//img.uscri.be/pth/4d91c70bb9ad73b504562f8ed5d9e1c4c94f1124
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Traité de l'art de philosopher avec précision et sans fioritures

De
256 pages
Kidnappé sur les côtes africaines et embarqué par ses ravisseurs pour la Hollande au début du XVIIIe siècle, Antoine Guillaume Amo est donné en cadeau à un duc allemand qui lui ouvre les portes de l'instruction. Il gravit les marches académiques et devient professeur d'université. Voici les travaux qu'il avait rédigés en latin : cette traduction fidèle à l'esprit de l'auteur. Elle est surtout un exposé d'initiation à la philosophie.
Voir plus Voir moins
ANTOINE GUILLAUME AMO
Textes originaux traduits, annotés et commentés par Simon MOUGNOL
TraiTé de l’arT de philosopheravec précision et sans fioritures
ouverturephilosophique
Traité de l’art de philosopher avec précision et sans fioritures
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www. harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01078-6 EAN : 9782343010786
ANTOINE GUILLAUME AMO Textes originaux traduits, annotés et commentés parSimon MOUGNOL
Traité de l’art de philosopher avec précision et sans fioritures [Somme de cours donnés à l’université augmentée d’un discours succinct et approfondi portant sur la critique, l’interprétation, la méthode, l’art de la discussion et d’autres questions du domaine de la logique] Suivi en annexe du DE HUMANAE MENTIS APATHEIA (De l’Insensibilité de l’âme humaine)
Ouverture philosophique Collection dirigée par Aline Caillet, Dominique Chateau, Jean-Marc Lachaud et Bruno Péquignot Une collection d'ouvrages qui se propose d'accueillir des travaux originaux sans exclusive d'écoles ou de thématiques. Il s'agit de favoriser la confrontation de recherches et des réflexions qu'elles soient le fait de philosophes «professionnels » ou non. On n'y confondra donc pas la philosophie avec une discipline académique; elle est réputée être le fait de tous ceux qu'habite la passion de penser, qu'ils soient professeurs de philosophie, spécialistes des sciences humaines, sociales ou naturelles, ou… polisseurs de verres de lunettes astronomiques. Dernières parutions Marcel NGUIMBI (dir.),Penser l’épistémo-logique, 2013. Joël BALAZUT,Heidegger une philosophie de la présence, 2013. Sophie ASTIER-VEZON,Sartre et la peinture. Pour une redéfinition de l’analogon pictural, 2013. Jordi COROMINAS, Joan Albert VICENS, XavierZubiri. La solitude sonore (Tome 2 1931-1940), 2013. Mara Magda MAFTEI,Cioran et le rêve d’une génération perdue,2013. Lou FERREIRA,Oscar Wilde. Une esthétique de la tragédie, tome 2, 2013. Lou FERREIRA,Oscar Wilde. Une philosophie de la provocation, tome 1, 2013. Denise MODIGLIANI,Fragments pour une poétique du discours historique, 2013. Alain MULLER,Pensée dialogique et langage dans la philosophie de Franz Rosenzweig,2013. Jean-Jacques BAILLY,Éros et infini. Tome 1 : le monde, le sujet, le sens, 2013 Jean-Jacques BAILLY,Éros et infini. Tome 2: le sens, le signe, l’éros du bien et du mal, 2013. Éléonord WILLOT,Light-Shows psychédéliques de San Francisco. LSD, art & rock’n’roll, 2013.
