Les Qualités des Croyants (Sifât al-mu’minîn)

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La plus grande assistance que demande l’homme est celle du Livre de Dieu, le Très- Haut, qui ne contient rien de faux, tant dans le fond que dans la forme, car il est préservé par Dieu Lui-même : Nous avons fait descendre le Rappel, et c’est Nous qui en sommes les gardiens. (15: 9) Le Saint Coran est la voie qu’emprunte le croyant jusqu’à ce qu’il atteigne la satisfaction de Dieu. C’est le Livre parfait qui ne contient aucune erreur : Nous n’avons rien négligé dans le Livre. (6 : 38) Quiconque recherche la perfection n’a qu’à se tourner vers le Saint Coran. Il contient la perfection de la foi, du culte et de la morale. Nous avons tant besoin de nous parer d’un comportement satisfaisant et d’abandonner tout comportement blâmable ! Quiconque lit le Saint Coran y trouvera maints éloges à l’égard de ceux qui possèdent un comportement agréé et agréable ainsi que des vertus louables.

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Date de parution 28 octobre 2015
Nombre de lectures 9
EAN13 9782841616206
Langue Français

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1432-2011
ISBN 978-2-84161-159-1 // EAN : 9782841611591Ahmad Fathu’llâh
Jâmî
LES QUALITÉS DES CROYANTS
(Sifât al-mu’minîn)
Traduit par
Hédi Djebnoun
AlbouraqPrologue
Louange à Dieu ! Par ses bienfaits s’accomplissent les bonnes œuvres ! Et que
la meilleure des prières et le salut parfait soient pour notre Seigneur Muhammad,
la plus noble des créatures, pour sa famille, digne de confiance, pour ses
Compagnons, étendards fermes sur la voie droite, ainsi que pour les prédicateurs
et les guides venant à leur suite et pour tous ceux qui suivent leur modèle jusqu’au
jour du Jugement dernier.
Dieu, le Très-Haut, distingue et choisit, parmi Ses créatures, qui Il veut et pour
ce qu’Il veut. Il a choisi Son Prophète bien-aimé et préféré, notre Seigneur
Muhammad – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui – entre toutes
les créatures, comme guide sur la voie droite vers la délivrance et le bonheur,
depuis le début de la Création jusqu’à ce que Dieu reprenne la terre et ce qui s’y
trouve. Dieu a fait de son Livre clair, le Saint Coran, une source de salut pour ceux
qui le lisent avec foi, méditent ses versets et recherchent l’aide de Dieu dans les
œuvres indiquées. Ils se soumettent à Ses ordres, évitent ce qu’Il interdit, et se
parent des nobles caractères qu’Il enseigne, non sans s’enquérir, en y ajoutant
une foi parfaite, du contenu même du Livre de Dieu, conformément à la parole du
Tout-Puissant :
Aujourd’hui, J’ai rendu votre religion parfaite ; J’ai parachevé Ma grâce sur
vous ; J’agrée l’Islam comme étant votre religion. (5 : 3)
Nul doute que sera parfait celui qui œuvre selon ce qu’indique le Coran. Plus, il
sera comme un Coran sur la terre, à l’instar de notre Seigneur et maître,
Muhammad, selon la description qu’a faite de lui notre mère, la mère des croyants,
‘A’icha – que Dieu soit satisfait d’elle. Dieu a ensuite distingué, pour transmettre le
Coran, les nobles compagnons du Prophète, après que celui-ci fut rappelé par le
Tout-Puissant. Et Il a distingué après eux les croyants pieux, vertueux et
bienfaiteurs, parmi lesquels se trouvent les savants et hommes d’action, l’œuvre,
les guides sur la voie droite, ceux dont le Prophète a dit : « Les savants sont les
1héritiers des prophètes . »
Ces savants continuent à bien diriger les gens, à les appeler à emprunter la voie
claire et évidente du Saint Coran, et à prendre pour modèle les qualités sublimes
du Prophète dont Dieu dit :
Tu es certes d’un caractère élevé ! (68 : 4)
Ils appellent les gens à lire le Saint Coran, à méditer Ses versets pour mieux les
comprendre, et à œuvrer selon ses préceptes. Lire le Coran sans discernement ni
réflexion – malgré le mérite et la valeur que comporte la seule récitation – peut
nous porter préjudice et se retourner contre nous, le jour du Jugement dernier, si
l’on n’œuvre pas en conformité avec les indications données par ses versets.
Parmi ces guides pieux, figure notre Chaykh, celui qui ajoute l’acte au savoir et
qui craint de manquer à sa mission, le Maître spirituel de la grande confrérie
Châdhiliyya, Ahmad Fathu’llâh Jâmî, que Dieu préserve sa santé et sa force. Qu’Il
nous inonde de sa science abondante et nous couvre de ses bénédictions, de ce
qui nous rapproche de Lui et intercède en notre faveur, pour nos manquements, le
jour du Jugement dernier. Que Dieu entende et exauce !
Notre Chaykh – que Dieu le garde – a choisi, au sein du Coran, un certain
nombre de versets qui indiquent les qualités du musulman parfait, et ce, pour
répondre au besoin impérieux, en ces temps, de nous parer des qualitésenseignées par le Saint Coran. Le Chaykh a également tiré des œuvres des
imams exégètes ce qu’il a estimé propice à notre temps. Il a réuni le tout dans le
présent ouvrage, intitulé « Les Qualités des croyants dans le Livre clair » (Sifât
almu’minîn fî al-kitâb al-mubîn). Que ses frères et amis, ceux de sa confrérie, en
profitent tout d’abord, et, ensuite, tous les musulmans.
Il n’a entrepris ce travail – ainsi qu’il l’a lui-même expliqué – que par compassion
à l’égard de ses semblables, par amour pour la communauté de notre Seigneur, le
Messager de Dieu – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui –, toutes
tendances confondues. Imiter les qualités du Prophète, c’est se soumettre à la
Charî‘a.
Que Dieu accorde la meilleure des rétributions à notre Chaykh, qu’Il nous fasse
profiter ainsi que tous les musulmans de la lecture de ce livre, qu’Il nous aide à
œuvrer selon l’enseignement qui s’y trouve, et qu’Il fasse que ce soit pour nous et
pour le Chaykh une preuve le jour où les richesses et les enfants ne seront
d’aucune utilité, sauf pour ceux qui iront à Dieu avec un cœur pur. (26 : 88-89)
Que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur notre Seigneur Muhammad,
sa famille, ses compagnons et ceux qui les suivent. Il n’y a de puissance qu’en
Dieu le Très-Haut, Seigneur des mondes.
