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DIEU créateur ou biblique

De
156 pages
L'ouvrage évoque l'incompatibilité entre la notion d'un Dieu créateur de l'univers et de la vie, et les apparences que les Religions, monothéiste ou bouddhique, en donnent dans leurs enseignements. Le développement des connaissances scientifiques au cours du dernier siècle ne peut être sans conséquence sur la notion actuelle du Dieu créateur. Les Religions et les Eglises proposent à leurs fidèles les conceptions que nos ancêtres ont établies. Ainsi un hiatus entre dogmes-vérités immuables et connaissances scientifiques.
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DIEU CRÉATEUR OU BIBLIQUE

Collection Chrétiens Autrement dirigée par Pierre de Givenchy
Appel aux chrétiens: Croyons-nous comme avant? Croyons-nous tout ce qui est affIrmé dans les Eglises Que disons-nous? Nous sommes nombreux à souhaiter nous exprimer en toute liberté, dans des groupes de réflexion, dans des associations diverses de chrétiens, mais aussi dans des revues et des livres. Beaucoup désirent aussi célébrer leur foi chrétienne dans des cérémonies qui tiennent compte de la culture moderne. Nous proposons à ceux qui le désirent d'écrire leur livre personnel, de participer à des livres collectifs pour dire publiquement une foi chrétienne digne du XXIe siècle. C'est le but de cette collection, laisser la liberté de parole à tous ces chrétiens en recherche. Dernières parutions ABELA Paul, Je crois mais parfois autrement, 2002. MARCON Auguste, L'Eglise et les pauvres. Journal d'un travailleur manuel, 2002. aNIMUS Jean, Portrait d'un inconnu, 2002. DOM HELDER CAMARA, Les Conversions d'un évêque (entretiens), 2002. MANGANGUBona, Ce que disent mes mains, 2002. ZARAL, Gloria ou un Chemin, 2003. Jean ONIMUS, Le destin de Dieu, 2003. Jean-Claude JANVIER-MODESTE, Pa rentré trop ta, missié (ne rentre pas trop tard, monsieur), 2003. Patricia GRAVATT, L'église et l'esclavage, 2003. Gérard WARENGH~M, La joie de vivre en communauté en Afrique ou en Europe, 2003

MAURICE-DOMINIQUE KIRCHNER ÉLISABETH COURNOT-KIRCHNER

DIEU
créateur ou biblique
ESSAI

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

(Ç)L'Harmattan, 2003 ISBN: 2-7475-5306-X

À nos petits enfants,

pour les aider lorsqu'ils succomberont à la tentation de penser.

Je pense, donc je suis. Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie, que je ne la connusse évidemment être telle.
René DESCARTES

Toute la suite des hommes, pendant le cours de tous les siècles, doit être considérée comme un même homme qui subsiste toujours et qui apprend continuellement.
Blaise PASCAL

Il est certain que la conviction au sentiment religieux que le monde est rationnel ou au moins intelligible, est à la base de tout travail scientifique un peu élaboré. Cette conviction constitue ma conception de Dieu. Albert EINSTEIN

- apparentée

-

La nature est objective,. la vérité de la connaissance ne peut avoir d'autre source que la confrontation systématique de la logique et de l'expérience.
Jacques MONOD

PROLOGUE

Tout a commencé avec la Genèse, le premier livre de la Bible. Les auteurs de ce texte racontent que Dieu créa le ciel et la Terre puis peupla leur vide en faisant apparaître la lumière, le reste de la création et enfin les créatures. Cela dura six jours; I'homme et la femme furent créés le sixième jour~ Après quoi, Dieu se reposa le septième jour. Tous les êtres vivants, végétaux et animaux, étaient réunis dans un jardin en Éden, totalement libres et paisibles, Dieu leur procurant la nourriture dont ils avaient besoin. Mais: Dieufit à l'homme ce commandement: « Tu peux manger de tous les arbres du jardin. Mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car, le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement », (Gn 2, 16-17).

