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La voix de l'âme

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Livres
141 pages

Description

Au travers de thèmes tels que le travail de la terre, le Père, le rêve, l'Ancien Testament, "Aimez-vous les uns les autres", les prisons, défauts et vertus, Yvonne Trubert propose de suivre un chemin de transformation intérieure. Elle nous incite à la conversion, c'est-à-dire à un changement d'état d'esprit, pour que l'amour et la joie deviennent les signes extérieurs de la foi.

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Informations

Publié par
Ajouté le 01 avril 2009
EAN13 9782336253244
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La voix de l'âme

2009 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com harmattan l@wanadoo.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-08441-4 EAN : 9782296084414

([) L'Harmattan,

Yvonne Trubert

La voix de l'âme
Chroniques d'une Invitation à la Vie

Tome7

L' Harmattan

Direction éditoriale: Albertine Gentou

Enregistrées entre 1984 et 1995 pour le Livre d'Invitation à la Vie, journal de l'association éponyme, ces chroniques sont extraites d'entretiens réalisés par la Mission Écrire et quatre journalistes: Marie Mignon Gardet, Marie d' Hennezel- Whitechurch, Marie-Hélène Rose et Albertine Gentou.

Photographie de la couverture, Photographie d'Yvonne Trubert : @Prisca Léonelli

La Voix de l'âme@L'Harmattan, 2009 ISBN: www.editions-harmattan.fr

Préface
Yvonne Trubert me demande de prendre la plume à un moment où l'intégrisme agresse sans cesse l'orthodoxie des chrétiens qui aiment leur Église, celle du Christ, autant que leur liberté de pouvoir exprimer ce qui leur tient à cœur, parce qu'ils croient en l'Esprit au nom duquel ils ont été baptisés. C'est dans un contexte d'un bouche à oreille malveillant et sournois que j'ai entendu parler pour la première fois d'Invitation à la Vie! (IVI). Quelques femmes que je connaissais trouvaient dans cette association leur ressourcement spirituel mais ces femmes

ne m'en avaient pas dit plus. Dès lors - c'était en 1994,
me semble-t-il -, j'étais décidé à m'informer car, chaque fois que j'interrogeais un de mes conftères sur le sujet, les mêmes propos négatifs me revenaient bien qu'aucun de ces prêtres n'ait pu se faire une idée d'Invitation à la Vie par une approche de sa réalité concrète. Par une suite de coïncidences où j'ai vu la main de Dieu, je me suis trouvé à Séville où j'ai vécu vraiment pendant cinq jours la vie d'une bonne centaine de membres de la famille d'IVI. Et cinq jours sont amplement suffisants pour repérer l'équilibre ou l'intolérance d'un groupe humain. Séville, quelle que soit la beauté de ses monuments, que nous n'avons pas eu le temps de visiter, et malgré l'organisation parfaite de notre voyage, perdait pour nous l'essentiel de son charme avec la pluie et le froid qui ne nous ont pas quittés, et cela d'autant plus que nous étions logés sous tente.

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Pour Invitation à la Vie et lVI, lire les Annexes de ce livre, page 133. 5

Mais j'ai été séduit pendant ces journées par l'accueil reçu, aussi simple que chaleureux, par la qualité des conférences, qui traitaient de questions d'actualité comme celle de la violence des jeunes, un des thèmes retenus pour ces journées. La traduction simultanée en cinq langues signifiait la diversité de l'origine des participants et l'ouverture au monde d'Invitation à la Vie. Par ailleurs, ayant appris en conversation qu'il y avait une récitation commune du rosaire le matin à 6 h 30, je m'y suis associé. De même, on m'a proposé de célébrer la messe avec un prêtre allemand. Ce que j'ai bien sûr accepté et n'ai pu que noter la qualité et le nombre de la participation spontanée des congressistes mais sans aucune démonstration intempestive de ferveur particulière. J'ai quitté Séville, où ma venue n'était qu'à titre personnel, avec le sentiment qu'IVI non seulement n'était pas marquée par un quelconque sectarisme, mais que cette association apportait à ses membres, et dans un climat de réelle fraternité, un enrichissement spirituel incontestable. Revenu à Paris, je n'ai reçu aucune sollicitation particulière à devenir membre de l'association, mais chaque fois que j'en ai eu l'occasion, j'ai participé à telle ou telle réunion, où était toujours récité le rosaire par tous, plus de cent personnes. J'ai été profondément impressionné par la qualité de cette prière commune. Au jour qui s'est avéré possible pour l'un et l'autre, Yvonne Trubert m'a reçu chez elle un long moment. Très vite, j'ai ressenti en elle tout ce qu'on trouve de meilleur chez quantité de chrétiennes qui vivent dans une union permanente avec Dieu sans jamais en parler, ou si peu. En tout cas, je puis dire que j'ai chaque fois quitté Yvonne avec un grand sentiment de paix. Ce n'était pas l'image que m'en avait donnée tant de propos de couloirs. Accorder une préface à un écrit d'Yvonne Trubert devenait pour moi quelque chose de bien simple, même si 6

