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Le renouveau islamique en Afrique noire

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L'Afrique noire, au cours de ces dernières décennies, est marquée par la montée en puissance de nouvelles organisations religieuses qui investissent parfois des pans entiers du secteur public et du champ politique. Ces nouvelles structures sont animées par les nouveaux oulémas, formés dans les universités ou instituts islamiques, engagés à promouvoir le renouveau islamique au coeur de la société dites moderne. La Centrafrique, pays laïc, à majorité chrétienne et géographiquement enclavée, est au coeur de cette dynamique religieuse.

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Ajouté le 01 février 2009
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EAN13 9782336264691
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LE RENOUVEAU ISLAMIQUE EN AFRIQUE NOIRE

(Ç) L'Harmattan, 2009 5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005

Paris

http://www.librairiehannattan.com diffusion.hannattan@wanadoo.ff hannattan I@wanadoo.ff ISBN: 978-2-296-07357-9 EAN : 9782296073579

Richard FILAKOT A

LE RENOUVEAU ISLAMIQUE EN AFRIQUE NOIRE
L'exemple de la Centrafrique

L'Ifmattan

Etudes Africaines Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga Akoa

Dernières

parutions

Francis NKEA NDZIGUE, Les droits de la défense en matière pénale au Gabon, 2009. Titinga Frédéric PACERE, Les Origines africaines des Avocats Sans Frontières, 2009. Sidi Mohamed OULD BEIOY, L'administration territoriale et le développement local en Mauritanie, 2009. Essé AMOUZOU, L'influence de la culture occidentale sur les cultures africaines, 2009. Régine LEVRAT, Le coton dans la zone franc depuis 1950. Un succès remis en cause, 2009. Jean Claude EKO'O AKOUAF ANE, La décentralisation administrative au Cameroun, 2009. Jean-Pacifique BALAAMO MOKEL W A, Eglises et Etat en République démocratique du Congo. Fondements juridiques et jurisprudence (1876-2006), 2009. Jean Claude EKO'O AKOUAF ANE, La décentralisation administrative au Cameroun, 2008. Gaspard MUSABYIMANA, Rwanda, le triomphe de la criminalité politique, 2008. Naba Jérémie W ANGRE et Alkassoum MAIGA, Enfants de rue en Afrique. Le cas du Burkina Faso, 2008. Mor FAYE, Presse privée écrite en Afrique francophone, Enjeux démocratiques, 2008. Charlotte MW AMINI NAFISA, La femme commerçante en Afrique et l'éducation des enfants. Le cas de la RDC, 2008. Antoine TSHITUNGU KONGOLO, La présence belge dans les lettres congolaises, 2008. Bellarmin MOUTSINGA, Les orthographes de l'oralité: poétique du roman gabonais, 2008. Pierre Kamé BOUOPDA, Les émeutes du Renouveau, 2008. Pius NGANDU Nkashama, Itinéraires et trajectoires: du discours littéraire à l'anthropologie, 2008. René-Pierre ANOUMA, Aux origines de la nation ivoirienne 1893-1960, Vol. III: Nationalisme africain et décolonisation française 1945-1960, 2008. Pierre KAMBA, Violence politique au Congo-Kinshasa, 2008.

Abréviations

- Associations AAI AFMC BIPC BIPCA BNFMC CICA CIRCA FOCABI GPI SOMCA UMCA UDFC SIFRAM

: Association pour l'Appel à l'Islam : Association des Femmes Musulmanes Centrafricaines : Bureau Islamique des Pèlerins Centrafricains : Bureau de la Prédication Islamique Centrafricaine : Bureau National des Femmes Musulmanes de Centrafrique : Communauté Islamique Centrafricaine : Communauté Islamique en République Centrafricaine : Fondation Centrafricaine pour la Bienfaisance : Groupe de Prédication Islamique : Solidarité Musulmane Centrafricaine : Union des Musulmans Centrafricains : Union Démocratique des Femmes Centrafricaines. : Séminaire International de Formation des Responsables d'Associations Musulmanes

- ONG et organismes nationaux ou internationaux AMA COOPI FNUAP FS LIM MSF OAD OCSD OMS PNUD : : : : : : : : : : Agence des Musulmans d'Afrique Cooperazione Internazionale. Fonds des Nations Unies pour la Population Fondation Saar Ligue Islamique Mondiale Médecins sans Frontières Organisation Addawa pour le Développement Organisation Canadienne pour la Solidarité et le Développement Organisation Mondiale pour la Santé Programme des Nations Unies pour le Développement

6 UNESCO UNICEF WAMY

Le renouveau islamique en Afrique noire

: Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture : Fonds des Nations Unies pour l'Enfance : WorldAssembly ofMuslim Youth (Assemblée Mondiale de la Jeunesse Musulmane)

