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Epistémologie du phénomène ovnien ou cinquante ans de déni scientifique

De
240 pages
Depuis cinquante ans, une situation schizophrène partage l'humanité sur la réalité de phénomènes aériens inexpliqués, selon deux opinions inverses extrêmes: ce sont les nefs extraterrestres; ce sont des artéfacts nés dans des cerveaux fragiles, crédules ou dérangés. Aucune étude scientifique sérieuse n'étaye ces hypothèses. Le diagnostic a précédé l'examen abandonné aux amateurs ! Un couvercle secret, la désinformation et un terrorisme médiatique empêchent 90 % des témoignages d'émerger sur la seule caution du rapport Condon dont les conclusions rassurantes sont contredites par ses propres dossiers. L'accès récent aux archives américaines, montre l'intérêt porté aux ovnis par la CIA et le FBI malgré les démentis officiels.
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ÉPISTÉMOLOGIE

DU PHÉNOMÈNE

OVNIEN

ou cinquante ans de déni scientifique

Collection Conversciences dirigée par Philippe Brenat
A l'aube du troisième millénaire, le champ scientifique éclate, les disciplines en mutation s'interpénètrent, convergence d'attitude pour le décloisonnement des connaissances. « conversciences » se veut le carrefour de réflexion dans, sur et au-delà de la science, lieu d'élaboration pluri- et transdisciplinaire. « conversciences » accueille ainsi des ouvrages de synthèse multi-auteurs (la Mémoire, tomes I et II), des actes de réunions à thème (les Origines, Langage, Sociétés), ainsi que des essais transdisciplinaires. Au-delà du clivage des disciplines et de la dichotomie sciencesexactes-scienceshumaines,« conversciences » crée un espace d'interaction pour que conversent les sciences en conversion.
Les Origines Langage Sociétés La Mémoire (Tome I) La Mémoire (Tome II) La Lecture (Tome I) La Lecture (Tome II) La Lecture (Tome III) L'analyse critique des sciences Le statut du malade Les rythmes Les figures de la forme La théorie générale de l'évolution Faut-il brûler Darwin? Le recours de la science au mythe Le paradigme de la filiation Le corps et ses discours Du "système" à la torah Le singe, l'enfant et l'homme. Essai d'éthnopsychanalyse des interactions sociales Jacques JAFFLIN, Critique de la raison scientifique Marc de CECCATTY, L'aube des savoirs et des dieux, 1997. Christian POIREL, Le cerveau et la pensée. Critique des fondements de la neurologie, 1997. Jean-Claude BENOIT, Homo schizophrenicus. Mais où sont passés les gens normaux ?, 1997.

Jacques

Costagliola

ÉPISTÉMOLOGIE

DU OVNIEN

PHÉNOMÈNE

ou cinquante

ans de déni scientifique

L'Harmattan
5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE Montréal

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques (Qc) - CANADA H2Y lK9

Du même Faut-il

auteur,

dans la même collection: ou l'imposture darwinienne

brûler

Darwin?

PATHOLOGIE

DE LA CONNAISSANCE

HUMAINE

L'homme

est avide d'affirmer

avant de savoir.

Jacques

Lévy

Il ne s'agit ni de nier ni d'affirmer Il ne faut pas confondre

mais de comprendre. Spinoza

recherche de la vérité avec besoin de croire. André Gide

C'est une sotte présomption d'aller dédaignant et condamnant pour faux ce qui ne nous semble pas vraissemblable. Montaigne Une idée fausse mais simple a plus de chance se répandre qu'une idée vraie mais complexe. de X

L'expérience démontre que l'avis des hommes compétents est souvent tout à fait en désaccord avec la réalité, et l'histoire de la science est l'histoire des erreurs des hommes compétents. Vilferdo Pareto L'histoire des sciences montre que les progrès de la science ont été constamment entravés par l'influence tyrannique de certaines conceptions que l'on avait fini par considérer comme des dogmes. Louis de Broglie Les conformistes occupant les situations sociales élevées combattent ou étouffent les découvertes qui ne cadrent pas avec leurs préjugés et avec les dogmes en vigueur dans les Traités classiques. Auguste Lumière Ce sont les faits constatables qui ont seuls une réalité physique. Max Born

Il ya une tendance des plus nuisibles à laisser les opinions se cristalliser en croyances... L'autorité a toujours été le grand adversaire de la vérité... En science et en philosophie rien ne doit être tenu pour sacré. Stanley Jevons Le physicien qui vient de renoncer à l'une de ses hypothèses devrait être plein de joie, car il vient de trouver une occasion inespérée de découverte. Henri Poincaré

