332 pages
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La forêt de Guyane française

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Description

Cet ouvrage analyse les conditions physiques de cette forêt, qui couvre 7.5 millions d'hectares, et présente une centaine d'espèces. Il s'intéresse ensuite à la conservation de la biodiversité, à l'évolution de l'aménagement et de la sylviculture, aux usages de la forêt, à son avenir possible et aux menaces qui pèsent sur elle.

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Date de parution 01 janvier 2011
Nombre de lectures 41
EAN13 9782296448469
Langue Français
Poids de l'ouvrage 81 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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©L’Harmattan,20105Ǧ7,ruedel’Ecolepolytechnique;75005ParisŠ––’ǣȀȀ™™™ǤŽ‹„”ƒ‹”‹‡Šƒ”ƒ––ƒǤ…‘ †‹ˆˆ—•‹‘ǤŠƒ”ƒ––ƒ̷™ƒƒ†‘‘Ǥˆ” Šƒ”ƒ––ƒͳ̷™ƒƒ†‘‘Ǥˆ”  ǣ ͻ͹ͺǦʹǦʹͻ͸Ǧͳ͵͵Ͳ͵Ǧ͹  ǣ ͻ͹ͺʹʹͻ͸ͳ͵͵Ͳ͵͹
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ƒ—”‹…‡ ‘‡ƒ— ƒ ˆ‘”²– †‡ —›ƒ‡ ˆ”ƒ­ƒ‹•‡ PréfacedePierreǦOlivierDrègeAveclescontributionsde:2–‹‡‡ ƒ„”‹‡ǡ ›Ž˜‹‡ ±”±‹‡ ‡– Ž‡ ‰”‘—’‡ …‘—ƒ… Ǣ ‡ƒǦ‘—’ —’‘– Ǣ ”±†±”‹… ‘”–‹‡”ǡ †‹”‡…–‡—” †— ƒ”… ƒœ‘‹‡ ‡– †‡ ‡ƒǦƒ—”‹…‡ ‘–‘—–‡ …Šƒ”‰± †‡ …‘—‹…ƒ–‹‘Ǥ ǯ ƒ”ƒ––ƒ
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Biologie, Ecologie, Agronomie Collection dirigée par Richard Moreau professeur honoraire à l’Université de Paris XII, et Claude Brezinski, professeur émérite à l’Université de Lille Cette collection rassemble des synthèses, qui font le point des connaissances sur des situations ou des problèmes précis, des études approfondies exposant des hypothèses ou des enjeux autour de questions nouvelles ou cruciales pour l’avenir des milieux naturels et de l’homme, et des monographies. Elle est ouverte à tous les domaines des Sciences naturelles et de la Vie.Déjà parus Michel GAUDICHON,L'homme au miroir de la science, 2010. Jacques RISSE,L’élevage français. Évolutions et perspectives, 2010. Louis TSAGUE ;La Pollution due au transport urbain et aéroportuaire. Caractéristiques et méthodes de réduction, 2009. e Marie-Françoise MAREIN,siècleL’agriculture dans la Grèce du IV avant J.C,2009. Jean-Claude LACAZE,Le christianisme face à la crise écologique mondiale, 2009. Michel BRAUD,Paysans du monde. Parcours d’un agronome au service de la terre, 2009. Jean-Claude GALL,Des premières bactéries à l’homme. L’histoire de nos origines, 2009. Groupe de Bellechasse,L’Alimentation du monde et son avenir, 2009. Maurice BONNEAU,Forestier dans le Haut Atlas. Maroc 1952-1956, 2009. Alain GIRET,Le Quaternaire : climats et environnements, 2009. René LETOLLE,La Mer d’Aral, 2008. René JACQUOT,Souvenirs d’un forestier français au Maroc (1952-1968),2008. Bonaventure DOSSOU-YOVO,L’Accès aux ressources biologiques dans les rapports Nord-Sud. Jeux, enjeux et perspectives de la protection internationale des savoirs autochtones, 2008. André G. RICO,Connaître la vie pour saisir le futur, 2008. Jean-Louis LESPAGNOL,La mesure. Aux origines de la science, 2007. Emmanuel TORQUEBIAU,L’agroforesterie, 2007. Jean-Jacques HERVÉ,L’agriculture russe, 2007.
