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LA PHILOSOPHIE COGNITIVE

De
131 pages
La philosophie des sciences cognitives sera-t-elle demain toute la philosophie de la cognition ? L'auteur pose le problème de la connaissance du point de vue de l'apport des actuelles sciences cognitives : comment celles-ci se distinguent-elles de l'épistémologie et comment y suppléent-elle ? Intelligence artificielle, systèmes cognitifs, pluralisme cognitif sont examinés dans la perspective d'une philosophie cognitive.
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La philosophie cognitive

Collection Épistémologie et Philosophie des Sciences
dirigée par Angèle Kremer-Marietti

La collection Épistémologie et Philosophie des Sciences réunit les ouvrages se donnant pour tâche de clarifier les concepts et les théories scientifiques, et offiant le travail de préciser la signification des termes scientifiques utilisés par les chercheurs dans le cadre des connaissances qui sont les leurs, et tels que "force", "vitesse", "accélération", "particule", "onde", etc. Elle incorpore alors certains énoncés au bénéfice d'une réflexion capable de répondre, pour tout système scientifique, aux questions qui se posent dans leur contexte conceptuel-historique, de façon à déterminer ce qu'est théoriquement et pratiquement la recherche scientifique considérée. 1) QueUes sont les procédures, les conditions théoriques et pratiques des théories invoquées, débouchant sur des résultats? 2) Quel est, pour le système considéré, le statut cognitif des principes, lois et théories, assurant la validité des concepts?

Déjà parus

Angèle KREMER-MARIETTI, Nietzsche: L 'homme et ses labyrinthes, 1999. Angèle KREMER-MARIETTI, 'anthropologie positiviste d'Auguste Comte, L 1999. Angèle KREMER-MARIETTI, e projet anthropologique d'Auguste Comte, L 1999. Serge LATOUCHE,Fouad NOHRA, Hassan ZAOUAL,Critique de la raison économique, 1999. Jean-Charles SACCHI, Sur le développement des théories scientifiques, 1999. Angèle KREMER-MARIETTI(dir.), Éthique et épistémologie autour de Impostures intellectuelles de Sokal et Bricmont, 2000. Angèle KREMER-MARIETTI, symbo/icité, 2001. La Jean CAZENOBE,Technogenèse de la télévision, 200 I.

Abdelkader BACHTA, L'épistémologie scientifique des Lumières, 2001.

Angèle KREMER-MARIETTI

La philosophie cognitive

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

FRANCE

L 'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 ] 026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 ] 0214 Torino ITALIE

2001 ISBN: 2-7475-1640-7

(Q L'Harmattan,

INTRODUCTION AU COGNITIVISME

Le problème de la connaissance des fonctions de l'esprit, en tant que réalité pensante et connais sante ou, plus précisément, en tant que dénommé sujet de la représentation, a été un problème philosophique majeur qui a conduit les philosophes à proposer leurs théories sur les structures et les processus de la connaissance. Or, il est possible aujourd'hui de connaître, à travers l'apport des actuelles sciences cognitives!, sinon la nature, du moins le fonctionnement de l'esprit ainsi défini. Nous dégagerons la philosophie"cognitive impliquée par ces nouvelles disciplines, parallèlement à quoi nous chercherons, à travers leurs textes, ce que les philosophes ont découvert dans le domaine de la cognition, la connaissance ayant ici pour objet la connaissance ~Ile-même, c'est dire qu'elle est une « métaconnaissance ». I. - Scepticisme, criticisme et épistémologie Pour les Présocratiques, il ne faisait aucun doute, les hommes pouvaient connaître la nature ou la réalité. Seul, l'instrument de la connaissance leur posait un dilemme: la connaissance se faisait soit par l'usage des sens (Héraclite), soit par l'usage de la raison (Parménide). Au cours du ve siècle avant J.-C., une réflexion
1. La « cognitive Science» a été nommée pour la première fois par Longuet-Higgins en 1973,alors que le terme« cognitive» avait été introduit par Neisser en 1967. 3

critique dans le domaine de la connaissance les amena à distinguer entre ce qui était supposé venir de la nature (phusis) et ce qui était supposé venir de Ja convention (nomos) ou de J'institution humaine. Sur la base de l'antithèse entre nature et convention, les Sophistes, en effet, interrogeaient la part de contribution de 'l'esprit humain à la connaissance, pour mettre le doute sur le caractère objectif attribué aux connaissances admises à leur époque. Le sophiste Protagoras formulait sa fameuse sentence sceptique: « L'homme est la mesure de l'existence des choses qui existent et de la non-existence des choses qui n'existent pas. » De même, Gorgias (v. 487 - v. 380) énonçait sa thèse nihiliste et sceptique:
« Rien n'existe ; « même s'il y avait de l'être, il serait inconnaissable; « même s'il y avait de l'être et s'il était connaissable, il serait incommunicable. »

