228 pages
Français

Imagination, espace et temps

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Description

Cette première partie vise à rendre claires les différences entre l'imagination et la sensibilité, en thématisant dans un premier moment l'imagination telle que la présente Husserl, puis en poussant plus loin l'étude de ses conditions de possibilité, par une analyse détaillée de la sensibilité : d'abord de la constitution de la chose spatiale et de l'espace lui-même, ensuite de la constitution de la consience comme flux des Erlebnisse et du temps lui-même.

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Date de parution 01 juillet 2011
Nombre de lectures 43
EAN13 9782296463752
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Imagination, espace et temps
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-54219-8 EAN : 9782296542198
Aimberê Quintiliano
Imagination, espace et temps
Sur la théorie phénoménologique de l’intuition
Première partie
L¡Harmattan
Ouverture philosophique Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et BrunoPéquignot
Une collection d'ouvrages qui se propose d'accueillir des travaux originaux sans exclusive d'écoles ou de thématiques. Il s'agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions qu'elles soient le fait de philosophes "professionnels" ou non. On n'y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu'habite la passion de penser, qu'ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ouÇ polisseurs de verres de lunettes astronomiques.
Dernières parutions
Gilles R. CADRIN,L’animal autoréférent. Esquisse d’un modèle transdisciplinaire de l’humain, 2011. Aimberê QUINTILIANO,Imagination, espace et temps, 2011. Aimberê QUINTILIANO,La perception, 2011. Pascal GAUDET,Kant et la fondation architectonique de l’existence,2011. Camille Laura VILLET,: entendre le monde.Voir un tableau Essai sur l’abstraction du sujet à partir de l’expérience picturale, 2011. Jan-Ivar LINDEN,L’animalité. Six interprétations, 2011. Christophe Rouard, Lavérité chez Alasdair MacIntyre, 2011. Salvatore Grandone,Lectures phénoménologiques de Mallarmé, 2011. Franck ROBERT,Merleau-Ponty, Whitehead. Le procès sensible, 2011. Nicolas ROBERTI,Raymond Abellio (1944-1986). La structure et le miroir, 2011. Nicolas ROBERTI,Raymond Abellio (1907-0944). Un gauchiste mystique, 2011. Dominique CHATEAU et Pere SALABERT,Figures de la passion et de l’amour, 2011. François HEIDSIECK,Henri Bergson et la notion d’espace, 2011.
REMERCIEMENTS
A mon père, ce Vieux Matelot qui m’apprit à affronter les pires tempêtes
On veut toujours que l’imagination soit la facultéde former des images. Or elle est plutôt la facultéde déformer les images fournies par la perception, elle est surtout la facultéde nous libérer des images premières, de changer les images. S’il n’y a pas changement d’images, union inattendue des images, il n’y a pas imagination, il n’y a pas d’action imaginante. Si une image présente ne fait pas penser à une image absente, si une image occasionnelle ne détermine pas une prodigalité d’images aberrantes, une explosion d’images, il n’y a pas imagination. Il y a perception, mémoire familière, habitude des couleurs et des formes. Le vocable fondamental qui correspond à l’imagination, ce n’est pas image, c’est imaginaire. Grâce à l’imaginaire, l’imagination est essentiellement ouverte, évasive. Elle est dans le psychisme humain l’expérience même de l’ouverture, l’expérience même de la nouveauté.