- Institutions BAD BID CEN-SAD COMESA

financières internationales

ou régionales

FED IBW

: Banque Africaine pour le Développement : Banque Islamique pour le Développement : Communauté des Etats Sahelo Sahariens : Common Market for Eastern and SouthemAfrica (Communauté Economique pour les Etats d'Afrique de l'Est et de l'Ouest) : Fonds Européens pour le Développement : Institutions de Bretton Woods

Avant-propos

L'ouvrage Le renouveau islamique en Afrique noire: l'exemple de la Centrafrique reprend, élargit et réactualise le thème de notre thèse soutenue à la Sorbonne (Paris IV) en 2003 sur« Les associations islamiques et le courant réformiste sunnite au sud du Sahara à la fin du XXe siècle (1980-2000) : le cas de la Centrafrique ». En abordant ce thème assez complexe du renouveau islamique comme cheval de bataille de nouvelles organisations islamiques, nous inscrivons notre démarche dans le cadre de la sociologie des religions qui se veut une approche scientifique du fait religieux. Analyser les phénomènes religieux comme des faits sociaux1 , c'est-à-dire comme des phénomènes qui se déploient à l'intérieur de la société quelle que soit leur nature demande de l'observation et de l'analyse. C'est sur la base d'une étude essentiellement empirique que nous nous sommes penché sur l'actualité religieuse de l'islam dans les pays africains subsahariens où les musulmans sont minoritaires, notamment la Centrafrique. Or ce pays enclavé partage ses frontières d'une part avec le Tchad et le Cameroun, disposant d'importantes communautés musulmanes favorables à l'islam confrérique, d'autre part avec le Soudan, pays considéré comme le phare de l'islamisme en Afrique noire. Le retour en force des grandes religions, notamment de l'islam dans l'espace public et sur le terrain du politique, au moment où la plupart des Etats africains connaissent de profondes mutations sociopolitiques et économiques, fascine sans doute un public de plus en plus nombreux mais inquiète les pouvoirs publics et les militants de la laïcité. Une situation paradoxale que nous avons voulu approfondir à travers cette étude. Nous avons cherché dans la mesure du possible à rester objectif. Ce qui n'est d'ailleurs pas facile lorsqu'on est soi-même marqué par une conviction religieuse, mais ce travail d'objectivité est rendu possible en raison du recul critique (neutralité axiologique selon les termes de Max Weber) qu'exige la sociologie des religions. En tant que science sociale, la sociologie religieuse aborde toutes les religions de manière déconfessionnalisée, c'est-à-dire sans parti pris. Au moment où les sociétés évoluent à grande vitesse, notre travail
Lire Emile Durkheim, Les règles de la méthode sociologique, Paris, Puf, 1937.

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Le renouveau islamique en Afrique noire

aussi modeste soit-il se veut une contribution aux côtés des différentes recherches universitaires qui tentent de rendre compte de ces phénomènes religieux qui surgissent au sein de nos sociétés contemporaines. Nous tenons à remercier tous ceux qui de près ou de loin nous ont apporté leur concours et leur soutien dans la réalisation de cet ouvrage, notamment ceux qui nous ont facilité l'accès à de nombreux documents récents et pertinents sur la réactivation du religieux en Afrique et dans le monde.

Introduction

La montée en puissance de nouvelles Églises et de nouvelles organisations islamiques invite à réfléchir sur la place de la société civile, notamment de la religion, dans notre monde en pleine mutation. La religion était condamnée par les militants de la laïcitéZ à disparaître de la sphère publique, mais la voilà de retour, même dans le champ politique. Ce phénomène est observable aux États-Unis, en Asie, même en Europe, terre de prédilection de la laïcité. En effet, le monde fondé sur le libéralisme économique (capitalisme mondialisé) est en pleine crise et devient furieusement religieux. Les repères séculiers sur lesquels les modernes ont fondé leur espérance (primat de la raison, progrès scientifique et technique, développement économique, prospérité humaine, liberté) sont complètement brouillés sous l'effet de profonds bouleversements à l' œuvre dans le monde. Devant les dérèglements de la vie moderne, la religion retrouve sa vitalité et s'affirme comme une ressource non négligeable de solidarité, de mobilisation sociale et de production de sens. Sur le continent africain, cette actualité religieuse est dominée essentiellement par la revitalisation de l'islam et du christianisme au moment où les sociétés africaines connaissent de profonds changements (politiques, économiques et sociaux) accompagnés d'un sentiment d'incertitude et d'insécurité au sein de nombreuses populations frappées par la précarité. Cette reviviscence religieuse à l'œuvre en Afrique subsaharienne n'est pas un phénomène nouveau. Les périodes coloniales ont été aussi riches en mouvements politico-religieux et favorables à une plus large diffusion des religions tolérées, tant que les intérêts des puissances coloniales n'étaient pas menacés. Mais, au lendemain des indépendances, l'influence sociale et politique de l'islam et du christianisme s'est peu à peu évanouie au moment de la construction des États-nations, marquée essentiellement par l'autoritarisme, la dictature militaire, la prévalence du parti unique et des idéologies marxistes-léninistes.
Ceux-ci œuvrent depuis toujours à« la limitation, voire la disparition plus ou moins complète, de la religion comme instance institutionnelle de socialisation» sur fond bien sûr de la séparation entre le pouvoir politico-administratif de l'État et le pouvoir religieux: Lire Jean Bauberot, « La crise de la laïcité face au processus de mondialisation », in Martin Goeffroy, Jean-Guy Vaillancourt, Michel Gardaz (dir.), La mondialisation du phénomène religieux, Canada, Médiaspaul, 2007; Jean Bauberot, La laïcité, quel héritage? de 1789 à nosjours, Paris, Labor et Fides, 1990.

