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Lettre à tous ceux qui cherchent Dieu

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Livres
146 pages

Description

Où est-il ton Dieu ? Où est-il lorsque l'on est en butte à la violence des hommes, aux catastrophes naturelles, aux accidents de la vie et de la mort ? Où est-il ? Sans prétendre tout résoudre, cet ouvrage affronte toutes ces questions et déplace la question : non seulement Où est-il ? Mais Qui est-il ?

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Informations

Publié par
Ajouté le 15 novembre 2014
EAN13 9782336362489
Langue Français
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Lettre à tous ceux qui cherchent Dieu
Où est-il ton Dieu ? raillent les adversaires du psalmiste en proie à
Martine Digardla détresse (Ps 42,11). En efet, où est-il ? Où est-il, lorsqu’on est
en butte à la violence des hommes, aux catastrophes naturelles,
aux accidents de la vie et la mort ? Où est-il ?
Sans prétendre tout résoudre, ce livre afronte toutes ces
questions et veut faire part d’une expérience de Dieu qui déplace
la question : non plus seulement, où est-il ? Mais, qui est-il ?
La fréquentation assidue de la parole biblique, de celle de spirituels Lettre ou de chercheurs théologiens, permet de comprendre que Dieu,
en Être aimant, est Lui-même, d’abord, un chercheur de cœurs.
Et fnalement, c’est lui qui, face aux drames de l’humanité, pose à tous ceux la question : Où est-il donc, l’homme ? Le mien, celui que je chéris ?
qui cherchent Dieu
Agrégée de Lettres, mariée et mère de quatre enfants, Martine
Digard a d’abord enseigné la littérature française dans
des lycées publics. Elle donne actuellement des cours
de théologie aux étudiants d’hypokhâgne du lycée
SainteMarie de Neuilly et anime un cercle d’études bibliques.
Elle accompagne aussi plusieurs catéchumènes vers le baptême, Préface de Marguerite Léna sfx
au sein de sa paroisse.
Illustration de couverture : Vue de l’abbaye Notre-Dame-de Ré,
dite des Châteliers, la Flotte-en-Ré.
Photo de France de La Rocque
ISBN : 978-2-343-04906-9
12,50 e
Martine Digard
Lettre à tous ceux qui cherchent Dieu







Lettre à tous ceux
qui cherchent Dieu
Martine DIGARD




Lettre à tous ceux
qui cherchent Dieu


Préface de Marguerite Léna sfx.















Religions et Spiritualité
fondée par Richard Moreau,
Professeur émérite à l’Université de Paris XII,
dirigée par Gilles-Marie Moreau et André Thayse,
Professeur émérite à l’Université catholique de Louvain.

La collection Religions et Spiritualité rassemble divers types d’ouvrages : des
études et des débats sur les grandes questions fondamentales qui se posent à
l’homme, des biographies, des textes inédits ou des réimpressions de livres
anciens ou méconnus. La collection est ouverte à toutes les grandes religions
et au dialogue interreligieux.

Derniers titres parus :

