifique international organisé du 16 au 17 mars 2010, par le Centre Supérieur des Sciences de la Santé(CSSS) / ESI / Université Catholique d’Afrique Centrale à Yaoundé au Cameroun.
© L'HARMATTAN, 2011 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-54140-5 EAN : 9782296541405
Colloque international
Du 16 au 17 mars 2010 Quand les sciences de la santé rencontrent les sciences sociales : jeux de rôles, jeux de complémentarité. Enjeux, perspectives et débats
Comité scientifique
Pr. Valentin Nga Ndongo;, Université de Yaoundé I Pr. Chantal Eymard, Université de Provence Aix Marseille I ;Pr. Paul Nchoji Nkwi, Université de Yaoundé I/ Université Catholique de Bamenda ;Pr. Mbonji Edjenguèlè, Université de Yaoundé I ;Pr. Fabien Eboussi Boulaga, Université Catholique d’Afrique Centrale ;Pr. Ludovic Lado, Université Catholique d’Afrique Centrale ;Dr. Godefroy Ngima Mawoung;, Université de Yaoundé I Dr. Benjamin Alexandre Nkoum, CSSS/ESI/ Université Catholique d’Afrique Centrale ;Dr. Antoine Socpa, Université de Yaoundé I ;Dr. Pierre Oum Ndigi, Université de Yaoundé I
Les auteurs
Benjamin Alexandre Nkoum ; Valentin Nga Ndongo ; Chantal Eymard ; Pierre Oum Ndigi ; Celestin Pierre Mboua ; Nathalie Hermine Olga Mboua ; Nathan Onana Noah ; Godefroy Ngima Mawoung ; Paul Marius Eyinga ; Etienne Kimessoukie ; Marie Abemyil ; Honore Mimche ; Julienne Louise Ngo Likeng ; Antoine Socpa ; Yves Bertrand Feudjio ; Ignace Bertrand Ndzana ; Paul Ulrich Otye Elom ; Jeannette Wogaing ; Issoufou Soule Njimom Mouchili ; Jean Pierre Nghonda ; Basile Tatsabong ; Jodel Maleng.
Préface
Il nous est particulièrement agréable, en notre triple et complémentaire posture de sociologue critique et constructiviste, de méthodologue et d’épistémologue, d’avoir à préfacer le présent ouvrage, produit du colloque international organisé, du 16 au 17 mars 2010, à Yaoundé, par le Centre Supérieur des Sciences de la Santé rattaché à l’Université Catholique d’Afrique Centrale, sur le thème : « Quand les sciences de la santé rencontrent les sciences sociales : jeux de rôles, jeux de complémentarité ».
Notre plaisir est d’autant plus intense que, de nous avoir librement et instamment choisi comme préfacier, constitue, à nos yeux, un grand honneur quand on sait qu’un préfacier, au sens étymologique du terme, est une personne chargée de prendre la parole en première instance, c’est-à-dire avant même les auteurs (du latin pre-fari, parler devant).
Qu’il nous soit donc permis, dans ces prolégomènes, de relever, d’abord, la promptitude avec laquelle le Comité d’organisation, ainsi d’ailleurs que les auteurs, ont réagi pour apprêter les Actes du colloque, moins de deux mois après la clôture de celui-ci. C’est assez rare sous nos cieux scientifiques africains pour n’être pas souligné avec force.
Il conviendrait, ensuite, de noter, pour la retenir, la belle leçon d’épistémologie administrée, par les sciences de la santé, aux sciences sociales. Sciences de l’homme et de la société et sciences du pouvoir, celles-ci brillent pourtant, souvent, par les nombreuses et fausses querelles, voire divisions définitionnelles, méthodologiques et, parfois, protocolaires dont elles alimentent en permanence le champ épistémologique. C’est, par exemple, le cas des rapports tendus entre la sociologie et l’anthropologie, la sociologie et la politologie, la psychologie et les sciences de l’éducation, etc., toutes disciplines qui, au lieu de collaborer étroitement et efficacement, passent plutôt leur temps à se disputer les objets, les méthodes, les modèles théoriques, sans oublier leurs interminables discussions sur l’antériorité de telle sur telle autre.
