Henri Reymond (1737-1820)

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Français
248 pages
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Henri Reymond a traversé la période agitée de l'Ancien Régime à la Restauration en passant par l'Empire. Dauphinois né à Vienne, ardent défenseur du bas-clergé, il présente en 1789 un programme de réforme de l'Eglise. Elu évêque de l'Isère en 1792, il s'efforce de faire revivre une Eglise à bout de souffle. En 1801, à la suite du Concordat, il démissionne. Nommé évêque de Dijon en 1802, il s'attelle à la reconstruction du diocèse avec un grand souci des pauvres. Il meurt à Dijon en 1820.

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Date de parution 01 décembre 2014
Nombre de lectures 26
EAN13 9782336364285
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

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Albert REY Avec la collaboration de Jacques Rogé et GillesMarie Moreau
Henri Reymond(17371820)évêque constitutionnel de l’Isère(17931802), évêque concordataire de Dijon(18021820)
Préface de Mgr Guy de Kerimel évêque de Grenoble et Vienne Postface de Mgr Roland Minnerath archevêque de Dijon
24/11/14 14:38
Henri Reymond
Religions et Spiritualité fondée par Richard Moreau, Professeur émérite à l'Université de Paris XII dirigée par Gilles-Marie Moreau et André Thayse, Professeur émérite à l'Université de Louvain La collectionReligions et Spiritualité rassemble divers types d’ouvrages : des études et des débats sur les grandes questions fondamentales qui se posent à l’homme, des biographies, des textes inédits ou des réimpressions de livres anciens ou méconnus. La collection est ouverte à toutes les grandes religions et au dialogue inter-religieux. Dernières parutions Gérard LEROY,A la rencontre des pères de l’église, L’extraordinaire histoire des quatre premiers siècles chrétiens,2014. Martine DIGARD,Lettre à tous ceux qui cherchent Dieu,2014. Véronique GAY-CROSIER LEMAIRE,Plongée dans l’enseignement social de l’Église,2014. Francis LAPIERRE,L’évangile oublié. Nouvelle édition revue et corrigée, 2014. François ORFEUIL,Approches de la bible. Un orthodoxe lit des textes, 2014. Francis WEILL,Le jour où Dieu pleurera, Conte philosophique sur l’absence de Dieu, 2014. Sameer MAROKI,Les trois étapes de la vie spirituelle chez les Pères syriaques : Jean le Solitaire, Isaac de Ninive et Joseph Hazzaya, 2014. Don-Jean BELAMBO,La réception de la théorie de l’évolution dans e la théologie catholique du XX siècle, 2014. Anne-Claire MOREAU,Peuples, guerres, et religions dans l’Amérique du Nord coloniale, 2014. Francis WEILL,Dictionnaire alphabétique des versets des douze derniers prophètes(2 vol.), 2014. Philippe BEITIA,Le culte local des Papes dans l’Église catholique, 2014. Ataa DENKHA,L’imaginaire du paradis et le monde de l’au-delà dans le christianisme et dans l’islam, 2014. Frère Etienne GOUTAGNY,: petit dictionnaireLa manne du désert des noms communs bibliques à la lumière des Pères du désert, 2014. Michel SALA,: une lectureYHWH ou l’économie du sang girardienne de l’Exode biblique, 2014.
