Les grands chantiers de la christologie

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S’il appartient certes à la vocation de la collection Jésus et Jésus-Christ de présenter les aspects particuliers que la figure du Christ adopte chez tel auteur dans tel contexte culturel, il est tout aussi important qu’elle offre périodiquement au lecteur un ouvrage plus synthétique faisant le point sur l’état de la christologie dans sa figure d’ensemble. L’étude de Jean-Louis Souletie que voici est de cette seconde veine. Se proposant, selon une optique théologique qui lui est chère, de « désigner » théologiquement le présent, l’auteur nous conduit à mesurer l’immense chemin parcouru, depuis le classique traité De Verbo Incarnato tel qu’il était présenté dans la théologie académique préconciliaire, jusqu’au paysage étonnamment diversifié qui est aujourd’hui celui du discours théologique sur le Christ.

À lire les pages où Jean-Louis Souletie présente avec talent l’extraordinaire diversité de la christologie contemporaine, on est enclin à conclure qu’une telle variété d’approches ne saurait résulter de la seule pluralité des auteurs et de leurs perspectives, comme on est trop vite porté à le croire! À la vérité, elle exprime et traduit bien plutôt quelque chose qui se situe à la fois en deçà et au-delà de cette pluralité, à savoir la richesse même du Christ. Si la christologie est riche, ce ne peut être qu’en conséquence de la « richesse insondable » du mystère du Christ comme tel: une richesse qui permet et même appelle de soi une grande variété d’approches, de points de départ, de perspectives.

Une collection de référence en christologie sous la direction de Monseigneur Doré.


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Date de parution 25 mars 2011
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EAN13 9782718909165
Langue Français

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© Desclée, Paris ISBN : 978-2-7189-0916-5
Présentation
CHRISTOLOGIES D’AUJOURD’HUI
S’il appartient certes à la vocation de la collectionJésus et Jésus-Christ, dont j’ai aujourd’hui e la joie de préfacer le 90 volume, de présenter les aspects particuliers que la figure du Christ adopte chez tel auteur ou dans tel contexte culturel, il est tout aussi important qu’elle offre périodiquement au lecteur un ouvrage plus synthétique faisant le point sur l’état de la christologie dans sa figure d’ensemble. L’étude de Jean-Louis SOULETIE que voici est de cette seconde veine. Se proposant, selon une optique théologique qui lui est chère, de « désigner » théologiquement le présent, l’auteur nous conduit à mesurer l’immense chemin parcouru, depuis le classique traitéDe Verbo Incarnatoqu’il était conçu dans la théologie académique préconciliaire, jusqu’au tel paysage étonnamment diversifié qui est aujourd’hui celui du discours théologique sur le Christ. Je suis d’autant plus heureux de présenter maintenant cet ouvrage de perspectives et d’évaluations, que sa lecture m’a permis de réaliser, plus précisément que je ne l’avais fait jusqu’à présent, qu’il existe une similitude de caractères assez étonnante entre le Christ et la christologie. Je me contenterai de détailler ici quelques-unes des correspondances que j’ai pu ainsi relever.
1. Richesse du Christ / richesse de la christologie
Lorsque, dans la mouvance du Concile, il s’est agi de rédiger de nouveaux formulaires appelés à diversifier l’expression de la prière eucharistique en complémentarité avec le vénérable Canon romain, la question de l’angle d’approche christologique de ces prières s’est posée avec acuité. La prière n° II, à vrai dire la plus utilisée aujourd’hui, adopte résolument dans la Préface qui lui est propre une perspective sotériologique qui se fonde sur le mystère pascal de mort et de résurrection, tandis que la prière n° IV développe longuement dans ses préliminaires le mystère de l’Incarnation. À se remémorer les débats qui ont accompagné ces choix, à lire les pages où Jean-Louis Souletie présente avec talent l’extraordinaire diversité de la christologie contemporaine, on est enclin à conclure qu’une telle variété d’approches ne saurait résulter de la seule pluralité des auteurs et de leurs perspectives, comme on est trop vite porté à le croire. À la vérité, elle exprime et traduit bien plutôt quelque chose qui se situe à la fois bien en deçà et bien au-delà de cette pluralité, à savoir la richesse même du Christ. Si la christologie est riche, ce ne peut être qu’en conséquence de la « richesse insondable » du mystère du Christ comme tel : une richesse qui permet et même appelle de soi une grande variété d’approches, de points de départ, de perspectives. Dès lors, on ne peut s’empêcher de considérer comme une véritable libération le mouvement qui a conduit de l’enseignement des traités tel qu’il se pratiquait il y a encore cinquante ans, à l’explosion des approches contemporaines. S’il existe une « christologie de la libération », elle n’empêche pas de saluer d’abord la belle « libération de la christologie » à laquelle nous avons e assisté durant les décennies conciliaires et post-conciliaires du XX siècle.
