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Le verbe est venu en chair

De
186 pages
Cet ouvrage part d'une option de lecture du verset 14 du prologue de l'évangile de Jean, à savoir "le Verbe est venu en chair". Il s'agit d'analyser ce verset pour poser les bases d'une théologie de l'Incarnation, en tant que theologie première, selon la perspective de l'inculturation du message évangélique.
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Le Verbeest venu en chair Une théologie de l’Incarnation inculturéeClaver Boundja et Mervy Monsoleil Chancelin Amadi
Le Verbe est venu en chair
Collection « Croire et savoir » dirigée par Benjamin SOMBEL SARR et Claver BOUNDJA Cette collection veut être un lieu d’analyse du phénomène religieux en Afrique dans ses articulations avec le social,le politique et l’économique. L’analyse du phénomène religieux, ne saurait occulter les impacts des conflits religieux dans la désarticulation des sociétés africaines, ni ignorer par ailleurs l’implication des religions dans la résolution des conflits sociaux et politiques. L’approche religieuse plurielle de cette collection a comme objectif d’une part, d’étudier les phénomènes religieux à l’œuvre dans les sociétés africaines dans leurs articulations avec les grandes questions de société, et d’autre part de procéder à une étude scientifique et critique de la religion dans le contexte africain. Elle essaiera de déceler dans la religion non ce qui endort le peuple, mais les énergies créatrices et novatrices capables de mettre l’Afrique debout. Ainsi veut-elle montrer que si la religion peut être un frein au développement, elle est aussi acteur de développement. Le relèvement de l’Afrique doit se fonder sur des valeurs, et la religion est créatrice et fondatrice de valeurs.
Claver BOUNDJAMervy Monsoleil Chancelin AMADILe Verbe est venu en chair Une théologie de l’Incarnation inculturée
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00751-9 EAN : 9782343007519
Avant-propos
Avant d’entrer dans le propos proprement dit, il est utile de signaler que cet ouvrage est le fruit de mes discus-sions avec des jeunes frères dominicains africains (de l’Ordre des Prêcheurs), soucieux d’actualiser une pratique du Moyen-âge, oubliée aujourd’hui. Il s’agit de ladisputa-tio,à travers laquelle la théologie s’effectue sous les es-pèces du pain rompu et partagé, quand la discussion se fait quête communautaire de la vérité. Chercher Dieu comme vérité ultime ne peut pas être l’œuvre solitaire d’un théo-logien qui s’abime dans la contemplation de son nombril. Le Dieu de la Bible se révèle. Cela veut dire, au moins, qu’Il a pour essence de se communiquer, de se donner, toujours en surrection hors de soi et, dans ce même mouvement, Il rassemble dans son unicité, tous ceux qui acceptent d’accueillir leur existence comme un chemin de retour vers Lui. Faire ensemble la théologie est une manière certaine de marcher vers Dieu. Si l’ouvrage n’a pas le souci d’être unesomme théo-logiqued’un saint Thomas d’Aquin, il est la synthèse des réponses aux questions qui m’ont été posées à propos de l’actualité de la philosophie de type phénoménologique en théologie, dans le contexte africain. Au Moyen-âge, saint Albert le Grand et saint Thomas d’Aquin ont dialogué avec la philosophie d’Aristote pour dire le message chré-tien. Et la phénoménologie, en tant que grand courant de la philosophie contemporaine, est un outil incontournable pour dire Dieu aujourd’hui. Depuis trois ans, la phénoménologie du corps m’est apparue comme la possibilité de prolonger la pensée de Husserl, Heidegger et Lévinas. La phénoménologie du
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corps a pour ambition de saisir dans la substantialité du corps un perpétuel langage ; de reconnaître dans la corpo-réité humaine une expression qui constitue son mode de se poser et de se laisser reconnaître ; de penser cette position, d’avant la prise de parole, comme un dire qui structure le fondement de la présence de l’homme au monde, et de faire dériver de cette structure première, les autres dimen-sions de l’être au monde. Elle considère le corps comme le fondement de sa compréhension, et tente de penser son excès, de réduire sa notion à la vérité de son apparoir, de ramener son signifié à sa signification, sans aboutir à une connaissance du corps, mais à l’écoute du corps tel qu’il s’énonce lui-même à la conscience, en tant que latent et patent, dans une reconduction vers le sensible pur. La phénoménologie du corps a un lien naturel avec la théologie chrétienne, qui prend sa source dans l’Incarnation du Verbe. Jésus est Dieu qui se dit en corps humain. Il est la verbalisation de Dieu à même la chair. En Jésus, le corps humain parle de Dieu, de sorte que le dis-cours sur Dieu (théologie) se présente comme une phéno-ménologie du corps, qui consiste à lire le corps de Jésus en tant que phénomène ou apparaître de Dieu, selon les vécus de la conscience du théologien. Si l’Incarnation inaugure, dans l’ordre temporel, la théologie chrétienne, la théologie de l’Incarnation doit être considérée comme théologie première, d’une primauté de préséance et de cause ; c’est l’Incarnation qui est la cause de la théologie chrétienne. L’annonce kérygmatique des premières communautés chrétiennes a placé la résurrection du Christ comme le message de la Bonne Nouvelle, mais cette annonce ne doit pas occulter le fait que la foi chré-tienne est inaugurée par l’Incarnation. L’Incarnation du Verbe est l’acte inaugural qui rend possible la résurrec-tion, c’est-à-dire l’impossibilité d’une absorption du Christ
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par la mort, « parce qu’il n’était pas possible qu’elle le tînt en son pouvoir » (Ac 2, 24). L’ouvrage a bénéficié d’un apport majeur du frère Mervy Chancelin AMADI. Un tel apport est la traduction concrète d’une fraternité fondée sur l’écoute communau-taire du Verbe qui est, qui était et qui vient sans cesse en hôte intérieur, pour poser le corps humain comme le lieu de son écriture et de sa lecture en langage historique, l’écoute du Verbe qui est notre unique élévation. La posi-tion verticale du corps humain est sans doute le signe qui nous rappelle que la vérité de l’humain se trouve dans l’élévation de type vertical vers le Dieu-très-haut, à l’intérieur ne nous-mêmes. Pr. Claver BOUNDJA, O.P.
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