La philosophie qui prédomine alors est donc le scepticisme, une attitude que l'on peut dire fondamentale, car il lui sera fait référence constamment à travers les siècles. Ce sera comme le fond commun duquel se dégageront la recherche scientifique et sa vérité, et aussi bien l'enquête épistémologique consistant dans les questions traditionnelles sur la possibilité même de connaître (question issue du scepticisme épistémologique) et sur les voies de la connaissance (question issue du scepticisme sémantique). Dès lors, trois écoles se partageront les problèmes sur la possibilité et sur les modes de la connaissance: le scepti~isme, l'empirisme . et le rationalisme. Les théories modernes de la connaissance, liées soit à la métaphysique traditionnelle soit au criticisme de Kant et, d'autre part, l'épistémologie continuent leurs examens et leurs débats dans la relation au questionnement sceptique considéré comme toujours virtuelle4

ment renaissant. Au scepticisme de Hume, le criticisme de Kant oppose la recherche des conditions de possibilité de la connaissance scientifique. On lit le terme d'épistémologie dans l'Avant-propos de l'ouvrage de Meyerson intitulé Identité et réalité .(1908) avec le sens global de « philosophie des sciences ». Il peut être intéressant d'apprendre quelle définition est donnée en 1922 au terme « épistémologie » : « 'Cette science qui, dans le prolongement de la Critique de la raison pure, institue la critique de la valeur de la science et, par l'importance des savants et des philosophes qui y ont appliqué leur méditation, tient une place de premier ordre dans le cycle de la pensée spéculative de ces trente dernières années. »1 Depuis la fin du
xnc.e

siècle et, en France, sous l'influence d'Auguste

Comte, le terme désigne l'étude des sciences, par opposition à l'ancienne théorie de la connaissance. Cependant, le terme anglais epistemology est généralement pris dans le ~ens de theory of knowledge (théorie de la connaissance) mais sans se présupposer un a priori particulier car il concerne exactement tous les présupposés, toutes les bases, et toutes les exigences modernes de la connaissance scientifique. Il faut le dire, ce sont là toutes considérations qui relèvent, selon nous, de l'épistémologie comprise dans sa plus large extension sans préjuger d'aucun a priori sinon de le révéler. L'épistémologie peut être traitée comme devant être l'étude systématique des principes et des concepts fondateurs de la science: il s'agit alors d'une méta-épistémologie, comme il existe une méta-éthiquél. En effet, lorsqu'il est question d'apporter une explication systématique des notions usuelles dans les sciences, telles que les impliquent les termes de « théorie », « loi »,
1. Jules de Gaultier de Laguionie, La philosophie officielle et la phiiosophie, Paris, Alcan, 1922, p. 110. 2. Cf. A. Kremer-Marietti, L'éthique, Paris, PUF, 1987. 5

« vérité », « explication », « référence », « analytique », « synthétique », «. a priori », « déduction », etc., on est sur le terrain d'une métathéorie de la science, c'est-à-dire dans la méta-épistémologie. Celle-ci peut se diviser, selon la sémiotique de Charl~s Morris1, en trois parties: la « syntaxe » portant sur les signes et leurs interrelations, la « sémantique » partagée entre théorie de la référence et théorie de la signification, enfm la « pragmatique »2 concernant l'interprétant et ouvrant la perspective métathéorique et rhétorique propre au discours scientifique. L'épistémologie proprement dite examine les concepts et les théories, élaborés dans les différentes sciences, en tentant d'éclairer l'avancement de la science. Sciences cognitives et phUosophie cognitive sciences et les technologies de la cognition )~3- et la

II.

-

Les sciences cognitives - en fait, précisément, « les

philosophie cognitive se distinguent de l'épistémologie en ce sens qu'elles n'ont pour objet ni les concepts métathéoriques des langages scientifiques ni les concepts théoriques des différentes sciences, mais - et quels que soient leurs contenus - lesprocessuscognitifs eux-mêmes: que ces derniers soient physiologiques et psychologiques, génétiques, neurobiologiques, naturels et formels, symboliques, systémiques, sé.mantiques, dynamiques. Parmi les sciences cognitives, les neuro1. C. Morris, Foundations of the Theory of Signs, Chicago, Chicago University Press, 1938. 2. Selon R. M. Martin, On. Pragmatics, the Meta-Theory of Science and Subjective Intentions, in Logic and Art. Essays in honour of Nelson Goodman, Richarq Rudner et Israel Schemer, éd., Indianapolis et New.

York, The Bobbs Merrill Company, 1972.