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Préface Véritablement, la Guyane ne laisse pas indifférent : -pour certains, c’est un enfer vert, hostile et dangereux, convenant parfaitement à l’installation d’établissements pénitentiaires…. -pour d’autres, la Guyane représente un trésor de biodiversité, mais il faut mettre sous cloche ce paradis soumis aux convoitises des hommes qui l’abîment : saccage de la forêt, pillage du sous-sol, pollution des rivières (les fameuses criques guyanaises)….. -pour d’autres enfin, elle permet à la France de présenter certains de ses pôles d’excellence, qu’il s’agisse d’aventure spatiale interprétée à Kourou, ou de recherche forestière pratiquée dans l’immense labora-toire naturel que constitue la forêt guyanaise…. Devant tant d’avis aussi tranchés que contradictoires, revenir aux données de base peut s’avérer utile : -la Guyane est un département français d’outre-mer (DOM) ; -elle renferme 8.000.000 d’hectares de forêt tropicale humide (ce qui représente la superficie de 12 dépar-tements français de métropole), seule de ce type gérée par un pays européen. A eux seuls, ces deux éléments permettent de soutenir que la France assume en Guyane des responsabilités particulières. Très largement, et pour ce qui concerne la gestion forestière, ces responsabilités ont été confiées à l’Office National des Forêts, qui a donc en charge la définition et la mise en œuvre
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d’une gestion durable des forêts guyanaises. Reconnaissance des compétences de l’ONF certes, mais aussi redoutable défi, si l’on considère que dans un hectare de cette forêt on peut trouver des arbres appartenant à plus de 200 espèces différentes, soit plus que dans toute l’Europe continentale. Cette diversité se révèle aussi bien sûr source de complexité. Un livre tel que celui de M. Maurice Bonneau« La forêt de Guyane française »s’avère donc particulièrement bienvenu, par les éléments objectifs qu’il apporte, dans un langage clair et précis : -bienvenu pour présenter simplement la forêt guyanaise, notre forêt tropicale humide ; -bienvenu pour préciser à ceux que cela préoccupe les responsabilités qui sont celles de la France en Guyane ; -bienvenu enfin pour initier aux difficultés de la tâche des forestiers dans cette forêt si vaste, si diverse et si précieuse.  Le directeur général  de l’Office National des Forêts  Pierre-Olivier DRÈGE
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Introduction
La Guyane, département français du nord-est de l’Amé-2 rique du Sud, s’étend sur 84.000 km , soit un sixième environ de la surface du territoire métropolitain et est comprise entre les ème ème éme ème 2 et 6 degrés de latitude nord et les 52 et 57 degrés de longitude ouest. On a longtemps chiffré sa surface à 90.000 2 km , à la suite d’une erreur de positionnement des sources de l’Oyapock à 1°30 de latitude, alors qu’elles sont à 2°10 (d’après Guyane, Encycloguide).  Les Guyanes furent découvertes par Christophe Colomb en 1498. De la Ravardière en prit possession au nom de la France, mais les Hollandais les occupèrent en 1654. Ils en furent chassés en 1664. Le territoire correspondant à peu près au département actuel fut rattaché à la France au traité d’Utrecht en 1713. L’Est de l’Oyapock fut longtemps contesté entre France et Brésil (il y eut même une guerre entre les deux nations), mais le Président de la République l’abandonna au Brésil en 1900. Après divers épisodes de crise et de prospérité en liaison avec l’abolition de l’esclavage ou son rétablissement, elle devint colonie pénitentiaire en 1854 et le resta jusqu’en 1939. Elle se rallia au Général Giraud en 1943 et devint Département français en 1946. La population, estimée à 190.000 habitants en 2005 (sans compter 25.000 clandestins environ), 220.000 aujourd’hui, vit surtout dans la plaine côtière. Elle est très cosmopolite : Amérindiens autochtones, Noirs Marrons, descendants d’anciens esclaves, Créoles, Chinois d’immigration récente, familles issues d’anciens bagnards libérés. Ces derniers méritent un commentaire : les relégués n’avaient que de très faibles chances de survivre à leur détention et devaient rester sur place pendant une durée égale à celle de leur séjour au
