Chrétiens et juifs, juifs et chrétiens
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Dix ans après un premier livre (Juifs et Chrétiens, Requiem pour un divorce, à L'Harmattan), cinquante ans après Vatican II, l'auteur revient sur la genèse de la séparation en plongeant dans l'histoire biblique des frères ennemis, Jacob et Esaü. Puis il étudie la problématique de la repentance et du pardon avant d'analyser des convergences et des divergences théologiques en dehors de toute démarche de syncrétisme.

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Publié par
Date de parution 01 avril 2013
Nombre de lectures 11
EAN13 9782296532779
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Francis Weill
Chrétiens et juifs, juifs et chrétiens L’inéluctable fraternité
r e l i g i o n s
& s p i r i t u a l i t é
Chrétiens et juifs, juifs et chrétiens
L’inéluctable fraternité
Religions et Spiritualité dirigée par Richard Moreau, Professeur émérite à l'Université de Paris XII et André Thayse, Professeur émérite à l'Université de Louvain La collectionReligions et Spiritualité rassemble divers types d’ouvrages : des études et des débats sur les grandes questions fondamentales qui se posent à l’homme, des biographies, des textes inédits ou des réimpressions de livres anciens ou méconnus. La collection est ouverte à toutes les grandes religions et au dialogue inter-religieux. Dernières parutions Claude-Henri VALLOTTON,Prédications de Noël à Pentecôte. Ecouter Dieu au cœur de Berlin, Tome 1, 2012. Claude-Henri VALLOTTON,Prédications pour mieux vivre son quotidien. Ecouter Dieu au cœur de Berlin, Tome 2, 2012. Michel ANGLARES,Chrétiens en quartier d’affaires. Une Église à la Défense : enjeux pastoraux et théologiques, 2012 Sylvie COIRAULT-NEUBURGER,La piété juive au cœur du réel, 2012. Stéphane MARCIREAU,Le christianisme et l’émergence de l’individu chez René Girard, 2012. Francis LAPIERRE,L’évangile oublié, 2012. Fabien VENON,La fin d’un bastion catholique ? Les paroisses de Montréal en crise, 2012. Philippe BEITIA,Les reliques de la Passion du Christ,2012. e Matthieu ROUILLE D’ORFEUIL,Histoire liturgique duXXsiècle,2012. Alain BARBARIN,Croire en Jésus peut être raisonnable. Et si de nombreux événements bibliques s’étaient déroulés autrement…, 2012. Jean FROIDURE,De Jésus à Constantin. Comment le christianisme est devenu une religion, 2012. Odile BEBIN-LANGROGNET,De Savoie en Comté. Saint Pierre de Tarentaise, 2012.
Francis WEILL
Chrétiens et juifs, juifs et chrétiens
L’inéluctable fraternité
Du même auteur Juifs et Chrétiens. Requiem pour un divorce. Un regard juif sur le schisme judéo-chrétien antique et les relations judéo-chrétiennes d’aujourd’hui, Éd. L’Harmattan, Paris, 2001 Lettre à un ami chrétien propalestinien, Éd. du Cosmogone, Lyon, 2003 D’Abraham à Hitler : histoire d’une famille juive alsacienne et de ses racines, racontée à une petite québécoise, Éd. l’Harmattan, Paris, 2005 Lettre sur l’antisémitisme. Autopsie des mythes de la haine, Éd. du Cosmogone , Lyon, 2005 L’éthique Juive en dix paroles. Une anthologie - un choulran arouk de l’éthique, Éd. MJR, Genève, 2006 Contes juifs, Éd. L’Harmattan, Paris, 2008 Dictionnaire alphabétique des sourates et versets du Coran, Éd. L’Harmattan, Paris, 2009 Dictionnaire alphabétique des versets des Psaumes, Éd. L’Harmattan, Paris, 2011 Dictionnaire alphabétique des versets du prophète Isaïe, Éd. L’Harmattan, Paris, 2012 L’Intégrisme, le comprendre pour mieux le combattre, Éd. L’Harmattan, Paris, 2012 Dictionnaire alphabétique des douze derniers Prophètes, à paraître© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00266-8 EAN : 9782343002668
Sommaire
I. Avant propos. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 II. Halakha (Démarche). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 III. Adresse à mes frères juifs (et un peu à mes frères chrétiens). 35 Face au repentir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 La théologie juive du pardon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37 Hésitations, présence et action . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40 Une incompréhension inscrite dans les gènes? . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43 Judaïsme, élection et ouverture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45 Les juifs et le second testament . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47 Jésus acteur de l’Histoire juive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48 La toute puissance divine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48 IV. Adresse à mes frères chrétiens (et un peu à mes frères juifs). 51 La naissance et le développement du christianisme : une épreuve ? . . 