Alep, 3 safar 1420
18 mai 1999
Abû Abd al-Qâdir
Muhammad Nazîm Al-CHIHABI,
professeur d’éducation religieuse,
imam khâtib de la mosquée Al-Fath d’Alep.Introduction
Louange à Dieu qui nous a donné une religion parfaite, qui nous a pleinement
octroyé Sa bénédiction, et qui a agréé l’Islam comme notre religion. Que les
bénédictions et la paix de Dieu soient sur notre Prophète et Seigneur Muhammad,
le Prophète illettré, maître des gens pieux et sceau des prophètes, l’homme au
caractère sublime et élevé, ainsi que sur sa famille et sur tous ses compagnons.
Que Dieu soit satisfait de ses auxiliaires et des émigrés qui l’ont suivi. Dieu est
satisfait d’eux, et eux sont satisfaits de Lui. Il leur a destiné des jardins où
coulent des rivières, où ils demeureront éternellement. Tel est l’immense
succès ! (9 : 100)
La plus grande assistance que demande l’homme est celle du Livre de Dieu, le
Très-Haut, qui ne contient rien de faux, tant dans le fond que dans la forme, car il
est préservé par Dieu Lui-même : Nous avons fait descendre le Rappel, et c’est
Nous qui en sommes les gardiens. (15: 9)
Le Saint Coran est la voie qu’emprunte le croyant jusqu’à ce qu’il atteigne la
satisfaction de Dieu. C’est le Livre parfait qui ne contient aucune erreur : Nous
n’avons rien négligé dans le Livre. (6 : 38)
Quiconque recherche la perfection n’a qu’à se tourner vers le Saint Coran. Il
contient la perfection de la foi, du culte et de la morale. Nous avons tant besoin de
nous parer d’un comportement satisfaisant et d’abandonner tout comportement
blâmable ! Quiconque lit le Saint Coran y trouvera maints éloges à l’égard de ceux
qui possèdent un comportement agréé et agréable ainsi que des vertus louables.
Tantôt sont-ils loués en tant que « ceux qui craignent Dieu » (al-muttaqûn) :
Hâtez-vous d’obtenir le pardon de votre Seigneur et un Paradis aussi vaste
que les Cieux et la Terre, destinés à ceux qui craignent Dieu, à ceux qui font
la charité, qu’ils soient dans l’aisance ou dans la gêne. (3 : 133-134)
Tantôt en tant qu’« hommes vertueux » (al-’abrâr) : Les hommes vertueux
boiront à des coupes remplies d’un breuvage ayant la fraîcheur du camphre,
puisé à une source à laquelle les serviteurs de Dieu se désaltéreront et qu’ils
feront jaillir à volonté, car ces bienheureux tenaient fidèlement leurs
promesses, et redoutaient un Jour dont le mal sera universel. (76 : 5-7).
Ailleurs, ils sont qualifiés d’« amis de Dieu » (al-’awliyâ’) : Non, vraiment, les
amis de Dieu n’éprouveront aucune crainte ni affliction. (10 : 62)
Ceux qui « pratiquent le bien » (al-muhsinûn) : Ils pratiquaient auparavant le
bien. (51 : 16)
Ceux qui sont « doués d’une intelligence pénétrante » (ûlû l-’albâb) : Dans la
création des cieux et de la terre, dans la succession de la nuit et du jour, il y a
vraiment des Signes pour ceux qui sont doués d’une intelligence pénétrante,
qui se souviennent de Dieu, debout, assis ou couchés, et qui méditent sur la
création des cieux et de la terre. (3 : 190-191)
Tantôt ils sont présentés comme les « meilleurs de l’humanité » (khayr
albariyya) : Quant à ceux qui croient et qui accomplissent des œuvres bonnes :
voilà les meilleurs de l’humanité. (98 : 7)
Tantôt comme les « heureux » (al-muflihûn) : Heureux les croyants ! Qui sont
humbles dans leurs prières... (23 : 1-2)Comme les « justes » (as-sâlihûn) : Ils s’empressent d’accomplir des œuvres
vertueuses. Ceux-là sont au nombre des justes ! (3 : 114)
Les « humbles » (al-mukhbitûn) : Annonce la bonne nouvelle aux humbles,
dont les cœurs frémissent lorsque le nom de Dieu est invoqué. (22 : 34-35)
Le Coran les qualifie également de « croyants », de « craintifs », d’ « abstinents
», de « favoris » (de Dieu), d’ « équitables », de « sincères », de « patients ». Il les
place parmi ceux qui se souviennent fréquemment de Dieu, ceux qui sont bien
dirigés. Tels sont bien les serviteurs du Miséricordieux !
Si nous examinons ces nobles vertus et ces caractères louables et agréables,
nous verrons qu’ils sont tous réunis dans la personne de notre Seigneur
Muhammad – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. En effet, Ibn
Abî Chayba rapporte qu’on demanda à ‘A’icha – que Dieu soit satisfait d’elle – quel
2était le caractère du Prophète. Elle répondit : « Il avait le meilleur caractère :
c’était celui du Coran. Il était satisfait de ce qui satisfait le Livre, et il se fâchait
lorsqu’on commettait ce qui était interdit. Il n’était pas indécent et n’encourageait
pas l’indécence. Il ne parlait pas fort dans les marchés, et ne répondait pas au mal
par le mal. Bien au contraire, il pardonnait et oubliait. » ‘A’icha demanda alors à la
personne qui avait posé la question de réciter les dix premiers versets
commençant par « Heureux les croyants... » (23) La personne s’exécuta, puis
‘A’icha lui dit : « Ainsi était le caractère du Prophète – que les bénédictions et la
paix de Dieu soient sur lui ! »
Al-Bukhârî et Muslim rapportent, d’après ‘A’icha – que Dieu soit satisfait d’elle –
que le Prophète, lorsqu’il avait à choisir entre deux possibilités, choisissait la plus
aisée des deux, à condition qu’il ne s’agisse pas d’un péché. Il était le plus
scrupuleux des hommes. Il ne se vengeait que pour Dieu - lorsque le droit de Dieu
était bafoué.
Le bon comportement constitue l’un des chemins vers la foi. Bien plus, il
représente la perfection de la foi. Le Prophète disait : « Les croyants dont la foi est
parfaite sont ceux qui possèdent un comportement vertueux ; et les meilleurs
d’entre vous sont ceux qui agissent avec le plus de bonté envers leur famille. »
(hadith rapporté par Abû Dâwûd et Al-Tirmidhî).