Bachelard,L’Air et les songes
Je remercie tous ceux qui m’ont aidé et encouragé tout au long de de ce travail, professeurs, proches et amis. Je voudrais marquer tout particulièrement ma reconnaissance à Renaud Barbaras, qui ma fait découvrir la phénoménologie et qui ma accompagnéau long de ces longues r années de recherches. Je tiens aussi à remercier le P Rudolf Bernet, directeur des archives Husserl de Louvain, pour son accueil, ainsi que Ulrich Melle et Thomas Vongehr pour leur présence et leur assistance pendant mon séjour à Louvain. Je noublie paségalement les précieuses remarques et les conseils de Robert Brisart, Natalie Depraz et Jocelyn Benoist, qui mont permis de remanier la première version de mon travail pour le préparer à la publication. A.Q
INTRODUCTION
Le thème de l’intuition, pour la phénoménologie, est fondamental. Nous connaissons les nombreuses discussions, les aller-retours de Husserl en ce qui concerne cette question. Il s’agit pour Husserl, tel qu’il l’exprime dansDa la Synthèse Passive, de descendre jusqu’à la«pure donation de sens » pré-théorique et pré-langagière. Le sens qui s’en dégage, qui est ainsi donné, c’est l’unitéqui assure la«mêmeté» de la chose à travers les variations intuitives qui parcourent les donations et qui libèrent, dans le décours cohérent de l’expérience, le«sens objectif » du vécu, saisi par un acte de réflexion. Le sens est ainsi identifiéà la chose, à la «réalité» elle-même en tant qu’ayant place dans la«nature ». C’est par l’articulation entre la reprise réflexive et la donation intuitive que ce sens peut être considérécomme«légitimement 1 posé». Mais ce qui est immanent à la perception réfléchie, c’est la «teneur de sens », qui n’est pas la chose telle que nous la trouvons dans la nature de fait, ce qui pousse Husserl àécrire par exemple «l’arbre », entre guillemets, pour marquer la différence essentielle entre ce qui est perçu et ce qui est ressaisi comme le sens de ce perçu, repris au sein d’une représentation. L’assise de toute la théorie repose ainsi sur la donation, sur ce moment oùl’unitéobjective atteint la conscience constituante qui l’arrachera à la présence en instituant les sens objectifs qui feront le lit de la pensée rationnelle et scientifique. C’est sur l’identitéentre la présence intuitive et la reprise dans la perception interne que repose la possibilitéde la structuration d’un objet que nous pourrons considérer commeétant la chose-même, celle qui se donne dans le progrès continu de la perception et qui appartient au monde dans lequel nous vivons en tant qu’êtres incarnés. Mais la visée intentionnelle qui se porte sur les contenus immanents aperçus dans le vécu réfléchi y trouve bien autre chose que ce qu’elle voudrait, car la conversion de la perception externe,
1 Husserl,De la Synthèse Passive, pp. 50-51.
Imagination, espace et temps
sensible, en perception interne, ne laisse pas subsister le noyau de sens comme parfaitement identique. A travers cetteétude de l’imagination et de la perception, qui sont les deux modes de l’intuition sensible que décrit la phénoménologie, nous serons par conséquent amenés à nous confronter aux difficiles problèmes de l’individualitéet de l’unité du perçu, mais aussi de l’identitéentre ce qui est donnéau sein de la perception et ce qui est représenté, identitéabsolument nécessaire pour garantir une adéquation parfaite entre les actes supérieurs, de l’ordre du jugement, et les objets auxquels ils s’appliquent, notamment pour ce qui concerne les objets appréhendés comme «réLa perception, considels ». érée comme fondante, nous amène à nous interroger sur la possibilitéd’une reprise par la conscience du sens donnéréflexivement comme sens de la chose-même, que nous percevons au cœur du monde, comme une existence charnelle. La connaissance eidétique, comme nous allons tenter de le montrer, concerne les genres, les espèces, et d’une façon générale les objets idéaux, pris en tant que représentants des choses à partir desquelles nous constituons leur être-conscient. Pourtant, ce n’est pas à proprement parler le problème de la référence qui nous retiendra ici, mais celui de la possibilitéd’une représentation adéquate du référé. Il faudra par conséquent tenter de dégager le style propre à la perception, comprendre plus profondément ce qu’implique le fait que la chose se perçoive de telle ou telle manière, avec les caractères nécessaires quiéchoient à la saisie sensible. C’est ainsi que se posera pour nous le problème du jugementen retourque nous portons sur les choses du monde, comme si nous ne pouvions les atteindre que par un mouvement double, de constitution d’un type objectif à partir de la donation d’une unitésensible, puis d’évaluation de cette unitépar la représentation comme unitéoriginairement donnée. Nous verrons ainsi que les deux points de vue généralement compris comme contradictoires que sont le réalisme et l’idéalisme devront être considérés comme deux thèses se limitant certes, maiségalement se conditionnant, dépendant l’une de l’autre. Parmi les multiples thématiques qui parcourent l’œuvre de Husserl et qui lui ont valu tant de critiques, comme il en va pour le thème de la réduction, pour celui de l’appréhension de l’idéal par