ANTHOLOGIE

DE lA MYOPIE

SCIENTIFIQUE

J'accuse

d'impiété

Aristarque de Samos l'héliocentrisme.

et sa théorie de Ptolémée, - 290

Ces prétendus fossiles, pierres et haches taillées (trouvées par Boucher de Perthes) des éolithes ou des pierres de foudre. 1846 Nous ne saurons jamais de quoi sont faites les étoiles. Auguste Comte (peu avant la découverte de la spectroscopie) 1850 la matière n'a plus de secret pour nous. Claude Bernard, 1874 1882

Le téléphone? Il n'y a plus de mystère Une vitesse supérieure

De la ventriloquie. dans la nature.

Bouillaud, Marcelin

Berthelot, 1887 pour 1898

à 100 kmh-1 est dangereuse l'organisme humain.

Chercher à faire voler un engin plus lourd que l'air serait une perte de temps. J.W. Rayleigh (Prix Nobel de physique 1904) La physique est désormais un ensemble parfaitement harmonieux et, pour l'essentiel, achevé. Il ne reste plus qu'à ajouter des décimales aux résultats connus. W. Kelvin 1906 l'exploitation de l'énergie nucléaire: conte à dormir debout. E. Rutherford (Prix Nobel de chimie, 1908) La dérive des continents de Wegener (1915) est ridiculisée pendant 50 ans puis réhabilitée sous le nom moins voyant de tectonique des plaques. La structure tétraédrique du carbone, misérable philosophie spéculative. Gardner des journaux capitalistes Les soucoupes volantes décollent en cas de crise. la Pravda, 1954

PRÉFACE

L'ouvrage de Jacques Costagliola, en fait, vue sa brièveté, plus une monographie ou une plaquette, tente de faire un peu le tour du phénomène ovni, de son contexte psychophysiologique. L'évocation des aspects-sciences est hélas un peu mince. Mais le lecteur trouvera là un rappel bien ficelé des faits marquants, des « classiques », qui ont balisé le phénomène depuis plus d'un demi-siècle. Les citations sont souvent hautes en couleur et on les appréciera. Un texte sympathique. Mais j'ai peur que l'écho reste faible. Les «propositions» manquent à mon sens d'une composante «science» charpentée. Personnellement, je persiste à penser que la meilleure façon ( dans la situation actuelle) d'attraper un ovni reste... un papier et un crayon, faute d'un budget conséquent pour pouvoir mener à bien des recherches expérimentales, par exemple en MHD En 1978, Allen Hynek, au colloque d'Evanston, militait pour une intensification d'une «collecte de données ». Même déclaration chez un Auguste Messen lors d'une émission sur Arte, vingt ans plus tard. C'est aussi le sens des propositions de l'auteur, maintes fois entendues, jamais suivies d'effet. Collecter des données, avec quoi? Tout est fait, on le sait bien, pour enliser tout effort sérieux. De quoi disposent les enquêteurs? D'un magnétophone, d'un appareil photo et d'un mètre à ruban. À ce train là, cela pourra durer un demi-siècle supplémentaire. L'ONU s'en fout, le CNES s'en fout, la science s'en fout, la presse s'en fout, tout le monde le sait. En lisant le texte de Jacques Costagliola, j'ai envie de dire: « Vox clamat in deserto ».

Heureusement il reste la réflexion du théoricien. C'est mieux que rien. Sur ce plan, les choses progressent lentement. Après vingt années de travail, l'ovni n'est peutêtre plus aussi transcendant qu'on l'aurait cru. Un peu d'électromagnétisme, un soupçon de relativité générale, une pincée de géométrie, ont quand même pas mal changé le panorama scientifique. L'hypothèse d'incursions d'extraterrestres gagne lentement du terrain. Mais dans ces ovnis, quoi? qui? Des « méta-humains », des « para-humains» ou des « supra-humains », comme le suggère l'auteur.