3. Selon l'expression proposée par Francisco J. Varela dans son ouvrage, Connaître: les sciences cognitives, tendances et perspectives, Paris, Seuil, 1989.

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sciences produisent la modélisation des réseaux de neurones : la neurobiologiepermet une approche du comportement, tandis que la neurophysiologie,entre autres spécialités, révèle la signification fonctionnelle des propriétés électriques du cerveau dans le système nerveux central. L'intelligence artificielle, projection directe du cognitivisme, contribue à l'étude du raisonnement naturel. Elle offre certains modèles d'apprentissage (ou acquisition des' connaissances). L'histoire ~ncore récente de l'intelligence artificielle présente un schème générique commençant par une information monadique, pour aller vers une information d'abord structurale, ensuite contextuelle, et aboutissant enfin à une information proprement « cognitive ». Ce mouvement reproduit ce qu'il en a été, tout d'abord, avec la traduction littérale et, progressivement, avec l'analyse syntactique, puis avec les expressions indexicales, enfm avec les modèles de monde1. D'ailleurs, on peut considérer l'intelligence artificielle soit comme une science, ainsi que nous l'avons présentée, soit comme une branche de ce qui est dénommé par certains la cogrzitique,selon la conviction que nous sommes devant tout 'un ensemble de disciplines qui sont en train de s'orienter vers cette unité. Car, dans la perspective d'un objet de connaissance qui serait tout à la fois la connaissance, l'intelligence et l'esprit en général, nous avons à faire avec une « manipulation des symboles » selon la juste définition de John Haugeland, pour qui, précisément, « la pensée est une manipulation de symboles », et, en particulier, l'ordinateur un « système formel informatique interprété »2. Le terme de cognitivisme désigne cette orientation
1. Cf. Marc De Mey, The Cognitive Paradigm, Dordrecht, Boston, Lancaster, D. Reidel Publishing Company, Pallas Paperback, 1982. 2. J. Haugeland, L'esprit dans la machine.Fondementsde l'intelligence artificielle(Artificial Intelligence, the Very Idea, MIT,1985),trade par Jacqueline Henry, Paris, Editions Odile Jacob, 1989.Voir p. Il, 49, 207. 7

globale.. Le cognitivisme est essentiellement interdisciplinaire ; il ne se limite ni à la biologie, ni à la psychologie, ni à l'intelligence artificielle. On le retrouve, sous forme de courant, dans la linguistique, dans la sociologie, et dans l'anthropologie. Et il ne gagne pas seulement dans les disciplines académiques, mais également dans les pratiques et les instances telles que .letribunal pour enfants, la psychothérapie, ou la psychologie

économique.

.

A l'origine de sciences ou de branches scientifiques nouvelles, le mouvement cognitiviste doit lui-même son origine à une conjonction de logiciens et de mathématiciens tels que Turing1, Wiener2, de biologistes, tel McCullogh, et de logiciens, tel Pitts, de psychologues tels que les psychologues de la forme, ou Otto Se1z3 et Craik4, qui, les uns et les autres, soulignèrent l'importance du modèle interne, ou de la représentation du milieu, qu'ils voyaient comme étant en jeu dès qu'il s'agissait d'un processus quelconque d'information ou de connaissance. Quant à la philosophie cognitive, qui ne concerne donc pas le « quoi » de la connaissance, mais son « comment », les questions « Comment connaissonsnous? », « Comment pensons-nous? » visent autant le statut des données sensibles que celui des mots du langage ou des signes en général. Ces questions conviennent autant à la sensibilité qu'à l'intelligibilité et à l'activité. Sur l'apport des sciences cognitives, la philosophie cognitive peut se donner le projet d'édifier
1. A. M. Turing, On Computable Numbers, with an Application to the Entscheidungs problem, Proceedings of the London Mathematics Society, 42, 1936. 2. N. Wiener, Cybernetics, or Control and Communication in the Animal and the Machine, Cambridge, Massachusetts, MITPress, 1948. 3. O. Selz, Zur Psychologie des produktiven Denkens und des [rrturns, Bonn, Cohen, 1922. 4. K. J. W. Craik, The Nature of Explanation, Cambridge University Press, 1943.