2. Plénitude du Christ / plénitude de la christologie
Il n’est sans doute pas de domaine de la théologie qui se situe au carrefour de l’ensemble des sciences théologiques au point où le fait la christologie. Comme si la plénitude du Christ entraînait une plénitude corrélative de la christologie ! Si la théologie au sens de discours portant spécifiquement surDieucombine les acquis de la philosophie et de l’exégèse, et si l’ecclésiologie demande certainement une articulation entre la théologie proprement dite et l’histoire de l’Église, la christologie, quant à elle, mobilise certes l’ensemble des disciplines ainsi citées, mais elle en met également plusieurs autres encore à contribution. Parce que le Christ est vrai Dieu et vrai homme – et qu’il est le seul à assumer cette double nature –, le discours portant sur lui amènera nécessairement les approches théologique et anthropologique à entrer elles-mêmes dans une sorte d’union proprement « hypostatique » – même si, de manière curieuse, cette nécessité n’a pas toujours été suffisamment prise en compte au long des âges. Le questionnement rahnérien du dogme de Chalcédoine et la réinterprétation
moltmannienne de cette doctrine à la lumière du mystère de la Croix, représentaient deux impressionnantes tentatives contemporaines de respecter l’union de Dieu et de l’homme, de telle sorte que la dimension anthropologique ne soit pas purement et simplement absorbée par une théologie qui, à force de prétendre adopter « le point de vue de Dieu », finirait par ne plus être véritablement chrétienne. La christologie contemporaine ne cherche heureusement plus à se construire à travers des réflexions philosophiques détachées de l’existentialité humaine et, du même coup, de l’histoire et de l’exégèse. L’onto-christologie n’est dès lors plus à même de régenter la totalité du champ de la réflexion chrétienne. Trop de réflexions sur « le Verbe incarné » s’intéressaient à ce point à la nature du Verbe qu’elles avaient fini par négliger de s’interroger sur les conditions d’une vraie incarnation. Or rien ne sert de dire que le Christ est devenu « homme » si l’on ne cherche pas à honorer de fait ce qu’est réellement l’« humanité de l’homme ». L’Incarnation n’est pas un jeu de rôle. Soyons reconnaissants envers les théologiens qui nous ont fait mieux comprendre que l’humanité de Jésus mérite d’être davantage prise au sérieux, ce qui ne compromet en rien la vérité de sa divinité, mais contribue certainement à enrichir l’intelligence que nous pouvons recueillir de l’union singulière des deux en un : Jésus de Nazareth que nous reconnaissons précisément comme le Christ de Dieu.
