Comprendre Du contrat social de Jean-Jacques Rousseau

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Français
190 pages
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Description

Cet essai de philosophie politique résulte de cette prise de conscience : la quasi-inexistence d'ouvrages adaptés aux préoccupations pédagogiques propres à l'enseignement de la philosophie dans les lycées du Sénégal. Cet ouvrage répond à une demande des élèves et professeurs. Le projet d'écriture de l'ouvrage est de contribuer à rendre accessible cet ouvrage majeur de Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social : comment assumer les conditions juridiques et politiques d'une vie sociale paisible, plus précisément, comment vivre avec l'Autre, tout en demeurant libre ?

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Informations

Publié par
Date de parution 01 novembre 2015
Nombre de lectures 118
EAN13 9782336394671
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0105€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Samba Diao

ComprenDre
Du contrat social
de Jean-Jacques rousseau

Essai de
philosophie
politique

préface de
alpha amadou Sy

ComprendreDu contrat social
de Jean-Jacques Rousseau

Essai de philosophie politique

SAMBADIAO

ComprendreDu contrat social
de Jean-Jacques Rousseau

Essai de philosophie politique

Préface de Alpha Amadou Sy

© L’HARMATTAN, 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75 005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN :978-2-343-07315-6
EA N :9782343073156

SOMMAIRE

Épigraphe .............................................................................. 11
Préface .................................................................................. 13
Avant-propos......................................................................... 17

Introduction à l’étude de l’œuvre ........................................ 25

Chapitre premier : La genèseDu contrat social................... 29

Chapitre II : Le pouvoir politique et les conditions
de sa légitimité................................................................. 45

Chapitre III : La théorie rousseauiste du « contrat » :
permanences et ruptures................................................. 63
Chapitre IV : Une axiomatique de la souveraineté .............. 81

Chapitre V : Du gouvernement comme moyen
d’administration de l’État............................................. 103

Chapitre VI : Des mécanismes de conservation du corps
politique ........................................................................ 127

Conclusion générale ........................................................... 149

Bibliographie....................................................................... 155
Annexes .............................................................................. 159

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DÉDICACE ET REMERCIEMENTS

Aux enfants, Amadou et Kadia
Vous avez apporté un surplus de bonheur dans le
ménage.
Puissiez-vous découvrir en ce travail, le témoignage
d’une tendre affection.

À mon épouse, Maïmouna Diao Baldé
Le détachement prolongé que la rédaction de ce texte a
exigé n’a pas été facile à supporter; mais tu n’as jamais
porté des plaintes à mes oreilles. Je t’en remercie
énormément. Tu trouveras toujours, dans la joie comme dans la
peine, ma main pour soutenir la tienne.
Je remercie très sincèrement tous les professeurs de
Philosophie de la région de Saint-Louis. Ce travail est aussi
le leur.
Toute ma reconnaissance au Professeur Antoine TINE,
enseignant-chercheur à la section de Sciences politiques
(Université Gaston Berger de Saint-Louis). Celui grâce à
qui j’ai appris, en matière de recherche scientifique, à aller
au fond des choses.
Je tiens enfin à remercier Alpha Amadou SY; pour sa
lecture vigilante et perspicace, pour avoir accepté de
préfacer ce livre et pour avoir guidé mes premiers pas
d’enseignant.

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ÉPIGRAPHE

«Aussi durement qu’elle soit appliquée, jamais la force
brutale ne pourra juguler l’aspiration humaine
fondamentale à la liberté et à la dignité. Il ne suffit pas d’assurer aux
gens nourriture, logement et vêtements. La nature humaine
profonde a besoin de respirer l’air précieux de la liberté.»

ème
Tenzin GYATSOLama)(14 Dalaï
Prix Nobel de la paix, 1989

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PRÉFACE

CetEssai de philosophie politique deSamba Diao,
résulte de cette prise de conscience: la quasi-inexistence
d’ouvrages adaptés aux préoccupations pédagogiques
propres à l’enseignement de la philosophie dans les lycées
du Sénégal. Partant, cet ouvrage répond à une demande
des élèves et professeurs.
Bien plus, il participe de l’exécution d’une commande
formulée par la propre conscience de l’auteur, qui
s’interdit de se contenter de constater le manque. Ce
faisant, il déroule son projet d’écriture, mû par le souci
constant de contribuer à rendre accessible cet ouvrage
majeur de Jean-Jacques Rousseau,Du contrat social, vieux
aujourd’hui de 253 ans.
La question majeure qui traverse de bout en bout
l’ouvrage de Rousseau, est celle de savoir comment assurer
les conditions juridiques et politiques d’une vie sociale
paisible et harmonieuse. Plus précisément: comment vivre
avec l’Autre, tout en demeurant libre? Comment confier
« l’administration de l’État » à un Gouvernement, tout en le
prémunissant des dérives autoritaristes qui lui sont
consubstantielles ?Comment pérenniser la souveraineté
populaire, par l’appropriation constante par les citoyens de
leur destinée propre ? Comment faire en sorte que, dans la
communauté politique issue du «contrat »,le citoyen
échappe à la dépendance de ses semblables ?
Avec Jean-Jacques Rousseau, il ne s’agit plus de s’en
tenir, à la suite d’Aristote, à une définition de la politique
comme « art de gouverner la Cité ». Le projet est de hisser
à la dignité des sciences de la nature, le discours politique

