//img.uscri.be/pth/60eeb7c14c71ce6e78ddb1ce4c90b14f981406e6
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 10,13 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

L'essentiel est invisible

De
130 pages
L'essentiel est invisible aux yeux de chair, dit le renard au Petit Prince. Mais alors comment savoir d'où nous venons, où nous allons, si nous n'ouvrons les yeux de notre cœur ? Le but de ce livre est de donner des pistes de réflexion concernant les questions fondamentales que se pose l'homme d'aujourd'hui : l'univers nécessite-t-il l'existence d'une cause première ? Quelle est la place de l'homme ? Or ces question en appellent d'autres : s'il existe une cause première, peut-on l'appeler Dieu ? L'âme existe-t-elle ?...
Voir plus Voir moins

L’essentiel est invisible
L’essentiel est invisible aux yeux de chair, dit le renard au Petit
Prince. Faudrait-il alors, pour savoir qui nous sommes, d’où
nous venons, où nous allons, ouvrir les « yeux du cœur » ?
Il n’est pas d’homme pensant en ce monde qui ne porte
en lui deux voix : celle de l’aspiration à la vie et celle, inverse,
du néant et de l’absurde. Tels sont le paradoxe et la grandeur Marie Lucien
de l’esprit humain qui cherche à comprendre le monde dans
lequel il vit.
Le but de ce livre est de donner des pistes de réfexion L’essentiel
concernant les questions fondamentales que se pose l’homme
d’aujourd’hui : l’univers nécessite-t-il l’exist ence d’une cause est invisible
première ? Quelle est alors la place du vivant et de l’homme
en son sein ?
Petit essai sur les
Ces interrogations en appellent d’autres, non moins
fondamentaux de la Bibleessentielles : s’il existe une cause première à l’origine de ce
monde, peut-on l’appeler Dieu ? Dans ce cas, existe-t-il une
part divine en l’homme ou, en d’autres termes, l’âme existe-
t-elle ? Quel est alors son devenir ? L’homme ressuscite-t-il ou
se réincarne-t-il ?
Docteur en théologie de l’université de Stras­
bourg, Marie Lucien poursuit sa recherche
en proposant en parallèle une approche
vulgarisée de son travail. Elle écrit depuis
dix ans une chronique mensuelle dans un
quotidien régional, est responsable de l’édition
annuelle du Semainier chrétien, anime des conférences et a enregistré
des émissions radiophoniques.
Illustration de couverture : CaroKilia.
ISBN : 978-2-336-00606-2
13,50 €
HC_PF_LUCIEN_ESSENTIEL-EST-INVISIBLE.indd 1 09/01/13 16:22
Marie Lucien
L’essentiel est invisible





L’Essentiel est invisible


















L’auteur remercie Carokilia
pour avoir accepté de dessiner gracieusement la couverture de ce livre.
Pour l'ensemble de son œuvre, voir Carokilia.net.















© L’Harmattan, 2013
5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-336-00606-2
EAN : 9782336006062Marie LUCIEN




L’Essentiel est invisible

Petit essai sur les fondamentaux
de la Bible












Du même auteur :

Le mal, le bien et le jugement de Dieu dans le livre de Qohélet (thèse
publiée), Orbis Biblicus et Orientalis 190, Éditions universitaires
Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen, Fribourg Suisse, 2003.
Des religions et des hommes, voyage initiatique, Cabedita, Coll. Regard
et Connaissance, 2008.
Le message de Jésus : une spiritualité universelle inusitée, L’Harmattan,
2009.
10 maîtres de vie dans la Bible, L’Harmattan, Coll. Spiritualité, 2010.
Semainier chrétien 2011-2012, en collaboration, Éditions Diffusion
Média Chrétien, 2011.
Semainier chrétien 2012-2013, en collaboration, Éditions Diffusion
Média Chrétien, 2012.