Albert REY
avec la collaboration de Jacques Rogé et Gilles-Marie Moreau
Henri Reymond (1737-1820)
évêque constitutionnel de l’Isère (1793-1802), évêque concordataire de Dijon (1802-1820)
Préface de Mgr Guy de Kerimel évêque de Grenoble et Vienne
Postface de Mgr Roland Minnerath archevêque de Dijon
© L'HARM ATTAN, 2014 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-05088-1 EAN : 9782343050881
Préface
En mettant à disposition du public les documents, rassemblés dans cet ouvrage, concernant Mgr Henri Reymond, évêque constitutionnel de l’Isère puis évêque concordataire de Dijon, le Père Albert Rey et Monsieur Gilles-Marie Moreau font connaître une forte personnalité qui a œuvré à sa manière pour adapter l’Eglise Catholique en France à un changement profond de société, à la fin de l’Ancien Régime. Nous avons ici des documents de première main qui éclairentl’histoire troublée de l’Eglise durant la tourmente révolutionnaire et l’amorce de sa pacification au tout début du XIXème siècle avec l’instauration du concordat de 1802. Le jeune abbé Reymond, prêtre de l’archidiocèse de Vienne supprimé à la Révolution, s’est très vite fait des ennemis, comme il l’écrit lui-même, par les procès qu’il a intentés pour faire valoir ses droits à disposer des moyens matériels nécessaires à ses besoins et à l’exercice de son ministère. De même, particulièrement sensible à l’injustice que générait le système des bénéfices, qui concentraient les ressources de l’Eglise aux mains de privilégiés dont une bonne partie n’assumait pas la charge du ministère, il a pris la défense du bas clergé réduit à la « portion congrue», c’est-à-dire la plupart des curés nommés par les bénéficiaires pour exercer le ministère, qui ne recevaient qu’un très modeste traitement. Il est vite repéré comme un chef de file du bas clergé. Autant dire que l’annonce de la convocation des Etats Généraux et les assemblées préparatoires qui en ont précédé la réunion l’ont trouvé enthousiaste et engagé, et le font rêver d’une réforme en profondeur de l’Eglise. L’Assemblée Constituante opère très vite desmodifications importantes dans l’organisation de l’Eglise en 1 France (appelée souvent, à l’époque, l’Eglise Gallicane), supprimant des diocèses, des offices ecclésiastiques, changeant les
1 Il ne faut pas la confondre avec l’actuelle Eglise Gallicane, qui n’est pas en communion avec Rome. 5
modes de nominations des évêques et des curés, désormais élus. Henri Reymond adhère tout de suite à la Constitution civile du clergé promulguée durant l’été 1790. Il s’oppose à son ancien archevêque et à l’évêque démis de Grenoble pour défendre le bienfait de cette Constitution. Dans ces écrits pour contrer les condamnations de la Constitution civile du clergé tant de la part des évêques démis que de la part du Pape Pie VI, Henri Reymond se montre habile et rusé, instillant le doute sur l’authenticité de ces condamnations. Sa réfutation de la lettre pastorale de Mgr d’Aviau, archevêque démis de Vienne, pour le Carême 1791, sera diffusée dans toute la France. Après la mort du premier évêque constitutionnel de l’Isère,il est élu évêque de l’Isère et s’emploie immédiatement, sans succès, à se faire reconnaître du Pape. Ce point est à noter: l’Eglise en France, fortement marquée par le gallicanisme, veut défendre ses libertés et une certaine autonomie vis-à-vis de Rome, tout en reconnaissant le Pape comme successeur de Saint Pierre et Chef suprême de l’Eglise ; c’est de lui que les évêques devaient recevoir l’institution canonique. L’Eglise Gallicane, c’est-à-dire l’Eglise catholique en France, ne veut pas de la rupture avec Rome. Henri Reymond cherchera toujours à entrer en contact avec le Pape, particulièrement lorsque celui-ci, prisonnier du Directoire, passera à Grenoble, avant de mourir à Valence. Cependant, un schisme de fait s’instaure, le Pape refusant de reconnaître les évêques constitutionnels ; et au sein même de l’Eglise en France, une séparation s’opère et la division s’installe entre les prêtres jureurs, qui ont prêté serment, et les prêtres réfractaires refusant la Constitution civile du clergé et ne reconnaissant que les évêques d’avant la Révolution. Les fidèles eux-mêmes sont partagés. Dans ce contexte, Mgr Reymond se met à la tâche de la réorganisation de ce nouveau diocèse de l’Isère et à exercer son ministère de pasteur, prêchant, écrivant, organisant. Moins d’un an plus tard, il est dénoncé et emprisonné; c’est la période de la Terreur, durant laquelle il faillit être conduit à l’échafaud. Libéré après la mort de Robespierre, il reprend son ministère, soucieux de l’éducation dans la foi de ses diocésains et de la réorganisation du culte, après l’épisode du culte de la Raison: les troubles de ces années n’ont pas permis de catéchiser correctement les jeunes 6
