Bibliographie de Claude-Henri de Saint-Simon

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Français
186 pages
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Description

Discuté par Marx, critiqué par Stendhal, Claude-Henri de Saint-Simon fut un inventeur d'idées en son temps. Il joue un rôle majeur dans la constitution d'un grand modèle politique (le socialisme) et d'un système philosophique (le positivisme), d'un champ disciplinaire (sciences humaines et sociales). Son oeuvre n'avait pas donné lieu à un inventaire bibliographique systématique en français. Voici chose faite par un sociologue japonais.

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Date de parution 01 février 2012
Nombre de lectures 46
EAN13 9782296483125
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Bibliographie de Claude-Henri de Saint-Simon
Epistémologie et Philosophie des Sciences Collection dirigée par Angèle Kremer-Marietti La collectionÉpistémologie et Philosophie des Sciencesréunit les ouvrages se donnant pour tâche de clarifier les concepts et les théories scientifiques, et offrant le travail de préciser la signification des termes scientifiques utilisés par les chercheurs dans le cadre des connaissances qui sont les leurs, et tels que "force", "vitesse", "accélération", "particule", "onde", etc. Elle incorpore alors certains énoncés au bénéfice d'une réflexion capable de répondre, pour toutsystème scientifique, aux questions qui se posent dans leur contexte conceptuel-historique, de façon à déterminer ce qu'est théoriquement et pratiquement larecherche scientifique considérée. 1) Quelles sont lesprocédures, les conditions théoriques et pratiques des théories invoquées, débouchant sur des résultats ? 2) Quel est, pour le système considéré, lestatut cognitifdes principes, lois et théories, assurant la validité des concepts ? Dernières parutions Edmundo MORIM DE CARVALHO,Paradoxe sur la recherche : les dessous de la recherche dans les « cahiers » de Paul Valéry,2011. Edmundo MORIM DE CARVALHO,Paradoxe sur la recherche : sérendipité, Platon, Kierkegaard, Valéry,2011. Antonella CUTRO,Technique et vie, Biopolitique et philosophie du bios dans la pensée de Michel Foucault, 2011. Edmundo MORIM DE CARVALHO,Du rationnel à l'inconscient dans les «cahier» de Paul Valéry, 2010. Edmundo MORIM DE CARVALHO,De l'inconscient au conscient. Psychanalyse, science, philosophie, 2010. Ignace HAAZ,Les normes pénales chez Rawls. Etudes éthiques en droit pénal, 2010. Janusz PRZYCHODZEN, François-Emmanuël BOUCHER et Sylvain DAVID, L'esthétique du beau ordinaire dans une perspective transdisciplinaire. Ni du gouffre ni du ciel, 2010. Eduardo CAIANIELLO,La science et la voix de l’événement. A la recherche du sens, 2010. Edmundo MORIM DE CARVALHO,Paradoxes des menteurs : philosophie, psychologie, politique, société, 2010. Edmundo MORIM DE CARVALHO,: logique,Paradoxes des menteurs littérature, théories du paradoxe, 2010. Jean-Pierre COUTARD,De la singularité, 2009. Michel de BOUCAUD,Psychiatrie et psychopathologie. Les désorganisations psychiques, 2009.
Hiroshi MORI Professeur à l’Université de Tohoku Bibliographie de Claude-Henri de Saint-Simon
Réunion du texte, introduction et actualisation par Juliette GRANGE
Mise en pages : Isabelle Treff. © Première édition KÔSEISHA-KÔSEIKAKU, Tokyo, 1986 © L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56923-2 EAN : 9782296569232
Remerciements
Aux éditions KÔSEISHA-KÔSEIKAKUde Tokyo qui ont aimablement auto-risé l’édition française de cette bibliographie éditée par elles en français en annexe dans la traduction en japonais desŒuvres complètesde Saint-Simon (5 volumes, 1986).
Cette republication doit beaucoup au professeur Shin ABIKO (univer-sité Hôsei à Tokyo) auteur de la notice biographique de H. Mori qu’on lira ci-après et à Takashi SUGIMOTOsans qui le travail de H. Mori serait resté inconnu en Europe.
Merci aussi à Miyuki YAMAMOTOde l’Institut d’Asie orientale à Lyon, qui a retranscrit gracieusement tous les caractères japonais de cette édi-tion. À Isabelle Treff pour sa patience et sa rigueur.