Les vertus rapprochent le croyant de la personnalité et du caractère du
Prophète. Un hadith repris par Tabaranî, d’après Abû Hurayra, rapporte que le
Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui – disait : « Ceux
d’entre vous qui me sont les plus chers sont ceux qui se caractérisent par les
vertus, les humbles et ceux qui accordent et reçoivent l’amitié. Quant à ceux que
je déteste le plus, ce sont les calomniateurs et ceux qui suscitent le mal. »
3Un hadith qudsi est repris par Al-Tirmidhî, d’après Jâbir Ibn ‘Abd Allâh – que
Dieu soit satisfait de tous les deux : « Ceux d’entre vous qui Me seront les plus
chers et qui seront les plus proches de Mon trône, le jour du Jugement dernier,
seront ceux qui possèdent les plus nobles qualités. »
Dans son Al-Targhîb wa-l-Tarhîb, (« L’incitation au désir et à la crainte »),
AlMundharî rapporte qu’un homme se présenta devant le Prophète – que les
bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui – et lui demanda quelle œuvre était la
meilleure. « Le comportement vertueux », répondit le Prophète. Puis, l’homme se
plaça à sa droite et reposa la question. « Le comportement vertueux », répéta le
Prophète. Se mettant à la gauche du Prophète, il posa une nouvelle fois sa
question. « Le comportement vertueux », répondi le Messager. Enfin, l’homme semit derrière le Prophète, et lui posa, encore une fois, la même question. Le
Prophète lui demanda alors : « Ne comprends-tu pas ce qu’est le comportement
vertueux ? C’est que tu ne te mettes pas en colère, autant que faire ce peut. »
Un autre hadith, repris par Muslim d’après Nawâs Ibn Sammân, rapporte que ce
dernier interrogea le Prophète au sujet de la piété et du péché. « La piété, répondit
le Prophète, ce sont les bonnes mœurs, tandis que le péché est ce qui se trame
en toi et que tu n’aimerais pas voir soupçonné par les gens. »
Al-Tirmidhî et Abû Dâwûd reprennent un hadith, transmis par Abû Al-Dardâ,
selon lequel le Prophète disait : « Le jour du Jugement dernier, rien ne pèsera plus
lourd en faveur du croyant que ses vertus. Dieu déteste les indécents et les
grossiers personnages. »
Abû Dâwûd rapporte, d’après ‘A’icha – que Dieu soit satisfait d’elle – que cette
dernière avait entendu le Prophète dire : « Le croyant dont les qualités sont
nobles, se situe au même degré que celui qui jeûne et qui veille la nuit en prière. »
La Loi religieuse ordonne que l’on se pare des meilleurs caractères. L’âme incite
au mal et ne peut oublier sa nature tant qu’elle est enfermée dans le corps. Le
4croyant doit lutter contre lui-même, s’astreindre aux règles de la Charî‘a , et ne
pas se soumettre aux désirs afin de pouvoir s’élever. Chaque individu est tiré vers
le bas par les liens que sont les caprices, le penchant pour le mal et les désirs,
mais certains préfèrent s’attacher au Livre de Dieu. Celui qui est doué de raison
doit s’attacher aux règles de Dieu afin de pouvoir gravir les échelons de la
perfection. Et il ne peut les gravir, se détacher des caractères humains contraires
à la perfection, et s’éloigner de l’impiété, qu’en se conformant aux enseignements
du Coran et de la Sunna en matière de comportement et d’action. Rien ne sert de
5prétendre appartenir à une tarîqa , d’être noble et initié, si l’on ne cherche pas à
acquérir les qualités et les vertus qui étaient celles du Prophète – que les
bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui.
Il ne nous est pas possible, dans cet ouvrage, d’évoquer toutes les vertus du
Prophète et les qualités du croyant citées dans le Coran, car chaque nouvelle
lecture du Coran révèle les qualités et les sens profonds que le Livre de Dieu
renferme. Personne ne peut appréhender entièrement les secrets du Coran, parole
de Dieu Tout-Puissant. Nous implorons le Très-Haut pour qu’Il nous aide à œuvrer
conformément au Livre et à la Sunna, tant que nos âmes sont dans nos corps.
Nous avons donc choisi quelques nobles versets du Saint Coran qui parlent des
qualités et des vertus des croyants. Nous nous sommes référés aux exégèses
reconnues, et nous en avons pris ce qui est juste et concis afin que les croyants
s’y réfèrent aisément. Ils appliqueront d’autant mieux ce qui a été ordonné de
même qu’ils sauront rejeter ce qui est interdit, pour gagner ainsi le bonheur ici-bas
et dans l’Au-delà.
Je n’ai entrepris ce travail que par sollicitude pour les êtres humains, quels qu’ils
soient, et par amour pour la communauté de notre seigneur Muhammad – que les
bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. Imiter le noble comportement du
Prophète, c’est suivre la Charî‘a et gagner la satisfaction de Dieu et de son
Messager.
Je demande à Dieu Tout-Puissant de rendre ce livre bénéfique pour les croyants
et pour moi-même. Exalté soit-Il ! Il est le meilleur vers qui on peut se tourner et en
qui on peut espérer.
Que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur notre Seigneur Muhammad,l’homme aux qualités sublimes, sur sa famille et sur ses compagnons. Et louange
à Dieu, Seigneur des mondes !
Ahmad Fathu’llâh JÂMÎChapitre 1
Les qualités des pieux
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux [bismi-llâhi r-rahmâni r-rahîm]
Alif-Lâm-Mîm. Ce Livre, sur lequel il n’y a point de doute, est une bonne direction pour ceux qui
craignent Dieu, ajoutent foi au Mystère invisible, s’acquittent de la prière, effectuent des
prélèvements sur ce dont Nous les avons enrichis ; pour ceux qui tiennent pour vraie la révélation
qui t’a été transmise d’en haut ainsi que les révélations faites avant toi, et sont convaincus de la
Vie future. Ceux-là sont par la grâce de leur Seigneur dans une bonne direction. Ceux-là
6connaîtront le succès. (2 : 1-5)
Concernant la parole divine Alif-Lâm-Mîm, Al-Cha‘bî et d’autres commentateurs affirment que
AlifLâm-Mîm, ainsi que toutes les lettres de l’alphabet arabe qui sont placées en tête des sourates, se
réfèrent à des significations que Dieu seul connaît. C’est le secret du Coran. Nous ajoutons foi à la forme
qui apparaît de ces lettres mystérieuses, et nous en confions la connaissance à Dieu. Si le simple fait de
les prononcer permet de renforcer sa foi, on peut comprendre également que les esprits faibles ne
supportent pas les grands secrets, à l’instar des chauves-souris qui ne supportent pas la lumière du
soleil. Dieu détient en exclusivité une science que ne peut appréhender l’esprit des prophètes ; les
prophètes possèdent une science que ne peuvent appréhender les savants ; et les savants ont
7l’apanage d’une autre science que ne peut appréhender le commun des croyants .