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Le renouveau islamique en Afrique noire

Pourtant, ces religions, repoussées aux marges de la sphère publique sous la pression des politiques autoritaristes, reviennent en force au cours de ces deux dernières décennies et prennent place là où elles étaient exclues. L'effondrement des nouveaux Etats africains sous la pesanteur des facteurs exogènes (récession économique mondiale, cercle vicieux de la dette, Programmes d'ajustement structurel) et endogènes (mauvaise gouvernance) a laissé le champ libre aux Églises et aux organisations islamiques, lesquelles investissent des pans entiers du secteur public et même du champ politique. Cette dynamique religieuse est portée aussi bien par les institutions religieuses établies que par de nouveaux groupes religieux jusqu'ici inconnus ou méconnus, en l'occurrence les Evangéliques ou Pentecôtistes, les Églises afro-chrétiennes (christianisme céleste, kimbanguisme, christianisme prophétique, etc.) et particulièrement les organisations islamiques nationales ou transnationales. Ces nouvelles organisations islamiques (ONG et associations islamiques) constituent l'objet principal de cet ouvrage d'autant plus qu'elles apparaissent comme le vecteur d'une prise de conscience islamique nouvelle appelée à agir au cœur de la société dite moderne, voire sur le terrain du politique. Ces nouvelles structures islamiques sont animées par les nouveaux oulémas formés dans les universités et instituts islamiques, les jeunes intellectuels, les cadres et les femmes instruites. Cette nouvelle élite vole de plus en plus la vedette aux imams traditionnels et aux marabouts. Les nouvelles organisations islamiques, notamment les ONG et les associations, n'ont rien à envier aux mosquées traditionnelles, d'autant plus que leur champ d'action dépasse de loin celui des anciennes institutions islamiques (mosquées, écoles coraniques, familles musulmanes) plus tournées vers le secteur privé. Leur succès repose essentiellement sur leur activisme à travers diverses formes d'islamisation ou de réislamisation : communautarisme, humanitaire, mobilité sociale, prédications sur les places publiques, cellules de prière, vulgarisation de la littérature islamique, conquête territoriale à travers l'implantation des mosquées, multiplication des écoles coraniques et accès aux médias. Déterminées à implanter la religion musulmane au cœur de la sphère publique et dans l'arène politique, ces nouvelles institutions islamiques sont aussi bien actives dans le socioculturel que dans le religieux: généralement, elles fonctionnent à la fois comme ONG ou associations (mouvement caritatif et humanitaire) et comme communautés religieuses à part entière. Toutefois, la montée en puissance de ces nouvelles organisations n'entame en rien la crédibilité des institutions religieuses établies, au contraire elle les stimule et les oblige à renforcer leurs rangs, à promouvoir de formes nouvelles de vitalité. Aussi bien dans l'islam que dans le christianisme, les grandes traditions religieuses conservent encore leur puissance de socialisation et demeurent une référence morale incontestable face aux États africains de plus en plus affaiblis

