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Genre et identités aux Pays-Bas méridionaux

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Les Pays-Bas méridionaux du premier âge moderne (deuxième moitié du XVIe siècle), sont à la recherche d'une identité entre les influences du sud de l'Espagne catholique et celles du nord des Provinces Unies et Angleterre. Comment l'éducation des femmes peut-elle aider à la mise en place de cette identité ? L'ouvrage aborde les différents acteurs de cette éducation féminine : les monastères, la cour, la famille, les nouveaux ordres religieux de la Contre-réforme.

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Date de parution 01 juin 2012
Nombre de lectures 7
EAN13 9782296493001
Langue Français
Poids de l'ouvrage 7 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Genre et identités aux Pays-Bas méridionaux
L'éducation religieuse des femmes après le concile de Trente
Déjà parus dans cette collection : 1Le monde catholique et la question sociale (1891-1950), s. dir. Françoise ROSARTet Guy ZELIS, Bruxelles,EVO, 1992, 184 p. 2VaticanIIet la Belgique, s. dir. Claude SOETENS, Ottignies, Quorum, 1996, 336 p. e 3– Anne-Dolorès MARCELIS,Sous le voile, le monde des religieuses cloîtrées auXXsiècle, Ottignies, Quorum, 1997, 245 p. 4Entre la peste et le choléra. Vie et attitudes des catholiques belges sous l’occupation, s. dir. Fabrice MAERTEN, Franz SELLESLAGHMark V et AN DENWIJNGAERT, Gerpinnes, Quorum, 1999, 288 p. 5Orval, 1926-1948. Entre restauration et résurrection, s. dir. Claude SOETENS, Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant, 2001, 138 p. 6Entre jeux et enjeux. Mouvements de jeunesse catholiques en Belgique, 1910-1940, s. dir. Françoise ROSARTet Thierry SCAILLET, Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant, 2002, 325 p. e 7Pour une histoire du monde catholique au 20 siècle. Wallonie-Bruxelles. Guide du chercheur, s. dir. Jean PIROTTEGuy Z et ELIS, en collab. avec Baudouin GROESSENS et Thierry SCAILLET, Louvain-la-Neuve, Église-Wallonie, 2003, 784 p. 8Scoutisme et guidisme en Belgique et en France. Regards croisés sur l’histoire d’un mouvement de jeunesse, s. dir. Thierry SCAILLET et Françoise ROSART, Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant, 2004, 279 p. e e 9et 20 siècles. Bilan, tendances récentes et perspectives (1975-Écrire l’histoire du catholicisme des 19 2004), s. dir. Luc COURTOIS, Jean-Pierre DELVILLE, Eddy LOUCHEZ, Jean PIROTTE, Françoise ROSARTet Guy ZELIS, Louvain-la-Neuve, Arca, 2005, 197 p. 10Guidisme, scoutisme et coéducation,s. dir. Thierry SCAILLET, Sophie WITTEMANS et Françoise ROSART, Louvain-la-Neuve,ARCA, Academia-Bruylant, 2007, 304 p.
11– Anne VINCENT, avec la collaboration de Françoise ROSART,Un chrétien en terre d’islam. Le Père Georges Dumont (1916-1998), Louvain-la-Neuve,ARCA, Academia-Bruylant, 2008, 130 p. 12– Yves CARRIER,Lettre du Brésil. L’évolution de la perspective missionnaire. Relecture de l’expérience de Mgr Gérard Cambron, Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant, 2008, 376 p. 13– Caroline SAPPIA(ed.),À l’image d’Oscar Romero. Héros, prophètes et martyrs d’Amérique latine, Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant, 2009, 245 p. 14Genre et identités aux Pays-Bas méridionaux. L'éducation religieuse des femmes après le concile de Trente, s. dir. Silvia MOSTACCIO, Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant, 2010, 247 p.15– Werner PROMPER,Lambert Louis Conrardy, médecin-prêtre des lépreux, collaborateur et successeur du Père Damien, Louvain-la-Neuve, Academia-Bruylant, 2009, 376 p. e e 16sièclesLes intellectuels catholiques en Belgique francophone aux 19 et 20 , s. dir. Guy ZELIS, Louvain-la-Neuve, Presses universitaires de Louvain, 2009,XVI-394 p.