Don-Jean Belambo, La réception de la théorie de l’évolution dans la théologie
catholique du XXe siècle, 2014.
Francis Weill, Le jour où Dieu pleurera, 2014.
Stanislas Longonga, Pour lire et comprendre les épîtres de Saint Paul, 2014.
Fr. Sameer Maroki (o.p.), Les trois étapes de la vie spirituelle chez les Pères
syriaques : Jean le Solitaire, Isaac de Ninive et Joseph Hazzaya. Préface de
Mariette Canévet, 2014.
Anne-Claire Moreau, Peuples, guerres et religions dans l’Amérique du Nord
coloniale, 2014.
François Orfeuil, Approches de la Bible : un orthodoxe lit des textes. Préface
de l’archiprêtre Jean Breck, 2014.
Francis Weill, Dictionnaire alphabétique des versets des douze derniers
prophètes (2 vol.), 2014.
Bruno Florentin, La révélation de Dieu et de sa dispensation dans l’évangile de
Jean, 2014.
Emmanuel Pisani, o.p., Le dialogue islamo-chrétien à l’épreuve, 2014.
Philippe Beitia, Le culte local des Papes dans l’Eglise catholique, 2014.
Ataa Denkha, L’imaginaire du paradis et le monde de l’au-delà dans le
christianisme et dans l’islam. Préface de François Boespflug, 2014.
Fr. Etienne Goutagny (moine de Notre-Dame de Cîteaux), La manne du
désert : petit dictionnaire des noms communs bibliques à la lumière des Pères
du désert, 2014.
Michel Sala, YHWH ou l’économie du sang : une lecture girardienne de
l’Exode biblique, 2014.
Joannès Praz (chanoine), Mgr Alexandre Caillot (1861-1957), évêque de
Grenoble. Préface de Mgr Guy de Kerimel, introduction et notes de
GillesMarie Moreau, 2013.
Bruno Florentin, Appréciations et réalisations dans le livre de la Genèse,
2013.
Matthieu Rouillé d’Orfeuil, « Dieu existe-t-il ? » et autres questions
chrétiennes dans un monde qui souffre, 2013
6 Préface
Les chercheurs de Dieu sont souvent des êtres
blessés. Ils ont peut-être reçu dans leur enfance une image
de Dieu qui les a détournés de lui. Ou bien ils ont
traversé des drames douloureux qui ont atteint leur
confiance dans la vie, dans les autres, en eux-mêmes. Si,
de plus, ils sont de ceux qui cherchent Dieu, même
sans le savoir, les mots de la foi leur sont étrangers et
les gestes de la foi les laissent indifférents. Et leurs
amis croyants gardent souvent avec eux un silence
respectueux sur leur propre foi, par crainte de blesser
quelque zone sensible, ou de leur parler une langue
totalement étrangère.
Martine Digard a de nombreux amis incroyants.
Elle n’a jamais consenti au silence sur sa foi, ni à
l’imposer de manière indiscrète. Elle sait qu’il faut
souvent une ouïe de femme pour entendre un cri
d’enfant dans la nuit, des mots de femme pour
rejoindre sans la blesser la part de l’âme qui garde au
fond de soi, comme une saveur oubliée, le goût de
Dieu. Ce sont ces mots qui sont ici convoqués.
Aussi n’est-ce ni l’œuvre d’une théologienne, ni
celle d’une catéchiste. C’est plutôt comme un
dialogue dont nous n’entendrions qu’un des
interlocuteurs, l’autre restant caché, par discrétion et par
respect de son propre et imprévisible cheminement.
Martine Digard nous parle de Dieu, du « fil ténu de sa
présence » au cœur de nos vies, du Christ en son
humanité, de l’Esprit Saint en son souffle doux et
violent, du frère à aimer et de l’instant présent à
accueillir. Elle en parle avec des mots très simples, mais
comme un explorateur parle du pays qu’il a
découvert : avec l’accent du vécu et la joie d’en partager la
rencontre.
« Le cœur de chair est un cœur que Dieu peut
blesser d’amour », écrit-elle. Seule cette blessure d’amour
peut guérir toutes les autres.
Marguerite Léna sfx.

8 A mes amis agnostiques
Que tous ceux qui cherchent Dieu et qui aiment le
Seigneur viennent goûter la beauté et la lumière de
cette fête,
Que tout serviteur fidèle entre avec allégresse dans la
joie de son Maître,
Que celui qui a travaillé dès la première heure
reçoive aujourd’hui son juste salaire.
Quelqu’un est-il venu à la troisième heure ? Qu’il
célèbre cette fête dans l’action de grâce !
Que celui qui est arrivé seulement à la sixième heure
soit sans crainte : il ne sera pas frustré.
S’il en est un qui a attendu jusqu’à la neuvième heure,
qu’il s’approche sans hésitation.
Et même s’il en est un qui a traîné jusqu’à la onzième
heure qu’il n’ait pas peur d’être en retard.
Car le Seigneur est généreux : il reçoit le dernier aussi
bien que le premier.
Aussi bien, entrez tous dans la joie de votre Seigneur,
et les premiers et les derniers, soyez comblés.
Riches et pauvres, communiez dans la joie.
Avez vous été généreux ou paresseux, célébrez ce
jour, aujourd’hui réjouissez vous,
Le Christ est ressuscité !
St Jean Chrysostome
Homélie pascale

10 1. Lettre à tous ceux qui cherchent Dieu
Beaucoup disent : qui nous fera voir le bonheur ? (Ps 4,7)

L’insensé a dit en son cœur : non, plus de Dieu ! (Ps 14,1)