3. Actualité du Christ / actualité de la christologie Les célébrations du Grand Jubilé de l’an 2000 avaient une tonalité christologique évidente, dans la mesure où il s’agissait précisément avec lui de célébrer le bi-millénaire de l’Incarnation. Dans l’attente du Jubilé de 2033, qui ne manquera pas de marquer le bi-millénaire de l’événement sauveur de la mort et de la résurrection du Christ, nous sommes conduits à nous interroger sur l’étonnante actualité de ce que d’aucuns pourraient considérer comme un simple événement historique à commémorer. S’il y a une actualité du Christ, c’est bien parce que sa vie et sa présence au milieu de nous ont eu un caractèresauveur : à plusieurs reprises dans son ouvrage, Jean-Louis Souletie montre la place centrale occupée par la sotériologie en christologie. Si la question du salut peut fournir l’angle d’attaque approprié pour aborder théologiquement la personne du Christ, elle constitue aussi incontestablement un des meilleurs arguments en faveur de l’actualité de son Mystère, dans la mesure où la question du salut est résolument ancrée au cœur de la problématique de l’homme contemporain. « Qui est sauvé ? », « Qui peut sauver ? » : la réflexion chrétienne n’a pas manqué d’apporter des réponses précises à ces interrogations. Il apparaît aujourd’hui plus que jamais évident qu’une approche existentielle parle davantage à l’homme contemporain que les spéculations ontologiques, et le dialogue interreligieux nous amène de toute façon à reprendre la question à frais nouveaux. On lira avec beaucoup d’intérêt la partie que l’auteur a voulu consacrer spécialement à ce dialogue, dans lequel les chrétiens sont de fait doublement engagés. Ils le sont d’abord en raison de la cohabitation des religions et des cultures qui s’impose désormais dans la société contemporaine, en lieu et place du monopole chrétien qui a si longtemps prévalu. Mais ils le sont aussi au titre, plus profond encore, de leur foi au Christ : comment rendre compte, dans le contexte nouveau de la pluralité des discours religieux, de la médiation universelle du Christ, et donc du caractère unique et universel du salut qu’il nous apporte ? Ici, comme le montre remarquablement l’auteur, un certain nombre de catégories trouvent leurs limites, et des questions plus radicales apparaissent. On en vient même à se demander comment il est possible d’articuler le christocentrisme chrétien avec le théocentrisme exclusif prôné par tout un courant des promoteurs du dialogue interreligieux. En fin de compte cependant, ce n’est pas le Christ en tant que tel qui se trouve écarté du champ de la réflexion religieuse, loin s’en faut : la pensée christologique se trouve au contraire stimulée, entraînée sur des chemins qu’elle n’avait jamais jusque là explorés, comme le problème de la nature du rapport entre le Verbe non encore incarné et le Verbe incarné. Autant dire que l’actualité du Christ demeure, et stimule plus que jamais l’actualité de la christologie !
4. Éternité du Christ… longévité de la christologie !
J’ai moi-même été amené à explorer la question de la présence du Christ dans les religions non-chrétiennes, notamment dans un article rédigé en 1997 pour la revueChemins de dialogue et 1 auquel l’auteur fait ici référence . J’y insistais sur l’aspect déjà accompli du salut apporté par la venue du Christ, et qui pourtant ne se réalise que là oùde faitse réalise. Disant cela, je il
soulignais la nécessité d’envisager la révélation du Christ dans sa dimension eschatologique, celle d’un accomplissement susceptible de concerner toutes les voies qui, d’une manière ou d’une autre, auront tendu vers lui, à commencer bien sûr par la révélation chrétienne telle qu’elle nous est offerte, mais sans exclure comme a priori ces autres chemins que les grandes religions et sagesses pourraient ouvrir à leurs adeptes. Dans le même mouvement, j’ai tenu à souligner fortement que le caractère de « semences du Verbe » ne saurait se décréter globalement à propos d’une tradition religieuse tout entière, mais qu’il faut bien passer, pour chacune d’elle, par un examen complet de chacun de ses enseignements, de chacune de ses doctrines, pour discerner ce qui est, en eux, susceptible d’être une telle « semence » et ce qui ne saurait en aucun cas y prétendre. Je me réjouis que le débat ainsi entamé avec bien d’autres théologiens du dialogue interreligieux, en