Ce Livre. Dhâlika l-kitâb. Par cette parole, le Très-Haut fait allusion au Livre qu’Il promet de révéler au
Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui : Nous allons bientôt te transmettre
8des paroles d’une exceptionnelle gravité. (73 : 5)
Cette entrée démonstrative en la matière est une manière d’exalter le Livre de Dieu qui, malgré sa
proximité par rapport à nous, possède toutefois un degré élevé et une valeur exceptionnelle, car il est
pur de tout discours contingent.
Sur lequel il n’y a point de doute. Lâ rayba fîhi. Pour celui qui réfléchit, médite et se recueille,
comme pour les justes qui savent, le Coran est une certitude. Quant à ceux qui s’entêtent, comparés à
9des bestiaux, ils sont plus égarés encore (7 : 179).
Est une bonne direction. Hudan. Il existe de sortes de guidance : la guidance par les indications qui
est du ressort des prophètes et de leurs disciples. Dieu dit dans ce sens : Tu diriges les hommes dans
la voie droite (42 : 52), confirmant à son Prophète que sa guidance passe par la direction, l’indication,
l’appel et la recommandation. L’autre guidance, qui appartient en propre à Dieu, correspond au secours
et à la concorde. Dieu s’adresse ainsi au Prophète : Tu ne diriges pas celui que tu aimes (28 : 56). La
10direction, en ce sens précis, c’est Dieu qui l’apporte en mettant la foi dans le cœur.
Pour ceux qui craignent Dieu. Li-l-muttaqîn. Pour ceux qui pratiquent la piété (taqwâ), en obéissant
aux injonctions divines et en évitant les interdits, et qui se protègent contre l’Enfer par la crainte de Dieu.
La mention des muttaqîn les honore, dans la mesure où ce sont eux les bénéficiaires de la Guidance.
La piété, consistant à craindre Dieu, comporte trois degrés :
1°) Se protéger contre le châtiment éternel en s’interdisant toute association à Dieu. D’où la parole du
Très-Haut : Il les obligea à une parole de piété. (48 : 26)
2°) S’abstenir de tout ce qui peut entraîner le péché, même mineur, que ce soit par un acte ou par un
manquement à un devoir religieux. C’est le sens de la parole de Dieu : Si les habitants de cette cité
avaient cru, s’ils avaient craint Dieu ! (7 : 96)
3°) Se purifier de tout ce qui peut distraire le cœur du souvenir de Dieu, le Vrai, le Très-Haut. Telle est
la véritable piété qui est demandée par le Seigneur : Ô vous qui croyez ! Craignez Dieu tel qu’Il le
11mérite ! (3 : 102)
Dans son exégèse, l’imam Al-Quchayrî – que Dieu lui accorde sa miséricorde – commente la parole de
Dieu : C’est une bonne direction pour ceux qui craignent Dieu, en expliquant qu’il s’agit d’uneindication, une preuve, une lumière et une voie pour ceux que Dieu protège des ténèbres de l’ignorance,
qu’Il rend clairvoyants grâce aux lumières de l’intellect, et qu’Il honore par les dons qu’Il leur octroie.
Le Livre de Dieu est source de guérison (chifâ’) pour les amis et aimés de Dieu, autant qu’une source
de cécité et de calamités pour Ses ennemis. Celui qui craint Dieu est celui qui Le craint comme il
convient à Dieu d’être craint, qui reconnaît Son droit absolu, qui ne s’appuie pas sur sa propre piété, et
12ne voit son salut que par la grâce de son Seigneur.
Ajoutent foi à l’irrévélé. Alladhîna yu’minûna bi-l-ghayb. Selon la charî‘a, la foi (îmân) est la
croyance par le cœur, la confirmation par la langue, l’action conforme aux principes de la religion ainsi
que la soumission humble et l’abandon à Dieu. Toute foi est soumission, mais toute soumission ne
signifie pas la foi si elle ne s’accompagne pas d’une attestation. Un homme peut être apparemment
soumis (musulman) sans pour autant attester cette soumission à Dieu en son for intérieur. S’il atteste en
13son cœur, il ne pourra que montrer son abandon à Dieu .
Le Mystère invisible. Al-ghayb. C’est tout ce dont le Prophète – que les bénédictions et la paix de
Dieu soient sur lui – a informé l’humanité au sujet des signes de l’Heure, des souffrances dans le
14tombeau, de la Résurrection, du Jour dernier, du pont appelé Sirât , de la Balance, du Paradis et de
l’Enfer. C’est tout ce que les esprits humains ne peuvent concevoir.
Telle est la foi authentique, suivant la définition donnée par le Prophète dans le hadith rapporté par
Muslim. A la question posée au Prophète par Gabriel – que la paix soit sur lui – concernant la nature de
la foi, il répondit : « La foi, c’est croire en Dieu, Ses anges, Ses livres, Ses prophètes et au Jugement
dernier. C’est aussi croire au destin dans ce qu’il apporte de bien ou de mal. » « Tu as dit vrai », attesta
15Gabriel. Et il répéta cette définition .
S’acquittent de la prière. Wa yuqîmûna s-salâta. La prière, selon la loi religieuse, se compose
d’actes précis, successifs et répétés, qui débutent par la sacralisation (takbîr) et se terminent par la
16salutation (taslîm) . Accomplir la prière signifie se conformer à ses principes et ses règles, prendre
17garde qu’il n’y ait pas d’erreur dans son accomplissement, sa pratique et son déroulement . C’est
ensuite s’oublier devant Celui que l’on prie. L’âme est tournée vers la Qibla, qui indique la direction de
18La Mecque, comme le cœur est plongé dans les réalités spirituelles de l’entretien intime avec Dieu .