Si j’écris cette lettre aujourd’hui, c’est parce que
nul ne peut nier que les hommes sont sans cesse en
quête du bonheur, qu’ils le trouvent parfois, dans un
être aimé, dans une rencontre, ou momentanément
dans les plaisirs de la vie. Une expression qui revient
souvent dans nos civilisations est celle-ci : « Il faut en
profiter », ou bien « on va en profiter. » Il est bon de
profiter de la vie mais il arrive toujours un moment où
la vie elle-même n’offre plus cette plénitude de
jouissance et où la lassitude, la rupture d’avec un être cher
ou la mort d’un proche, nous plonge douloureusement
dans le néant. Or, pour nos êtres tournés vers la vie, le
néant est inacceptable. Les stoïciens ont prôné
l’indifférence aux souffrances qui ne dépendaient pas
d’eux. Mais c’est un art bien difficile et bien souvent
la douleur gagne sur l’indifférence.
Personne ne nie la fragilité de l’homme. C’est
pourquoi, il est toujours un moment où il se pose la
question de Dieu et bien souvent il l’évacue. Il n’a pas
grande opinion en effet des croyants qu’il entrevoit,
de l’Eglise et ses dogmes, son autoritarisme, ses
dérives, les mauvais souvenirs d’enfance où, conduit par
des gens sévères, il a été forcé de se confesser par
exemple, alors qu’il n’y croyait pas. Il a vécu toutes
sortes de déceptions, s’est heurté au problème du mal,
a été choqué par telle ou telle parole de l’Evangile, il
voit les théologiens qui remettent tout en question.…
Alors, il préfère ne pas y penser, il oublie sa fragilité,
jusqu’à ce qu’une occasion vienne le renvoyer devant
cette vérité : il n’est qu’un souffle. Les psaumes
disent cette fragilité dans leur langage poétique : Rien
qu’un souffle, tout homme qui se dresse, / rien qu’une
ombre, l’humain qui va ; / rien qu’un souffle, les
richesses qu’il entasse, / et il ne sait qui les ramassera
(Ps 39,7).
Si j’écris cette lettre aujourd’hui, c’est que je
marche sur un chemin qui m’apparaît sûr, solide,
promesse de paix, de joie souvent, d’exigence aussi, à
l’intérieur même de cette vie si fragile, un chemin où
Dieu demeure, un chemin qui est Dieu même. Car il
s’agit bien d’une rencontre, et non d’abord d’un
savoir ; et cette rencontre est savoureuse et pleine de
consolations. Elle se fait à travers une Parole inspirée,
qui est chaque fois nouvelle quand on la relit et qu’on
la garde dans son cœur. C’est un cœur à cœur où la
raison même s’éclaire : nulle absurdité dans ce choix
de l’Ecriture.
12 Parfois, comme dans le Cantique des Cantiques, il
semble que Dieu se cache : Sur ma couche, la nuit,
j’ai cherché / celui que mon cœur aime / je l’ai
cherché, mais ne l’ai point trouvé (Ct 3,1-2). Et c’est alors
une question inquiète : comment le trouver ? Si nous
ne le trouvons pas si aisément, c’est que nous le
cherchons ailleurs qu’au-dedans de nous et que nous
tentons de l’enfermer dans des limites qui sont celles de
nos préjugés ou de nos petites pensées.
Mais si nous nous laissons toucher - et il faut se
laisser faire - Dieu accroît notre désir. Et le désir est
déjà une rencontre. Quand on accueille quelque chose
de l’amour de Dieu, alors la quête est sans fin. Quand
Dieu a touché un cœur, le chercher devient une
urgence : Une chose qu’au Seigneur je demande, / la
chose que je cherche, / c’est de savourer la douceur
du Seigneur (Ps 27,4).
Cette douceur, pour peu qu’on l’ait expérimentée
une fois, bouleverse le cœur ; elle fait de nous des
suppliants : C’est ta face Seigneur que je cherche / ne
me cache pas ta face (Ps 27,8) et nous devenons des
chercheurs de Dieu.
Or, l’homme est vivant pour toujours et cette vie
est un don surabondant de Dieu. C’est ce que je veux
dire et redire ici.
J’écris ce livre pour tous ceux qui cherchent, ou qui
se sont posés une seconde, un jour, la question de
Dieu. Je veux témoigner de la douceur de Dieu, de sa
tendresse pour des fils qu’il chérit, qu’il a créés à son
image, pour qui il est entré dans notre corps, pour qui
13