Aurès

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112 pages
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« Être fidèle à soi et à son pays en premier lieu. Ne pas être fidèle, c'est devenir lâche et devenir lâche nous mène à l'escroquerie qui mène à l'imposture, puis tout droit vers l'enfer. Être fidèle à son pays, c'est pouvoir se rendre utile ; c'est pouvoir rester debout quelles que soient les circonstances. Être fidèle à son pays, c'est pouvoir être là quand il a besoin de nous, c'est payer cher pour lui, c'est tout donner pour sa prospérité, c'est vivre et respirer rien que pour lui, c'est tout donner pour qu'il vive, c'est lui consacrer toute sa vie, surtout sa jeunesse. Être fidèle à son pays, c'est pouvoir le couvrir comme son propre enfant, c'est savoir le protéger comme son propre bébé, c'est savoir lui donner, c'est savoir et pouvoir le mettre sur pied quels que soient les malheurs et les dangers qui subsistent au cours du trajet si périlleux. » À travers la destinée d'Aurès, héros de ce roman, c'est toute l'Algérie et tout son peuple que chante S. Abouba. Un pays fort, résistant, volontaire, à l'image du personnage principal... mais aussi une terre torturée par ses démons, comme le démontre le cadre historique (la décennie noire) décrit dans ce texte. Et finalement la romancière de composer le portrait d'un pays qui guérit patiemment ses plaies, grandit, se projette dans l'avenir, se veut terre d'espoir et de renouveau, comme l'indique la trajectoire d'Aurès, incarnation d'un nouveau patriotisme algérien.


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Ajouté le 10 juillet 2014
Nombre de lectures 32
EAN13 9782342025965
Langue Français
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Aurès
Saida Abouba Aurès
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0119505.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2014
Retrouvez l’auteur sur son site Internet : http://saida-abouba.publibook.com
L’Algérie est en pleine crise. Elle baigne dans la misère et l’oisiveté. Son peuple est en crise continue, des bains de sang se produisent partout, sur chaque parcelle de terrain, des mamans qui pleurent leurs enfants, des fiancés et des femmes pleurent leur bien-aimée et leur mari. C’est le chaos. On vit dans une peur continuelle. Notre belle déesse a perdu le sourire ; il n’y a que ses larmes qui cou-lent sans arrêt, elle inonde les cœurs innocents et légers. La tristesse a atteint son point culminant. Notre bien-aimée a pleuré ses martyrs durant la guerre de libération, elle les pleure encore durant cette décennie noire ; des périodes inoubliables qui ont marqué l’histoire du peuple algérien. Une histoire pleine d’événements durs et sordi-des qui marqueront le peuple pendant des siècles. Le peuple appauvri de sa vie a payé. Le peuple anéanti de sa dignité a été dénué. Le peuple piétiné de ses biens a été dépourvu. Le peuple abasourdi de ses fortunes a été privé. Le peuple, bras croisés devant l’ampleur des faits, est resté figé. Le peuple, très blessé, ne peut se reconstituer. Dans la marée noire il a été piétiné et est tombé. Du sang de ses martyrs, ils l’ont imprégné. Il les a pleurés jour et nuit et toutes les décennies, Le peuple est secoué, il se réveille ; les soupçons, il les a jetés. Derrière lui, il les a abandonnés et a foncé jusqu’au fond. Devant lui, il a tracé un itinéraire clair et sans épines. Il a ouvert grandes les portes de l’espoir et de la liberté.
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Il a épargné son pays de tout problème qui le ferait tomber au fond. Il est parti vers une lueur de lumière et d’espoir. De ses biens, de ses richesses et de sa fortune il jouira. Vers un avenir prometteur il se dirigera. Sans crainte il avance, il laisse derrière lui toute amer-tume et souffrance. — Un événement heureux est arrivé chez les voisins, dit Ali à sa femme Luiza. — Oui, lui répond-elle, Faiza vient d’avoir un bébé après dix années d’attente. J’ai entendu des youyous tout à l’heure ; bien sûr, c’est parce que c’est un garçon. Toute la famille est submergée par le bonheur et la joie. Une fête s’organise en l’honneur du petit Aurès, les tan-tes lointaines, les oncles, les voisins sont là pour féliciter les parents. Malgré leur niveau de vie modeste, ils ont or-ganisé une fête. La jeune maman, Faiza, est aux anges, elle ne quitte pas son bébé, assise dans le salon, à l’entrée du petit apparte-ment. Deux canapés sont disposés, l’un près de la fenêtre aux rideaux beige transparents, recouverts de matelas en laine que Faiza a amenés avec elle dans son trousseau de mariage. Ils sont couverts de draps blancs à fleurs bleues. Deux autres matelas sont posés par terre, sur les côtés op-posés aux deux canapés, généreusement prêtés par les voisins pour pouvoir recevoir les invités. Un tapis de cou-leur beige trône au milieu de la pièce, ainsi qu’un simple téléviseur. Oncle Ali, le voisin, leur a prêté les meubles de salon pour accueillir les hommes : des tables de forme ronde au beau milieu desquelles on a déposé un plat en cuivre rond. On a disposé des assiettes ornées de différents gâteaux et un service à café. On prépare la chorba et le couscous pour le dîner, comme dans toutes les fêtes aurassiennes. Tout le monde est servi. Des invités rentrent chez eux après avoir félicité
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