Jésus seulement

Jésus seulement

-

Livres
185 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Est-il encore possible de retrouver aujourd'hui la voix même de Jésus? Et comment réaliser une écoute directe de ces textes uniques que sont les évangiles? Jean Onimus s'attache aux sources, analyse les textes, dresse le portrait de cette personnalité inouïe et dont les paroles sont si différentes des traditions religieuses qui lui sont contemporaines.

Sujets

Informations

Publié par
Ajouté le 01 juillet 2003
Nombre de lectures 207
EAN13 9782296327863
Langue Français
Signaler un abus

Jésus seulement

Du même auteur
Chez le même éditeur
Face au monde actuel, 1962.

Lettres à mes fils, 1963. Un livre pour mes filles, 1964. Réflexions sur l'art actuel, 1964. Camus, 1965. L'enseignement des lettres et la vie, 1965. La connaissance poétique, 1966. Interrogations autour de l'essentiel, 1967. Teilhard de Chardin, 1968. Beckett, 1968. La communication littéraire, 1971. L'asphyxie et le cri, 1971. Mutation de la culture, 1973. Expérience de la poésie, 1973. L'écartèlement, 1979. Les dimensions du changement, 1983. Quand le travail disparaît, 1997.

Chez d'autres éditeurs
Incarnation. Essai sur la pensée de Péguy, Minard, 1952. La route de Charles Péguy, Plon, 1962. L'art et la vie, Fayard, 1966. Le Perturbateur, Cerf, 1974. La poursuite de l'Essentiel, Centurion, 1984. Essais sur l'émerveillement, PUF, 1990. La Maison, corpset âme, PUF, 1991 Teilhard de Chardin et le mystère de la terre, Albin Michel, 1991. Étrangeté de l'art, PUF, 1992. Béance du divin, PUF, 1994. Pour lire Le Clezio, PUF, 1994. Les chemins de l'espérance, Albin Michel, 1995.

Jean ONIMUS

Jésus seulement

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polyteclmique 75005 Paris

FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALlE

cgL'Harmattan, 2003 ISBN: 2-7475-4752-3

Jésus, une individualité à retrouver, à resituer, à refaire presque, tant il a été dissous, pulvérisé par la religion même dont il est l'auteur. Rétablir cette grande figure dans sa vérité humaine et dans la réalité de son

œuvre est aujourd'hui un travail de
première nécessité. Jésus [...] ramené à la vérité de sa nature, à sa pure individualité, devient un homme prodigieux.
P.J. PROUDHON, Portrait de Jésus,

texte établi et présenté par Robert Aron, Éd. P. Horay, 1951, pp. 155-156.

Collection Chrétien Autrement
Dirigée par Pierre de Givenchy

Appel aux chrétiens: Croyons-nous comme avant? Croyons-nous tout ce qui est affinné dans les Églises Que disons-nous? Nous sommes nombreux à souhaiter nous exprimer en toute liberté, dans des groupes de réflexion, dans des associations diverses de chrétiens, mais aussi dans des revues et des livres. Beaucoup désirent aussi célébrer leur foi chrétienne dans des cérémonies qui tiennent compte de la culture moderne. Nous proposons à ceux qui le désirent d'écrire leur livre personnel, de participer à des livres collectifs pour dire publiquement une foi chrétienne du XXIè siècle. C'est le but de cette collection, laisser la liberté de parole à tous ces chrétiens en recherche.

Déjà parus
THIVOLLIERPierre: Nous croyons, mais plus comme avant, 2001
LUZSÉNSZKY Guy : Quand on afait tant de chemin... 2001 OGÉ Yvonne: Judaïsme, Christianisme, Islam, 2001 BELLET Maurice: Les survivants, 2001 SOUBISE Louis et Geneviève: Le phénomène christique et sa rencontre avec la sagesse d'Orient..., 2000 DOGNETON Pierre: Ambassadrice auprès des plus pauvres (entretiens avec Alwine de vos van Steenwijk), 2000 RIOBÉ Guy-Marie: Vivre l'Évangile d'abord, 1999 KABUNDI Muanga : Le fils du prêtre, 1999 BOISSON Albert: Provocation au goût de vivre: la résurrection de la chair, 1998 GUlNOT Jean Louis: L'essentiel est d'être au rendez-vous, 1998 RIOBÉ Guy Marie: La passion de l'Évangile, écrits et paroles, 1998 LE VALLOIS Franck: Le dernier défi du Christianisme, 2002 OGE Yvonne: Et après... ?,2002 VAN DER HAUW AERT Edith: C'est ça la vie, ma route avec le Christ, 2001 ABELA Paul: Je crois mais parfois autrement, 2002 TONUS Myriam: Miroir d'Eve, 2001 MARCON Auguste: L'église et les pauvres. Journal d'un travailleur manuel, 2002 ONIMUS Jean: Portrait d'un inconnu: l'homme de Nazareth, 2002 CAMARA Dom Helder: Les conversions d'un Évêque, 2002 ZARAL : Gloria 2002 GILBERT Marcel- RATH Noël: Les sectes en question. Se questionner. Questionner 2002 ONIMUS Jean: le Destin de Dieu, 2003 EVENNEC Gabrielle: Feu Fo//et d'Automne 2003