Directeur

Jean-Pierre Petit de recherche, CNRS

Résumé

Depuis au moins 1943, apparaissent des lumières et des objets aériens d'aspect matériel inidentifiables par les témoins, dont 5 % au moins le sont aussi par les experts enquêteurs. Les observations, généralement fugitives, confidentielles, sont classées par Hynek en LN : lumières nocturnes, lointaines, erratiques, du blanc à l'orange surtout; DO : disques diurnes, mais aussi les formes ovoïdes, cigaroïdes, triangulaires; RR 1 : rencontres rapprochées du premier type, avec un engin à plus de 200 m ; RR 2 : rencontres du second type avec un engin, à moins de trente mètres; RR 3 : rencontres rapprochées avec des hominiens n'appartenant pas au genre Homo; RR 4 : enlèvements, manipulations, trous de mémoire, lésions anatomiques. Deux hypothèses extrêmes se partagent l'opinion: 1. ce sont des artéfacts construits dans des cerveaux crédules, ignares ou dérangés; 2. ce sont des sondes extraterrestres pilotées ou téléguidées. L'armée de l'Air américaine, dont les bases stratégiques semblaient visitées, a suscité plusieurs commissions scientifiques aux conclusions orientées et ambiguës, et a mis sur le phénomène un double couvercle de secret et de ridicule qui empêche 90 % des cas d'émerger. La très grande majorité de méprises, et les rares hallucinations,

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canulars et impostures, noient jetés avec les identifiables.

alors

les « vrais)}

ovnis

ainsi

Des scientifiques, Macdonald, Hynek, Saunders, ont dénoncé l'incompétence et le cynisme de commissions successivement chargées d'étouffer le phénomène plus que de l'étudier. Pourtant, les scientifiques du monde entier ont entériné, sans chercher à les confirmer, les conclusions négatives du rapport Condon, dictées par l'armée de l'Air, le FBI et la CIA, et ont abandonné lâchement le travail aux amateurs, qui accumulent depuis un matériel important, mal exploité, malgré l'aide quasi clandestine de quelques scientifiques. Les arguments donnés par la science pour justifier sa dérobade se limitent à l'éloignement des étoiles et à l'impossibilité des performances du phénomène qui violeraient les lois de la physique. N'en est-il pas de même avec la quantique? les lois sont-elles complètes? Le faisceau de présomptions fourni par les perceptions de témoins simultanés indépendants, le radar, la photo et le film, les effets électromagnétiques, les lésions anatomiques et botaniques, les traces à proximité du phénomène, feraient dans tout autre domaine, à tout le moins, rouvrir le dossier. Une rumeur, universelle (la première depuis le déluge !) basée sur des témoignages intercohérents, durant depuis cinquante ans, ne peut se passer seulement dans la tête des témoins et reposer sur du vent. Sinon, c'est la santé mentale d'Homo sapiens qui est en cause. La réaction des scientifiques a été immédiate, bruyante, définitive, c'est-à-dire émotive et irrationnelle. Son origine, consciente ou non, est multiple: peur de l'inconnu; peur d'avoir à remettre en cause la physique et la logique; peur d'être confrontés à une science et une technologie ridiculisant les nôtres; peur d'être confrontés à des psychismes supérieurs, faisant de nous au mieux des écoliers, au pis des animaux de laboratoire. Ce qui supprimerait l'hégémonie qu'Homo sapiens a sur tout, et lui ferait rencontrer, pour la première fois, des juges de nos jeux futiles ou sauvages et des maîtres susceptibles de nous traiter comme nous traitons les animaux. C'est totalement intolérable pour son système limbique qui est 10

capable d'éradiquer cette idée, comme il le fait pour celle de la mort, en suscitant des mécanismes de défense, la négation du phénomène, le rire et la dérision ou, à l'inverse, des idées délirantes, comme la religion des grands frères. Nous sommes devant trois termes d'une alternative: un artéfact psychosocial; un phénomène inconnu nécessitant une révision drastique de la science; une intrusion exobiologique. Les conséquences potentiellement gravissimes du dernier terme commandent de l'envisager et de se préparer au choc que sa confirmation provoquerait. Outre l'étude du phénomène, il convient de prévoir les comportements individuels et collectifs susceptibles d'amortir une confrontation avec des psychismes différents. Manifestement le phénomène ne cherche pas à se dévoiler officiellement, les optimistes y voient une retenue éthique d'ethnologue galactique, les pessimistes, dont je suis, pensent qu'ils n'en ont peut-être pas besoin pour les buts inconnus qu'ils poursuivent. Face aux motivations éventuelles des visiteurs, allant du tourisme galactique à l'hypothèse du zoo, il y a peut-être place pour une solution conviviale, si la menace rendait enfin solidaires les tribus terrestres.

