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La métaphysique du temps chez Leibniz et Kant

De
284 pages
Ce livre présente les relations et les divergences entre les théories du temps soutenues par ces deux grands philosophes. En comprenant le temps comme une condition de possibilité, l'auteur propose une forme de l'idéalisme nommée idéalisme conditionnel, et à partir de ce fondement, il montre aussi bien les ressemblances des deux théories que certaines conséquences intéressantes à propos de la composition, des antinomies et d'autres thèmes kantiens.
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LA MÉTAPHYSIQUE DU TEMPS CHEZ LEIBNIZ ET KANT

Ouverture philosophique Collection dirigée par Dominique Chateau, Agnès Lontrade et Bruno Péquignot
Une collection d'ouvrages qui se propose d'accueillir des travaux originaux sans exclusive d'écoles ou de thématiques. Il s'agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions qu'elles soient le fait de philosophes "professionnels" ou non. On n'y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique; elle est réputée être le fait de tous ceux qu'habite la passion de penser, qu'ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou... polisseurs de verres de lunettes astronomiques. Dernières parutions

Michel FA TT AL, Aristote et Plotin dans la philosophie arabe, 2008. François BESSET, Penser l 'Histoire ou L 'Humain au péril de l 'Histoire, 2008.

Dominique NDEH, Religion et éthique dans les discours de
Schleiermacher. Essai d'herméneutique, 2008. Sébastien BUCKINX, Descartes entre Foucault Roger TEXIER, Descartes physicien, 2008. et Derrida, 2008.

Philippe SOUAL et Miklos VETO, L'Idéalisme allemand et la
religion, 2008. Bruno MUNIER, Idéologies, religions et libertés individuelles, 2008. Marie-Noëlle AGNIAU, Médiations du temps présent. La philosophie à l'épreuve du quotidien 2, 2008. Christian SALOMON (Textes réunis et présentés par), Marey,
penser le mouvement, 2008. Xavier ZUBIRI, Structure dynamique de la réalité, 2008.

Seconda BONGIOVANNI, La Philosophie italienne contemporaine à l'épreuve de Dieu. Pareyson, Vattimo, Cacciari, Vitiello, Severino, 2008.

Gotthard GÜNTHER, La conscience des machines. Une métaphysique de la cybernétique (3e édition augmentée), suivi de « Cognition et Volition », 2008. E. ESCOUBAS, L. TENGELYI, Affect et affectivité dans la
philosophie moderne et la phénoménologie, 2008.

Adrian Nita

LA MÉTAPHYSIQUE DU TEMPS CHEZ LEIBNIZ ET KANT

Préface de Miklos VetO

L'Harmattan

<9 L'HARMATTAN, 5-7, rue de l'École-Polytechnique,

2008 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-06123-1 E~:9782296061231

ABRÉVIATIONS:

KANT Ak. : Kant 's gesammelte Schriften, hrsg. Von der koniglich preussischen Akademie der Wissenschaften, Berlin und Leipzig, 1902-1983. Pl. : Oeuvres philosophiques, 3 vol., Paris, Gallimard, 1980. Nouvelle explication: Nouvelle explication des premiers principes de la connaissance métaphysique (1755). Monadologie physique: Usage en philosophie naturelle et la métaphysique unie à la géométrie dont l'échantillon 1. contient la monadologie physique (1756), in Quelques opuscules précritiques, trad. S. Zac, Paris, Vrin, 1970. Essai sur l'optimisme: Essai de quelques considérations sur l'optimisme (1759). L'unique fondement: L'unique fondement possible d'une démonstration de l'existence de Dieu (1763). Grandeurs négatives: Essai pour introduire en philosophie le concept de grandeurs négatives (1763). Recherche sur l'évidence: Recherche sur l'évidence des principes de la théologie naturelle et de la morale (1763). Rêves: Rêves d'un visionnaire expliqués par des rêves métaphysiques (1766). Dissertation: La dissertation de 1770. CRP : Critique de la raison pure (1781), trad. Alain Renaut, Paris, Aubier, 1997. Prolégomènes: Prolégomènes à toute métaphysique future qui pourra se présenter comme science (1783). PPMSN : Premiers principes métaphysiques de la science de la nature (1786), trad. J. Gibelin, Paris, Vrin, 1952. Eberhard: Réponse à Eberhard (1790), trad. Joselyn Benoist, Paris, Vrin, 1999. Les Progrès: Les progrès de la métaphysique en Allemagne depuis le temps de Leibniz et WoljJ(1793). Anthropologie: Anthropologie du point de vue pragmatique (1798), trad. M. Foucault, seconde édition, Paris, Vrin, 1970. Logique: Logique (1800), trad. 1. Guillermit, seconde édition, Paris, Vrin, 1970. Leçons: Leçons de métaphysique, trad. M. Castillo, Paris, Le livre de poche, 1993.

