Etudes de cosmologie philosphique

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La cosmologie a pour objet la totalité de l'univers sensible. De ce fait, elle entre nécessairement en contact avec la philosophie, surtout réaliste, car celle-ci nourrit une ambition voisine et se propose de découvrir les principes et causes de l'ensemble de la réalité. Aujourd'hui, il est devenu évident que la cosmologie pose au philosophe des questions aussi importantes que celles des limites de l'univers, de la réalité de son mouvement et du temps, de son origine et de son principe.

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Date de parution 01 septembre 2013
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EAN13 9782336324722
Langue Français

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Sous la direction de Michel BASTIT
ÉTUDES DE COSMOLOGIE PHILOSOPHIQUE
OUVERTUREPHILOSOPHIQUE
Études de cosmologie philosophique
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00056-5 EAN : 978234301000565
Sous la direction de Michel Bastit Études de cosmologie philosophique
L’Harmattan
Ouverture philosophique Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot
Une collection d'ouvrages qui se propose d'accueillir des travaux originaux sans exclusive d'écoles ou de thématiques. Il s'agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions qu'elles soient le fait de philosophes « professionnels » ou non. On n'y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu'habite la passion de penser, qu'ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques.
Dernières parutions
Alain MULLER,Pensée dialogique et langage dans la philosophie de Franz Rosenzweig,2013. Jean-Jacques BAILLY,Éros et infini. Tome 1 : le monde, le sujet, le sens, 2013 Jean-Jacques BAILLY,Éros et infini. Tome 2 : le sens, le signe, l’éros du bien et du mal, 2013. Éléonord WILLOT,Light-Shows psychédéliques de San Francisco. LSD, art & rock’n’roll, 2013. Michel YERMOLOFF,Le Solitaire des Alpes ou la Vérité religieuse devant la Raison, 2013. José CUPIDO,Metaphysica theoria, 7 tomes, 2013. Roland TOURNAIRE,Être et langage, 2013. Vinicio BUSACCHI,Pour une herméneutique critique. Etudes autour de Paul Ricœur, 2013. Ionel BUSE,Mythes populaires dans la prose fantastique de Mircea Eliade, 2013. Pascal KRAJEWSKI,L’art au risque de la technologie I. Les appareils à l’œuvre, 2013. Pascal KRAJEWSKI,L’art au risque de la technologie II. Le glaçage du sensible,2013. Thierry GIRAUD,Le désir-temps. Essai sur le temps suspendu, 2013.
Introduction MichelBastit Archives Henri Poincaré, Université de Lorraine – CNRS Université de Bourgogne (France)
Hermann Bondi a estimé que « La cosmologie est la vé-ritable science qui embrasse tout, le lien longtemps recher-ché entre la philosophie et le monde physique » (Cosmology, 2010, p. 5). En effet le renouveau de la physique, sous l’im-e pulsion d’Einstein, au début duxxsiècle, a permis l’éla-boration de deux théories très générales, la relativité et les quanta, qui ont eu à leur tour pour effet un renouveau de la cosmologie. Cette science a évidemment pour objet la tota-lité de l’univers sensible. De ce fait, elle entre nécessairement en contact avec la philosophie, surtout réaliste, dans la me-sure où celle-ci nourrit une ambition voisine et se propose de découvrir les principes et causes de l’ensemble de la réalité. Les grandes philosophies qui ne contiennent pas une partie consacrée à l’univers pris dans son ensemble sont rares et font plutôt figure d’exception. Certes, à la suite de Kant, cette dimension de la philosophie s’est momentanément at-ténuée. Mais aujourd’hui, il est devenu évident que la cos-mologie pose au philosophe des questions aussi importantes que celles des limites de l’univers, de la réalité de son mou-vement et du temps, de son origine et de son principe, de la présence ou de l’absence d’un nouvel éther, de la causalité enfin. De celle-ci Gödel, à la suite d’Aristote et de tous les rationalistes, a noté depuis longtemps qu’elle est le concept philosophique fondamental (Collected Works, III, p. 433).
Les textes réunis ici sont issus d’une journée d’étude qui s’est tenue à Nancy dans le cadre des Archives Poincaré et qui inaugure une série de recherches sur les dimensions philo-sophiques de la cosmologie. Ils contiennent donc des contri-butions consacrées à certains de ces points de contact entre cosmologie et philosophie.
iv
Michel Bastit
C’est à la causalité justement que sont consacrés les ar-ticles de Michel Heller et Éric Trelut. Le premier montre les limites de la conception humienne de la causalité confrontée au monde quantique qui règne à la limite classiquement me-surable de l’univers. Mais ce n’est peut-être pas simplement la causalité humienne qui trouve là ses limites, ce pourrait aussi être l’indication des limites mêmes de la connaissance physico-mathématique de l’univers qui devrait laisser alors la porte ouverte à des questions proprement philosophiques. De son côté Éric Trelut souligne également les limites de la causalité, telle que conçue en physique lorsqu’elle se résout en une simple asymétrie. Il suggère, à la suite de Charles de Koninck, de combler ces déficits de la physique mathé-matique par un recours à la philosophie de la nature. Reste ouverte cependant la question de savoir si toute causalité, même en philosophie de la nature, n’implique pas une asy-métrie, fût-elle ontologique. Si c’était le cas, il serait possible d’enrichir la causalité sans se débarrasser de l’asymétrie.