On raconte que, lors d’une visite de Hâtim, dit « l’ascète » (zâhid), chez ‘Asim ibn Yûsuf, celui-ci lui
demanda s’il accomplissait correctement la prière. Hâtim lui répondit par l’affirmative. « Comment
priestu ? » demanda ‘Asim. « A l’approche de l’heure de la prière, répondit Hâtim, je fais mes ablutions, puis
je m’assieds à l’endroit où je prie jusqu’à ce que chaque membre de mon corps s’apaise. Je vois la
19Kaaba devant mes yeux ainsi que le Maqâm d’Abraham devant moi. Dieu est au-dessus de moi
sachant ce qui est en mon cœur. Je suis comme si j’étais sur le sirât, le Paradis à ma droite, l’Enfer à
ma gauche, et l’Ange de la mort derrière moi. Je considère que c’est la dernière prière de ma vie. Puis,
je proclame avec reconnaissance la gloire de Dieu, je récite le Coran avec méditation, je me prosterne
avec humilité, et je m’agenouille en invoquant Dieu. Puis, je m’assieds pleinement et j’atteste l’unicité de
Dieu avec espoir ; je salue la sunna (règles et communauté de l’Islam) et je déclare ma fidélité. Je me
relève entre la crainte et l’espoir. Puis je m’engage à être patient. » « Est-ce bien ainsi que tu pries ? »,
lui demanda ‘Asim. « Il en est ainsi depuis trente ans », répondit Hâtim. Asim se mit à pleurer en disant :
20« Jamais je n’ai prié de la sorte ! »
Effectuent des prélèvements sur ce dont Nous les avons enrichis. Wa min mâ razaqnâhum
yunfiqûn. La dépense (infâq) est, à l’origine, la dépense de ses propres biens. Il y a ici deux utilités.
D’une part, Dieu fait du partage une protection pour les êtres pieux, et, d’autre part, Il met un terme au
gaspillage et à la prodigalité. La dépense dont il est question recouvre aussi bien l’aumône obligatoire
21que l’acte charitable surérogatoire.
On dit que les docteurs de la loi dépensent leurs sciences, ceux qui cherchent la vérité dépensent
leurs efforts, les gens riches dépensent leurs richesses pour les nécessiteux, les gens pieux dépensent
leurs œuvres pour le bien social, les contemplatifs scrutent leur cœur pour être vigilants, et les amis de
22Dieu dépensent leur âme pour le bien public.
Ceux qui tiennent pour vraie la révélation qui t’a été transmise d’en haut ainsi que les révélations
faites avant toi. Wa-lladhîna yu’minûna bimâ unzila ilayka wa mâ unzila min qablika. Telle est la foi
obligatoire. Le Seigneur dit à la fin du verset : Ceux-là connaîtront le succès. Il est établi ainsi que celui
qui ne possède pas cette foi sera nécessairement malheureux. Et si cette foi est une condition pour
atteindre au bonheur, il est donc indispensable d’acquérir le savoir d’une manière précise et suffisante
selon ce qui a été révélé à Muhammad – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui.
Cependant, la connaissance détaillée de l’enseignement révélé à Muhammad n’est pas obligatoire pour
le commun des croyants.
L’expression : Ainsi que les révélations faites avant toi, se réfère aux révélations qui été faites aux
prophètes précédesseurs de Muhammad – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui. Y croire
est généralement obligatoire, mais la connaissance détaillée des règles des cultes précédents, qui nous23sont étrangères, ne peut nous être imposée.
Et sont convaincus de la Vie future. Wa bi l-âkhirati hum yûqinûn. Ceux qui croient d’une manière
catégorique, sans nul doute ni hésitation, à la Vie future faisant suite à la vie d’ici-bas, ainsi qu’à tout ce
qu’elle implique : la Résurrection, la Rétribution, le Paradis, l’Enfer, le Jugement et la Balance. On
l’appelle « l’autre monde » ou « la vie future » (al-’âkhira) car il est l’au-delà de la vie menée dans ce
24bas monde.
Ceux-là sont par la grâce de leur Seigneur dans une bonne direction. Ceux-là connaîtront le
succès. Ulâ’ika ‘alâ hudan min rabbihim wa ulâ’ika humu l-muflihûn. On compte trois conditions du
bonheur :
1°) Avoir vaincu son âme, c’est-à-dire ne pas avoir suivi ses caprices, ni fait usage des beautés de ce
bas monde pour opprimer, ni s’être laissé séduire par les suggestions de l’Adversaire. Les mauvais
seront affligés à cause de leurs mauvaises actions.
2°) Etre prémuni en ce bas monde contre l’impiété, contre l’erreur, contre l’hérésie, contre l’ignorance,
contre l’aveuglement, contre les suggestions de Satan, et contre la perte de la foi. Dans l’Autre monde,
le bonheur sera atteint en étant protégé de l’inquiétude, de l’obscurité du tombeau, de la terreur du
Jugement dernier, de la chute du haut du sirat, des terribles gardiens de l’Enfer, du malheur et de la
privation du Paradis.
3°) Demeurer en un royaume éternel où l’on goûte un bonheur sans fin, une joie qui n’est assombrie
par aucune tristesse, une jeunesse qui ne flétrit jamais, une santé qui n’est troublée par aucun mail, une
25félicité incommensurable et le dévoilement de Dieu.
Nous implorons Dieu pour qu’Il nous aide à nous parer des qualités de Ses serviteurs saints et à
acquérir les qualités du seigneur des prophètes, notre Seigneur Muhammad, que les bénédictions et la
paix de Dieu soient sur lui. Amîn.
Louange au Seigneur des mondes ! Il n’y a de puissance qu’en Dieu le Tout-Puissant, et que Dieu
bénisse et répande Sa grâce sur notre Seigneur Muhammad, sur sa famille et sur tous ses compagnons.Chapitre 2
La vigilance de l’âme
Ordonnerez-vous aux gens de pratiquer la charité en oubliant de la faire vous-mêmes ?