AVERTISSEMENT

Ce qui est rapporté dans ce livre ne peut ni conforter ni nourrir la foi chrétienne. La foi concerne tout autre chose: elle se fonde sur la conviction que Jésus est ressuscité: des témoins ont constaté cette résurrection, on peut leur faire confiance. Mais ces faits étranges ont duré trois semaines, il y a deux mille ans. Ils sont évidemment incontrôlables. C'est une affaire de foi 1.De cette résurrection, on a déduit que Jésus était de nature divine, qu'il s'était incarné pour effacer dans l'humanité les traces du péché d'Adam et qu'il était notre Sauveur. L'événement de Pâques, en l'an 30 de notre ère, est décisif pour le chrétien, il fonde sa religion. Je me suis gardé d'aborder ce domaine qui relève de l'adhésion personnelle. Il m'a paru intéressant d'écouter directement, hors de toute idéologie, les paroles de ce Jésus qui a tellement impressionné ses amis qu'ils ont reconnu en lui un «fils de Dieu ». Croireau Christ Rédempteur et écouterparler Jésus: les deux démarches convergent, mais sont psychologiquement différentes. L'une est historiquement fixée dans un cadre qui s'estompe, l'autre m'a paru plus vivante que jamais.

1. «La foi est la substance [le contenu] de ce qu'on espère [...] et la théorie de ce qui est invisible» (Hébreux 2,9).

9

I Introduction

Genèse des Évangiles

On comprend mieux maintenant (surtout depuis la découverte, en 1945, des «dits» de Jésus attribués à Thomas) comment s'est déroulée la genèse des Évangiles. Il faut en dire un mot afin d'authentifier - autant qu'il est possible! l'étude que nous allons tenter de faire dans ce livre. Voici d'abord quelques dates. Après la mort de Jésus, commence la« période orale», une vingtaine d'années (de 30 à 50) pendant laquelle les disciples les plus fervents ont parlé de Jésus en se fiant à leur mémoire. La communauté des premiers chrétiens (le nom de chrétien apparaît à Antioche dans les années 40 [Actes 2,26]) prenant de l'ampleur, il fallut mettre l'essentiel par écrit. L'essentiel c'était alors les paroles mêmes de Jésus, telles qu'elles s'étaient gravées dans les mémoires: aphorismes, reparties vives et inattendues, paradoxes et paraboles... Dans un pays qui a toujours été amoureux de belles histoires, où les contes merveilleux enchantent, où la sagesse s'exprime en sentences, il restait, du passage de Jésus, des maximes, des faits marquants, des anecdotes. De tout cela, on avait gardé au moins le titre ou une brève esquisse. Ainsi commencèrent à circuler des Logia Jesou, véritables listes, décousues, sans 13

ordre logique. L'une d'elles, qui contient 114 « dits», a été trouvée en 1945 au milieu de cinquante rouleaux en papyrus d'une bibliothèque copte gnostique du IVe siècle, à NagHammadi, en moyenne Égyptel. Ils étaient enfermés dans une jarre posée contre une paroi rocheuse. Un paysan qui poursuivait sa chèvre l'a découverte. Ce texte, nous le verrons, est capital2. Il fle contient que des paroles de Jésus;

