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Chasse au Cameroun

De
196 pages
Terre de diversité, pays aux trésors enfouis, le Cameroun regorge ainsi de curiosités animales. Ce livre est un précieux catalogue des richesses de cette faune unique qui s'éveille au tourisme cynégétique. Il aide à mieux connaître le potentiel du Cameroun dans ce qu'il a d'unique, de rare et de fabuleux. Très pédagogique, ce livre montre comment la chasse sportive, respectueuse des richesses, pourrait contribuer à améliorer la fréquentation touristique du Cameroun.
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Chasse au Cameroun

Etudes Africaines Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga Akoa

Dernières parutions Jean de Dieu MOLEKA LIAMBI, Promesse de liberté et pratique politique en République démocratique du Congo, 2008. Alain ELLOUE ENGOUNE, Du Sphinx au Mvett, 2008. Fweley DIANGITUKW A, Flux migratoires internationaux et stratégies de développement, 2008. BOUOPDA Pierre Kamé, Cameroun, du Protectorat vers la démocratie (1884-1992),2008. Jean-Pacifique BALAAMO MOKELWA, Eglises et Etat en République démocratique du Congo. Histoire du droit congolais des religions (1885-2003), 2008. Toumany MENDY, Sénégal. Politiques publiques et engagement politique, 2008. Alfred Yambangba SAW ADOGO, Afrique: la démocratie n'a pas eu lieu, 2008. Dr BOGA Sako Gervais, Les Droits de l'Homme à l'épreuve: cas de la crise ivoirienne du 19 septembre 2002, 2008. W. Zacharia TIEMTORE, Technologie de l'information et de la communication, éducation et post-développement en Afrique, 2008. BOUOPDA Pierre Kamé, De la rébellion dans le Bamiléké, 2008. Méthode GAHUNGU, La formation dans les séminaires en Afrique. Pédagogie des Pères Blancs, 2008. Dieudonné TSOKINI, Psychologie clinique et santé au Congo, 2008. José DO-NASCIMENTO, La renaissance africaine comme alternative au développement. Les termes du choix politique en Afrique, 2008. Jérôme T. KWENZI-MIKALA, Les noms de personnes chez les Bantu du Gabon, 2008. Côme KINA TA, Prosélytisme chrétien au Congo français, 2008. Alain KISITO MÉTODJO, Devenir maire en Afrique. Décentralisation et notabilités locales au Bénin, 2008.

IBRAHIM S. NJOYA

Chasse au Cameroun

Préface de Franck Vannier

L'HARMA TT AN

Du même auteur Pour la sauvegarde R.C Fotso, 1991. des oiseaux forestiers du Cameroun, avec l.P Decoux et 1998.

Réussir votre plantation forestière L'Ecole de faune de Garoua: A paraître:

dans l'Ouest du Cameroun, demain, 2002.

hier, aujourd'hui,

Oiseaux des jardins.

~ L'HARMATTAN, 2008 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com harmattan l@wanadoo.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-05459-2 EAN : 9782296054592