Introduction

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et absents de la vie publique. Cependant, ces institutions traditionnelles sont défiées sur leur propre terrain par la créativité et le militantisme de ces nouveaux « entrepreneurs» du religieux (prosélytisme social, culturel et humanitaire) au moment où le champ religieux stabilisé et régulé par des États forts fait place aujourd'hui à un « marché religieux» très concurrentiel. Le processus démocratique à l'œuvre en Afrique, favorable à la liberté religieuse et à celle des associations, est pour beaucoup dans ce chambardement. Par ailleurs, il importe de souligner le rôle non négligeable de la globalisation (mondialisation) dans le bouleversement en cours, du fait de l'explosion des technologies de l'information et de la communication. Pour se démarquer des institutions islamiques établies, les nouvelles organisations ne lésinent pas sur les moyens: elles sont de plus en plus branchées sur les technologies modernes à l'instar des télévangélistes. Néanmoins, ces organisations islamiques éprises du mouvement réformiste oscillent souvent entre la tradition (retour à la tradition du Prophète) et la modernité (informatique, médias publics et privés, chaînes de télévision, cassettes audio et vidéos, bureaucratie, etc.). En dépit de leur dynamisme, les nouvelles organisations islamiques demeurent des institutions comme les autres, avec leurs forces et leurs faiblesses. Leur capacité de mobilisation est indéniable, mais elle est souvent contrebalancée par des clivages et des rivalités entre traditionalistes et réformistes, entre convertis et musulmans d'origine, entre ancienne et nouvelle élite, entre autochtones et allogènes. Par ailleurs, ces nouvelles organisations, engagées à réintroduire l'islam dans la sphère publique et politique, entretiennent de fréquents rapports avec les Etats laïcs et les Etats arabomusulmans. Par conséquent, elles n'échappent pas à la récupération politique, à l'instrumentation idéologique et autres dérives. Nous avons choisi d'aborder en trois parties cette émergence de nouvelles organisations islamiques au cœur du continent africain subsaharien sur fond du renouveau religieux: la première partie de notre ouvrage tente de cerner les principales causes politique, sociale et économique ayant présidé au retour du religieux en général, du renouveau islamique en particulier, sur la scène publique et dans le politique. Chemin faisant, nous essayerons aussi de comprendre comment des groupes religieux, notamment les associations islamiques, maintenues à l'écart de l'espace public ont profité du déficit politique des années 80 et du processus démocratique pour s'affirmer à travers des œuvres sociales, culturelles, religieuses et politiques. La deuxième partie de notre étude est consacrée à la création, à la typologie, au mode de fonctionnement et au financement de ces nouvelles organisations qui entendent apporter à l'islam traditionnel un souffle nouveau. C'est davantage une étude de cas, puisqu'elle focalise essentiellement notre attention sur la

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Le renouveau islamique en Afrique noire

situation de l'islam en Centrafrique, un pays de chrétienté. Au moment où le continent africain est perçu comme une terre de prédilection pour le prosélytisme islamique et une zone stratégique pour l'hégémonisme arabomusulman, aucun pays n'est épargné, même le plus enclavé et à dominante chrétienne comme la Centrafrique. C'est au cœur même de ce continent africain en proie à des crises sociopolitique et culturelle que de nouvelles organisations islamiques, en particulier des ONG et des associations islamiques, s'activent pour le réveil de l'islam. La troisième partie de cet ouvrage prolongeant la précédente, porte essentiellement sur le rapport de l'islam au politique. Elle montre les limites de ces nouvelles organisations prises en otage entre les institutions étatiques centrafricaines de tendance nationaliste et les États arabes aux ambitions hégémoniques : d'une part, elles sont accompagnées dans leur création et leur structuration par l'Etat centrafricain réfractaire aux allégeances supranationales, d'autre part elles bénéficient de précieuses aides financières et idéologiques des pays arabes. Or, la plupart de ces aides destinées à la propagation de l'islam sont mises aussi au service du rayonnement des pays donateurs. Ainsi, au moyen de ces nouvelles organisations, l'Arabie Saoudite, le Koweït et la Libye cherchent de plus en plus à poser leurs marques en Afrique autour des activités sociales, des actions humanitaires, du pèlerinage, des bourses d'études et de la création des mosquées et des écoles coraniques. Cette course à I'hégémonisme sous couvert de l'islam s'effectue au moment même où la plupart de ces pays arabes connaissent une forte croissance économique grâce aux produits pétroliers, tandis que les pays africains sub-sahariens subissent encore de sérieuses crises d'ordre politique, économique et social. Ce travail est basé essentiellement sur une enquête de terrain effectuée dans un premier temps au Tchad, puis en Centrafrique en 2002 auprès des associations et ONG islamiques, des institutions étatiques et des acteurs directement impliqués dans ce mouvement associatif. A partir de ces enquêtes, nous nous sommes constitué un corpus de documents de sources écrites et orales. Les données de ces documents sont toujours d'actualité sauf pour certaines informations que nous avons jugé nécessaire de mettre à jour. La plupart de nos enquêtes ont été réalisées en Afrique centrale, mais notre étude vise une compréhension plus large de la vie sociale et religieuse3 observable en Afrique noire, marquée par une forte interpénétration entre les populations, du fait de leur mobilité sociale et économique.

Lire Henri Mendras et Marco Oberti, Le sociologue et son terrain: trente recherches exemplaires, Paris, Armand Colin, 2000, p. 79-110.

