20 questions sur la philosophie africaine

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Docteur en philosophie, l'auteur apporte depuis près de 40 ans une contribution remarquable à l'activité philosophique africaine. Méthodiquement construit, ce livre constitue un véritable vade-mecum pour enseignants et étudiants. Il constitue une excellente initiation à l'étude de la philosophie africaine, notamment pour les classes de terminale, mais aussi les premiers cycles des universités.

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Publié par
Date de parution 01 avril 2010
Nombre de visites sur la page 525
EAN13 9782296249462
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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20 QUESTIONS
SUR LA PHILOSOPHIE AFRICAINE

Etudes Africaines
Collection dirigée par Denis Pryen et François MangaAkoa

Dernières parutions

Jean-EmeryETOUGHE-EFE,La restauration informelle en
Afrique subsaharienne,2010.
SENIO WARABA-DAH-DJI, Côte d'Ivoire, il faut sauvleer «
soldatFESCI»
Pierre-Kashadile BUKASA-MUTEBA,Le tribalisme.Analyse des
faitsetcomportementsenRépublique démocratique duCongo,
2010.
Mahmoud BEN SAÏD,La Transition préméditée,2010.
ElHadjiSéga GUEYE,La Précarité dutravailau Sénégal.
L’expérience desemployésdelaSococimetdesICS,2010.
EstherT.N.TALLAH,Guidepratique delutte contrele
paludisme,2010.
ErnestMENYOMO,Descarteset lesAfricains,2010.
NoëlDOSSOU-YOVO,Et pourquoil’Afrique refuserait-elle le
développement!,2010.
Mahamadou ISSOUFOU TIADO,LeNiger:unesociété en
démolition,2010.
GastonM’BEMBA-NDOUMBA,La folie dans lapenséeKongo,
2010.
Joséphine ZIBI,L’ingénieriesociale dudéveloppement.
Àl’école del’eau,2010.
DanielleDIBLÉ,Amadou HampâtéBâ.L’espaceinitiatique,2010.
AdonGNANGUI,DroitdesdéchetsenAfrique,le casdelaCôte
d’ivoire,2010.
ToumanyMENDY,Aménagementduterritoire et intégration
sous-régionaleouest-africaine,2010.
FweleyDIANGITUKWA,LaThèse ducomplotcontrel’Afrique.
Pourquoi l’Afriquenese développepas,2010.
EssèAMOUZOU,Lemythe dudéveloppementdurable enAfrique
noire,2010.
BertheFlorence YMELE NOUAZI,Travail socialet Sida en
Afrique.Aucœurdes souffrances,2010.

Issiaka-ProsperL.Lalèyê

20QUESTIONS
SUR LA PHILOSOPHIE AFRICAINE

Deuxième édition

Préface duPrDjibrilSamb

IllustrationsduDrFrançois-XavierLalèyê

L’HARMATTAN

DUMÊME AUTEUR

20 Questions sur laphilosophie africaine,Saint-Louis, éditionsXamal,
2003.
Pour une anthropologierepensée.Ori l’oni sheoudelapersonne
comme histoire.« Approchephénoménologique descheminementsdela
liberté dans lapenséeyoruba ».Paris,LaPenséeuniverselle, 1977.
Laphilosophie?PourquoienAfrique?Unephénoménologie dela
question.Publicationsuniversitaireseuropéennes,série XX,n°11,Herbert
Lang etCieSA,Berne etFrankfurt, 1975.
La conceptiondelapersonne dans lapenséetraditionnelleyoruba.
Approchephénoménologique, série XX,n°3,HerbertLang etCieSA,
Berne, 1970.

Encollaboration
AvecJulienRies (direttoda)etLawrenceE.Sullivan (e codirettoda),
Trattatodiantropologia del sacro,volume10,Métamorfosidel sacro,
acculturazione,inculturazione,sincretismo, fondamentalismo,JacaBook,
Milano,2009.
AvecMathieuBoisvert,Un monde dereligions,tome3,Québec,
Pressesdel’Université duQuébec,2000.
AvecH.Panhuys,T. Verhelstet H.Zaoual,Organisations
économiquesetculturesafricaines,Del’homoeconomicusàL’homo
situs,Paris,L’Harmattan, 1996.
AvecJeanDelumeau,Le fait religieux,Paris,Fayard, 1993.
AvecJulienRies,Traité d’anthropologie dusacré,vol.1.Les origines
et leproblème del’homo religiosus,Paris,Tournai,Louvain-la-Neuve,
Desclée, 1992.