Tentée par un serpent, la femme mangea du fruit défendu: elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il mangea. Dieu, alors, les chassa du jardin d'Éden et les condamna, l'homme, Adam, à gagner son pain à la sueur de son front et la femme, Ève, à enfanter dans la douleur. Ce récit ou plus exactement ces deux récits résumés ici en siècle par des un seul, furent mis par écrit aux alentours du -7ème scribes juifs qui vivaient en exil à Babylone ou qui venaient de revenir à Jérusalem, en s'inspirant de ce qu'ils avaient découvert dans leur pays de déportation. En effet tous les peuples de l'époque éprouvaient le besoin de raconter ce qui leur apparaissait être leur histoire pour asseoir leur personnalité et leur identité: les

mythologies fleurissaient, toutes plus merveilleuses les unes que les autres, en Égypte, en Mésopotamie, en Perse, en Grèce. .. mélangeant la vie des dieux que les peuples vénéraient avec celles de leurs dirigeants dans le cadre de I'histoire largement imaginée et agrémentée de leurs ancêtres. De toutes ces mythologies il ne reste plus rien d'actueL.. sauf la mythologie du peuple juif! Pourquoi? peut-être à cause de son caractère plus religieux, plus proche de l'histoire supposée du peuple juif, plus intégré dans la vie de ce peuple par la prise en considération des tables de la loi? sans doute aussi parce que ce texte fut repris, longtemps après, par les deux religions chrétienne et musulmane qui en ont fait la base de leurs croyances. Quoi qu'il en soit, les récits de la Genèse sont encore, plus de 2 500 ans après avoir été écrits, considérés comme actuels et véridiques par les adeptes de ces religions:

- Pour les juifs, d'après Ouaknin (La Plus Belle Histoire de Dieu, Annexe 8), la Torah semble primer Dieu:
En tant que juifs, nous parlons peu du monothéisme et du Dieu unique. Notre problème, ce n'est pas d'abord la «foi », mais la Loi et son texte, la Torah (p. 90)... Pour les maîtres rationalistes du Talmud, Dieu, c'est avant tout l'éthique, la justice, réalisées par l'observance de la Loi. La révélation ne raconte pas « l'histoire de Dieu» [...] Mais l'essentiel est dans la révélation de la Loi, de l'éthique, du bien àfaire et du mal à ne pas faire (p. 93). - Pour les chrétiens la Bible est la parole de Dieu selon le Catéchisme pour adultes des Évêques de France (Annexe 8) :

La Bible est « le Livre» dans lequel nous est transmise la Révélation de Dieu et de son projet d'amour, depuis la Création, à travers l 'histoire d'un peuple choisi par lui, Israël (alinéa 55). Seule la Bible est Écriture sainte, c'est-à-dire relevant proprement du domaine de Dieu. Elle est Parole de Dieu à un titre tout à fait particulier, unique. Elle seule est « inspirée» au plein sens du mot (alinéa 60).

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- Pour les musulmans le Coran n'a fait que confirmer, à treize reprises, la Révélation déjà contenue dans la Torah et l'Évangile (Annexe 8, le Coran, introduction p. 38). C'est ainsi que la sourate 61/6 précis,e : Jésus, fils de Marie, dit: « 0 fils d'Israël! Je suis, en vérité, le Prophète de Dieu envoyé vers vous pour confirmer ce qui, de la Torah, existait avant moi,. pour vous annoncer la bonne nouvelle d'un Prophète qui viendra après moi et dont le nom sera: HAhmad" ». - Pour ces trois religions monothéistes les récits de la Genèse sont, au minimum, une allégorie qui garde un sens réel et actuel très précis: - d'une part, l'Homme, à l'origine, a désobéi à Dieu: c'est un pécheur dont la faute se transmet à ses enfants et aux enfants de ses enfants jusqu'à la fin des temps. Toute l'action de I'humanité doit donc être tournée vers le rachat de cette faute originelle et la quête de son salut, - d'autre part, l'Homme ne doit pas rechercher la connaissance du bien et du mal, du vrai et du faux, même si cela est en fait l'origine de toute connaissance, au risque de tomber une nouvelle fois dans le péché.

La période historique de I'humanité commence ainsi par un curieux phénomène: une sorte de sommeil intellectuel, rejetant tout appel à la raison et donc à la science, envahit notre Terre. Après la période florissante des savants-philosophes grecs, dont les enfants d'aujourd'hui apprennent encore les théorèmes ou les principes: Thalès (-625 à -547), Pythagore (-570 à -480), Euclisiècle) ou Archimède (-287 à -212), parmi bien d'autres, de (_3ème une apathie scientifique s'abattit sur le cerveau des hommes, mis à part un réveil passager dans le monde arabe, avec Avicenne (980 à 1037) et Averoès (1126 à 1198) notamment, qui nous vaut d'écrire aujourd'hui des chiffres arabes et de résoudre des problèmes d'algèbre (mot qui découle de l'arabe: al-jabr, qui figure s dans le titre d'un livre paru à Bagdad au début du 9ème iècle). Il