Pourtant vous récitez l’Ecriture. Ne raisonnez-vous donc pas ? Cherchez du secours dans la
patience et la prière. La prière est, certes, une tâche considérable mais pas pour les humbles qui
ont la conviction de rencontrer leur Seigneur et de retourner à Lui. (2 : 44-46)
Ordonnerez-vous aux gens de pratiquer la charité ? A ta’murûna n-nâsa bi-l-birri. Dieu blâme et
réprimande les rabbins et leur pose cette question : « Commanderez-vous aux hommes de croire en
Muhammad et de faire le bien, en oubliant de la faire vous-mêmes ? Vous n’y croyez pas et vous ne
faites le bien. Pourtant vous récitez l’Ecriture, puisque vous lisez la Torah, où est mentionné et décrit
Muhammad, ne raisonnez-vous donc pas ? N’êtes-vous pas conscients que ce comportement est
26infâme et que vous devez y renoncer ? »
La charité ou bonté (al-birr) est le nom générique qui sert à désigner les oeuvres vertueuses. Si Dieu
a incité les gens pieux à la foi et leur a ordonné de s’astreindre à obéir à Sa loi, au regard des bienfaits
qu’ils pouvaient en tirer, Il rappelle ici qu’il est inutile, voire pervers, de recommander aux autres d’agir
avec bonté, alors qu’on oublie soi-même de le faire. Incitater au bien passe soit par le conseil soit par
la compassion. Il n’est donc pas raisonnable de conseiller autrui tout en oubliant de s’appliquer à
soi27même le conseil. C’est ainsi que Dieu nous met en garde.
Cette mise en garde concerne tout autant les savants musulmans car tous les versets qui appellent
les impies à abandonner la désobéissance, incluent également les musulmans désobéissants.
D’ailleurs, si le savant croyant est désobéissant, il sera châtié avant les idolâtres, car l’impie porte le
fardeau de son péché, mais si le musulman est négligent en se comportant de manière contraire à la
science religieuse, il connaîtra le pire des châtiments que recevront les désobéissants. C’est pourquoi
on dit qu’un savant qui n’œuvre pas pour le bien, alors qu’il possède la science y conduisant, sera
28châtié avant les idolâtres. Ce principe s’applique aussi aux savants chrétiens et juifs.
29En oubliant de la faire vous-mêmes. Wa tansawna anfusakum. Vous oubliez de faire le bien. Il
y a là un blâme très lourd pour celui qui comprend. Vous récitez l’Ecriture. Wa antum tatlûna l-kitâb.
Alors que vous lisez la Torah. Encore une fois, quiconque agit de leur sorte ressemble à ceux que le
30verset interpelle.
Ne raisonnez-vous donc pas ? A fa lâ ta‘qilûn. Le Très-Haut S’étonne devant le comportement des
impies. On trouve ailleurs : Honte à vous et à ce que vous adorez en dehors de Dieu ! Ne
31raisonnez-vous pas ? (21 : 67) Le reproche s’adresse ici au prêcheur qui commet le mal contre
lequel il met en garde. Il ne concerne pas l’interdiction de ce qui est blâmable. Deux ordres sont à
distinguer : d’un côté, abandonner les désobéissances et, de l’autre, défendre autrui de les commettre.
La défaillance dans l’une des deux obligations n’implique pas la défaillance dans l’autre. L’incitation à
32faire le bien, soulignent les savants, est obligatoire même si on oublie soi-même de le faire.
Il faut bien voir que le blâme, dans ce verset, s’applique à l’abandon des actions de bien, et non à
l’incitation à faire le bien. Dieu blâme, dans Son Livre, un peuple qui commandait aux hommes la
bonté mais qui s’appliquait pas lui-même ce conseil, et ce blâme est valable jusqu’à la fin des temps :
Commanderez-vous aux hommes la bonté... ?
Recherchez le secours dans la patience et la prière. Wa sta‘înû bi s-sabri wa s-salâti.
Demandez l’aide de la patience pour affronter la pénibilité inhérente à la soumission, afin que l’âme
puisse vaincre ses caprices et n’outrepasse pas les limites imposées par la religion. La patience
(assabr) est une des qualités des prophètes et des saints.
La prière est, certes, une tâche considérable mais pas pour les humbles. Innahâ la-kabîratun
illâ ‘alâ l-khâchi‘în. L’humilité est un état de l’âme qui mène à l’apaisement des membres du corps.Sahl ibn Abdallah disait : « On n’est humble que lorsque chaque poil du corps s’apaise Dieu dit : Ceux
qui craignent Dieu, sous l’effet de la récitation du Livre, sentent d’abord un frisson à travers
leurs corps, puis leurs peaux et les cœurs s’apaisent à l’évocation du Seigneur (39 : 23). »
Telle est l’humilité qui est digne d’être louée. Si la crainte emplit le cœur, l’homme ne pourra qu’être
humble extérieurement. On le verra silencieux, poli et modeste. Néanmoins, les pieux Anciens (salaf)
s’efforçaient de cacher cet état de l’âme. Quant aux ignorants qui affectent l’humilité pour paraître
comme des gens de bien et de considération, leur attitude est tout à fait blâmable, et ce n’est là que
33tromperie de Satan et tentation de l’âme.
Qui ont la conviction de rencontrer leur Seigneur et de retourner Lui. Alladhîna yazhunnûna
annahum mulâqû rabbihim wa annahum ilayhi râji‘ûn. Retourner à Dieu signifie retourner à un état
où l’on n’a d’autre Maître que Lui, et où nul autre que Lui ne saurait déterminer le bien ou le mal. Tel
est l’état dans lequel se trouvaient les êtres humains au début de la Création. Dieu a décrété que leur
destin serait pareil à celui qu’ils avaient au début. Le retour à Dieu ne dépend d’aucune situation, il doit
se faire où que ce soit. Un homme peut être le maître d’un autre sur terre, et lui faire du bien comme
34du mal, mais Dieu reste le Maître dans toutes les situations.
Nous implorons Dieu pour qu’Il nous aide à nous parer des qualités de Ses serviteurs saints et à
acquérir les qualités du seigneur des prophètes, notre Seigneur Muhammad, que les bénédictions et la
paix de Dieu soient sur lui. Amîn.
Louange au Seigneur des mondes ! Il n’y a de puissance qu’en Dieu le Tout-Puissant, et que Dieu
bénisse et répande Sa grâce sur notre Seigneur Muhammad, sur sa famille et sur tous ses
compagnons.Chapitre 3
La patience et ses fruits
Certes, Nous vous éprouverons par quelque terreur, par la faim, par une diminution de vos
biens, dans vos personnes, dans vos récoltes. Annonce la bonne nouvelle à ceux patientent, à
ceux qui, lorsqu’un malheur les frappe, disent : « Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous
retournerons ! » Sur eux s’étendront les bénédictions et la miséricorde de leur Seigneur. Ceux-là
sont dans la bonne voie. (2 : 155-157)
Certes, Nous vous éprouverons. La-nabluwannakum. C’est comme si Dieu disait : « Je te mets à
l’épreuve, ô communauté de Muhammad ! » Le but de l’épreuve divine est de distinguer celui qui est
soumis et obéissant de celui qui désobéit et se rebelle ; non pas que Dieu veuille savoir ce qu’Il
35ignorerait puisqu’Il sait toute chose avant sa création.