A Noé
A Thomas et Nathalie
A Michel, Pierre
A Nathalie, Patrick et Ilona




































Avant-propos
L’essentiel est invisible aux yeux de chair, dit le renard
1au Petit Prince . Mais alors comment savoir qui nous
sommes, d’où nous venons, où nous allons, si nous
n’ouvrons pas les yeux de notre cœur ?
Or il n’est pas d’homme « pensant » en ce monde qui
ne porte en lui ces deux aspirations, que BAUDELAIRE
qualifiait de contradictoires : la voix qui lui parle de la
rationalité du cosmos et du sens de la vie, et la voix
inverse qui lui parle du néant et de l’absurde vers lequel,
plus ou moins stupidement, il chemine. Tel est le paradoxe
et la grandeur de l’esprit humain, qui cherche à
comprendre le comment et le pourquoi du monde dans
lequel il vit…
Une certaine pensée médiévale affirme par la bouche de
SAINT ANSELME : Il faut croire pour comprendre et
comprendre pour croire. Plus près de nous, RABELAIS
réitère : Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.
Les positivistes et les théoriciens du soupçon ont inversé
ce schéma de pensée, niant tout rapport entre science et
foi. NIETZSCHE ou Jean-Paul SARTRE ont poussé le
syllogisme jusqu’à la « nausée ».
Aujourd’hui, les scientifiques, qui ont aussi appris les
2 3dangers du concordisme (dont le créationnisme est l’un
des avatars), s’interrogent sur la question du sens. Cette
réflexion fondamentale sur les rapports entre l’homme et
le transcendant n’est certes pas nouvelle, elle concerne
toutes les époques et tous les lieux, mais elle revêt
1
SAINT EXUPERY.
2 Le concordisme tente de faire coïncider les données de la science et
celles de la foi.
3 Comme son nom l’indique, le créationnisme est une théorie, que l’on
trouve essentiellement aux Etats-Unis, qui prétend, entre autres, que le
monde a été créé en six jours, conformément au texte biblique.
9
actuellement une approche inusitée par le biais des
sciences dites dures, comme la physique quantique ou la
théorie des cordes. Une recherche récente tente, à frais
nouveaux, d’intégrer les résultats des différentes
disciplines dans une compréhension holistique ou globale
de l’homme et de l’univers. Edgar MORIN, Hubert REEVES,
Paul RICŒUR ou Vito MANCUSO, de formations
différentes, ont relevé ce défi.
Le but de ce livre est de donner des pistes de réflexion
concernant les questions fondamentales que se pose
l’homme d’aujourd’hui : l’univers nécessite-t-il
l’existence d’une cause première ? Quelle est alors la
place du vivant et de l’homme en son sein ?
Cependant ces questions essentielles en appellent
logiquement d’autres, non moins essentielles : s’il existe
une cause première à l’origine de ce monde, peut-on
l’appeler Dieu ? Dans ce cas existe-t-il une part divine en
l’homme, en d’autres termes l’âme existe-t-elle ? Quel est
alors son devenir ? L’homme ressuscite-t-il ou se
réincarne-t-il ? Peut-on espérer que les animaux partagent
aussi le sort post mortem des humains ?...
La réflexion proposée dans les pages qui vont suivre
sera nécessairement infléchie par mon statut de
théologienne et plus particulièrement d’exégète de la
Bible. Mais elle s’inscrit aussi dans une compréhension
globale de l’homme et de l’univers, qui tient compte des
avancées récentes de la recherche scientifique.
J’espère que ces pages ouvriront des voies
insoupçonnées dans le cœur de leurs lecteurs, et les
aideront à ouvrir les yeux de leur cœur …





10
L’univers nécessite-t-il l’existence
d’une cause première ?

Depuis la nuit des temps la question du sens habite le
cœur de l’homme, le sens de sa vie sur terre, le sens du
monde qu’il habite, le sens de sa mort…
Or si la science tente de répondre au comment, la
spiritualité cherche à comprendre le pourquoi. Cependant
il n’est plus de mode aujourd’hui d’opposer ces deux
approches. A l’aube du troisième millénaire, une
recherche nouvelle tente d’intégrer les résultats des
différentes sciences, humaines et dures, dans une
compréhension globale de l’homme et de l’univers.
Et c’est aussi ce que nous allons tenter de faire en nous
interrogeant d’abord sur deux questions fondamentales, en
interdépendance directe : l’univers tel que nous le
connaissons nécessite-t-il l’existence d’une cause première,
que la théologie appelle Dieu ? Corrélativement quelle est la
place du vivant, et donc de l’homme, dans cet univers ? Car
si l’on comprend la cause première de l’univers, alors on
peut comprendre la présence de l’homme sur terre.
La Bible s’ouvre sur ces célèbres paroles : Au
4commencement Dieu créa le ciel et la terre , paroles qui,
en apparence, semblent contredites par l’astrophysique
moderne. Mais est-ce si sûr ? Si Bernard DE CHARTRES
pouvait dire : Nous sommes des nains sur des épaules de
5géants , exprimant par là que nous avançons sur les
connaissances de nos ancêtres, il semblerait que les mots
que nos prédécesseurs utilisaient trouvent une
6confirmation surprenante dans la physique moderne .
4 Livre de la Genèse 1,1.
5
Cette phrase nous est connue par le livre III du Metalogicon de Jean
DE SALISBURY.
6
Pour cette idée, voir V. MANCUSO, L’anima e il suo destino, Milano,
Raffaello Cortina, 2007.
11
Car l’astrophysique contemporaine semble opter pour
le consensus suivant : depuis 13,7 milliards d’années
l’univers est en phase d’expansion. Il y avait à l’origine,
un point aux dimensions si microscopiques qu’il est
-33 inconcevable pour l’esprit (10 cm). Or ce point a ensuite
commencé son expansion pour parvenir aujourd’hui à une
taille si macroscopique qu’elle ne peut pas davantage être
7pensée . L’univers semblerait donc posséder un
commencement, comme l’avaient pensé les Hébreux, qui
le formulent symboliquement au premier verset de la
Genèse : Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.
Mais si l’on admet que l’univers possède un
commencement, peut-on de manière corrélative supposer
qu’il aura une fin ? Selon les découvertes les plus récentes
l’univers est en expansion constante, ce qui exclut
l’hypothèse du Big Crunch, c'est-à-dire la contraction due
à l’action de la force gravitationnelle. Cette dernière
hypothèse rejoint celle des Grecs et des Romains, mais
aussi celle des bouddhistes, qui envisagent un univers
cyclique soumis à un éternel recommencement. Cet éternel
retour suppose un univers éternel. Or il est probable que
l’univers ne puisse pas être éternel. Pourquoi ?
Parce que l’entropie qui régit l’univers est une loi qui
semble s’imposer. Depuis le commencement de son
existence, depuis l’instant même du Big Bang, l’univers
perd de son énergie, ce qui signifie qu’il mourra un jour
parce qu’il l’aura consommée dans son intégralité (c’est
l’hypothèse de la « mort thermique », l’un des destins
8possibles de l’univers ). L’absence de toute énergie
disponible ne permet plus à l’univers d’assurer le
mouvement ou la vie. En termes de physique, il a atteint
son entropie maximale. Si donc l’univers est soumis à une
7 Pour cette formulation, voir V. MANCUSO, op.cit.
8
L’hypothèse d’une mort thermique universelle provient des idées de
W. THOMSON, vers 1850.
12