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Anthropologie chrétienne

De
132 pages
Ce recueil d'articles ou de chapitres d'ouvrages présente des éléments d'une anthropologie chrétienne le plus souvent d'inspiration thomiste. Il n'y a pas d'autre unité que la recherche de la vérité à propos de la personne humaine créée à l'image de Dieu, dans un temps où cette ressemblance est oubliée et même contredite théoriquement et pratiquement. Ces études ont servi de base à des conférences et des cours de l'auteur à différentes occasions en Europe, en Chine et au Brésil durant de nombreuses années.
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  Anthropolog  ie chrétienne   
Ouvrages du même auteur
 Une alternative sociologique, Aristote Marx , Éditions universitaires Fribourg (1978), 6 e éd. 2011 LHarmattan. La Grève générale en 1905, le mythe français et la réalité russe , Éditions universitaires, Paris (1978), 2 e éd.1989. Idées sociales , Éditions universitaires Fribourg, 1982. La politique sociale dans les sociétés industrielles, 1800 à nos jours (1979), Economica, 1984. La pensée sociale de lÉglise catholique de Léon XIII à nos jours (1980), Éditions universitaires Fribourg 1984, 3 e éd. augmentée , 2011 , Téqui. Histoire et sociologie du syndicalisme (1981), Masson 1985. Visages de lÉglise ,  (Collectif), Éditions universitaires Fribourg, 1989. Introduction à la sociologie politique , Masson, 1985. Pou r une civilisation de lamour , Fayard, 1990. Sociologie de lÉglise catholique , Éditions universitaires Fribourg, 1993. Le Temps de la fin des temps , FX de Guibert, 1994. Leschatologie , Que sais-je ? PUF, 1998. Jésus mon Frère , Beauchesne, 1998. Prophétie et Jubilé , Téqui, 1998. Lavenir dun passé ,  Rome, saint Pétersbourg, Moscou , Téqui, 2001. LÉglise Corps du Christ dans lhistoire , FX de Guibert, 2005. La loi naturelle, la politique et la religion, Parole et silence, 2004. Phénoménologie de la religion , DDB, 2007. Quand lhistoire a un sens , Salvator, 2009. Lenseignement social de lÉglise (avec JP Audoyer), Salvator, 2010. Les Russes et Rome , FX de Guibert, 2010.  
Patrick de Laubier       Anthropolog  ie chrétienne    
 
 
 
              
 
  
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   © L'Harmattan, 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-296-9 9313-6  EAN : 97822969 93136  
 
Sommaire
    I - Connaissance et vérité ...................................................9  II - La hiérarchie des savoirs et les causes .......................13  III - La Personne humaine................................................17  IV - La loi naturelle..........................................................21  V - La vertu de prudence .................................................31  VI - Philosophie de la religion et philosophie dinspiration chrétienne chez Étienne Gilson et Jacques Maritain ............................................................................ 41  VII - Lumière théologique et théologie de lhistoire ......59  VIII - La mystique chrétienne..........................................93  IX - Les Fins dernières...................................................101
 
