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Thomas Hobbes et l'idée de puissance

De
326 pages
Ce travail propose l'étude de la théorie de la puissance telle qu'elle s'est développée dans la philosophie de Hobbes. L'idée directrice est que la puissance n'est plus une donnée de la nature mais que c'est à travers l'agir humain qu'elle s'acquiert. Elle est une capacité d'agir sur le monde par le biais de la science. Avec Hobbes, la science devient le moyen le plus spécifique de la puissance, et celle-ci, par le biais de la science, la capacité d'agir sur le monde, tant naturel qu'humain.
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Aouichaoui Mohamed KARRAY
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HOMAS HOBBES T L’IDÉE DE PUISS
ouverturephilosophique
ANCE
Thomas Hobbes et l’idée de puissance
Ouverture philosophique Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot Une collection d’ouvrages qui se propose d’accueillir des travaux originaux sans exclusive d’écoles ou de thématiques. Il s’agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions, qu’elles soient le fait de philosophes « professionnels » ou non. On n’y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique ; elle est réputée être le fait de tous ceux qu’habite la passion de penser, qu’ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques. Dernières parutions Etienne PIERRE,Le boudoir de la mort ou l’imposture de Sade, 2015. Gérald ANTONI,Le Saint Nom de Jésus. Mystère et révélation, 2015. Stéphane MOURAD,L’unité de l’intellect. Histoire d’une controverse, 2015. Jean-Louis BISCHOFF,Corps et pop culture, 2015. André DOZ,La voie de l’être, 2015. Hamdou Rabby SY,Hegel et le procès d’effectuation. Des figures abstraites de la conscience aux figures de l’esprit, 2015. Hamdou Rabby SY,Hegel et le principe d’effectuation. La dialectique des figures de la conscience dans laPhénoménologie de l’esprit, 2015. Michel J.F. DUBOIS,La métaphore et l’improbable. Émergence de l’esprit post-scientifique ?,2015. Ado-Dieumerci BONYANGA,Émancipation et révolution biologique selon Habermas, 2015. Olivier LAHBIB,Phénoménisme et empiriocriticisme, 2015. Camille LACAU ST GUILY,Henri Bergson en Espagne. Une histoire contrariée (1875-1930), 2015. Guylain BERNIER,: rendre visible saLa Vidéo de soi sur Internet différence. Au-delà de la technologie, les fondements sociaux, 2015. Jean PIWNICA,Le temps des philosophes,2015. Robert PUJADE,Fantastique et Photographie, Essai sur les limites de la représentation photographique, 2015. Nassim EL KABLI,La Rupture. Philosophie d’une expérience ordinaire, 2015. Laurent CHERLONNEIX,De la volonté de vérité à la Mort de dieu, 2015. Paul DUBOUCHET,De Georg Wilhem Friedrich Hegel à René Girard. Violence du droit, religion et science, 2015.
Aouichaoui Mohamed KARRAYThomas Hobbes et l’idée de puissance
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-04013-4 EAN : 9782343040134
A mes deux princesses : Ghada et Lina
Introduction Le présent travail propose l’étude de la théorie de puissance comme elle s’est développée dans la philosophie de Hobbes. Le choix de traiter cette notion chez Hobbes répond à un souci philosophique personnel primordial: comprendre les origines de l’idée de puissance comme l’a conçue la pensée moderne et conséquemment l’idée de Progrès qui en est l’une des expressions directes. La recherche frénétique de la puissance me paraît la caractéristique fondamentale de l’âge moderne qui peut nous révéler, à la fois, les origines lointaines de la Modernité et la façon par laquelle la raison occidentale moderne s’est constituée. Cette recherche effrénée de la puissance exprime la crise à laquelle a abouti la conception ancienne du statut de l’homme dans le monde et annonce l’essor d’une autre conception diamétralement opposée. L’homme moderne n’est plus le sommet de l’être ni l’être le plus privilégié qui jouit de la providence divine, mais un être qui n’a que ses capacités dont la nature l’a doté pour subsister. En d’autres termes, l’homme n’est pas un être en puissance mais une puissance qui se révèle par ses actes. Mais cette puissance exige un retour à soi pour sonder ses capacités d’agir sur le monde. C’est cette rupture avec la philosophie traditionnelle qui annonce la naissance de l’homme moderne en tant que puissance qui dépend de son action. Le rapport avec le monde change : on n’est plus dans un monde hiérarchisé, apte à subvenir aux besoins de l’homme par la médiation de la providence divine mais dans un monde muet, sans âme ni vérité et rude. Dans un monde pareil, modeste soit-elle comme fin, la conservation de soi exige une lutte sans merci contre les maux possibles de l’existence. Autrement dit, l’homme ne peut se conserver qu’en agissant sur le monde pour le maîtriser. L’homme moderne est une partie de ce monde mais en même temps il est obligé de se poser contre lui. La leçon de la modernité est la suivante : pour vaincre les maux de l’existence, l’homme doit maîtriser son monde. La recherche de la puissance jaillit du fond de l’être : c’est la prise de conscience de ce manque fondamental dans son être que l’homme moderne se doit de rattraper pour se sauver dans un monde qui a perdu son sens. Ainsi, l’idée moderne de puissance révèle que la modernité est une construction caractérisée par le conflit. Dès lors, la modernité nous met immédiatement en face d’une pensée tout à fait nouvelle : le monde n’est plus une création divine pour le bien de l’homme mais une matière en mouvement régie par les lois de la nature. Une fois le finalisme déraciné, la voie est ouverte pour une pensée séculière qui tente de résister à la rudesse du monde en le maîtrisant. C’est dans le cadre cette pensée nouvelle que
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