1ère édition© Xamal,2003.

© L’Harmattan,2010
5-7,rue del’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-11231-5
EAN: 9782296112315

S O M MA I R E

Préface..............................................................................9
Préface de la première édition ......................................... 13
Avant-propos ..................................................................23

Premièrepartie.................................................................25
Nature delaphilosophie et nature delaphilosophie africaine

Deuxièmepartie...............................................................47
Origine delaphilosophie africaine

Troisièmepartie............................................................... 65
Utilité delaphilosophie africaine

Quatrièmepartie.............................................................89
Le débat philosophique africain

Postface.......................................................................... 143
Référencesbibliographique........................................... 149

7

Préface

Issiaka-ProsperLatoundjiLalèyê,philosophe deréputation
internationale, fut toutaulong desannées1970et 1980l’undes
acteurs majeursdudébat sur laphilosophie africaine.L’historien
delaphilosophie africainenepeutenvisager lesfiguresdeproue
delaphilosophie africaine, commeHountondji,Kagamé,Towa,
Elungu,Eboussi-Boulaga,sansyinclureLalèyê.Pour l’historien,
eneffet,lepersonnage deLalèyê est intéressantdans lamesureoù
il occupeuneplace àpart,j’iraià dire en tant que constituantde
premier plan, dans la constructiondelaphilosophie africaine
contemporaine.
Il peut sembler quel’oppositionfrontale entrele courantdit
ethnophilosophique et sescritiquesaitempêchétoutevoix
discordante des’exprimer, et notamment surdesbases strictement
informées.Jepuis l’affirmeraujourd’hui: aucœur même des
joutes sur laphilosophie africaine,Lalèyê fut l’undes tout
premiersàintroduireune approchephénoménologiquepermettant
de faire éclater l’étroitesse delaquestion très limitée dela
définitiondelaphilosophie africaine.Ilappelle, eneffet, dès 1982,
à « démystifier les rapportsfaussementétablisentrelaphilosophie
et[sa] définition».Peut-êtresous l’influence deWittgenstein,pour
qui laphilosophie est moinsune doctrinequ’une activité,Lalèyê
cherche davantage à caractériseretà décrire cette activitéqu’àla
définir.Ilen identifietrois traitscumulatifs:une activité
individuellelibre etconsciente de caractère discursif et non pas
seulementconceptuel,une activitéréflexive fondéesur laraison
qui se donnepour objet latotalité del’expérience humaine;enfin,
une activitéqui se fixepourcause finalelaréalisationdesvertus
cardinalescommelevrai,lejuste et le bien.
Depuis prèsdequarante ans,sous lesauspicesde cettesage
approche,quenesongerait pasà contester lephilosophe demétier
instruitdel’histoire desa discipline,ilapporteune contribution
remarquable àl’activitéphilosophique africaine.C’estainsi que
Lalèyê(1970) renouvelletotalement l’approche dela description
del’être dans laphilosophie africaine.Eneffet,ildémontretrès
biencommentàlanature del’être en soicommequestion
originaire del’ontologieoccidentale,lapenséeyorubasubstitue