particulier Jacques Dupuis, se poursuive grâce au présent ouvrage. Je me réjouis surtout que soit signifiée l’importance de l’éternité du Christ, qui oblige tout discours christologique à tenir compte non seulement de l’origine, mais encore de l’accomplissement. Disons que tout discours sur le Christ est amené à articuler le commencement du monde, le présent à désigner, et l’accomplissement vers lequel l’univers chemine : le Christ hier, aujourd’hui, demain et pour l’éternité. La christologie, elle, ne peut certes pas prétendre à l’éternité. Tout laisse pourtant à penser qu’elle a encore de beaux jours devant elle. Comment ne pas souligner l’effervescence christologique qui s’est déployée sur l’ensemble du demi-siècle qui vient de s’achever ? Et comment, de ce mouvement qui se poursuit, ne pas attendre de nouveaux fruits, aussi savoureux que ceux que ce livre nous permet déjà, pour sa part et pour le moment présent, d’inventorier avec clarté ? * * * En lançant la collectionJésus et Jésus-Christy aura bientôt trente ans, je pressentais bien il qu’il y aurait beaucoup à dire sur le sujet essentiel au traitement duquel elle était vouée, et j’annonçais en conséquence qu’une centaine de volumes seraient bien nécessaires pour en mettre en e œuvre le propos de manière suffisamment pertinente. Nous voici à présent parvenus au 90 numéro, dont le caractère de « somme méthodique » se révèle précieux pour mesurer le chemin déjà parcouru. Je crois bon de conclure cette Présentation en donnant dès à présent rendez-vous au lecteur pour le centième numéro : si Dieu me prête vie, il prolongera, il élargira et explicitera encore quelque peu la « défense et illustration » ici présentée, de la richesse, de la plénitude et de l’actualité de « la christologie » conçue comme entreprisethéologiquec’est-à-dire à la fois critique et – confessante – pour rendre raison de la reconnaissance de« Jésus » précisément comme « Jésus-Christ». + Joseph Doré Archevêque de Strasbourg
Introduction
L’objectif du présent ouvrage n’est pas de présenter une étude exhaustive des christologies contemporaines qui s’avérerait démesurée au regard de l’éclatement de la recherche et des 2 productions dans les différentes aires linguistiques . Si la perspective de ce livre n’est pas d’abord ni seulement exhaustive, elle ne propose pas non plus une typologie académique, du type christologies d’en haut et d’en bas, fonctionnelle ou ontologique, libérale ou dialectique, antiochienne ou alexandrine, etc. qui sont utiles pédagogiquement mais qui ne peuvent rendre compte de la complexité du champ de réflexion contemporain, ni de la généalogie des questions soulevées par la modernité en ce domaine de la théologie. Par ailleurs ces typologies sont elles-mêmes le fruit de constructions théologiques parfois complexes qui brouillent l’exposé des enjeux des christologies. Ainsi le théologien nord-américain David Tracy définit trois types fondamentaux 3 de christologies : la théologie systématique de Schleiermacher à Karl Rahner et Bernard Lonergan qui privilégie la christologie duLogos, l’ouverture à la métaphysique, à la quête mystique et la confiance en la médiation de la raison. Un deuxième groupe est centré sur la christologie de la croix de Martin Luther à E. Ebeling et Éric Fuchs en passant par Karl Barth, Rudolf Bultmann et Paul Tillich. Cette christologie privilégie la signification eschatologique de l’événement christique, l’unicité de la Parole annoncée à tout un chacun et la portée sotériologique et libératrice de cette Parole. Le troisième classement de Tracy regroupe les théologiens centrés sur la pratique chrétienne, comme Jean-Baptiste Metz, Jürgen Moltmann, Gustavo Guttierez. L’attention est ici portée à la libération des opprimés et à l’émancipation des peuples. Pour Tracy, ce pluralisme des christologies est inscrit dans la théologie systématique et représente une chance à une époque justement marquée par le pluralisme. Chacun choisit dès lors sa porte d’entrée en christologie : par le biais de l’incarnation et la manifestation duLogos, par la théologie de la Parole centrée sur la proclamation prophétique de la croix et de la Résurrection, par la praxis pour qui la vérité de l’annonce se joue sur la capacité libératrice des réalités d’injustice et d’oppression. Cette classification procède chez Tracy d’une théorie générale de la révélation chrétienne