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Représentation chrétienne de l'existant humain et de la personne aujourd'hui en Afrique

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Livres
123 pages

Description

Le christianisme a enrichi la philosophie de deux concepts majeurs : l'existence et la personne. L'existence, c'est le fait de recevoir son être d'un autre. Les êtres existent, car ils reçoivent leur existence de l'Être en tant qu'Être. L'Être en tant qu'Être n'existe pas. Il est éternel. Dans ce monde d'aujourd'hui, cassé et bouleversé, il y a une divergence entre les événements et l'ordre rationnel et une impénétrabilité réciproque des esprits opaques, la multiplication des logiques, absurdes les unes des autres, l'impossibilité pour le moi de rejoindre le soi. La personne, quant à elle, est une notion qui rappelle ce que l'acteur grec portait au théâtre. Il a été utilisé par la théologie chrétienne pour parler de Dieu. Le Dieu chrétien est un Dieu unique, en trois personnes, égales et distinctes. L'homme, étant à l'image et à la ressemblance de Dieu, il est une Personne.

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Ajouté le 01 octobre 2017
EAN13 9782140048036
Langue Français
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LA PALABRE n°12 2017
REPRÉSENTATION CHRÉTIENNE DE L’EXISTANT HUMAIN ET DE LA PERSONNE AUJOURD’HUI EN AFRIQUE
REPRÉSENTATION CHRÉTIENNE DE L’EXISTANT HUMAIN ET DE LA PERSONNE AUJOURD’HUI EN AFRIQUE
LA PALABRE N° 12 REPRÉSENTATION CHRÉTIENNE DE L’EXISTANT HUMAIN ET DE LA PERSONNE AUJOURD’HUI EN AFRIQUE L’Harmattan
© L'Harmattan, 2016 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-13209-9 EAN : 9782343132099
CONSEIL SCIENTIFIQUE Prof. Augustin DIBI KOUADIO (U.FHB.), Prof. NIAMKEY KOFFI Robert Salomon (U.FHB.), Prof. BIAKA ZASSELI Ignace (U.FHB), Prof. EZOUA Thierry(U.FHB), Prof. AKE Patrice Jean (U.FHB), Prof. BAMBA LOU Mathieu (U.FHB), Prof. BOA THIEMELE Léon Ramsès (U.FHB), Prof. ADOU GNAMBA Pascal (U.FHB), Prof. YAHAYA ISSOUFOU, U. Abdou Moumouni de Niamey (Niger), Prof. ZONGO Georges (U. de Ouagadougou), Prof. MAMAHADE Savadogo (U. de Ouagdougou), Prof. MAYEMBA Bienvenu (U. de Californie, USA), Prof. KOUASSI KPA Raoul (U. FHB), Prof. TAYORO GBOTTA( U. FHB), KOUDOU Landry (U. FHB), Prof. DION Yodé Simplice (U.FHB)
COMITE DE LECTURE Dr AHOUO Raymond (U.FHB), Dr. AKPA Gnagne Alphonse (U.FHB), Dr. ASSAMOI Yao Bertin (U.FHB), Dr ASSEU Mafa Georges (U.FHB), Dr AVONI Koblan Axel (U.FHB), Dr ASSEMIEN Adja François (U.FHB), Dr BAMBA Abdoulaye (U.FHB), Dr BEUGRE Grahon Marie Thérèse (U.FHB), DR BODO Alathe Mireille (U.FHB), Dr BON Nathanaël (U.FHB), Dr CAMARA Issouf (U.FHB), Dr DAGAUD Emery Raoul Loba (U.FHB), Dr DON Anoma Nathalie (U.FHB), Dr. DOUMBIA Fatima Brigitte (U.FHB), Dr. ECHENE Amazoulé Olivier Patrice (U.FHB), Dr EZOUAH Léon Koffi (U.FHB), Dr GAHE Gohoun Rosine (U.FHB), Dr. GNANAGBE Gogoua Paulin (U.FHB), Dr GUEBO Yoroba Josué (U.FHB), Dr GUEU Francis (U.FHB), Dr. KABLAN Marie Thérèse (U.FHB), Dr. Koffi Jean Honoré (U.FHB), Dr KONIN Alla Marcellin (U.FHB), Dr KOUABLAN Ahissi Thomas d’Aquin (U.FHB), Dr KOUADIO Koffi Decaird (U.FHB), Dr. KOUAKOU Guy de Maupassant (U.FHB), Dr KOUAMÉ Ndri Solange (U.FHB), KOUASSI EZOUA Taki Roseline (U.FHB), Dr KOUASSI Seka Georges (U.FHB), Dr. KOUMAN Kobenan Maxime (U.FHB), Dr. NGORAN Desnoces (U.FHB), Dr. NAHOUNOU Judith (U.FHB), Dr NIANGORAN Adjo Apolline (U.FHB), Dr OBOUMOU Ibrahim (U.FHB), Dr SAKALOU Blede (U.FHB), Dr YAO Kouamé (U.FHB), Dr YAPO Severin (U.FHB), Dr VOHO SAHI Alphonse (U.FHB), Dr. Yeo Salif (U.FHB)
INTRODUCTIONEn Afrique le verbe exister a un double sens: d’abord un sens abstrait, qui désigne l’essence même, et ensuite un sens concret, qui s’applique à l’existence événementielle. Selon Kagame, si on peut considérer comme synonymes être et exister, étant et existant dans la philosophie occidentale, une telle synonymie est impossible en philosophie africaine. En philosophie africaine, le verbe être n’existe que comme copule nécessaire suivie d’un attribut ou d’un complément de lieu. Ainsi ne peut-on d’aucune manière dire dans l’une de nos langues africaines: «Je pense, donc je suis». Un tel énoncé serait un non-sens, car «être» c’est toujours ou bien «être quelque