 
Aujourdhui la philosophie a perdu non seulement son vocabulaire mais aussi sa finalité. Les Grecs avaient donné au monde la distinction entre Raison et croyances, le christianisme a fondé une philosophie qui, en lien avec la théologie, a permis à celle-ci de devenir une science qui de son côté conforte et éclaire la raison. Deux mille ans de christianisme ont donné lieu à une philosophie dinspiration chrétienne permettant le développement dune anthropologie fondée sur la personne humaine. Il faut donc commencer par établir ce quest la personne humaine et ses liens avec la Personne du Christ. Philosophie et théologie sont radicalement distinguées mais non séparées. On la noté, la philosophie grecque, antérieure au christianisme, a joué un rôle capital dans le développement de la philosophie dinspiration chrétienne et, parmi ces philosophes, Aristote se présente comme celui qui sest rapproché le plus de la vérité de lhomme sans pour autant éviter des erreurs fondamentales sur la personne humaine et sa liberté. Sa métaphysique va dans le bon sens, mais il faudra la théologie pour couronner sa philosophie première avec le primat de lêtre, pas seulement dans les choses (ens), mais aussi comme existence (esse). Deux questions préalables doivent être évoquées : dabord la théorie de la connaissance (gnoséologie) et ensuite la théorie des sciences (épistémologie).
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I  Connaissance et vérité
  Le réalisme des Grecs (Aristote) a été contredit par Descartes, initiateur de l« idéalisme » (idée des choses) dont la formule célèbre dit bien ce quelle veut dire :  Je pense, donc je suis ; tandis que le réalisme part du monde existant pour le connaître, puis sinterroge sur celui qui pense : Le monde existe, je le pense , ou plutôt japprends à le connaître. Ce qui est essentiel ici cest l être , qui existe , toujours menacé dêtre remplacé par une idée (idéalisme) exprimée par des paroles. Le philosophe idéaliste pense  les choses tandis que le philosophe réaliste les connaît (Gilson). La vérité, c'est-à-dire ladéquation de la chose avec la connaissance que lon en a, est possible. Notre esprit est fait pour la vérité et perçoit lessence des choses, non pas de manière exhaustive mais pour lessentiel. Les choses sensibles, que nos sens captent, passent par un processus admirable de dématérialisation  qui les fait connaître à létat intentionnel  dans lesprit au sens large. Cet état intentionnel permet de connaître les choses et de les penser par concepts. La théorie thomiste de la connaissance utilise le terme species  (espèce) ou similitudo  pour désigner le fait de la connaissance dune chose, sa quiddité, telle quelle est dans son essence, pour la pensée qui connaît : Toute lobjectivité de la connaissance humaine tient en fin de compte à ce fait que ce nest pas un intermédiaire surajouté, ou un substitut distinct qui sintroduit dans notre pensée à la place de la chose, mais bien lespèce sensible de la chose même  9
(similitudo) qui, rendue intelligible par lintellect agent, se trouve être devenue la forme de notre intellect possible () Lespèce (species) nest donc pas ce que la pensée connaît de la chose, mais ce par quoi elle la connaît, et nul être intermédiaire ne sinterpose, dans lacte de connaissance, entre la pensée et son objet 1  Le succès de lidéalisme philosophique sexplique par le sentiment quon a de pouvoir contrôler, voire de créer un monde par la pensée au lieu dêtre contraint de revenir constamment à lêtre des choses. Les mathématiques qui travaillent avec des êtres de raison, conventionnels, sont pour Descartes lexpression par excellence de la vérité scientifique, celle qui lintéressait au premier chef puisquil a  préféré la science à la sagesse : la pensée humaine apparaîtra comme une sorte de démiurge fabriquant le monde connaissable avec ses concepts ; et ce nest pas la réalité qui demandera à la science dêtre vraie, cest la science qui demandera à la réalité dêtre scientifique. .. 2 . On pourra alors parler dune adéquation de la chose et de lintellect, cest-à-dire de la vérité. Lidéalisme philosophique part de la pensée et non de la chose dont lintellect agent saisit lessence par la similitude ou specie s (et non par une image). Notre intelligence est faite pour lêtre mais comme nous procédons par abstraction à partir des choses concrètes nous sommes perpétuellement menacés de perdre le contact avec lêtre et de le remplacer par nos idées qui ont besoin du langage source lui aussi derreurs.                                           1 Étienne Gilson, Le Thomisme, p.286-7. Ce nest pas un tableau ou une image de la chose que lintellect agent présente à lintellect passif, qui constituent tous les deux une même faculté cognitive naturelle, mais une lumière purement intelligible qui sexprimera par des concepts, des idées, des notions. 2 Jacques Maritain, Le songe de Descartes, O.C., vol V, p.49.  10