Islam et Christianisme
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Description

La modernité est un défi à toutes les religions car elle met en question la religion. C'est pourquoi les chrétiens et les musulmans d'Orient n'ont plus à s'épuiser en des querelles religieuses. Ils ont à relever le défi de la modernité dans le but de survivre dans ces temps sans pitié et de garder leur identité et leur âme. Cette tâche n'est pas impossible car le meilleur de la modernité rejoint la substance des religions.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juillet 2011
Nombre de lectures 62
EAN13 9782296464636
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Islam et christianisme
Collection « PENSÉE RELIGIEUSE ET PHILOSOPHIE ARABE» dirigée par Antoine Fleyfel
Cette collection est un espace de réflexion qui traite des problématiques religieuses et philosophiques majeures du monde arabe contemporain. Elle considère que la complexité de ces questions suppose, pour leur compréhension, un abord critique qui s’appuie volontiers sur une interdisciplinarité nécessaire pour une meilleure intelligence des mutations humaines actuelles. Cette collection publie des études qui ont comme objet le monde arabe, dans toutes ses constituantes culturelles, religieuses, politiques et sociales, ou des œuvres écrites par des penseurs arabes qui réfléchissent le monde à partir de leurs acquis contextuels. Ne voulant être limitée par aucune école de pensée mais favorisant la réforme et le renouveau, cette collection mise sur la valeur scientifique et sur l’originalité des œuvres qu’elle publie, sur les ouvertures d’horizons proposées et sur l’échange interculturel pouvant être occasionné.
Dernières parutions
1- Antoine FLEYFEL,La théologie contextuelle arabe. Modèle libanais, Paris, L’Harmattan, 2011. © L'HARMATTAN, 2011 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55026-1 EAN : 9782296550261
Paul Khoury Islam et christianisme
Dialogue religieux et défi de la modernité L’HARMATTAN
Du même auteur (principaux écrits en langue française)
IslamChristianisme 1 2 Jean Damascène et l’Islam. 1957-1958, 1994. 1 2 Paul d’Antioche, Traités théologiques.1994. 1964, 1 2 Islam et christianisme, Dialogue religieux et défi de la modernité.1997. 1973, e Matériaux pour servir à l’étude de la controverse théologique islamo-chrétienne de langue arabe du VIII au e XII siècle.I-VIII.1989, 1991, 1997, 1999, 1999, 2000, 2001, 2002. e e Textes des théologiens arabes chrétiens du VIII au XII s. : Le Verbe incarné, I-II.2000. Les islamistes et les autres.2004. Monde arabe La criselibanaise dans le processus de mutation socioculturelle de l’Orient arabe.1976, inédit. 1 2 Une Lecture de la pensée arabe actuelle, trois études.1998. 1981, 1 2 Tradition et modernité, Thèmes et tendances de la pensée arabe actuelle.1998. 1983, Tradition et modernité, Matériaux pour servir à l’étude de la pensée arabe actuelle, I-III.1981, 1984, 1985. Monde arabe et mutation socioculturelle, Problématique de la sécularisation et de la révolution culturelle. 1 2 1999. 1984, L’Islam critique de l’Occident, Islam et Sécularité, I-III.1994, 1995, 1996. L’Islam et l’Occident, Islam et Sécularité.1998. Philosophie La Religion et les hommes, Essais sur les dimensions anthropologiques de la religion.1984. Esquisse d’une philosophie de la culture.1974, cours polycopié. La dimension de transcendance en l’homme.1975, cours polycopié. Notes pour l’étude de la Métaphysique.1985, cours photocopié. Notes pour l’étude de la Métaphysique.1990, cours photocopié. Notes pour l’étude de la Philosophie morale.1992, cours photocopié. 1 2 Le Fait et le Sens, Esquisse d’une Philosophie de la Déception.2007. 1996, Aporétique, ou “ Que sçay-je ?.2005. Le problème de l’homme.2006, inédit. Notes pour l’étude de la métaphysique.2006, inédit. Notes pour l’étude de la philosophie morale.2006, inédit.
AVERTISSEMENT  Le but de ces pages étant de poser le problème actuel des religions, et plus particulièrement du dialogue des religions chrétienne et musulmane, et de proposer un cheminvers une solution à titre d’hypothèse de travail, il n’a pas semblé indispensable de fournir la bibliographie des thèmes abordés dans cette étude, ni la liste des travaux consultés, ni même toujours les références aux textes bibliques et coraniques. Les classiques de l’histoire des civilisations et des idées, des disciplines concernant la religion, enfin des problèmes actuels de philosophie et de théologie, sont fort connus et accessibles à tout le monde. De plus, les notes et références auraient démesurément grossi ce volume, et auraient donné à l’ouvrage un caractère documentaire qu’il n’a pas, masquant par là les intentions qui l’ont déterminé.