Éric Bois propose d’envisager, à partir de la constatation d’un univers essentiellement mouvant, d’une nature au sens aristotélicien, la possibilité d’une origine de l’univers située hors de l’univers. Cet intéressant programme, déjà mis en œuvre dans son livre, passerait par une induction ontologique qui conduirait à une source d’existence. Cette induction ne peut-elle et ne doit-elle pas être reformulée plus rigoureuse-ment, notamment en mettant mieux en lumière le medium démonstratif, logique et physique ?
Si la problématique de Bois se situe plutôt du côté de la causalité efficiente, le texte d’Hervé Barreau entreprend, à partir d’une analyse philosophique du modèle cosmologique standard et de ses nombreuses confirmations expérimentales des réglages fins qu’il permet de constater – et qui se tra-duisent sous la forme du principe anthropique –, de montrer que la philosophie peut légitimement conclure à une cause finale de l’univers qui a valeur explicative pour la façon dont il se développe.
Introduction
v
La causalité privilégie les entités actives, mais celles-ci n’agissent pas de façon désordonnée. Elles agissent selon des lois qui présentent intelligibilité et constance. Il devient alors possible de remonter à l’intelligence source de ces lois qui commandent les actions des entités. Telle est la démarche rigoureuse entreprise par Lydia Jaeger. Mais, pour arriver à ces lois ou à ces réglages fins, est-il nécessaire de faire appel à une Intelligence ? Un certain nombre de cosmologues ont avancé l’idée qu’il serait possible d’y parvenir en multipliant les coups de dés, c’est-à-dire en réalisant successivement la multiplicité des univers possibles. Francisco Soler-Gil montre le coût excessif de cette thèse peu économique. Mais il ne s’en tient pas à ce versant critique et montre que la pré-sence d’un univers particulier au milieu des possibles peut être mieux expliquée par l’activité d’une cause intelligente et organisatrice. Deux exposés se placent sur un plan plus directement métaphysique. David Bézier montre, à la suite de Miller, que puisque l’existence de l’univers est celle d’un individu et que tout individu existant implique une cause de son existence, il est nécessaire d’attribuer l’existence de l’univers à une cause incausée qui soit l’Existence Subsistante. Yann Schmitt exa-mine les présupposés de l’argument cosmologique par le com-mencement, développé de nos jours par W. L. Craig dans le prolongementdelatraditiondeJeanPhiloponetduK¯alam. Il ressort de cette analyse que l’argument possède une force probatoire plus grande s’il s’appuie sur une démarche induc-tive qui permet, évidemment, de faire l’économie du plus grand nombre possible de présupposés. Cet ensemble laisse de côté de nombreux problèmes dont on espère qu’ils pourront être abordés dans le cadre du déve-loppement d’un programme de recherches futur. Ils méritent une exploration philosophique rationnelle rigoureuse, loin des évocations métaphoriques ou des conclusions hâtives dont il est temps que les philosophes se détachent. De tels question-nements ne peuvent en effet que stimuler toute recherche de la sagesse, c’est-à-dire toute philosophie véritable, l’incitant à poser son problème ultime.
Cosmologie et finalité HervéBarreau CNRS, Strasbourg, Nancy (France)
L’homme vit sur la Terre, qui est, jusqu’ici, d’après les informations dont nous disposons, la seule planète habitée par des êtres vivants, mais le même homme, non content de porter une marque, qu’on peut aujourd’hui estimer excessive, sur son environnement, pense l’Univers dans son ensemble. De cet Univers la Terre fait partie, à travers le Système so-laire, la Voie Lactée et notre amas de galaxies. L’homme est même le seul être vivant sur Terre à penser l’Univers dans sa totalité, puisque seule la pensée peut embrasser l’Univers qui rassemble par définition tout ce qui existe dans l’espace et le temps. La capacité de penser l’Univers est certes un privilège e humain qui frappait déjà Pascal auxviisiècle, et qui témoi-gnait pour lui de la grandeur de l’homme. Mais il y a loin de la pensée de l’Univers à sa connaissance. Les connaissances que l’homme acquiert de l’Univers varient et progressent se-lon les époques et diffèrent également les modes d’explication qu’il trouve, une fois qu’il s’est fait, avec les moyens dont il dispose, l’artisan de ce tableau d’ensemble. Aujourd’hui encore, et il vaudrait mieux dire surtout aujourd’hui, car le progrès des connaissances astrophysiques est considérable depuis trois quarts de siècle, la cosmologie n’échappe pas à cette double question. Nous sommes donc conduits à cette double interrogation : quel est cet Univers que nous pouvons penser ? Quelle est la raison d’être de sa prodigieuse exis-tence ? C’est à cette double question que nous allons essayer de répondre.
publié dans. Déjà Filosofia, Scienza et Bioetica, Studi in onore di Evandro Agazzi,Roma, 2007, 975–991.