1. La gnose (ou connaissance sacrée, initiation) ne s'est développée dans le monde grec qu'au lIe siècle. Mais il s'est formé dans tout le Proche-Orient, avec le mixage intellectuel suscité par le passage d'Alexandre, une sorte de vague doctrine de salut née de l'influence iranienne sur le néo-platonisme: mépris du monde créé par un dieu malfaisant, espoir de délivrance par l'intermédiaire d'un Dieu bénéfique, horreur de la chair, de la vie dissipée et sensuelle des villes, nostalgie du désert, rêve d'une existence pure et réservée aux «parfaits »... Cette gnose primitive, qui existait dès le Iefsiècle avant notre ère, a inspiré les Esséniens et les Mandéens qui sont deux gnoses juives, et, de toute évidence, le développement du christianisme. Les Mandéens se sont ensuite séparés du judaïsme et l'ont même pris en haine, comme il arrivera d'ailleurs aux Esséniens et aux chrétiens... Les Mandéens ont défiguré le judaïsme, les chrétiens l'ont universalisé. La gnose sous forme manichéenne a fortement influencé le pessimisme de saint Augustin. La tentation de la perfection s'est toujours exercée sur une élite d'âmes généreuses: les Cathares du XIIesiècle se situent dans cette tradition. Lire Hans Jonas, La Religion gnostique, Flammarion, 1978. 2. On y trouve quarante-cinq « dits» répétés par Marc, quarante qui se trouvaient dans une autre liste, qui a disparu, mais qui est la source commune de Luc et Matthieu, Il dont l'écho se perçoit dans Matthieu, 4 dans Luc, 5 chez Jean. Restent quarante-cinq qui sont propres à Thomas, dont plusieurs sont nettement gnostiques: quelques-uns, demeurés lacunaires, sont à peu près inintelligibles. D'autre part, au milieu des déchets d'Oxyrynchos, en Égypte, d'où des masses de papyrus ont été exhumées, il ya deux fragments de paroles de Jésus, inconnues par ailleurs, et trois fragments grecs de l'Évangile de Thomas, trouvés en 1897, rédigés au lIe siècle (c'est le début de notre texte, avec les sept premiers logia, puis les logia 28-33 et 37-40 du Thomas copte). Rappelons que le copte (gyptis) est le langage ancien de l'Égypte. Son écriture est en partie empruntée au grec. C'est avec émotion que

14

il n'y a aucun récit de guérisons, d'exorcismes, etc., rien sur la naissance, l'enfance, le procès, le calvaire, la mort et la résurrection. Une liste du même genre a dû servir à Marc. Matthieu et Luc ont utilisé, en plus de celle de Marc, une liste disparue, mais que les exégètes ont pu reconstituer et que l'on désigne par la lettre Q (Quelle, c'est-à-dire source en allemand) 3. Dans chaque Évangile, l'ordre et les contextes sont différents; seules les paroles de Jésus sont identiques, ou presque, car elles sont souvent adoucies, littérairement embellies ou chargées de sens théologique chez Matthieu et Luc. Marc est plus simple et plus direct. Mais pas toujours: là où Matthieu écrit brutalement: «les derniers seront les premiers», Marc avait mis: «beaucoup parmi les premiers seront les derniers» ; Marc adoucit donc déjà les formules abruptes de ces listes aide-mémoire. Ces listes ignorent tout de l'enfance, du ministère public, des guérisons, des prophéties de style apocalyptique, même du procès, du calvaire, de la mort et de la résurrection. Ce ne sont que des énumérations de paroles mémorables que les évangélistes vont regrouper chacun selon ses partis pris. Mais la conservation orale de paroles frappantes n'a rien d'extraordinaire dans le monde ancien où l'écrit était rarissime.
j'avais recopié, en 1935, dans la collection anglaise des textes d'Oxyrynchos, à l'Institut de papyrologie de la Sorbonne, les fragments des rouleaux 654 et 655, en grec; ils étaient alors tout à fait isolés. L'Évangile copte de Thomas n'a été relié à ces fragments qu'en 1963, par Th. Puech, dans New Testament Apocrypha/ t. II, Londres, 1963. J'aurai aussi l'occasion de citer un passage de L'Evangile de Marie, en copte, texte nettement gnostique du Ille siècle, révélé en 1896. 3. Matthieu et Luc avaient, en plus, à leur disposition des documents oraux, de véritables récits, d'une importance capitale, tels que l'histoire du fils prodigue, du bon samaritain, des travailleurs de la vigne, etc. Ces listes de « dits» et d'histoires montrent qu'on s'intéressait avant tout au message de Jésus. Elles ne comportent aucun élément «théologique» et aucun commentaire.

15

C'est à partir des années 70 qu'on a éprouvé le besoin de relier ces citations à la trame d'un récit suivi et de composer ainsi une véritable biographie. Ce ne pouvait être que l'œuvre de scribes lettrés: peu de gens, en ce temps-là, étaient capables d'écrire et de composer, et sûrement pas les apôtres! Marc fut le premier (vers 704), suivi de près par Matthieu, puis Luc (vers 80). Jean est un nom collectif qui désigne un groupe de juifs chrétiens de Syrie de culture grecque. Ce quatrième Évangile, le plus récent, composé dans les années 90 en trois versions successives, est nettement différent des autres. On n'y trouve plus ces concentrations de « dits» souvent surprenants qui illustrent les trois

premiers. Ici, ce sont de longs discours 5 ; Jésus parle de luimême (Je suis devient un leitmotiv). Il se met en avant, insiste sur ses relations avec son Père, se présente comme Messie envoyé par Dieu. Il condamne le monde parce que la volonté de Dieu est étrangère au monde, tout comme luimême est étranger au monde... De tels propos (voir 17,14-15) ont un accent nettement gnostique. Jésus se déclare «lumière du monde» (8,58), «pain de vie» (6,35) et «voie, vérité et vie» (10,6), «résurrection et vie» (11,25); «Personne n'accède au Père si ce n'est par moi », déclare-t-il (11,16). Ces propos sont gênants pour qui a vécu d'un peu près avec le Jésus des premiers évangélistes. Celui-là est humble et discret, il ne se prétend pas Dieu ou fils de Dieu et quand on l'appelle «bon maître », il répond: «Pourquoi