je n'avais pas de compétence particulière pour ce faire sinon la lui offrir comme dette de reconnaissance pour ma participation au colloque de Séville. Yvonne, dans les pages qu'elle m'a données à lire, aborde des sujets très divers dont on sent qu'ils lui tiennent à cœur car elle les a médités et abordés in situ au cours de voyages-pèlerinages avec IVI. Les voici: Le Travail de la terre; Le Père; Le Rêve; L'Ancien Testament; «Aimez~vous les uns les autres»; Les Prisons; Symboles & Légendes; Défauts & Vertus. La cohérence de ces thèmes entre eux est à chercher dans la vie telle que l'a vécue Yvonne Trubert, avec sa finesse d'intelligence féminine et sa capacité immense d'aimer en chacun ce qu'il y a de ressources humaines et spirituelles. C'est pourquoi j'ai aimé ce livre simple, clair, tout à la gloire de Dieu, du Christ, de l'amour. Quel que soit le thème, on en revient à l'amour avant tout: aimer la terre, la nature, le règne animal, aimer l'homme, s'aimer les uns et les autres et s'aimer soi-même. Et les trois clés essentielles: d'abord la prière, par laquelle on peut sortir de ses propres ornières et qui permet de se revivifier; puis l'harmonisation; enfin les vibrations. À travers de nombreux exemples partout dans le monde, on dépasse les frontières, les séparations. L'homme doit se relier à Dieu, son Père, pour redémarrer une société nouvelle avec des êtres nouveaux. D'où l'importance de l'éducation des enfants et du rôle du père et de la mère, dans l'amour. Yvonne Trubert donne une vie renouvelée aux paroles du Christ. Merci, chère Yvonne. François du Plessis, prêtre de Saint~Sulpice

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Le Travail de la terre
Il suffit de se reporter à l'Ancien Testament pour noter que la terre, l'homme et le règne animal ont toujours vécu en harmonie les uns avec les autres. Pendant des millénaires, l'homme a puisé dans cette terre pour se nourrir mais en la respectant. Pourquoi l'appelle-t-on terre nourricière? Chaque année, chaque saison, peu importe où l'on se trouve, elle donne à l'homme les trésors inépuisables qu'elle a, à une condition: qu'il l'aime. Pendant des milliers d'années, l'homme a cohabité avec l'animal qui faisait partie de la cohorte humaine. Il n'y avait pas de séparation. L'homme a évolué en compagnie du règne animal et il l'a même devancé pour que l'animal vienne au secours de l'homme. Ensemble ils ont accompli ce travail collectif avec la terre. Dans les régions les plus reculées du monde, dans les grottes, l'homme l'a gravé dans les pierres. Le paysan n'a pas domestiqué le cheval dès le départ, il a fallu attendre bien plus tard pour que celui-ci l'accompagne dans son ouvrage. Comprenons la démarche du paysan sur sa terre: il marche pesamment, ilIa piétine, il l'aime. Un citadin ne peut pas avoir cette démarche parce qu'il ne connaît pas la terre. Il l'effleure, il n'y adhère pas. Il saute d'un caillou sur l'autre, il ne marche pas dans la mare, il évite la gadoue. Le paysan n'a pas peur. Devenant un avec elle, il s'enfonce dans la terre, il cohabite avec elle, peu importent les saisons. La culture, la nature ont toujours existé. Nous ne sommes pas arrivés au x:xe siècle sans qu'il y ait eu des mutations dans des céréales comme le blé, l'avoine, le seigle, l'orge, le blé noir. Ces transformations ont eu lieu au cours des siècles parce qu'on a mélangé des graines. Maintenant on obtient des blés plus généreux, il y a moins 9