Genre et identités aux Pays-Bas méridionaux
L'éducation religieuse des femmes après le concile de Trente
Actes du colloque international Université catholique de Louvain, 7 mars 2008
Silvia MOSTACCIO(ed.)
Avec la collaboration de Jean-Pierre DELVILLE
Louvain-la-Neuve, 2010
Collection Sillages
Remerciements Ce livre est le fruit d’une journée internationale d’étude « L’éducation religieuse des femmes dans les Pays-Bas méridionaux après le concile de Trente », organisée en mars 2008 à la Faculté de philosophie et lettres de l’Université catholique de Lou-vain, dans le cadre des activités de l’ARCA(Archives du monde catholique). Je tiens à remercier Paul Servais pour son soutien scientifique et organisationnel. Merci aussi auFNRSqui a rendu possible la réalisation de la journée et la publication de ses actes.
À Françoise Mirguet, qui a suivi l’édition du volume, toute ma reconnaissance.
Illustration de la couverture : Rembrandt Harmensz van Rijn, The Prophetess Anna, 1631 (copyright : Rijksmuseum, Amsterdam)
D/2010/4910/18
© Bruylant-Academia s.a. Grand-Place, 29 B-1348 Louvain-La-Neuve
ISBN: 978-2-87209-952-8
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’éditeur ou de ses ayants droit.
Imprimé en Belgique
www.academia-bruylant.be
Introduction
Silvia MOSTACCIO
Sommaire
Perspectives pour une histoire institutionnelle et culturelle des espaces religieux féminins dans l’Italie moderne Sara CABIBBO
L’éducation des femmes dans l’Espagne post-tridentine Nieves BARANDA
Entre Réforme et Espagne : quelle éducation religieuse pour les femmes dans les Pays-Bas méridionaux ? Silvia MOSTACCIO
L’Idea Vitæ Teresianæ (1687). La vie mystique thérésienne et sa représentation visuelle dans les Pays-Bas espagnols Cordula VANWYHE
e À l’école du cloître au 17 siècle : formation et éducation dans les ordres contemplatifs féminins (Pays-Bas méridionaux et Principauté de Liège) Marie-Élisabeth HENNEAU
e e L’éducation dispensée par les ursulines aux 17 et 18 siècles Philippe ANNAERT
e La femme aux mains des jésuites. Genèses d’un lieu commun de l’antijésuitisme français (17 -e 19 siècles) Sylvio HERMANN DEFRANCESCHI
La formation religieuse des femmes aux temps modernes. Des questions-réponses en guise de conclusion Jean-Pierre DELVILLE
Table des auteurs
PhilippeANNAERT, Institut d’Études théologiques, Bruxelles
NievesBARANDA LETURIO,UNED, Madrid
SaraCABIBBO, Université de Rome 3
Jean-PierreDELVILLE, Université catholique de Louvain
Marie-ÉlisabethHENNEAU, Université de Liège
e SylvioHERMANNDEFRANCESCHISection, École pratique des hautes Études, 4
SilviaMOSTACCIO, Université de l’Aquila
CordulaVANWYHE, Université de York
Introduction
Silvia MOSTACCIO
Dans les pages à la fois passionnées et rigoureuses de leurIntroductionà l’Histoire des e e femmessièclespour les 16 -18 ,Natalie Zemon Davis et Arlette Farge n’avaient aucun doute : « Prendre la femme au sérieux, c’est restituer son activité dans le champ de relations qui s’instituent entre elle et l’homme, faire du rapport des sexes une pro-1 duction sociale dont l’historien peut et doit faire l’histoire. » Les différentes histoires – sociale, culturelle, politique et religieuse – retrouvaient dans le « spazio di tensione fra i sessi » le lieu d’une possible convergence, ayant pour cible l’étude de la société dans sa complexité. À la base de cette proposition historiographique on retrouvait, bien évidement, une vision profondément relationnelle du genre : celui-ci devenait une façon de s’approcher, dans l’histoire, avec ses temps, de chaque organisation 2 sociale spécifique de la relation entre les sexes . Tout en gardant leurs particularités, les femmes devenaient ainsi les éléments indispensables d’une histoire plus vaste dont elles étaient en même temps actrices et objets : il fallait donc les suivre dans leurs actions à travers les différents domaines de la société, tout en prêtant attention aux discours littéraires, philosophiques, théologiques et artistiques sur la femme. Prononcés par des hommes ou par des femmes, ils devaient permettre de s’approcher d’une identité en évolution, à articuler entre devoir être et pratique quotidienne.