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sur la société. La problématique ainsi campée, Samba Dao
s’évertue à expliciter les notions-clé de contrat,
souveraineté, souverain, corps politique, gouvernement,
volonté générale, liberté, sujet, citoyen, etc.
La portée de ce travail apparaît au grand jour, dès
l’instant où on réalise queDu Contrat socialest, à bien des
égards,« uneœuvre difficile, qui exige de la part de son
lecteur, une vigilance soutenue et un esprit de synthèse
particulier ». Aussi l’auteur aura-t-il couru le risque, dans
sa volonté admirable de répondre à une forte demande des
professeurs et des élèves, de tomber dans le travers des
redites et/ou de la compréhension à l’envers.
En procédant à ce travail, Samba Diao aborde des
thématiques essentielles qui attestent du fait queDu contrat
socialne saurait être confiné à la préparation de l’épreuve
de philosophie, au second tour du baccalauréat.
L’enseignant chevronné qui a l’intelligence de la dialectique qui
structure les différents domaines constitutifs du programme
de philosophie, pourrait le mettre à profit ; en traitant de la
question de l’existence sociale, de l’altérité, du pouvoir
politique, de la liberté, de l’anthropologie, et même du
statut des sciences humaines. Ainsi l’auteur de cet ouvrage
facilite la tâche à ses collègues, qui pourront intégrer dans
une seule et même perspective, des thématiques essentielles
relevant de différents domaines du programme de
philosophie.
Il convient aussi de magnifier, de la manière la plus
conséquente, cette contribution de Samba Diao en faveur
d’enseignements-apprentissage de qualité. C’est une
prouesse que de penser à la production du savoir, quand on
est professeur en service dans des localités comme Mpal,
où il n’y a ni de bibliothèques ni d’infrastructures
culturelles dignes de ce nom. Cette prouesse frise la folie, si
l’on sait que Samba Diao végète dans les conditions
surréalistes d’un professeur, souvent mis en demeure de

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dispenser ses cours dans des locaux inappropriés, recyclés
en salles de classe !
Last but not least, ce livre est aussi en l’honneur de ses
collègues de philosophie de la région de Saint-Louis, avec
lesquels il a souvent été amené, sur fonds propres, à
organiser des « Journées pédagogiques » sur les méthodes
philosophiques, sur le programme et sur les œuvres au
programme. D’une certaine manière, cette production
honore ces enseignants de philosophie, qui s’efforcent, sans
tambour ni trompette et sans rien attendre de qui que ce
soit, d’apporter leur modeste, mais précieuse contribution à
l’avènement d’une école de qualité.
Au demeurant, cet engagement de Samba Diao devient
moins insolite dès l’instant où l’on est édifié sur sa
conviction :« Laconquête de la liberté, c’est aussi la
conquête du savoir; et en la matière, il faut oser
entreprendre ».
Partant, sa générosité déborde la simple transmission
des connaissances, pour trouver son expression la plus
éloquente dans cette remarquable contribution à la
production du savoir. Du coup, il va au-delà de sa mission
originelle d’encadrement et de formation des jeunes
consciences qui lui sont confiées, pour adopter une posture
intellectuelle. Cette posture, qui demande rigueur et
exigence sur soi-même, l’autorise à mener une réflexion
rigoureuse sur l’œuvre monumentale de Jean-Jacques
Rousseau. Une œuvre dont la fraîcheur, si besoin en est, est
attestée par le fait qu’elle inspire laDéclaration universelle
des Droits de l’Hommeet la quasi-totalité des constitutions
républicaines en vigueur dans le monde.
Par-delà sa portée pédagogique,«Comprendre Du
contrat social »constitue également un guide efficace pour
tout citoyen désireux de comprendre les fondements et
exigences d’un État de droit. Les conditions de légitimité du
pouvoir, les insuffisances de la démocratie représentative,