PREMIÈRE

PARTIE

FAILLITE DES ETATS AU SUD DU SAHARA ET ÉMERGENCE DU RENOUVEAU ISLAMIQUE

SUR LA SCÈNE PUBLIQUE ET POLITIQUE

1
Les Etats africains en situation de faillite

Les Etats-nations en pleine mutation
À partir des années 90, l'Afrique au sud du Sahara a été particulièrement marquée par l'émergence de la société civile, notamment les ONG, les associations, les tontines et les clubs qui se sont montrés très actifs dans le secteur social et humanitaire. Cette société civile, comme on peut le constater chez R. Fossaert et J.-F. Bayart, se présente comme une entité sociale autonome qui entretient« une relation dynamique », complexe et ambivalente avec l'État!, à travers de multiples formes de mobilisations sociales et de solidarités transversales. Toutefois, cette société civile demeure une réalité complexe, comme l'entend René Otayek, au sens où « elle est constituée d'une variété d'institutions (groupements associatifs traditionnels et modernes, syndicats, mouvements religieux, organisations socioprofessionnelles, etc.) qui se donnent des objectifs d'intérêts collectifs, fonctionnent eux-mêmes sur un mode démocratique, interviennent dans l'espace public où leur mobilisation assure l'interface avec la société politique et contribuent à l'articulation des demandes sociétales et des intérêts particuliers »5. Dans ce grand ensemble composite, nous nous sommes intéressé particulièrement aux mouvements religieux. Car, à notre avis, le facteur religieux ajoué un rôle déterminant dans la montée en puissance de cette société civile, à travers le retour en force des instances religieuses (Églises, confréries, sectes, mouvements fondamentalistes) sur la scène publique et sur le terrain du politique. Ce retour du religieux sur le devant de la scène s'explique par l'essoufflement des Etats post coloniaux de plus en plus absents dans la vie publique. Les secteurs délaissés sont progressivement investis par la société
R. Fossaert, La société, T 5. Les États, Paris, Seuil, 1981, p. 146-147; J.-F. Bayart, « La revanche des sociétés africaines », in Quelle démocratie pour l' Mrique ?, Politique africaine, na Il, octobre 1983, p. 99. René Otayek (dir.), Les sociétés civiles du sud, Paris, MAE, 2004, p. 36.

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Le renouveau islamique en Afrique noire

civile qui tente de prendre en charge la collectivité locale. En effet, la majeure partie de ces Etats manque cruellement de moyens pour faire leur politique. Ils ont du mal à affirmer leur souveraineté, à remplir leurs fonctions régaliennes, à assurer la sécurité des personnes et des biens. Suite à cette crise des institutions étatiques et la perte de confiance à l'égard des dirigeants et des politiques, les confessions religieuses se présentent comme une alternative, « garantes de probité et d'intégrité morales» souligne Mgr Komb06. Ce constat est partagé par Jean Paul Ngoupandé. Cet ancien Premier ministre centrafricain a réalisé, au cours de ses fonctions et dans le contact quotidien avec la réalité politique de son pays, le poids décisif que représentaient « les structures comme les confessions religieuses, les fédérations de syndicats, de fonctionnaires, les associations de commerçants ou encore les groupements professionnels, sur l'évolution de l'opinion »7. Par ailleurs, l'effondrement du communisme et la disparition de l'axe EstOuest ont été accompagnés d'une crise de repères. La politique économique et sociale (capitalisme et socialisme) qui a permis aux deux grandes puissances de l'époque de gouverner le monde et de le maintenir en équilibre était fortement tributaire des conjonctures et des dynamiques des relations Est-Ouest. Or, avec la disparition de cet axe, on a l'impression que le monde bascule dans une « ère d'incertitudes ». En Europe comme en Afrique, la majeure partie des populations se sentent désemparées et ont peur de l'avenir. Leur espoir s'amenuise devant un futur porteur d'insécurité. Patrick Michel qui a observé ce phénomène, notamment en Europe centrale, pense que ces inquiétudes sont liées au vide laissé par la disparition d'une référence considérée comme « centrale» et ayant profondément modelé les rapports Est-OuestS, mais aussi indirectement le nord et le sud. Le palier vide, créé par l'effondrement du communisme et la faillite de l'Etat-providence, est celui-là même qu' «une présence sociale plus massive de comportements et de discours» tente de s' approprier9 . Laurent Fourchard et René Otayek, dans leur article traitant « Des imaginaires partagés », renforcent également I'hypothèse selon laquelle le dépérissement de nos Etats serait à la base de la montée des particularismes
Mgr Ernest Kombo, «Situations et interpellations de l'Église aujourd'hui. Le cas du Congo», in Eglises et démocratisation en Afrique, Actes de la XIXesemaine théologique de Kinshasa du 21 au 27 novembre 1993, p. 17-26. Jean Paul Ngoupandé, Chronique de la crise centrafricaine, 1996-1997, Paris, L'Harmattan, 1997, p. 35. Patrick Michel, dir., Religion et démocratie, nouveaux enjeux, nouvelles approches, Paris, Albin Michel, 1997, p. 10-11. Idem.

