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Les enjeux du discours philosophique pour l'Afrique

286 pages
Ce livre est consacré à l'orientation africaine en philosophie ou de la philosophie qui se déploie sous des talents et plumes aussi riches que contradictoires : Palcide Tempels, John Mbiti et Alexis Kagame, Nkrumah, Paulin Hountondji, Eboussi Boulaga, Marcien Towa etc.
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Niamkey Koffi, Abdou Touré, Yacouba Konaté, Jean-
substantif, mais la vocation trans-territoriale du discours
et d’opulence. Il s’agit des défis rapportés aux langues,
orphelins du pouvoir, aux sous-développements et aux
co-dirigée par Niamkey-Koffi et Marc Jimenez, que relève l’ouvrage
Etudes africaines
Abou K
Les enjeux du discours philosophique pour l’Afrique
Préface de Marc Jimenez
Les enjeux du discours philosophique pour l’Afrique
Collection « Études africaines » dirigée par Denis Pryen et son équipe Forte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection « Études africaines » fait peau neuve. Elle présentera toujours les essais généraux qui ont fait son succès, mais se déclinera désormais également par séries thématiques : droit, économie, politique, sociologie, etc. Dernières parutions Edwige KOUADIO,Du fosterage à l’adoption plénière.L’adoption des enfants de la pouponnière d’Adjamé (Abidjan, Côte d’Ivoire),2017. Patrice MOUNDZA,Le quotidien des artères urbaines du Congo, 2017. Jean-Emery ETOUGHE-EFE,Les bars populaires de Libreville. Des construits de sociabilités, 2017. Guy MVELLE et Laurent ZANG (Dir.),L’Union africaine quinze ans après, Tome 2, 2017. Guy MVELLE et Laurent ZANG (Dir.),L’Union africaine quinze ans après, Tome 1, 2017. Joachim Emmanuel GOMA-THETHET, Marcel IPARI, Raymond Timothée MACKITHA,Introduction à l’histoire et aux civilisations des peuples de la Lékoumou (Congo), 2017. Alhousseini MOULOUL,L’intégration économique et juridique en Afrique, 2017. Martial JEUGUE DOUNGUE,La garantie des droits fondamentaux au Cameroun, 2017. Mamadou Billo BARRY,Gouvernance et coopération internationale en éducation, Le cas de la Guinée, 2017. Christine THÉODORE,Objets d’initiation.Rencontre avec un chasseur dozo. Échanges d’objets d’initiation et modifications des interactions, 2017. Pierre GIGUÈRE,L’accès à l’habitat dans l’Afrique des villes. Un toit pour l’Afrique, 2017. Daniel MULENDA LOMENA EMAMBA,La gestion de l’intégration des entreprises par la préservation des écosystèmes naturels, 2017. Christelle BELPORO,responsabilité des entreprises multina-tionales pour les La violations des droits de l’homme en Afrique, 2017. Jean-François NGANDU KAMUNGA,Les baluba d’hier et d’aujourd’hui, permanences, ruptures, transformations et extinctions des traditions africaines, 2017. Firmin AHOUA, Benjamin OHI ELUGBE,Typologie et documentation des langues en Afrique de l’Ouest, 2017. Alphonse MAKENGO NKUTU,Les partis politiques de la République démocratique du Congo. Analyse faite à partir de différents textes légaux portant organisation et fonctionnement des partis politiques (1990 à nos jours), 2017. Pierre-Flambeau NGAYAP,Le droit parlementaire au Cameroun, 2017. Hygin Ignace AMBOULOU,Code des investissements et des activités économiques. Première édition, 2017. Hygin Ignace AMBOULOU,Traité de fiscalité des entreprises. Première édition, 2017.