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les ressorts de l’obéissance à la loi, l’inaliénabilité des
droits humains fondamentaux, la construction d’une
citoyenneté véritable, constituent autant de thèmes sur
lesquels l’auteur nous propose une réflexion approfondie.
On pourrait regretter que tel ou tel aspect de la théorie
rousseauiste du contrat n’ait pas fait l’objet d’une analyse
détaillée. C’est le cas par exemple lorsque l’auteur nous
parle de «la réputation scandaleuse dethéoricien de la
dictature », accolée à la personne de Thomas Hobbes. La
même remarque s’impose lorsqu’il évoque le
gauchissement dont la pensée de Nietzsche – ce briseur d’idoles à
« coupsde marteau» – a fait l’objet. Mais Samba Diao a
averti :ce livre est un commentaire qui,nécessairement,
valorise certains aspects plus que d’autres.«Comprendre
Du contrat social» nesaurait donc souffrir d’être l’objet
de… commentaires.
L’essentiel, c’est d’avoir versé une nouvelle et riche
contribution qui suscite intérêt et réflexion. Et ce livre ne
sera sans doute pas le dernier !
Alpha Amadou SY
Philosophe/écrivain
Saint-Louis, le 30 avril 2015.

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AVANT-PROPOS

What life has you, if you have not life together?
There is no life that is not in community.
T. S. Eliot
La philosophie commence lorsque des esprits libres
s’adonnent à la recherche de la vérité, au détriment des
préjugés et des conformismes. Sous ce rapport, rares sont
ceux qui, dans le domaine de la philosophie politique, nous
ont parlé de façon aussi sincère et provocante, avec le
moins d’amour-propre, que Jean-Jacques Rousseau. Ce
penseur iconoclaste, qui disait avoir choisi de consacrer sa
vie à la vérité selon la maxime de Juvénal: «Vitam
1
impendere verovérifie jusqu’à l’épure l’écriture» ,
authentique de soi. Son autobiographie,Les Confessions,
nous donne à voir l’image d’un autodidacte déterminé à
suivre les tournants, les achoppements voire les culs-de-sac
d’une pensée en acte. En effet, la philosophie de Rousseau
est étroitement liée à sa vie; elle en constitue même une
sorte de confession. On pourrait appliquer à l’auteur du
Contrat social:remarque de Friedrich Nietzsche cette
«J’ai peu à peu découvert ce que toute grande philosophie
a été jusqu’à ce jour: la confession de son auteur et une
sorte de mémoires involontaires et insus. Chez le
2
philosophe, il n’y a absolument rien d’impersonnel. »

1
Motsde Juvénal (Satires, IV, 91), dont Jean-Jacques Rousseau fit sa
devise.
2
FriedrichNietzsche,Par-delà le Bien et le Mal, Paris, Hachette,
1987.

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Sous ce rapport, leContrat social mérited’être abordé
avec beaucoup de soin, afin de cerner les liens étroits et
réciproques entre l’homme et l’œuvre. Sauf à verser dans le
prophétisme, le philosophe dont la tâche essentielle est de
réfléchir sur la vie produit toujours une œuvre située dans
l’espace-temps. S’agissant duContrat social, cette
remarque est d’une importance capitale, tant il est vrai que
son auteur a mené une vie marginale voire «rétrograde »,
pour certains esprits progressistes nourris à l’idéologie des
Lumières.

Autant dire queDu Contrat socialest, à bien des égards,
une œuvre difficile qui exige de la part de son lecteur, une
vigilance soutenue et un esprit de synthèse particulier.
Mutatis mutandis, celui qui se propose d’en faire un sujet
d’étude se doit de cerner la logique interne qui commande
la distribution des chapitres d’une part et, d’autre part, de
sortir du texte lui-même pour chercher des éclairages dans
d’autres écrits de l’auteur ; l’ensemble de son œuvre faisant
bloc. Une telle précaution méthodologique est d’autant plus
nécessaire que certains commentateurs duContrat socialse
sont focalisés davantage sur les deux premiers livres; le
reste n’étant pour eux que des considérations factuelles sans
grande importance théorique. Ainsi en va-t-il des
chapitres 4et 8 du livre IV, portant respectivement sur les
Comices romainset sur laReligion civile.

De telles analyses, réductrices, sont sous-tendues par le
préjugé d’un défaut de cohérence de l’œuvre de Rousseau,
tout autant que du personnage lui-même. Ainsi, dans la
présentation du texte duContrat social (publiéchez
Flammarion en 2001), Bruno Bernardi fait remarquer ce qui
suit :«Dans le cas duContrat social, les deux fronts des
études rousseauistes ne se sont pas vraiment unifiés. Ceux
qui se sont attachés à l’unité philosophique de la pensée ont
choisi d’autres points de focalisation […] À l’inverse, le
texte du Contrat a fait l’objet de l’attention des historiens

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