Il

EXPOSÉ DES MOTIFS

L'esprit n'aime pas les inconnues, pas plus que le corps n'aime les protéines. Une idée neuve est l'antigène le plus actif que connaisse la science. [W. Trotter] Les savants croient volontiers que tout ce qui n'est pas explicable par les théories courantes n'existe pas. [A. Carrel] Ceci n'est pas un plaidoyer pour ou contre les soucoupes volantes et autres ovnis, observés depuis la 2e guerre mondiale par des dizaines de milliers de témoins de toutes origines, y compris astronomes et pilotes de ligne, ni pour ou contre leur origine extraterrestre. Il est affligeant de constater que nous en sommes en 1997 exactement au même point qu'en 1947 ; après cinquante ans, nous sommes au même niveau de connaissance qu'à l'éclosion du phénomène extraordinaire, quelle que soit sa nature, dont le discret bruit de fond et les vagues tonitruantes perdurent. Mais il est plus difficile de détruire un préjugé qu'un atome [Einstein]. Ce n'est pas non plus un catalogue exhaustif de rapports d'observations d'ovnis. On trouvera cependant en annexe une sélection de nombreux cas, donnant une idée de leur force de frappe. Ils s'accumulent depuis 1947 en nombre fluctuant selon les années et sont décrits en détails dans une littérature confidentielle scandaleusement tenue d'emprunter les canaux de l'ésotérisme, seuls à les accueillir, et dans de rares revues scientifiques, sous l'angle de la sociologie de la rumeur, de la mythomanie ou de la psychose collective. Ce prétendu phénomène psychologique de masse n'est attribué qu'aux ovnis. Il n'a jamais accompagné les autres traumatismes sociaux dus aux catastrophes naturelles ou humaines, tremblements de terre, bombardements massifs, 13

déportations, génocides, terrorisme, menace nucléaire. Seuls sont aussi suspects les phénomènes mystiques, paranormaux, sectaires. Et c'est bien à quoi on voudrait réduire le sujet. D'aucuns reprochent aux scientifiques ovniologues de se prostituer en écrivant dans des revues soucoupistes ou dans des collections ésotériques. C'est les condamner à se taire. C'est leur seul moyen de publier et ils ont peut-être sauvé l'honneur de la science qui n'aura pas, ainsi, été complètement absente du débat positif. Il est évident qu'ils préféreraient le faire avec de vrais moyens et dans des revues scientifiques. Il faut donc apprécier à sa juste valeur l'acceptation par l'Harmattan de publier cet essai dans sa collection Conversciences. Les psychologues feraient bien aussi d'étudier le comportement a priori négationniste des autorités et des militaires, et leur obsession d'étouffer les témoignages, sans lesquels on ne comprend rien à la tortueuse politique du Pentagone. Si l'on ne veut ni défendre ni attaquer l'hypothèse extraterrestre, si l'on ne cherche pas à psychanalyser et ridiculiser les témoins, ni même à discuter les cas bien documentés, de quoi s'agit-il? De phénoménologie certes, mais surtout d'épistémologie, d'évaluation du degré de connaissance du problème, des choix émotifs prétendus rationnels, des attitudes extrêmes, affichées ou occultées, des réactions des corps sociaux et, en premier, du corps scientifique, caution et alibi de l'attitude des décideurs, de la presse, et de l'opinion publique, mais aussi dupes des militaires et des politiques qui ont affirmé l'inexistence du phénomène. L'armée de l'Air américaine a trompé l'opinion, avec l'aide de quelques scientifiques complaisants. Pour la science, les ovnis n'ont pas franchi le premier stade épistémologique, celui de la prise de conscience de l'existence d'un problème. On s'en tient, une fois de plus dans l'histoire des sciences, au C'est impossible donc c'est faux. Il n'y a qu'une soucoupomanie indigne d'être examinée par le scientifique, sinon à la rigueur par le psychiatre et le sociologue. La moitié de la population, derrière l'établissement, ne croit pas aux soucoupes volantes, étiquetées méprise, fantasme, canular ou cabale; et l'autre moitié, derrière les chercheurs amateurs 14