de paille et plus d'épis grâce au travail réalisé en laboratoire. À l'origine, le paysan, seul, évaluait la qualité de ses semences pour l'année suivante. Il savait trier le beau blé. On a rétrogradé en pensant avancer. On constate aujourd'hui un appauvrissement de la terre si riche à l'état naturel. Elle donne encore des denrées extraordinaires, mais à quel prix! On lui donne des engrais chimiques pour faire pousser les produits avec une rapidité étonnante. Mais où trouve-t-on la saveur, la qualité? Quelles vitamines reste-t-il dans les fruits? Très peu en réalité! On ensemence cette terre avec des produits qu'elle n'ingère pas. Elle va les assimiler un certain temps puis on voit les excès que cela entraîne, comme les écoulements, les algues dans des pays comme la Hollande, ou ce travail terrifiant qu'on a vu en Angleterre... Avec les résidus infiltrés dans la terre, l'eau souille les rivières et les fleuves qui se jettent dans la mer. Pour le profit de grands laboratoires, on a recherché depuis cinquante ans à enrichir la terre et, ce faisant, on l'a appauvrie. On ne sait plus la respecter ni l'aimer. Il faut lui laisser le temps. Lorsque nous nous trouvions en Colombie, nous avons vu des cultures de choux et d'oignons à presque 4000 mètres d'altitude, sur des montagnes à pic. Les Indiens de ces contrées ne restent jamais sur place. La terre ne leur appartient pas. Après sept ans, ils s'en vont. Ils laissent le jardin, la culture tels quels et personne n'a le droit de prendre la relève. Ils laissent leur maison. Là-bas, le paysan respecte la terre. Lorsqu'il l'a cultivée, que la terre lui a donné pendant sept années son travail, sa semence, sa nourriture, toute sa source, eh bien! il considère qu'elle doit se reposer. Réalisons l'amour de ces gens-là. Il n'y a pas d'eau là-haut! Ils grimpent comme des chèvres. Avec un courage extraordinaire, ils montent l'eau à dos d'homme et ils arrosent leurs cultures. 10

Chaque règne animal a rendu un service incroyable à l'humanité. Nous ne savons pas le reconnaître. Dieu a créé la terre, le règne végétal, minéral, animal et l'homme en dernier. Il a créé tous les règnes pour que I'homme soit le roi, pour que I'homme puisse servir tous ses règnes. Mais on s'en est tellement bien servi qu'on ne sait plus qui on sert et qui est servi. Il faut réhabiliter le respect de la nature et des animaux. Nécessaires à l'humanité, ils vivent sur cette Terre pour nous servir, pas seulement au niveau de l'attelage, mais pour le regard, pour ce qu'ils nous apportent; chaque race a quelque chose à nous apporter. Ils ont un mystère, ils ont des milliers d'années derrière eux; à nous d'observer, de respecter l'œuvre de ces animaux, créatures de Dieu. De cette façon, on va commencer à aimer la terre, cette Terre qui a une vie si intense. Elle supporte plus de six milliards d'individus aujourd'hui. Va-t-elle pouvoir les nourrir? Oui, à condition de ne pas continuer à la détruire par les usines chimiques en faisant des dépotoirs de la mer, des océans et des rivières. Les déchets chimiques constituent un poison violent non seulement pour l'homme mais aussi pour la terre. La pollution commence par nous, les humains responsables des usines, les ingénieurs, les architectes, qui mettent en place ces infrastructures qui font fonctionner le gaz, l'électricité, l'armement, les usines nucléaires... Chacun de nous est coupable. On n'apprend pas aux enfants à ne pas jeter les papiers, les mégots, les débris de verre par terre. Quel scandale! Iriez-vous jeter votre poubelle sur le corps de votre grand-mère? Reprenons les choses à la base afin de savoir que tout ce qui vit appartient à Dieu. Il nous a confié la terre, nous devons la faire fructifier, mais Il nous demande aussi de la regarder. Il ne l'a pas créée simplement pour qu'on la

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fouille et qu'on y mette les semences. Elle s'offre également à nous pour les appétits de tous les sens. Les montagnes existent pour nous faire apprécier le bonheur du ski. Ayons conscience de ces vallées où coulent des rivières dans lesquelles vivent des poissons non seulement pour le plaisir de les pêcher mais aussi de les regarder. Ils ont le droit de vivre. Une rivière sans poissons ne pourrait plus avoir d'algues ni ce genre d'éléments que les poissons sécrètent par une alchimie de leur nourriture et de leurs excréments. Quel beau travail ! Notre corps est issu de la même matière que celle des animaux. Ce qui se trouve dans les animaux se trouve dans notre corps. «Matière tu retourneras à la matière, poussière tu retourneras à la poussière. » Mais il subsiste une différence importante. Dieu nous a donné en plus l'Esprit, une âme, une âme divine qui doit pouvoir redonner la vie à celle qui nous la donne: nous devons respecter cette terre en tant que telle et la réanimer. L'homme a besoin de découvrir la beauté autour de lui, car l'environnement est fait pour 1'homme et ce qui est fait pour 1'homme est fait pour Dieu. Nous faisons subir à la terre des souillures sous diverses formes. Ayons l'honnêteté de reconnaître que cette terre nous donne la vie. De ce fait, elle nous fait goûter les principes mêmes de la vie. Quand nous voyons un rayon de soleil, comment pourrions-nous nous sentir malheureux? À quelques milliers de kilomètres, des gens se battent dans la boue, sans rien à manger... Comment, dans ces conditions, ne pas reconnaître l'immense privilège que Dieu nous accorde afm de mieux percevoir le sens de notre existence? Dieu nous veut parfaits. Il nous donne tous les éléments et les moyens pour le devenir à condition que nous ouvrions notre cœur, que nous nous laissions aimer afin de pouvoir aimer. Issus de la terre, nous redonnerons à la 12