A ma mère, A la mémoire de mon père,

AVANT PROPOS
L'Organisation Mondiale du Tourisme préconise 500000 touristes pour faire d'un pays une destination touristique. Or le Cameroun en accueille à peine 400000 par an. En clair, notre pays n'est pas encore une destination touristique, malgré ses atouts naturels indéniables. Les autorités en charge de ce secteur ont posé un diagnostic sans complaisance des différents goulots d'étranglement: offre insuffisante et peu compétitive, contrôles douaniers et policiers à la limite de la tracasserie, enclavement des sites touristiques, absence ou insuffisance d'aménagements, insécurité, etc.
Si je souscris en partie à cette analyse, j'ajouterais néanmoins que la «destination Cameroun» est très peu connue des grands pays émetteurs de touristes. Je m'explique: malgré le potentiel touristique reconnu du Cameroun, celui-ci n'est pas toujours connu et bien présenté aux touristes potentiels à l'aide des supports appropriés. En d'autres termes, l'information et la communication ne sont pas toujours disponibles au bon moment et au bon endroit. Il faut entreprendre une action de lobbying et de marketing appropriés. C'est la lacune que se propose modestement de combler ce livre à la publication duquel j'associe Jean Vannier et son fils Frank, tous deux guides de chasse professionnels pour leurs conseils amicaux. J'ai une pensée pour Jean Poitevin de regrettée mémoire qui m'a également beaucoup soutenu et encouragé... Il aurait pu être publié quinze ans plus tôt, mais mes nombreuses pérégrinations à travers le pays au gré des affectations ont imposé un timing différent. Aussi, je loue Dieu que mon projet ait pu se concrétiser malgré tout...
Après avoir souffert de la grande crise économique qui a frappé le pays au cours de la décennie 1985-1995, le secteur touristique! écotouristique se présente aujourd'hui comme un puissant levier de relance économique grâce aux devises étrangères qu'il génère, ainsi que la création d'emplois, à condition d'être exploité à bon escient. Tel est le cas dans de nombreux pays en Afrique au sud du Sahara présentant un niveau de développement comparable à celui du Cameroun par exemple le Sénégal, le Kenya, et la Tanzanie où le nombre de touristes se chiffre

en millions par an avec une offre pourtant moins diversifiée que la nôtre. Une étude comparée, même sommaire, montre que c'est au niveau de l'information et de la promotion que le Cameroun a pris du retard. A la lumière de ce constat et fort de ses vingt cinq années de terrain, l'auteur, après avoir fait le point de la conservation de la faune sauvage au Cameroun suggère quelques pistes pour améliorer l'activité touristique dans ce fabuleux pays généreusement doté par la nature et présenté à juste titre comme « l'Afrique en miniature ».

Ibrahim Soaré Njoya

8

PREFACE
Ibrahim S. Njoya, dynamique ingénieur des eaux et forêts, rencontré il y a près de vingt ans aujourd'hui, lorsqu'il officiait comme Délégué Provincial du Tourisme de l'Adamaoua, fait partie de ces hommes qui se battent avec pugnacité pour leurs convictions, ici pour la préservation de l'environnement de son pays. Cet ouvrage dont l'ébauche date des années 90, s'est construit au rythme allié à la sagesse de l'Afrique, continent à la nature captivante et authentique. Le Cameroun reste un de ces rares pays d'Afrique centrale qui réagit au déséquilibre engendré par la recrudescence démographique exponentielle sur la survie des populations fauniques et florales. La création de sanctuaires cynégétiques en est l'édifice... A nous, acteurs de la préservation, de défendre au quotidien cet équilibre fragile mais nécessaire à la survie "in fine" de l'Homme. Ibrahim S. Njoya signe un constat constructif, rassemblant pour la première fois des données cynégétiques intéressantes pour faire état de bilan. Son oeuvre intéressera sans nul doute autant le politique écologiste, que le touriste chasseur. Je le remercie d'avoir persévéré dans les moments les plus difficiles et de nous offrir ce livre richement documenté. Frank Vannier Guide de chasse professionnel, BP: 10 Ngaoundéré (Cameroun) l, Clos des Oliviers 34160 Sussargues (France).