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Correspondance: Correspondance, trad. Marie-Christine Challiol et alii, Paris, Gallimard, 1991. OP: Opus postumum, trad. François Marty, Paris, PUP, 1986.

LEIBNIZ GP : Die Philosophischen Schriften von Gottfried Wilhelm Leibniz, hrsg. C.l Gerhardt, 7 vol., Berlin, Weidmannsche Buchhandlung, 1875-1890 ; repr. Hildesheim, Georg Olms, 1960-1961. GM : Leibnizens mathematische Schriften, hrsg. c.J. Gerhardt, 7 vol., Berlin, Weidmannsche Buchhandlung, 1849-1863 ; repro Hildesheim, Georg Olms, 1962. A : Sdmtliche Schriften und Briefe hrsg. von der Preussische Akademie der Wissenschaflen, Darmstadt, Berlin, Leipzig, 1923 sq. DM: Discours de métaphysique (1685). NE : Nouveaux essais sur l'entendement humain (1705), Paris, Flammarion (s.a.) Théodicée: Essais de théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l 'homme et l'origine du mal (1710). Monadologie: Monadologie (1714). PNG : Principes de la nature et de la grâce fondés dans raison (1714). Des Bosses: Correspondance avec des Bosses, in Frémont, Christiane, L'être et la relation avec trente-sept lettres de Leibniz au RP des Bosses, deuxième édition, Paris, Vrin, 1999.

8

Qu'est-ce donc le temps? Quand personne ne me le demande, je le sais; dès qu'il s'agit de l'expliquer, je ne le sais plus.
Saint Augustin, Confessions, XI, XIV, 17

PRÉFACE

L'ouvrage d'Adrian Nita est une version légèrement remaniée d'une thèse, de la première thèse de philosophie soutenue par un candidat roumain à l'Université de Poitiers. Elle est une étude précise et savante des relations, des affinités et des divergences entre les théories du temps de Leibniz et de Kant. On a toujours insisté sur l'importance essentielle de la réflexion sur le temps pour la philosophie critique, en revanche, on a toujours négligé ce thème dans l 'œuvre de Leibniz. En commençant avec Hegel, la postérité n'a pas semblé vouloir retenir l'immense acquis de la pensée leibnizienne: le temps se trouve arraché à la sensibilité, à la contingence sans pour autant qu'il soit érigé en une entité ontologique, en une substance. A partir des Nouveaux Essais et de la Correspondance avec Clarke, le temps devient une catégorie idéaliste, voire une catégorie fondatrice de l'idéalisme. Il est désormais compris dans son essence de relation ou plutôt lu comme la relation qui règle l'ordre des choses. La succession est le moment essentiel du temps et c'est elle qui distribue les choses ou si l'on veut les représentations, qui arrête, qui détermine leurs rapports réciproques, qui quasiment fixe et surtout articule la trame de leur déploiement. Le Kant de la maturité, tout en appréciant la portée des développements leibniziens, les soumet à une critique sévère et une contribution majeure de l'ouvrage de Nita c'est de montrer la fragilité, voire les déficiences de cette critique. La critique de la critique de Kant passe aussi bien par une analyse serrée et détaillée des positions polémiques du philosophe de Konigsberg que par un déploiement de l'enseignement kantien selon un ordre immanent. Quand on discute la doctrine kantienne du temps, on pense habituellement aux thèmes de la maturité, aux positions de la Critique de la Raison Pure. L'Esthétique Transcendantale, les Analogies et surtout le Schématisme constituent la clef de voûte du Temps kantien et on n'attribue pas beaucoup d'importance à la genèse de ces positions dans les écrits de la période précritique. L'ouvrage de Nita entend procéder autrement, il adoptera une approche différente. Tout en se référant systématiquement aux thèses de la Critique, il analyse et reconstruit avec soin la genèse de la théorie du temps à partir de la Nova Dilucidatio. D'aucuns diraient que c'est plutôt du Kant avant Kant, que l'essentiel de l'idéalisme critique et plus particulièrement, de sa doctrine du temps se limite aux thèses de l'Esthétique et de