et une poignée de scientifiques francs-tireurs, croit en l'existence de visiteurs bien ou mal intentionnés. C'est, dit Jacques Vallée, comme si l'on n'avait le choix qu'entre deux thèses: la Lune est faite de fromage blanc et la Lune n'existe pas! Plus les uns accumulent les observations étranges, plus les autres hurlent de rire, situation éminemment scientifique, positive et féconde. Nous allons donc tenter de répondre aux questions suivantes: Comment le phénomène est-il traité? Quelles raisons conduisent la communauté scientifique à refuser son étude? Quels verrous, politique, psychologique, sociologique, bloquent le comportement des scientifiques? Pourquoi adoptent-ils cette attitude émotive irrationnelle? Quel est le jeu des autorités? Pourquoi le problème n'est-il réglé qu'au coup par coup et toujours dans le même sens? Pourquoi pratiquer le déboulonnage systématique de chaque observation, en donnant vite n'importe quelle explication rapide rassurante, en ridiculisant les témoins ou en faisant un silence épais et en refusant d'étudier un phénomène qu'on prétend ni pertinent ni menaçant. L'analyse des faits nous conduira à émettre une hypothèse de travail en rapport avec la nature du psychisme d'Homo sapiens, en particulier de sa variété scientificus, et avec la nature catastrophique du choix imposée par les deux seules hypothèses retenues l'artéfact terrestre au conservatisme rassurant et le séisme du saut dans l'inconnu de l'hypothèse extraterrestre. Je me propose, donc, de disséquer, non pas le
phénomène en soi,

-

ce

qui

nécessite

une

approche

du renseignement que de la science, approche à sortir de l'artisanat, - mais sa scandaleuse absence de prise en charge par les autorités qui y répondent a priori par la dérision, la négation, le jugement de valeur dogmatique. C'est le seul cas dans l'histoire des sciences où une étude unique - sur pièces triées arbitrairement, étude orientée, bâclée, aux résultats programmés d'avance dans un document ad usum delphini - s'est vue aussitôt acceptée par le corps scientifique mondial sans avoir été répétée et confirmée. Attitude irrationnelle récusée partout ailleurs qui

polydisciplinaire,

relevant

autant

15

semble avoir pour finalité d'occulter une éventualité insoutenable, suivant une logique d'évitement et de fuite. Il est vrai que l'absence de modèle et les limites de nos connaissances en physique retardent cette prise en charge [Guérin]. Les scientifiques détestent les soucoupes volantes qui leurs donnent des boutons. Pourtant, on ne peut changer les faits pour leur faire épouser plus aisément un mode de pensée préfabriqué. En l'absence d'expérimentation possible et de reproductibilité, nous devons nous soumettre à la sanction de l'observation [Gauquelin]. Seules les sciences humaines ont daigné s'intéresser au phénomène, mais peu et sous les aspects du mythe, du fantasme, de la rumeur et de l'hystérie collective, avec l'apriorisme de l'inexistence physique du phénomène. Pour la première fois dans l'histoire de l'homme, il existe une rumeur planétaire à laquelle répond le silence des anthropologues, qui vont aux antipodes étudier les transes des chamanes, mais ne daignent pas voir les mêmes phénomènes chez les contactés... Les publications de psychologues, de sociologues ou d'éthologues portant sur la matière directe des rapports d'ovnis sont rarissimes pour ne pas dire inexistantes [Méheust]. Vous voyez: les sciences humaines elles-mêmes n'en veulent pas! Ces remarques prennent d'autant plus de poids que Méheust a donné une nouvelle dimension au phénomène ovnien en montrant les analogies des témoignages avec les prédictions de la science fiction et les visions des sorcières médiévales. Sans nier l'existence d'un support physique connu ou inconnu, il envisage une distorsion soucoupisante ou effet Tartarin faisant prendre un chat pour un tigre et une voiture pour une soucoupe. Après un demi-siècle d'abstention, qui sera dite criminelle si le phénomène se révélait réel et dangereux, il serait temps de procéder à une analyse scientifique, statistique, phénoménologique et psychosociologique d'un processus dont on ne sait toujours pas s'il se déroule au dessus de nos têtes ou dans nos têtes. Dont on ne sait même pas s'il s'agit d'un phénomène physique pur ou psychophysique. Dont on ne sait pas si les réactions des témoins sont induites par l'imagination et la peur ou manipulées par le phénomène. Il

