Ecologie et évolution du monde vivant (Volume 3)

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750 pages
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Comment résoudre les problèmes écologiques mondiaux ? Quels changements de nos mentalités et quelles innovations techniques seront nécessaires ? Ce volume retrace l'arrivée discrète de l'Homme dans la biosphère, amorcée depuis deux millions d'années, et son emprise écologique du Paléolithique à nos jours. Il se termine par l'analyse des problèmes écologiques actuels, qui sont surtout le fruit de notre société de surconsommation.

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Date de parution 01 juin 2012
Nombre de lectures 40
EAN13 9782296492141
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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ÉCOLOGIE ET ÉVOLUTION
DU MONDE VIVANTVolume 3
Biologie, Ecologie, Agronomie Collection dirigée par Richard Moreau professeur honoraire à l’Université de Paris XII, et Claude Brezinski, professeur émérite à l’Université de Lille Cette collection rassemble des synthèses, qui font le point des connaissances sur des situations ou des problèmes précis, des études approfondies exposant des hypothèses ou des enjeux autour de questions nouvelles ou cruciales pour l’avenir des milieux naturels et de l’homme, et des monographies. Elle est ouverte à tous les domaines des Sciences naturelles et de la Vie. Déjà parus Michel GODRON,Écologie et évolution du monde vivant, vol.2. L’échelle crée le phénomène, 2012.Michel GODRON,Écologie et évolution du monde vivant, vol.1. La vie est une transmission d’information, 2012. Marcel B. BOUCHÉ,Pour un renouveau dans l'environnement,2012. Dominique MARIAU,L’univers fascinant des insectes. Nos amis, nos ennemis, 2012. Gérard BERTOLINI,Montre-moi tes déchets…2011. Alain GIRET,Histoire de la biodiversité, 2011. Michel STEVENS,Revenons sur Terre, Comment échapper à l’enlisement des négociations sur le changement climatique, 2011. Bernard BOURGET,Les Défis de l’Europe verte, 2011.André MARCHAND,De l’agriculture d’antan à celle d’aujourd’hui. Les changements engendrés par les lois Pisani, 2011. André MARCHAND,Filière viande. Propositions pour conjuguer une agriculture rentable et une nourriture saine, 2011. Guy JACQUES,Virer de bord. Plaidoyer pour l'homme et la planète, 2011. Maurice BONNEAU,La forêt de Guyane française, 2010. Michel GAUDICHON,L'homme au miroir de la science, 2010. Jacques RISSE,L’élevage français. Évolutions et perspectives, 2010. Louis TSAGUE ;La Pollution due au transport urbain et aéroportuaire. Caractéristiques et méthodes de réduction, 2009. e Marie-Françoise MAREIN,L’agriculture dans la Grèce du IV siècle avant J.C,2009.