Abou KARAMOKO
Les enjeux du discours philosophique pour l’Afrique
PréfacedeMarc Jimenez
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-13277-8 EAN : 9782343132778
SOMMAIREPRÉFACE .......................................................................................................9 INTRODUCTION : LES LIEUX DE LA QUESTION................................15 PREMIÈRE PARTIE : DE L’INTELLECTUALITÉ À LA PHILOSOPHIE LE DISCOURS EUROPÉOCENTRISTE ....................................................41 Chapitre I : La question de l’intellectualité...................................................41 Chapitre II : Les orphelins du savoir, le savoir orphelin...............................58 DEUXIÈME PARTIE :
DE L’AFRICANITÉ D’UNE PHILOSOPHIE...................................................89 Chapitre III : Sur la philosophie africaine.....................................................89 Chapitre IV : L’idéologie de la rupture 1....................................................119 TROISIÈME PARTIE : LES LIMITES DU DISCOURS SUR « L'ETHNO-PHILOSOPHIE »...151 Chapitre V. L’idéologie de la rupture 2 ......................................................151
Chapitre VI : De la différence et de la répétition ........................................184 QUATRIÈME PARTIE : LA QUESTION DE LA LANGUE ............................................................217 Chapitre VII : Pouvoir de langue, langue du pouvoir .................................217 Chapitre VIII : La philosophie africaine : parler sa langue paternelle ?.... 248 CONCLUSION : LE DIFFÉRENT ............................................................257 BIBLIOGRAPHIE ......................................................................................267 TABLE DES MATIÈRES ..........................................................................277
«Peut-être convient-il pourtant de prendre au mot ce qui arriva aux mots.» Theodor W. ADORNO,Modèles critiques, p. 9.
PRÉFACE Il y a quarante ans, déjà, parurent presque simultanément deux ouvrages majeurs concernant l'épineuse question de la relation entre la philosophie et l'Afrique :Sur la "philosophie africaine", critique de l'ethnophilosophie de Paulin J. Hountondji etLa crise du Muntu. Authenticité africaine et philosophiede Fabien Eboussi Boulaga. Si je n'avais été, dès 1968 – et pour cause en ce temps mouvementé – lecteur de Frantz Fanon et de Jean-Paul Sartre, ces textes eurent sans aucun doute administré une sévère et salutaire "leçon" – dans tous les sens du terme – au jeune coopérant sorbonnard que j'étais, professeur de philosophie affecté au Cameroun qui, pendant deux années, (1969-1971), devait se plier aux directives académiques des lycées. Mais il n'en fut rien. Lorsque je pris mon poste au lycée du Manengouba de Nkongsamba, la lecture desDamnés de la terreet desSituationsde Sartre m'avaient fort heureusement immunisé contre le risque d'ethnocentrisme et de germanopratisme. Que dire aussi de l'effet que fit sur moi la recension très élogieuse – peut-être trop – de l'ouvrage de Kwame Nkruhmah,Le Consciencisme que Marcien Towa avait rédigée en 1964, mais qu'il venait de publier dans la revue culturelle camerounaiseAbbia(n° 20 de juin 1968) sous le titre « Le consciencisme : émergence de l'Afrique moderne à la conscience philosophique ». De quoi m'initier assez rapidement aux enjeux de la philosophie en Afrique !Et c'est donc de façon assez distanciée – mais néanmoins parfaitement respectueuse du programme scolaire de philosophie officiellement en vigueur – que j'usai duManuel philosophiqued'Armand Cuvillier, instillant ici et là, quelques ferments de critique contestataire, séquelles de quelques affrontements politico-théoriques soixante-huitards ! De surcroît, à la lecture de la littérature anticoloniale de l'époque, s'ajoutait celle des textes fondateurs de l'École Francfort, des théoriciens critiques Max Horkheimer, Theodor Adorno, Herbert Marcuse, qui n'ont eu de cesse d'identifier les différentes figures de la domination, du principe d'identité universel que le mode de production capitaliste s'efforce d'étendre à l'ensemble de la planète. C'est à cette même « école » qu'a été formé, deux décennies plus tard, Abou Karamoko, lecteur exigeant, voire intransigeant, des philosophes qui, depuis plusieurs décennies, s'emploient à dénoncer ce qui, à première vue, paraît si simple à définir, à savoir l'« ethnophilosophie ». Comment placer son propre discours entre la lucidité d'un Hountondji dénonçant une ethno-philosophie élaborée pour un public européen, donc une philosophie délibérément néo-coloniale, et la critique virulente d'un Eboussi Boulaga à l'encontre du mimétisme à l'égard de l'Occident ? Même combat, certes, mais pour un philosophe de la fin du XXe siècle, soucieux de tenir un propos
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