16

est intéressant de constater que l'intelligence humaine est capable de disserter si longtemps et d'émettre les jugements les plus définitifs, sur l'origine et la nature d'un phénomène, dont elle n'a même pas tenté préalablement de faire la preuve consensuelle de sa réalité. Ce qui est réclamé depuis cinquante ans! - Aussi longtemps que l'on n'a pas prouvé l'existence d'un phénomène, comment peut-on oser étudier n'importe quelle supposition hasardeuse à propos de ses causes [Hynek, 1972]. - Il appartient à la science de déterminer d'abord si le phénomène ovnien a une réalité physique. Malheureusement il s'agit moins d'une étude rationnelle que d'un véritable procès... Il est de bon ton dans les milieux scientifiques de traiter le problème d'un haussement d'épaules. C'est trop facile [Biraud et Ribes, 1970]. - Il est inadmissible qu'un phénomène inconnu, quel qu'il soit, soit ainsi rejeté (ou accepté) sans études objectives, extensives et contradictoires... Et il est essentiel d'étudier et d'établir l'existence ou l'inexistence des ovnis sans se préoccuper de spéculations sur leur origine [Mavrakis, 1986]. A ces demandes de simple bon sens répondent le silence ou le ricanement. Les trois hypothèses sur l'origine du phénomène se ramènent à deux: l'artéfact terrestre, psychique ou physique, lénifiant et rassurant; le visiteur extraterrestre, éventualité si choquante qu'elle génère deux types extrêmes de réponse: le culte angélique ou la négation brutale; mécanismes de défense devant l'éventualité d'une confrontation avec des entités supérieures. Adhésion mystique des fervents et rejet sans examen des scientifiques se rejoignent dans l'absence de lucidité et d'esprit critique. Devant le fait incontestable de témoins crédibles rapportant des observations extraordinaires mais corrélées sur toute la planète et renforcées par des traces et des mesures, on doit faire cesser la schizophrénie d'une humanité déchirée, les uns affirmant l'existence du phénomène et donnant une interprétation, jugée délirante par les autres, diagnostic leur paraissant suffisant à nier l'existence du fait déclencheur et justifiant a priori non la recherche de la vérité, mais l'explication naturelle, au besoin

17

tirée par les cheveux. - Je ne sais pas ce que nous avons vu, mais nous avons vu quelque chose d'aussi réel que possible [Lettres de pilotes à Hynek]. - En somme, des choses incroyables rapportées par des gens crédibles [Général Sanderson]. Il est bien entendu qu'on ne parle ici que du seul phénomène ovnien, c'est-à-dire du noyau dur, 5 à 25% des observations selon les enquêtes, résistant à toutes les tentatives d'explication des experts et enquêteurs, et qu'on tente de noyer dans les nombreuses méprises, rapportées complaisamment et longuement alors qu'elles devraient être écartées comme étant hors sujet ou réservées à l'étude du diagnostic différentiel au seul usage des experts. On les utilise comme arme de démonstration de l'inexistence du phénomène, ce qui n'aurait de sens que si elles représentaient cent pour cent du phénomène. Un seul phénomène contraire suffit en science à saper une théorie. On est donc dans la situation aberrante de deux prises de position extrêmes et manichéennes, aussi irrationnelle l'une que l'autre, s'envoyant preuves ou arguments logiques et statistiques en monologues de sourds, mais surtout discutant de la nature, terrestre ou non, d'un phénomène dont on n'a même pas, au préalable, prouvé la réalité physique. Cet essai n'a d'autre prétention que de tenter de convaincre les scientifiques de chercher enfin à identifier le phénomène et, seulement après, à spéculer et discuter sur sa nature et son origine, et à confirmer ou infirmer l'hypothèse extraterrestre, la seule potentiellement dangereuse. Au lieu de répéter: Circulez, il n'y a rien à voir, cherchons à identifier ce qu'ont vu ceux qui disent avoir vu des sphères oranges, des disques en rotation, des cigares à hublots, des triangles à quatre feux, des faisceaux lumineux tronqués ou courbés, des porte-avions à l'envers au ras des arbres! Je réclame l'étude sérieuse du phénomène. Je refuse de prendre parti dans un débat de convictions, j'expose les témoignages et tente de démonter les mécanismes de blocage des intellectuels. Car, les convictions sont plus dangereuses que les mensonges [Nietzsche].

18

J'accuse

J'accuse les politiques, les militaires, le corps scientifique rien à étudier du planétaire, - y compris ceux qui n'auraient phénomène, et ils sont peu nombreux, - de démission intellectuelle devant le fait potentiellement le plus important et le plus grave de ces cinquante dernières années, pour refus de l'étudier, et pour avoir émis les jugements de valeurs les plus dogmatiques et les moins documentés sur le phénomène, les railleries les plus stupides et les plus arbitraires sur les témoins. Tactique qui a pour résultat (ou pour but ?) d'entraîner l'autorétention. de 90% des témoignages. J'accuse les décideurs et les médias d'empêcher scientifiques de prendre au sérieux le phénomène. J'accuse les scientifiques quelques travaux américains, infirmer, comme ils le font découverte ou fait nouveau. . Depuis scientifique quand les

de n'avoir pas repris les pour les confirmer ou les habituellement pour toute par le corps de leur de la

sans avoir été répétée

une étude

est-elle acceptée et confirmée?