INTRODUCTION
Modeste territoire de par ses dimensions (à peine 1,6% de la superficie de l'Afrique), situé au fond du golfe de Guinée, le Cameroun étonne par sa diversité. La seule évocation de son nom rappelle l'idée d'abondance: «Rio dos Camaroes », ou rivière des crevettes, dont dérive le nom du Cameroun, ainsi que l'ont baptisé au ISèrnesiècle les Portugais frappés par la densité des crevettes dans le fleuve Wouri. Le Cameroun constitue à la fois un vivant témoignage de la richesse naturelle d'un continent, du reste fascinant, et un « refuge» pour certaines espèces emblématiques: lion, éléphant, girafe, gorille, autruche, et pour d'autres moins connues: éland de Derby, bongo, rhinocéros... TIest donc justifié qu'une telle richesse, objet de fierté nationale, soit jalousement préservée afin de constituer, avec les paysages, les montagnes, les chutes, les forêts et autres curiosités culturelles, un socle pour le développement d'un tourisme total, porteur de prospérité pour les populations les plus défavorisées. Mais la survie de ce joyau naturel n'est pas aisée. Elle relève même, pour le cas du Cameroun, plutôt d'un miracle et surtout d'une conjonction de bonnes volontés: à commencer par celles de leurs auteurs: le Lamido de Rey Bouba qui, dès 1916, eu la généreuse idée de créer une zone de chasse dans son lamidat. Une idée reprise plus tard dans les années trente par P. Flizot, inspecteur français des chasses; appuyé par les gouvernements camerounais successifs qui ont eu à cœur de maintenir des aires protégées viables, même au plus fort des différentes crises qu'a connues le pays, crises auxquelles il faut ajouter la pression croissante des éleveurs et des agriculteurs. Je salue spécialement l'action des acteurs cynégétiques (guides professionnels de chasse et leur clientèle), des bailleurs de fonds internationaux (Allemagne, France, Etats-Unis, Grande Bretagne, PaysBas), et des organismes internationaux de protection qui a permis la survie de ces espaces exceptionnels à la vitalité prodigieuse. Leur action n'aurait pas eu d'écho favorable sans l'apport des gardes-chasses. Juste quelques gardes, souvent en nombre insuffisant, sous- équipés et peu motivés, mais dotés d'une foi sans pareil. Ce sont ces héros de l'ombre, hélas souvent mutilés, voire assassinés par les

braconniers, et qui n'ont jamais connu de lauriers que je voudrais mettre en première ligne... Pour tirer le maximum de bénéfices de la faune, l'Etat du Cameroun a axé sa stratégie, entre autres, sur la création et l'aménagement des aires protégées (avec en ligne de mire le classement de 30% du territoire national) ainsi que sur l'exploitation rationnelle de celles-ci à travers la chasse sportive. C'est l'objet essentiel du présent ouvrage, qui présente dans un premier temps les aires protégéesl (parcs et réserves) du Cameroun. Pour chaque aire protégée sont retracés: l'historique, la localisation, le milieu physique, la faune, la gestion et les atouts en matière de tourisme. Lorsque cela est possible, le statut juridique international est évoqué. Deux autres catégories d'aires protégées sont également abordées: les sanctuaires et les zones d'intérêt cynégétique2. Dans un second temps, est développée la chasse dans les trois grands pôles cynégétiques du pays: l'Extrême-Nord, le Nord avec ses 27 zones d'intérêt cynégétique et, enfin, le Sud-Est avec ses 24 zones de chasse. Ici également, il m'a semblé nécessaire de parler des armes, des latitudes d'abattage, de la réglementation, et de la Charte de la Grande Chasse. Pour terminer, il est précisé, à la lumière des textes officiels, les conditions d'entrée et de séjour en terre camerounaise. Toutes choses qui causent bien des désagréments aux touristes, donnent des insomnies aux autorités et empêchent le pays de bien se vendre. Il est mentionné quelques spécificités du tourisme camerounais. Le livre se referme par quelques notions sur la « chasse propre» ou chasse écologique.

I

2 ZIC en abrégé, ou plus simplement zone de chasse. 12

Voir définition à la page 18.

PREMIERE PARTIE
SYSTEME DE CONSERVATION DES RESSOURCES NATURELLESRENOUVELABLES

CHAPITRE I : LES AIRES PROTEGEES
Une aire protégée est une zone géographiquement délimitée et gérée en vue d'atteindre des objectifs spécifiques de conservation et de développement durable d'une ou de plusieurs ressources données. Les aires protégées du Cameroun sont échelonnées du 2èmeau l3ème degré de latitude Nord et représentent un échantillonnage type botanique et zoologique complet de la zone de la grande forêt à la zone sahélienne de l'ouest africain. Dans ce chapitre, il ne sera abordé que les aires protégées dotées d'un acte officiel de création en laissant de côté celles qui n'existent encore que sous forme de projets. 1.1. Parcs nationaux3

