Regards sur la foi
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En Europe occidentale, deux traditions ont durablement influencé la vision de l'Homme et du Monde : la pensée judéo-chrétienne et les sciences (humaines et exactes). Si la quête biblique s'inscrit dans une recherche de sens, en opposition au non-sens ou à l'absurde, la quête scientifique est une recherche de vérité, en opposition à l'erreur ou à l'approximation. Cet ouvrage présente une intercritique des deux, dépassant leurs limitations et leurs clivages, tout en maintenant leur identité.

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Publié par
Date de parution 01 octobre 2011
Nombre de lectures 19
EAN13 9782296470927
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Regards sur la fo A l’écoute dìe la science
Religions et Spiritualité dirigée par Richard Moreau, Professeur émérite à l'Université de Paris XII et André Thayse, Professeur émérite à l'Université de Louvain La collectionReligions et Spiritualitédivers types rassemble d’ouvrages : des études et des débats sur les grandes questions fondamentales qui se posent à l’homme, des biographies, des textes inédits ou des réimpressions de livres anciens ou méconnus. La collection est ouverte à toutes les grandes religions et au dialogue inter-religieux. Dernières parutions Francis LAPIERRE,Saint Paul et les Evangiles, 2011. Maurice VERFAILLIE,L’Identité religieuse au sein de l’adventisme (1850-2006), 2011. Philippe BEITIA,Les traditions concernant les personnages de la Bible dans les martyrologes latins, 2011. Dr Francis WEILL,Dictionnaire alphabétique des psaumes, 2011. Céline COUCHOURON-GURUNG,Les Témoins de Jéhovah en France. Sociologie d’une controverse, 2011. Pierre HAUDEBERT,Théologie lucanienne. Quelques aperçus,2010. Pierre EGLOFF,La Messe sur l'univers. Les Nourritures du Ciel et de la Terre,2010. Marie LUCIEN,10 maîtres de vie dans la Bible, 2010. e Philippe BEITIA,Le baptême et l'initiation chrétienne en Espagne du III e au VII siècle, 2010. Michel GIGAND, Michel LEFORT, Jean-Marie PEYNARD, José REIS et Claude SIMON,La sortie de religion, est-ce une chance ?, 2010. Francis LAPIERRE,Saint Luc en Actes ?, 2010. Georges BONDO,Analogie de l'Avent. Transcendance de l'extériorité et critique anthropologique, 2010. André THAYSE,Dieu caché et Réel voilé. L'une et l'autre Alliance, 2010. NGUYEN DANG TRUC,Bouddha, un contemporain des Anciens Grecs, 2010, Philibert et Dominique SECRETAN,Fêtes et raisons. Pages religieuses,2010. Roger BENJAMIN,Nature et avenir du christianisme, 2009.
André Thayse
Avec la collaboration de Marie-Hélène Thayse-Foubert
Regards sur la fo ì A l’écoute de la science
Du même auteur 1.Sur les traces du prophète de Nazareth. Données historiques, vérité symbolique, L’Harmattan, Paris, 2011. 2.Dieu caché et Réel voilé. L’une et l’autre Alliance, L’Harmattan, Paris, 2010. 3.Accomplir l’Écriture. Jésus de Nazareth, un enseignement nouveau, L’Harmattan, Paris, 2009. 4.L’Exode autrement, L’Harmattan, Paris, 2008. 5.La Genèse autrement. Rêves, roueries... et réconciliation, L’Harmattan, Paris, 2007. 6.Vers de nouvelles Alliances. La Genèse autrement, L’Harmattan, Paris, 2006. 7.À l’écoute de l’origine. La Genèse autrement, L’Harmattan, Paris, 2004. 8.Calcul différentiel pour les langues de la logique, Hermès-Lavoisier, Paris, 2004. 9.Logique et théorie des systèmes digitaux, Hermès-Lavoisier, Paris, 2002. 10.Jean. L’Évangile revisité, Le Cerf/Racine, Paris et Bruxelles, 2001. 11.Logique pour le traitement de la langue naturelle (en collaboration avec Philippe Delsarte), Hermès-Lavoisier, Paris, 2001. 12.Logique. Méthodes pour l’intelligence artificiellecollaboration avec (en Paul Gochet et Pascal Gribomont), Hermès-Lavoisier, Paris, 2000. 13.Marc. L’Évangile revisité, Racine/Lumen vitæ, Bruxelles, 1999. 14.Matthieu. L’Évangile revisité, Racine/Lumen vitæ, Bruxelles, 1998. 15.Luc. L’Évangile revisité, Racine/Lumen vitæ, Bruxelles, 1997. 16.Aux Frontières de l’Intelligence Artificielle, Bordas-Dunod, Paris, 1991. 17.Du Traitement de la Langue Naturelle à la Logique des Systèmes Experts, Bordas-Dunod, Paris, 1990. 18.De la Logique Modale aux Bases de Données, Bordas-Dunod, Paris, 1989. 19.De la Logique classique à la Programmation Logique, Bordas-Dunod, Paris, 1988.© L'HARM ATTAN, 2011 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56098-7 EAN : 9782296560987