Il

La métaphysique du temps chez Leibniz et Kant l'Analytique Transcendantales. Or comment comprendre ces thèmes et ces thèses si on fait abstraction de leur enracinement dans les ouvrages et des annotations du quart de siècle qui précède la rédaction de la Critique de la Raison Pure? Adrian Nita prend résolument position pour une étude intégrale des commencements de Kant et de l'évolution et de l'approfondissement de sa pensée antérieure au Durchbruch critique, à la Révolution Copernicienne. Cette prise de position est évidemment justifiée à partir des principes mêmes de toute historiographie philosophique, mais elle sert aussi le projet de Nita, à savoir la mise en lumière de ce que Kant doit à son illustre prédécesseur. Et surtout elle constitue le ressort de l'insistance sur la continuité entre ces deux idéalismes - c'est finalement la « thèse» propre de cette excellente étude - une position qui n'a jusqu'alors guère joui de lafaveur des interprètes de l'idéalisme kantien et postkantien. Nita met l'accent sur la découverte leibnizienne de l'idéalité du temps. Le temps est l'ordre de la relation entre les choses et il n'est rien d'autre que cet ordre. Kant, lui aussi, épouse cette position et sa réflexion entre dans les cadres de ce qu'on pourrait appeler « l'idéalisme transcendantal fonctionnel ». Pour Leibniz comme pour Kant, le temps n'est ni un concept ni une chose mais une relation et, en tant que tel, il se situe en dehors de ces métaphysiques réalistes qu'étaient pour l'essentiel les ontologies classiques. Nita construit sa théorie de l'idéalisme transcendantal fonctionnel en minimisant l'importance du schématisme et, généralement parlant, de l'apriorité synthétique du temps qui accomplit l'intégration du sensible, de l'a posteriori dans l'apriorité, et fonde l'originalité métaphysique de la conception kantienne de l'idéalisme transcendantal. Or nonobstant cette réserve importante, mais qui n'invalide pas pour autant la valeur et la justesse de ses développements, ce livre est un précieux jalon de l 'historiographie de l'Idéalisme Allemand. Quand on parle de Kant et de Leibniz, on sous-entend le plus souvent, cet avatar tardif de la scolastique (protestante) qu'est la Schulmetaphysik « leibnizienne-wolffienne ». Or si Nita paraît avoir davantage de sympathie pour Leibniz que pour Kant, et davantage d'affinités avec les Nouveaux Essais qu'avec la Critique de la Raison Pure, son leibnizianisme n'est pas celui de l'ontologie classique. Pour ce jeune historien de la philosophie, le génie leibnizien n'est pas à comprendre à partir de ses prémisses ontologiques mais selon son projet idéaliste. Il limite ses investigations sur les relations entre l'idéalisme leibnizien et l'idéalisme kantien et il résiste à toute tentation d'élargir ses réflexions aux autres thèmes que le temps en vue de comparer Leibniz et Kant et à d'autres auteurs, notamment aux postkantiens, pour penser la place de Leibniz dans l 'Histoire de la Philosophie. Or, nonobstant ces silences parfaitement légitimes, cette belle et prudente auto-discipline de l 'historien de la philosophie, son ouvrage sert indirectement, mais aussi directement à ouvrir l 'horizon de la réflexion sur le rôle et la portée de Leibniz pour cette immense entreprise spéculative que sera l'Idéalisme 12

Préface
Allemand. La spontanéité constitutive de la monade et la perception qui est son être constituent les prémisses de l'Ichphilosophie de Fichte, la Notion Complète et le philos op hème de la prétention des essences à l'existence sont importantes pour la compréhension de l'Encyclopédie de Hegel, les discussions de la Théodicée, même récusées et dépassées, fécondent la spéculation de Schelling sur le Mal. Et la distinction entre perception animale et aperception rationnelle, humaine trouvera son écho, un écho immensément sonore, dans la grande doctrine kantienne de la Conscience Transcendantale. Ce premier livre d'un jeune philosophe est en même temps un accomplissement et une promesse. Il constitue une précieuse contribution à l'historiographie leibnizienne-kantienne et il éveille l'espoir que d'autres travaux vont le suivre. D'autres travaux où un subtil esprit analytique, allié à une lecture approfondie des textes, oeuvrera à faire vivre et revivre les grands philosophes du passé.

Miklos VetO Poitiers-Paris,

Avril 2008

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AVANT-PROPOS

On a souvent affirmé que la métaphysique critique de Kant est la résultante de l'union de la métaphysique rationaliste sur l'origine et le fondement de la connaissance avec la métaphysique empiriste, en d'autres termes, qu'elle est une union et une Überwindung de la philosophie de Leibniz et de Descartes d'une part, et de Locke et de Hume d'autre part. Cette affirmation n'est pas loin de la vérité, mais si l'on analyse attentivement les références de Kant, faites dans la Critique de la raison pure, on constate que les références sur Leibniz sont non seulement plus nombreuses, mais plus sévères. Kant consacre à cette critique un nombre de pages égal au nombre de pages de l'Esthétique transcendantale, ce qui montre l'importance de cet aspect et aussi l'importance de la métaphysique de Leibniz pour la philosophie critique. Dans cette annexe de l'Analytique des principes, qui est l'Amphibologie des concepts de la réflexion, Kant examine de façon critique toute la métaphysique de Leibniz suivant quatre critères: identité et différence, accord et désaccord, interne et externe, matière et forme. La critique de la théorie leibnizienne du temps se trouve sous le quatrième critère, car Leibniz a fait, de façon erronée selon l'interprétation de Kant, du temps une forme intelligible de connexion des choses en soi, le temps étant ainsi une détermination de la chose en soi. Cette critique constitue notre point de départ, que nous proposons comme une première question: comment faut-il apprécier l'interprétation de la critique kantienne de la théorie leibnizienne du temps? Pour cette entreprise, nous adaptons un point de vue neutre, c'est-à-dire extérieur tant à Kant que à Leibniz. Un examen du problème du temps d'un point de vue kantien, montre l'immense différence de sa thèse face à toutes les théories du temps concurrentes, car par l'affirmation de l'idéalité transcendantale du temps, Kant adopte une position qui est en opposition totale tant avec la théorie de Leibniz, qu'avec la théorie de Newton (pour nommer les plus célèbres théories concurrentes sur le temps). Un examen du problème du temps d'un point de vue leibnizien peut montrer une ressemblance très accentuée avec les affirmations de Kant, et ainsi il yale risque de faire un jugement identique à celui d'Eberhard, à savoir de considérer que tout ce qu'a écrit Kant a été en fait déjà affirmé par Leibniz.