Michel Godron
ÉCOLOGIE ET ÉVOLUTION
DU MONDE VIVANT
Volume 3
Les problèmes écologiques actuels
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55872-4 EAN : 9782296558724

L'écologie étudie les interactions entre les communautés d'êtres vivants et leur environnement. Ces communautés comprennent les microorganismes, les plantes, les animaux et l'humanité. L'ensemble des relations à étudier est donc extrêmement complexe et le fil d’Ariane qui sous-tend le plan du présent ouvrage est que l'ensemble des phénomènes écologiques est une chaîne de transformations de l'énergie donnée par le Soleil et absorbée par les plantes, en étant couplée à des transmissions d'information. Cette chaîne de transformations s'est amorcée dès l'origine de la vie, et elle aboutit au  XXIe siècle à une situation écologique critique mais non désespérée.  Les deux premiers chapitres ont répondu à deux questions " —̽‡•–Ǧ…‡  ?" et "Comment l’±˜‘Ž—–‹‘produit la biodiversité a-t-elle “—‡ Žƒ˜‹‡ actuelle ?". Ensuite, le troisième et le quatrième chapitre ont examiné le  de la – qui est la porte d'entrée de l'énergie ˆ‘…–‹‘‡‡–Ÿ··Š’˜— présente dans l'ensemble des êtres vivants – en relation avec l'atmosphère et avec les sols.  Le chapitre 5 a montré comment la végétation s'est structurée à la surface du globe sur toute la gamme des depuis celle ±…Š‡ŽŽ‡• •’ƒ–‹ƒŽ‡• des continents et des zones écologiques jusqu'à celle de la station et des éléments de paysage.  Le chapitre 6 survola le rôle des dans la biosphère. ƒ‹ƒ—š  Les chapitres 7 et 8 (le présent volume) regarderont l'entrée de dans la biosphère et dans le jeu des équilibres écologiques Ž̽ ‘‡ pendant le dernier million d'années. Ils finiront par l'examen de la …”‹•‡ et montreront comment il semble possible d'en sortir "par le haut". ƒ…–—‡ŽŽ‡
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Les personnes qui m'ont aidé sont nombreuses et je tiens à remercier particulièrement Louis Amandier, Jacques Barel, Sabine Billet, Anne-Marie Breuil, Anna Caiozzo, Philippe Daget, Anne-Marie Duffour de la Vernède, Catherine Godron, François Godron, Jacques Godron, Guillaume Godron, Marine Godron, Paul Godron, Pierre-Henri Gouyon, Philippe Langlois, Joël Mathez, Jean-Marie Roucher, Frédérique Saint-Georges, Alain Verneau.
Les compétences ainsi rassemblées sont nombreuses et diverses : Ingénieur civil des Eaux et Forêts, 2 Doctorats ès sciences, Licence de philosophie, 2 Agrégés de sciences naturelles, 2 Docteurs en médecine, Diplôme d'infirmière, Institut d'études politiques de Paris, ENA, ESCParis, 2 ESSEC, École supérieure de commerce de Montpellier, DESS Institut d'études politiques de Paris, Expert comptable, École supérieure de commerce Tours, 2 Ingénieurs agronomes, Ingénieur des mines, Master en droit de l'urbanisme, Master en économie de Dauphine.
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   ŝ ȇ  Ecce homo Ǥ   &19,6 Chaque jour, les actions de l'humanité se combinent avec le fonctionnement des autres êtres vivants dans un équilibre écologique et économique qui est devenu extrêmement fragile au début de notre XXIe siècle. Pour sortir par le haut de cette crise de croissance, il est nécessaire de remonter jusqu'à son origine et de parcourir les étapes de l'action de ͳ l'Homme sur la biosphère : - l'Homme a fait son entrée dans le monde avec autant de discrétion  que les premiers Mammifères ; il s'est ensuite inséré très  progressivement dans la biosphère en prenant une certaine  autonomie vis-à-vis des contraintes de son environnement (§ 71*) ; - l'Homme s'est ensuite progressivement différencié des animaux et il  a commencé à bouleverser l'environnement au Paléolithique, dès  – 400.000, beaucoup plus tôt qu'on ne l'imagine habituellement  (§ 72*) ; - vers – 6.000, la révolution néolithique a été une innovation qui  a permis une augmentation considérable de la population humaine  (§ 73*) ; l’Homme est alors devenu le facteur dominant de  l’évolution de la biosphère, par les défrichements et par la  multiplication des plantes cultivées et des animaux domestiques ; - la civilisation industrielle a prélevé des quantités croissantes de  charbon, de pétrole, de minerais et d'eau (§ 74* à 76*) ; elle est  actuellement entrée dans une crise dont nous ne sortirons qu'en  innovant aussi intelligemment que nos ancêtres néolithiques  (voir le chapitre 8*).