Définition Aux termes de la Convention de Londres de 1933, un parc national désigne une aire destinée à la récréation du public, dans laquelle la Chasse, l'abattage ou la capture de la faune, la destruction ou la collecte de la flore sont interdits, sauf sous la direction ou le contrôle des autorités du parc.
Non seulement les parcs nationaux sont destinés à la protection et à la conservation de la faune et de la végétation sauvages, mais aussi, pour la préservation des zones représentant un intérêt esthétique, géologique, préhistorique, historique, archéologique et enfin scientifique. Les parcs nationaux sont soustraits aux activités humaines, et leurs limites sont intangibles. Des facilités, dans la mesure du possible, sont accordées au public pour observer la faune et la flore dans les parcs nationaux.

1.1.1. Parc national de Waza Le parc national de Waza a été créé par l'administration coloniale par arrêté N° 71 du 24 mars 1934 sous le nom de Réserve de chasse de «Zina - Waza », couvrant une superficie de 160.000 ha environ. Celle-ci fut agrandie de lO.OOOha par arrêté N° 264 du 9 septembre 1935, puis
3 Les parcs s'appellent « nationaux» car ils sont un bien appartenant à la nation.

érigée en réserve forestière et de chasse par arrêté N° 297 du 30 juillet 1938. Le gouvernement du Cameroun Oriental l'a érigé en parc national par arrêté N° 120/SEDR du 05 décembre 1968, avec une superficie de 170.000 ha. Il est situé dans la zone soudano-sahélienne. 1.1.1.1. Coordonnées géographiques Latitudes 11° 2' et 11° 30' Nord; Longitudes 14° 30' et 15° Est. Il est localisé dans la province administrative de l'Extrême nord, et plus précisément dans le département du Logone et Chari, à 120 km de Maroua, chef-lieu de la province, grand centre artisanal et touristique, et à 60 km de Mora. 1.1.2.2. Milieu physique Le climat est de type soudano-sahélien, c'est-à-dire tropical semiaride, caractérisé par une courte saison des pluies (de juin à septembre),
avec environ 300 à 600 mm de pluies par an, ce qui est déficitaire,

surtout depuis la mise en eau du barrage de Maga en 1979 et une longue saison sèche qui dure souvent d'octobre à mai. Durant la longue saison sèche qui constitue par ailleurs la période idéale pour le tourisme de vision, on note une période froide (de novembre à fin février) caractérisée par la brume sèche. Le parc national de Waza appartient à la cuvette tchadienne. Il présente, du point de vue physique deux aspects différents, mais complémentaires: Une partie forestière où prédominent les acacias et une partie non forestière appelée yaéreA. On accède à la partie forestière du 1er décembre à fin juin et dans les yaérés, selon les saisons du début mars à fin juin.

4

Plaine herbeuse

périodiquement

inondée.

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Cette carte n'implique aucune opinion de la part de l'auteur concernant son statut légal.

1.1.1.3. Faune

Le parc national de Waza a été créé pour protéger les girafes, ainsi que d'autres grands rassemblements d'antilopes: cobes de Buffon, cobes de fassa, hippotragues, damalisques... De nombreux troupeaux 17