9

celle de larelationdel’être en soiavecses déterminations. Cette
ontologie derelation n’a, eneffet, pasbesoind’être conjuguée avec
leverbe « être », carcequ’elledésire c’est lapossession,quelui
offre leverbe« avoir», etcelamêmepourdirele « cequiest»,
quiest toujoursun« cequia ».
À lalumière desconsidérations quevoilà,lelecteur,je crois,
mesuremieuxl’importance de ces20questions sur laphilosophie
africaine, ainsi que celle deleurauteurdans laphilosophie
africaine.Servi parun sensachevé delapédagogie, entésur près
d’undemi-siècle d’expérienceprofessionnelle, et se comportanten
psychopédagogue expert,leProf.Lalèyênousfournitune grille de
lectureparticulièrementféconde delaphilosophie africaine.
Prenantdûment leschoses par leurcommencement,il nous
entretient, dans lapremièrepartie, enhuit questions parfaitement
articulées, des significations quepeutavoir lanotionde
«philosophie africaine », d’ailleurs justement rattachée à
l’environnement intellectueldelaphilosophiaperennis.
La deuxièmepartie,tirant le bénéfice delapertinence bien
établie delaphilosophie africaine, endéroulel’origine,touten
répondantà des questionscrucialescommelapossibilitépour la
pensée africainetraditionnelle deservirdepointde départàune
réflexion philosophiqueoulerôle del’Égypte dans lanaissance de
laphilosophieouencorelerapportentrephilosophie etécriture.
Latroisièmepartie examinelaquestion sidélicate del’utilité de
laphilosophie africaine,question impertinentepeut-être ailleurs,
mais quelaprégnance,sous noscieux, des préoccupationsde
développement,obligelephilosophe à envisager.
Enfin,laquatrièmepartie examinele débat philosophique
africain ;cette démarcheillustre ce déplacement« àpetits pasdu
dialecticien» dont parleleSocrate duPhèdre.Ilexamine alors,
avecunerareobjectivité,les thèsesdes principauxtenantsdela
philosophie africaine :Tempels,Kagamé,Ndaw,Towa,
Hountondji,Oruka,Bodunrin,Guissé.
Lasûreté del’information,l’analyse honnête dontelle fait
l’objetainsi queles qualités pédagogiquesexceptionnellesduProf.
Lalèyê fontde celivreunvéritablevade-mecum,méthodiquement
construit,qui pourra être consulté avecprofit tant par lesétudiants
quepar lesenseignants.Ilconstitueune excellenteinitiationà
l’étude delaphilosophie africaine,non seulementdans nosclasses

10

de terminale,maisencore dans lepremiercycle denosuniversités.
Augrandpublic,il offre unaccès simple, clairetautorisé à la
philosophie africaine et même àlaphilosophietoutcourt.C’est
pourquoicettesecondeédition, quivient à sonheure, estàsaluer.
Ellemériteraitun succèsàlamesure dutalent qui luia donné
naissance.

Prof.DjibrilSamb
Médaille d’argentdel’Académie française

11

Préface
1
delapremière édition

DIRE, LIRE ETPHILOSOPHER EN AFRIQUE

Du médiateur…

Quandon ouvre celivrelapremièrequestion quivientàl’esprit
estcelle durapportdelaphilosophie àses multiplesdictions.Le
rapportdelaphilosophie auxinstitutions n’est pas simple, car la
philosophiequi n’est pasuneinstitutionadmettant la hiérarchie,
doit pourtant serésoudre ànes’exprimer parfois quepar les
institutions.
Lapremièreinstitution quiestcontemporaine del’avènement
delaphilosophie est lelangage.Ce dernier institueune chaîne de
significationset, àtravers lalangue,monte deshiérarchies
linguistiquescontrôlées par la grammaire,instancejouantàla fois
lerôle d’arbitre etd’agentdelapolicejudiciaire del’élocution.La
philosophienes’exprimequepar lelangagequiestuneinstitution
avecses ritesetcodes.La deuxièmeinstitutionest lesystème
éducatif.Laphilosophiesetransmet par l’enseignement,or tout
enseignement obéità descodesdetransmission.Cescodes,
chargésd’assurer la continuité delaphilosophie,leplus souvent,
nesont pas philosophiques.D’oùcette contradictiondans laquelle
vit laphilosophie : d’unepart, elleproteste contrelasoumissiondu
philosophique(dans ses questions,programmeset priorités)àtoute
finalité extérieure(parexempleserviràun programme
administratifouélectoral);d’autrepart, elles’érige contre
l’enfermementduphilosophique, cette assignation qui
l’embrigaderaitdans les limitesdouteusesd’un programme, d’un
amphithéâtreou d’uncours.

1
Lapremièreédition de cet ouvrages’intitulait:20 Questions sur la
philosophie africaine.

13

Le philosophique doitdéborder la classe,le cursus, chercher
d’autres objetset tisserdes transactionsavec cequiestextérieur à
elle et qui le conditionne d’une certaine façon.Sur leplan
pédagogique,il nousfaut, d’unepart pour philosopher, avoirun
maître(didaskalos) qui nousguide,la figure deSocrate està ce
point paradigmatique.D’autrepart,laphilosophie,neselimitant
pasauxactesd’enseignementavecleurs structures
institutionnelles, estcequi, àvraidire,n’admet pasdemaître.
Celui-ci n’est qu’un médiateur quidoit s’effacer.Lalèyêsepose
doncicienun médiateur qui suggère des pistesderéflexionau
lecteur.Laleçon quenous tironsestcelle d’un philosopher qui se
déploienon pascommeunTRAITE(assommantdesvérités) mais
uneDIA-LOGIE.