générations, de nombreuses paroisses se sont trouvées sans prêtres, et en conséquence, les fidèles ont été privés des sacrements. L’évêque est prêt à se déplacer sur le terrain pour catéchiser et préparer aux sacrements. Mgr Reymond cherche aussi la pacification de l’Eglise en France, divisée par le schisme, en dénonçant l’erreur des évêques démis et des prêtres réfractaires; il souhaite convaincre les réfractaires de leur fausse route. Dans toute son action pastorale, il se veut toujours fidèle à l’Evangile et au pouvoir établi. Le concordat négocié entre Bonaparte et Pie VII amènera la pacification de l’Eglise en France. Signé le 15 juillet et ratifié par Pie VII le 15 août 1801, il entre en vigueur le jour de Pâques, 18 avril 1802. Avant cela, tous les évêques, ceux démis par la Révolution et les constitutionnels, sont invités à donner leur démission. Henri Reymond s’exécute le 12 octobre 1801. Le 9 avril 1802, il est nommé évêque de Dijon et prend possession de son siège le 6 juin suivant. Il y accomplit une vraie œuvre de pasteur et de pacificateur. Il sera toujours un fervent défenseur du pouvoir en place, et particulièrement de Napoléon, dont il soutiendra toutes les initiatives ; ce qui peut nous paraître de la versatilité de sa part, lors de la Restauration, puis des Cent-Jours, puis du retour de Louis XVIII, ne remet pas en cause sa ligne de conduite : fidélité à l’Evangile, qui reste toujours première, et fidélité au pouvoir établi, voulu par Dieu. Cependant, après l’épisode des Cent-Jours, il sera mis à l’écart de son diocèse pendant un an, placé sous surveillance à Paris, sans en connaître vraiment la cause. La lecture de ces pages donne un éclairage sur une personnalité controversée, aspirant à des réformes légitimes, rêvant d’une Eglise plus évangélique, plus proche des premières communautés chrétiennes, faisant preuve de certaines initiatives courageuses et d’autres plus audacieuses et discutables, toujours soucieuse d’accomplir sa tâche pastorale. Elle éclaire aussi sur la manière dont l’Eglise traverse des crises et doit s’adapter à des temps nouveaux. Le Père Albert Rey a souhaité évoquer en parallèle du schisme de 1791 deux autres schismes plus récents qui sont plus lents à
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résorber que celui de la Révolution Française : la division de l’Eglise en Chine et le schisme de Mgr Marcel Lefebvre. Ce dernier est lié au Concile Vatican II et donc au travail de l’Esprit Saint et des Pères conciliaires pour adapter l’Eglise aux temps nouveaux qui s’annonçaient, et qui peuvent être caractérisés schématiquement comme la sortie de chrétienté. De ce point de vue, on pourrait rapprocher la crise de l’Eglise dans la Révolution Française, de la crise de l’Eglise dans la crise de société en France (mai 1968, ses prémices et ses conséquences): comment l’Eglise s’adapte aux temps nouveaux, à travers les vicissitudes de l’histoire, dans la fidélité à l’Evangile et au Christ son Chef et son Pasteur, en communion avec le successeur de Pierre ? Merci au Père Albert Rey pour le soin qu’il a, depuis des années, de rassembler et de conserver des documents précieux pour l’histoire. Merci à Monsieur Gilles-Marie Moreau pour son intérêt pour les trésors contenus dans les archives et son souci de les faire connaître. Guy de Kerimel Evêque de Grenoble-Vienne
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Ce livre est le fruit d’une découverte fortuite et d’une double collaboration. Il y a quelques années, un ami prêtre qui s’intéresse à l’histoire me communiqua une liasse de documents trouvés dans le grenier d’un presbytère du diocèse. Il s’agissait de l’édition originale, imprimée à Grenoble en 1797, des/HWWUHV SDVWRUDOHV d’Henri Reymond, évêque constitutionnel de l’Isère pendant la Révolution. J’achevais alors l’inventaire des documents légués au Séminaire par Aimée-Mariede Franclieu et la rédaction d’un abrégé des trois tomes de son étude surOD SHUVpFXWLRQ UHOLJLHXVH GDQV OH GpSDUWHPHQW GH O¶,VqUH . Or cette étude, publiée il y a un siècle et précieuse pour la documentation qu’elle fournit, ne s’intéresse guère à l’Eglise constitutionnelle et se montre sévère à son égard. Il m’a donc semblé utile de la prolonger à partir des écrits de cet évêque qui a de fait gouverné le diocèse pendant près de dix ans. D’autres informations ont pu être recueillies aux Archives départementales ou diocésaines, ainsi qu’à la Bibliothèque Municipale de Grenoble. Restait à découvrir la partie dijonnaise de ce ministère épiscopal peu banal: Mgr Reymond est en effet l’un de ces évêques, qui, ayant donné leur démission à la demande de Pie VII, ont été nommés à un autre évêché (en l’occurrence Dijon) à la suite du Concordat de 1801. Une démarche auprès de l’archiviste de ce diocèse eut un effet inattendu, au-delà de toute espérance. Non seulement une abondante documentation, soigneusement classée, fut mise à ma disposition, mais une amicale collaboration s’instaura avec M. Jacques Rogé, à qui je tiens à rendre hommage. Réalisé il y a quelques années, ce travail n’était pas, tout d’abord, destiné à la publication. Ilne prétend pas être une véritable biographie, ce qui aurait demandé d’élargir la recherche, tant sur l’Eglise constitutionnelle que sur l’Eglise concordataire ou sur le contexte historique. Il est une mise en ordre de documents, reliés entre eux et le plus souvent introduits ou commentés. Tel 9