51 La théologie de la substitution. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52 Divergences et Convergences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55 La séparation de nos deux mouvements spirituels . . . . . . . . . . . . 55 L’incarnation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56 La conception du messianisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57 La Loi : Paul. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59 Jésus et la loi ; Jésus et la liturgie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60 Le salut par la foi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62 Jésus selon la croix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64 La passion, l’ascension. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64 L’Esprit saint et la Trinité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65 La résurrection et la vie après la mort . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66 Jacob, Esaü et D. : esprit juif et esprit grec . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68 Un regard social. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73 L’Éthique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74 Le Talion n’est pas le Talion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75 L’amour et le respect de l’ennemi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77 V. La loupe et le télescope. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79 VI. Encore des efforts. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85 L’antisémitisme musulman . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85 Israël. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92 Juifs, chrétiens et islam . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103 VII. Conclusion. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105 Psaume 133 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107 Lexique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117. . . . . . . . . . . . . . Bibliographie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
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I Avantpropos
Voici un peu plus de dix ans nous avions publié un livre au titre voisin : 1 Juifs et Chrétiens, requiem pour un divorce. Nous y explorions l’histoire et les racines de la séparation chrétienne du judaïsme, alors que les premiers chrétiens étaient des juifs, en général observants ; seules leurs aspirations messianiques différaient en effet de celles de leurs frères restés juifs selon leur antique tradition – juifs comme l’était Jésus, érudit inspiré, sur l’enseignement duquel a été fondé le christianisme, sans qu’à aucun moment il n’ait été chrétien luimême ; Jésus, de son vrai nom, de son nom originel : Yochuah ben Yoseph (Josué fils de Joseph). Les années ont passé. Il se trouve qu’aux amitiés judéochrétiennes de Besançon nous avions choisi, pour le cycle de conférences 20112012, le thème suivant : « Les relations judéochrétiennes, et maintenant ? » Maintenant, c’estàdire cinquante ans après Vatican II et « Nostra aetate ». Le concile et ses textes ont en effet permis qu’une relation plus proche, plus franche, plus féconde remplace une relation conflictuelle, du moins dans certaines composantes du christianisme et dans certaines composantes du judaïsme. Dans ce cadre des amitiés judéochrétiennes, j’avais prononcé l’une de ces conférences, en mai 2012, et elle avait suscité un certain intérêt.
1. L’Harmattan, 2001.
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Mon ami le Pr Richard Moreau, qui dirige la collection « Religions et Spiritualité » à l’Harmattan, Paris, m’avait demandé d’en tirer un petit livre. Mon intention était de terminer d’abord leDictionnaire alphabétique des douze derniers prophètesque j’avais en chantier. Et puis, alors que nous étions en pleine réflexion sur ce projet de nouveau livre est paru, en novembre 2012, le livre du père Jean Dujardin,: cinquante ans après Vatican II, oùCatholiques et juifs 2 en sommes-nous ?Or ce livre est remarquable, documenté, précis, totalement objectif, plein de sensibilité, délibérément orienté vers l’analyse fraternelle des sentiments de l’Autre, de l’interlocuteur juif des rencontres judéochrétiennes. Dans l’immédiat, la parution de ce livre, qui dit tout, m’a incité à renoncer à poursuivre mon propre travail. Puis il m’est apparu qu’au contraire les problèmes abordés par le P. Dujardin gagneraient à susciter l’écho d’un auteur juif s’exprimant en toute humilité – car qui suisje, face à ce grand hom me d’Église, moi qui ne suis que « poussière et cendre », en hébreu 3 « éfer veafar », comme disait Abraham ?