En particulier, cette construction identitaire avait gardé à l’époque moderne une forte connotation religieuse : à partir de la rupture de l’unité confessionnelle et des
1 NatalieZEMONDAVISetArletteFARGE,Introduction, dans George DUBYMichelle P et ERROT (eds), e e Histoire des femmes en Occident,3,Natalie ZEMONDAVISArlette F et ARGE(eds), XVI-XVIII siècles, Paris, Plon, 1991, pp. 13-19 ; en part. p. 14.
2 Pauline SCHMITTPANTEL,Sexual asymmetry, rapports sociaux de sexe, gender, dansL’histoire des femmes et l’histoire ancienne aujourd’hui, 1, Pauline SCHMITTPANTEL(ed.),L’Antiquité, Paris, Plon, 1990, pp. 493-502, en part. pp. 496-498.
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Silvia Mostaccio
luttes violentes qui suivirent, les femmes protestantes et catholiques avaient initié des parcours face à la foi et à la culture, jusqu’à assumer des positions différentes dans la 3 société, la famille, l’État . Positions gagnées à partir d’une profonde participation des femmes aux mouvements religieux qui, tout en gardant des aspects fort contradictoi-res et quelques fois misogynes, leur permirent néanmoins d’expérimenter de nou-4 veaux itinéraires d’affirmation personnelle . Encore une fois d’ailleurs, cette centrali-té de l’élément religieux n’est pas une exclusivité féminine ; au début de la période moderne, la construction des différentes identités passe par cet aspect particulier qui ne peut pas être considéré comme accessoire : « In the sixteenth and seventeenth centuries the most obvious, and best-studied, exemples of engagement of large groups of subiects and citizens with public affairs were concerned with religion [...]. It was a new enphasis on the fundamentally religious nature of political debate (and 5 political nature of religion). » Dans ce contexte, l’attention à l’élément religieux n’est pas un choix exclusif ni idéologique de l’historien des temps modernes : il s’agit plutôt de sa capacité à suivre une société en transformation, où l’élément religieux est quelque chose de dynamique, pour pouvoir articuler cette dimension – et ses 6 sources – avec les autres composantes d’une identité complexe .
L’éducation des femmes, avec l’auto-affirmation de son caractère religieux – explicité par les institutions concernées, les modèles de comportement proposés et plus généralement ses présupposés idéologiques –, s’impose comme l’un des éléments fondamentaux pour suivre leprocessusde la société hétérogène des Pays- identitaire e Bas espagnols à partir de la deuxième moitié du 16 siècle. Parmi les produits de cette société on retrouvera alors une certaine culture proposée et imposée aux femmes, qui est déjà le fruit des rapports de genre et qui éclaire deux aspects com-plémentaires : la longue durée du modèle de la femme comme épouse (du Christ ou d’un homme) et comme mère de famille, mais aussi ses différentes déclinaisons selon les classes sociales et l’affirmation d’identités confessionnelles de plus en plus
3 NatalieZEMONDAVISetArletteFARGE,Introduction,op. cit.15. La base reste encore; en part. p. NatalieZEMONDAVIS,Society and Culture in Early Modern France, Stanford, Stanford University Press, 1975.
4 LucettaSCARAFFIAetGabriella ZARRI,Introduzione, dans Lucetta SCARAFFIAet Gabriella ZARRI(eds),Donne e fede. Santità e vita religiosa in Italia, Roma-Bari, Laterza,1994, pp.V-XVI; en part. pp.IXetXI.