Juliette Grange
INTRODUCTION
La bibliographie de Claude-Henri de Saint-Simon par Hiroshi Mori publiée ici est actuellement la plus étendue que nous possédions. Elle nous vient de loin, du Japon. Elle a mis très longtemps à nous parvenir : elle fut éditée en français en complément de la traduction japonaise desŒuvres complètes de Saint-Simon en cinq volumes, chez l’éditeur Kôseisha Kôseikaku, à Tokyo en 1986. Une bibliographie est destinée à conrmer l’identité d’un auteur, à engager à sa reconnaissance ; situer son œuvre dans la galerie des « grandes œuvres ». Elle est le lieu de rassemblement d’un savoir et sert de ce fait de point de ralliement aux spécialistes. Elle vise la complétude, mais est toujours par nature déjà dépassée, lacunaire. Nous ne disposons pas en Europe et aux États-Unis d’un équivalent à la bibliographie dont H. Mori est l’auteur. Pas plus d’ailleurs que n’existe dans notre langue une édition scientique et complète desŒuvres. En italien, nous avons l’excellente biblio-graphie de A. et I. Mazzone, dont H. Mori d’ailleurs se réclame. Il y ajoute une description d’une précision inégalée des sources manus-crites disponibles à Paris (Archives nationales, BnF, bibliothèque de l’Arsenal, fondation Thiers, Muséum d’histoire naturelle). Elle sera utile à tous les chercheurs avant la publication dans quelques années d’une bibliographie complète actualisée. 1 Publier un tel travail , c’est aussi rendre hommage à un cher-cheur japonais inconnu même des spécialistes, chercheur qui, avec modestie et patience, a rassemblé scrupuleusement tous les éléments nécessaires à la connaissance d’un grand auteur français. C’est par-fois avec une tristesse ironique que l’on constate l’intérêt porté à la philosophie française hors de France, malgré l’obstacle de la langue, de la distance spatiale et culturelle. Et que l’on prend conscience que cette philosophie se voit trop souvent préférer à Paris les œuvres anglo-américaines ou les travaux de philosophie allemande.
1. Nous publions ici l’intégralité de la bibliographie originale. En partieVIII, on trouvera une actualisation de la bibliographie secondaire (ouvrages parus depuis 1986).
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Introduction
On lira ci-après la notice biographique de H. Mori, décédé en 1999. Les raisons personnelles ou intellectuelles qui l’ont poussé à ce long travail sur un penseur français que certains estiment encore être de second ordre, resteront peut-être toujours mystérieuses. Par contre l’histoire de la lecture japonaise des penseurs sociaux du e XIXsiècle européen dans laquelle il faut placer celle de Claude-Henri de Saint-Simon, peut être pour une part éclairée. Complexe et mal connue en Europe, sa logique apparaîtra en tout cas comme n’ayant pas une origine purement académique ou universitaire, l’inuence de facteurs politiques au sens large ne fait pas de doute. Le travail du professeur Mori prend place dans une histoire intellectuelle et politique, même si dans une certaine mesure il rompt avec elle. Le Japon est entré très tardivement dans la modernité et il y est entré brutalement. Les échanges commerciaux, les techniques plus que les idéaux philosophiques ou politiques furent les premiers vec-teurs de l’ouverture forcée du pays. S’est posée ainsi avec une netteté particulière, à lan des années 1860, la question qui fut à l’origine de la création de la sociologie chez les philosophes français au tout e début duXIXquelle société, quelle religion, quelle morale pro-siècle : mouvoir à la suite des révolutions politique et industrielle ? C’est la nécessité de penser les conséquences sociales d’une modernité qui a fait si violemment irruption face à la société tra-ditionnelle japonaise qui sert de toile de fond à l’intérêt pour les premiers philosophes occidentaux « importés » au Japon : Comte, 2 Spencer, Mill . Avant même que le régime féodal vieux de mille ans ne soit renversé par une révolution de palais, les penseurs japo-nais du mouvement des Lumières (Keimo) qui culminera dans les premières décenniesMeiji, s’intéressèrent non pas à Aristote ou Montaigne, Descartes ou Kant, mais aux positivistes et aux utilita-ristes. Certains de ces penseurs eurent d’ailleurs des responsabilités politiques dans le gouvernement. La revendication de la modernité scientique et industrielle s’accompagne chez tous de celle de la subversion de l’ordre féodal (et plus tard dans certains cas de la nouvelle monarchie), de la recherche d’un ordre de croyance neuf.
2. 1875 : « Cette obsession que tout le monde partage : être « reçu » à l’examen de l’Occident et faire réviser ces traités humiliants. On est prêt à s’acheter l’équi-pement nécessaire, un peu de Darwin, un peu d’Adam Smith, un peu de droits de l’Homme et quelques prédicateurs américains si vous insistez et s’il faut se déguiser en Européen pour avoir le diplôme, qu’à cela ne tienne. Ce qui est en jeu, ce sont les techniques, ces techniques qui ont permis la victoire des Occidentaux et qu’il faut maîtriser rapidement. » (Nicolas Bouvier,Chroniques japonaises, Payot, 2001, p. 91.)