Introduction
En Europe occidentale les deux traditions qui ont dura-blement influencé la vision que l’on peut se faire de l’Homme et du monde sont celles de la pensée judéo-chrétienne et des sciences (humaines et exactes). Ces traditions se sont cha-cune révélées fondamentales pour le développement de la société. Dotées toutes deux d’une grande cohérence, elles se caractérisent par un avancement systématique dans un domaine de recherche bien défini. Avancement qui n’exclut cependant pas des erreurs, des retours en arrière, des culs-de-sac ou des hésitations. Impasses qui peuvent n’être que pas-sagères. Sortes de rameaux morts qui n’affectent pas durable-ment la croissance du tronc principal et qui concernent aussi bien la tradition scientifique que la tradition judéo-chré-tienne (ou spiritualiste en général). Tout d’abord, en ce qui concerne les spiritualités et les explications théologiques, la pensée judéo-chrétienne a con-duit à une avancée majeure : celle de la perception de plus en plus forte d’unealliance. Ainsi, plutôt que d’être Créateur et Seigneur, le Dieu judéo-chrétien est avant tout Partenaire,
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Allié de l’Homme, son Associé dans l’exercice difficile de l’en-fantement du monde. Enfantement dont la réussite n’est pas acquise d’avance, n’est pas assurée, ne va pas de soi. Mais est à construire chaque jour. Processus vital, certes, mais pour lequel, parce que dans la Nature il y a de la liberté, des choix, des possibilités, on a parfois des raisons de se montrer quelque peu inquiet, ou perturbé. Si la tradition judéo-chrétienne se présente donc comme une sorte de quête qui est une recherche d’explication de l’Homme et du monde, ainsi se présente également la tra-dition scientifique. Mais si la quête biblique s’inscrit dans une recherche desensen tant qu’il s’oppose au non-sens, ou à l’absurde, la quête scientifique est une recherche de vérité scientifique– ou de rigueur – en tant qu’elle s’oppose à l’erreur – ou à l’approximation. Recherche qui, elle également, aboutit à la découverte d’une alliance. Ici, non pas avec une divinité, ou avec l’ertÊ, mais avec la Nature, avec leDevenir. Alliance qui, tout comme l’alliance biblique, fait appel à la collaboration humaine, et permet de prendre de la distance tout aussi bien avec le monde déterministe de la science clas-sique où tout est loi qu’avec le monde absurde soumis à la seule règle du hasard. Tradition judéo-chrétienne et tradition scientifique se re-joignent donc autour du concept d’alliance. Alliances certes différentes, mais pour lesquelles on peut mettre en évidence aussi bien des antagonismes que des convergences. Tout d’abord, dans le voletantagonismes, il faut ranger le fait que l’alliance biblique est intimement liée aux concepts deprojet divinet de Dieu personnel. En proposant l’alliance, Dieu poursuit une intention qu’Il entend réaliser dans le temps de l’Homme. L’alliance comporte à la fois un volet impératif (c’est le côté volonté de Dieu) et un volet partici-patif (c’est le côté liberté de l’Homme). Par contre, en ce qui concerne l’alliance avec la Nature, les scientifiques évitent en général soigneusement d’utiliser le motprojet. C’est ainsi que le physicien Bernard d’Espagnat, le cosmologiste Trinh