15

La métaphysique du temps chez Leibniz et Kant L'affirmation de la transcendantalité du temps, laisse ouverte certaines questions, à savoir: quelle est la nature du temps? Quelles sont les propriétés du temps? Quels sont le rôle et la fonction du temps? L'interprétation de la critique kantienne de Leibniz, et en général de la théorie kantienne du temps, est en étroite liaison avec la réponse à ces questions. C'est le motif pour lequel, dans la première partie de notre étude, nous présentons les deux théories tant systématiquement qu'historiquement (notamment en ce qui concerne Kant, puisque l'évolution de la pensée kantienne continue à fasciner et la grandeur de sa construction métaphysique de la Critique de la raison pure continue à étonner). Puisque Kant considère que la principale erreur de Leibniz a été de faire du temps une détermination de la chose en soi, nous nous concentrons sur cet aspect dans la deuxième partie de l'ouvrage, pour donner une réponse à la question suivante: le temps est-il chez Leibniz une détermination de la chose en soi? Vu que chez Kant le temps est exclusivement une détermination du phénomène, il faut analyser la relation du phénomène avec le temps chez Leibniz. Comme le phénomène est un agrégat de monades et comme le temps est un phénomène bien fondé, il suit que le temps est d'une part quelque chose d'idéal, quelque chose qui n'a pas de réalité propre, et qui ne possède une réalité que dans la vertu de la monade, et d'autre part qu'il n'est pas une illusion, car il est bien fondé dans la réalité, l'unité et l'être de la monade. L'affirmation que le temps est une relation, à savoir que la nature du temps est relationnelle, montre que le temps n'est rien ni en dehors des choses, ni en dehors de la pensée. Et dans le cas de l'inexistence des choses et des hommes - une hypothèse fictive, toutefois - la réalité du temps est fondée sur l'entendement divin. Le fait que la monade soit un sujet du changement soulève certaines questions sur la relation de la monade avec le temps, sur ce qui apparaît comme un temps intramonadique, qui est une expression de ses états internes, et le temps intermonadique, à savoir le temps qu'exprime le rapport d'une monade avec d'autres monades. On peut soulever une question à ce sujet: puisque le temps est une détermination de la monade, s'ensuit-il que le temps soit chez Leibniz une détermination de la chose en soi? Pour répondre, il faut d'abord considérer la principale signification de la monade et de la chose en soi, puis il faut analyser leurs rapports. Il faut donc répondre à la question sur l'identité de la monade avec la chose en soi. Dans la troisième partie de notre recherche, Temps et idéalisme, nous analysons notamment le problème du rôle et de la fonction du temps comme fondement et nous nous proposons de voir quelles sont les conséquences de la théorie leibnizienne du temps pour l'idéalisme et quels sont ses rapports avec l'idéalisme transcendantal. Il s'agit alors de considérer les principaux arguments de Kant pour son idéalisme transcendantal, et ainsi de partir de l'idéalité transcendantale du temps pour arriver à la

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Avant-propos démonstration de l'existence des objets en dehors de nous par appel à la conscience de notre propre existence. L'idéalisme transcendantal permet un traitement de certains problèmes métaphysiques fondamentaux, à savoir le devenir et la liberté chez Kant (présentés dans les ouvrages théoriques) et Leibniz. Sur le devenir, nous analysons le sens et la modalité afin de répondre si le devenir est ou non continu et si le devenir est compris comme changement ou comme transformation. Sur la liberté, qui présente une intéressante liaison avec le temps, le principal problème concerne sa présence ou son absence, car dans la troisième antinomie, Kant soutient l'inexistence de la liberté, ce qui s'oppose au célèbre optimisme leibnizien. D'autres questions soulevées dans ce chapitre sont: la liberté peut-elle être connue? Quel est le rapport de la liberté transcendantale avec la liberté pratique? Un détour par la théorie leibnizienne de la liberté peut apporter des réponses très semblables à celles de Kant sur ces questions. Je voudrais remercier tous ceux qui m'ont aidé à entreprendre cette étude, la Fondation Ratiu pour son inestimable aide financière, l'Université de Poitiers et le Centre de recherche sur Hegel et l'idéalisme allemand pour m'avoir facilité l'accès aux sources et aux moyens techniques, à Messieurs les professeurs Miklos Veta et Michel Fichant pour leurs suggestions. Je voudrais remercier monsieur le Professeur Jean-Louis VieillardBaron, qui a suggéré le sujet de cette recherche et pour son soutien, ses encouragements et ses observations.