Les Etats africains en situation de faillite

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culturels, notamment religieuxlo. L'Etat-nation constitue pour nous un cadre idéal pour l'étude et l'analyse de ce phénomène religieux en pleine effervescence en ce moment à travers le monde et particulièrement en Afrique subsaharienne. Nous pensons que l'État-nation reste tout de même un idéal à atteindre au regard de la montée du tribalisme et des phénomènes ethniques au sein de ce continent. Pour la majeure partie des Etats africains vivant au sud du Sahara, il y a encore du chemin à faire pour y arriver. En attendant, d'autres voies, comme celle de Mwayila Tshiyembe, directeur de l'Institut panafricain de géopolitique de Nancy, s'élèvent pour critiquer ce modèle importé en

décalage avec la nature plurinationale des sociétés africainesIl.
Dans le contexte africain, ces États-nations, dits modernes, sont nés dans le feu des indépendances des années 60. Ils ont été fondés par les empires coloniaux français, britanniques et allemands, belges et portugais sur les ruines des anciens empires, royaumes et sultanats d'Afrique qui ont connu, dans le Moyen Âge africain (compris entre le VIle et le XVIesiècle), leur apogée, mais aussi leur déclin (empires d'Ethiopie, du Ghana, du Mali, du Songhay, du Noupé, d'Ifé, du Bénin, du Kanem Bornou, du Congo, du Monomotapa ou du Zimbabwe)l2. Les formes de ces États étaient élaborées dans des conditions sociales et matérielles propres à l'Europe avant leur transfert dans les environnements multiculturels africains. Désormais, ces États sont intégrés parmi les héritages de la modernité, commencée en Europe autour du XVII-XVIIIe siècle. Ce siècle marque un tournant décisif dans l'histoire du monde. Il inaugure le basculement de l'histoire dans le temps des lumières, c'est-à-dire celui de la raison et de la science. La plupart des philosophes des lumières et certains progressistes ont misé sur la modernité, entre autres, sur la science et la technique, pour révolutionner le monde. Ils avaient la ferme conviction de posséder la compétence et la volonté nécessaires au remodelage du monde. Les programmes de développement, mis en œuvre dans les pays du Tiers-Monde, sont tributaires de ces idées de progrès chères aux nations occidentales (possession matérielle, consommation et rendement économique). En espérant transformer le monde de fond en comble et en le mettant sous la domination de l'homme (anthropocentrisme), les promoteurs de l'esprit des Lumières pensaient que la modernité entrainerait inévitablement le déclin de

10

Laurent Fourchard et René Otayek, « Des imaginaires partagés », in Afrique: (re) penser le
politique, Courrier de la planète, n° 7, janvier 2006.

11

12

Mwayila Tshiyembe, « L'Afrique face au défi de l'Etat multinational. Des guerres à la crise sociale, Afriques en renaissance », Manière de voir, n° 51, mai-juin 2000. Lire CheikhAnta Diop, Nations nègres et cultures, Présence africaine, Paris, 1955 ; Ibrahima Baba Kaké, L'ère des grands empires, ACTT/Présence africaine, Paris, 1988.

18

Le renouveau islamique en Afrique noire

la religion, à la fois, dans la société et dans l'esprit des gens. Ils estimaient que le monde aurait beaucoup à gagner en se sécularisant et en se libérant des comportements « arriérés », « superstitieux» ou « réactionnaires », dus à l'influence des institutions religieuses et de l'emprise du sacré13.Les gens devaient apprendre à se passer désormais de Dieu et de l'Eglise sans aucune incidence sur l'ordre social. Ainsi, Freud, fasciné par sa science, va« reléguer la religion au rang d'une simple illusion ». Marx la délégitime et la compare à «l'opium du peuple ». Émile Durkheim pense que les communautés religieuses ne font rien d'extraordinaire sinon de se rendre un culte à elles-mêmes. Ces grands penseurs ont été marqués par une époque qui cherchait à se débarrasser du joug des spéculations théologiques et des sermons des prêtres pour jouir pleinement des bienfaits de la science et de la technique14. On pense que les humains sont devenus majeurs, ils peuvent donc aisément se passer de Dieu. L'avènement du paradigme des Lumières pèse énormément sur les relations traditionnelles entre l'Etat et les Eglises et aboutit au divorce entre politique et religion. En France, la séparation entre l'Etat et les Eglises a été vécue de manière brutale sous la Révolution française de 1789 et s'est terminée par la loi de 1905. La privatisation de la religion, à partir de la loi de 1905 en France (loi de séparation des Eglises et de l'Etat), devait permettre de l'évacuer de l'espace public. On voulait en faire une occupation strictement personnelle, dont la « place publique» devait être débarrassée15.Pour contrer les prétentions des Eglises à légiférer en matière sociale, on pensait qu'il suffisait de les évacuer (les signes, symboles, représentations à caractère religieux.. .) de l'espace public, tel que les écoles publiques, les hôpitaux et les dispensaires. La vague de nationalisation des institutions religieuses à caractère socio-éducatif et sanitaire (écoles, dispensaires), survenue dans la plupart des pays africains au lendemain des indépendances, participe de près à ce processus de privatisation de la religion16. À titre d'exemple, la nationalisation des écoles privées catholiques et protestantes, dans le contexte centrafricain, a lieu sous le règne de David Dacko, successeur de Barthélemy Boganda, lequel avait conduit ce pays, grand comme la France et la Belgique réunies, à l'indépendance en 1959. Fervent catholique, David Dacko avait fait ses débuts dans les écoles catholiques. À cause de ses déconvenues politiques, cet ancien chef d'Etat a fait voter par le gouvernement centrafricain, en 1962, la loi dite « d'unification de l'enseignement ».
13