J'accuse les scientifiques d'avoir suivi les conclusions commissions de scientifiques choisies pour méconnaissance du sujet, encadrées par des officiers l'Air et des pontes du renseignement. Depuis quand les scientifiques délibèrent-ils houlette de J'armée et du contre-espionnage? sous

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Or, dans le cas du phénomène ovnien, la révision des conclusions des commissions scientifiques de la Force Aérienne des États-Unis s'imposait d'autant plus que d'autres scientifiques américains accusaient ces commissions d'avoir travaillé vite et mal et, pis encore, sous la pression du Pentagone, de la CIA, du FBI et du 2e Bureau de l'Armée de l'Air. On verra que le fameux rapport Condon, censé avoir enterré le phénomène, émettait des conclusions rassurantes (en tête d'un livre de mille pages) après avoir, de son propre aveu, réussi à n'expliquer que les trois-quarts des cas qu'on lui avait soumis après tri aseptisant, et après avoir viré deux de ses membres qui avaient découvert et publié le mémorandum de l'offre de service du comité préjugeant de conclusions canoniques, et ce malgré les avis contraires de plusieurs de ses membres intégrés dans le rapport. La réalité du phénomène ovnien doit être étudiée dans le calme des laboratoires, à qui l'on donnera, non des conseils, mais des moyens. Les sciences humaines continueront d'étudier les manifestations psychiques du phénomène qui témoignent d'un traumatisme réel, à connaître et à prévenir par l'éducation du public. Réalité, si réalité il y a, qui paraît nous manipuler facilement puisqu'elle semble depuis 50 ans avoir neutralisé, avec brio et efficacité, le seul corps terrestre susceptible de la détecter et de l'identifier: le corps scientifique. Ce n'est pas seulement par sa technique que le phénomène nous surplombe de très haut, ses services de désinformation semblent, mutatis mutandis, avoir mené à bien la même opération que si la CIA et le KGB avaient imposé l'idée, par l'intermédiaire des scientifiques, qu'ils n'existaient pas et n'avaient jamais existé!

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SOURCES Ce qui fait la science, c'est la méthode et non l'objet. [Descartes]

Pour avoir une chance d'être lu par ceux qui se disent rationalistes purs et durs, je m'appuierai - c'est nécessaire à moins de sectarisme -, mais avec circonspection, sur la littérature ovnienne, livres et revues; ils pratiquent l'analyse subjective ou objective de cas significatifs, sans investigation poussée du fait de la désertion des scientifiques, au pis une compilation lassante des multiples témoignages, des plus documentés aux plus farfelus, assortie parfois de considérations fumeuses y mêlant, la Bible, les apparitions mystiques, et le paranormal. Certains pratiquent la forme hébertienne du déboulonnage en exagérant les aspects paranormaux du phénomène pour le rendre encore moins crédible. D'autres les occultent. Le phénomène est noyé dans son propre bruit tant par ceux qui cherchent à l'en extraire que par ceux qui cherchent à l'y fondre. Je citerai essentiellement les écrits de spécialistes irrécusables par le scientifique de bonne foi. Ce sont des astronomes, astrophysiciens et physiciens: Biraud, Guérin, Hynek, Macdonald, Martin, Petit, Poher, Ribes.., dont l'un a été le conseiller scientifique des commissions américaines d'étude des ovnis pendant 18 ans chargé du déboulonnage des observations les plus pertinentes avant de faire son autocritique et de passer à l'ennemi; des techniciens de l'aéronautique: Greslé, pilote de chasse, commandant de bord d'Air France, titulaire de plusieurs observations dont une corroborée par trois radars indépendants, Keyhoe, 21

officier aviateur du corps des marines, directeur du NICAP, Ruppelt, ingénieur, premier responsable du programme d'études américain, lui aussi déboulonneur retourné par ses propres études, mais pathétiquement revenu sur sa conversion au nom de la raison d'état; divers ovniologues autodidactes sérieux [Bougard, Fouéré, Mesnard, MicheL..] Pour la dimension psychologique, je me référerai à C.G. Jung, à qui on fait dire ce qu'il n'a pas dit, à un psychiatre, Mavrakis et à un sociologue, Méheust, à un informaticien Vallée. Mais il faut aussi étudier les politiques de désinformation flagrantes, subtiles, programmées ou mimétiques.