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PREMIERE PARTIE LA PHILOSOPHIE CRITIQUE DE KANT ET LA MÉTAPHYSIQUE DE LEIBNIZ

Introduction

Dans la première partie de notre étude, nous nous proposons de présenter les théories du temps chez Kant et chez Leibniz. Le chapitre 1 traite sur la critique kantienne de la théorie leibnizienne du temps, qui constitue le vrai point de départ de notre recherche, afin de dégager l'idée fondamentale de cette critique. Même si la critique de Leibniz est présente dans toute l'œuvre de Kant, nous concentrons notre analyse sur la critique contenue dans la Dissertation, la Critique de la raison pure et Les progrès de la métaphysique. Avant d'analyser en détail cette critique, dans la deuxième partie de notre étude, nous présentons dans le chapitre 2 les principales idées de Leibniz sur le temps en ce qui concerne la nature, les propriétés et la fonction du temps. Dans ce chapitre nous proposons une interprétation de la théorie leibnizienne du temps, qui nous semble fidèle à la lettre et l'esprit de Leibniz. Les chapitres 3 et 4 portent sur la théorie kantienne du temps, à partir des premiers ouvrages jusqu'à l'Opus Postumum. Les premiers ouvrages kantiens sont très peu étudiés en ce qui concerne le problème du temps; ainsi nous présentons les principales idées contenues dans les ouvrages suivants: Nouvelle explication, Essai sur l'optimisme, L'unique fondement, Grandeurs négatives, Recherche sur l'évidence et Rêves. Il est possible d'appréhender le concept du temps chez Kant à partir de ce corpus de textes. Après l'examen des idées contenues dans la Dissertation et dans la correspondance avec Markus Herz, nous présentons dans le chapitre 4: l'intuitivité, l'idéalité et la continuité du temps de l'Esthétique transcendantale, la constitution du temps, le schématisme et les modes du temps de l'Analytique transcendantale et quelques idées contenues dans la Dialectique transcendantale.

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CHAPITRE

1

LA CRITIQUE KANTIENNE DE LA THÉORIE LEIBNIZIENNE DU TEMPS
Le temps occupe une place centrale dans la construction métaphysique kantienne, et la méditation sur le temps (et l'espace) a souvent été considérée comme l'un des points de départ de son idéalisme transcendantal. Il n'est donc pas étonnant que dans les principaux ouvrages théoriques kantiens, la critique des théories concurrentes du temps et de l'espace occupe une place importante. Sa théorie du temps, absolument innovatrice si l'on considère l'intuitivité du temps, a été perçue à juste titre par Kant lui-même comme complètement différente des théories de Leibniz et Newton. Même si sa relation avec ces importants prédécesseurs a été complexe, même si Kant a été tantôt leibnizien tantôt newtonien, il n'a pas cessé d'être critique sur la métaphysique de Leibniz et sur les conséquences philosophiques des thèses newtoniennes. Même s'il a pris beaucoup, tant chez Leibniz, que chez Newton, il a critiqué en permanence les aspects problématiques de leur pensée. Le fait que Leibniz a été, dans le XVIIIe siècle, le plus célèbre et le plus étudié des philosophes d'Allemagne, explique la relation privilégiée de Kant avec le philosophe de Hanovre. Il n'est donc pas étonnant que sa critique la plus forte, souvent virulente, vise Leibniz.

1. LA RÉALITÉ OBJECTIVE DU TEMPS
La première critique dans l'esprit de l'idéalisme transcendantal est effectuée dans la Dissertation. Dans un passage de la section III, Des principes de la forme du monde sensible, après la présentation de la principale caractéristique du temps, à savoir l'intuitivité, Kant affirme que le temps n'est ni substance, ni accident, ni relation. Le temps est une condition subjective sous laquelle est coordonné, sous une loi unitaire, le monde sensible. Sa critique vise tant Newton, qui fait du temps une substance, que 23

La métaphysique du temps chez Leibniz et Kant Leibniz, qui considère que le temps est une relation, à savoir la relation de succession. « Ceux qui affirment la réalité objective du temps le conçoivent ou bien comme un flux continu d'existence, pourtant indépendant de toute chose existante (invention fort absurde), comme le font surtout les philosophes anglais, ou bien comme une réalité abstraite de la succession de

nos états intérieurs: cette doctrine est celle de Leibnizet de ses disciples» 1.

