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Gabriel Marcel : Une métaphysique de la communion

De
240 pages
Gabriel Marcel, un grand penseur français du XXe siècle, est l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages et d'études philosophiques, d'une importante œuvre théâtrale et de remarquables critiques musicales. La première partie de ce recueil est constituée par des études consacrées à l'œuvre marcellienne lue selon ses grands thèmes et moments. La seconde partie, des textes bien plus nombreux, traite des rapports et des analogies entre Gabriel Marcel et certains de ses contemporains, notamment N. Berdiaeff, G. Thibon et E. Lévinas.
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TExtEs RàssEmbLés pàR JoëL BoUësséE
GaBriel Marcel : unE métàphysIqUE dE Là CommUnIon
avEC UnE IntRodUCtIon pàR MIkLos VEtö
ouverturephilosophique
Gabriel Marcel : une métaphysique de la communion
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-01495-1 EAN : 9782343014951
Textes rassemblés par Joël Bouëssée
Gabriel Marcel : une métaphysique de la communion
Avec une introduction par Miklos Vetö
L’Harmattan
Ouverture philosophique Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot
Une collection d'ouvrages qui se propose d'accueillir des travaux originaux sans exclusive d'écoles ou de thématiques. Il s'agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions qu'elles soient le fait de philosophes «professionnels »ou non. On n'y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu'habite la passion de penser, qu'ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques.
Dernières parutions
Roger TEXIER,Ré-créations cartésiennes, 2013. Marcel NGUIMBI (dir.),Penser l’épistémo-logique, 2013. Joël BALAZUT,Heidegger une philosophie de la présence, 2013. Sophie ASTIER-VEZON,Sartre et la peinture. Pour une redéfinition de l’analogon pictural, 2013. Jordi COROMINAS, Joan Albert VICENS,Zubiri. La solitude Xavier sonore (Tome 2 1931-1940), 2013. Mara Magda MAFTEI,Cioran et le rêve d’une génération perdue,2013. Lou FERREIRA,Oscar Wilde. Une esthétique de la tragédie, tome 2, 2013. Lou FERREIRA,Oscar Wilde. Une philosophie de la provocation, tome 1, 2013. Denise MODIGLIANI,Fragments pour une poétique du discours historique, 2013. Alain MULLER,Pensée dialogique et langage dans la philosophie de Franz Rosenzweig,2013. Jean-Jacques BAILLY,Éros et infini. Tome 1: le monde, le sujet, le sens, 2013 Jean-Jacques BAILLY,: le sens, le signe, l’éros duÉros et infini. Tome 2 bien et du mal, 2013. Éléonord WILLOT,Light-Shows psychédéliques de San Francisco. LSD, art & rock’n’roll, 2013. Michel YERMOLOFF,Le Solitaire des Alpes ou la Vérité religieuse devant la Raison, 2013. José CUPIDO,Metaphysica theoria, 7 tomes, 2013. Roland TOURNAIRE,Être et langage, 2013. Vinicio BUSACCHI,Pour une herméneutique critique. Etudes autour de Paul Ricœur, 2013.
NOTE LIMINAIRE ENTRE DEUX COLLOQUES
Le 8 octobre 1973, à 84 ans Gabriel Marcel mourait. Faisant preuve de sollicitude, autant que d’attachement, Jeanne Hersch devait écrire que Marcel ne pouvait pas mourir puisqu’il était voué à demeurer un vivant disparu.
L’émotion était là. Elle sera accompagnée par la publication d’hommages qui feront autorité. La famille du philosophe, les lecteurs, les amis entendaient poursuivre. Ils finiront par donner naissance à une communauté associative, pour le reste, ils ne savaient pas trop comment s’y prendre. Le célèbre historien de philosophie, Maurice Patronnier de Gandillac, constatant cette incertitude rappela que six semaines plus tôt Marcel avait été à Cerisy La Salle, l’objet d’une décade tenue en sa présence. Un testament, pour ainsi dire fait en commun, avec ceux qu’il avait le mieux pratiqués : Paul Ricoeur, Jeanne Parain-Vial, Xavier Tilliette, etc. Aussi d’autres plus jeunes qui, s’ils ne l’avaient pas connu, déjà vivaient dans le rayonnement de sa pensée.
Le ciel s’éclairait. Une association intituléePrésence de Gabriel Marcelvit le jour le lundi 13 janvier 1975 en la chapelle Saint Bernard de la Gare Montparnasse, un curieux domicile… Henri Gouhier de l’Académie française présidera la nouvelle instance.
On mit en train la publication des actes du Colloque de Cerisy tenu du 24 au 31 août 1973. A Neuchâtel, les éditions de la Baconnière se montrèrent intéressées, l’ouvrage parut en 1976.