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SÉMANTIQUE

DU PHÉNOMÈNE

OVNIEN [Paul Valéry]

Entre deux mots il faut choisir le moindre

Devant un fait entièrement nouveau, nous n'avons ni mots, ni concepts, ni modèles. Aucun point de comparaison, aucune référence, rien que de vagues analogies, d'où l'étrangeté des comptes-rendus d'observations et la foison de termes approximatifs. D'où la longue phase de prise en compte du phénomène, qui n'est pas encore terminée. Nous ne percevons que ce dont nous avons un modèle d'accueil dans notre mémoire, d'où le flou des observations d'ovnis, d'où les différences de perceptions des observateurs simultanés, d'où le nombre important de ceux qui auraient dû voir et qui n'ont rien vu. On ne connaît pas quelque chose, on reconnaît. A modèles flous, prise de conscience à surface variable et sémantique errante. Le phénomène a démarré en 1947 par l'observation de Kenneth Arnold de discoïdes à vitesse suprasonique, qu'il compara à des soucoupes ricochant sur la mer, termes auxquels les journalistes ont fait un sort. La sémantique du phénomène prend un départ en ferblanterie avec le terme de soucoupe volante, propre à susciter la plaisanterie qui sera la dimension principale du phénomène. S'il avait parlé de disque aérien, le phénomène aurait été moins marqué par la dérision et le sarcasme, dès le début. On parle aussi de cigare, œuf, boule, soupière, etc., témoignant d'une grande imagination ménagère et surtout de l'absence de terminologie adaptée au phénomène. Au cours de la vague de 1896, on avait vu des vaisseaux aériens. On trouve rarement nef, astronef, cosmonef. La terminologie de carré, losange, triangle, rectangle, de la géométrie plane, est curieusement plus fréquente que cône, sphère, cylindre, 23

de la géométrie dans l'espace, plus appropriée. L'adoption du terme objet volant non identifié, heureusement neutralisé en ovni, n'est pas plus heureuse, car il pourrait s'agir de projections ou d'hologrammes, voire d'artéfacts ou d'illusions sensorielles spontanées ou provoquées. La terminologie d'objets à identifier implique la réalité physique d'une entité ou d'une structure matérielle sur laquelle il ne reste plus qu'à mettre un nom. Or on ne peut présumer de cette réalité tant que l'absence de preuves consensuelles permettra à beaucoup de la nier. On devrait seulement parler de phénomènes aériens inconnus, extraordinaires, inexplicables; il est trop tard pour tenter de luxer ovni, incrusté et meilleur que soucoupe, mais il est temps aussi de le dessigler et de le substantiver définitivement. D'ailleurs, on aurait dû dire objets volants inidentifiés. Mais la mode est depuis peu d'abandonner les constructions du génie de la langue, c'est-à-dire des siècles d'autocréation cohérente: inassistance, inséparable, insoluble, irrespect, etc, luxés par l'anglicisme non assistance, non séparable, non soluble, non respect... On a ainsi construit le premier mot français utilisant la suite vn. Ovi se déclinait mieux. On aurait moins hésité entre oviologie et ufologie. C'est une des raisons du rejet d'ovniologie. Car il est incohérent d'avoir choisi ovni et de parler d'ufologues et d'ufologie. Ou ufo, ufologie, ufologue, ou ovni, ovniologue, ovniologie ; poser le problème ainsi c'est le résoudre. Mais si on admet ovni, pluriel ovnis, cela implique l'adjectif correspondant: j'ai hésité entre ovnial, ovniste, ovnique, et adopté ovnien selon le principe d'économie de Valéry. Greslé a choisi ovniaque, l'avenir dira lequel sera adopté. En matière de langue, il n'y pas d'autorités décisionnelles sinon le peuple et le génie de la langue. Les dictionnaires ne font qu'enregistrer l'usage du moment, ils ne sont pas normatifs. Les académies ne peuvent que conseiller. Ce n'est pas une raison, parce que le phénomène a pris son envol aux États-Unis, pour adopter leur terminologie. Par exemple, parler de projet Signe, Rancœur ou Livre Bleu n'est

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