5 JudithPOLLMANNetAndrew SPICER,Introduction, dans Judith POLLMANN et Andrew SPICER(eds), Public Opinion and Changing Identities in the Early Modern Netherlands, Leiden-Boston, Brill, 2007, pp. 1-9 ; en part. p. 2.
6 ÉmilePOULAT,La storia sociale e religiosa dopo Gabriel Le Bras, dansFonti e problemi della storia sociale e religiosa,X(1976), pp. 7-17. Sur l’utilisation des sources qui se déclarent « religieuses » dans une histoire plus complexe voir aussi LilianaBILLANOVICHVITALE,Tavola rotonda. Dopo Giuseppe De Luca e Henri Bremond, dansRicerche di storia sociale e religiosa,XIV(1985), pp. 111-118 ; en part. p. 111.
Introduction
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7 claires . À partir de la période des Archiducs (1598-1621) et de son uniformité catholique, le modèle de la religieuse, de l’épouse du Christ, deviendra important non seulement pour les femmes concernées, mais pour la societé dans son ensemble. Dans ce contexte on verra alors se définir une nouvelle société aux bonnes manières catholiques, où la culture des conquérants se mêlera aux éléments de l’ancienne spiritualité des Pays-Bas.
L’article de Sara Cabibbo, qui ouvre notre livre, permettra de nous familiariser avec les résultats les plus récents de l’historiographie à propos des incidences culturelles des institutions féminines à partir ducase study italien, avec une attention tout à fait particulière réservée aux monastères comme centres de culture. L’essai de Nieves Baranda sur l’éducation des femmes dans l’Espagne post-tridentine permettra de profiter du grand effort de synthèse critique de son auteur pour apprivoiser à la fois la péninsule ibérique – avec son historiographie – et les croyances sur la formation féminine que les conquérants apportèrent avec eux aux Pays-Bas méridionaux. Avec les pages de Silvia Mostaccio sur la production imprimée pour les femmes dans les e e Pays-Bas méridionaux entre la moitié du 16 siècle et celle du 17 siècle, on essayera de repérer les éléments constitutifs d’une identité hétérogène qui puisa dans la tradition espagnole, mais aussi dans les plus anciennes expériences liées à ladevotio modernaainsi qu’à la passion pour la Bible des calvinistes. Par la suite, flamande, l’article de Cordula Van Wyhe nous aidera à suivre le développement des intuitions e espagnoles dans les Pays-Bas méridionaux : à Anvers, à la fin du 17 siècle, l’expérience spirituelle et institutionnelle des carmélites déchaussées s’est désormais enrichie de la tradition desemblemata, au point de traduire en images la conception anthropologique et mystique de Thérèse de Jésus pour la formation de ses sœurs. Par ailleurs un plus vaste itinéraire parmi les institutions féminines dédiées à l’éducation des femmes – en formation ou résidentes – nous sera suggéré par les études de Marie-Elisabeth Henneau et Philippe Annaert. La première, avec sa re-cherche conduite sur des sources hétérogènes, nous présentera deux expériences différentes : les cisterciennes et les très rigoureuses annonciades célestes ; idéaux éducatifs à l’obéissance et à la prière, pratiques de lecture et rapports entre individu et communauté seront au centre de l’enquête. Le deuxième, avec les ursulines, nous permettra de nous approcher de cette nouvelle expérience de vie active pour des
7 Sur la longue durée du modèle de la femme comme mère et épouse dans l’éducation : Elisa NOVI CHAVARRIA,L’educazione delle donne tra controriforma e riforme, dans Angelo BIANCHI et Giancarlo ROCCA(eds),L’educazione femminile tra Cinque e Settecento,Annali di Storia dell’educazione e delle istituzioni scolastiche, 14 (2007), pp. 17-28 et bibliographie correspondante. L’article proposé par Philippe Annaert dans ce recueil et dédié à l’activité éducative des ursulines semble confirmer la même continuité du modèle éducatif contre-réformiste tout au long de l’époque moderne : une solide formation à l’obéissance et aux pratiques religieuses et dévotionnelles et, en plus, un savoir faire de base pour lire, écrire, calculer.