Dans la foulée deux projets s’imposaient. Il fallut d’abord donner suite à la réunion organisée à Genève en 1975 par Jeanne Hersch où Jean Wahl fut comparé à Marcel. Ils étaient très proches et disparurent à quelques mois d’intervalle. En 1997, l’ouvrage fut édité chez Beauchesne.
En 1970, la télévision française dans le cadre de l’émission Archives du XXème siècle de Jean-José Marchand avait demandé à Pierre Boutang de s’entretenir avec l’auteur duJournal Métaphysique. Nous reprîmes cette
conversation qui sera publiée également en 1997 mais par l’éditeur Jean-Michel Place.
Ces rencontres dialoguées étaient devenues la norme. Il s’en est tenu pendant ème des années à l’Hôtel de Coulanges,rue des Francs-Bourgeois à Paris 4. Tout commença en 1980 et se prolongea jusqu’au moment où Jean-Marie et Anne Marcel offrirent à la Bibliothèque Nationale les manuscrits et la correspondance de leur père. Se sentant redevable, la B. proposa qu’ait lieu chez elle un colloque international dont elle assurerait le coût. En Septembre 1988, celui-ci eut lieu et fut organisé parPrésence de Gabriel Marcel. Les actes en sortiront à la B. N. en Décembre de l’année suivante. Après ce lourd travail, on comprendra que les conférences à deux voix se soient essoufflées.
Aujourd’hui nous publions une série de ces travaux qui donneront, pensons-nous, un bon aperçu de Gabriel Marcel et des voisinages suscités: pensée constamment interrogative «à la jonction du soi et de l’autre», elle prédispose de ce fait à la construction de la personne. Si le professeur MiklosVetö n’avait pas ressenti de l’intérêt pour cela, ces communications, dormiraient toujours chez moi, dans la poussière du débarras dont elles n’avaient pas été extraites depuis plus de trente ans…  JoëlBouëssée  7Juin 2013  MontfortL’Amaury
8
INTRODUCTION
La pensée et la figure de Gabriel Marcel, tellement présentes sur la scène philosophique et culturelle française des années trente-soixante du siècle dernier, sont quasiment tombées dans l’oubli. Sans doute, on assiste à un léger frémissement ces dernières années : on se remet à écrire des thèses sur sa philosophie, on organise des colloques sur l’homme et son oeuvre, mais à côté de la présence et de l’influence ininterrompues et combien vigoureuses d’un Sartre et d’un Merleau-Ponty et surtout d’un Lévinas, le penseur d’Être et Avoir nesemble pas faire le poids. Pourtant Marcel avait joué un rôle très important dans lagenèse de la réflexion de Merleau-Ponty et les lecteurs de Lévinas ne peuvent que constater les renvois et les rappels respectueux aux positionsmarcelliennes. Tous ceux qui étudient l’histoire de la pensée chrétienne au XXe siècle dernier rencontrent la personne de ce philosophe, des références à ses écrits. Les essais qui suivent sont consacrés à la discussion d’aspects divers de cette œuvre. Ils ne prétendent aucunement présenter une espèce de précis des idées et des positions marcelliennes, ni même disserter sur leur «actualité ».Ils n’ont été choisis que pour ouvrir quelques pistes, pour donner quelques repères à ceux qui désirent lire ou relire Gabriel Marcel. Écrivant inlassablement pendant une soixantaine d’années, Marcel a laissé une immense œuvre : des traités et des opuscules philosophiques, des pièces de théâtre, des écrits de critique littéraire et musicale, même des compositions musicales. Or nous entendons limiter cette introduction à son oeuvre proprement philosophique. Conçue à partir de l’héritage de l’idéalisme spéculatif allemand et anglo-américain, fortement enracinée dans la tradition du spiritualisme français, cette pensée est contemporaine de l’avènement et de l’épanouissement de la Phénoménologie. Sans doute, Marcel n’était pas phénoménologue au sens strict, husserlien du terme, mais sa réflexion était fécondée par la lecture assidue d’un Jaspers et d’un Heidegger… et par l’exaspération qu’il ne cessait de ressentir devant Sartre. L’apogée de sa renommée et de son influence se situe dans une période où la phénoménologie avait œuvré quasiment sous les couleurs de la philosophie de l’existence. Or Gabriel Marcel lui-même récusait l’appellation d’existentialiste, même de l’existentialiste chrétien, et a préféré désigner sa pensée comme « un socratisme chrétien ». Sa réflexion, sans qu’elle subisse des ruptures claires, des mutations radicales, se divisegrosso modoen trois grandes périodes.D’abord, une métaphysique qui élabore ses principaux