Kant donne une démonstration seulement pour la théorie de Leibniz, car dans le cas de Newton il affirme l'absurdité de sa théorie. La définition du temps comme une réalité objective abstraite de nos états intérieurs a pour conséquence de contredire la logique, c'est-à-dire de reposer sur une définition circulaire. Si le temps est une relation de succession, alors pour avoir une succession, on a besoin du temps. On est donc en présence d'un paralogisme: on introduit, sans le dire, le temps - qu'il s'agit de définir dans les éléments qu'on prétend précisément mobiliser pour constituer la définition du temps. La deuxième conséquence est qu'elle exclut la simultanéité, la plus importante idée dérivée du temps, car la simultanéité n'est pas une négation de la succession. Par cette négation, il n'apparaît pas une autre relation. La simultanéité est la liaison de moments donnée du fait qu'elles se produisent dans le même moment? Si l'on représente le temps par une ligne droite, horizontale, prolongée à l'infini, sur cette ligne les moments du temps se trouvent dans une succession infinie. Si l'on représente en revanche la simultanéité, alors on a besoin d'une ligne verticale. Par ces deux lignes, on a tant les événements successifs que les événements simultanés, et ainsi Kant peut conclure que on a ici tout le monde phénoménal. Il est évident que, selon cette caractérisation, le monde est l'ensemble des événements successifs et simultanés.3 Enfin, la troisième conséquence est que, par une théorie du temps réel, la certitude au regard des règles est abolie, et ainsi on arrive à la nécessité de déterminer non pas les lois du mouvement, mais le temps luimême.

2. DÉTERMINA nON DE LA CHOSE EN SOI
La plus forte critique de Leibniz se trouve dans la Critique de la raison pure, à savoir dans l'Esthétique transcendantale, dans l'Analytique transcendantale et dans la Dialectique transcendantale4, en un mot, dans la
1Dissertation, Ak., 2 Dissertation, Ak., 3 Dissertation, Ak., 4 Voir les critiques II, 400 ; PI., I, p. 650. II, 401, note; Pl., I, p. 650. II, 401; note; Pl., I, p. 650. contenues dans la section sur l'impossibilité de la preuve ontologique et sur l'impossibilité de la preuve cosmologique (A 602/8 630, A 604/8 632). 24

La critique kantienne de la théorie de Leibniz Critique tout entière. Cette situation nous permet de dire qu'il y a une critique systématique bel et bien dirigée contre le plus célèbre philosophe allemand du XVIIe siècle. Dans l'Esthétique transcendantale, Kant écrit: «La philosophie leibnizo-wolffienne a donc indiqué à toutes les recherches sur la nature et l'origine de nos connaissances un point de vue entièrement faux, dans la mesure où elle n'a considéré la différence entre la sensibilité et l'ordre intellectuel que comme logique, alors qu'elle est manifestement transcendantale et ne concerne pas seulement la forme de la distinction et de la confusion, mais leur origine et leur contenu, en sorte que par la première nous ne connaissons pas la nature des choses en soi de façon confuse, mais nous ne la connaissons pas du tout, et que, dès que nous écartons par la pensée notre constitution subjective, l'objet représenté, avec les propriétés que lui attribuait l'intuition sensible, ne se rencontre plus, ni ne peut se rencontrer nulle part, étant donné que c'est précisément cette constitution
subjective qui détermine sa forme en tant que phénomène» (A44B6l-62) 5

.

Kant reproche à Leibniz d'avoir une théorie inadéquate de la connaissance ou plus encore une théorie fausse, car il traite la sensibilité et l'entendement comme une différence logique alors que leur différence est transcendantale6. Même si Kant n'explique pas ici la signification de la différence transcendantale (transzendental Unterschied), il faut comprendre que nous sommes renvoyés à la connaissance transcendantale. Donc, la théorie kantienne de la connaissance est transcendantale, alors que la théorie leibnizienne ne l'est pas. Leibniz se préoccupe de la clarté de notre connaissance; alors que l'accès à la vraie connaissance doit reposer sur autre chose. Quelle est cette «autre chose» ? On trouve la réponse dans l'Introduction à la Critique où Kant soutient qu'il s'occupe non pas des objets de la connaissance, mais des conditions a priori de la connaissance, non pas de la forme, claire ou obscure, distincte ou confuse, des connaissances, mais de ce qui rend la connaissance possible. Il ne s'occupe pas d'une question de fait, mais d'une question de droit, non pas de la sorte de notre connaissance mais de la sorte nécessaire. «Je nomme transcendantale toute connaissance qui s'occupe en général moins d'objets que de notre mode de connaissance des objets, en tant que celui-ci doit être possible a priori» (A IB 25)7. Une deuxième idée de ce fragment est que nous n'avons pas accès à la connaissance de la chose en soi, mais seulement au phénomène. Le reproche adressé à Leibniz est maintenant évident: il aurait prétendu que la chose en soi était connaissable.