36Par quelque (bi chay’in), c’est-à-dire par un peu et un aspect de chaque épreuve , terreur, par la
faim, par une diminution de vos biens, dans vos personnes et dans vos récoltes. Min al-khawfi
wa l-jû‘i wa naqsin min al-’amwâli wa l-anfusi wa th-thamarâti.
Annonce la bonne nouvelle à ceux qui patientent ! Wa bachchiri s-sâbirîn. C’est dernière parole
37s’adresse au Prophète, ou à quiconque apporte la bonne nouvelle. Le fruit de la patience est la
récompense liée à l’épreuve. Cette récompense n’est pas déterminée, et ne peut s’obtenir que grâce à
la patience manifestée au premier coup de l’épreuve. Al-Bukhârî rapporte la parole du Prophète
transmise par Anas : « La vraie patience se juge au premier coup. » C’est dire si la patience face à un
malheur est dure pour l’âme, mais aussi largement récompensée. Cette patience exprime la vaillance
du cœur ainsi que sa capacité d’endurer dans l’épreuve, alors que chacun est capable de patience
lorsque le malheur est passé.
En réalité, la patience est de deux sortes. Il y a la patience face une désobéissance à Dieu, c’est la
patience de ceux qui luttent contre leurs propres âmes (mujâhid). Il y a ensuite la patience dans
l’obéissance à Dieu, c’est celle des dévots. Si l’homme réussit à réunir ces deux aspects de la
patience, Dieu fera descendre sur lui Sa satisfaction dont l’un des signes est la sérénité du cœur, tant
38sous le coup des désagréments que dans le bonheur.
Dieu a promis au Prophète et à ses compagnons que ces épreuves ne seront pas une punition. C’est
bien le sens des versets cités. Ils signifient aussi que si les épreuves sont accompagnées de patience,
39elles feront bénéficier d’un haut degré en religion.
A ceux qui, lorsqu’un malheur les frappe, disent : « Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que
nous retournerons ! » Alladhîna idhâ asâbat-hum musîbatun qâlû innâ li-llâhi wa innâ ilayhi
râji‘ûn. Le malheur (musîba) est tout mal qui touche le croyant. Muslim rapporte, d’après Abû Sa’îd
alKhudrî et Abû Hurayra – que Dieu soit satisfait d’eux – la parole prophétique : « Aucune maladie,
vieillissement ou malheur quelconque ne touche un croyant sans qu’ils n’aient une relation avec ses
péchés. »
Sur eux s’étendront les bénédictions et la miséricorde de leur Seigneur. Ulâ’ika ‘alayhim
salawâtun min rabbihim wa rahma. Il s’agit là des bienfaits que Dieu accorde à ceux qui endurent les
épreuves et qui retournent à Lui. Il leur accorde Son pardon, Ses bénédictions et Sa miséricorde, et les
honore en ce bas monde et dans l’Autre.
40En référence à ce verset, Al-Bukhârî rapporte cette expression de ‘Umar ibn Al-Khattâb – que Dieu
soit satisfait de lui : « Excellentes sont les deux charges et excellente est la gratification ! » Par les «
deux charges », il entendait les bénédictions et la miséricorde, et par la gratification, il voulait dire :
la guidance de Dieu. Sur eux s’étendront la bénédiction et la miséricorde de leur Seigneur.
Ceux41là sont dans la bonne voie. »
Ceux-là sont dans la bonne voie. Wa ulâ’ika humu l-muhtadûn. A ce propos, on rapporte cetteparole de ‘Umar : « Je peux trouver trois bienfaits en chaque malheur qui m’atteint : 1°) qu’il ne touche
pas ma foi ; 2°) qu’il ne soit pas plus énorme que le précédent ; 3°) que Dieu accorde en rétribution un
grand bienfait. Puis il récita : Sur eux s’étendront la bénédiction et la miséricorde de leur Seigneur.
Ceux-là sont dans la bonne voie. »
Al-Tirmidhî confirme la parole suivante du Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient
sur lui : « Lorsque vient à mourir l’enfant d’un serviteur de Dieu, Dieu demande aux anges : “Avez-vous
pris l’enfant de Mon serviteur ?” “Oui !” répondent-ils. “Avez-vous pris le fruit de ses entrailles ?” “Oui !”
répètentils. “Et qu’a dit Mon serviteur ?” demande Dieu. Les anges répondent : “Il a demandé Tes
bénédictions et il s’est repenti auprès de Toi.” “Construisez à Mon serviteur une maison au Paradis,
42que vous appellerez ‘la maison de la Miséricorde’”, leur dit alors Dieu. »
L’imam Al-Quchayrî – que Dieu le bénisse – explique ce noble verset de la sorte : « Par les bienfaits,
Dieu veut susciter la gratitude du croyant ; par l’épreuve, Il veut tester sa patience ; par la peur, Il
vérifie la pureté du cœur ; par la faim, Il veut nettoyer les corps ; par la réduction des biens se purifient
les âmes ; par les calamités s’accroît la valeur auprès de Dieu ; et par les parasites des fruits sera plus
grand le don de Seigneur. »
Lorsqu’un malheur les frappe. Ces croyants ont accueilli le malheur par la patience, voire par la
gratitude, bien plus par la joie et la fierté. Celui qui sait que les choses appartiennent à Dieu sait qu’il
est étranger à lui-même. Il est à la merci de la volonté du Seigneur. Le Créateur est le Maître absolu
de la création. Celui qui éprouve le malheur est à Dieu et par Dieu. Celui qui est témoin du malheur
sait que la créature appartient à Dieu. Il y a y une grande différence entre être « à Dieu » et être « par
Dieu ». Celui qui est « à Dieu » se tient debout et endure ; quant à celui qui est « par Dieu », se trouve
sous l’effet de Sa volonté et de Son jugement. S’Il l’affermit, il est affermi ; s’Il l’efface, il est effacé ; s’Il
le fait mouvoir, il se meut ; s’Il l’immobilise, il est immobilisé. Ce serviteur n’est rien devant la volonté
du Seigneur, il n’est qu’un pantin dans Sa main.