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INTRODUCTION  La question qui est au centre de ce travail porte sur le sens que peut avoir aujourd’hui un dialogue des religions. Un dialogue religieux a-t-il encore un objet ? Ce qui force à poser cette question d’entrée de jeu, c’est le fait du déclin des religions et de la mentalité religieuse, au bénéfice d’une mentalité nouvelle qualifiée de positive et technique. Il vaut la peine de s’arrêter un moment pour prendre la mesure exacte de ce fait historique. C’est là d’abord un phénomène de masse: se montrer curieux des autres religions, secouer la tutelle de la religion considérée comme cadre et style de pensée et de vie, critiquer la religion pour en montrer le mal-fondé sur tel ou tel point de doctrine ou de consigne, ou pour tenter de la réduire à ses origines psychologiques, sociales, culturelles, historiques,une telle attitude à l’égard des religions n’est plus le fait de quelques marginaux ou de quelques cénacles ou de quelques idéologies, elle tend au contraire à devenir un élément du type culturel nouveau où se reconnaissent déjà la plupart des hommes aujourd’hui. Ce phénomène de masse semble donc être un fait planétaire, parce que les intérêts religieux des hommes sont facilement relégués au second plan par des intérêts plus urgents, par la peur et l’insécurité que produisent les conditions actuelles d’une vie plus que jamais dangereuse, et aussi par cette sorte de vertige qui saisit l’homme dans ses premiers pas de démiurge inexpérimenté. Faut-il aller plus loin et voir dans ce fait le signe d’une mutation culturelle, marquant le passage d’une culture religieuse à une culture séculière, comme s’il s’agissait du passage de l’enfance à l’âge adulte, de la sujétion à la possession de soi, de la résignation à la créativité ? Pour beaucoup, la réponse affirmative s’impose et d’ailleurs elle est depuis fort longtemps donnée sous des formes variées. Ainsi l’on dira qu’à la religion a succédé la raison; que l’homme prend le relais des divinités; qu’après l’état théologique et l’état métaphysique, l’humanité est entrée dans l’état positif; que la religion correspond à la mentalité pré-technique; qu’à l’instar des sciences qui se sont séparées de la philosophie et ne se laissent plus régir par la théologie, la société politique et économique a pris son indépendance et, de société sacrale ou soumise aux clercs ou liée à l’autorité religieuse qu’elle était, est devenue société anticléricale, ou égale et concurrente face au pouvoir des clercs, enfin pleinement laïque et cité séculière.
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À l’intérieur même des Églises chrétiennes, la critique de la religion, qui n’a jamais cessé d’exister, se fait entendre au grand jour: anthropocentrisme, démythologisation, désurnaturalisation, désacralisation, mort de Dieu, signification séculière de l’Évangile, christianisme sans religion, christianisme athée, en sont quelques-unes des formes actuelles. C’est même très officiellement que les Églises chrétiennes prennent conscience de la perte de vitesse de la religion et se contestent, se réforment, ou se mettent à jour, en fonction de ce phénomène. Le souci majeurde Vatican II fut de retrouver la raison d’être de l’Église en réfléchissant sur les rapports de l’Église et du monde: ce qu’elle peut apporter au monde, sa participation à la solution des problèmes du monde, sa part dans la promotion des personnes et des sociétés, voilà ce qui peut donner à l’Église une audience auprès des hommes et lui permet de retrouver son énergie native et de remettre ses forces vives dans le risque de l’histoire. D’autre part, il n’est plus une Église chrétienne aujourd’hui qui ne cherche à promouvoir la justice, la liberté, la paix, valeurs synthèses où viennent converger toutes les aspirations des hommes,et qui ne s’engage dans la lutte contre l’aliénation, l’exploitation, le racisme, les formes camouflées de colonialisme et d’impérialisme, la répression et l’abêtissement. Aider au développement des peuples apparaît comme la forme actuelle de l’évangélisation, de la mission, de la pastorale, et presque de la liturgie. Et si cette praxis laisse encore une place à la spéculation théologique, du moins la théologie, ranimée par la lecture prophétique des signes des temps, doit très consciemment jouer son rôle de critique sociale, devenir théologie politique, et s’occuper de son objet concret, les réalités terrestres, l’avenir, l’espérance, la révolution. Dans l’Orient arabe, si l’islam et le christianisme paraissent encore être des religions solidement implantées dans la vie, c’est, d’une part, qu’ici religion et société tendent à coïncider, et, d’autre part, que cette tradition se défend encore violemment contre tout essai de contestation, en faisant jouer en même temps un réflexe nationaliste contre ces essais qualifiés d’idées importées de climats culturels étrangers. Pourtant, la contestation a ici, aussi bien en christianisme qu’en islam, une longue histoire, jalonnée même de violence et de sang. Aujourd’hui, il est possible de constater que l’indifférence religieuse et la contestation, sous leur forme pratique, il est vrai, plutôt que théorique, se vivent cependant à un rythme bien plus rapide que ne veulent l’admettre les positions officielles. De toutes façons, les problèmes qui viennent au premier rang des préoccupations du monde arabe et constituent réellement ses urgences, ne sont pas les problèmes
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