…àl'histoire
L’histoire delaphilosophie enAfriques’emploieiciàrendre
présents les momentsde créativité del’histoire africaine; la
questionfondamentale étant icidesavoircommentces moments
arrivent-ilsàl’être etcomment s’éclipsent-ilsaupointdenelaisser
qu’une histoireoùlaviolence duconformisme devientunenorme.
Lalèyêsemble faire delaphilosophieun momentde
l’apprentissage.En posantdans son principel’éducationetdepar
le fait mêmelaquestiondel’apprentissage,Kantdisait qu’il n’ya
pasdephilosophiequ’on puisse apprendre,on nepeutapprendre
qu’àphilosopher; maisavantd’apprendre àphilosopher,ilfaudrait
seposer laquestion:qu’est-cequ’apprendre?Et, en posantde
manièrerépétéelaquestiondel’éducation,Lalèyêsemble dire àla
philosophiequela discussion sur les modalitésduphilosophera
pour préalablelaquestiondel’apprentissage dans sa généralité.
2
Lalèyêsepose ainsicommeunphilomathès(engrec celui qui
aime à apprendre).Caren montrantcomment les présenceset les
absencesalternentdans leschampshistoriquesetéducatifsà
travers lephilosopher,Lalèyêredit le doublesensde apprendreque
(renvoyantàunesimpleinformation)etapprendre à(évoquant la

2
Platondansle Phèdre(230d), décritcettescèneoùSocrate –lui le
phidomathésisquiaime apprendrdee –mande del’indulgence àson
auditeur«Sois indulgent pour moi,monbonami,j’aime à apprendre
(philomathès).

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notion d’apprentissage). Remémorer les moments de l’information
etdel’apprentissage,mettre en mémoire laformation politique,
littéraire, artistique et scientifique deshommes,telest l’undesbuts
delaphilosophie.
Mais peut-onfaireune histoire delaphilosophie?Cette
questionanodinetrouveunepremièreréponse chezlephilosophe
MartialGuéroult.Non! «lephilosophe a bienune histoire,mais
3
non laphilosophie » , car on peutbienexpliquer lescirconstances
historiques,psychologiqueset sociales quifont qu’unêtre arrive à
telleposturephilosophique,mais on nesauraitexpliquer
historiquement laposture elle-même.Le deuxièmetype deréponse
seretrouve chezKant.Pour lui,puisqu’on n’apprendpas la
philosophie commeuncorpusde doctrines, celle-ci nesauraitavoir
d’histoirepropre.Cequ’on nomme abusivementhistoire dela
philosophien’est simplement quel’histoire delaraison.Kant
fustige ceuxquiconfondent l’histoire delaphilosophie avecla
philosophi«e :ilya des savants pour qui l’histoire dela
philosophie… constituelaphilosophie elle-même, cen’est pas
4
poureuxquesontécrits les présents prolégomènes… ».
Lesdifficultésd’appréhensionetdejustificationd’une histoire
delaphilosophienous rappellent qu’écrirelaphilosophie dans
l’histoire en traindese faire estune entreprise délicate, exigeant la
prudence aumoinsà deuxniveaux.D’abordveillerà cequ’une
histoire delaphilosophienesoit pas qu’unesimple doxographie
quiaccompagneune histoiresansépaisseur.Ensuite, faire attention
à ce glissement qui peut s’opérerentreune écriture d’une histoire
delaphilosophie etunephilosophie del’histoireimplicite
articulantuncontenudutype doctrinaire.En préconisantune

3
EmileBREHIER,Laphilosophie et son passé,Paris,PUF,1940,p. 74.
Dansun texteposthumeintitulé «Philosophie del’histoire dela
philosophie »,il soutient que «chaquephilosophie est un monde clos sur
lui-même,un universdepensées refermésur soi, brefun système. Chaque
systèmeseprésente commeune démonstrationdesoi… complète
enellemême dans les limites qu’elle atracéeapriori…Cette autosuffisance est
lamarque del’absoluité, etelle entraîneuneprétentionàlavalidité
entière etexclusive»,Philosophie del’histoire delaphilosophie,Paris,
Aubier-Montaigne,1979,p. 234.
4
EmmanuelKANT,Prolégomènesàtoutemétaphysique futurequi pourra
seprésentercommescience,Œuvres,T.2,IV,Paris,Gallimard,p. 17.

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