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Introduction
une intuition eidétique, pour ceux de la temporalitéet de la spatialité, de la corporéitéou de la signification, nous tenterons de dégager un fil directeur qui nous permette de suivre la discussion en traversant les différentes approches qui furent les siennes. Pour ce faire, nous tenterons de penser le problème de l’identitéde façon tout à fait prépondérante, en suivant tout au long de notre parcours la question de l’objet, de ce que nous appelons un objet et des divers modes intentionnels selon lesquels il peut être appréhendé ou pensé, avec les relations entre ces modalités. A chaque fois, il sera nécessaire de reposer la question de l’identitéentre les différentes donations et les reprises au sein des actes de jugement et d’évaluation. L’objet se présente ainsi comme un thème important de la science des phénomènes, car il est ce qui oriente la phénoménologie au cours de ses développements successifs, en tant que«guide transcendantal ». Plus encore, il apparaît à l’analyse qu’il est à l’origine le sujet même des interrogations de Husserl, ce dont le sens et les exigences propres le conduisent à l’idéalisme desIdeen. Ce que nous appelons de façon tout à fait générale et finalement imprécise unobjet, c’est ce quelque chose vers quoi convergent tous les actes décrits par la phénoménologie, qui est à la fois ce qui doit être compris et ce selon quoi nous comprenons. Ainsi la notion d’objet recouvre plusieurs sens qu’il nous faut distinguer pour en rendre toute la complexité. L’objet est un vis-à-vis de la conscience, un quelque chose visépar l’intentionnalité, mais il se donne aussi parfois comme ce qui n’a pas d’apparition propre – un représenté–, ou comme ce qui semble ne pouvoir être qu’une apparition sans fond. Autrement dit, l’objet peut être donné au sein d’un phénomène, ou alors viséà«vide », idéalement, ou bien abstrait d’un contenu apparaissant à la conscience. Ces trois figures de l’objectivitésont celles de l’idée, de l’objetà proprement parler, c’est-à-dire de l’unitésynthétique des aspects apparaissants et des prédicats rapportés à un contenu de conscience comme unitéphénoménale, et de la«chose» (Ding) en un sens qu’il nous faudra comprendre et critiquer pour l’ouvrir à la possibilitéd’une visée en tant que chose réelle, corporelle (Leibhaftig). Ainsi l’idée et la chose se présentent comme deux types d’objectité, et l’effort de Husserl portera essentiellement sur l’étude des rapports entre les différents types d’objet et leurs modes
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Imagination, espace et temps
de donation, au sein d’une théorie qui voudrait rendre compte de l’identiténécessaire de l’objet entre les différentes modalités objectives et intuitives. Ce projet se construit sous deux aspects, continuellement repris dans l’élaboration de la phénoménologie : 1) Husserl tente de développer une théorie de la connaissance, oùil se décide pour une analyse de type scientifique, c’est-à-dire objective-idéale, ce qui le conduira à penser le vécu comme un objet, toutefois privilégié, puisque donnédans l’immanence et par une intuition adéquate, alors que ce qui caractérise l’apparition des objets d’expérience, issus de l’intuition, est la transcendance et la donation par esquisses. Cette recherche le conduira aux thèmes de la rétention et de la réduction. 2) Ilélabore une théorie à proprement parler phénoménologique, dans laquelle le vécu, le moi et l’objet sont mis en relation et oùle vécu, siège des apparitions, joue le rôle du terrain sur lequel sont aperçus le moi et l’objet transcendantaux comme pôles situés à l’infini, c’est-à-dire, dans la perspective de l’idéalisme husserlien, comme objets idéaux se déterminant sans cesse,«ouverts » aux remplissements intuitifs et catégoriaux. Or, le remplissement exige une relation appréhensive à la«matière » ouhylè, considérée comme l’élément de la donation immanente des transcendances. Cela entraîne indéfectiblement la phénoménologie vers uneétude de l’apparition et de ses conditions de possibilité, ainsi que de son sens pour la connaissance. L’apparition, en tant que perception, est donationet constitution d’un objet immanent dont le sens idéal est visécomme objet transcendant. Elle pose ainsi le problème de lahylèdans son rapport à la constitution des idéalités et celui de l’appréhension des objectités catégoriales dans la représentation sensible (qui dépend d’une abstraction), puis celui de la détermination de la matière de l’objet par la perception et l’imagination, que nous devrons distinguer radicalement pour en déterminer les spécificités et les exigences propres. Elle conduitégalement aux difficultés liées à la constitution des idées et à la saisie des essences ne pouvant pas être données par la matière, comme l’Infini ou l’Autre (difficulté corrélative de l’idée de clôture objective avancée par Lévinas, dans Totalité et Infini), dont le meilleur exemple présent dans les textes de Husserl est celui de la constitution analogique de l’alter-ego.
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