Peter L. Berger, « La désécularisation du monde: un point de vue global », in Peter
L. Berger (eds), Le réenchantement du monde, Paris, Bayard, 2001, p. 13-36.

14

Charles West c., The power to be human: toward a secular theology. New York, The
Macmillan Company, 1971.

15

Neuhauss R. J., The naked public square. Grand Rapids, Mi. Eedermans, 1984.

16

La plupart de ces pays africains avait opté au lendemaindes indépendancespour un État
laïc, respectueux de la séparation du religieux et du politique.

Les Etats africains en situation de faillite

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En application de cette nouvelle loi, toutes les écoles privées ont été récupérées par l'État. Les enseignants de ces établissements intègrent par la même occasion le corps des agents de l'État. Tout comme la loi de 1905 en France, la nationalisation des établissements scolaires catholiques et protestants devait permettre à l'État de déposséder les Églises chrétiennes de certains de leurs pouvoirs. Il s'agit notamment de réduire l'influence de la religion chrétienne sur la vie sociale et culturelle des gens. Or, le réveil des religions sur la scène publique et politique mondiale, à I'heure actuelle, remet en question les prétentions de l'État et de ceux qui ont voulu construire un monde sans Dieu. La résurgence des religions est liée en grande partie à la crise de l'État. Cette crise institutionnelle prend ses racines dans la crise même de la modernité évoquée plus haut. On pensait que cette modernité, secrétée par les lumières, allait donner naissance à un monde plus juste, où tous les êtres humains pourraient accéder à une prospérité généralisée. Or les acquis de la modernité n'ont pas comblé les attentes du genre humain. Au contraire, « elle a suscité une série de difficultés autrefois insoupçonnées, et dont nous n'avons commencé à prendre conscience que depuis une vingtaine d'années seulement », souligne Daniel Bosch17. D'où les nombreux débats à l'ordre du jour évoquant le dépassement inéluctable de l'ère moderne vers l'ère postmoderne. Dans les années 70, les limites de cette modernité ont été fortement ressenties, à travers l'impuissance des États-providence à trouver des solutions aux angoisses et aux misères humaines. Le monde semble basculer dans une ère d'incertitudes et de frustrations, plus aiguës que jamais. Les tentatives de créer un monde meilleur et sécularisé, c'est-à-dire un monde sans Dieu ont échoué, au point que le monde d'aujourd'hui est« furieusement religieux »18. our soulager I'humanité P en situation de désespoir, les religions monothéistes (chrétienne, juive et musulmane) appellent de leur vœu le dépassement de cette modernité, par la promotion d'une autre forme de vie plus solidaire et plus humainel9. La crise de l'État-nation a été vécue de manière dramatique en Afrique au sud du Sahara. L'effondrement de l'Etat-nation a entraîné dans son sillage la déstructuration de la vie sociale, économique et culturelle de la plupart des populations vivant dans cette vaste partie du continent africain. Bien que souverains et indépendants, ces Etats encore fragiles avaient grand besoin de se consolider dans un cadre politique approprié et surtout fédérateur. Au moyen

17

David J. Bosch, Dynamique de la mission chrétienne. Histoire et avenir des modèles
missionnaires, Paris, Haho-Karthala-Labor et Fides, 1995, p. 366.

18 19

Peter L. Berger, op. cil., p. 15. Cf Gilles Kepe1, La revanche de Dieu: chrétiens, juifs et musulmans à la reconquête du
monde, Paris, Seuil, 1991, p.16-19.

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Le renouveau islamique en Afrique noire