5
6

CR?, Ak., III, 66-67 ; Aubier,p. 135.
Voir E. van Biéma, L'espace et le temps chez Leibniz et Kant, Paris, Alcan, 1908, pp. 35-59.

7 CR?, Ak., III, 43 ; Aubier, p. 110.

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La métaphysique du temps chez Leibniz et Kant Suite à la présentation du principe de la distinction de tous les objets en général en phénomènes et noumènes, dans le chapitre III de l'Analytique des principes, Kant apporte de nouvelles critiques dans un appendice intitulé De l'amphibologie des concepts de la réflexion, produite par la confusion entre l'usage empirique de l'entendement et son usage transcendantal et dans une Remarque sur l'amphibologie des concepts de la réflexion. Dans l'Amphibologie, Kant met en évidence la confusion entre un usage empirique de l'entendement et un usage transcendantal. Nos jugements sont fondés sur l'union et la liaison de nos concepts ou sur l'union ou la comparation de nos représentations8, Pour savoir à quelle faculté appartiennent les concepts et les représentations, Kant introduit la notion de réflexion transcendantale, qui est l'action par laquelle tiennent ensemble la comparation des représentations avec la faculté de connaître et par laquelle nous pouvons décider si celles-ci sont considérées comme appartenant à l'entendement ou à l'intuition sensible. Il y a ainsi quatre modes de rapports selon lesquels nos concepts peuvent se relier dans un état d'esprit (Gemüt), à savoir: identité (Einerleiheit) et diversité (Verschiedenheit), convenance (Einstimmung) et disconvenance (Widerstreits), intérieur (Inneren) et extérieur (Ausseren), déterminable (Bestimmbaren) et détermination (Bestimmung) (A 261B 317). La théorie leibnizienne du temps est critiquée sous le quatrième rapport puisque, considère Kant, Leibniz a soutenu (ou il découle de sa théorie) que la matière précède la forme: «Dans le concept de l'entendement pur, la matière précède la forme; et c'est la raison pour laquelle Leibniz admit d'abord des choses (des monades) et, à l'intérieur de celles-ci, une faculté de représentation, pour fonder ensuite à partir de là, sur cette base, le rapport extérieur qu'elles entretiennent et la communauté de leurs états (c'est-à-dire des représentations). Par conséquent, l'espace et le temps n'étaient possibles, le premier que par le rapport des substances, le second que par la liaison de leurs déterminations les unes avec les autres à titre de principes et de conséquences. Au demeurant devrait-il en être ainsi, de fait, si l'entendement pur pouvait se rapporter immédiatement à des objets et si l'espace et le temps étaient des déterminations des choses en soi» (A 267B 323t Le reproche est évident: Leibniz a une théorie de la connaissance fausse puisqu'elle se fonde sur une théorie du temps (et bien sûr de l'espace) fausse. Le temps est possible pour Leibniz par la connexion des déterminations des substances entre elles comme principes et conséquences. Le temps n'est pas une condition de possibilité de la connaissance des phénomènes et par là des phénomènes, mais il est un simple rapport entre
8 « Un jugement est la représentation de l'unité de la conscience de différentes représentations, ou la représentation de leurs rapports en tant qu'elles constituent un concept» (Logique, Vrin, p. 110). 9 CR?, Ak., III, 218-219; Aubier, pp. 313-314. 26