En plaçant donc l’interdisciplinarité au centre de sa démarche, le colloque initié par le Centre Supérieur des Sciences de la Santé vient ainsi poser, de brillante manière, l’inconsistance, voire l’inanité des « cartes d’identité scientifiques », comme les appelle le sociologue Georges Balandier (In Sens et puissance, les dynamiques sociales), dans un monde où, certes, la spécialisation est devenue, parfois de façon outrancière, la règle et la pratique dans les sciences, mais où, malgré tout, la connaissance doit intégrer la complexité du réel connaissable pour fonctionner comme un rendez-vous du donner et du recevoir, pour emprunter l’élégante formule de Senghor.
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L’initiative du Centre Supérieur des Sciences de la Santé tombe fort à propos pour nous rappeler, surtout à nous, prétendus spécialistes des sciences humaines, que de proclamer son identité ou sa spécificité épistémologique ne signifie nullement cultiver son jardin, moins encore s’enfermer dans une sorte de tour d’ivoire. Tant s’en faut ! Il s’agit, au contraire, en s’enracinant dans l’humus fécondant de ses particularités, qui sont effectives, de mieux s’ouvrir aux apports, tout aussi enrichissants, des autres disciplines, dans une démarche d’interaction et de réciprocité mutuellement bénéfiques, selon la savoureuse et pénétrante devise de l’université de Yaoundé I, justement haut lieu d’enseignement des sciences humaines : « Sapientia collativa cognitio » (La science est une quête collective, chacun y apporte sa part). L’action du Centre Supérieur des Sciences de la Santé est d’autant plus à louer qu’elle constitue, in fine, une belle leçon d’humilité et de modestie, valeurs rarement prisées par les sciences sociales, sciences « supérieures », prétentieuses, condescendantes. Suivant cette sagesse africaine pour laquelle seuls « les arbres à taille égale peuvent s’échanger des bandes de singes », c’est-à-dire entrer en contact, en relation, communiquer, la logique eût voulu que le colloque interdisciplinaire à l’origine du présent ouvrage se déroulât entre les sciences de la santé et les sciences proches ou sœurs, telles que la biologie, la chimie, la physique, la physiologie. En invitant et en associant ces sciences sociales dominatrices et sûres d’elles-mêmes, les sciences de la santé, il faut le reconnaître a posteriori, ont pris un gros risque, celui de voir les débats leur échapper et de transformer ou réduire ainsi la rencontre en un discours unilatéral et uniforme au profit des sciences sociales. Ce fut pourtant un beau risque, mutuellement profitable et dont il convient aujourd’hui de féliciter chaleureusement les initiateurs. Il ne nous reste donc plus qu’à souhaiter, à cet important ouvrage, bon accueil et bon vent dans l’espace public camerounais, africain et du village planétaire.
Professeur Valentin Nga Ndongo, sociologue Yaoundé, le 25 juin 2010
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Avant propos
Le présent livre est le résultat des différentes communications sélectionnées lors du colloque international organisé par le Centre Supérieur des Sciences de la Santé de l’Université Catholique d’ Afrique Centrale du 16 au 17 mars 2010 à Yaoundé au Cameroun. Les participants à ce colloque étaient notamment les spécialistes des sciences de la santé et ceux des sciences sociales venus des Universités d’Etat camerounais de Yaoundé I, de Douala, de Maroua, et de l’Université de Provence Aix-Marseille I. Les communications retenues ont été présentées par divers spécialistes : sociologues, anthropologues, historiens, psychologues, géographes et ceux en sciences de la santé. Deux leçons inaugurales présentées respectivement par le Dr Benjamin Alexandre Nkoum sur : «: essai de théorisation desLes sciences de la santé différents modèles qui régissent les pratiques professionnelles en santé »et le Pr. Valentin Nga Ndongo sur :l’«Eloge de linterdisciplinarité »ont servi de phase introductive à ce colloque. L’économie de ces deux leçons portait sur la nécessaire interdisciplinarité des sciences de la santé et des sciences sociales dans la gestion des problèmes de santé des populations camerounaises.