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l'architecture de la cognition en dégageant comment se trouvent traitées et intégrées les diverses catégories d'information dans les organismes supérieurs; et comment ces derniers forment et manipulent leurs représentations. La philosophie a toujours tenté de reconstituer les voies suivies par l'esprit. Avec la tendance cognitiviste actuelle, la philosophie de l'esprit aborde délibérément les problèmes du symbolisme et de la symbolisation, avec la recherche des processus de symbolisation et des séquences symbolisantes1. Une tradition symboliste, qui va de Whitehead à Susanne K. Langer, par-delà Ritchie, se trouve ravivée. Comme l'affirmait Ritchie: « Pour autant que la pensée est concemée~ et à tous les niveaux de la pensée, il y a un processus symbolique... L'acte essentiel de la pensée est la symbolisation» ; c'est aussi la position de Langer: « La symbolisation est l'acte essentiel de l'esprit » ; elle est « à la fois une fin et un instrument »2. La conception d'un terrain commun favorise l'étude de la cognition à tous les degrés de l'être et de l'agir: un regain d'intérêt y est accordé à l'histoire de la philosophie, ear elle comporte des éléments de doctrine (apanage de Francis Bacon, Descartes, Hobbes, Locke, Hume, Kant, Auguste Comte) sur les.processus de l'effectuable. Le paradigme cognitif donne naissance à une discipline nouvelle, la philosophie cognitive, apte à coordonner les principaux résultats des sciences cognitives3.
1. Cf. A. Kremer- Marietti, La symbolicité ou le problème de la symbolisation, Paris, PUF, 1982. 2. Cf. Susanne K. Langer, Philosophy in a new Key. A Study in the Symbolism of Reason, Rite, and Art (1942), Third Edition, Cambridge, Mass. Harvard University Press, 1979, p. 41, 51. Voir de Alfred North Whitehead, Symbolism. Its Meaning and Effect (1927); de A. D. Ritchie, The Natural History of the Mind (1936), Londres, Longmans, Green &Co. 3. Cf. A. Kremer-Marietti, La philosophie cognitive, Sciences de la cognition, Paris, ministère de la Recherche, 1991.

9

Chapitre I CE QUE NOUS APPREND L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE L'intelligence artificielle est une science qui fait partie de l'informatique; c'est la science qui permet de construire des machines capables de procéder à des opérations relevant habituellement de l'esprit humain. Elle s'identifie à la simulation par ordinateur: du moins, elle utilise l'ordinateur pour « simuler », non pas pour simplement « imiter », les processus naturels ou les capacités propres à l'intelligence humaine. A la limite, elle permettrait de « penser la pensée ».

I. - L'intelligenceartificielle
et la philosophie

D'une part, ce qu'on appelle « intelligence artificielle » n'est autre que la transformation, et l'introduction dans les programmes des ordinateurs, d'éléments propres à un type d'explication inhérent à la philosophie logique ou à la philosophie des sciences. Elle n'exclut pas une utilisation des textes philosophiques. Mais elle pratique plutôt certains processus de connaissance impliqués dans les théories épistémologiques et, entre autres, l'application de quelques points précis de la philosophie analytique. Il ne fait aucun doute, par exemple, que les « programmes d'apprentissage de concepts » renvoient à la logique: ils impliquent, en effet, une proposition universelle à deux conditions, comportant une formule atomique sur une face de la proposition biconditionnelle ; le 10

« concept » n'est autre que le prédicat que contient la formule atomique!. De même, en matière d' « exposés de découverte », les programmes BACON reconstituent les processus de découverte de certaines lois scientifiques. Toutefois, le fait même de transformer des explications philosophiques en programmes pour ordinateur pose des problèmes nouveaux « qui ne se sont habituellement pas présentés aux philosophes »2. D'autre part, un anthropomorphisme fondamental, lié sans doute à une volonté de pouvoir, a souvent poussé l'homme à produire des objets doués de la forme humaine et donc à créer son double. Ce dernier, conçu à l'identique sous des conditions définies par les fins et les moyens, devait se substituer à l'homme et lui servir d'esclave. Une telle volonté concernait le jeu des automates au service des humains. Et, en effet, après les machines mobiles d'Héphaïstos évoquées dans l'Iliade, l'automate - telle Golem de bois et d'argile
créé par la tradition juive

-

est l'une des premières

manifestations de l'intelligence artificielle. L'automatisme mythologique ou religieux sera suivi d'un automatisme philosophique, ce dernier étant une abstraction dérivée soit de la considération de l'automatisme corporel de la «machine animale », soit de la considération de l'automatisme intellectuel de la mécanique computationnelle de la pensée, soulignée par Thomas Hobbes, et dont Pascal donna une première réalisation avec sa « machine arithmétique ». Alors qu'il faisait de la pensée le caractère spécifique de l'homme, Pascal complétait ce qui donnait à l'homme toute sa dignité par deux types d'automate, inhérents à la définition de l'homme. Il concevait, en
1. C. Glymour, Artificial Intelligence is Philosophy, Aspects of Artificial Intelligence, Ed. by James H. Fetzer, Dordrecht, Boston, etc., KIuwer Academic Publishers, 1988, p. 197..198. 2. C. Glymour, op. cit., p. 202.

Il