comprise comme une dialectique entre manifestation et proclamation qui se dépasse en une troisième catégorie, l’action, en tant que négation radicale de la manifestation et de la proclamation. Ainsi tout classement, toute typologie demanderait qu’on précise l’appareillage théologique qui y préside avant d’exposer le discours christologique particulier de tel ou tel auteur. « Les grands chantiers de la christologie » se présente donc plutôt comme un essai pour déterminer des foyers autour desquels se noue l’interrogation christologique et où se réalisent le discernement et la construction de propositions christologiques aux prises avec les questions qui inquiètent la modernité : le point de départ en christologie, le paradigme de la Résurrection, l’ontologie en christologie, la médiation universelle du Christ, le lien entre salut et création, le dialogue interreligieux. Ces foyers ne sont pas exposés sous la forme de thèmes christologiques mais comme des problématiques complexes et liées à des œuvres théologiques qui font date dans le paysage christologique. Subsistent à l’évidence dans cet essai des lacunes qui tiennent à l’ampleur de la matière, mais aussi au parti pris revendiqué ici qui ne vise pas l’exhaustivité mais veut rendre compte de l’interrogation chrétienne concernant la confession de foi au Christ aujourd’hui. Construire des problématiques expose au débat et à la critique pour parvenir à affiner davantage la désignation du Christ vivant dans la foi chrétienne au rendez-vous de la modernité. La première partie du livre dresse un bilan des « styles » de christologies contemporaines qui accentuent plus ou moins l’un ou l’autre aspect du discours sur le Christ : historique, sotériologique, narratif et systématique. Elle permet de vérifier ainsi l’articulation originale des trois pôles du discours (fonctionnel, historique et ontologique). Ce bilan oblige à réfléchir au point de départ de la christologie aujourd’hui. Comme l’avait souligné Joseph Doré dans son 4 enseignement , à l’exclusion d’autres points de départ tels la foi, le discours magistériel, les questions de la culture, c’est « le fait chrétien » qui désigne ce point de départ de la plupart des christologies et avec lui, on est conduit à s’interroger sur ce qu’il en est de la Résurrection pour nous aujourd’hui. Un bilan des christologies de la Résurrection s’impose alors et pose le problème de l’articulation de l’historicité de la Résurrection et de sa vérité de foi (Bultmann, Gisel, Pannenberg, Schlier). De telle sorte qu’on s’interroge enfin sur la possibilité même d’une « vie de Jésus aujourd’hui » : on dira alors que les Évangiles sont la seule vie de Jésus possible (Marie-Joseph Lagrange).
La troisième partie réfléchit sur le tournant anthropologique de la christologie : il s’est accompagné d’une interrogation sur la possible équivocité de l’herméneutique devant l’exigence métaphysique, depuis le refus de Moltmann de la métaphysique à propos de la question christologique des deux natures jusqu’aux affirmations positives de Balthasar. La réfutation de Jüngel permettra de poser la question de savoir si l’ontologie de « ce-qui-passe » est apte à rendre compte d’une christologie de la parole comme alternative à la confrontation entre christologie ontologique et christologie existentielle. La quatrième partie construit une christologie systématique du salut à partir de l’impensé dans le dialogue interreligieux et les impasses de l’alternative inclusivisme/exclusivisme. Une problématique du salut revient à celle du devenir sujet devant Dieu. Il faut alors reprendre la réflexion sur le rapport création/salut et revisiter la tradition thomasienne sur le sujet en retenant l’exigence barthienne qui garde le point de vue de Dieu pour penser l’homme. Enfin, une christologie du salut est infirme si elle ne pense pas l’épaisseur du sujet, l’humanité du Christ, la création, qui sont l’affirmation par Dieu de l’amour plus fort que la mort : Dieu n’a pas peur de la finitude parce qu’il est amour (kénose de la création et kénose de la croix, autolimitation consentie par amour). On s’interrogera ultimement pour savoir si cette finitude envisagée par Dieu dans l’incarnation du Verbe et sa passion selon la chair est à comprendre dans une théologie du sensible ou dans une théologie de l’histoire.
Première partie UNE DÉSIGNATION THÉOLOGIQUE DU PRÉSENT