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Xuan Thuan et le thermodynamicien Ilya Prigogine con-statant – après Henri Bergson – que l’évolution du monde n’est pas prédéterminée, qu’au contraire le hasard joue un rôle majeur, mais que cependant il n’est pas le seul agent, re-connaissent uneimprécise tendance générale à l’œuvre. Ten-dance générale non pas dirigéeversla réalisation d’un projet bien défini, mais consistant plutôt en unimpetusgénéral – l’élan vitalde Henri Bergson ou leprincipe de complexitéde Hubert Reeves. Ensuite, dans le voletconvergences, on rangera le fait que chacune des deux alliances est intimement liée au con-cept deloi. Pour laberit, il s’agit de lois morales, ou huma-nistes. Comme, par exemple,tu ne tueras pas. Ou encore, tu aimeras. Pour l’alliance avec la Nature, il s’agit de lois scientifiques. Ce sont essentiellement celles des mathémati-ques, des probabilités, de la physique et de la chimie. Mais également celles – plus récentes – de la préservation de la Na-ture et de la protection de l’environnement. Les propriétés respectives de ces deux types de lois – davantage centrées sur l’humanisme d’une part, purement scientifiques d’autre part – rendent compte aussi bien des succès, des ouvertures et des avancées des deux approches que de leurs limitations, de leurs restrictions, de leurs risques. En ce qui concerne l’approche scientifique, la puissance et la fiabilité des outils mathématiques constituent une garantie pour la correction des résultats et l’exactitude des prévisions. Les conclusions de raisonnements scientifiques rigoureuse-ment conduits ne peuvent être remis en question, ni par des intuitions, ni par des croyances, ni par quelque tradition antérieure. La Terre tourne autour du Soleil et non l’inverse. Le monde n’a pas été créé en sept jours et l’être humain ainsi que toutes les espèces animales et végétales – tout comme d’ailleurs l’entièreté de l’Univers connu – sont le résultat d’une évolution, sont les enfants de laflèche du temps (I. Prigogine). Et non pas le résultat d’une créationex nihilo ou d’unfiat luxd’origine divine.
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Cependant, si la science va extrêmement loin dans son analyse du réel, elle ne va pas jusqu’au bout. Elle est limitée. Les limites du discours scientifique étant le non-dit de ce discours, ce qui n’est pas encore formalisé, ce qui demeure 1 vague,ce qui reste dans les intersticesdire si le ra-. C’est tionalisme rigoureux tolère rarement d’être interrompu par une pensée vague, intuitive ou poétique. Or, ce qui est vague est fécond. Et donc, ce quireste dans les intersticespour-rait se révéler, finalement, comme étant plus important, plus vital, que ce qui est dévoilé par le discours scientifique for-malisé. Ceci vaut en particulier pour tout ce qui touche à l’éthique, au relationnel, à l’émotionnel, à l’artistique, au re-ligieux. Tous domaines qui, par définition pourrait-on dire, ne sont pas encore formalisés, et même, ne sont sans doute pas formalisables du tout. C’est pourquoi la science n’éclaire en rien sur l’évolution morale de l’humanité ou sur la qualité d’une œuvre d’art. Il ne faut donc pas lui demander de nous guider dans une quelconque recherche du sens de la vie ou dans l’appréciation d’une symphonie ou d’un tableau. Il s’agit là probablement de la limitation la plus impor-tante de la pensée scientifique. Mais il en est d’autres. Com-me par exemple le fait que les sciences découpent le réel en différentes strates, ou niveaux, et que ce qu’elles décrivent ou expliquent, ce n’est pas une réalité indépendante en elle-même(quiarec¸ulenomdeRéalité ultime, ou deRéalité en soi), mais des réalités partielles, ou réalités empiriques propres à chacune des strates, c’est-à-dire des réalités vues à travers les prismes que les diverses théories scientifiques imposent. Les scientifiques attireront également l’attention sur d’au-tres types de limitations qui proviennent, elles, des principes mêmes de la physique ou des propriétés des outils mathéma-tiques utilisés. Comme le principe d’incertitude d’Heisenberg