Il fallut attendre la Renaissance (la bien nommée) au 15ème siècle, pour que des hommes reprenant les études des savants grecs fassent progresser à nouveau les connaissances scientifiques. On peut citer, après le précurseur Copernic (1473 à 1543), les véritables fondateurs de la science moderne: Galilée (1564 à 1642), Descartes (1596 à 1650) et bien sûr Newton (1642 à 1727). Cette renaissance scientifique ne fut toutefois pas sans risque et Galilée ne put sauver sa vie qu'en reniant ses découvertes, afin d'éviter le sort de Bruno, dont le corps disparut dans les flammes d'un bûcher à Rome en 1600. En ce troisième millénaire, nous pouvons être surpris par ces méthodes d'autrefois, qui nous paraissent barbares. Mais en fait, elles n'ont pas totalement disparu, le bûcher mis à part. Ainsi, le grand physicien anglais Stephen Hawking raconte dans Une brève histoire du temps, (Annexe 8) qu'en 1981 il avait été invité au Vatican avec d'autres experts pour discuter de cosmologie:
À la fin de cette conférence, les participants se virent accorder une audience avec le Pape, qui estima que c'était une bonne chose d'étudier l'évolution de l'univers après le Big-Bang, mais que nous ne devrions pas nous occuper du Big-Bang lui-même parce que c'était le moment de la création et donc l'œuvre de Dieu. Je fus enchanté alors qu'il ne connût pas le thème du laïus que j'avais prononcé [...] Je n'avais pas envie de partager le destin de Galilée, avec lequel je ressentais un fort sentiment d'identité, en partie à cause de la coïncidence qui veut que je sois né exactement trois cents ans après sa mort (p. 150).

Et pourtant Jésus dans une parabole célèbre nous semble avoir conseillé à l'homme d'user normalement de sa liberté de penser. Il a ainsi raconté qu'un seigneur, avant de partir pour un long voyage (Annexe 2), appela ses serviteurs et leur remit ses biens. Et à l'un, il donna cinq talents,. à un autre, deux,. à un troisième, un seul. À son retour, il félicita et récompensa les deux premiers serviteurs, qui avaient fait fructifier leurs talents, et blâma le troisième qui n'en avait pas fait autant. Ille traita de fainéant et le fit jeter dans les ténèbres extérieures. 12

Il semble difficile de penser que par ce récit Jésus ait voulu donner à ses disciples une leçon de gestion financière ou boursière. Nul ne sait quel mot, vraisemblablement araméen, Jésus a utilisé, mais si le traducteur grec a retenu le nom d'une pièce de monnaie, le talent, c'est sans doute parce que ce mot avait également le sens qu'il a en français: le talent, la compétence, l'intelligence. En effet la racine grecque du mot talent signifie peser, avoir du poids. La pièce de monnaie, le talent, valait un certain poids d'or ou d'argent. Si on retient le sens français du mot talent, on comprend bien la leçon que Jésus veut donner à ses disciples: ne vous contentez pas de ressasser toujours vos connaissances en les gardant enfouies en votre for intérieur, mais au contraire faites-les fructifier d'une façon permanente en les enrichissant par des lectures, des études, des réflexions et des expériences nouvelles menées avec d'autres hommes cherchant également à s'enrichir intellectuellement. C'est dans cette voie que nous allons poursuivre, en mettant en mouvement nos méninges et pas seulement notre mémoire.

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La chute
Le récit des désobéissances d'Adam et d'Ève a pris une telle importance dans les religions monothéistes actuelles, mais aussi dans l'inconscient de certains peuples d'hier et d'aujourd'hui, qu'il est utile d'examiner le détail de ces scènes pour en faire apparaître les éléments essentiels. En premier lieu, il semble que la vie dans le jardin d'Éden se déroulait calmement dans le bonheur et la félicité, d'une façon édénique sinon idyllique, lorsque Dieu intervint pour prévenir Adam: de l'arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas. Pour la première fois dans l'Univers le mot mal est prononcé... par Dieu, le mal est dans la Création! Cela est surprenant, comment cela a-t-il pu se faire?
Selon le premier récit de la Genèse, après chaque séquence de la Création Dieu s'arrête un instant, regarde son œuvre et constate qu'elle est bonne: Que la lumière soit, et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne.

Dieu appela le continent « terre» et la masse des eaux « mer» et Dieu vit que cela était bon. La terre produisit de la verdure [...] et Dieu vit que cela était bon.
Dieufit les deux luminaires [...] les plaça au firmament pour éclairer la terre [...] et Dieu vit que cela était bon. [...]