Sur eux s’étendront la bénédiction et la miséricorde de leur Seigneur. Ceux-là sont dans la
bonne voie. Les bénédictions du Seigneur viennent en premier. Ces croyants n’ont pu être patients
que par le destin qui était voulu par Dieu pour eux, et ce n’est ni par leur patience ni par leurs prières
qu’ils ont obtenu Ses bénédictions ; Si Sa miséricorde n’était intemporelle, ils n’auraient pas, eux les
serviteurs de Dieu, été soumis. C’est Son attention préalable qui a présidé à leur rectitude. Il les a
43bénis auparavant, et ils se sont mis bien guidés.
Nous implorons Dieu pour qu’Il nous aide à nous parer des qualités de Ses serviteurs saints et à
acquérir les qualités du seigneur des prophètes, notre Seigneur Muhammad, que les bénédictions et la
paix de Dieu soient sur lui. Amîn.
Louange au Seigneur des mondes ! Il n’y a de puissance qu’en Dieu le Tout-Puissant, et que Dieu
bénisse et répande Sa grâce sur notre Seigneur Muhammad, sur sa famille et sur tous ses
compagnons.Chapitre 4
La véritable bonté
La bonté ne consiste nullement à tourner en priant votre visage du côté du levant ou du
couchant. Elle consiste à croire en Dieu, au Jugement dernier, aux Anges, au Livre et aux
prophètes, à donner de son bien – quelque attachement qu’on lui porte – à ses proches, aux
orphelins, aux indigents, aux voyageurs, aux mendiants et pour l’affranchissement des esclaves.
Elle consiste à observer la prière, à s’acquitter de l’aumône. Sont charitables ceux qui demeurent
fidèles à leurs engagements, se montrent patients dans l’adversité, dans la douleur et au moment
du danger. Voilà les hommes sincères ! Voilà les hommes pieux ! (2 : 177)
La bonté ne consiste nullement à tourner, en priant, votre visage du côté du levant ou du
couchant. Elle consiste à croire en Dieu. Laysa l-birru an tuwallû wujûhakum qibla l-machriqi wa
lmaghribi wa lâkinna l-birra man âmana bi-llâh.
Dieu définit précisément la nature de la bonté : 1°) La foi en Dieu. On ne peut connaître Dieu qu’en
connaissant Ses attributs et Ses droits, ainsi qu’Il a permis et interdit. 2°) La croyance au Jugement. 3°)
La croyance aux Anges. 4°) La croyance aux Livres. 5°) La croyance aux prophètes.
On peut se demande ici pourquoi la foi est présentée avant les œuvres apparentes que sont le don de
ses biens, la prière et l’aumône légale. Cette position sert à rappeler que l’œuvre du cœur est
44supérieure et plus honorable que l’œuvre apparente.
Au Jugement dernier. Wa l-yawmi l-âkhir. Croire au Dernier jour avec tout ce qu’il implique : le
Rassemblement, la Résurrection, le Sirât, la Balance, le Paradis, l’Enfer, la récompense et le
45châtiment. Nul doute que ce Jour viendra. Ceux qui prétendent que les hommes ne resteront pas en
Enfer quelques jours jusqu’à ce que leurs pères et des prophètes intercèdent, se trompent.
Aux Anges. Wa l-malâ’ika. Les Anges sont des serviteurs de Dieu et ne sont ni mâles ni femelles. Ils
ne sont ni des êtres humains ni des enfants de Dieu. Ils bénéficient de Ses honneurs, et jouent le rôle
d’intermédiaires entre le Seigneur et Ses prophètes, auxquels certains anges révèlent les Livres.
Au Livre. Wa l-kitâb. Il s’agit ici du terme générique qui englobe toutes les révélations, y compris le
Coran.
Aux prophètes, à donner de son bien – quelque attachement qu’on lui porte – à ses proches,
aux orphelins, aux indigents, aux voyageurs, aux mendiants. Wa n-nabiyyîna wa âtâ l-mâla ‘alâ
hubbihi dhawî l-qurbâ wa l-yatâmâ wa l-masâkîna wa bna s-sabîli wa s-sâ’ilîna.
Et pour l’affranchissement des esclaves. Elle consiste à observer la prière, à s’acquitter de
l’aumône. Sont charitables ceux qui demeurent fidèles à leurs engagements, se montrent patients
dans l’adversité, dans la douleur et au moment du danger. Wa fî r-riqâbi wa aqâma s-salâta wa âtâ
z-zakâta wa l-mûfûna bi ‘ahdihim idhâ ‘âhadû wa s-sâbirîna fî l-ba’sâ’i wa d-darrâ’i wa hîna l-ba’si.
Voilà les hommes sincères ! Voilà les hommes pieux ! Ulâ’ika lladhîna sadaqû wa ulâ’ika humu
lmuttaqûn.
Ce verset regroupe toutes les perfections humaines. Il les cite explicitement et implicitement. Malgré
leur nombre et leur complexité, ces perfections se réduisent à trois choses : la fermeté de la croyance,
la charité et l’éducation de l’âme. La croyance ferme est indiquée à partir de : croire en Dieu, jusqu’à :
aux prophètes ; la charité, de : donner de son bien, jusqu’à : affranchissement des esclaves ;
l’éducation de l’âme, de : observer la prière, jusqu’à la fin du verset.
Celui qui réunit ces perfections est qualifié par Dieu de « croyant pieux », eu égard à sa foi, à sa
générosité et à son action sincère. Le Prophète – que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui –46y fait ainsi allusion : « Qui agit selon ce verset perfectionne sa foi. »
L’imam Al-Quchayrî – que Dieu le bénisse – disait : « L’apparence n’a pas grande importance. Seul
Dieu Tout-Puissant compte. Lire le Coran la nuit est l’affaire des vieilles personnes ; la fidélité et
l’obéissance à Dieu, même confortée, est la qualité du commun ; passer la nuit à multiplier les actes
dévotionnels est dangereux par rapport à l’obtention de la rétribution. Mais la connaissance de Dieu,
47elle, est précieuse. »
Nous implorons Dieu pour qu’Il nous aide à nous parer des qualités de Ses serviteurs saints et à
acquérir les qualités du seigneur des prophètes, notre Seigneur Muhammad, que les bénédictions et la
paix de Dieu soient sur lui. Amîn.
Louange au Seigneur des mondes ! Il n’y a de puissance qu’en Dieu le Tout-Puissant, et que Dieu
bénisse et répande Sa grâce sur notre Seigneur Muhammad, sur sa famille et sur tous ses
compagnons.