d'éléphants, quelques lions et une très grande variété d' oiseaux (autruches, pélicans, canards entres autres) agrémentent ce magnifique parc. Sous l'effet conjugué de la sécheresse qui sévit de façon récurrente, du braconnage intensif et de la peste bovine, certaines espèces comme le guib harnaché, le cobe de fassa, le céphalophe à flancs roux et le guépard ont plus ou moins disparu. Tandis que, côté oiseaux, la grèbe castaigneuse, l' ombrette, le héron à dos vert, l'outarde à ventre noir, le râle noir, le courlis cendré, le petit gravelot et le chevalier arlequin se raréfient. L'autruche, espèce endémique, est particulièrement menacée en raison de la pression humaine sur ses œufs qui servent dans l'industrie artisanale, et sur d'autres sous-produits utilisés dans la pharmacopée traditionnelle. Malgré cela, le parc national de Waza a conservé, au fil du temps, une faune riche et diversifiée, comptant une trentaine de mammifères, 373 espèces d'oiseaux (parmi lesquelles 16 espèces d'oiseaux d'eau internationalement reconnues sur les 74 espèces d'oiseaux d'eau observés), et 56 espèces de poissons, dont les yaérés constituent une importante zone de frai, 1.1.1.4. Le spectacle de Waza De décembre à fin février, seule la partie forestière est fréquentée, les yaérés étant à cette époque inondés. Les animaux se rencontrent autour des mares et le long des pistes. Les visiteurs partent alors de Waza, continuent par les mares de Kingueroua, Douroubatassa, Kalia puis le village d'Andirni, longent la limite sud du parc jusqu'à Tchaskirou et retournent à Waza par la mare de Goumbouremaram. C'est la meilleure époque pour les girafes que l'on rencontre partout. La vision d'une centaine à la fois n'est pas rare. Les damalisques sont nombreux et très disséminés. On les rencontre par troupeaux de vingt, quarante et quelques fois cent têtes. Les hippotragues (ou antilopes cheval) se tiennent surtout autour des mares. Certains cornages de ces animaux sont magnifiques. Les cobes de Buffon se tiennent autour de Waza, de Kalia, mais émigrent dès le mois de décembre en bordure des yaérés où ils sont très difficiles à observer dans les hautes herbes. TI faudra attendre que les yaérés soient brûlés pour les observer par milliers. 18

Les phacochères se rencontrent partout. Comme les éléphants, ils défoncent les routes et c'est toujours un spectacle très cocasse de les voir s'enfuir avec leur queue dressée comme un périscope. Les éléphants à cette époque fréquentent surtout la partie sud du parc: Andimi, Ankodje, Babadei, Tchaskirou mais font de nombreux déplacements vers Kalia, et surtout vers les mares de Magala et de Mourgouma où sont installés des miradors. Les autruches se promènent en petits groupes de deux, quatre jusqu'à trente têtes. Les damans des rochers eux, peuvent être observés sur les collines granitiques à l'entrée du parc. Les lions se tiennent à côté des mares mais sont difficiles à voir à cause des bosquets. Les mares de Bodelaram et de Gouroumgoua, ainsi que le yaéré de Waza foisonnent d'oiseaux, surtout de grues couronnées et de pintades que l'on rencontre par milliers. C'est la période idéale pour les affûts dans les huttes et dans les miradors. De mars à fin juin, presque toute la faune du parc à l'exception des girafes se déporte dans les grandes plaines asséchées et brûlées à cette époque. Une herbe tendre repousse immédiatement après les feux de mars et constitue un pâturage de premier ordre pour les herbivores. Comme la partie forestière, les yaérés sont bien pourvus en mares permanentes. C'est à l'heure des abreuvoirs, entre onze et quinze heures que le spectacle est le plus saisissant. Des milliers d'antilopes: cobes de Buffon, damalisques, hippotragues, cobes des roseaux se rassemblent autour des points d'eau, couverts d'oiseaux de toutes sortes: pélicans, jabirus, grues couronnées, ibis noirs, ibis sacrés, canards, dendrocygnes, chevaliers, oies, hérons, tantales, aigrettes diverses, becs ouverts, marabouts, échasses, poules d'eau, vautours, outardes, serpentaires. Les mares les plus spectaculaires pour la vision des oiseaux sont les mares de Talabal et de Tchikam. A cette époque, on rencontre très souvent les lions et les guépards à proximité des mares ainsi que les éléphants qui viennent s'abreuver. L'abreuvoir le plus important est la marre de Tchikam qui s'allonge sur plus d'un km et qu'une piste praticable ceinture; vers onze heures, plus de 7000 cobes de Buffon fréquentent ce point d'eau d'une façon extraordinaire. Sur la piste automobilisable traversant les yaérés du nord au sud, de Mbélé à Tchédé, sur 47 km, il est possible de rencontrer en une seule matinée, de 10 à 12000 antilopes. 19