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bagne, souvent huit ans, avant de pouvoir retourner en métropole, mais à leurs frais; sans ressources, trouvant peu à s’employer, ils n’avaient souvent d’autre possibilité que de voler et retournaient au pénitencier ; ce n’est donc qu’un très faible nombre qui a pu survivre et s’installer sur place. La population, à forte natalité, s’accroît rapidement : les prévisions de l’INSEE pour 2030 se situent entre 395.000 et 425.000 habitants. L’économie de la Guyane est fortement dépendante de la métropole, à la fois pour les denrées alimentaires et les produits industriels. Les activités agricoles sont concentrées dans la plaine côtière ; elles produisent des fruits et des légumes consommés sur place. Le long du Maroni et de l’Oyapock, une partie de la population vit encore en partie en autosubsistance, de cultures itinérantes en forêt. Le tourisme est encore peu développé mais mériterait de l’être davantage. Le régime social très favorable apporte des ressources importantes aux populations locales, entraînant une cherté de la main d’œuvre par rapport aux pays voisins, Guyana, Surinam et Brésil, ce qui ne favorise pas le dynamisme économique. De nombreux Brésiliens viennent travailler en Guyane française, souvent clandestinement. Les points forts de l’économie sont d’une part l’activité spatiale, grâce à la base de Kourou, bientôt renforcée, par convention de sous-traitance, par les installations russes de lancement de fusées et d’autre part la recherche de l’or, souvent clandestine. La Guyane en extrait ainsi 3 tonnes par an, mais cette activité génère une forte pollution mercurique car le mercure se concentre dans la chaîne alimentaire sous forme de méthylmercure qui nuit à la santé de certaines populations autochtones fortes consommatrices de poisson de rivière, surtout le long des cours du Maroni et de l’Oyapock. L’utilisation de mercure en Guyane est interdite, mais les orpailleurs clandestins y ont toujours recours. Le taux de boisement de la Guyane française est de 90 % et la forêt y couvre donc 7,5 millions d’hectares environ. C’est, pour sa presque totalité, une forêt dite vierge, mais qui, en réalité, a été occupée par des groupes humains un peu partout (Dambrine et Jérémie, annexe 1). Ces occupations n’ont sans doute que peu changé sa composition en espèces mais ont pu influer sur la répartition de celles-ci. Dans les temps plus
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récents (depuis 1925 environ), seule la partie nord a fait l’objet d’exploitations, conduites en fonction des arbres utilisables qui s’y trouvaient, et, sauf dans les trente dernières années, presque sans directive ni contrainte sylvicole. Elle ne produit que 3 65.000 m de bois par an, qui alimentent dix scieries plus ou moins importantes et quelques dizaines de petits ateliers artisanaux. L’activité forestière est source d’un millier d’emplois, y compris la première et la seconde transformation des bois. Le commerce du bois est en fort déséquilibre : la Guyane importe, de métropole essentiellement, plus de bois qu’elle n’en exporte, en majorité vers les Antilles françaises et consomme sur place 80 % de sa production de sciages. La forêt de Guyane française constitue donc un ensemble totalement différent de nos forêts métropolitaines, tant par le type de forêt, qui relève des forêts umbrophiles (humides) équatoriales que par l’utilisation qui peut en être faite. Pas toujours très au fait des forêts métropolitaines, bien des personnes n’ont que des notions encore plus sommaires de la forêt guyanaise. Ce livre est donc proposé comme un pas à la rencontre de curiosités éventuelles. Il existe bien évidemment des écrits plus détaillés publiés par des personnes compétentes, mais ces sources documentaires sont dispersées et le citoyen curieux aura du mal à les rassembler. Nombre de ces textes sont difficilement compréhensibles par les non-spécialistes. Le souci de l’auteur a été de faire une synthèse facile à lire par tout public ayant quelque culture, tout en donnant le maximum d’informations.
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PHOTO 1-Vue générale de la forêt, ici parcourue par un fleuve (une crique) et un de ses affluents (photo Henri Marchand).
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