4. Il n'existe aucun manuscrit du Nouveau Testament antérieur à l'an 175. Les textes dont nous venons de parler avaient été déjà maintes fois recopiés et les originaux sont définitivement perdus. Le codex Sinaïticus, découvert au monastère du Sinaï en 1844, date du début du IVesiècle, mais nos fragments de papyrus sont du début du Ille siècle. 5. On voit mal comment de tels discours auraient pu se conserver.

16

m'appeler bon maître? Seul Dieu est bon» (Mc 10,18, Mt 19,16, Mc 18,18). Chez Jean, l'hymne inaugural est de toute beauté, mais il introduit à un système d'hypostases inspiré par une théologie en formation. Nous ne sommes plus en présence des paroles mêmes de Jésus! La différence de ton est telle que certaines communautés ont d'abord considéré ce texte hérétique6, il est même absent dans certains manuscrits des Évangiles. Nous n'aurons donc guère à nous y référer si nous voulons percevoir l'écho lointain de la voix de Jésus. Celui-ci, personnellement, ne parlait qu'araméen. Il est évident que les faits, les formules, les paraboles retenus dans les listes ont été souvent répétés tels quels, avant d'être consignés par écrit, puis ensuite reliés entre eux, transmis par chaque narrateur. Matthieu, avec son érudition biblique, accumule les références à la Thora et aux prophètes, mais il tire ses citations de la traduction grecque des Septante plutôt que du texte hébraïque. Luc, qui est aussi l'auteur des Actes des Apôtres, fut un ami de saint Paul; très hellénisé, il se plaît aux beaux récits, il a un don de poésie et de mise en scène, c'est un écrivain. Dans tous les Évangiles, nombre de péricopes sont des citations bibliques insérées par les rédacteurs. Par exemple, les derniers mots de Jésus sur la croix (qui ont donné lieu à tant de commentaires de théologiens en difficulté) sont tirés des Psaumes 7. Le Magnificat, que déclame Marie sur le seuil
6. Il fut attribué longtemps à un hérétique nommé Cérinthe. 7. «Mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné» (Marc et Matthieu): psaume 221. «Père entre tes mains je remets mon esprit» (Luc 23,40) : psaume 315. «Tout est accompli» (Jean 19,30) : Job 19,25. «J'ai soif» Oean 19,28): psaume 69,21. Quant au Afagnificat (Luc 1,46), voir psaumes 113, 111, 89, 117, 107, 98, Job 12,19, EzéchieI21,31, Isaïe 41,8, Michée 7,20...

17

d'Élisabeth, à Aïn-Karim, est un véritable centon de citations bibliques, œuvre d'un scribe savant, ce qui n'enlève rien à sa force et à sa beauté. Autre exemple: la tentation de Jésus au désert (qui était déjà dans Q), où les réponses de Jésus au diable sont des citations prises dans la Bible des Septante. Personne n'était évidemment là pour entendre un tel dialogue! Ce genre de passages, très stéréotypés, ne nous dit rien sur le ton, sur la pensée personnelle de Jésus. Ce sont d'autres témoignages qu'il nous faudrait. Or, chose vraiment extraordinaire, les Évangiles synoptiques et la liste des logia ont conservé la trace d'une présence! En nous centrant sur ces textes, à la fois célèbres et méconnus, nous allons tenter d'approcher d'aussi près que possible cette personnalité extraordinaire. En l'espace d'un an ou, au plus, de trois, sans avoir rien écrit, sans avoir rencontré de penseur ou de maître célèbre, en restant au niveau le plus humble de la culture et de la société, cet artisan de Galilée se révèle, après deux mille ans, plus proche de nous, plus reconnaissable, plus immédiatement présent que les plus grands philosophes, réformateurs, fondateurs de religion. Il a laissé, en quelques mois, une si forte impression que l'on a voulu aussitôt voir en lui le Messie, le Sauveur, voire Dieu lui-même, et que les foules ont commencé à se sacrifier, à mourir, par fidélité à sa parole et à sa mémoire. Et cela malgré un fabuleux handicap, celui du supplice le plus infamant aux yeux des contemporains, la croix des esclaves et des brigands... Malgré l'échec patent des attentes qu'il avait éveillées, malgré les querelles in testines (Jacques contre Pierre, Paul contre Pierre, etc.) 8

8. Il ne s'agit que de « tendances)} divergentes. L'Évangile de Thomas paraît inspiré par les disciples de Jacques, frère de Jésus et chef de la toute

18