terre ce que nous lui avons pris. Ne faisons jamais de scission entre le créé et le Créateur dans l'environnement. Observons toujours le principe de vie, celui de l'amour. Beaucoup aimeraient retrouver la connaissance que nos ancêtres avaient de la terre et des plantes médicinales. Regardons les anciennes civilisations, le Mexique, un pays riche en évènements par rapport à sa créativité. Ce peuple mexicain, composé d'Indiens au départ, avait réalisé la plus grande structure au niveau des pyramides. Et l'Égypte! Cinq mille ans avant notre ère, en Égypte, les médecins détenaient la connaissance parfaite, du plus petit brin d'herbe à la feuille du plus haut des palmiers. Pourquoi? Non par curiosité, non, mais par l'amour de ce qu'ils avaient à faire. Il en est ainsi pour les Aborigènes en Australie, les Maoris en Nouvelle-Zélande et les peuplades des îles de Polynésie française. Les Anciens, les plus instruits, les plus intelligents, les plus doux, avaient la responsabilité de créer des laboratoires permanents, jour et nuit, pour assécher les feuilles. On guérissait toute maladie avec les plantes. Sur le site de Monte Alban, au Mexique, on a découvert plus de cent pyramides. Il y en a encore des centaines à découvrir en haut des montagnes. On a trouvé des dalles enterrées à l'intérieur de ces pyramides. Sur ces dalles, on voit des hommes de tous les pays du monde représentés avec les maladies pour lesquelles ils étaient venus là se faire soigner. On voit des femmes enceintes, des boiteux, des bossus. On reconnaît les types, négroïde, chinois, égyptien, d'Europe centrale. Gravés dans la pierre, ils ne se sont pas effacés depuis trois mille ans. À Monte Alban comme à tant d'autres endroits, par exemple la pyramide de Chéops, en Égypte, on retrouve un même processus de guérison ainsi que des chambres utilisées pour l'assèchement des plantes. 13

Les Anciens avaient la faculté de choisir les plantes médicinales et de guérir différentes maladies avec ces plantes. Pour guérir, il fallait cueillir la plante à certains moments de la lune, à une époque précise dans l'année. À Monte Alban, il y a une pyramide où l'on faisait sécher les plantes. Il fallait maintenir la même température pour que la feuille pendant quelques mois garde sa teneur, sans perdre aucune de ses propriétés médicinales. On transmettait la connaissance par voie orale et, en général, de père en fils. Il y avait des écoles de vie où l'on apprenait aux enfants à reconnaître les plantes. Au cours d'un long apprentissage, ces médecins, ces sages, démontraient à l'enfant qu'il était capable de se nourrir, de se soigner, même pour les piqûres de serpent. Ils envoyaient les enfants de ces tribus dans la forêt, dans la brousse, à un certain âge, pour qu'ils puissent se débrouiller. Ils revenaient trois mois après et ils devaient être aguerris en tout. Ils combattaient la peur. Ils devenaient des hommes libérés avant de devenir des adultes. Ils apprenaient à respecter la nature, à ne pas la souiller, à ne jamais enfreindre ses lois. On ne fait pas de cueillettes à n'importe quel moment de l'année et, quand on se lance dans des cultures trop poussées, on enfreint les lois du Seigneur. Dans les sociétés actuelles, par excédent, on tombe dans l'inertie d'un processus pécuniaire et c'est fini. Il faut juste récolter la nourriture nécessaire pour se nourrir. Avant, le paysan travaillait pour son pays, pour sa vie, sa famille, son village. Maintenant, ce n'est plus possible. Les infrastructures de la surproduction ont détruit les lois naturelles. Avec la surproduction, on a connu la chute. Quand on arrive à l'apogée d'un système, on s'approche de son déclin. Quand on voit les instruments qui trouent la terre dans tous les sens, on mesure la souffrance de cette terre. Un blé coupé par une machine, 14