Voilà comment est né ce petit livre, qui n’est pas sans refléter certains de mes ouvrages précédents, puisque je me suis aussi intéressé à 4 5 l’antisémitisme et à l’intégrisme .
Voici ce que j’écrivais au début de mon premier livre,Juifs et Chrétiens, requiem pour un divorce: « Quelle complexité que celle de l’Être ! En son essence mystérieuse se fondent les racines familiales et culturelles, l’éducation et l’apprentissage, l’environnement et la pro
2. Albin Michel 2012. 3. C’est dans la Genèse (18 :23+), quand le patriarche ose s’adresser à son Créateur pour contester Son arrêt de mort contre les Sodomites. Au cours de son plaidoyer, qui est un véritable marchandage (peutêtre y atil cinquante justes parmi eux, peut être seulement trente, peutêtre dix – il n’y en a finalement aucun !), chaque fois qu’il ose interpeller le Juge suprême, Abram souligne qu’il n’est que « poussière et cendre ». 4.Lettre sur l’antisémitisme, autopsie des mythes de la haine. Éd. du Cosmogone, Lyon, 2005. 5.L’intégrisme, le comprendre pour mieux le combattre, Éd. L’Harmattan, Paris, 2012.
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fession, l’expérience vécue et les aspirations spirituelles. Ces fils innombrables, entremêlés, tissés, évoquent la superposition des bandelettes d’une momie. Pour appréhender les mystères intimes de l’âme il faut savoir dérouler tous ces tissus entrecroisés. Procéder ainsi chez un juif d’aujourd’hui n’est pas sans analogie avec la fouille d’un archéologue dans le sol de Jérusalem. Il est un moment où, nécessairement, la pelle rencontre des mottes de cendre, mémoire figée de l’incendie romain de 70. Ainsi le déroulement des bandelettes finitil par dévoiler, profondément enfouie, une plaie mal cicatrisée : sur ses bords stagne encore un peu du sang des massacres des croisades ; et quelques cendres de l’Inquisition maculent les brûlures de la Shoah. Certes cette tragédie ultime est l’œuvre d’un dictateur démoniaque ; mais elle n’eût pu se dérouler sans l’effet de siècles d’« enseignement du 6 mépris » (Jules Isaac) – ni, hélas, sans le silence de D. . Libérée de ses bandelettes l’âme juive pleine de douleur et d’angoisse crie ; elle interpelle le monde et son Créateur ; elle veut comprendre comment la vibrante prédication d’un des siens, nourri d’Écriture, anxieux de renforcer le dialogue de son peuple avec D., a pu engendrer une déchirure si longtemps abyssale. Elle voudrait saisir comment le mépris et la haine ont pu germer du frémis sement eschatologique de ce juif nommé Jésus, qui annonçait (à l’instar des prophètes d’Israël) l’instauration, après les soubresauts du Jugement, d’un Royaume nouveau d’amour universel où il siégerait à la droite du trône céleste (Mt. 9 :4 ; Jn. : 15 :913). »
6. Le judaïsme interdit de prononcer le tétragramme divin, celui que le christianisme a vocalisé en Iaweh ou Jéhovah, démarche que le judaïsme considère comme blasphématoire. Par extension, les rabbins suggèrent d’utiliser une orthographe modifiée, ne seraitce que pour écrire : Dieu. Nous suivons cette suggestion en écrivant : D..
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