La critique kantienne de la théorie de Leibniz substances. Le temps n'est pas quelque chose qui précède et rend possible, mais il est une chose qui succède par la liaison des substances. En admettant d'abord les choses en soi, le temps apparaît comme une détermination de celles-ci. Pour Kant, le temps en tant que forme d'intuition précède la matière donnée par les sensations et la rend possible. La matière peut être supprimée, alors que le temps, comme une forme de notre intuition sensible ne peut pas être supprimé. Chez Leibniz, comme il est interprété par Kant, le temps comme forme est précédé de matière, c'est-à-dire des monades, comprises comme des choses en soi. La plus grave accusation est que le temps est une détermination des choses en soi et non pas des phénomènes, comme il découle avec beaucoup de clarté de la Remarque sur l'amphibologie: «Quatrièmement, le célèbre système de Leibniz concernant le temps et l'espace, où il intellectualisât ces formes de la sensibilité, procédait uniquement de la même illusion de la réflexion transcendantale. Si je veux, par le simple entendement, me représenter les rapports extérieurs entre les choses, cela ne peut s'opérer que par l'intermédiaire d'un concept de leur action réciproque, et si je dois relier l'état d'une chose avec un autre état, cela ne peut s'effectuer qu'en suivant l'ordre des principes et des conséquences. Ainsi Leibniz pensait-il l'espace comme un certain ordre dans la communauté des substances, et le temps comme la succession dynamique de leurs états. Ce que, toutefois, l'un et l'autre semblent posséder en propre et indépendamment des choses, il l'attribuait à la confusion de ces concepts, laquelle ferait que ce qui est une simple forme de rapports dynamiques serait pris pour une intuition propre, . possédant pour elle-même sa consistance et précédant les choses mêmes. L'espace et le temps étaient donc la forme intelligible de connexion des choses en soi (des substances et de leurs états). Mais les choses étaient des substances intelligibles (substantiae noumena). Pourtant il voulait faire tenir ces concepts pour des phénomènes, dans la mesure où il n'accordait à la sensibilité aucun mode spécifique de l'intuition, mais recherchait toutes les représentations, même ma représentation empirique des objets, dans l'entendement et ne concédait aux sens que la méprisable fonction de confondre et de défigurer les représentations de ce dernier» (A 275-276/B 331-332)10. Il est évident que Kant croit que pour Leibniz la connaissance n'a pas deux sources propres et originales (le sens et l'entendement), mais une seule source (l'entendement). Ainsi, Leibniz fait un « système de connaissance intellectuelle ». La sensibilité n'a aucun rôle dans la connaissance, du moins elle n'a pas un rôle aussi important que celui de l'entendement. La sensibilité est pour Leibniz une faculté de représenter confusément les choses. Sur ce fondement, les concepts intellectuels qui

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CRP, Ak., III, 323-324 ; Aubier, pp. 318-319. (C'est nous qui donnons en grasses.) 27

La métaphysique du temps chez Leibniz et Kant donnent une connaissance intellectuelle sont dépourvus d'un contenu sensible. Kant croit que pour Leibniz la chose en soi est un simple sujet doué d'une faculté de représentation, c'est-à-dire une monadel\ comme c'est le cas normalement dans les conditions d'une connaissance intellectuelle, et ainsi sans contenu sensible. Si l'on admet que notre connaissance se préoccupe de la monade, cela signifie que on peut aussi connaître les états internes des monades, leurs relations de succession, c'est-à-dire le temps. Dans cette acception, le temps signifie le temps intramonadique, et Kant admet ce genre de temps. Si l'on revient maintenant au point de départ, une première conséquence de l'interprétation kantienne est que, s'il est faux que le temps soit une détermination de chose en soi, alors il est faux que le temps soit un temps intramonadique. Même si Kant n'offre pas une démonstration directe de la thèse que le temps est une détermination de la chose en soi, il présente en revanche une conséquence très dure de la théorie leibnizienne du temps. Si l'on considère le temps comme détermination de la chose en soi, donc ayant une réalité absolue et non pas une réalité empirique, ayant une réalité objective et non pas subjective, alors la mathématique n'est pas possible: «ceux qui affirment de la façon indiquée la réalité absolue de l'espace et du temps, qu'ils les tiennent alors pour des substances ou seulement pour des accidents, ne peuvent que se mettre eux-mêmes en contradiction avec les principes de l'expérience. Car s'ils se décident en faveur de la première option (comme c'est communément le parti des physiciens mathématiciens), il leur faut admettre deux non-être éternels et infinis subsistant par euxmêmes (espace et temps), qui n'existent (sans pourtant être quelque chose de réel) que pour comprendre en eux tout le réel. S'ils prennent le second parti (auquel appartiennent quelques métaphysiciens mathématiciens12) et si l'espace et le temps ont pour eux la valeur de rapports entre les phénomènes (simultanés ou successifs), abstraits de l'expérience, tout en étant représentés dans cette abstraction de façon confuse, il leur faut contester aux doctrines a priori des mathématiques portant sur des choses réelles (par exemple dans l'espace) leur validité, ou du moins leur certitude apodictique, puisque cette certitude ne se produit nullement a posteriori et que les concepts a priori de l'espace et du temps sont, selon cette opinion, de simples produits de l'imagination dont il faut rechercher la source dans l'expérience: à partir des rapports abstraits de cette expérience, l'imagination a fait quelque chose qui certes contient ce qu'il y a d'universel en celle-ci, mais ne peut intervenir
Il « C'est pourquoi Leibniz, parce qu'il se représentait toutes les substances comme noumènes, même quand il s'agissait des éléments de la matière, en faisait, après leur avoir retiré par la pensée tout ce qui peut signifier une relation extérieure, par conséquent aussi la composition, des sujets simples, doués de facultés de représentation, en un mot: des monades. » (CRP, Ak., III, 218 ; Aubier, p. 3 I3). 12A. Renaut traduit « metaphysische Naturlehrer » par « physiciens mathématiciens ». 28