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ŝŗ   3  L'arbre généalogique de l'Homme n'est pas suffisamment clair (malgré la grande richesse des découvertes récentes, ou peut-être, au contraire, en raison même de cette richesse) pour que les liens entre l'hominisation et les conditions de vie puissent être connus en toute sécurité. C’est pourquoi nous commencerons par rappeler les faits établis, en laissant le problème de l'hominisation pour le paragraphe 72*.  La nomenclature adoptée par les anthropologues pour la classification des lignées qui encadrent celle de l'Homme est fluctuante et le schéma suivant est provisoire :
Ordre des Primates  Super-famille : Hominoïdes ou Anthropoïdes  Famille : Hylobatidés (Gibbon, etc.)  Famille : Pongidés (Orang-outang, etc.) dont la sous- famille des Paninés comprend les  Chimpanzés et les Gorilles)  Famille : Hominidés qui comprend la sous-famille des  Homininés ou Hominiens (= Australopithèques  et Hommes)  Les premiers Hominoïdes ont précédé l'arrivée de l'Homme et ils comprennent en particulier : - les Pliopithèques, dont un exemplaire a été trouvé en France,  à Sansan, dans le Gers, et un autre à Contres (Loir-et-Cher) ; ce  sont les ancêtres présumés des Hylobatidés qui réunissent les  Gibbons, qui sont déjà bipèdes, et les Siamangs d’Asie , - les Dryopithèques, qui descendent peut-être du Proconsul, que  L. de Bonis (1999) estime être un des ancêtres des Hominoïdes : il  le voit vivre en quadrupède arboricole peu spécialisé, mangeant  des feuilles des arbres de forêts tropicales, vers – 19 Ma. Pour tout le paragraphe 71*, les notions, les datations et les attributions ont fortement évolué depuis quelques dizaines d’années. Pour limiter les imprécisions, nous avons choisi de faire référence prioritairement aux auteurs qui proposent des correspondances avec les travaux antérieurs, mais le résultat est encore insatisfaisant et des révisions régulières restent nécessaires.
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ŝŗŗ   Dŝŗŗǯŗ Žœ ™›Ž–’Ž›œ ›’–ŠŽœǻ Ǽ Ȯ ŜŖ –’••’˜—œ ȇŠ——·Žœ  Les Hominoïdes appartiennent à l'ordre des , qui comprend ›’–ŠŽœ aussi les Lémuriens, les Tarsiens et les Simiens et, bien entendu les Singes et l'Homme. Les premiers Primates (qui font partie du groupe des Mammifères dotés d'une main capable de serrer une branche ou de cueillir un fruit, comme l'Écureuil) sont apparus au début du Tertiaire, vers – 60 Ma (millions d'années). Ils ressemblaient à des Musaraignes capables de se dresser sur leur postérieur et aux premiers Lémuriens (qui se sont ensuite très largement diversifiés) ; ils possédaient 5 doigts et 36 dents.Altiatlasius, découvert dans des sédiments du Maroc serait l’un des plus anciens.Carpolestes simpsoni, qui vivait dans les forêts du Wyoming il y a 56 Ma, est un Plésiadapiforme qui possède une main préhensile.  Entre – 65 Ma et – 40 Ma, la "nappe" des s'est étendue ”‘•‹‹‡• de l'Europe à l'Amérique du Sud, à une époque où l'Europe et l'Amérique étaient encore jointes. Elle a donné naissance aux (singes Žƒ–›””Š‹‹‡• d’Amérique dotés d’une queue préhensile) et aux (à queue ƒ–ƒ””Š‹‹‡• non préhensile ou sans queue, en Europe et en Asie, puis en Afrique).  A l’Éocène, entre – 55 Ma et – 35 Ma, des Prosimiens (Adapidés, Lémuriens, Omomyidés, Tarsiers) vivaient en Chine du Sud, en Birmanie et (1822) a en Thaïlande, sur les bords de la Téthys.  