Cahier d'Anthropologie sociale N° 4 : Walter Benjamin, la tradition des vaincus

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Dans ce quatrième volume des Cahiers d’anthropologie sociale, on s’interrogera sur la conception du temps historique chez Walter Benjamin et d’en définir l’intérêt pour les sciences humaines et sociales. Si, depuis les premiers moments de sa réception, la pensée de Walter Benjamin suscite l’intérêt des philosophes rares sont, en revanche, les historiens, les sociologues ou les anthropologues qui s’y réfèrent véritablement.
La place marginale, pour ne pas dire inexistante, qu’occupe ce texte dans les sciences humaines et sociales, du moins en France, est d’autant plus étonnante qu’une conception de l’historicité, influencée par la phénoménologie et l’herméneutique, y a fait massivement son apparition, sans que ses présupposés éthiques et politiques ne soient questionnés davantage.
Il importe donc, non seulement de comprendre en quoi la lecture benjaminienne des phénomènes historiques présente une alternative aux conceptions actuelles de l’historicité mais aussi comment elle permet de mettre en perspectives et de renouveler nos pratiques historiographiques.

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Date de parution 18 février 2015
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Langue Français

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institutions autour de grands thèmes d’actualités abordés dans la perspective réLexive de
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cahiers04 d’anthropologie L’Herne sociale
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L’Herne
Walter Benjamin
la tradition des vaincus
CAHIERS D’ANTHROPOLOGIE SOCIALE
L’Herne
Ouvrage publié avec le soutien du Collège de France
© Éditions de l’Herne, 2008 ; 2013 22, rue Mazarine 75006 Paris lherne@wanadoo.fr
WALTER BENJAMIN LA TRADITION DES VAINCUS
Ce Cahier a été dirigé par Philippe Simay
L’Herne
Cahiers d’anthropologie sociale
Comité d’honneur Claude Lévi-Strauss, Françoise Héritier, Nathan Wachtel
Directeur Philippe Descola
Coordinateurs de la collection Salvatore DOnofrio, Noëlie Vialles
Comité de rédaction Julien Bonhomme, Nicolas Govoroff, Monique Jeudy-Ballini, Dimitri Karadimas
Les Cahiers d’Anthropologie Sociale publient les journées d’étude et les séminaires du Laboratoire d’anthropologie sociale (LAS), unité mixte de recherche du Collège de France, de l’École des hautes études en sciences sociales et du Centre national de la recherche scientifique.
Sommaire
Philippe Simay Introduction. Walter Benjamin au présent ........................................................ Marc Abélès Anthropologie, anticipation, utopie .................................................................... Arlette Farge Walter Benjamin et le dérangement des habitudes historiennes ...................... Christian Jouhaud Benjamin, le « Grand-Siècle » et l’historien. Retour sur un travail.................. Michèle Leclerc-Olive Des événements en souffrance : de Mead à Benjamin. Quelques considérations épistémologiques ........................................................ Michael Löwy Le point de vue des vaincus dans l’histoire de l’Amérique latine : réflexions méthodologiques à partir de Walter Benjamin .................................................. Michèle Riot-Sarcey e Le Livre des Passages, unXIXsiècle à découvrir. Un siècle de révolutions sansrévolution...................................................................................................
Philippe Simay Reconstruire la tradition. L’anthropologie philosophique deWalterBenjamin...........................................................................................
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Introduction Walter Benjamin au présent
Philippe Simay
« De quel péril les phénomènes sont-ils sauvés ? Pas seu-lement et pas principalement du discrédit et du mépris dans lequel ils sont tombés, mais de la catastrophe que représente une certaine façon de les transmettre en les “célébrant” comme “patrimoine”. – Ils sont sauvés lorsqu’on met en évi-dence chez eux la fêlure. – Il y a une tradition qui est catastrophe. »
e Walter Benjamin,Paris, Capitale duXIXsiècle.
Méconnu de son vivant, Walter Benjamin est aujourd’hui considéré comme l’un e des critiques majeurs duXXsiècle. Son œuvre, longtemps tenue pour négligeable, fait désormais l’objet d’une réception qui déborde largement son cadre d’origine (la critique littéraire) pour investir de nombreux domaines de connaissance (philosophie, urbanisme, études visuelles). Cependant, rares sont les historiens, les anthropologues et les sociologues qui s’y réfèrent véritablement. La place marginale, pour ne pas dire inexistante, qu’occupe Benjamin au sein des sciences humaines et sociales est d’autant plus troublante que celui-ci a consacré la majeure partie de ses réflexions à des questions relevant de ces disciplines. Qu’il s’agisse des modalités de la trans-mission culturelle, des transformations de l’expérience subjective, des formes emprun-tées par la société de masse ou de la critique de la philosophie du progrès, Benjamin n’a jamais cessé de considérer l’histoire, la culture et la société comme des objets d’investigation à part entière. Il convient de s’interroger sur les raisons de l’indifférence dont Benjamin fait l’objet. On peut certainement l’imputer à l’épuisement – supposé ou réel – du marxisme comme pensée politique. Le caractère fragmentaire et parfois opaque des textes de Benjamin y contribue sans doute aussi. Mais gageons que les découpages disciplinaires, qui cloisonnent plus souvent les savoirs qu’ils ne les mettent en ques-tion, tiennent ici la plus grande place. Il s’agit là, somme toute, d’un phénomène continental, car ailleurs, notamment dans le monde anglo-saxon où le postmodernisme
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