du parti unique qui s'était érigé en une sorte de « religion d'Etat », les dirigeants africains se sont mis à gérer leur pays avec « fermeté », d'autant plus que la question de l'unité, au lendemain des indépendances, était au cœur des préoccupations sociopolitiques20. Le parti unique était le moyen presque classique, à cette époque, de se protéger contre ce que l'on considère encore aujourd'hui comme la résurgence des antagonismes interethniques. Il s'est avéré que, dans la plupart des cas, le régime de parti unique s'est commué pendant plusieurs décennies en dictature d'une nomenklatura militaire sur des populations civiles. On peut citer, entre autres, les régimes incarnés par des personnalités comme feus Jean Bedel Bokassa, Joseph Désiré Mobutu et Idi Amin Dada. Ces régimes politiques, pour la plupart militaires (pouvoir à dominante autoritaire et à tendance personnelle), ont montré très vite leurs limites, notamment dans la gestion des choses publiques et des affaires politiques: les fonctionnaires de l'Etat ne recevaient plus leurs salaires à terme échu, les hôpitaux et les dispensaires manquaient de médicaments, les écoles publiques souffraient du manque de personnel enseignant, les infrastructures routières commençaient à être de moins en moins entretenues, etc. Malgré ces quelques cas d'errance politique au cours des années 60 à 80, le climat socioéconomique était encore vivable dans la plupart des pays vivant au sud du Sahara. Or, depuis les années 80 à ce jour, le niveau de vie des Africains n'a cessé de se dégrader21 : « la proportion des pauvres a augmenté, et les personnes vivant avec moins de I dollar par jour sont passées de 179 millions en 1987 à 218 millions en 1993, soit 85 % de la population de Zambie, 72 % à Madagascar, 65 % en Angola, 61 % au Niger, 50 % en Ouganda », si on se réfère aux statistiques de la Banque mondiale datant de 199722.D'après le rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD),« entre 1981 et 1989, on a enregistré en Afrique subsaharienne une baisse cumulée de 21% du PNB réel par habitant. Ce recul a touché à la fois les pays ayant entrepris des ajustements structurels et les autres (...). Les reculs les plus graves ont été observés au Gabon (58 %), au Nigeria (50 %), en Côte d'Ivoire (42 %) (...). Même dans les années 90, près de 32 % des personnes vivant dans cette région ne devraient pas atteindre l'âge de 40 ans »23.
20

Decalo Samuel, « The Process, Prospects, and Constraints of Democratization in Africa »,
African Affairs, 1991.

21

Christian de Brie, « L'Afrique à l'aune du développement virtuel », Le Monde diplomatique,
octobre 1997, p. 16-17. Banque Mondiale, World Development Indicators 1997, Oxford University Press, 1997, p. 31. Programme des Nations Unies pour le développement, Rapport mondial sur le développement

22 23

humain 1997, Economica, Paris, 1997, p. 23-37.

Les Etats africains en situation de faillite

21

À partir de cette époque (année 80), l'Afrique s'est trouvée dans une situation déplorable, minée par la crise du politique, la paralysie économique et la désorganisation du secteur social. En effet, l'Afrique souffre d'un mal profond dont les causes relèvent des facteurs exogènes et endogènes. Sans dédouaner les Africains qui sont, en partie, responsables de l'échec de leur développement, il faut aussi reconnaître que le continent africain a subi globalement l'ordre économique mondial. Les règles du jeu de cet ordre économique mondial sont fixées d'avance, comme le souligne Anne Cécile Robert, journaliste au Monde diplomatique24.Il était plus facile d'imposer ces règles auxjeunes Etats africains, encore sous influence occidentale, par le biais des institutions « multinationales» comme l'OMS, le FMI et la Banque mondiale. Le système néolibéral sur lequel repose l'économie mondiale est fondé sur les rapports de force. Il laisse aux Etats d'Afrique, encore très jeunes, fragiles et peu expérimentés, très peu de marge de manœuvre. Dans toute sa puissance, le libéralisme mondialisé, depuis quelques décennies, « dicte, administre et sanctionne» au moyen de l'ajustement structurel et des règles de l'organisation mondiale du commerce, poursuit le même auteur25.Ce qui suppose que, les dés du développement à l'heure de la mondialisation sont pipés depuis les années 70 et «dans cette vaste partie du poker menteur, l'Afrique cumule les désavantages: séquelles de la colonisation, règles systématiquement fixées par d'autres et changées à leur gré, marginalisation politique.. .»26. ln fine, nous constatons que le devenir dramatique du continent relève de nombreux facteurs, lesquels ont entraîné dans leur sillage la faillite des Etats africains. C'est précisément sur les cendres de ces Etats qu'émergent de nouvelles forces politiques, sociales et divers groupes d'appartenance (la société civile), notamment, les différentes formes de renouveau religieux de tradition chrétienne et islamique (comprenant les nouvelles églises, les sectes, les confréries) lesquelles nous intéressent ici particulièrement. Parmi les facteurs exogènes qui ont le plus pesé sur le devenir du continent africain, on peut citer, entre autres, le poids de la dette et le plan d'ajustement structurel. Il importe qu'on s'y attarde un peu. La mauvaise gouvemance constitue, certes, l'épicentre des facteurs endogènes que nous ne pouvons éluder dans cette analyse.

24

Lire Anne-Cécile

Robert, L'Afrique au secours de ['Occident, Paris, Les Editions de l' Atelier/

25 26

Les Editions Ouvrières, 2006, p. 34. Cet auteur est journaliste au Monde diplomatique et professeur associé à l'Institut d'Etudes européennes de l'Université Paris 8. Idem, p. 31. Idem, p. 24.