Au lecteur
Amo ne laissa pas d’œuvre en tant que telle: il avait rédigé trois textes qu’il convient de considérer comme des travaux de recherche universitaires. De ces trois travaux, l’un reste introuvable aujourd’hui: ses deux textes à notre disposition sont leDe humanae mentis apatheia (1734)qui lui valut d’être élevé au grade de docteur, et leTractatus de arte sobrie et accurate…(1738) qui lui valut son habilitation. Je me suis efforcé de rester fidèle à la lettre et à l’esprit d’Amo, même si cela n’a pas toujours été aisé. Le lecteur peut donc, l’âme tranquille, se livrer à l’exploration et à l’exploitation de la pensée qui se déploie sous ses yeux. Ma fidélité à l’auteur m’a obligé à respecter le texte original, même là où il comportait des utilisations fautives de la langue latine: elles sont toutes à ranger parmi les fautes de frappe car, il faut le reconnaître et le clamer haut et fort, Amo maîtrisait l’expression en latin. Ses travaux prouvent aussi qu’il avait acquis une vaste connaissance de ses prestigieux prédécesseurs et qu’il recourait à eux avec justesse, à bon escient. Ce qui laisse entendre qu’il s’était doté d’une maîtrise de la langue grecque, de la langue française. En effet, il cite souvent ces auteurs (dans leurs langues) dont on sait que les apports n’étaient pas toujours traduits en allemand, sa langue maternelle. On remarque par ailleurs que ses citations sont tronquées, même si leurs références sont les bonnes: cela ne constitue pas une limitation à imputer à Amo ; à son époque, les règles d’usage de la référence étaient plus lâches que de nos jours : Amo fonctionne tout simplement comme tous les érudits de son époque. Des universitaires et autres spécialistes, j’espère une critique constructive qui pourra donner lieu à une autre édition de cette traduction, une édition mieux élaborée grâce à leurs remarques et suggestions. Cette nouvelle édition sera plus annotée si le commun des lecteurs le juge nécessaire et plus commentée par le traducteur. L’occasion de ce mot me permet de remercier le Professeur Marcien TOWA qui nous parla un jour, pendant son cours à l’université de Yaoundé,
de notre aîné que j’ai redécouvert, par la suite, au hasard en Allemagne: préparant un cours dans lequel j’avais choisi d’inclure Wolff, je me surpris devant un article qui fit une allusion, bien courte, à Amo. Ce fait du hasard me hanta au point de ne plus me quitter et je suis fier d’avoir pu œuvrer à mettre ses écrits à la portée de tout le monde. Simon MOUGNOL
Présentation de l’auteur
Fato profugus
(à la merci d’un sort mauvais)La vie et la pensée d’Antoine Guillaume Amo sont peu connues, surtout en Afrique francophone, lusophone et hispanophone. Cette méconnaissance cadre avec le parcours de l’homme : vers la fin de sa vie, il se retrouve en Afrique, dans le Ghana actuel, à Fort Chama; il y reçoit la visite d’un médecin, de nationalité helvétique, exerçant dans la marine marchande hollandaise; ce médecin s’appelle Gallandas. Gallandas connaissait Amo, ne serait-ce que par la renommée, du temps où ce dernier était enseignant. Le rapport que le Docteur fait de son entrevue avec Amo montre que l’ex-professeur d’université continue à être la cible des dénigrements qui ont jalonné, de rejet et de discrédit, son parcours européen: selon le Suisse, l’homme qu’il vit au Ghana y avait retrouvé son père ainsi qu’un frère rentré au pays presqu’au même moment, alors qu’enfant, celui-ci fut vendu comme esclave au Surinam. Le praticien poursuit son invraisemblable laïus en indiquant qu’Amo y exerçait le métier de devin, de diseur de bonnes aventures. Il n’est pas besoin de s’épuiser à vérifier ces allégations pour leur apporter un démenti cinglant: il y a tellement de coïncidences dans le récit que cette histoire ne saurait être vraie; selon ses biographes, Amo fut vendu ou kidnappé alors qu’il n’était qu’un bébé (entre 3 et 5 ans) et aussitôt embarqué pour la Hollande. A son retour en Afrique vers l’âge de 50 ans, il ne peut pas se souvenir avoir eu un frère ; peut-il seulement se rappeller son père ? Le père non plus ne peut avoir gardé dans un coin de sa mémoire des images ressemblantes de son bébé! Il faut ajouter ici qu’Amo quitte l’Europe et choisit le Ghana parce que ses maîtres, qui n’avaient indiqué ni la date précise ni le lieu exact de son acquisition, avaient noté qu’ils l’avaient acquis et embarqué en ‘Guinea’. Sur les cartes latines, cette région se situe entre le Congo et la Gambie: Amo aurait donc pu être acquis n’importe où sur ces milliers de kilomètres de côtes! Son choix se porte sur Fort Chama, Ghana,