chose», ou bien «être quelque part». Le verbe être dans nos langues africaines ne peut être ni substantivé (on ne peut dire «l’être»), ni employé absolument (on ne peut dire «Dieu est». «Être» ou «exister» sont toujours rendus, par exemple en langue bantu, par des racines (li, ba) - qui expriment respectivement les temps imparfaits et les temps parfaits -auxquelles on ajoute un adverbe de lieu. Par exemple, li+ho«être là». Dans la forme verbale liho, on affirme = l’existence actuelle, le fait précisément que celui dont on parle n’est pas encore mort. L’exister-là signifie être-là ou pouvoir être là, parce qu’on est déjà quelque part où l’on n’est pas encore réputé mort. L’on notera cependant que, en kinyarwanda, une autre langue africaine, à la différence du verbe être (li, ba) qui exige un complément, le verbe exister (kùbäho) se suffit à lui-même et ne tolère pas de complément.Kùbäho, en effet, c’est se «poser là», c’est s’exposer là sans se dérober
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au regard qui s’attarde et qui sait voir ce qui se laisse voir, c’est être observable pour quiconque sait observer. C’est la plénitude de l’existence actuelle, celle qui se laisse observer immédiatement. C’est pourquoi on peut dire, absolument parlant,Mūnguabäho (Dieu existe), nommément «Dieu est là». L’exister-là est une sorte d’évidence sur la réalité de quoi l’on ne peut même pas s’interroger. C’est l’objet en présence qui impose massivement, par cette présence même, son évidence. À côté de cet exister temporel, presque événementiel, il y a un exister intemporel. Il sert principalement à exprimer l’existence de Dieu, non pas seulement en tant qu’il est là, mais en tant qu’il existe actuellement sans être un commençant à exister, celle des esprits désincarnés et, enfin, celle des entités dont on ne peut nier l’existence - ce qui est le cas de tout ce que l’esprit conçoit, mais aussi du rien qui existe en dehors de lui. 1 D’après Kagame , en philosophie africaine, l’existant désigne ce qui intemporellement : est réalisé dans la nature, peut être réalisé dans la nature soit en lui-même comme substance, soit par adhésion à une autre substance, c’est-à-dire à titre d’accident. Les existants se divisent en existants non intelligents et en existants qui sont intelligents. Les existants non intelligents (kintu) sont de trois sortes: le figé, l’assimilatif et le sensitif. La notion d’existant figé s’applique au monde inorganique ou minéral, que l’on dit figé parce qu’il «n’a aucune apparence de changement provenant de ses
ͳ La philosophie Bantu-rwandaise de l'être. Bruxelles, ͳͻͷ͸
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2 réactions internes» . L’Être figé est limité, car «l’étendue ne peut être infinie», et ne possède pas de qualité opératrice du fait qu’il ne peut agir de lui-même. Il possède cependant des propriétés sur lesquelles l’être ayant l’intelligence peut agir pour le tirer de son indifférence. Mais il n’existe pas de différence qualitative dans le monde organique. Entre la terre tout entière et un océan ou un grain de sable, la différence est seulement quantitative. L’existant assimilatif désigne le monde végétal. Il est qualifié assimilatif parce que «le végétal introduit en lui des matières extérieures, les soumet à une action chimique 3 interne et les transforme en sa propre substance». D’où la capacité de reproduction du végétal. Celle-ci n’en fait pas pour autant un vivant, car les termes servant à dire la vie et la mort ne lui sont pas applicables. Il est plutôt soumis à la viridité et à la siccité, mais il n’agit pas, car toute action porte sur autre que soi. Par l’assimilation et la reproduction, l’assimilatif se distingue du figé. Le figé et l’assimilatif, qui forment l’ensemble des existants inanimés, ont en commun d’être dépourvus de toute faculté opérative et de n’avoir que des propriétés. L’existant sensitif concerne le monde animal. L’animal est doté d’un principe vital qui est l’ombre, différente de l’ombre projetée. L’animal est un vivant, mais uniquement en un sens concret et existentiel. La mort survient avec la dissolution de l’union du corps et de l’ombre.
ʹ  Kagame, o.c. ͵  Kagame, o.c
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