Le programme s’est enchaîné par sept communications articulées autour du sous-thème : «Lenseignement des sciences de la santé: apport des sciences sociales». Dans ce contexte, le premier exposé présenté par le Dr Benjamin Alexandre Nkoum portant sur «La place des sciences sociales dans la formation initiale et spécialisée en soins infirmiers au Cameroun», a démontré qu’il s’agit non seulement de faire de l’infirmier un acteur praticien des soins infirmiers, mais aussi et surtout un acteur social capable de soigner la maladie et l’homme dans sa globalité. La communication du Pr. Chantal Eymard qui examinait le problème de «lInterdisciplinaritédans les sciences infirmières», a proposé que les étudiants en soins infirmiers soient formés dans l’interdisciplinarité fécondante de plusieurs méthodes de recherche pour améliorer leur capacité de prise en charge des patients. L’historien Dr Pierre Oum Ndigi, en puisant dans ses recherches sur l’Egypte antique, a démontré que la médecine de l’ancienne Egypte concevait la maladie et la santé d’une façon holistique, c’est-à-dire, en tenant compte des dimensions sociologique, anthropologique, cosmique, et bien sûr, biologique de l’homme. Le Dr Nathan Onana Noah a axé sa communication sur la «Rationalitésituée et le choix dune méthode de collecte des données en sciences infirmières»pour permettre aux spécialistes en sciences de la santé d’intégrer dans leurs recherches les méthodes et les théories des sciences sociales en vue d’explorer la dimension sociale du patient et de la maladie. En précisant l’objet, les méthodes, le langage/vocabulaire, le diagnostic ainsi que le plan de soins infirmiers, M. Paul Marius Eyinga a démontré que : «Lon peut réellement parler de cette discipline
comme une science».L’exposé de M. Etienne Kimessoukié est revenu sur «l’Apport des sciences sociales aux sciences infirmières», pour déplorer que les professionnels infirmiers n’opérationnalisent pas les acquis des sciences sociales sur le terrain ; et pourtant ajoute-t-il, la collaboration des sciences infirmières et des sciences sociales contribuerait à l’amélioration de la qualité des prestations. La communication de Mme Marie Abemyil a insisté sur l’importance de l’intégration e de «siècle »l’Esprit transculturel dans la formation de l’infirmier du XXI . Il s’agit pour ce dernier de placer désormais son regard au-delà des aspects physique et physiologique pour s’étendre également sur le culturel et le social du malade. D’autres exposés ont tenté de répondre à la question :Dans quelles directions vont les sciences de la santé en Afrique ?Le but bien sûr étant de dégagerles perspectives et les prospectives. En effet, la communication présentée par le Dr Antoine Socpa & Djouda Feudjio sur «L’hôpital au Cameroun : lieu de soins ou espace conflictuel»a essayé de montrer la fonction de l’institution hospitalière telle que décrite par les précurseurs de la sociologie médicale, à savoir la fonction intégratrice, la dispensation des soins. Les auteurs ont analysé les dysfonctionnements à l’œuvre dans les formations sanitaires à partir d’une approche qualitative inspirée de la démarche socio-anthropologique. Plusieurs dysfonctionnements sont observés dans les formations sanitaires au Cameroun, à savoir la rupture de la fonction intégratrice de l’hôpital à travers le mauvais accueil et le mépris des patients lors des consultations ; les déviances dues à la privatisation des biens publics et enfin la transformation de l’hôpital en un espace marchand. Ainsi, l’hôpital apparaît selon les auteurs comme un espace de reproduction des inégalités sociales. À propos de la communication sur : «La loase comme maladie clinique et culturelle», le Dr Ignace Ndzana est parti des caractéristiques épidémiologiques de cette maladie, notamment dans les zones de prévalence, ses causes et ses symptômes, pour montrer qu’au-delà de ses aspects cliniques, cette maladie présente beaucoup d’autres aspects culturels, notamment dans les formes de traitement, et des aspects sociaux. Cet exposé a permis de souligner les enjeux socio-sanitaires de l’ethnothérapie, à savoir les conséquences de ces recours sur la santé des populations. Parmi les aspects sociaux, l’auteur a souligné les modes endogènes de prévention de la loase et les différentes pratiques sociales des populations pour éviter de contracter la maladie. La présentation de M. Djouda Feudjio portant sur les «Réseaux relationnels, processus de soutien et incidences sur les trajectoires thérapeutiques des malades de la tuberculose au Cameroun», a analysé les réseaux de relation de soutien à ces patients et leurs itinéraires thérapeutiques conséquents. On comprend alors que face à la maladie, les communautés ont souvent mis en place des réseaux de prise en charge dans lesquels la famille joue un rôle important. L’exposé du Dr Ignace Ndzana sur «La crise sanitaire née entre le recul de la forêt et la difficile séun ddentarisation : éfi d’exister des Baka de la localitéde
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