1 H. Atlan,À tort et à raison. Intercritique de la science et du mythe, p. 240, Seuil, Paris, 1986.
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qui stipule qu’il existe une limite fondamentale à la précision avec laquelle on peut mesurer certaines caractéristiques des systèmes physiques. Ou par les théorèmes d’incomplétude de Gödel qui limitent définitivement les possibilités des systèmes formels. C’est pourquoi il apparâıt sain, à un certain mo-ment, de s’extraire du purement scientifique – mais sans le renier – et de faire appel à desintuitions raisonnées (B. d’Espagnat). C’est-à-dire se confier à des guides certes moins sûrs, mais qui peuvent conduire plus loin, là où les sciences exactes ne vont pas. Les religions, les croyances, les philosophies, les arts, font partie de cette classe deguides moins sûrs, mais qui peuvent conduire plus loin. Pour autant cependant que leurs visions ne soient pas puériles, trop pauvres ou trop sim-plistes et qu’elles ne contredisent pas les acquis scientifiques. Disciplines qui, parce que l’Homme a un lancinant désir d’Absolu, parlent au cœur et peuvent donner à la vie de ceux qui y souscrivent unlaniépla¸rremelbac(B. d’Espagnat). Tout comme le discours scientifique, le discours religieux a cependant également ses limites. La principale étant le discours lui-même puisque, paradoxalement, il ne peut pas vraiment parler de ce dont il prétend parler, l’objet du dis-coursDieu,lÊtre,lIneableétanttoujoursincompara-blement plus vaste que le discours lui-même. C’est ainsi que la tradition mystique a, de tout temps, stigmatisé l’usage de certains mots – tel le motDieu– afin de se prémunir contre lachosificationdu concept :Je prie Dieu qu’il me libère de 2 “Dieu”.Une autre limite du discours religieux est qu’il est infiniment plus sujet à erreur que le discours scientifique. Pour s’en convaincre, il suffit de se remémorer tout ce que les religions ont dit – et disent toujours – de Dieu, de l’au-delà, du salut. Enfin, dès que religions ou croyances succombent à la tentation du fondamentalisme, elles
2 Mâıtre Eckhart,Sermons, tome II, p. 148, Seuil, Paris, 1978.
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présentent une énorme résistance à la progression des idées. Exemplaires à cet égard sont l’affaire Galilée, les réticences inspirées par le darwinisme ainsi que, plus récemment, la méfiance à l’égard de tout ce qui touche à la bioéthique. Dues à leurs limitations – qui ne sont que la conséquence des limitations de l’esprit humain – les sciences tout comme les religions sont des mythes, desornements du réel (H. Atlan). Mythes qu’il faut entendre dans le sens du mythe de la caverne de Platon : quoique sciences et religions pré-tendent fournir une explication de la réalité, et déboucher ainsi sur uneVérité, elles n’en fournissent que des reflets. Les explications qu’elles donnent sont donc toujours partielles, sujettes à révision et à remise en question. Dès lors, dans quel langage le discours ultime sur leRéel, celui qui parviendrait à mettre en ordre les éléments dis-parates de laRéalité ultime? Sera-ce, devra-t-il être formulé dans un langage scientifique ou plutôt dans un langage spi-ritualiste ? Ou dans un langage qui fait appel à la fois à des notions provenant des sciences exactes et à des expérien-ces propres aux diverses spiritualités ? Ou même, le terme langageest-il encore adéquat ? Ces questions qui ne cessent de hanter les scientifiques et les spiritualistes demeurent bien évidemment sans réponse. Elles ne se posent que sur fond de notre expérience double du concret et du ressenti, du réel et du sens. Seul peut-être le motalliancepeut nous placer sur un point de vue qui, sans cependant les unifier, englobe les approches scientifique et spiritualiste, les légitime, les solida-rise, permet de mettre en évidence des relations nouvelles, de relativiser les distances, de reconnâıtre les limitations, d’accepter l’autre, et d’aimer! La tradition scientifique – principalement celle qui se dé-veloppa en Europe occidentale – est abordée dans une pre-mière partie du texte. Première partie plus particulièrement consacrée à l’histoire de l’évolution des idées en physique, en astronomie et en cosmologie ainsi qu’à l’impact de ces idées sur l’évolution de la croyance en un Dieu.
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