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Introduction
La question de la nature d’une modernisation sociale et culturelle qui ne serait pas une simple occidentalisation se pose. L’attention pour la philosophie occidentale n’a donc pas d’em-blée un motif académique et ne participe pas d’abord de la curiosité intellectuelle. Dans un premier temps, on le sait, après deux cents ans d’isolationnisme absolu, le savoir occidental, d’abord nommé Rangaku (Dutch learning), fut cantonné aux sciences naturelles, à la médecine. La philosophie au sens occidental est absente. Certes, la pensée orientale traditionnelle peut certainement être considérée sous certains de ses aspects comme appartenant de plein droit à la philosophie. Mais historiquement, au Japon, le terme de philosophie fut d’abord réservé à la discipline occidentale ; celle-ci aura une exis-tence académique seulement dans les dernières décennies du siècle. La philosophie n’a pas été l’instrument de la modernisation (le système féodal des classes est déjà en partie détruit lorsque les samouraïs de rang inférieur prennent l’initiative de la réformeMeiji). L’intérêt pour la philosophie prend place dans le contexte d’une e extrême tension, au milieu duXIXsiècle, entre plusieurs modèles sociaux et politiques de la modernisation japonaise. Lorsque s’est posée la question du choix du modèle de société destiné à faire suite à la tradition néoconfucéenne et au régime féodal certains penseurs se référeront à l’Occident sur un mode idéalisé : non pas l’Occident dans sa réalité complexe qui inclut l’impérialisme, mais sous l’aspect des seuls idéaux universels des Lumières, de la liberté ou de l’égalité. C’est Nishi Amane (1829-1897) qui ramène de Hollande, où il est allé faire des études de droit et de sciences politiques, l’idée d’une sagesse dissociée de la religion, et qui forge de toutes pièces, vers 1872, le terme deKitetsugaku (« discipline de la quête de la sagesse »), simplié ensuite enTetsugaku(« science de la sagesse ») 3 qui désigne la philosophie occidentale . Ce faisant, il emprunte à Auguste Comte l’idée d’une synthèse théorique et pratique des sciences et des valeurs prenant la place des religions tout en moder-4 nisant les préceptes . Le positivisme se diffusera dans les premières
3.Frédéric Giraud, « En quel sens peut-on parler de philosophie au Japon ? », Voir Cipango, n° 2, 1993, p. 115sqq. 4. « Philosophies modernes » inDictionnaire de la civilisation japonaise, sous la dir. d’Augustin Berque, Hazan, 1994, p. 399sqq. Sur ces questions voir aussi « Modern Japan in its philosophical developments » par Masakawa Yanasaki & Sumie Saito,Revue internationale de philosophie, 1974, fasc. 1-2 et « The moderni-sation of Japan with special reference to philosophy » by Toratoro Shinomura, Philosophical Studies of Japan, vol. VIII, 1966, p. 1-28.
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Introduction
années de l’èreMeijiet l’invention (plus que la traduction) de l’ex-pression japonaise des concepts occidentaux, tous courants intellec-5 tuels confondus, passera par le travail de Fukuzawa . L’étude de Comte eut d’abord sens dans le cadre des débats politiques de l’in-telligentsia japonaise au moment de la restauration de l’Empire, elle est destinée à légitimer la proposition d’une rupture. Cette rupture est spécique dans la mesure où elle est en même temps la revendi-cation d’un lointain passé. Pour les tenants des Lumières, il s’agissait, sans devenir un reje-ton de l’Europe, de « sortir de l’Asie » selon la formule de Fukusawa Yukichi, d’abandonner ou de moderniser les formes de sagesse autrefois venues d’Inde et de Chine. Le Japon, nation indépendante et dynamique, sorte d’Angleterre de l’Est, forgeait ses valeurs pro-pres, en particulier par l’éducation et la diffusion du savoir scienti-que, mettant en place une société stable par la réforme de la morale. Nul doute que Saint-Simon ou Comte se seraient en partie reconnus dansgakumon no susume(An exhortation toward learningou « Appel à l’étude » de Fukuzawa édité en 1872) qui exalte la connaissance réaliste et pratique et oppose à la stabilité l’idée d’un progrès dans l’ordre, ou d’un ordre progressif et dynamique. La rupture avec le fond confucéen n’est d’ailleurs que partielle : « Their discovery of the fascination of philosophy in the positivism of Comte and Mill was not simply due to the accident of this being therst western system of philosophy to be encountered by the Japanese, for we may suppose that an internal reason for this fact was that. The traditionnal philosophical foundation of the Japanese 6 consisted of chinese learning which was essentially practical ». Si les premières « Lumières » japonaises empruntent leur cadre non à Rousseau (qui sera traduit un peu plus tard et inspirera la reven-dication de démocratisation de la vie politique), non plus qu’aux e encyclopédistes ou aux penseurs duXVIIIsiècles, mais plutôt aux e « sociologues » duXIXsiècle, c’est parce que ceux-ci proposent un mode de réexion non abstrait et dans beaucoup de cas une forme de syncrétisme entre tradition et modernité, parce que leur rationa-lisme est assorti d’un moralisme non individualiste. Dès le début du tournantMeijil’opposition à cependant, la modernisation de la société set jour et devint dominante au
5. « Naissance de la philosophie dans le Japon moderne », inLa Dynamique du Japon, sous la dir. de Jean-François Sabouret, Saint-Simon, 2005. 6. Toratoro Shimomura, art. cité, p. 18.
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