découvert dans Ǥ le gypse de Montmartre (– 50 Ma) unAdapis parisiensis, singe arboricole à longue queue qui a été ensuite classé dans les Prosimiens. En 1992, le petit Primate fossileAlgeripithecusa été découvert dans le Sahara algérien. Vieux de 50 millions d’années, pesant à peine 75 g et connu des paléontologues grâce à des restes de deux molaires, ce Primate a été considéré pendant quelque temps comme le plus ancien Anthropoïde du continent africain.Azibius, un autre Primate africain, est connu depuis plus longtemps. Sur le site de Glib Zegdou au nord-ouest de l’Algérie, une équipe française de Montpellier et des chercheurs algériens ont exhumé du matériel crânien et dentaire d’Algeripithecuset d'Azibius. Ils ont trouvé par exemple des mandibules presque complètes. Ces restes possèdent un certain nombre de caractéristiques typiques du groupe des Lémuriformes, notamment une adaptation à la vie nocturne et la présence suggérée d’un "peigne dentaire" à l’avant de la mâchoire inférieure. Les Lémuriformes constituent un groupe de Primates, représenté aujourd’hui par les Lémuriens de Madagascar, les Galagos d’Afrique centrale et les Loris d’Asie du Sud. Les paléontologues ont conclu qu’Algeripithecusappartenait non pas à la famille des 9
Anthropoïdes mais qu’il était très probablement l’un des plus anciens représentants en Afrique des Lémuriformes, tout comme son proche parent Azibius.  Ces recherches paléontologiques dévoilent une diversité insoupçonnée et une très grande ancienneté des premiers Lémuriformes en Afrique M(1984) ont é Ǥ   Ǥ tudié la main d'unAdapis de l’Éocène supérieur du Quercy (vers – 40 Ma) ; ce Prosimien, qui pesait environ 2 kg, vivait dans les arbres ; il marchait – et même courait – à quatre pattes, sur les branches. Ce mode de déplacement semble avoir été assez répandu dans plusieurs groupes originels.  L’un des Prosimiens le mieux connu est lePurgatorius(– 35 Ma,in , 1999) déco uvert à Purgatory Hill dans le Montana. ŝŗŗǯŘ Žœ ™›Ž–’Ž›œ ’—Žœ Ils ont pris part à l'évolution de la biosphère entre – 40 Ma et – 7 Ma.    etǦ trouvé au cours de fouilles ont réalisées de 2006 à 2009 dans le désert libyen de Dur At-Talah, 22 dents minuscules de petits Anthropoïdes africains, vieilles de plus de 38 millions d'années. Leur poids était vraisemblablement compris entre 150 grammes et 470 grammes, et ils ressemblaient à des Ouistitis, avec des mains préhensiles et une longue queue qui les aidait à se déplacer d'arbre en arbre. La comparaison avec des fossiles de Thaïlande et de Birmanie vieux de 55 millions d'années fait penser que leurs ancêtres seraient trois groupes de Primates très probablement venus d'Asie vers – 45 Ma en même temps que des Rongeurs.  Ces fossiles renforcent l’hypothèse de l’origine asiatique des Anthropoïdes. Ils seraient sans doute les ancêtres de Toumaï, le plus vieil Hominidé connu (– 7 millions d'années, un mètre de haut et 35 kg) trouvé au Tchad par le premier de ces auteurs. Ces paléontologues reconnaissent que l'environnement a joué un rôle considérable dans l'évolution de cette lignée : "On est là au début de l'histoire qui, à force de diversification, d'adaptation, de spécialisation dans des milieux particuliers, conduit à Toumaï et aux grands Singes comme les Babouins." En Égypte, plus d’une dizaine de Primates anthropoïdes fossiles datant de 38 à 30 millions d’années ont été trouvés. Un petit Singe de l'Éocène (– 35 Ma) a été découvert en Birmanie, en 2009, par et nomméGanlea megacanina. Sa grande   canine et son aptitude à casser les noix, révélée par le type d'usure de ses dents, font penser qu'il serait l'un des premiers Hominoïdes, déjà différent des Lémuriens et des Loris regroupés dans les Stresirrhiniens.
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